Nous ne savons pas guérir définitivement le psoriasis.
Le but
général des diverses thérapeutiques est donc d’entraîner une
réduction des lésions jusqu’à ce qu’elles soient tolérables pour le
malade.
Les moyens thérapeutiques sont multiples, le plus souvent
empiriques comme la photothérapie, parfois liés à une meilleure
connaissance des mécanismes physiopathologiques commes les
antimitotiques, ou encore simplement dus au hasard comme ce fut
le cas pour la découverte de l’action de la ciclosporine et de la
vitamine D.
Thérapeutiques locales :
A - KÉRATOLYTIQUES ET PRODUITS ÉMOLLIENTS :
L’acide salicylique est utilisé dans divers excipients gras (la vaseline
étant l’un des meilleurs) ou en lotion (cuir chevelu). Les
concentrations varient de 2 à 10 % en fonction du degré
d’hyperkératose, de la surface à traiter et de l’âge du malade.
Ainsi,
sur des surfaces limitées fortement kératosiques (kératodermie
palmoplantaire), on utilise des concentrations de 5 à 10%, alors que
sur des surfaces plus importantes il est préférable de ne pas dépasser
la concentration de 3 % qui sera réduite à 1 % chez l’enfant, ceci
pour éviter l’absorption de l’acide salicylique qui peut engendrer
une intoxication salicylée (polypnée, troubles de la conscience,
acidose sanguine).
Les préparations salicylées ne sont d’ordinaire utilisées que quelques
jours et stoppées lorsque le décapage des lésions a été obtenu.
L’acide salicylique peut être associé à d’autres principes actifs, en
particulier les corticoïdes et l’anthraline dont il favorise la stabilité.
L’urée, à des concentrations de 10 % ou plus, est préférée à l’acide
salicylique par certains auteurs.
Les bains dans l’eau claire ou dans l’eau salée, ou encore additionnée
d’huile de cade ou d’émollients, sont très utiles dans les psoriasis
étendus, permettant l’élimination des squames et sans doute
également des médiateurs inflammatoires présents dans la couche
cornée.
Les topiques émollients sont bénéfiques lorsque existe une
sécheresse ou une irritation cutanée provoquée par d’autres
thérapeutiques locales (acide salicylique, réducteurs, vitamine D) et
surtout au cours de la photothérapie.
Ils sont souvent utilisés en
alternance avec les produits plus actifs et dans le traitement
d’entretien de la maladie.
B - CORTICOTHÉRAPIE LOCALE :
Les points d’impact des corticoïdes sont multiples :
– action anti-inflammatoire par effet vasoconstrictif et par inhibition
de la phospholipase A2 et donc des médiateurs de l’acide
arachidonique (prostaglandines, leucotriènes) ;
– action cytostatique sur les cellules épidermiques et sur les
fibroblastes ;
– action immunosuppressive sur les cellules de Langerhans, les
lymphocytes activés et les polynucléaires présents dans les lésions.
Les produits utilisés sont essentiellement les pommades dont l’effet
occlusif favorise l’hydratation cutanée.
Les lotions ou les gels sont
utiles dans les zones macérées (plis) et sur le cuir chevelu.
Le rythme
d’application est d’une ou deux fois par jour, selon les écoles
dermatologiques, et des pansements occlusifs (film plastique ou hydrocolloïdes...) sont utiles sur des lésions de taille limitée et
particulièrement résistantes.
La durée de la corticothérapie locale
doit être brève afin d’éviter la tachyphylaxie (diminution progressive
de l’efficacité) et de limiter les effets secondaires.
Les applications
peuvent être effectuées de façon séquentielle, en alternance avec des
émollients.
Lorsqu’elles sont réalisées en continu, l’arrêt devra être
progressif afin d’éviter les rechutes, voire les phénomènes de rebond.
L’association, dans un même topique, à l’acide salicylique qui
favorise la pénétration est utile lorsque persistent des squames.
Les
associations à un antibiotique (lésions surinfectés) ou un réducteur
sont moins justifiées.
Le choix du niveau d’activité dépend de nombreux facteurs :
– étendue des lésions : utilisation d’un corticoïde plus faible sur de
larges surfaces afin d’éviter une trop forte absorption ;
– âge du malade : pas de corticoïdes forts chez l’enfant ;
– topographie des lésions : corticoïdes puissants sur le cuir chevelu et
les membres, corticoïdes faibles (classe 4) sur le visage ;
– durée d’administration : corticoïdes puissants (classes 1 et 2) sur
des lésions fortement inflammatoires pour une durée d’application
limitée ; corticoïdes plus faibles (classe 3) sur des lésions moins
inflammatoires et pour une durée d’application plus longue ; il est
souvent préférable d’attaquer avec des corticoïdes forts qui
entraînent une régression rapide des lésions.
L’efficacité thérapeutique de la corticothérapie locale est souvent
rapide, mais une corticorésistance peut se développer si les règles
qui viennent d’être énoncées ne sont pas respectées.
Les effets secondaires peuvent être nombreux et graves lors des
applications prolongées :
– effets locaux : atrophie dermoépidermique, vergetures,
hypertrichose, surinfection et folliculite (surtout dans les plis),
troubles pigmentaires, granulome glutéal (surtout avec les
corticoïdes fluorés), dermite périorale et rosacée du visage ;
– effets systémiques (application prolongée sur de grandes surfaces
érythémateuses) : décompensation d’un diabète, syndrome cushingoïde, ralentissement de la croissance chez l’enfant, inhibition
de l’axe corticotrope avec risque d’insuffisance surrénale aiguë à
l’arrêt, ostéoporose.
C - RÉDUCTEURS :
Ces produits, qui agiraient sur les phénomènes d’oxydoréduction,
ont constitué le traitement local majeur du psoriasis ces dernières
décennies.
Ils sont actuellement très peu utilisés pour des raisons
diverses : odeur désagréable, phénomènes irritatifs importants, mise
sur le marché de dérivés de la vitamine D et surtout interdiction de
l’utilisation, en 1998, des goudrons de houille par la commission
européenne à cause de leur effet cancérigène pourtant non démontré
dans le psoriasis.
Le nombre de spécialités disponibles s’est donc
particulièrement restreint, et beaucoup de dermatologues n’utilisent
plus les réducteurs.
1- Goudrons
:
Ce sont des mélanges de très nombreuses molécules,
incomplètement identifiées, et dont le mode d’action thérapeutique
est mal connu :
– les goudrons de houille (coaltar) ne sont plus utilisés alors qu’ils
constituaient, en association aux ultraviolets B, le classique
traitement de Goeckerman ;
– l’ichthyol, extrait de schistes bitumeux et qui est associé au sulfate
d’ammonium, est un réducteur faible exceptionnellement utilisé
dans certains psoriasis du visage ;
– les goudrons d’origine végétale sont essentiellement représentés par
l’huile de cade qui provient de la distillation du bois de genévrier.
L’huile de cade (Caditart) est utilisée en bains, en
applications locales ou en shampoing.
2- Dioxyanthranol (anthraline ou dithranol)
:
C’est un dérivé de l’anthracène.
D’abord extrait de la poudre de
Goa (chrysarobine), il est actuellement synthétisé.
Il s’agissait du
traitement local de référence dans les pays anglo-saxons où il a été
détrôné par les dérivés de la vitamine D.
En France, il n’existe
actuellement aucune spécialité commercialisée et les quelques
dermatologues qui poursuivent son utilisation doivent formuler des
préparations magistrales.
Les méthodes classiques utilisent des topiques concentrés à 0,1 %.
Plus récemment, ce sont des concentrations plus importantes (de
l’ordre de 1 à 3%) qui sont appliquées sur un temps très court
(inférieur à 30 minutes) et constituent la short contact therapy.
L’effet
irritatif (érythème périlésionnel) et une coloration brune de la peau
limitent les indications, en particulier dans les plis et sur le visage.
Une collaboration parfaite avec le malade est nécessaire pour la
bonne observance de ce traitement.
Des dérivés du dioxyanthranol
(micanol) à moindre effet irritatif sont actuellement à l’étude.
3- Dérivés de la vitamine D :
La vitamine D a constitué le progrès le plus important de ces
dernières années dans le traitement local du psoriasis.
Son utilisation
a fait suite à l’observation fortuite d’un patient ostéoporotique traité
par vitamine D par voie générale et dont le psoriasis s’était amélioré
de façon spectaculaire.
L’utilisation de la vitamine D par voie
générale étant limitée par ses effets ostéocalciques, la recherche s’est
naturellement orientée vers des applications locales et vers des
produits dérivés à moindre effet métabolique.
4- Mode d’action
:
Les précurseurs de la vitamine D sont synthétisés dans la peau et
doivent ensuite subir une double hydroxylation, d’abord dans le foie
(25-OH vitamine D) et ensuite dans le rein, pour aboutir au composé
le plus actif, la 1,25-dihydroxy vitamine D3 (1,25-D3), également
synthétisée en faible quantité dans la peau.
L’action cellulaire de la
vitamine D se fait par l’intermédiaire de l’augmentation des taux de
calcium qu’elle entraîne dans la cellule par une action directe sur
des récepteurs nucléaires (VDR) qui appartiennent à la famille des
récepteurs des hormones stéroïdiennes et des rétinoïdes.
Ces
récepteurs, le plus souvent couplés avec ceux des rétinoïdes, vont se
fixer sur des éléments de réponse (VDRE) situés en amont des gènes
sensibles à la vitamine D.
Ainsi, de nombreux gènes sont régulés,
parmi lesquels ceux impliqués dans la prolifération et la
différenciation cellulaire.
Par sa double action (sur le calcium et la régulation génique), la
vitamine D entraîne une inhibition de la prolifération et une
différenciation des kératinocytes.
En outre, c’est un agent immunomodulateur qui modifie de nombreuses fonctions des
lymphocytes.
C’est cette double action sur le kératinocyte et sur les
facteurs immunitaires qui explique les effets remarquables de la
vitamine D dans le psoriasis.
5- Divers composés :
La 1,25-D3, la 1,24-D3 et le calcipotriol ont été tous trois démontrés
efficaces dans le psoriasis. Le seul dérivé commercialisé en France
est, à cette date, le calcipotriol (Daivonext).
La 1,24-D3 (tacalcitol),
utilisée depuis plusieurs années au Japon, a été introduite plus
récemment dans certains pays européens.
Le calcipotriol est présenté
à la concentration de 50 mg/g, sous forme de pommade, crème ou
lotion. La lotion est réservée au psoriasis du cuir chevelu pour lequel
elle peut être associée aux dermocorticoïdes.
Du fait de sa demi-vie
très brève, le calcipotriol a 100 fois moins d’effet sur le métabolisme
phosphocalcique que la 1,25-D3, tout en conservant les effets
antiprolifératifs et immunomodulateurs.
6- Utilisation pratique du calcipotriol :
La meilleure efficacité est obtenue avec deux applications par jour,
la pommade étant plus efficace que la crème.
Ce rythme d’application peut être limité par les effets secondaires irritatifs
qui sont réduits par l’association aux dermocorticoïdes :
application du calcipotriol le soir et du corticoïde le matin.
Cette
association est aussi efficace (et peut-être même plus) que
l’application biquotidienne de calcipotriol.
L’utilisation sur le visage
et dans les plis doit être prudente à cause des phénomènes irritatifs
et, dans ces localisations, la crème est préférée à la pommade.
La
quantité totale de produit appliquée par semaine ne doit pas excéder
100 à 120 g, afin d’éviter le retentissement sur le métabolisme
phosphocalcique.
De nombreuses études ont démontré que le calcipotriol avait une
efficacité égale ou supérieure à celle des dermocorticoïdes de classe
2 et au dioxyanthranol.
Chez deux tiers des patients, l’amélioration
débute vers le 15e jour d’application pour atteindre son maximum
en 4 à 6 semaines.
L’identification des non-répondeurs peut donc se
faire vers la troisième semaine et orienter vers d’autres
thérapeutiques.
Le traitement d’entretien n’est pas, à ce jour, parfaitement codifié :
une seule application par jour, application un jour sur deux, ou arrêt
du traitement qui sera repris lors de la poussée ultérieure.
7- Effets secondaires :
Ils sont rencontrés dans environ 20 % des cas, surtout chez les sujets
à phototype clair et à peau fragile et en particulier sur le visage,
dans les plis, sur le scrotum et sur les membres inférieurs où le
psoriasis est souvent plus congestif.
Il s’agit de phénomènes irritatifs
avec sensation de brûlure et érythème qui peuvent régresser si l’on
espace les applications ou si l’on associe un dermocorticoïde.
Contrairement à la corticothérapie, le calcipotriol n’entraîne pas de
phénomène d’atrophie cutanée ou de tachyphylaxie.
Le risque
d’effets secondaires sur le métabolisme phosphocalcique
(hypercalciurie et hypercalcémie) n’existe que si les doses de 100 à
120 g/semaine sont dépassées, ce qui limite l’utilisation du
calcipotriol dans les psoriasis très étendus.
En outre, le calcipotriol
sera évité chez la femme enceinte et administré avec prudence chez
l’insuffisant rénal, lorsqu’il existe des troubles calciques connus et
lors de l’administration concomitante de thérapeutiques à base de
calcium ou de vitamine D.
Chez le jeune enfant, les posologies
seront adaptées.
8- Associations thérapeutiques
:
Outre l’association aux topiques cortisonés, le calcipotriol peut être
associé à la photothérapie, aux rétinoïdes, aux antimitotiques et à la
ciclosporine.
Il permet, lors de ces associations, une diminution des
doses nécessaires au blanchiment des lésions et limite donc les effets
secondaires généraux de ces traitements.
D - ANTIMITOTIQUES ET IMMUNOSUPPRESSEURS :
L’utilisation des antimitotiques, logique sur le plan
physiopathologique, est devenue exceptionnelle du fait des effets
secondaires qu’ils entraînent.
Le produit le plus couramment utilisé
est la chlorméthine (Caryolysinet) en solution aqueuse à 0,2 %.
Les
badigeons sont souvent mal tolérés, avec prurit, sensation de
brûlure, dessèchement cutané, hyperpigmentation et développement
d’un eczéma de contact dans 25 % des cas.
L’effet mutagène peut
être responsable de la survenue de cancers cutanés.
Les autres
antimitotiques (5-fluoro-uracile, carmustine) ont des effets
secondaires voisins.
Le méthotrexate est actuellement en cours
d’évaluation.
Tous ces produits sont contre-indiqués chez les sujets jeunes et chez
la femme enceinte ou n’ayant pas de contraception.
Divers topiques immunosupresseurs, essentiellement dérivés des
macrolides (ciclosporine, tacrolimus, sirolimus, dérivés de
l’ascomycine), sont actuellement à l’étude mais ont donné, à ce jour,
des résultats plutôt décevants, alors que certains d’entre eux sont
pourtant très actifs par voie générale.
E - RÉTINOÏDES TOPIQUES :
Les rétinoïdes classiques étaient réputés inefficaces et trop irritants
par voie locale.
Un nouveau dérivé, le tazarotène, a été introduit et
commercialisé en 1999 en France sous le nom de Zoract.
Ce
rétinoïde agit par des récepteurs différents de ceux utilisés par les
molécules classiques et pourrait activer des gènes spécifiques dans
la cellule.
Diverses études cliniques ont montré l’efficacité du tazarotène appliqué une fois par jour, le niveau d’efficacité étant
voisin de celui des corticoïdes de classe 2 avec une durée d’action
sans doute plus longue.
L’utilisation du tazarotène sur une grande
échelle paraît limitée par ses effets secondaires irritatifs plus
importants que ceux du calcipotriol.
De ce fait, c’est son association
avec les dermocorticoïdes qui est préconisée.
Traitements généraux :
A - CYTOSTATIQUES :
1- Méthotrexate :
C’est le cytostatique le plus utilisé qui bénéficie d’une longue
expérience dermatologique de plus de 30 ans.
Son efficacité est liée
à son action antimitotique directe, mais également à un effet antiinflammatoire
et immunosuppresseur.
Les schémas thérapeutiques sont multiples : administration
hebdomadaire intramusculaire, prise orale qui peut être unique (une
fois par semaine) ou multiple (trois prises séparées à 12 heures
d’intervalle).
Après une dose-test de 2,5 ou 5 mg, on augmentera
jusqu’à 15 à 25 mg par semaine.
L’effet thérapeutique est rapide, souvent spectaculaire, dès la
deuxième semaine.
Le traitement d’attaque blanchit les lésions en
1 à 2 mois et peut être suivi d’un traitement d’entretien, toujours
hebdomadaire, en réduisant la posologie jusqu’à la plus petite dose
efficace.
Les effets secondaires sont nombreux :
– l’effet tératogène existe pendant les 3 premiers mois de la grossesse
(nécessité d’une contraception rigoureuse).
L’altération de la
spermatogenèse implique d’éviter la procréation pendant le
traitement et jusqu’à 3 mois après l’arrêt, ceci alors que l’effet
mutagène et carcinogène, s’il reste discuté, ne semble pas réellement
important ;
– l’hépatotoxicité reste le problème majeur avec la possibilité
d’apparition d’une fibrose, puis d’une cirrhose.
Ces atteintes sont
fonction de la dose cumulative, le seuil critique étant aux alentours
de 1,50 g.
La survenue de l’atteinte hépatique est favorisée par la
prise d’alcool, l’existence d’un diabète ou certaines associations
médicamenteuses ;
– les effets hématologiques (leucopénie, thrombopénie, anémie) sont dose-dépendants et nécessitent une surveillance régulière afin
d’adapter la posologie.
L’anémie mégaloblastique par déficit en folates (le méthotrexate inhibe le métabolisme de l’acide folique)
peut être rencontrée chez les personnes âgées, et certains auteurs
préconisent une supplémentation par l’acide folinique ;
– les effets cutanéomuqueux sont rares : ulcérations des muqueuses et
parfois des plaques psoriasiques, photosensibilisation, alopécie,
prurit ;
– l’atteinte pulmonaire décrite lors de traitements de la polyarthrite
rhumatoïde semble beaucoup plus exceptionnelle dans le psoriasis ;
– l’asthénie est souvent importante, associée ou non à des troubles
digestifs divers.
L’adjonction d’acide folinique (5 mg/j, sauf le jour
où est administré le méthotrexate) peut permettre la réduction de
certains effets secondaires.
Certaines interactions médicamenteuses potentialisent ces effets
secondaires, en particulier les anti-inflammatoires non stéroïdiens et
l’aspirine, les antibiotiques et les sulfamides, les diurétiques, les anticonvulsivants (hydantoïne).
Ces associations devront être
évitées, de même que celles de tous les médicaments potentiellement
hépatotoxiques et hématotoxiques, en particulier l’association
triméthoprime-sulfaméthoxazole.
La conduite et la surveillance du traitement doivent être très
strictes :
– bilan préthérapeutique à la recherche des contre-indications
(atteinte hépatique, anémie, leucopénie, infection évolutive,
immunodéficit, ulcère digestif, insuffisance rénale et bien entendu
grossesse) ; supression des médicaments qui peuvent interférer avec
le méthotrexate ; bilan sanguin, hématologique et hépatique ; la
ponction biopsie de foie préalable n’est pas obligatoire mais
préconisée par certains, surtout si les tests hépatiques sont
anormaux ;
– la surveillance nécessite, pendant le traitement d’attaque, une
numération formule sanguine (NFS) avec plaquettes toutes les
semaines et un bilan biologique hépatique tous les mois, ces
examens étant ensuite espacés dans le traitement d’entretien ; la ponction-biopsie hépatique est indiquée lorsque la dose cumulative
atteint 1,50 g et doit être répétée tous les 1,50 g ; si des anomalies
histologiques sont constatées, l’arrêt du traitement ou la diminution
des posologies doivent être discutés.
En cas de toxicité hématologique aiguë ou de surdosage accidentel,
l’acide folinique sera administré à fortes doses pendant plusieurs
jours.
Le méthotrexate est actuellement essentiellement réservé au
psoriasis résistant ainsi qu’au psoriasis arthropatique grave.
Pour
limiter les effets secondaires, il est préférable de l’utiliser en
alternance avec les autres thérapeutiques majeures du psoriasis.
2- Autres :
Parmi les autres cytostatiques, on ne retiendra que l’hydroxyurée
(Hydréat), exceptionnellement prescrite, beaucoup moins efficace
que le méthotrexate et responsable de nombreux effets secondaires
hématologiques ou cutanés (cancers, pseudodermatomyosite, ulcères
de jambe, pigmentations...).
B - RÉTINOÏDES :
Ce sont des dérivés de la vitamine A (rétinol) dont le rapport
efficacité/toxicité est bien meilleur que pour cette dernière.
Le mode d’action dans le psoriasis est complexe : effet antimitotique,
action anti-inflammatoire (en particulier sur les polynucléaires),
action sur l’immunité et surtout modulation de l’expression des
gènes impliqués dans la maladie.
Cette action passe par la liaison à
des récepteurs nucléaires qui font partie de la famille des récepteurs
des hormones stéroïdiennes, thyroïdiennes et de la vitamine D.
Le produit utilisé est l’acitrétine (Soriatanet) qui a succédé à
l’étrétinate (Tigasont).
L’acitrétine est prescrite à des doses d’attaque
de 0,3 à 0,5 mg/kg/j, la posologie de 50 mg/j n’étant
qu’exceptionnellement dépassée.
L’amélioration est plus lente à
obtenir qu’avec le méthotrexate.
Les effets secondaires sont nombreux et dominés par le
risque tératogène (atteintes de l’oeil, de l’appareil auditif, du système
nerveux...) qui motive une contraception de 2 ans après la fin du
traitement, du fait d’une accumulation prolongée dans le tissu
graisseux.
Parmi les effets cliniques, l’atteinte muqueuse et la
sécheresse cutanée sont pratiquement obligatoires et la chéilite
permet de s’assurer de la bonne observance du traitement.
Elle peut
être évitée ou améliorée par les topiques émollients.
Les contre-indications qui résultent de ces effets secondaires sont
précises : femme enceinte (un test de grossesse est indispensable
avant le traitement), absence de contraception, atteinte osseuse
connue (essentiellement hyperostose vertébrale engainante), atteinte
hépatique (hépatite, cirrhose), hypertriglycéridémie ou
hypercholestérolémie et état cardiovasculaire sténosant, syndrome
sec, lentilles de contact (possibilité de compenser par des larmes
artificielles), insuffisance rénale (réduction des doses possibles),
sport de haut niveau.
Certaines de ces contre-indications sont
relatives et doivent faire apprécier le rapport risque/bénéfice du
traitement.
Le bilan préthérapeutique comportera, outre la recherche des contreindications,
un bilan sanguin complet comprenant des tests
hépatiques, le dosage des triglycérides et du cholestérol, l’étude de
la fonction rénale et éventuellement un examen ophtalmologique,
ainsi qu’une radiographie ou une scintigraphie osseuse.
La surveillance, clinique et biologique, sera d’abord mensuelle et
espacée ensuite selon les effets secondaires constatés.
Une
surveillance osseuse annuelle est indispensable lors des traitements
prolongés.
On évitera l’association aux médications hépatotoxiques ainsi qu’aux
tétracyclines qui peuvent favoriser la survenue d’hypertension
intracrânienne.
Les rétinoïdes utilisés en monothérapie sont essentiellement actifs
dans le psoriasis pustuleux et érythrodermique (à plus faible
posologie dans cette dernière indication), alors que leur efficacité
n’est réelle que dans 50 % des psoriasis vulgaires.
Dans cette
dernière indication, c’est essentiellement l’association à la PUVAthérapie (réPUVA) qui donne les meilleurs résultats.
Le liarozole, dérivé imidazolé qui inhibe la dégradation de l’acide
rétinoïque, aurait les mêmes effets que l’acitrétine et pourrait être
prochainement commercialisé.
C - CICLOSPORINE :
Peptide de structure cyclique, la ciclosporine, du fait de ses
remarquables propriétés immunosuppressives, a d’abord été utilisée
dans les greffes d’organes avant que son action antipsoriasique ne
soit fortuitement découverte.
La ciclosporine est actuellement
utilisée sous forme de microémulsion (Néoralt) qui a une meilleure
biodisponibilité que le Sandimmunt.
Son mode d’action reste hypothétique : action immunosuppressive
sur les lymphocytes T-CD4, inhibition de la fonction de présentation des cellules de Langerhans, inhibition de l’expression des molécules
d’adhésion sur les cellules endothéliales, action cytostatique directe
sur les kératinocytes, interaction avec les phénomènes de
transduction transmembranaire, et en particulier le système de la
protéine kinase C.
Les posologies efficaces dans le psoriasis sont faibles, de l’ordre de
2 à 5 mg/kg/j.
Deux stratégies thérapeutiques sont possibles.
Le plus souvent, on
débutera à 2,5 mg/kg/j avec augmentation progressive des doses
jusqu’à une amélioration suffisante des lésions.
Ce schéma
thérapeutique a le mérite de détecter certains répondeurs à faible
posologie et permet de mieux maîtriser les effets secondaires.
Cependant, certains auteurs préfèrent débuter à 5 mg/kg/j ce qui
permet une amélioration plus rapide dans les psoriasis sévères, la
posologie étant ensuite réduite jusqu’à trouver la dose nécessaire au
maintien de l’amélioration.
Ces schémas thérapeutiques permettent
le blanchiment des lésions dans plus de 80 % des cas.
Beaucoup
d’auteurs n’utilisent la ciclosporine qu’en traitement d’attaque d’une
durée d’environ 3 mois, pour l’arrêter ensuite et la reprendre lors
d’une nouvelle poussée.
Il est probable que ces traitements
intermittents puissent limiter les effets secondaires, en particulier
rénaux.
Les effets secondaires sont en effet dominés par les possibles
complications rénales rencontrées dans 10 à 30 % des cas.
Les
néphropathies peuvent être transitoires avec hypertension,
augmentation de la créatininémie et diminution de la filtration
glomérulaire.
Cette atteinte rénale est réversible à la diminution des
doses qui devront donc être adaptées aux examens biologiques
répétés.
La néphropathie interstitielle chronique avec fibrose et
atrophie tubulaire n’est rencontrée que lors des traitements
prolongés, surtout à forte posologie.
Un autre risque préoccupant de la ciclosporine est la possible
survenue de lymphomes ou de pseudolymphomes, ainsi que
d’autres complications cancéreuses (carcinomes, mélanomes,
sarcome de Kaposi) dont l’imputabilité n’est pas toujours
parfaitement démontrée.
Les effets secondaires dermatologiques sont nombreux :
hypertrophie gingivale, hypertrichose, gynécomastie, hyperséborrhée, oedème des extrémités et, rarement, infections
virales intercurrentes.
Les autres effets indésirables sont essentiellement représentés par
des paresthésies, des céphalées, des tremblements des extrémités,
une asthénie, des troubles digestifs et une hépatotoxicité modérée
avec augmentation des enzymes et de la bilirubine.
Une élévation
de l’acide urique, des triglycérides et du cholestérol a également été
décrite.
Les interactions médicamenteuses sont multiples et ne peuvent être
toutes citées ici : certains médicaments augmentent la ciclosporinémie comme le kétoconazole, les macrolides, certains
inhibiteurs calciques, l’allopurinol et les antihistaminiques H2...,
alors que d’autres produits diminuent la ciclosporinémie :
rifampicine, phénobarbital, hydantoïne, carbamazépine.
La toxicité
rénale est augmentée par les aminosides, certains sulfamides,
l’aciclovir et peut-être les anti-inflammatoires non stéroïdiens, alors
que l’hypertrophie gingivale serait plus fréquemment rencontrée
lorsque la ciclosporine est associée à la nifédipine.
Les contre-indications sont représentées par la grossesse et
l’allaitement, bien que la ciclosporine ne soit pas tératogène chez
l’animal, l’insuffisance rénale, l’hypertension artérielle (contreindication
relative lorsqu’elle est contrôlée), les infections sévères, la
notion d’antécédent de cancer interne ou cutané, les déficits
immunitaires, en particulier ceux de l’infection au virus de
l’immunodéficience humaine (VIH). Bien entendu, elle ne peut être
utilisée ches les patients non compliants.
Le bilan préthérapeutique comporte, outre la prise de la tension
artérielle, l’évaluation à deux reprises de la créatinine et, pour
certains auteurs, une étude de la filtration glomérulaire.
La surveillance du traitement doit être régulière et rigoureuse, toutes
les 2 semaines pendant 6 semaines, mensuelle ensuite.
Cliniquement,
on recherchera la prise de poids et la survenue d’une hypertension
artérielle, alors que, dans les paramètres biologiques, c’est la
créatinine qui est l’examen de base : une augmentation de 30 % (par
rapport au niveau de base du patient) constatée à deux reprises
impose une diminution de la posologie de l’ordre de 1 mg/kg/j
pendant 1 mois et l’arrêt du traitement si l’anomalie persiste.
L’évaluation de la filtration glomérulaire peut être effectuée tous les
6 mois lors des traitements prolongés.
Les dosages de ciclosporinémie ne paraissent pas indispensables au suivi
thérapeutique.
L’hypertension artérielle isolée peut être traitée par
la nifédipine qui ne modifie pas le métabolisme de la ciclosporine.
La ciclosporine constitue un progès indiscutable dans le traitement
des psoriasis étendus et résistant à la photothérapie.
Sa prescription
en traitements intermittents peut en élargir les indications.
D - AUTRES THÉRAPEUTIQUES GÉNÉRALES :
Il s’agit de traitements rarement utilisés et qui, pour certains, n’ont
pas fait l’objet d’études contrôlées.
1- 1,25-(OH)2-vitamine D3 (calcitriol)
:
Plusieurs études ouvertes ont montré l’efficacité du calcitriol per os.
Le traitement débute par des doses faibles de 0,5 íg/j avec
augmentation progressive jusqu’à 2 à 3 íg/j.
Le problème majeur
est le risque d’hypercalcémie qui serait diminué par l’administration
du produit au coucher, l’absorption calcique étant plus faible la nuit.
Les sujets atteints de néphropathie ou de troubles calciques seront
bien entendus exclus et, pendant le traitement, un contrôle régulier
de la fonction rénale et de la calciurie est indispensable.
Le calcitriol
serait également efficace dans le rhumatisme psoriasique.
Enfin, il est probable que de nouveaux dérivés à action
prolongée ou à moindre impact sur le métabolisme phosphocalcique
seront prochainement à l’étude.
2- Salazopyrinet (sulfasalazine)
:
La sulfasalazine s’est révélée efficace dans le psoriasis cutané et plus
modérément dans l’arthropathie psoriasique. Les doses sont
augmentées progressivement de 1,50 g jusqu’à 4 g/j.
Le problème
majeur est constitué par les effets secondaires : céphalées, troubles
gastro-intestinaux, anémie et leucopénie (rare), et surtout
complications cutanées qui peuvent être sévères.
Plusieurs cas de
syndrome de Lyell ont été décrits et, de façon ponctuelle, pseudolymphome, érythrodermie, pustulose exanthématique aiguë
généralisée.
L’administration de Salazopyrinet doit donc être prudente et
réservée aux psoriasis étendus qui ne peuvent être traités par les
thérapeutiques classiques.
3- Dérivés de l’acide fumarique :
Les esters de l’acide fumarique (mono- et diméthylfumarates) sont
largement utilisés en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suisse sous le
nom de Fumadermt.
Leur mode d’action est mal connu.
Les
posologies doivent être progressivement augmentées par paliers
hebdomadaires afin de limiter les troubles gastro-intestinaux (25 %
des cas), qui peuvent être assez importants pour justifier l’arrêt du
traitement.
Parmi les autres effets secondaires, les flushs, quelques
heures après l’absorption du médicament, sont rencontrés dans plus
de la moitié des cas.
Les néphropathies sévères décrites avec les
anciens composés semblent beaucoup plus rares avec les nouvelles
préparations.
Une éosinophilie est fréquente, associée ou non à une
lymphopénie.
Enfin, les dérivés de l’acide fumarique existent
également en topiques qui peuvent être absorbés et, de ce fait, ne
doivent pas être associés au traitement per os.
4- Acides gras essentiels
:
Les acides gras de la série oméga 3 (acide eicosapentaénoïque et
dérivés), issus des huiles de poisson, ont fait l’objet de nombreuses études contradictoires.
À la dose de 5 à 10 g/j per os, ils pourraient
constituer un traitement d’appoint du psoriasis.
Une étude récente a
montré leur efficacité par voie intraveineuse.
En outre, l’administration de ces acides gras pourrait diminuer les
anomalies lipidiques et les risques vasculaires des rétinoïdes et la
néphropathie de la ciclosporine.
5- Traitements utilisés dans l’infection par le VIH :
L’AZT (zidovudine) est essentiellement efficace dans les psoriasis
associés à l’infection par le VIH, alors que son action chez les
patients séronégatifs est beaucoup plus modeste.
Le peptide T par voie intraveineuse ou sous-lésionnelle, utilisé à
titre expérimental, s’est avéré efficace chez quelques patients.
Il
agirait en bloquant les récepteurs des lymphocytes CD4
(indispensables dans l’infection rétrovirale) et aussi comme antineuromédiateur.
6- Traitements immunosuppresseurs
:
À côté de la ciclosporine, certains dérivés des macrolides à activité
immunosuppressive se sont avérés efficaces dans le psoriasis.
En
particulier, le tacrolimus (FK 506), également utilisé dans les
transplantations d’organes, mais qui a les mêmes effets
néphrotoxiques que la ciclosporine.
Le sirolimus (rapamicine) est
actuellement à l’étude, de même que le mycophénolate mofétil.
7- Traitement divers
:
De nombreuses thérapeutiques ont été essayées dans le psoriasis et
ont fait l’objet d’études ponctuelles qui méritent d’être confirmées.
Il s’agit des antithyroïdiens par voie générale et locale, des
antihistaminiques de type 2, du TNFá (tumour necrosis factor á), des
dérivés de la somatostatine...
8- Voies de recherche
:
Elles sont nombreuses et portent essentiellement sur
l’immunothérapie ciblée sur les lymphocytes T-CD4 activés, sur les
inhibiteurs de l’angiogenèse et sur la thérapie génique.
Traitements physiques
:
L’action bénéfique du soleil sur le psoriasis est connue depuis
l’Antiquité et la photothérapie artificielle est utilisée depuis le début
du siècle.
Les modalités d’administration se sont affinées à mesure
que le matériel progressait, avec une meilleure sélection des
longueurs d’onde et une dosimétrie précise permettant de connaître
le nombre total de joules administré par centimètre carré.
Les mécanismes d’action de la photothérapie sont complexes et les
points d’impact multiples : l’action antimitotique s’exerce sans doute
directement au niveau des acides nucléiques et des gènes ; l’action
sur le système immunitaire est importante et passe non seulement
par l’inhibition de l’activité des cellules de Langerhans mais
également par une action lymphocytaire, surtout pour les
ultraviolets longs (UVA) qui pénètrent jusqu’aux lymphocytes
contenus dans les microvaisseaux dermiques ; une action sur les
phénomènes de transduction transmembranaire et sur la synthèse
de la vitamine D est également possible.
Les modalités de la photothérapie du psoriasis sont multiples.
A - PHOTOTHÉRAPIE UVB :
– Les UVB à spectre large (290-320 nm) peuvent être utilisés seuls à
raison de trois à cinq séances par semaine, en débutant à des doses
proches de la dose érythémateuse minimale (DEM) et en
augmentant rapidement les doses à chaque séance, tout en tenant
compte de l’érythème obtenu et du phototype.
Ces modalités
entraînent une amélioration, dans 70 % des cas, en une vingtaine de
séances.
La photothérapie UVB était classiquement associée à
l’application de goudron de houille (traitement de Goeckerman),
impossible à réaliser actuellement, ou au dioxyanthranol,
technique d’Ingram qui est de réalisation délicate et elle aussi
pratiquement abandonnée.
En revanche, l’association à d’autres
topiques est habituelle (émollients, calcipotriol, tazarotène,
dermocorticoïdes).
– Les UVB à spectre étroit (311-313 nm, tubes TL-01) remplacent
souvent, depuis quelques années, les UVB à spectre large et même
la PUVAthérapie.
Cette photothérapie est mieux tolérée en raison
d’un risque moins élevé d’érythème phototoxique.
Les doses
administrées sont faibles : début de 0,1 ou 0,2 J/cm2 selon le
phototype, dose maximale 1,4 J/cm2, dose cumulée autour de
20 J/cm2.
En 20 séances, elle entraîne 80 à 90 % de très bons résultats
et peut bénéficier des mêmes associations que la photothérapie UVB
à spectre large.
La photothérapie sélective (SUP) utilise des tubes fluorescents
n’émettant que des UVB longs associés aux UVA et supprime donc
les longueurs d’onde érythématogènes.
Elle est surtout employée en
Allemagne et dans les pays scandinaves et donnerait des résultats
supérieurs à la photothérapie UVB conventionnelle.
B - PHOTOCHIMIOTHÉRAPIE UVA (PUVA)
:
La PUVAthérapie utilisée depuis 1974, et dans laquelle l’irradiation
UVA est précédée de l’administration d’un psoralène, est réservée
aux psoriasis ayant plus de 40 % de la surface corporelle atteinte.
L’irradiation est le plus souvent généralisée, mais des modules de
géométrie variable permettent des irradiations localisées (mains,
pieds, crâne, segment de membre).
Le rayonnement émis s’étend de
320 à 450 nm, avec un pic à 365 nm.
Les psoralènes sont des isomères des fucocoumarines, composés
photosensibilisants capables de se fixer sur les bases pyrimidiques
de l’acide désoxyribonucléique (ADN) par une simple ou une
double liaison (mono- ou biaddition).
C’est essentiellement par ce
mécanisme de liaison photo-induite à l’ADN que les psoralènes
bloqueraient la synthèse de ce dernier.
Les plus utilisés sont le
8-méthoxypsoralène (8-MOP ou Méladininet), le 5-méthoxypsoralène
(5-MOP ou bergaptène, commercialisé sous le nom de
Psoraderm-5t) et le triméthylpsoralène (TMP ou trisoralène)
disponible dans les pharmacies hospitalières.
Le psoralène peut être
administré par voie orale ou en application locale.
Le protocole général de la PUVAthérapie est d’ordinaire bien
codifié : trois ou quatre séances hebdomadaires jusqu’à obtention du
blanchiment de la dermatose.
Le traitement d’entretien avec
espacement des séquences est déconseillé afin de limiter au
maximum la dose administrée qui devra toujours être consignée en
fin de traitement.
La PUVAthérapie donne 80 % de très bons résultats en 4 à 6
semaines.
Toutefois, certaines localisations sont plus résistantes :
coudes, genoux, jambes.
1- PUVAthérapie classique
:
L’administration orale du psoralène a lieu en moyenne 2 heures
avant l’irradiation, mais en fait l’absorption dépend de variations
individuelles et, en cas d’échec apparent, l’étude de la
pharmacocinétique est nécessaire pour déterminer l’horaire optimal
de l’irradiation.
La posologie est de l’ordre de 0,6 mg/kg pour le
8-MOP et de 1,2 mg/kg pour le 5-MOP.
Les doses d’UVA administrées sont fonction du phototype, variant
entre 1 à 2 J pour un phototype 2, et 3 à 6 J pour un phototype 5,
avec une progression de 0,5 à 1,5 J toutes les deux séances.
On ne dépassera pas 100 à 150 J/cm2 pour une cure, 30 séances
pour une année et 100 séances (2 000 J/cm2) pour une vie.
Les psoralènes (essentiellement le 8-MOP) peuvent être mal
tolérés sur le plan digestif, nécessitant l’administration
concomitante d’antiémétiques ou le changement de produit.
Des réactions allergiques ont également été décrites.
2- Balnéo-PUVAthérapie :
L’application de psoralène par voie locale peut se faire par badigeon
ou par bain, l’irradiation étant pratiquée immédiatement après
l’application.
L’avantage principal est le faible passage systémique
du psoralène et donc l’absence d’intolérance digestive et d’effets
systémiques tels qu’ils seront envisagés plus loin.
Cependant, cette balnéoPUVAthérapie est relativement peu utilisée du fait de ses
difficultés de réalisation et de la possibilité de photosensibilisation
sévère.
Les doses d’UVA doivent être bien inférieures à celles de la
PUVAthérapie classique (de l’ordre de 0,05 à 0,12 J/cm2) au départ,
avec une augmentation très progressive pour obtenir une dose
maximale de l’ordre de 1 J/cm2.
3- Associations :
La réPUVAthérapie consiste à administrer un rétinoïde à la dose
moyenne de 0,5 mg/kg/j pendant les 15 jours qui précèdent la mise
en route de la PUVAthérapie.
Cette association permet de réduire la
dose d’irradiation nécessaire pour obtenir le blanchiment et
augmente la qualité des résultats.
Lorsque la rémission est obtenue,
on peut arrêter la PUVAthérapie et poursuivre un traitement
d’entretien par de petites doses de rétinoïdes.
Bien entendu, les
contre-indications et les modalités de surveillance du traitement sont
les mêmes que celles envisagées pour les rétinoïdes utilisés en
monothérapie.
La D-PUVAthérapie fait précéder l’irradiation par des applications
de calcipotriol la veille, ou au moins plusieurs heures avant la
séance.
Ces applications peuvent débuter 1 à 2 semaines avant la
PUVAthérapie.
Elles permettent une économie substantielle des
joules nécessaires au blanchiment.
C - EFFETS SECONDAIRES DE LA PHOTOTHÉRAPIE
:
Les effets secondaires des UVB sont modérés.
À court terme, prurit,
érythème peuvent faire différer la séance suivante.
Le port de
lunettes solaires est préférable afin d’éviter une inflammation
oculaire.
La survenue d’herpès ou encore l’aggravation d’un
psoriasis photosensible sont possibles.
À long terme, le risque
carcinogène, démontré in vitro et chez l’animal, se révèle très faible,
ce qui ne manque pas d’étonner dans une dermatose proliférative.
Il
est cependant préférable d’éviter les doses trop fortes et les
traitements prolongés, surtout en cas de phototype clair.
Les effets secondaires de la PUVAthérapie sont plus nets : prurit et
sécheresse cutanée ; érythème phototoxique lié à un surdosage
pouvant s’accompagner de lésions bulleuses ; plus rarement
photoallergie qui doit entraîner la suppression de tout médicament
photosensibilisant ; douleurs cutanées à type de brûlure intolérable
qui se rencontrent dans moins de 5 % des cas, mais empêchent la
poursuite du traitement.
La survenue de modifications pigmentaires est également classique ;
éphélides profuses, leucomélanodermie ou nævus hétérogène de
type nævus spilus, pigmentation diffuse des ongles. Une
hypertrichose modérée est fréquemment observée.
La PUVAthérapie comporte un risque oculaire puisque le psoralène
pénètre dans le cristallin : la survenue ou l’aggravation d’une
cataracte doit être prévenue par le port de lunettes solaires filtrant
les rayons ultraviolets pendant et après les séances (pendant 6
heures).
À long terme, l’altération chronique du derme aboutit à un
vieillissement cutané précoce, mais le problème majeur reste celui
de la carcinogénicité liée à l’action mutagène et à l’effet
immunosuppresseur.
Le rôle favorisant de la PUVAthérapie dans le
développement de carcinomes spinocellulaires et basocellulaires a
été démontré, le risque étant beaucoup plus important pour les
phototypes clairs et lorsque d’autres carcinogènes ont été associés,
en particulier les traitements préalables par arsenic, radiations
ionisantes ou méthotrexate.
La fréquence des carcinomes génitaux (scrotum, pénis) implique une
protection de cette zone par un matériel opaque.
Le rôle de doses
cumulatives importantes (supérieures à 1 500 J/cm2) et de
l’exposition solaire naturelle concomitante est souligné.
Enfin,
l’induction possible de mélanomes malins est probable, mais encore
discutée.
D - CONTRE-INDICATIONS ET SURVEILLANCE
DE LA PHOTOTHÉRAPIE
:
Les contre-indications concernent les malades qui ont déjà été traités
pour carcinome ou mélanome, ayant reçu des traitements carcinogénétiques, atteints de maladie auto-immune (induction
possible de pemphigoïde bulleuse, aggravation de lupus) ou atteints
de cataracte.
La grossesse constitue également une contre-indication de prudence,
bien que l’effet tératogène des psoralènes n’ait pas été démontré.
L’insuffisance hépatique ou rénale n’est qu’une contre-indication
relative, conduisant à réduire la posologie du psoralène.
Par ailleurs, il est indispensable de bien noter les doses cumulatives
et de ne traiter qu’avec la plus grande circonspection lorsque
celles-ci dépassent 1 500 J/cm2.
Enfin, chez l’enfant, on préférera la
photothérapie UVB à la PUVAthérapie.
La surveillance du traitement comporte un bilan biologique
(créatinine, transaminases) et ophtalmologique de départ qui peut
être répété tous les 6 mois.
L’examen minutieux et régulier du
revêtement cutané à la recherche de lésions précancéreuses est
indispensable, ainsi qu’une dosimétrie fiable et la recherche de
médications photosensibilisantes administrées de façon
concomitante pour d’autres pathologies.
E - PHOTOTHÉRAPIE NATURELLE ET BALNÉOTHÉRAPIE
:
L’héliothérapie et la thalassothérapie constituent d’excellents
traitements du psoriasis dont l’amélioration est nette en période
estivale.
Cependant, elles sont parfois difficiles à réaliser du fait de
la réticence des malades à exposer leurs lésions en public.
Elles
peuvent donc être précédées d’une photothérapie artificielle et en
constituer le traitement d’entretien. Par ailleurs, bien que naturelle,
l’héliothérapie n’est pas dépourvue de danger, d’autant qu’elle ne
s’accompagne d’aucune dosimétrie.
L’irradiation en bord de mer
comporte essentiellement des UVA (les UVB étant filtrés par
l’atmosphère), en particulier au bord de la mer Morte où existent
des établissements spécialisés prenant en charge la totalité de la
maladie.
La crénothérapie rend des services non négligeables liés à la qualité
des eaux, à la détente psychologique et à la prise en charge par des
dermatologues compétents.
L’association de bains additionnés de sel à la photothérapie est une
modalité nouvelle, surtout utilisée par les dermatologues allemands,
et qui semble donner d’excellents résultats, en partie liés au rôle
décapant du sel.
F - AUTRES TRAITEMENTS PHYSIQUES :
La photothérapie dynamique consiste à appliquer sur les lésions un
photosensibilisant précurseur des porphyrines (acide ä-aminolévulinique)
avec ensuite irradiation par la lumière visible.
Cette
technique est en cours d’évaluation.
L’hyperthermie réalisée par ultrasons ou par micro-ondes est un
traitement encore expérimental et de réalisation difficile du fait des
appareillages nécessaires et de la durée des expositions (45 minutes).
Son action peut toutefois être remarquable dans des psoriasis en
plaques limitées et résistantes.
Des progrès sont à attendre de cette
technique déjà utilisée dans le traitement de certains cancers pour
son effet cytostatique.
Les pansements occlusifs réalisés avec des films plastiques ou des hydrocolloïdes, avec ou sans dermocorticoïdes, sont efficaces dans
les lésions localisées et résistantes.
Enfin, la cryothérapie a fait l’objet de quelques publications
enthousiastes, mais est actuellement mal évaluée.
Impacts pathogéniques des principaux
traitements :
On constate que les principaux traitements du psoriasis n’ont pas
un impact unique sur l’un des facteurs pathogéniques de la maladie,
mais agissent à des niveaux multiples.
Ainsi le méthotrexate, à côté
de son effet antimitotique, a une action immunosuppressive ; la
ciclosporine et les immunosuppresseurs ont aussi un impact sur les
kératinocytes ; la photothérapie, les rétinoïdes et la vitamine D
agissent à la fois sur le kératinocyte, les facteurs immunitaires, et
modulent l’expression des gènes.
Il est probable que plus le mode d’action thérapeutique est situé en
amont sur la chaîne pathogénique, plus les traitements auront un
effet important et durable.
Le défi pour les années futures consiste à
agir sur les facteurs initiaux du psoriasis : modification des gènes
impliqués dans la maladie ; inactivation des antigènes responsables
de l’activation des lymphocytes.
Indications :
Les indications dépendent d’une part du type de psoriasis (étendue
des lésions, localisation, forme clinique), et d’autre part du malade
lui-même et de son désir de blanchiment plus ou moins complet.
Il
faut tenir compte du retentissement fonctionnel et relationnel du
psoriasis et avoir un dialogue détaillé avec le patient, instaurer une
relation de confiance, importante dans l’observance du traitement.
Par ailleurs, il faut apprécier les inconvénients et les risques des
diverses thérapeutiques et les mettre en balance avec le bénéfice
attendu.
Il est également utile d’apprécier l’évolutivité de la maladie
pour ne pas traiter abusivement des psoriasis en phase évolutive
descendante.
Enfin, la réponse du psoriasis aux traitements utilisés
antérieurement est importante dans le choix thérapeutique.
A - PSORIASIS VULGAIRE PEU ÉTENDU
:
Il répond le plus souvent au simple traitement local.
1- Traitement d’attaque :
* Premier choix :
Calcipotriol en application biquotidienne, ou calcipotriol plus
dermocorticoïde si intolérance au calcipotriol ou efficacité
insuffisante.
* Deuxième choix :
Kératolytiques d’abord ; dermocorticoïdes dans un second temps.
* Troisième choix
:
Réducteurs d’utilisation plus délicate.
La place du tazarotène sera appréciée dans les prochaines années.
2- Traitement d’entretien
:
Réduction progressive de l’un des traitements précédents remplacé
par un émollient, ou abstention thérapeutique.
B - PSORIASIS VULGAIRE ÉTENDU :
Les choix thérapeutiques varient selon les écoles dermatologiques et
selon l’expérience thérapeutique déjà vécue par le malade.
1-
Traitement d’attaque :
* Premier choix
:
Photothérapie UVB ou PUVAthérapie selon les modalités variables
envisagées auparavant.
Le choix entre UVB et PUVAthérapie peut
se faire sur divers éléments :
– étendue des lésions qui doit être supérieure à 40 % de la surface
corporelle pour la PUVAthérapie ;
– notion d’une efficacité plus grande de l’une ou l’autre des
méthodes chez le malade ;
– existence de contre-indications relatives à l’administration de
psoralènes ;
– âge du malade, les UVB paraissant préférables chez le sujet jeune.
La tendance actuelle est de préférer les UVB à spectre étroit (TL01)
dans la plupart des cas.
* Deuxième choix : réPUVAthérapie
Le rétinoïde permet une économie de joules et peut constituer le
traitement d’entretien à de faibles posologies.
* Troisième choix (après échec ou insuffisance
des deux choix précédents) :
Ciclosporine ou méthotrexate, avec les réserves et les précautions
déjà mentionnées.
La ciclosporine verra peut-être ses indications élargies par la
pratique de traitements intermittents.
Le méthotrexate est plus
spécialement indiqué chez le sujet âgé et dans les psoriasis associés
à une arthropathie sévère.
La tendance actuelle est d’alterner les traitements majeurs afin d’en
limiter les effets secondaires.
2- Traitement d’entretien
:
Simple traitement local chaque fois que cela est possible.
C - ÉRYTHRODERMIE PSORIASIQUE :
L’hospitalisation est indispensable (risques infectieux, métaboliques
et cardiovasculaires) ainsi que la recherche des facteurs favorisants.
Le traitement local (dermocorticoïdes, émollients) est capital.
Le méthotrexate, la ciclosporine et l’acitrétine sont efficaces mais
doivent être utilisés à faible dose.
L’acitrétine peut entraîner une
aggravation des phénomènes inflammatoires après quelques jours
d’utilisation.
La photothérapie ne sera utilisée que dans un deuxième temps,
lorsque l’érythème aura partiellement régressé.
D - PSORIASIS PUSTULEUX :
Les rétinoïdes constituent, et de loin, le meilleur traitement des
formes graves.
Ils sont prescrits à des doses voisines de 0,5 à
1 mg/kg/j dans le psoriasis pustuleux palmoplantaire et à une posologie inférieure dans le psoriasis pustuleux généralisé qui doit
bénéficier, en milieu hospitalier, du même monitoring que
l’érythrodermie psoriasique.
Le méthotrexate est sans doute la meilleure alternative, l’effet de la
PUVAthérapie étant plus aléatoire.
E - PSORIASIS ARTHROPATHIQUE :
L’efficacité des diverses thérapeutiques est très variable selon les
individus.
Les sels d’or sont fréquemment efficaces sur les rhumatismes psoriasiques périphériques et souvent associés aux antiinflammatoires
non stéroïdiens.
Dans les formes graves, c’est le méthotrexate qui est le plus actif.
La
ciclosporine et les rétinoïdes ont une efficacité plus inconstante.
On
sera plus réticent pour utiliser ces derniers dans les formes axiales à
cause du risque d’enthésopathie calcifiante.
F - PSORIASIS DE L’ENFANT :
Les psoriasis en « gouttes » éruptifs, parfois postinfectieux, peuvent
régresser sous antibiothérapie et traitement local.
Si les poussées se
répètent à l’occasion d’angines, l’amygdalectomie prophylactique
peut être discutée.
Les psoriasis en « plaques », étendus, relèvent, après échec des
traitements locaux, essentiellement de la photothérapie.
Les
modalités utilisant les UVB sont toujours préférables chez l’enfant.
Un deuxième choix est constitué par les rétinoïdes à la dose de
0,5 mg/kg/j, qui, s’ils sont poursuivis plusieurs années, nécessitent
une surveillance ostéoarticulaire précise.
La ciclosporine et le méthotrexate ne sont pas utilisés chez l’enfant.
En revanche, toutes les thérapeutiques locales peuvent être
appliquées, exception faite des antimitotiques.
G - PSORIASIS PALMOPLANTAIRE :
C’est, dans un premier temps, un traitement kératolytique puissant
qui sera essayé, éventuellement associé à un corticoïde de classe 1 et
à des bains prolongés contenant des réducteurs.
Un deuxième choix est celui des rétinoïdes qui doivent être
administrés à fortes doses et peuvent être associés à la
PUVAthérapie localisée.
L’amélioration des kératodermies psoriasiques est souvent partielle
et l’on doit se satisfaire d’un résultat thérapeutique permettant une
vie professionnelle et relationnelle normale.
H - PSORIASIS DE L’ONGLE :
Le traitement est long, difficile et souvent décevant. Il ne faut pas
traiter les formes discrètes.
Les traitements locaux sont essentiellement constitués par :
– les corticoïdes de classe 1 en massages périunguéaux ; certains
préconisent les injections intramatricielles ;
– le calcipotriol dont l’efficacité reste à préciser mais qui mérite d’être
essayé ;
– l’avulsion chimique à l’urée peut être nécessaire dans les formes
avec forte hyperkératose.
Les traitements généraux ne doivent être prescrits que dans les
formes graves et font appel soit à la PUVAthérapie localisée, très
aléatoire, soit aux rétinoïdes, surtout efficaces dans l’hypothèse d’un
psoriasis pustuleux associé.
Mais les rétinoïdes peuvent aggraver
l’onycholyse, entraîner une grande fragilité unguéale ou une
paronychie chronique. La ciclosporine et le méthotrexate ne sont
qu’exceptionnellement justifiés.
I - PSORIASIS DES PLIS :
Ils sont souvent de traitement difficile.
Il faut lutter contre la
surinfection bactérienne et fungique et contre les facteurs
mécaniques de friction.
On peut utiliser un dermocorticoïde (gel,
lotion ou crème) avec le risque de survenue de vergetures ou le
calcipotriol (crème) avec la possibilité d’effets irritatifs.
J - PSORIASIS DU CUIR CHEVELU :
Lorsqu’il s’associe à un psoriasis sur le reste du tégument, il
bénéficie des traitements généraux déjà envisagés.
Le traitement
local fait appel soit aux dermocorticoïdes puissants (associés ou non
à l’acide salicylique), soit au calcipotriol en lotion qui a la même
efficacité.
Les shampoings contenant des réducteurs sont utiles mais
peuvent être parfois remplacés par des shampoings antifungiques.
Enfin, les psoriasis congestifs et suintants du cuir chevelu peuvent
bénéficier d’une antibiothérapie générale ou de l’administration de kétoconazole en brèves cures.