Cancers épidermoïdes et adénocarcinomes bronchiques
Cours de pneumologie
Les cancers bronchiques
primitifs sont la cause de mort par cancer la plus fréquente
dans l’ensemble du monde occidental. Malgré le lien causal très
important avec le tabagisme, une exposition professionnelle à
risque doit toujours être recherchée et déclarée le cas échéant.
Les cancers épidermoïdes et les adénocarcinomes bronchiques font
partie (avec les indifférenciés à grandes cellules) des cancers
non à petites cellules dont la prise en charge diffère de celle
des cancers bronchiques à petites cellules.
Épidémiologie et étiologie :
* Le cancer bronchique est le cancer le plus fréquent à
l'échelon mondial. Sa distribution est inégalement répartie dans
le monde, avec une plus grande fréquence actuelle dans les pays
industrialisés que dans les pays à faible revenu.
- Le tabagisme est plus récent dans les pays à faible revenu ou
la fréquence du cancer bronchique croit régulièrement.
- A l'inverse, aux États-Unis, l'impact des campagnes antitabac
commence à porter ses fruits: l'augmentation qui était de 3% par
an, stagne depuis ces 5 dernières années.
* En France, on a comptabilisé 18500 décès masculins et 2800
décès féminins par cancer bronchique, en 1990. Son pronostic est
redoutable: 10 à 15% de survivants à 5 ans, la plupart étant des
malades opérés.
* C'est un cancer de l'age adulte, avec un maximum de fréquence
entre 50 et 60 ans. Les patients de moins de 50 ans sont en
nombre régulièrement croissant du fait du tabagisme de plus en
plus jeune, de meme que le nombre des cas féminins augmente
régulièrement.
* Le tabac est le facteur étiologique majeur. On estime qu'il
faut avoir fumé 20 paquets-année pour etre directement exposé.
Le risque s'accroit avec la précocité de l'age de début du
tabagisme.
* Les autres facteurs étiologiques apparaissent comme
secondaires par rapport au tabac.
- Des substances inhalées ont été rendues responsables: minerais
radioactifs (radon, uranium), arsenic, amiante, nickel,
béryllium, chromes et chromates, fer
- Certains cancers bronchiques sont reconnus comme maladie
professionnelle: mineurs de fer, sujets exposés à l'amiante, au
chrome, à l'arsenic, sujets manipulant des produits radioactifs.
* A tabagisme égal, il existe des facteurs génétiques encore mal
connus mais qui sont réels, comme le montrent des familles
particulièrement touchées. Plusieurs gènes sont impliqués: gènes
myc dans les carcinomes à petites cellules, gènes ras dans les
adénocarcinomes, gène de la protéine p53.
Anatomie pathologique :
Carcinome épidermoïde
Le carcinome épidermoïde représente 40% de l'ensemble des
cancers bronchiques.
- Il siège plutôt sur les grosses bronches et, de ce fait, en
position centrale.
- Il est plus ou moins différencié et mature, parfois
kératinisant.
- Les formes localisées sont accessibles à la chirurgie.
Adénocarcinome
L'adénocarcinome représente 20 à 30% des cas.
- Son siège est plutôt périphérique mais il peut siéger sur les
gros troncs.
- L'aspect est glandulaire avec des formations tubulaires,
acineuses ou papillaires. L'adénocarcinome bronchique pose
surtout le problème de sa nature primitive ou secondaire.
L'examen histologique ne permet pas de trancher. Seule,
l'absence de cancer primitif détectable cliniquement et par les
examens complémentaires, permet d'éliminer une métastase d'un
adénocarcinome thyroïdien, rénal, mammaire ou digestif.
- En l'absence de signe clinique, le bilan à la recherche d'un
cancer primitif est réduit au minimum (échographie
abdomino-pelvienne, mammographie) car il est habituellement
négatif. Les formes localisées primitives sont accessibles à la
chirurgie.
Carcinomes bronchiolo-alvéolaires
Les carcinomes bronchiolo-alvéolaires constituent une entité à
part, voisine des adénocarcinomes et classée dans ce groupe.
Ils sont soit localisés sous la forme d'une tumeur périphérique,
soit diffus et caractéristiques par leur hypersécrétion
bronchique.
Carcinomes non à petites cellules
L'usage conduit à regrouper les carcinomes épidermoïdes et les
adénocarcinomes sous le vocable de carcinomes non à petites
cellules. Ils ont un pronostic grossièrement commun et les memes
possibilités thérapeutiques: chirurgie si possible, faible
sensibilité à la chimiothérapie et à la radiothérapie.
On les oppose aux carcinomes à petites cellules
exceptionnellement chirurgicaux, mais chimiosensibles et
radiosensibles, avec un pronostic assez sombre.
La survie des carcinomes non à petites cellules non opérés est
la meme quel que soit le type histologique.
Les carcinomes épidermoïdes opérés ont tendance à avoir un
pronostic légèrement meilleur que les adénocarcinomes.
Diagnostic :
Forme de description: le cancer proximal des gros troncs.
CIRCONSTANCES DE DÉCOUVERTE :
La découverte sur un cliché systématique est rare. Il existe
presque toujours des signes thoraciques ou extra-thoraciques.
Symptomes thoraciques :
Les symptômes thoraciques sont variés et quelle que soit leur
association, ils doivent donner l'alerte chez un fumeur de plus
de 40 ans:
- hémoptysie, quelle que soit son abondance.
- toux persistante, accentuation de la dyspnée accompagnée
parfois d'un wheezing localisé.
- douleurs thoraciques qui témoignent d'un contact avec la paroi
(contact pleural ou atteinte directe de la paroi).
- épisode infectieux bronchique ou pulmonaire non résolutif dans
les délais habituels sous traitement antibiotique.
- dysphonie par compression du nerf récurrent gauche.
- dysphagie par compression oesophagienne.
- syndrome cave supérieur: oedème de la face et de la partie
supérieure du thorax, circulation veineuse collatérale haute. Il
traduit une compression ou un envahissement de la veine cave
supérieure.
- paralysie phrénique.
- pleurésie sérofibrineuse ou purulente dont le bilan comporte
toujours une fibroscopie bronchique.
Symptomes extra-thoraciques :
* Altération de l'état général.
* Signes en rapport avec une métastase cérébrale, osseuse,
hépatique ou ganglionnaire.
* L'interrogatoire précise les facteurs de risque, la
profession, les antécédents broncho-pulmonaires.
* L'état général est souvent bon. L'amaigrissement, chiffré en
pourcentage du poids habituel, traduit souvent l'existence de
métastases hépatiques.
* L'examen thoracique recherche:
- des signes d'hypoventilation dans un lobe ou un poumon en
rapport avec une atélectasie.
- un wheezing localisé non modifié par la toux en rapport avec
une obstruction bronchique partielle.
- un syndrome pleural.
- un syndrome médiastinal.
* L'examen extra-thoracique recherche des signes d'extension:
- palper des aires ganglionnaires en particulier
sus-claviculaires.
- palpation du foie.
- recherche de douleurs osseuses à la pression des os.
- examen neurologique.
Examen biologiques :
Les examens biologiques sont également peu contributifs.
* La NFS est habituellement normale. Il y a peu ou pas de signes
biologiques d'inflammation.
* Les marqueurs tumoraux manquent de sensibilité et de
spécificité: l'ACE (antigène carcino-embryonnaire), le CA 19-9,
le CA 15-3 et le CYPHRA 21-1 sont élevés dans 20 à 30% des
carcinomes non à petites cellules.
Examen radiologique :
L'examen radiologique est une étape diagnostique importante.
Radiographies à réaliser
L'examen radiologique doit comporter:
- une radiographie pulmonaire de face et de profil.
- un examen tomodensitométrique (TDM) thoracique prolongé par
des coupes à hauteur des surrénales (recherche systématique de
métastases surénaliennes volontiers latentes).
- et un scanner cérébral, du fait de la fréquence des métastases
cérébrales volontiers asymptomatiques.
Anomalies thoraciques
* Opacité hilaire de taille variable, dense et homogène, à
limite interne confondue avec le médiastin, à limite externe
nette ou floue avec prolongements "en pattes de crabe" au sein
du parenchyme pulmonaire. Cette opacité correspond à la tumeur
elle-même, associée à des adénopathies.
* Opacité systématisée liée à une atélectasie. L'opacité est
dense, homogène, à limites nettes, triangulaire à base externe.
Ses limites sont convexes vers l'atélectasie. Il s'y associe une
attraction du médiastin, un pincement intercostal, une ascension
diaphragmatique. Cette atélectasie peut toucher un lobe ou tout
un poumon.
* Opacité parenchymateuse inhomogène, non systématisée. Image
hydro-aérique d'abcès du poumon.
* Épanchement pleural d'abondance variable.
* Hyperclarté pulmonaire appelée "emphysème obstructif". Cet
aspect exceptionnel est lié à un phénomène de clapet sur une
grosse bronche: l'air pénètre dans le poumon à l'inspiration
alors qu'à l'expiration, la vidange aérique se fait mal.
* Cliché pulmonaire normal: rare mais possible en cas de tumeur
strictement intrabronchique, sans trouble de ventilation associé
ni adénopathie médiastinale.
Recherche d'une atteinte ganglionnaire
La radiographie pulmonaire et surtout l'examen TDM thoracique
doivent préciser l'existence d'adénopathies soit hilaires
(territoire correspondant à la tumeur), soit au-delà dans le
médiastin, du meme coté que la tumeur ou de façon bilatérale
(ganglions de la fenetre aortico-pulmonaire, de la loge de
Baréty, sous-carénaires).
- Les ganglions sont considérés comme suspects d'envahissement
tumoral quand leur diamètre dépasse 10 à 15mm.
- En dessous de 10mm, ils sont considérés comme non suspects
mais peuvent etre envahis.
- Cette atteinte ganglionnaire a une grande importance pour le
pronostic et la stratégie thérapeutique.
FIBROSCOPIE BRONCHIQUE :
La fibroscopie bronchique permet de visualiser la tumeur,
préciser son siège et son extension et faire des prélèvements
biopsiques.
Aspects classiques
Trois aspects sont classiques: bourgeons, végétations et sténose
extrinsèque par compression de la bronche ou intrinsèque par la
tumeur elle-meme.
Le siège et l'extension doivent etre définis avec précision en
vue d'un éventuel acte chirurgical: envahissement des éperons
lobaires, de la carène, voire atteinte bilatérale.
Prélèvements
* Les biopsies bronchiques précisent le type histologique de la
tumeur.
* Des prises biopsiques sont faites sur l'éperon en amont, la
carène, voire sur des éperons du coté opposé.
* Un examen cytologique est réalisé sur un brossage en
territoire tumoral et sur des aspirations. Cette analyse
cytologique est importante quand la tumeur n'est pas visible ou
inaccessible en fibroscopie.
* Si les prélèvements sont négatifs, il faut les renouveler au
cours d'une seconde fibroscopie ou avoir recours soit à une
médiastinoscopie s'il existe des ganglions médiastinaux de
taille suspecte, soit à la thoracotomie exploratrice, notamment
dans le cas d'une tumeur périphérique. Dans ce dernier cas, on
peut également réaliser une ponction transpariétale à visée
cytologique.
BILAN D'EXTENSION :
Le bilan préthérapeutique comporte trois volets: loco-régional,
général et fonctionnel.
Bilan locorégional :
Le bilan loco-régional apprécie l'étendue de la tumeur et son
siège:
- fibroscopie bronchique.
- recherche d'adénopathies médiastinales par l'examen TDM voire
la médiastinoscopie. L'existence d'une adénopathie
sus-claviculaire signe un envahissement au-dessus de toute
possibilité chirurgicale.
- gros vaisseaux médiastinaux (syndrome cave supérieur): examen
TDM, parfois angiographie pour opacifier la veine cave
supérieure.
- coeur et péricarde: ECG. échographie cardiaque si suspicion
d'épanchement péricardique.
- nerf phrénique: dynamique diaphragmatique en radioscopie
surtout si élévation d'une coupole.
- récurrent gauche (dysphonie): examen ORL.
- l'examen ORL est systématique quel que soit le siège de la
tumeur du fait de la fréquence des doubles localisations
tumorales ORL et bronchiques.
- oesophage: une fibroscopie oeso-gastrique est nécessaire en
cas de dysphagie ou lorsque la tumeur est soupçonnée d'atteindre
l'oesophage sur les coupes TDM.
- plèvre: les ponctions et biopsies pleurales sont systématiques
en cas de pleurésie. Il faut préciser s'il s'agit d'une
épanchement métastatique par envahissement pleural ou une
pleurésie inflammatoire au contact d'un parenchyme avec
atélectasie ou infecté.
- paroi: rechercher une douleur thoracique, des images de lyse
sur les clichés costaux ou en TDM, des hyperfixations à la
scintigraphie osseuse.
Bilan général :
* Métastases: la première étape est clinique en se concentrant
sur les organes les plus fréquemment atteints que sont le foie,
les os, le cerveau, les ganglions. On pratique systématiquement
une échographie ou un examen TDM hépatique, des coupes TDM au
niveau des surrénales, un examen TDM cérébral. La scintigraphie
osseuse est faite seulement en cas de suspicion de métastases
osseuses (douleurs).
* Etat général: perte de poids chiffrée en pourcentage du poids
habituel. état cardio-vasculaire, rénal, hépatique.
* Syndrome infectieux.
Bilan fonctionnel :
La décision d'opérabilité dépend de ce bilan fonctionnel.
* Ce patient tabagique est souvent bronchopathe chronique. Il
faut pratiquer une spirométrie et une mesure des gaz du sang.
* En cas de déficit respiratoire majeur et qui fait craindre des
complications postopératoires, on a recours à la scintigraphie
de ventilation et de perfusion pour apprécier la fonction
séparée des deux poumons.
* Pour etre à l'abri des complications postopératoires
immédiates, on estime qu'il est nécessaire que le VEMS
prévisible du poumon restant après pneumonectomie soit au
minimum de 1 litre.
Stadification TNM et pronostic :
Au terme du bilan, il est possible d'établir un TNM clinique et
déterminer un premier pronostic. Le TNM clinique sera modifié en
pTNM après chirurgie.
Les tumeurs de stades IA, IB, IIA, IIB et IIIA sont opérables.
Les tumeurs de stades IIIB comportent un envahissement local
trop important pour etre opérées.
Première situation: le patient est opérable et la tumeur
résécable
Le patient est opérable et la tumeur résécable dans sa totalité.
* Il s'agit d'un carcinome non à petites cellules localisé chez
un patient ayant une fonction respiratoire autorisant
l'intervention.
- Les guérisons de carcinomes non à petites cellules non opérés
restent marginales (2 à 3%).
- En postopératoire, le pronostic est réévalué après analyse
anatomopathologique de la pièce opératoire (pTNM). Il est
fonction du stade.
* Les tumeurs réséquées se situent dans les stades IA, IB, IIA,
IIB et IIIA. Ce qui les différencie du point de vue pronostique,
c'est essentiellement l'envahissement ganglionnaire N1, N2 ou
N3.
- Les stades IIIB ne sont pas réséqués sauf si la tumeur et les
ganglions ont bien répondu à une chimiothérapie préopératoire.
- Les stades IV ne justifient pas un acte chirurgical sauf dans
de rares cas tels que l'existence concomitante d'une métastase
cérébrale unique.
Deuxième situation: la tumeur n'est pas résécable
L'importance de l'envahissement local (stade IIIB) ou
l'existence de métastases (stade IV) contre-indiquent
l'intervention.
La médiane de survie est de 8 à 12 mois quelles que soient les
modalités thérapeutiques. Les période de survie plus longues
sont le fait des patients bons répondeurs à la chimiothérapie et
la radiothérapie.
Formes particulières :
Cancer périphérique
L'absence de symptomatologie bruyante d'un cancer périphérique
conduit à un diagnostic fortuit ou à un stade tardif, avec
atteinte pariétale.
* Leur inaccessibilité en fibroscopie bronchique entraine des
difficultés de diagnostic anatomopathologique. La ponction
transpariétale, quand elle est techniquement réalisable, rend de
grands services.
* Typiquement, il s'agit d'une image ronde, périphérique que
rien ne différencie d'une tumeur bénigne ou d'une métastase
pulmonaire unique.
* Le bilan va comporter: fibroscopie bronchique (souvent
négative), examen TDM thoracique à la recherche d'autres images
(lacher de ballon signant leur nature métastatique), recherche
de BK (éventuel tuberculome), ponction transpariétale à visée
cytologique.
Cancer de l'apex
Les sommets des poumons se trouvent dans un espace étroit.
L'envahissement des structures pariétales et médiastinales est
rapide.
Il n'est pas rare de découvrir ces cancers au stade de syndrome
de Pancoast-Tobias qui associe:
- des douleurs radiculaires C8-D1.
- un syndrome de Claude-Bernard-Horner par atteinte du
sympathique (myosis, ptosis, énophtalmie).
- et une masse dense de l'apex avec ou sans ostéolyse des arcs
postérieurs des première et éventuellement deuxième cotes.
Cancer de la trachée
Le cancer de la trachée est dominé par la dyspnée.
Le wheezing, accentué à l'effort, évoque une crise d'asthme.
La spirométrie corrige le diagnostic.
Cette dyspnée donne l'alerte si elle s'associe à une hémoptysie.
La tumeur peut etre strictement intratrachéale et peu visible
sur le cliché standard.
Traitement :
METHODES :
Chirurgie :
Lobectomie ou pneumonectomie avec curage ganglionnaire
médiastinal afin de préciser l'envahissement ganglionnaire. La
voie d'abord est postérolatérale.
La pneumonectomie peut etre élargie au péricarde, voire à la
veine cave supérieure avec remplacement prothétique.
La mortalité péri-opératoire est faible (1 à 2%) grace à une
bonne évaluation de l'état général et fonctionnel.
Les complications postopératoires immédiates sont surtout
infectieuses.
Les thoracotomies exploratrices ne dépassent pas 5% du fait de
la bonne précision du bilan d'extension.
Chimiothérapie :
La chimiothérapie repose sur des médicaments efficaces en
monothérapie et susceptibles d'agir en synergie.
Dans les carcinomes non à petites cellules, les taux de réponse
partielle sont de l'ordre de 30% avec les meilleures
associations et la survie ne dépasse pas 40 semaines en moyenne
dans les formes métastatiques.
Radiothérapie :
* La radiothérapie fait appel aux rayonnements de haute énergie
à des doses de 45 à 60 grays sur le médiastin et la tumeur.
- L'administration se fait en 20 à 30 séances sur une durée de 5
à 6 semaines.
- Les complications sont infectieuses et à type d'oesophagite
durant l'irradiation.
- Il peut également survenir une pneumonie radique dans le champ
d'irradiation, laissant des séquelles à type de fibrose.
* La curiethérapie endobronchique est une nouvelle technique qui
vise à détruire des tumeurs strictement endobronchiques au moyen
d'aiguilles d'iridium placées au contact de la tumeur sous
fibroscopie bronchique. C'est une technique efficace en cas de
récidive locale limitée avec ou sans irradiation externe
préalable.
Traitements symptomatiques :
* Les traitements symptomatiques tiennent une grande place dans
la prise en charge de ces patients: antalgiques, antibiotiques,
corticoides à forte dose, oxygénothérapie. Les dérivés
morphiniques sont utilisés largement en cas de douleur sans
qu'ils entrainent de dépression respiratoire.
* Les désobstructions bronchiques par cryothérapie (congélation
de la tumeur), thermocoagulation ou laser, sont des
thérapeutiques endobronchiques efficaces dans les tumeurs
trachéales et des bronches principales et en cas d'hémoptysie
massive.
INDICATIONS :
Chirurgie
* La chirurgie ne se conçoit que si la résection de la tumeur
peut etre complète, chez un patient en relatif bon état général,
aux performances fonctionnelles respiratoires autorisant a
priori une pneumonectomie.
* Les contre-indications locales sont: l'envahissement de la
trachée, l'extension médiastinale à des organes vitaux (coeur)
ou à des éléments rendant la dissection impossible (troncs des
artères pulmonaires à leur origine, gros vaisseaux du
médiastin), extension pleurale. L'extension pariétale n'est pas
une contre-indication si elle est très limitée.
* Les atteintes ganglionnaires N2 et a fortiori N3 sont des
contre-indications relatives. La chirurgie peut se concevoir
après chimiothérapie première (néo-adjuvante). Celle-ci a pour
but de diminuer le volume tumoral et apprécier sa
chimiosensibilité. La démarche est la meme pour certaines
tumeurs T3 voire T4 pour lesquelles on espère que la
chimiothérapie néo-adjuvante les rendra résécables.
Chimiothérapie :
La chimiothérapie se justifie:
* dans les cancers métastatiques (stades IV) seulement s'ils ont
un état général correct. L'avantage de la chimiothérapie a été
démontré au cours de 8 essais randomisés comparant
chimiothérapie et traitement palliatif seul. L'avantage se
chiffre en semaines. C'est pourquoi, ces patients ne doivent
etre traités que dans le cadre de protocoles controlés.
* en postopératoire, généralement associée à la radiothérapie en
cas d'envahissement ganglionnaire N2 ou N3. Ces traitements
adjuvants ne sont pas encore codifiés. Leur intéret n'est pas
démontré. La seule certitude est qu'ils ne se justifient pas en
cas de cancers stade I et II avec ganglions non envahis.
* dans les stades IIIB inopérables, sous forme d'associations
radio-chimiothérapiques.
Radiothérapie :
La radiothérapie est un traitement local dans:
* les stades I inopérables (20 à 30% de survivants à 5 ans). Les
résultats sont moins bons qu'après exérèse, à stade identique.
* dans les stades IIIB inopérables, sous forme d'associations
radio-chimiothérapiques.
* en postopératoire: chimiothérapie et/ou une radiothérapie
adjuvantes.
* à titre palliatif, pour diminuer les symptomes, en cas de
métastases osseuses très douloureuses et de métastases
cérébrales.