Poumon multikystique et kystes pulmonaires multiples
Cours de pneumologie
Développement pulmonaire
:
Un rapide rappel de l’embryogenèse est un préambule nécessaire.
A - STADE EMBRYONNAIRE (1 À 7 SEMAINES)
:
L’ébauche trachéale s’est formée dès le 26e jour de la gestation par
un bourgeonnement ventral du tube digestif primitif.
Il s’agit donc
d’une structure endodermale.
Par bourgeonnement dichotomique,
cette ébauche donne successivement les bronches souches, lobaires,
segmentaires...
Vers le 48e jour, les bronches sous-segmentaires sont
formées.
La vascularisation initiale est systémique et provient de
l’aorte dorsale.
B - STADE PSEUDOGLANDULAIRE (5 À 17 SEMAINES)
:
Le contact intime entre les cellules bronchiques proliférantes et le
tissu embryonnaire mésenchymateux est la condition sine qua non à
la poursuite des bourgeonnements qui génèrent les bronchioles
terminales.
Sur les coupes transversales, l’aspect histologique est
donc celui de multiples cavités d’allure glandulaire ; l’épithélium est
de type cubique ou cylindrique.
Les cellules mésenchymateuses
primitives se différencient en cellules musculaires.
La vascularisation
primitive systémique disparaît à la huitième semaine, puis les
artères pulmonaires développées à partir du sixième arc aortique
prennent le relais.
À la semaine 17, le poumon a donc déjà ses
structures bronchiques proximales constituées et ses cinq lobes.
C - STADE CANALICULAIRE (16 À 26 SEMAINES)
:
Ce stade est marqué par l’ébauche du poumon profond avec, sur le
versant aérien, la formation des bronchioles respiratoires et la
naissance de l’acinus, et sur le versant vasculaire, l’organisation du
réseau capillaire.
D - STADE SACCULAIRE (26 À 38 SEMAINES)
:
Il est marqué par le développement exponentiel de la surface
d’échange.
La réduction du tissu mésenchymateux est évidente. Les
saccules terminaux vont produire les trois générations de
bronchioles respiratoires.
Les alvéoles peuvent être identifiées
occasionnellement dès la 30e semaine.
À la naissance, le nombre
moyen d’alvéoles est de l’ordre de 50 X 106.
Vers l’âge de 5 ans, ce
nombre est de 300 à 600 X 106, soulignant l’importance du
développement postnatal.
Kystes pulmonaires d’origine
congénitale :
A - MALFORMATIONS ADÉNOMATOÏDES KYSTIQUES (MAK)
:
Cet ensemble de malformations rassemble des faits variés.
1- Aspects anatomopathologiques
:
* Caractéristiques générales :
Macroscopiquement, ces malformations intéressent en règle une
partie d’un lobe, plus rarement la totalité de celui-ci.
Les formes plurilobaires ou bilatérales sont exceptionnelles.
Le lobe affecté
est augmenté de volume, dense et lourd, et contient souvent des
kystes de taille variable.
La vascularisation est de type bronchique.
Une volumineuse artère systémique est parfois mise en évidence
chez le foetus par échodoppler ; elle peut disparaître lors du dernier
trimestre de la grossesse.
On observe des communications, d’une part entre les kystes, d’autre part entre ces kystes et le tractus
bronchique.
Ces connexions peuvent réaliser des systèmes à clapet,
permettant l’évacuation du liquide lors de la vie aérienne, avec alors
la survenue de kystes aériens souvent de plus en plus volumineux.
La malformation résulte de la prolifération bénigne des structures bronchiolaires primitives.
Au microscope, sur les coupes
transversales, les tubes bronchiques se traduisent par un aspect pseudoglandulaire rappelant le poumon foetal (d’où le terme de
malformation adénomatoïde kystique).
Les kystes sont bordés d’un
épithélium respiratoire de type bronchique, le mésenchyme est riche
en tissu élastique et manque de cartilage.
* Classification :
En fait, une grande hétérogénéité anatomoclinique est observée.
La
classification de Stocker, proposée dès 1977, reste la plus utilisée.
– MAK de type I.
Ce sont les plus fréquentes (50 %).
Elles sont
caractérisées par l’existence de kystes volumineux à parois
relativement épaisses.
Le nombre de ces kystes est variable (souvent
de trois à quatre).
Le diamètre de ces kystes est supérieur à 2 cm.
Les parois des kystes sont de type cylindrique, ou pseudostratifié.
Le contenu en période prénatale est évidemment liquidien ; en
période postnatale, il est souvent aérien.
– MAK de type II (42 %).
La malformation est de taille variable, de
1 cm à tout un lobe.
La taille de chacun des kystes ne dépasse pas
12 mm.
Le revêtement endokystique est variable avec un épithélium
cylindrique ou cubique, sans cellules à mucus.
Les malformations
associées sont relativement fréquentes (26 %) : hernie
diaphragmatique, anasarque et surtout agénésie rénale (souvent
dans le cadre du syndrome de Potter : avec syndrome dysmorphique
du visage et oligohydramnios consécutif à l’insuffisance rénale).
– MAK de type III (3 %).
On observe des masses fermes, massives,
faites de très nombreux petits kystes de moins de 0,5 cm.
Histologiquement, l’aspect est celui observé au stade pseudoglandulaire de l’embryogenèse, avec un épithélium cubique.
Mais il faut souligner que de nombreux cas semblent s’écarter de la
classification de Stocker de 1977.
Ainsi :
– l’existence d’un tissu « adénomatoïde » rappelant le poumon foetal
n’est pas constante.
En effet, certaines observations histopathologiques retrouvent un épithélium fait de pneumocytes
granuleux ou de cellules de Clara.
Ceci suggère que ces lésions se
sont constituées plus tardivement après le stade pseudoglandulaire.
De telles observations s’apparentent aux bronchectasies kystiques ;
– certaines MAK s’accompagnent d’une volumineuse artère
d’origine systémique.
Afin de mieux rendre compte de ces variétés, une nouvelle
classification en cinq types a été proposée par le même auteur en
1994, mais à ce jour, celle-ci ne paraît pas avoir été largement
adoptée.
2- Embryogenèse :
Leur formation découlerait d’une anomalie de la jonction
bronche/mésenchyme, avec développement effréné des bronchioles,
contrastant avec un arrêt du développement du tissu alvéolaire.
La
surveillance échographique a montré que certaines MAK régressent
plus ou moins complètement en fin de grossesse.
3- Pronostic
:
Les deux éléments qui conditionnent le pronostic sont l’existence de
malformations associées et surtout, la taille de la lésion.
Une volumineuse lésion peut en effet induire un déplacement médiastinal dont les conséquences sont triples :
– compression cardiovasculaire, entraînant l’hydrops du foetus ;
– compression oesophagienne limitant l’absorption du liquide
amniotique par le foetus, entraînant le polyhydramnios ;
– compression du tissu pulmonaire homo- et controlatéral, avec
arrêt du développement pulmonaire prénatal.
Cette hypoplasie
pulmonaire compromet évidemment les chances de survie.
Il existe un lien entre les données anatomopathologiques et le
pronostic : les MAK de type I ont relativement un bon pronostic
et les MAK de types II et III ont un pronostic plus réservé.
Ceci
résulte en particulier :
– de l’étendue des lésions pulmonaires (type III) ;
– de la fréquence des anomalies congénitales associées (type II).
Mais ce contraste pronostique découle aussi d’une évidence : si les
lésions des MAK I sont souvent aérées avec des kystes volumineux,
c’est parce que ces enfants ont vécu et respiré !
Si les MAK de types
II et III ne sont pratiquement pas aérées, c’est que beaucoup sont
mort-nés !
4- Aspects radiocliniques :
Il existe trois grandes circonstances de découverte.
* Période prénatale :
De plus en plus souvent, la découverte est faite en période
prénatale.
La malformation est alors découverte par une échographie de
routine, qui retrouve la lésion intrathoracique et recherche
d’éventuelles lésions associées.
De nombreux cas de MAK sont
accompagnés d’une vascularisation systémique, facilement
démontrée par échodoppler couleur, posant le problème des
relations entre certaines séquestrations intralobaires et les MAK.
Les critères de gravité, décrits plus haut, sont régulièrement
contrôlés par échographie.
Ils permettent de dicter la conduite à
tenir :
– soit surveillance « armée » :
– simple surveillance, si les indicateurs pronostiques sont
favorables.
Le diagnostic prénatal permet d’anticiper l’éventuelle
indication opératoire et donc le transfert de la mère vers un centre
obstétrical disposant des compétences en néonatalogie
médicochirurgicale adaptées ;
– mais cette indication n’est pas toujours retenue ; en effet,
certaines MAK régressent, voire disparaissent en fin de grossesse.
Une surveillance postnatale prolongée s’impose, même si
l’examen clinique et la radiographie du thorax effectués après la
naissance sont normaux.
La persistance d’anomalies
tomodensitométriques reste habituelle ;
– soit action rapide :
– interruption de la grossesse, en particulier en cas de
malformations associées ;
– en cas de polyhydramnios ou d’hydrops, la ponction
transcutanée du kyste permet son affaissement immédiat et
l’amélioration de la situation foetale, la récidive pouvant conduire
à la pose d’un shunt thoracoamniotique.
Une lobectomie foetale
peut même être envisagée dans certains centres.
* Période postnatale
:
Ailleurs, la découverte est faite précocement en période postnatale.
Ces MAK se révèlent le plus souvent par une insuffisance
respiratoire aiguë ou subaiguë et appellent une intervention
chirurgicale urgente.
La dyspnée et la cyanose s’installent après un intervalle libre de
quelques jours.
L’ensemble des troubles se majore lors des cris ou
des efforts de tétée.
L’examen clinique retrouve une diminution du
murmure vésiculaire en regard du territoire atteint.
L’examen radiologique identifie surtout l’hyperclarté localisée,
compressive (aspect refoulé du parenchyme de voisinage) avec
déplacement médiastinal controlatéral, hernie médiastinale
antérieure.
Occasionnellement, on peut observer une séquence
radiologique caractéristique :
– opacité localisée de tonalité hydrique ;
– puis niveau hydroaérique ;
– enfin, clarté kystique de plus en plus volumineuse et compressive.
Le type d’intervention dépend des constatations macroscopiques.
Il
doit s’agir d’une exérèse complète : le plus souvent lobectomie, ou
si les conditions le permettent, une segmentectomie.
Ces exérèses
réglées représentent des solutions plus simples et plus radicales que
le capitonnage ou les résections incomplètes.
La survie est la règle chez les nourrissons opérés à temps.
Des
chiffres de l’ordre de 80 % de survivants sont rapportés.
Le
pronostic des MAK de type II est souvent assombri par les
malformations associées.
* Après 1 an
:
Rarement, le tableau est découvert après l’âge de 1 an, voire chez un
adolescent ou un adulte.
Les symptômes sont alors différents :
– dyspnée absente ou discrète ;
– en revanche, on observe le plus souvent des signes de suppuration
bronchique, une hémoptysie ou la suppuration de ces kystes.
B - SÉQUESTRATIONS :
Cet ensemble de malformations n’est envisagé ici que lorsque
celles-ci sont le siège de kystes aériens, c’est-à-dire lorsque la
formation est ventilée, le plus souvent par la ventilation collatérale.
Ceci nous limite naturellement aux séquestrations intralobaires.
1- Anatomopathologie :
Macroscopiquement, une séquestration intralobaire se présente,
en l’absence de ventilation, comme un territoire collabé.
Si ce
territoire segmentaire est ventilé (ventilation collatérale par les pores
de Kohn), il peut au contraire prendre un aspect kystique ou
multikystique.
Cette malformation siège le plus souvent au niveau postérolatéral.
Elle est plus fréquente à gauche qu’à droite.
Le
territoire séquestré est recouvert par le même revêtement pleural
que le reste du lobe.
Lors de la dissection de la pièce de lobectomie,
la frontière entre la zone séquestrée et le territoire sain paraît floue.
La malformation reçoit sa vascularisation artérielle d’une artère
élastique issue de l’aorte thoracique et plus rarement de l’aorte
abdominale ou du tronc coeliaque (situation inverse en cas de
séquestrations extralobaires) ; le retour veineux des séquestrations
intralobaires se fait le plus souvent par les veines pulmonaires et
plus rarement par le système azygos (situation inverse en cas de
séquestrations extralobaires).
Microscopiquement, les séquestrations bronchopulmonaires associent
à des degrés divers un tissu alvéolaire et bronchique.
Il peut exister
également un tissu digestif rappelant le pancréas, l’estomac...
Aux
kystes aériens s’associent souvent quelques kystes remplis de
mucus.
Cette diversité tissulaire s’oppose donc au relatif
monomorphisme histopathologique des MAK.
2- Embryogenèse :
On considère traditionnellement que les séquestrations ont une
origine congénitale.
Elles résulteraient alors d’un
bourgeonnement surnuméraire issu du tube digestif primitif.
Ce
bourgeon pénétrerait le mésoderme pulmonaire où il induirait une
différenciation de type pulmonaire.
Le plus souvent, et ceci est
essentiel, la circulation artérielle systémique originelle persiste.
Il
s’agit de la caractéristique la plus importante des séquestrations.
En
fait, ce schéma est probablement acceptable pour les séquestrations extralobaires (le diagnostic échographique anténatal en démontre
clairement l’origine congénitale), mais il est contesté pour les formes
intralobaires qui seraient souvent acquises.
3- Aspects radiocliniques :
Chez le foetus, le diagnostic de séquestrations extralobaires anténatal
par échographie est devenu possible par échographie et échodoppler
couleur.
La surveillance échographique a montré que la régression
était une éventualité fréquente (surtout pendant le troisième
trimestre de la grossesse).
Chez l’enfant ou l’adulte, les séquestrations intralobaires restent
volontiers latentes.
Elles ne s’expriment alors souvent qu’à la
radiographie systématique.
Ailleurs, elles se révèlent à l’occasion
d’un épisode infectieux ou hémoptoïque.
Dans cette hypothèse, les
signes fonctionnels traduisent la communication avec l’arbre
bronchique.
Le diagnostic est alors évoqué :
– en raison du siège de l’anomalie (le plus souvent postérobasal) et
de son aspect parfois kystique observé dès la radiographie standard
ou en tomodensitométrie ;
– traditionnellement, par l’absence d’injection lors de la
bronchographie d’une bronche segmentaire ou son simple
refoulement.
Ces éléments sont suffisants pour suspecter le diagnostic et
rechercher l’artère systémique anormale.
L’examen tomodensitométrique ou l’imagerie par résonance
magnétique (IRM) identifie occasionnellement cette artère.
En fait, le bilan angiographique classique reste la référence.
Il est le
préalable habituel à la thoracotomie qui s’impose dès que la
séquestration est compliquée.
Il comporte :
– une éventuelle angiographie pulmonaire qui objective parfois
l’absence de vascularisation de type pulmonaire destinée au
territoire séquestré ;
– surtout, une artériographie qui permet l’opacification de l’artère
systémique surnuméraire.
C - HAMARTOMES MÉSENCHYMATEUX KYSTIQUES (HMK)
:
Ils ont été décrits par Mark en 1986 à propos de cinq observations.
Depuis, d’autres observations ont confirmé l’existence de cette entité.
1- Anatomopathologie
:
Quatre grandes caractéristiques sont soulignées :
– nodules de diamètre inférieur à 1 cm, composés de cellules
mésenchymateuses primitives, traversés par un plexus de
bronchioles.
Cette intrication de structures endodermiques et
mésodermiques justifie le terme d’hamartome ;
– kystes de 0,5 à 1 cm de diamètre dont les parois sont le siège
d’amas mésenchymateux ;
– kystes plus volumineux (jusqu’à 10 cm) dont la paroi comporte
une assise mésenchymateuse, intérieurement bordée par un
épithélium respiratoire normal ou métaplasique ;
– développement excessif d’un réseau artériel systémique dans la
paroi des kystes.
Ce réseau dérive des artères bronchiques,
intercostales ou phréniques.
2- Embryogenèse :
Ces kystes paraissent dériver de reliquats du mésenchyme
embryonnaire primitif disséminés aux deux poumons.
Au sein
de ces amas mésenchymateux, on observe des structures
endodermiques (épithélium respiratoire bronchiolaire) qui, en
quelques décennies, donnent naissance aux kystes.
À ce stade,
l’hypervascularisation systémique expose le patient aux
hémoptysies.
3- Aspects radiocliniques :
Si les cas pédiatriques sont décrits, l’affection est observée plus
souvent chez l’adulte (âges extrêmes : 18 mois à 53 ans).
Il existe
une prédominance masculine.
Le mode de révélation est variable :
hémoptysie, pneumothorax, hémothorax, dyspnée, radiographie
systématique.
Le diagnostic, en définitive anatomopathologique,
peut être évoqué lorsque le tableau radioclinique rassemble
différents éléments caractéristiques :
– lésions multiples et bilatérales ;
– coexistence de nodules de diamètre inférieur à 1 cm et de
formations kystiques de taille variable ;
– apparition lente (sur plusieurs années) de nouveaux nodules ou
transformations de ceux-ci en kystes de diamètre croissant ;
– hémoptysies persistantes ;
– absence de maladie alvéolo-interstitielle diffuse en termes de
radiographie, de tomodensitométrie, avec tests fonctionnels
respiratoires relativement préservés.
4- Évolution et traitement
:
Le caractère multifocal de la maladie, la répétition des accidents hémoptoïques, le risque de pneumothorax et les incertitudes
diagnostiques en l’absence de documents anatomopathologiques
conditionnent les actes thérapeutiques :
– embolisation des artères bronchiques en cas d’hémoptysie
récidivante ou menaçante ;
– thoracotomie ou thoracoscopie vidéoassistée pour résection
atypique des lésions et avivage pleural. Les objectifs de cette
thoracotomie étant :
– d’assurer le diagnostic ;
– d’effectuer l’exérèse de kystes susceptibles de se compliquer
(hémoptysie, pneumothorax) ;
– de traiter un pneumothorax ou d’en prévenir la récidive ;
– d’effectuer l’exérèse d’une éventuelle lésion déjà sarcomateuse.
5- Pronostic :
Aucun des cinq patients de Mark n’est décédé de sa maladie avec
des délais de surveillance de 2 à 28 ans.
Mais les aléas liés aux
hémoptysies et à l’éventuelle dégénérescence représentent des
menaces occasionnellement fatales. Il reste donc bien difficile de fixer
un pronostic.
Controverses des bronchectasies
kystiques « congénitales » :
L’idée que certaines bronchectasies relèvent d’une origine
congénitale est contestée.
Plusieurs revues, même émanant de milieu
pédiatrique, ne mentionnent pas l’existence de dilatations des
bronches congénitales.
Tout le monde s’accorde à penser que chez
un individu donné et après avoir formellement éliminé les
malformations décrites ci-dessus (MAK, séquestrations), il est
habituellement bien difficile de démontrer l’origine congénitale de
bronchectasie, c’est-à-dire que le sujet est né avec des bronches de
diamètre anormal.
Néanmoins, quelques observations privilégiées
semblent démontrer l’origine congénitale d’un petit nombre de
bronchectasies kystiques.
A - ANATOMOPATHOLOGIE :
Les bronchectasies kystiques sont des bronchectasies terminales
intéressant le plus souvent les cinquièmes divisions bronchiques.
Il
est tentant d’opposer les formes congénitales aux formes acquises.
1- Macroscopie
:
Les bronchectasies kystiques congénitales toucheraient la totalité
d’un lobe ou d’un poumon.
Le territoire atteint serait de couleur rose, facile à insuffler.
Notons ici qu’aucune maladie kystique pulmonaire n’a été décrite
en association aux polykystoses congénitales bien connues, touchant,
chez le même individu, les parenchymes hépatiques, rénaux et
pancréatiques.
Les bronchectasies kystiques acquises, au contraire, toucheraient
simplement une partie d’un territoire, seraient de couleur bleue et
très difficiles à insuffler.
2- Microscopie
:
Les bronchectasies de type kystique sont directement sous-pleurales,
tassées les unes contre les autres, privées de bronches collatérales.
En cas de formes congénitales, on ne retrouve aucun vestige de
bronches obturées, alors que de telles cicatrices sont constantes en
cas de bronchectasies acquises.
Cette absence de vestiges
bronchiques est, pour Spencer, le meilleur argument en faveur de
l’origine congénitale.
L’absence de signes d’inflammation tissulaire
est évidemment un argument supplémentaire, mais inconstant (les
bronchectasies congénitales peuvent se surinfecter).
B - PATHOGÉNIE :
La formation des bronchectasies congénitales s’expliquerait par un
bourgeonnement insuffisant de l’arbre bronchique primitif sans
aucun développement du tissu alvéolaire. Bronchectasies
congénitales et MAK seraient alors apparentées.
Les bronchectasies kystiques « acquises » se développeraient après
une agression bronchique de la première enfance, soit de type viral,
soit bactérienne (coqueluche).
Il est néanmoins possible que de telles
bronchectasies puissent se développer électivement, en cas de
malformations congénitales a minima intéressant la jonction des
voies de conduction et du tissu alvéolaire.
Au total, les bronchectasies kystiques s’intègrent dans un continuum
clinique allant des bronchectasies congénitales associées à une
vascularisation systémique anormale, et donc proche de certaines
séquestrations intralobaires, aux bronchectasies kystiques acquises
qui semblent les plus nombreuses.
C - CLINIQUE :
Le diagnostic est, le plus souvent, effectué à distance de la naissance
et souvent chez l’adulte.
La radiographie standard puis les coupes
tomodensitométriques, menées en haute résolution, démontrent
l’existence de bronchectasies et leur nature kystique.
Le
territoire atteint (lobe ou poumon entier) est le plus souvent de
volume normal, voire augmenté, ce qui contraste avec la perte de
volume souvent observée dans les autres types de bronchectasies.
Ceci illustre le rôle de la ventilation collatérale souvent importante
en cas de bronchectasies kystiques.
Les arguments en faveur de l’origine congénitale des dilatations des
bronches doivent être rassemblés et les conclusions tirées avec
prudence.
Plaideraient en faveur d’une origine congénitale :
– l’absence d’antécédent respiratoire infectieux de la première
enfance ;
– la survenue précoce de ces bronchectasies ;
– l’association à d’autres malformations congénitales : cardiopathie
ou vascularisation systémique du territoire atteint ;
– l’injection aisée des kystes lors de la bronchographie ainsi
que l’absence d’injection des glandes bronchiques.
Le poumon distal
dans le territoire atteint n’est pas opacifié ;
– en définitive, les arguments les plus forts sont probablement
d’ordre anatomopathologique.
Clartés pulmonaires multiples
acquises :
A - DYSPLASIES BRONCHOPULMONAIRES :
1- Anatomopathologie
:
La dysplasie bronchopulmonaire s’observe à titre de complication
(11 à 21 % des cas) de la maladie des membranes hyalines
néonatales.
Les pseudokystes observés reflètent, soit la distension
secondaire à la bronchioloalvéolite, soit l’existence de territoires
pulmonaires détruits et limités par un tissu fibreux.
2- Aspects radiocliniques :
Les clartés apparaissent environ 1 à 5 semaines après la naissance.
À ce stade, la condition respiratoire de l’enfant s’améliore déjà, mais
le sevrage du ventilateur est encore impossible. Les radiographies
du thorax permettent d’observer de multiples petites clartés siégeant
dans les deux champs.
Il existe une distension radiologique globale
associée à plusieurs foyers d’atélectasies multilobulaires.
3- Pronostic :
Si l’enfant survit (60 % des cas), on observe une lente résolution des
anomalies radiologiques.
Les épreuves fonctionnelles respiratoires (EFR) objectivent l’amélioration du trouble ventilatoire obstructif,
mais une atteinte des voies aériennes distales, une hyperréactivité
bronchique, persistent longtemps ou définitivement.
À distance,
l’examen tomodensitométrique systématique a montré que les
clartés kystiques disparaissent, mais l’examen reste anormal avec
une grande hétérogénéité des transparences pulmonaires, bien
observée par comparaison des temps inspiratoires et expiratoires,
témoin des obstructions bronchiolaires.
B - MALADIES INFECTIEUSES :
Les formes kystiques de la pneumocystose sont relativement
fréquentes.
Elles sont retrouvées par les radiographies standards ou
par la tomodensitométrie dans respectivement 10 et 34 % des cas
des pneumocystoses du syndrome de l’immunodéficience acquise
(sida).
Ces kystes sont d’apparence variable, le plus souvent
multiples et bilatéraux.
Ils s’observent aussi bien dans les régions
centrales que sous-pleurales.
Ces pseudokystes sont souvent
intriqués aux éléments habituels des pneumocystoses, tant sur les
radiographies (infiltration diffuse, à prédominance périhilaire,
grossièrement symétrique), qu’en tomodensitométrie (« verre
dépoli » à prédominance centrale, distribution en « motte » ou en
« carte de géographie », soulignant la lobulation pulmonaire).
Les lésions kystiques prédominent parfois dans les lobes supérieurs
pouvant simuler une tuberculose.
On considérait, il y a quelques
années, que ces formes apicales étaient surtout le fait des échecs de
la prophylaxie par les aérosols de pentamidine ; elles peuvent en
fait être observées en toutes circonstances.
En période aiguë, le risque est l’insuffisance respiratoire aiguë et le
pneumothorax.
Le barotraumatisme de la ventilation assistée doit,
dans la mesure du possible, être évité.
À distance, la régression des
kystes est habituelle et parfois spectaculaire.
C - MALADIES INFLAMMATOIRES :
Certaines affections granulomateuses inflammatoires, lorsqu’elles
atteignent le tissu alvéolaire, évoluent vers la formation de cavités
« pseudokystiques ».
1- Histiocytose langerhansienne :
*
Anatomopathologie
:
Au stade initial de l’affection, la biopsie pulmonaire, si elle est
pratiquée, permet d’observer des nodules de taille variable
dépassant rarement 15 mm et de topographie bronchiolocentrique.
Progressivement, ces petites masses granulomateuses se nécrosent,
avec formation de cavités centrales.
Plus tard (c’est-à-dire après
quelques mois ou années), il ne persiste plus que des cavités pseudokystiques, l’inflammation étant alors éteinte.
Les parois de
ces cavités comportent souvent, à côté d’un tissu alvéolaire
transformé, de discrets reliquats d’épithélium bronchique, suggérant
que certains kystes résultent d’ectasies bronchiolaires.
* Clinique
:
Dans la forme de l’adulte, seule envisagée ici, le tableau est
stéréotypé et l’affection semble le plus souvent purement
pulmonaire.
Parfois (environ 10 % des cas), on observe d’autres
localisations viscérales, notamment osseuses.
Cliniquement, la
maladie est marquée par :
– un terrain particulier : adulte jeune, pratiquement toujours grand
fumeur ;
– des signes fonctionnels respiratoires variables peu spécifiques :
toux, dyspnée d’effort ;
– rarement, des signes généraux (fébricule, amaigrissement) : ils
sont souvent éphémères, n’accompagnant que la phase tout initiale
de la maladie.
Ailleurs, l’affection est découverte à l’occasion d’une complication
(pneumothorax) ou d’une radiographie systématique.
Les anomalies,
sur des clichés standards prédominent aux deux tiers supérieurs des
deux champs et épargnent habituellement l’angle costophrénique.
Ils sont parfaitement observés en tomodensitométrie menée en haute
résolution : les lésions kystiques « à l’emporte-pièce » sont
distribuées au hasard et sont d’autant plus caractéristiques qu’elles
s’accompagnent encore de lésions nodulaires pleines ou en voie de
nécrose (« kystes » à parois épaisses).
La séquence « nodules suivis
de kystes » est pratiquement spécifique de l’affection.
Plus
tard, lorsque les stigmates inflammatoires ont disparu, la distinction
avec certains emphysèmes en foyer ou la lymphangiomyomatose
(chez la femme) devient délicate.
Le diagnostic repose en principe sur des arguments anatomopathologiques
:
– biopsies transbronchiques par voie endoscopique, en connaissant
le risque de pneumothorax.
La sensibilité diagnostique de ces
biopsies n’est pas connue et il faut savoir la difficulté
d’interprétation en microscopie optique, ce qui souligne l’intérêt de
l’analyse en microscopie électronique dès que ce diagnostic est
envisagé ;
– lavage bronchoalvéolaire : le lavage de ces patients retrouve le
plus souvent des cellules de Langerhans, mises en évidence par
microscopie électronique ou, de façon moins fastidieuse, par
immunofluorescence (plus de 5 % de cellules fixant l’anticorps monoclonal CD 1 a).
Mais la spécificité de ces anomalies est faible
dès l’instant que ces cellules sont souvent retrouvées lors d’autres
pathologies et surtout chez les fumeurs sains.
* Évolution et pronostic :
L’évolution à court et moyen termes est souvent simple avec
régression des nodules et persistance d’images kystiques plus ou
moins importantes.
La survenue, après rémission, d’une seconde
poussée, est rare mais décrite.
L’évolution à court et moyen termes
est habituellement bonne, mais à distance, deux risques doivent être
soulignés :
– risque de néoplasmes, dominé par celui du cancer bronchique ;
– risque d’insuffisance respiratoire le plus souvent de type obstructif
avec distension (risque grossièrement corrélé au nombre des kystes).
2- Connectivites :
La maladie rhumatoïde et la vascularite de Wegener
représentent les deux exemples les plus classiques.
Dans le premier cas, les nodules rhumatoïdes multiples
périphériques ont une évolution vers la nécrose et donc la
transformation pseudokystique.
Ces clartés sont de petite taille.
L’affection évolue le plus souvent sans parallélisme avec la maladie
articulaire.
Il existe une prédominance masculine contrastant avec la
prédominance féminine de la forme classique purement
rhumatismale.
La sérologie rhumatoïde est souvent très positive.
Au cours de la maladie de Wegener, les localisations pulmonaires
sont pratiquement constantes, multiples, de taille variable.
Une fois
sur deux, l’une (ou plusieurs) de ces lésions est excavée.
Les parois
sont alors le plus souvent épaisses.
Les anticorps anticytoplasme des
polynucléaires (ANCA) sont le plus souvent positifs (80 %) et de
type cytoplasmique.
Finalement, le diagnostic repose sur
l’anatomopathologie, notamment la biopsie pulmonaire chirurgicale
dès l’instant que les localisations extrathoraciques sont absentes ou non
démonstratives.
Rarement, la sarcoïdose pulmonaire s’accompagne de lésions
excavées.
3- Lymphangiomyomatose :
Il s’agit d’une affection généralisée à l’ensemble du muscle lisse
annexé au tissu lymphatique.
La maladie s’exprime chez les femmes
en période d’activité génitale.
* Anatomopathologie
:
La traduction anatomopathologique de la lymphangiomyomatose
est dominée par une hyperplasie d’un tissu musculaire lisse
atypique le long des voies lymphatiques.
Ce tissu musculaire
intéresse aussi les veinules, les espaces aériens distaux et la paroi
des bronchioles.
Il est probable que les cavités pseudokystiques qui
accompagnent cette affection témoignent des sténoses bronchiolaires
ainsi constituées.
* Aspects radiocliniques :
L’affection est souvent découverte à l’occasion d’une dyspnée
d’effort chez une femme jeune.
Ailleurs, il s’agit d’une complication
pleurale (chylothorax ou pneumothorax) ou d’une localisation
extrathoracique (tumeur rétropéritonéale, tel un angiolipome rénal).
La radiographie du thorax montre un aspect réticulonodulaire
qui contraste avec une fréquente distension radiologique.
La
tomodensitométrie retrouve des cavités aériennes « à l’emportepièce
» rappelant celles observées en cas d’histiocytose X (mais on
n’observe pas de nodules).
Les EFR confirment la distension avec une augmentation de la
capacité pulmonaire totale en pléthysmographie et l’existence d’un
trouble ventilatoire obstructif.
*
Diagnostic
:
Le diagnostic définitif repose :
– soit sur les données d’une biopsie pulmonaire chirurgicale si un
abord chirurgical est indiqué (par nécessité : pneumothorax
récidivant, ou de principe devant une forme atypique).
Un immunomarquage positif des cellules musculaires lisses avec
l’anticorps monoclonal HMB 45 est un argument diagnostique
supplémentaire utile, car les cellules musculaires lisses normales ne
fixent pas cet anticorps.
Cette étude complémentaire trouve tout son
intérêt en cas de biopsie de petite taille (biopsie transbronchique) ou
peu informative ;
– soit sur un faisceau d’arguments : données de la lymphographie,
de la tomodensitométrie abdominale, tumeurs périunguéales de
Koenen, notion de tumeurs rénales (angiomyolipomes), observées
dans un contexte de maladie respiratoire évocateur d’une
lymphangiomyomatose ;
– une maladie kystique, voisine ou identique à la lymphangiomatose, a été décrite, en association avec la sclérose
tubéreuse de Bourneville.
* Évolution et pronostic
:
Lorsque l’insuffisance respiratoire est gravement installée, le
pronostic (hors transplantation pulmonaire) reste catastrophique
malgré l’hormonothérapie, posant alors le problème de l’indication d’une greffe pulmonaire.
Néanmoins, aujourd’hui le diagnostic est
bien plus précoce, avant l’installation d’une insuffisance respiratoire
grave, et les courbes de survie sont bien améliorées.
Dans une étude
rétrospective récente, la probabilité de survie à 5, 10, et 15 ans était
respectivement à 91, 79 et 71 %.
Mais l’hormonosensibilité est
rarement observée.
4- Clartés tumorales :
Les clartés radiologiques multiples peuvent révéler une étiologie
tumorale.
Le mécanisme est variable.
– Nécrose tumorale : tous les cancers métastatiques au poumon
peuvent se nécroser avec formation de cavités à parois plus ou
moins fines.
Il s’agit surtout des épithéliomas tels les cancers épidermoïdes d’origine oto-rhino-laryngologique ou du col utérin
et des cancers vésicaux.
Ailleurs, il s’agit de masse lymphomateuse,
plus particulièrement de type hodgkinien évolué, ayant échappé aux
diverses chimiothérapies.
– Sténose bronchiolaire tumorale : ailleurs, la tumeur a un tropisme
bronchiolaire avec formation d’une « valve à clapet » (check valve).
Elle permet alors de souffler un territoire alvéolaire, réalisant des
cavités aériques multiples.
Cela est surtout décrit en cas de
localisations bronchiques et bronchiolaires des papillomatoses.
Les
localisations bronchiques surviennent souvent une dizaine d’années
après la localisation laryngée.
Un tel mécanisme a aussi été décrit en cas de carcinome bronchioloalvéolaire de type mucineux, autrefois dénommé
adénocarcinome mucineux kystique, ou de pneumopathie
interstitielle lymphocytaire (82 % dans une série).
Une mention
particulière doit être faite pour les sarcomes. En effet, les métastases
pulmonaires des sarcomes s’expriment parfois par des kystes à paroi
fine.
Les pneumothorax et les hémoptysies peuvent être révélateurs.
Lymphangiomyomatose, HMK et métastases pulmonaires des
sarcomes partagent donc des similitudes anatomopathologiques.
– À côté de l’évolution kystique de certaines tumeurs, il faut
mentionner la possibilité de transformation maligne de certains kystes
congénitaux.
Le kyste est de type variable (MAK, HMK) et
l’histologie du cancer n’est pas univoque : épidermoïde,
adénocarcinome, cancer à petites cellules ou parfois histologie moins
habituelle : carcinome bronchioloalvéolaire, pneumoblastome,
sarcome (histologie peut-être particulière à l’HMK et au MAK).
Ce
risque de transformation est toujours à l’esprit lorsque l’on discute
une thoracotomie exploratrice en cas de complications ou de
modifications radiologiques.
Synthèse :
Au terme de cette analyse et à titre de synthèse, nous présentons un
rapide récapitulatif.
Malformations kystiques congénitales.
Les malformations congénitales semblent résulter principalement de
deux mécanismes élémentaires.
– arrêt de la maturation des voies de conduction avec ou sans
formation de tissu alvéolaire.
Cet arrêt de maturation, plus ou moins
précoce, explique la formation des diverses MAK et probablement
les exceptionnelles bronchectasies kystiques congénitales ;
– bourgeonnement « bronchogène » supplémentaire avec souvent
artère systémique anormale.
Ce mécanisme est à l’origine des
séquestrations.
Arrêt de maturation et bourgeonnement bronchique surnuméraire
avec persistance de la vascularisation systémique peuvent s’associer,
expliquant alors les associations :
– MAK-séquestrations ;
– bronchectasies kystiques avec artère systémique anormale.
Ce schéma pathogénique peut encore être compliqué par :
– la possibilité d’un développement tardif à partir de petits reliquats
de mésenchyme primitif à l’origine de la formation chez l’adulte
des hamartomes mésenchymateux kystiques ;
– la survenue d’une infection postnatale compliquant la lecture
d’une pièce d’exérèse.
Pseudokystes acquis.
Ils résultent principalement de deux mécanismes parfois associés :
– nécrobiose de nodules parenchymateux. L’origine est variable :
inflammatoire (infectieuse ou non), ischémique (vascularite) ou
tumorale ;
– sténose à clapet, avec distension de territoires parenchymateux
expliquant les pseudokystes observés en cas :
– de pathologies tumorales : bénignes (papillomatose) ou
malignes (carcinome bronchioloalvéolaire, sarcome…) ;
– de pathologies non tumorales : pneumopathies interstitielles
lymphocytaires, amyloïdose, lymphangiomyomatose.