Retard de croissance staturo-pondérale
Cours de pédiatrie
Croissance et puberté
normales (rappel)
:
1- Croissance normale
:
De la naissance à l’âge auquel la taille adulte est atteinte,
la croissance peut être divisée en 4 phases, en fonction
de la vitesse de croissance et de l’influence prépondérante
d’un facteur de croissance donné.
Une croissance normale nécessite un système
endocrinien et un squelette normaux.
Elle est contrôlée
par des facteurs génétiques.
Elle est liée à l’état nutritionnel.
Elle peut être ralentie par certaines anomalies de
l’environnement. Les facteurs génétiques interviennent
sur le niveau de taille et sur l’âge au démarrage de la
puberté.
Le contrôle génétique de la croissance normale
est multifactoriel.
On ne sait pas évaluer les influences respectives des facteurs génétiques et d’environnement
d’une part, et de chacun des 2 parents d’autre part.
La
taille cible est la taille que devrait avoir l’enfant si n’intervenaient
que les facteurs génétiques.
La taille doit être mesurée avec soin par une personne
entraînée à le faire et avec un matériel fiable.
Le résultat
de la mesure est inscrit sur le carnet de santé, ce qui permet de suivre l’évolution de la croissance.
Parallèlement, sont évalués : le périmètre crânien (rapporté
aux normes pour l’âge), le poids (rapporté à la taille) et
le stade pubertaire.
La taille moyenne adulte est
de 162 cm chez la fille et de 175 cm chez le garçon.
Le
niveau de taille est exprimé en déviations standard (DS)
ou en percentiles.
Les tailles de 95 % des enfants bien
portants sont entre
- 2 et + 2 DS.
Cela correspond à une
taille adulte comprise entre 151 et 174 cm chez la fille et
entre 163 et 187 cm chez le garçon.
Le niveau de taille est
parfois exprimé en percentiles : un percentile donné est la
limite en dessous de laquelle se trouve le pourcentage
correspondant de la population normale (par exemple
3 % des enfants bien portants ont une taille en dessous du
3e percentile).
L’indice de corpulence (body mass index)
est le rapport poids (kg)/taille2 (m).
Les normes sont
exprimées en fonction de l’âge.
L’âge osseux correspond pour un individu à l’âge réel de
la majorité des individus de son sexe qui ont la même
maturation squelettique.
Il est évalué sur la radiographie
de la main et du poignet gauches de face (un seul cliché)
qui est comparée à l’atlas de Greulich et Pyle.
Même lu par une personne entraînée à le faire,
l’âge osseux reste une approximation.
Au point de vue clinique, il permet d’approcher
la fraction de sa taille adulte qu’un individu a déjà prise et donc
sa taille prédite.
La prédiction de la taille adulte se calcule pour
un enfant donné à partir de sa taille et de son âge osseux.
2- Puberté normale :
La puberté est la période de transition entre
l’enfance et l’état adulte.
Elle s’exprime sur le plan clinique par un
développement des caractères sexuels et par une accélération de la
vitesse de croissance staturale.
Elle conduit à l’acquisition des fonctions de
reproduction.
Le démarrage clinique de la puberté résulte d’une
série d’activations successives de l’hypothalamus, de
l’antéhypophyse, des gonades, puis des organes cibles périphériques.
Des phénomènes de rétrocontrôle existent
entre chacune des étapes.
Les caractères sexuels se développent dans 95 % des cas
entre 8 et 13 ans (moyenne 11,5 ans) chez la fille et entre
9 et 14 ans (moyenne 12,5 ans) chez le garçon.
Les
stades du développement pubertaire sont cotés de 1
(stade prépubère) à 5 (stade adulte).
Chez la fille, le premier
signe est le développement d’un bourgeon mammaire
(souvent unilatéral au début), accompagné ou
suivi de l’apparition d’une pilosité pubienne.
L’intervalle moyen entre le début du développement des
seins et l’apparition des premières règles est de 2 ans.
Chez le garçon, le signe qui indique le démarrage pubertaire
est l’augmentation du volume des testicules.
Cette
augmentation témoigne du développement des tubes
séminifères.
Ce développement est induit par l’augmentation
de la sécrétion hypophysaire de FSH (follicule stimulating
hormone).
Les testicules prépubères mesurent autour de 2 x 1 cm ; des dimensions testiculaires supérieures
à 3 x 2 cm indiquent une stimulation.
La sécrétion
de testostérone contribue avec les hormones surrénales
(essentiellement sulfate de déhydro-épiandrostérone,
DHAS) au développement de la pilosité sexuelle.
Elle
induit une augmentation des dimensions de la verge, des
érections et une mue de la voix.
Il est fréquent d’observer
au cours de la puberté une intumescence mammaire
appelée gynécomastie.
Celle-ci est parfois douloureuse.
Elle est le plus souvent transitoire.
La vitesse de croissance staturale s’accélère à la puberté.
La sécrétion de stéroïdes sexuels (estradiol chez la fille et
testostérone chez le garçon) induit une augmentation de
la sécrétion d’hormone de croissance (GH) et des taux
plasmatiques d’IGF1 (insulin-like growth factor).
La
croissance résiduelle après les premières règles varie de
4 à 13 cm (moyenne 7 cm).
Un gain de taille inférieur à
2 cm dans l’année précédente, chez un enfant sain dont la
puberté est largement engagée, indique que sa croissance
est proche de son terme.
Les courbes de croissance des
2 sexes sont superposables jusqu’à l’âge de démarrage
pubertaire.
La différence de 13 cm de la taille adulte au
profit des garçons vient essentiellement des caractéristiques
du pic de croissance pubertaire, pic qui est plus
tardif et plus ample chez le garçon que chez la fille.
Retard de croissance
:
La petite taille est un motif fréquent de consultation.
Elle est le plus souvent (> 70 % des cas) de type constitutionnel.
Un enfant vu pour petite taille conduit à se
poser les questions suivantes : le niveau de taille et la
croissance sont-ils réellement anormaux ? en cas d’anomalie,
quelle en est la cause ? quelles sont les possibilités
de traitement ?
Nous envisagerons successivement
ces 3 questions.
1- Diagnostic positif :
La courbe de croissance en taille et en poids est
le document-clé qui permet de savoir si un enfant donné a une
croissance anormale.
Les éléments qui font rechercher une anomalie
sont :
– un niveau de taille situé en dessous de
- 2 DS ; plus l’écart à la moyenne est grand,
plus forte est la probabilité de trouver une anomalie ;
– une discordance entre le niveau de taille de
l’enfant (exprimé en DS) et celui de sa taille cible calculée à
partir des tailles de ses parents ;
– surtout une vitesse de croissance inférieure à
la norme pour l’âge, ce qui conduit à un changement de couloir de
croissance.
En effet, pris isolément, le niveau de taille
d’un enfant ne permet pas de conclure quant au caractère normal ou
non de sa croissance.
Il est essentiel de préciser sa vitesse de
croissance pour savoir si son niveau de taille actuel résulte d’une
croissance régulière ou s’il est secondaire à une vitesse de
croissance inférieure à la norme pour l’âge.
Dans les petites tailles, l’évolution du poids
est à analyser parallèlement à celle de la taille pour répondre aux
questions suivantes :
– le ralentissement statural s’accompagne-t-il
d’un arrêt de la prise de poids ou au contraire de la constitution
d’un surpoids ?
– le ralentissement statural précède-t-il ou au
contraire succède-t-il à la modification de l’évolution pondérale ?
En effet, lorsqu’une stagnation de la prise de
poids précède le ralentissement de la croissance en taille, cela
indique que le ralentissement statural est probablement secondaire à
l’insuffisance de prise pondérale et oriente vers un problème
nutritionnel.
À l’inverse, lorsque le ralentissement statural
s’accompagne d’une prise pondérale excessive, cela oriente vers une
hypothyroïdie ou un hypercorticisme.
2- Diagnostic étiologique :
• Petite taille constitutionnelle : elle est aussi appelée
génétique, essentielle ou familiale.
Les éléments en
faveur du diagnostic de petite taille constitutionnelle
sont : un examen clinique normal et surtout l’existence
de petites tailles dans la famille.
L’indication à demander
des examens complémentaires à la recherche d’une
pathologie dépend du contexte.
Le plus souvent, le diagnostic
de petite taille constitutionnelle est facile à faire
car la vitesse de croissance est normale pour l’âge et le
niveau de taille est concordant avec la taille cible parentale.
Il suffit alors de faire doser le taux plasmatique du facteur de croissance IGF1.
S’il est normal pour l’âge et
à condition qu’il ait été dosé dans un laboratoire performant,
cela constitue un argument contre une pathologie.
• Pathologie connue : dans certains cas, la cause de la
petite taille est facile à établir car l’enfant a une pathologie
qui ralentit la vitesse de croissance ou qui s’accompagne
d’une petite taille.
L’indication à demander des
examens complémentaires à la recherche d’une pathologie
associée, en particulier d’un déficit en GH, est fonction
d’une part du niveau de taille de l’enfant comparé à
celui qu’entraîne habituellement sa pathologie initiale,
et d’autre part de la possibilité d’associations.
Ainsi l’association
de certaines cardiopathies à une petite taille
fait rechercher un syndrome de Turner ou un syndrome
de Noonan.
• Pathologie endocrinienne : elle est importante à
reconnaître car elle conduit à un traitement spécifique.
– Déficit en GH : il peut être secondaire à une lésion
(kyste, tumeur) de la région hypothalamo-hypophysaire,
à une irradiation crânienne ou être idiopathique.
Le diagnostic
de déficit en GH est facile chez un enfant qui a
un ralentissement de sa vitesse de croissance staturale
après une irradiation crânienne ou une lésion de la
région hypothalamo-hypophysaire.
La lésion la plus fréquente
est le craniopharyngiome.
Celui-ci induit de
manière quasi constante des modifications de la selle
turcique à type d’élargissement ou de calcifications
visibles sur la radiographie de la selle turcique de profil.
Par contre, le diagnostic de déficit idiopathique en GH
est difficile.
Cependant ce diagnostic reste important à
faire malgré l’augmentation de la disponibilité en GH, et
ce pour les raisons suivantes : la petite taille peut être
due à une cause différente du déficit en GH et nécessiter
un traitement spécifique ; l’accélération de la vitesse de
croissance obtenue avec des doses standard de GH chez
les patients ayant un déficit transitoire en GH est
médiocre, inférieure à celle obtenue chez ceux ayant un
déficit permanent ; le traitement par GH est astreignant
et coûteux ; la constatation d’un déficit en GH conduit à
rechercher d’autres déficits hypophysaires et une cause
à ce déficit.
Le diagnostic de déficit en GH est fait sur l’insuffisance
ou l’absence d’augmentation des taux plasmatiques de
celle-ci en réponse à une stimulation.
Les stimulus les
plus couramment employés sont l’arginine, l’ornithine
et l’hypoglycémie insulinique contrôlée.
On parle de
déficit en GH lorsque son pic sous stimulation est inférieur
à 7-10 ng/mL (= µg/L).
La limite définissant le
déficit est en effet variable selon les pays.
Il est nécessaire
de confirmer le déficit par une deuxième évaluation
de la sécrétion de GH, utilisant de préférence un stimulus
différent de celui utilisé pour la première
stimulation.
En effet, un certain nombre d’enfants ayant
une capacité normale à sécréter de la GH ne répondent
pas à une première, voire à une deuxième stimulation.
Cela est particulièrement le cas des enfants qui ont un
surpoids et des garçons qui ont un retard pubertaire.
Par
ailleurs, les taux mesurés de GH varient selon la trousse
utilisée pour son dosage.
Pour toutes ces raisons, le diagnostic de déficit en GH est parfois fait par excès.
Les
taux plasmatiques du facteur de croissance IGF1 et de sa
protéine liante IGFBP-3 dépendent essentiellement de la
sécrétion de GH.
Ils sont effondrés en cas de déficit idiopathique
en GH et constituent ainsi un excellent marqueur
du diagnostic.
Les signes cliniques de déficit en GH sont rarement présents.
Ils se voient essentiellement chez les patients qui
ont un déficit congénital en GH.
Il s’agit de surcharge
pondérale à prédominance tronculaire, extrémités petites,
front bombé et ensellure nasale marquée. L’association,
chez un nouveau-né, d’une hypoglycémie à un micropénis
(longueur de la verge < 3 cm) est très évocatrice du
diagnostic de déficit en GH.
L’imagerie par résonance
magnétique de la région hypothalamo-hypophysaire
montre chez plus de la moitié des patients qui ont un déficit
en GH un aspect dit d’interruption de la tige dont les
composantes sont : post-hypophyse ectopique, antéhypophyse
petite et tige pituitaire interrompue.
Cet aspect
apporte une confirmation anatomique au diagnostic de
déficit en GH.
Sa pathogénie est variée et en cours d’analyse
: traumatique, malformative ou génétique.
Le syndrome de Laron donne un aspect clinique ressemblant
à celui du déficit en GH.
Il n’est pas dû à un déficit
en GH mais à une résistance hépatique à cette hormone.
Les taux plasmatiques de GH sont élevés.
En revanche,
ceux de IGF1 sont effondrés.
Sa transmission est récessive autosomique.
– Hypothyroïdie : la spécificité de l’effet des hormones
thyroïdiennes chez l’enfant, par rapport à l’adulte, est
qu’elles sont nécessaires au développement du système
nerveux durant les deux premières années de vie et à la
croissance.
L’hypothyroïdie peut être d’origine centrale
(hypothalamo-hypophysaire) ou périphérique (thyroïdienne).
Le taux plasmatique de TSH (thyroid stimulating
hormone) est normal ou bas dans les formes centrales
et augmenté dans les formes périphériques.
L’hypothyroïdie peut être congénitale ou acquise.
Le
pronostic de l’hypothyroïdie congénitale est dominé par
le risque de retard du développement psychomoteur.
L’hypothyroïdie congénitale périphérique est diagnostiquée
sur un taux plasmatique de TSH augmenté dans le
cadre du dépistage néonatal systématique.
Cependant,
elle peut « échapper » au dépistage pour les raisons
suivantes : le dépistage ne permet pas le diagnostic de
l’hypothyroïdie centrale ; il ne couvre pas tous les
nouveau-nés du monde ; certains cas ne sont pas diagnostiqués
(problème technique ou expression tardive).
L’hypothyroïdie acquise est le plus souvent due à une
thyroïdite. Le ralentissement de la vitesse de croissance
staturale est fréquemment associé à une prise pondérale
excessive et à d’autres signes cliniques d’hypothyroïdie
(constipation, diminution des performances scolaires et
goitre en cas de thyroïdite).
L’âge osseux est souvent
très inférieur à l’âge chronologique (différence > 2 ans).
Le diagnostic d’hypothyroïdie est fait sur le taux bas de
thyroxine plasmatique.
Le traitement substitutif permet
un rattrapage statural.
– Syndrome de Turner : il associe une anomalie d’un
chromosome X, une petite taille et une dysgénésie
gonadique.
Sa fréquence est de 1/3 500 naissances de
filles.
Le diagnostic est fait sur le caryotype.
La taille
adulte moyenne varie de 142 à 147 cm selon les pays où
les données ont été recueillies et selon la taille génétique.
La dysgénésie gonadique est responsable de l’absence
de développement spontané de la puberté (80 %
des cas) et de la stérilité.
Les organes génitaux internes
(vagin et utérus) sont féminins, normaux dans la majorité
des cas.
Les autres signes sont inconstants.
Parmi
les anomalies observées dans le syndrome de Turner,
celles qui constituent réellement un problème sont la
petite taille et la stérilité.
Depuis peu, ces enfants
peuvent être traités par l’hormone de croissance, et ce
traitement est pris en charge par les caisses primaires
d’assurance maladie.
– Retard pubertaire : il est défini par l’absence de développement
des caractères sexuels au-delà de l’âge de 13
ans chez la fille et de 14 ans chez le garçon.
On distingue
le retard pubertaire secondaire à une pathologie
(anomalie hypothalamo-hypophysaire ou gonadique) du
retard pubertaire simple, c’est-à-dire suivi d’un développement
pubertaire spontané complet.
Chez la fille, le
retard pubertaire est secondaire dans plus de la moitié
des cas à une pathologie, et en particulier à un syndrome
de Turner.
Chez le garçon, il s’agit dans 80 % des cas d’un retard pubertaire simple.
Il est responsable d’un
retard à l’accélération de la vitesse de croissance staturale,
accélération qui survient normalement à la puberté.
Cela explique que le motif de consultation soit souvent
la petite taille.
– Excès de corticostéroïdes : il peut être iatrogénique ou
d’origine endogène.
Le syndrome de Cushing est caractérisé
par une hypersécrétion de cortisol.
Il est rare chez
l’enfant.
Les principaux signes sont : ralentissement de
la croissance staturale, prise pondérale excessive, douleurs
dorsales secondaires à l’ostéoporose et vergetures.
Le diagnostic d’hypercorticisme est suspecté sur l’augmentation
de la cortisolurie des 24 heures (> 50 µg).
Le taux plasmatique d’ACTH (adreno-corticotrophic
hormone) est augmenté dans les formes centrales, hypothalamo-hypophysaires et bas dans les formes périphériques,
surrénales.
Par ailleurs, l’administration prolongée
de doses pharmacologiques de corticoïdes
ralentit la vitesse de croissance staturale.
L’arrêt du traitement
n’est pas toujours suivi d’un rattrapage statural.
• Autres causes
– Retard de croissance à début intra-utérin (RCIU).
Il est
la cause de 10 % des petites tailles.
Il est hétérogène et
peut être secondaire à une anomalie chromosomique, à
un facteur d’environnement (infection, drogue, alcool,
malnutrition), faire partie d’un syndrome ou le plus souvent
être idiopathique.
Le retard de croissance intra-utérin
peut porter sur le poids, la taille ou le plus souvent les
deux. Il est habituellement défini par un poids de naissance
situé en dessous de
- 2 DS pour l’âge gestationnel.
Celui-ci est calculé en semaines à partir de la date de survenue
des dernières règles.
Contrairement aux prématurés
ayant un poids de naissance normal pour leur âge gestationnel,
environ 20 % des enfants qui ont un retard de
croissance intra-utérin n’ont pas de rattrapage statural.
Celui-ci, lorsqu’il a lieu, se produit tôt, en règle générale
avant l’âge de 1 an.
Ses facteurs ne sont pas connus.
– Retard de croissance par trouble psycho-socio-affectif.
Le « nanisme psychosocial » se présente de la manière
suivante : ralentissement de la vitesse de croissance staturale,
réponse variable de GH aux tests de stimulation,
taux plasmatique effondré de l’IGF1.
Les difficultés
relationnelles avec l’entourage sont souvent difficiles à
mettre en évidence.
Le critère de diagnostic est l’accélération
de la vitesse de croissance staturale lorsque le
patient est totalement séparé de son milieu familial.
L’anorexie mentale se voit le plus souvent chez les filles,
après le début de la puberté.
L’amaigrissement et l’aménorrhée
sont alors au premier plan.
Un certain nombre de syndromes s’accompagnent d’un
déficit statural.
Certaines pathologies peuvent s’exprimer
par un déficit statural isolé.
Elles sont à rechercher
devant une croissance anormale inexpliquée : maladie
coeliaque par le dosage du taux plasmatique des anticorps
anti-gliadine, maladie de Crohn par la mesure de
la vitesse de sédimentation, néphropathie par l’ionogramme
sanguin.
3- Traitement :
Dans les petites tailles constitutionnelles, il n’y a actuellement
pas de traitement dont l’efficacité à augmenter la
taille adulte a été démontrée.
Ces enfants ont un indice
de corpulence significativement plus bas que celui des
enfants de taille normale.
De plus, leurs taux plasmatiques
des IGF1 sont corrélés avec leur indice de corpulence
et leur vitesse de croissance.
Ces données suggèrent
qu’une optimisation de leur apport alimentaire peut
augmenter leur potentiel de croissance.
L’hormone de croissance biosynthétique constitue un
progrès majeur par rapport à l’hormone de croissance
extractive.
En effet, l’utilisation de celle-ci a été suivie
de cas d’encéphalite de Creutzfeldt-Jakob.
Les règles du
traitement par GH sont détaillées dans le Journal officiel
du 20 janvier et du 11 février 1997.
Un enfant peut être
traité par GH s’il a une petite taille due à un déficit en
GH, un syndrome de Turner, une insuffisance rénale
chronique ou un retard de croissance intra-utérin.
Dans l’hypothyroïdie et dans le retard pubertaire, le traitement
substitutif permet le rattrapage statural.