Rhinites aiguës
Cours d'ORL (Oto-rhino-laryngologie)
Introduction
:
La rhinite aiguë se définit comme une infection respiratoire haute
développée au niveau de la muqueuse nasale.
Il s’agit d’une
affection d’étiologie virale fréquente et récidivante.
Elle peut se
compliquer de surinfections bactériennes et diffuser aux organes
avoisinants.
La durée de l’atteinte s’étend sur 1 semaine à 10 jours
mais l’amélioration de la symptomatologie devient significative
après 4 à 5 jours d’évolution.
L’évolution est le plus souvent bénigne
mais peut être aggravée chez des patients immunodéprimés ou âgés.
Les mécanismes physiopathologiques de l’infection virale sont
actuellement mieux compris.
L’atteinte virale déclencherait une
inflammation d’origine neurogène dont la médiation ferait appel à
des cytokines pro-inflammatoires et chimiotactiques pour les
neutrophiles.
La découverte de l’ICAM-1 (intercellular adhesion
molecule-1) comme principal récepteur aux rhinovirus sur les cellules
épithéliales respiratoires ouvre des perspectives thérapeutiques
préventives intéressantes.
Épidémiologie-Prévalence :
La rhinite aiguë ou rhume représente au moins 40 % de l’ensemble
des infections respiratoires aiguës.
Les enfants avant 6 ans
présentent en moyenne six à dix épisodes de rhinite aiguë par an
contre deux à quatre épisodes chez les adultes. Les femmes
auraient plus souvent des rhumes que les hommes.
En revanche,
les adultes de plus de 60 ans auraient moins d’un rhume par an.
La forte prévalence des rhinites aiguës a des conséquences
socioéconomiques importantes. Des statistiques récentes indiquent
qu’aux États-Unis, le rhume est responsable d’environ 250 millions de journées d’inconfort gênant l’activité des personnes touchées par
cette affection, et de 30 millions de journées d’absentéisme au travail
ou scolaire.
Il a été estimé qu’en 1985, dans ce même pays,
556 millions de dollars ont été dépensés pour l’achat de divers
produits destinés, avec une efficacité relative, à atténuer les
symptômes du rhume.
Rappelons qu’un rhume peut exacerber
des épisodes de bronchite ou d’asthme et qu’une otite ou une
sinusite aiguë sont des complications éventuelles.
Étiologies :
Le rhume est l’expression symptomatologique d’une infection virale
de la muqueuse nasale.
Les agents étiologiques viraux des rhumes
infectieux sont très divers : au moins 30 % d’entre eux sont
causés par les rhinovirus, 10 % par des coronavirus, les adénovirus,
divers entérovirus, le virus respiratoire syncytial (VRS) et les virus
grippaux (mixovirus) se partagent, avec une fréquence variable, la
responsabilité des autres.
A - RHINOVIRUS :
La création en 1946 du Common Cold Research Unit à Salisbury,
Wiltshire (Grande-Bretagne), sous l’impulsion de Christopher
Andrewes, a joué un rôle essentiel dans l’étude de l’étiologie des
rhumes infectieux, la découverte des rhinovirus et l’élucidation de
leur comportement.
Les rhinovirus sont responsables d’épidémies de rhume dans les
collectivités, surtout en été et au printemps.
Les rhinovirus
appartiennent à la classe des picornavirus (petit virus à acide
ribonucléique [ARN]) comme les virus de la poliomyélite et d’autres
entérovirus et le virus de la fièvre aphteuse des bovins.
Ils ne se
développent que dans les cellules de primate, leur capside est
cubique sans enveloppe.
Le virus JH-2060 représente le sérotype 1
(human rhinovirus-1 : HRV-1) de la famille des Rhinovirus, dont on
sait aujourd’hui qu’elle comporte au moins 100 sérotypes
antigéniquement différents, 90 % des rhinovirus isolés correspondant aux sérotypes 1 à 89 et environ 30 sérotypes étant
prédominants.
Le sérotype humain HRV-14 est formé de
7 000 nucléotides, sa structure en trois dimensions a été identifiée
par Rossmann et al. Les sérotypes HRV-2 et HRV-89 ont
également été récemment décrits.
Chez l’homme, à la suite d’une infection naturelle ou de
l’inoculation intranasale d’une souche de HRV, des anticorps
neutralisants (immunoglobulines [Ig]G et IgA) apparaissent dans le
sérum et les sécrétions nasales, mais ces anticorps sont strictement
spécifiques de sérotype, d’où l’impossibilité pratique de réaliser une
prophylaxie par vaccination classique.
L’acquisition progressive au cours de la vie d’une immunité de plus
en plus large contre les rhinovirus est attestée par la diminution du
nombre annuel de rhumes avec l’âge.
La pathogenèse des infections à rhinovirus a été élucidée par des
études chez des volontaires sains : le virus est repéré dans les
sécrétions nasales 24 heures après l’inoculation ; il atteint un titre
maximal aux deuxième et troisième jours et disparaît au bout de 5 à
7 jours (avec parfois persistance d’une excrétion minimale pendant
2 à 3 semaines).
Les symptômes apparaissent 1 jour après la
détection du virus dans les sécrétions nasales et atteignent leur acmé
en 3 à 4 jours.
Le site primaire, quasi exclusif, de réplication des HRV est l’épithélium nasal, avec production d’oedème, d’infiltration
leucocytaire, accumulation de mucus et obstructions des cavités
nasales.
Sur des prélèvements effectués au maximum de la
symptomatologie, il n’y a que 50 % de cultures positives en regard
du méat moyen et 19 % sur le septum nasal, ceci amène à discuter la
notion de site privilégié d’infection nasale par HRV.
Il convient
de noter que l’inoculation d’un rhinovirus à un volontaire dont on
sait qu’il est dénué d’anticorps neutralisant le sérotype utilisé ne
provoque pas nécessairement les symptômes classiques du rhume.
Des études récentes effectuées à Salisbury ont mis en évidence le
rôle de divers facteurs psychologiques (comme le stress) dans la
manifestation clinique du rhume chez des sujets inoculés avec un
rhinovirus ou un coronavirus.
B - ADÉNOVIRUS :
Tous les sérotypes de ces virus à acide désoxyribonucléique (ADN)
ne sont pas responsables d’infections respiratoires, les sérotypes 1,
2, 3, 5, 6 sont habituellement en cause dans les rhinites aiguës chez
l’enfant ; chez l’adulte, ce sont surtout les types 3, 4, 7, 14 et 21.
Le mode de contamination est aérien, direct, l’excrétion virale par
les voies respiratoires dure plusieurs semaines.
Le diagnostic repose
sur un sérodiagnostic d’hémagglutination.
C - ENTÉROVIRUS :
Le principal représentant des entérovirus responsable d’épidémies
de rhume dans les collectivités, surtout au printemps ou en été, est
le coxsackie A21.
D - VIRUS RESPIRATOIRE SYNCYTIAL :
En dehors du rhume, le VRS est responsable d’affections graves
respiratoires chez le nourrisson.
Il appartient à la famille des Paramyxovirus, le diagnostic est réalisé par sérodiagnostic car
l’isolement du virus est rarement possible.
E - VIRUS GRIPPAUX :
Ce sont des virus à ARN qui se fixent sur les récepteurs mucoprotéiques des cellules épithéliales.
Au début de l’infection, le myxovirus influenzae, responsable de la grippe, induit une
symptomatologie de rhinite aiguë, la contamination se faisant par
voie aérienne, directe, interhumaine, notamment par l’éternuement
et la toux, le plus souvent sur un mode épidémique.
Le virus parainfluenzae,
proche du virus de la grippe, est responsable d’affections
respiratoires basses chez le nourrisson (pour le type 3) et de rhinites
aiguës chez l’adulte (pour le type 1).
Facteurs favorisants :
A - FACTEURS LIÉS À L’ÂGE :
À la naissance, l’enfant est protégé contre les germes de
l’environnement par les anticorps maternels.
Ces anticorps vont
progressivement disparaître alors que, parallèlement, l’enfant va
développer ses propres défenses immunitaires.
Celles-ci s’élaborent
au fur et à mesure des contacts avec les virus et les bactéries de
l’environnement.
La voie de pénétration de ces agents pathogènes
est avant tout respiratoire, exposant la muqueuse nasale à une
contamination virale favorisant la survenue fréquente de rhumes
chez les enfants.
L’acquisition progressive au cours de la vie d’une
immunité de plus en plus large contre les rhinovirus serait attestée
par la diminution du nombre annuel de rhumes avec l’âge.
B - FACTEURS LIÉS AUX CARENCES DE L’ORGANISME :
La carence en vitamine C diminue les mécanismes de protection
antivirale par son influence sur la stimulation lymphocytaire et
l’activité cytotoxique.
La carence en interleukine (IL)2 influe sur la
fonction lymphocytaire et la cytotoxicité vis-à-vis du virus grippal.
Une carence martiale entraîne une altération des fonctions du
polynucléaire neutrophile et une diminution de l’immunité
cellulaire.
C - FACTEURS LIÉS AU CLIMAT ET À L’ENVIRONNEMENT :
Pour les rhinovirus, le caractère épidémique est plus important
pendant les saisons chaudes.
La période hivernale est favorable aux
infections par le virus grippal et certains adénovirus.
Les variations
d’hygrométrie de l’air semblent avoir peu d’influence sur la
survenue d’une infection virale, bien que certains virus soient
sensibles aux conditions d’humidité de l’atmosphère.
En revanche,
les modifications de température influent sur le transport mucociliaire et la multiplication virale.
Les modifications de l’écologie ambiante par le tabac ou la pollution
influent également sur la survenue d’infections nasales, d’une part
en induisant des lésions de l’épithélium respiratoire au niveau de la
muqueuse nasale par des phénomènes irritants, et d’autre part en
ralentissant le transport mucociliaire.
Différents gaz, comme l’ozone,
le NO2 et le SO2, peuvent induire des rhinites aiguës favorisant la
survenue d’infections.
Mécanismes biologiques
et immunologiques :
A - PHÉNOMÈNE SÉCRÉTOIRE :
La rhinorrhée sécrétoire est un des symptômes les plus
caractéristiques de la rhinite aiguë.
L’étude des sécrétions nasales
au cours de la rhinite aiguë a fait l’objet de plusieurs travaux.
Doyle a étudié les sécrétions nasales de patients infectés par le
virus influenza A et a montré l’existence d’une sécrétion biphasique
marquée par une période précoce de transsudation puis par une
période tardive marquée par une sécrétion glandulaire active.
Le
poids des sécrétions mesuré dans la phase sécrétoire transsudative
précoce est maximal aux troisième et quatrième jours de l’évolution
de la rhinite et est parfaitement corrélé à la symptomatologie.
Le pic
sécrétoire constitué de protéines plasmatiques, dont principalement
l’albumine et des IgG, est maximal au quatrième jour puis décroît
progressivement.
Le score clinique est maximal aux deuxième,
troisième et quatrième jours puis diminue graduellement jusqu’au
septième jour.
La sécrétion glandulaire secondaire constituée de
protéines glandulaires dont la lactoferrine, le lysozyme et des IgA
sécrétoires est maximale aux cinquième, sixième et septième jours
de l’évolution de la rhinite et n’est pas corrélée à la
symptomatologie.
Les courbes sécrétoires transsudative précoce et
glandulaire secondaire se croisent au cinquième jour de l’évolution
de la rhinite.
D’autres auteurs ont déjà montré cette caractéristique biphasique des sécrétions.
Butler et Igarashi ont montré ce
phénomène respectivement chez des sujets infectés
expérimentalement par les virus coxsackie A21 et le rhinovirus de
type 15 et chez des sujets infectés par le rhinovirus de type 39.
La
différence en ce qui concerne le phénomène sécrétoire entre ces trois
virus porte sur la période d’apparition de la sécrétion glandulaire.
Elle serait précoce pour le rhinovirus, intermédiaire pour le virus
influenza et tardive pour le virus coxsackie A.
Mais dans tous les
cas, la sécrétion biphasique serait une caractéristique de la réponse
de la muqueuse nasale à l’infection virale.
Ce rythme sécrétoire
aurait pour certains des implications thérapeutiques.
En particulier,
l’utilisation de molécules anticholinergiques qui s’attaquent à la
sécrétion glandulaire pourrait être remise en cause dans la mesure
où l’impact biologique de ces molécules n’apparaîtrait que
tardivement (cinquième jour) à un stade où la symptomatologie est
en forte décroissance.
De plus, l’existence d’un transsudat est
une méthode active de défense contre les virus en balayant la surface
nasale et en éliminant les particules virales.
Particulièrement,
la présence dans les sécrétions glandulaires de lysozyme et de lactoferrine qui sont des antimicrobiens puissants pourrait
contribuer fortement à la guérison et le blocage de leur sécrétion
par des anticholinergiques ne serait pas indiqué.
La signification
de l’élévation secondaire en protéines glandulaires n’est pas connue.
Butler suggère que cette élévation est associée avec la synthèse
d’anticorps antiviraux.
Igarashi suggère que l’activité
antimicrobienne des protéines glandulaires peut protéger des
infections récidivantes et aider à la cicatrisation de la muqueuse.
Le
mécanisme physiopathologique de la sécrétion transsudative
précoce n’est également pas parfaitement éclairci.
En particulier, s’il
est bien montré que la perméabilité vasculaire est augmentée dans
la phase précoce de la rhinite aiguë, d’autres études ont montré
qu’aucune des molécules pouvant augmenter cette perméabilité
(prostaglandines, leucotriènes, PAF [platelet activating factor] et
histamine) n’est retrouvée systématiquement dans les sécrétions.
Or,
si on administre ces molécules à la muqueuse nasale, on provoque
des réactions symptomatiques analogues à l’infection virale.
Seule
la bradykinine est retrouvée dans les sécrétions, mais de façon
retardée (sixième jour) par rapport à l’apparition du transsudat.
Pour certains, ceci suggère que la bradykinine est plus un marqueur
de l’inflammation nasale qu’un agent actif sur la perméabilité nasale
et donc sur l’expression de la maladie.
La bradykinine serait
plus considérée comme témoin que comme agent causal.
B - THÉORIE DE L’INFLAMMATION NEUROGÈNE :
Il est habituellement considéré que le mode d’action des virus au
niveau de la muqueuse nasale passe par une destruction de la
couche épithéliale respiratoire.
En fait, ceci reste controversé.
Pour Winther, le rhinovirus et le coronavirus ne provoqueraient pas
de lésions significatives de la couche épithéliale nasale et n’auraient
pas d’effet cytopathique.
En revanche, le virus influenzae de type A
et l’adénovirus provoqueraient des lésions et des destructions de la
couche épithéliale nasale avec effet cytopathique.
Les études de Winther ont été réalisées à partir de culture de cellules épithéliales
nasales.
Cet auteur conclut que le mécanisme physiopathologique
d’infection par le rhinovirus et le coronavirus ne passe pas par une
destruction de la couche épithéliale.
Il suggère en particulier que
dans l’infection à rhinovirus, les symptômes sont principalement
dus à la réponse de l’hôte, plutôt qu’à des lésions de l’épithélium
nasal, marquée par une réaction inflammatoire caractérisée par la
présence de médiateurs inflammatoires et de cytokines proinflammatoires
dans les sécrétions nasales.
Parmi ceux-ci, l’IL8 et la
bradykinine tiendraient une place importante.
Le rôle de l’IL8 est
signalé par plusieurs auteurs.
Johnston rapporte des taux élevés
d’IL8 dans les sécrétions nasales de patients atteints de rhinite aiguë.
Subauste démontre que l’infection par le rhinovirus induit une
production d’IL8, d’IL6 et de GM-CSF (granulocyte-macrophage colony
stimulating factor) par les cellules épithéliales nasales et que la
production d’IL8 est corrélée avec la réplication virale durant les
24 premières heures après infection.
Cette production de cytokines pro-inflammatoires s’accompagnerait d’une infiltration de la
muqueuse nasale par une cellularité inflammatoire caractérisée par
un nombre élevé de neutrophiles dans la phase précoce de l’atteinte
virale.
Il est de plus bien démontré que l’IL8 est un agent
chimiotactique puissant pour les neutrophiles.
L’IL8 induit
également une dégranulation des neutrophiles avec stimulation du
stress oxydatif et formation de radicaux libres.
Winther rapporte
cette infiltration neutrophilique directement à l’infection virale et
non pas à une infection bactérienne.
Les travaux de Naclerio vont
dans ce sens puisque cet auteur aurait démontré que la présence de
neutrophiles en nombre élevé dans les sécrétions nasales est corrélée
à la symptomatologie dans la rhinite infectieuse due au rhinovirus.
D’autres auteurs, comme Noah et Spector, ont montré, dans
les sécrétions nasales d’enfants atteints de rhinite aiguë virale, une
élévation significative des IL1bêta, de l’IL8, de l’IL6 et du TNF-alpha(tumor
necrosis factor-alpha).
Ces cytokines pourraient être sécrétées par les
cellules épithéliales activées.
L’IL1bêta et le TNF-alpha ont également une
action activatrice sur les cellules endothéliales à l’origine d’une
sécrétion d’IL8.
À l’inverse, d’autres travaux ne confirment pas cette
théorie inflammatoire cellulaire.
En particulier, Fraenkel et
Holgate ne retrouvent pas d’augmentation de la cellularité
inflammatoire au cours de l’infection nasale par le rhinovirus.
Fraenkel, sur des biopsies nasales faites à l’état basal, au
quatrième jour puis à la quatrième semaine de l’évolution d’une
rhinite aiguë virale, ne retrouve pas de différence significative sur le
plan de la cellularité inflammatoire (mastocytes, éosinophiles,
lymphocytes et neutrophiles) et conclut que les symptômes ne sont
pas liés à une élévation de la cellularité inflammatoire.
Cet auteur
ne retrouve également pas d’élévation significative des médiateurs pro-inflammatoires.
Ces deux auteurs proposent une explication
purement neurogène non-inflammatoire aux rhinites aiguës
provoquées par le rhinovirus.
En fait, il semblerait que les théories inflammatoires et neurogènes
ne soient pas contradictoires et que la sécrétion de neuropeptides
puisse induire l’expression de facteurs de croissance
hématopoïétique et d’IL8 sur des cellules conjonctives provenant des
voies respiratoires de sujets allergiques.
Ceci pourrait soutenir
l’hypothèse d’une théorie neurogène de l’inflammation dans la
rhinite aiguë virale.
L’effet neurogène immédiat pourrait induire,
d’une part une augmentation de la perméabilité plasmatique à
l’origine du transsudat et d’autre part la sécrétion de neuropeptides.
Ces derniers induiraient une sécrétion par les cellules épithéliales et
conjonctives de la muqueuse nasale de cytokines et de chémokines
pro-inflammatoires dont l’IL8.
L’IL8 participerait à l’installation de
la réaction inflammatoire secondaire et au recrutement de
neutrophiles.
Les neutrophiles pourraient représenter les cellules les
plus actives dans ce phénomène inflammatoire, mais ces
mécanismes impliquant les neutrophiles seraient étroitement
contrôlés, limitant les lésions tissulaires et l’extension de la maladie.
À l’inverse, une persistance sur le site d’infection des neutrophiles
pourrait conduire à l’inflammation chronique et au recrutement
d’autres cellules inflammatoires ; ceci pouvant expliquer l’évolution
parfois chronique d’une rhinite aiguë d’apparence banale, la
chronicité prenant alors son origine dans une infiltration neutrophilique initiale non contrôlée ou insuffisamment contrôlée.
Dans la rhinite aiguë virale, la réaction inflammatoire peut être
considérée comme « utile » et est mise en place pour l’élimination
par l’organisme du virus.
L’ampleur de cette réaction dépend de
l’équilibre dans la production des cytokines pro-inflammatoires et
chimiotactiques (IL8) et anti-inflammatoires.
La rupture de cet
équilibre pourrait mener à la chronicité.
C - ICAM-1 ET RHINOVIRUS :
La capacité d’un virus à infecter une cellule dépend étroitement de
son potentiel de liaison à cette cellule.
Chaque virus infecte un type
particulier de cellules en fonction des récepteurs que portent celles-ci
et qui peuvent le lier.
Il a été montré que le principal récepteur au
rhinovirus humain sur les cellules épithéliales respiratoires était
l’ICAM-1.
Il a d’abord été montré que le rhinovirus pouvait se lier
spécifiquement à des cellules épithéliales par deux classes de
récepteurs.
Ces études ont montré que 80 % des rhinovirus se
liaient spécifiquement à un seul récepteur appelé alors « récepteur
majeur pour le rhinovirus », et que les 20 % restants se liaient à un
ou plusieurs récepteurs.
L’identification de ce récepteur majeur
pour le rhinovirus comme étant l’ICAM-1 a été réalisée en 1989.
L’ICAM-1 fait partie du groupe des molécules d’adhésion. Les
molécules d’adhésion sont des glycoprotéines, situées au sein de la
membrane cellulaire.
Elles s’expriment à la surface de certaines
cellules pour exercer leur fonction, l’adhérence intercellulaire.
Le
phénomène d’adhérence intercellulaire est connu depuis de
nombreuses années, mais la connaissance des mécanismes précis de
l’adhésion a bénéficié de l’essor de la biologie moléculaire dans les
années 1980, aboutissant à une description et à une classification
des molécules d’adhésion en groupes, basée sur des caractéristiques
biochimiques et architecturales.
Actuellement, de nombreuses
molécules d’adhésion ont été identifiées ainsi que leurs ligands.
On
distingue quatre grandes familles : la famille des Ig, des intégrines,
des sélectines et celle des cadhérines.
La molécule d’adhésion
ICAM-1 appartient à la superfamille des immunoglobulines.
Fixées
dans la membrane cellulaire et pouvant se lier spécifiquement avec
leurs ligands exprimés sur d’autres cellules, ces molécules
d’adhésion permettent l’adhésion entre cellules circulantes et cellules
endothéliales et d’autre part entre cellules inflammatoires et cellules
épithéliales.
Les molécules d’adhésion peuvent s’exprimer aussi
bien au niveau de l’endothélium vasculaire qu’au niveau de
l’épithélium.
L’existence de molécules d’adhésion dont ICAM-1 à la
surface des cellules épithéliales respiratoires nasales et bronchiques
et la capacité pour les cellules inflammatoires d’y adhérer ont été
des éléments importants pour la compréhension des mécanismes
physiopathologiques du développement de l’inflammation dans
l’asthme et l’allergie.
Le fait que l’ICAM-1 soit le récepteur
majeur pour le rhinovirus a pour conséquence qu’une expression
exagérée d’ICAM-1 à la surface des cellules épithéliales respiratoires
pourrait être un facteur favorisant d’infection virale par le
rhinovirus.
Cette élévation d’expression de l’ICAM-1 a été rapportée
dans la rhinite allergique et dans la polypose nasosinusienne.
Or,
on connaît la susceptibilité de la polypose nasosinusienne aux
surinfections locales, elles-mêmes source de décompensation ou
d’exacerbation de la maladie polypeuse.
L’inflammation locale
chronique est un facteur d’élévation de l’expression d’ICAM-1 sur
les cellules épithéliales par le réseau des médiateurs inflammatoires.
Le TNF-alpha, l’IL1bêta et l’IL8 ont la capacité d’augmenter cette
expression alors que l’interféron-alpha diminue cette expression.
Certains auteurs ont proposé, dans la lutte préventive des infections
à rhinovirus chez des patients dits « à risque » ou à « expression
ICAM-1 augmentée », d’engager un traitement inhibiteur spécifique
par l’interféron-alpha ou par des inhibiteurs spécifiques de l’ICAM-
1.
Une étude a montré, en particulier chez le chimpanzé, une
prévention efficace de la rhinite à rhinovirus par des pulvérisations
nasales d’un inhibiteur spécifique de l’ICAM-1, le tICAM-453.
Ces
travaux ouvrent des perspectives intéressantes pour le développement de molécules anti-ICAM-1 qui pourraient, au niveau
local, prévenir chez des sujets exposés la survenue de rhinites aiguës
à rhinovirus.
Étude clinique
:
L’incubation des rhumes est de quelques jours, la symptomatologie
nasale survient le plus souvent après un prodrome dominé par une
asthénie, une sensation de refroidissement et des myalgies
atypiques.
Au début de la rhinite aiguë apparaissent des sensations
d’irritation nasale, de brûlures endonasales, de douleurs pharyngées
sous la forme de picotements.
Cette symptomatologie est souvent
plus marquée lors de l’inspiration.
À la phase d’état de la rhinite
aiguë, les signes cliniques associent une obstruction nasale bilatérale
induite par la congestion de la muqueuse nasale, une rhinorrhée
aqueuse profuse et des crises d’éternuements souvent en salves.
Parfois, le rhume peut être associé à des troubles de l’olfaction et du
goût ; une anosmie ou des parosmies peuvent persister.
La toux
est souvent présente, dans plus de 50 % des cas, le plus souvent la
nuit.
L’examen clinique permet de retrouver une rhinorrhée antérieure
abondante et muqueuse.
Ces sécrétions deviennent mucopurulentes
en 2 ou 3 jours ; elles siègent essentiellement au niveau du méat
moyen des sinus maxillaires et sur la paroi pharyngée postérieure
qui apparaît alors discrètement inflammatoire.
La rhinoscopie
antérieure au spéculum nasal ou à l’aide d’un endoscope souple ou
rigide met en évidence une muqueuse nasale oedématiée,
quelquefois hyperhémiée, et toujours sensible.
Il existe un oedème turbinal prédominant au niveau du cornet inférieur.
La phase d’amélioration clinique survient entre le cinquième et le
huitième jour, les sécrétions nasales sont moins abondantes et
redeviennent fluides, le cycle nasal se rétablit.
La résolution
spontanée est habituelle vers le dixième jour, en l’absence de
complication.
Formes cliniques particulières :
A - RHINITES DU NOUVEAU-NÉ
:
Les épisodes de surinfection dans les rhinites virales sont fréquents ;
en revanche, les rhinites bactériennes primitives sont devenues très
rares et sont l’apanage des nouveau-nés.
Le mode de contamination
est de type mère-enfant, le suivi clinique des femmes enceintes,
l’asepsie des accouchements et les soins portés aux nouveau-nés ont
quasiment fait disparaître ces rhinites.
Les rhinites à streptocoques
et à gonocoques sont observées après une contamination lors de
l’accouchement, et les rhinites à staphylocoques sont secondaires à
une contamination lors de l’allaitement.
Les rhinites gonococciques
se présentent sous la forme d’un syndrome infectieux sévère avec
écoulement nasal mucosanglant et une conjonctivite.
Les rhinites
staphylococciques s’accompagnent souvent d’un syndrome de toxiinfection.
Les rhinites pneumococciques, souvent d’allure banale,
précèdent parfois une localisation infectieuse pulmonaire ou
méningée.
Les rhinites diphtériques sont exceptionnelles depuis la
vaccination obligatoire, et les rhinites syphilitiques ont quasiment
disparu.
Toutes ces rhinites ont des manifestations très bruyantes chez le
nouveau-né.
Le diagnostic repose sur l’examen bactériologique des
sécrétions nasales.
Le traitement antibiothérapique adapté au germe
mis en évidence a transformé le pronostic, autrefois redoutable, de
ces infections.
Chez le grand enfant, le diagnostic de ces rhinites
bactériennes impose un bilan précis visant à rechercher un déficit en
immunoglobulines ou un trouble de l’immunité cellulaire.
B - RHINITES DES FIÈVRES ÉRUPTIVES :
La rhinite est habituelle au cours de nombreuses fièvres éruptives,
notamment la rougeole et la scarlatine ; elle passe le plus souvent au
second plan.
Elle se présente sous la forme d’un catarrhe oculonasal
fébrile précédant l’éruption cutanée caractéristique de l’affection en
cause.
Complications :
A - SURINFECTION BACTÉRIENNE
ET ATTEINTES SINUSIENNES :
Dans près de 25 % des cas, l’évolution peut être plus longue,
dépassant même 15 jours, surtout lorsqu’il existe des facteurs
favorisants comme le tabac irritant la muqueuse nasale, une
diminution des défenses immunitaires ou la survenue d’un rhume
sur un terrain fragilisé, notamment les personnes âgées vivant en
communauté.
L’inflammation prolongée de l’ostium du méat
moyen du sinus maxillaire peut entraîner des douleurs sinusiennes
et favoriser une greffe bactérienne sur la muqueuse nasale, induisant
une véritable rhinite bactérienne le plus souvent à Haemophilus
influenzae ou Streptococcus pneumoniae.
En cas de surinfection
bactérienne, les risques d’évolution vers une sinusite aiguë sont
estimés à 0,5 % chez l’adulte.
B - COMPLICATIONS OTOLOGIQUES :
Les complications otologiques surviennent surtout chez l’enfant.
Une otite séreuse, le plus souvent asymptomatique, est retrouvée et
confirmée par la tympanométrie dans environ 80 % des cas de
rhinite aiguë affectant des enfants de moins de 5 ans gardés en
collectivité ; au-delà de 5 ans, ce taux ne dépasse pas 20 %.
L’otite séromuqueuse est suspectée sur une gêne auriculaire, une sensation
de plénitude de l’oreille, une éventuelle baisse de l’audition et
confirmée par l’examen otoscopique et la tympanométrie.
L’otite
moyenne aiguë est suspectée sur l’apparition d’otalgies, l’élévation
de la température (supérieure à 38,5 °C) et confirmée par l’otoscopie.
C - COMPLICATIONS BRONCHIQUES :
Un rhume peut exacerber des épisodes de bronchite ou aggraver un
asthme préexistant.
Diagnostics différentiels :
A - RHINITES MÉDICAMENTEUSES :
Ces rhinites constituent plus un diagnostic différentiel des rhinites
habituelles qu’il faut éliminer par l’interrogatoire devant toute rhinite chronique rebelle aux traitements classiques.
En premier lieu,
on doit rechercher une utilisation abusive de vasoconstricteurs
locaux responsable d’une rhinite atrophique s’exprimant le plus
souvent par une obstruction nasale permanente.
D’autres
traitements, comme certains antihypertenseurs, peuvent également
être en cause lors d’obstructions nasales prolongées.
B - RHINITES ALLERGIQUES ET VASOMOTRICES :
Les rhinites allergiques et les rhinites vasomotrices sans participation
neurovégétative comme la rhinite hyperéosinophilique non
allergique (NARES : non allergic rhinitis eosinophilic syndrome) ou
avec participation neurovégétative liée à une susceptibilité
vasculaire supérieure à la normale, soit à l’histamine, soit aux
neurotransmetteurs des systèmes sympathiques et parasympathiques
sont des diagnostics différentiels classiques des
rhinites aiguës d’origine virale.
La symptomatologie de ces rhinites
est dominée par l’obstruction nasale, la rhinorrhée aqueuse et
souvent les éternuements.
L’existence d’un terrain atopique ou d’antécédents familiaux
similaires, la périodicité et le caractère récidivant des troubles, et
l’association à un prurit ou une conjonctivite orientent le diagnostic
vers une étiologie allergique.
Le bilan allergologique biologique et
cutané permet de confirmer le diagnostic.
L’endoscopie des fosses
nasales peut parfois retrouver une polypose nasale.
L’existence d’une rhinite perannuelle, en l’absence d’allergie,
associée à une éosinophilie nasale importante oriente le diagnostic
vers un NARES, dont le traitement fait appel à la corticothérapie
locale.
Dans le même contexte, et en l’absence d’hyperéosinophilie
nasale, la réalisation de tests vasomoteurs cutanés retrouve, plus
fréquemment que dans les rhinites allergiques, une hyperréactivité
à l’acétylcholine et à l’histamine, ainsi qu’une facilité de
l’histaminolibération ; le diagnostic de rhinite vasomotrice par
dysfonctionnement neurovégétatif est alors évoqué.
Le traitement
de ces rhinites vasomotrices repose sur l’utilisation des
antihistaminiques et des traitements adjuvants.
Traitements :
La rhinite aiguë ou rhume est une affection le plus souvent bénigne
d’évolution spontanément favorable dans la grande majorité des cas.
Cependant, actuellement en France, cette pathologie conduit dans
environ 40 à 45 % des cas à une antibiothérapie.
Par ailleurs, cette
infection virale bénigne peut conduire à une situation pathologique
grave, notamment chez les très jeunes enfants et les personnes âgées.
Les rhumes ont donc un retentissement médical, économique,
social individuel et collectif très important.
Il convient d’être vigilant
lors du choix d’un traitement en appréciant avant tout l’efficacité de
cette thérapeutique sur la symptomatologie dans le but d’assurer un
meilleur confort aux patients, et en prenant également en compte le
caractère contagieux de l’infection et son coût en termes de santé
publique.
Deux aspects du traitement sont à discuter, d’une part la
prophylaxie et d’autre part l’amélioration symptomatique.
A - MÉTHODES :
1- Prophylaxie
:
Le port d’un masque filtrant, peu envisageable en pratique courante,
est un moyen efficace de ralentir la diffusion virale.
Informer le
patient de la bénignité de l’infection aurait l’avantage d’éviter une
prescription médicamenteuse et de favoriser l’acquisition d’une
bonne hygiène nasale, en particulier en insistant sur l’utilisation de
mouchoirs jetables.
Des études, réalisées en 1974 par Korant,
ont montré que les ions Zn2+ ont une très forte activité
antirhinovirus.
Des auteurs évoquaient récemment l’utilisation du
zinc dans le traitement et la prévention des rhumes ; d’autres
auteurs n’ont pas retrouvé d’efficacité du zinc dans le traitement
des rhumes, notamment chez l’enfant et l’adolescent.
En fait, les
sels de zinc ne semblent pas devoir être retenus comme traitement
préventif des rhumes du fait de leur très faible solubilité, libérant
des quantités infimes d’ions Zn2+ au pH physiologique de 7,4.
La diversité antigénique des agents viraux responsables des rhumes
ne permet pas actuellement une prévention par vaccination.
Au
cours des 20 dernières années, les recherches ont essentiellement
porté sur une chimioprophylaxie ou une chimiothérapie au moyen
de produits antiviraux.
Les interférons-alpha et bêta, administrés par voie
intranasale à doses élevées, ont fait la preuve d’une activité
prophylactique significative chez des volontaires inoculés avec un
rhinovirus ou au cours d’épidémies en milieu familial ; en revanche,
leur activité thérapeutique est insignifiante, ce qui limite beaucoup
leur intérêt pratique.
2- Traitements symptomatiques
:
L’activité relative des antihistaminiques comme antisécrétoire est
due à leur effet anticholinergique, mais leur efficacité sur les
symptômes de la rhinite aiguë n’a pas été prouvée.
Les sympathomimétiques alpha-adrénergiques entraînent une nette
amélioration de l’obstruction nasale par leur effet vasoconstricteur,
mais il existe un risque d’effet rebond si leur utilisation dépasse
3 ou 4 jours.
Les anticholinergiques diminuent la rhinorrhée, mais favorisent
aussi l’apparition de croûtes endonasales et pourraient, pour certains
auteurs, augmenter les risques de complications.
Comme nous
l’avons vu précédemment, l’action des molécules anticholinergiques
sur la sécrétion glandulaire pourrait retarder la guérison.
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’aspirine sont
fréquemment prescrits pour leurs effets antalgiques et
antipyrétiques, mais ils pourraient également accroître le risque de
contamination virale ; de plus, la prescription d’aspirine aux
enfants et aux adolescents est déconseillée par l’American Academy
of Pediatrics.
Les antibiotiques, n’ayant pas d’effet sur les virus, ne sont pas
indiqués.
Leur utilisation systématique n’est pas recommandée
depuis la conférence de consensus de la Société de pathologie
infectieuse de langue française de 1991.
La prescription
d’antibiotiques doit être réservée aux complications des rhinites
aiguës et doit être adaptée aux germes en cause.
La vitamine C pourrait diminuer la sévérité et la durée des
symptômes des rhinites aiguës, mais cette propriété n’est pas encore
certaine.
B - INDICATIONS :
1- Chez l’adulte
:
Le mouchage soigneux atraumatique avec des mouchoirs à usage
unique est l’attitude la plus efficace, associé à des instillations
nasales de sérum physiologique (Chlorure de sodiumt, Prorhinelt,
Physiomert, Stérimart) en cas de sécrétions épaisses et
éventuellement à un antipyrétique.
Les vasoconstricteurs en
pulvérisations nasales (Aturgylt, Rhinamidet, éventuellement un
vasoconstricteur associé à un antibactérien comme le
Rhinofluimucilt), prescrits sur une période courte de quelques jours
en expliquant bien au malade les inconvénients potentiels de ce
genre de traitement, sont des adjuvants utiles en cas d’obstruction
nasale très gênante.
Les décongestifs d’action retard par voie
générale (Denoralt, Sudafedt, éventuellement avec un antipyrétique
associé comme le Rinutant, l’Actifedt ou le Rhinofébralt) peuvent
également améliorer la perméabilité nasale.
2- Chez l’enfant :
La désobstruction des fosses nasales par mouchage est la base du
traitement, le reniflement réflexe chez l’enfant doit être combattu
par l’éducation car il peut favoriser les complications.
L’instillation de sérum physiologique avec ou sans antiseptique (Prorhinelt)
facilite l’élimination des sécrétions.
La prescription d’un
antipyrétique peut être nécessaire.
La prescription d’examens
complémentaires ne présente aucun intérêt dans cette situation
clinique. Une exploration radiologique (tomodensitométrique) n’est
envisageable que s’il existe des signes de complication sinusienne
évoquant une ethmoïdite.
L’éviction temporaire des enfants en
collectivité pourrait limiter les risques de contamination.
3- Chez le nouveau-né :
L’obstruction nasale doit être levée en urgence ; elle a rapidement
un retentissement respiratoire majeur sous la forme d’une polypnée ;
la normalisation de la fréquence respiratoire dans ce contexte est un
signe d’aggravation.
L’obstruction nasale gêne également la
déglutition favorisant la déshydratation.
La fièvre s’élève souvent
assez vite avec des risques potentiels de complications graves,
notamment de convulsion, sur ce terrain. Une hospitalisation peut
être nécessaire.
Le drainage postural (décubitus ventral), la lutte
contre l’hyperthermie et la désobstruction nasale sont les premiers
éléments du traitement.
Dans les obstructions majeures, l’utilisation
d’adrénaline au 1/1 000 (quelques gouttes trois ou quatre fois par
jour ou aérosol) permet d’obtenir une meilleure ventilation nasale.
La prescription d’antibiotiques est licite en cas d’infection
bactérienne primitive suspectée ; elle doit être adaptée aux germes
mis en évidence par les analyses bactériologiques réalisées sur les
sécrétions nasales.
4- Prévention des récidives
:
De multiples traitements immunoprophylactiques sont proposés
sous la forme de cures répétées pendant plusieurs mois ;
l’observance de ces traitements est souvent médiocre.
Leur efficacité
dans les rhinites aiguës est encore très relative compte tenu surtout
du nombre très élevé des agents viraux responsables de ces
infections.
Une étude récente a montré, chez l’adulte, l’efficacité d’un
traitement immunoprophylactique utilisant des fractions
ribosomales et membranaires bactériennes (Ribomunylt) contre
placebo avec une diminution significative du risque relatif de
récidives dans les rhinites infectieuses.