Soixante-cinq pour cent des amputations des membres inférieurs des diabétiques sont réalisées après l’âge de
65 ans.
Le coût d’une amputation de jambe revient au salaire de deux infirmières à plein temps pendant 1 an.
Sur vingt malades diabétiques que suit en moyenne chaque généraliste, un ou deux seulement risquent un jour
d’être amputés.
Il est essentiel de les dépister, puisqu’une prise en charge spécialisée permet de réduire de 50% le
taux des amputations.
L’examen des pieds à la recherche de signes d’artérite ou de neuropathie fait partie du bilan
annuel du diabétique.
Les diabétiques à risque podologique doivent bénéficier d’un examen des pieds et des
chaussures à chaque consultation.
Introduction :
Le pied diabétique est un problème de santé
publique, puisque 50% des amputations de cuisse ou
de jambe sont réalisées chez le diabétique.
Cinq à
10% des diabétiques seront un jour amputés d’orteils,
de pied(s) ou de jambe(s).
L’incidence annuelle des
amputations chez les diabétiques est de 50 000 aux
États-Unis et d’environ 5 000 en France.
Cependant,
plusieurs études ont montré la possibilité de réduire de
50% les amputations des membres inférieurs chez les
diabétiques et de diminuer de moitié environ la durée
d’hospitalisation pour pied diabétique.
Plusieurs
questions se posent alors : quels sont les diabétiques à
risque ?
Pourquoi ne sont-ils pas dépistés ?
Comment
améliorer le dépistage des diabétiques à risque podologique ?
Quelle est la conduite à tenir en cas de
plaie du pied chez le diabétique ?
Quels sont les diabétiques
à risque ?
Les diabétiques à risque podologique, c’est-à-dire à
risque d’amputation sont ceux atteints d’artérite ou de
neuropathie diabétique.
Devant un trouble trophique,
on retrouve une fois sur six une artérite isolée, trois fois
sur six une neuropathie isolée, et deux fois sur six un
pied mixte, artériel et neuropathique.
A - Artérite
:
En cas d’artérite, toute plaie, même minime, risque
de ne pas cicatriser.
Cela s’explique facilement,
puisqu’il faut environ 20 fois plus d’oxygène pour
obtenir la cicatrisation d’une plaie cutanée que pour
assurer le maintien d’un revêtement cutané.
La plaie
ne cicatrise donc pas, elle se surinfecte, ce qui entraîne
une décompensation brutale avec constitution, en
quelques heures, de la gangrène d’un orteil.
B - Neuropathie
:
La neuropathie, quant à elle, intervient par plusieurs
mécanismes.
* Elle supprime les symptômes d’alerte par
abolition de la perception douloureuse qui assure la
protection normale des pieds contre ses ennemis, au
premier rang desquels les chaussures, les durillons, les
ongles, les corps étrangers retrouvés accidentellement
dans les chaussures, la « chirurgie de salle de bains »...
* La neuropathie est responsable de troubles de la
sensibilité profonde et de troubles moteurs qui
entraînent des troubles statiques importants (avant
pied rond, pieds creux et orteils en marteau),
responsables d’appuis anormaux, source d’hyperkératose,
durillons et callosités.
Ces durillons deviennent
très durs, blessent le tissu sous-cutané et provoquent la
formation d’une petite poche hydrique.
Le liquide, sous
tension lors de l’appui, diffuse entre les tissus et forme
une véritable lame de décollement.
L’hyperkératose
est sèche, elle se fissure et favorise la surinfection avec
constitution d’un abcès sous-cutané qui peut diffuser
vers l’os, le long des tendons, vers les parties molles,
ou au contraire s’ouvrir à la peau et créer le mal
perforant plantaire avec sa couronne hyperkératosique.
Le mal perforant plantaire, lié à la neuropathie
diabétique siège aux points d’appui, c’est-à-dire le plus
souvent sous la tête des premier et 5e métatarsiens.
* La neuropathie végétative est responsable d’une
sécheresse cutanée anormale avec absence de
sudation, ce qui favorise une hyperkératose avec
développement de durillons et de callosités.
Au niveau
du talon, l’hyperkératose se fissure et peut se surinfecter, entraînant une nécrose talonnière en cas
d’ischémie associée.
* Enfin, le pied de Charcot est une complication de
la neuropathie végétative.
Il s’agit d’une ostéonécrose
consécutive à des shunts artérioveineux accompagnés
d’oedèmes neurotrophiques et de maldistribution
sanguine fragilisant les os du pied.
La fracture apparaît
le plus souvent au sommet de l’arche interne du pied,
au niveau du 1er cunéiforme et du scaphoïde.
Lors de
la fracture, on observe un effondrement de l’arche
interne du pied, avec constitution d’un pied plat élargi,
responsable de troubles statiques importants,
provoquant durillons et maux perforants.
Pourquoi ces diabétiques
ne sont-ils pas dépistés ?
La principale raison de cette absence de diagnostic
des diabétiques à risque podologique, et peut-être la
plus importante, est l’absence de douleur qui
accompagne la neuropathie. N’ayant pas mal, le
malade néglige et sous-estime la gravité d’une plaie, et
la laisse donc évoluer.
Il arrive même souvent que le
malade ne signale pas sa plaie au niveau du pied
puisqu’elle ne fait pas mal.
Ce n’est même parfois
qu’en demandant au patient de se déchausser que le
médecin découvre la plaie.
Par ailleurs, l’examen des
pieds n’est pas systématique lors des consultations,
faute de temps le plus souvent, parfois parce que le
malade lui-même n’est pas très enclin à quitter ses
chaussures par difficulté ou à cause d’une hygiène
douteuse.
Les complications podologiques conduisant
au drame de l’amputation surviennent le plus souvent
après l’âge de 65 ans.
Le médecin généraliste, au cours de son exercice, y sera rarement confronté, il n’est
donc pas mobilisé pour l’examen du pied chez le
diabétique.
Lorsque le risque podologique est reconnu,
la prise en charge par le malade n’est pas toujours
facile : il est âgé, souvent obèse, peu souple
(coxarthrose), parfois atteint de baisse d’acuité
visuelle... Enfin, les soins de pédicurie ne sont pas
remboursés...
Comment dépister les diabétiques
à risque podologique ?
A - Artérite
:
L’examen clinique est caractéristique, avec des
pouls distaux abolis ou faibles, une peau fine, fragile,
avec une pilosité diminuée ou absente, une hyperonychie avec des ongles épais, susceptibles de
blesser le lit de l’ongle sous-jacent.
On constate parfois
une amyotrophie importante avec les tendons trop
visibles.
Enfin, le pied peut être froid.
L’examen d’une
artérite est clinique mais doit être complété par un
examen doppler, voire même une artériographie, en
particulier chaque fois qu’un geste chirurgical est
prévu.
B - Neuropathie
:
Le pied neuropathique est plutôt chaud, avec des
pouls parfois bondissants, une peau épaisse et sèche,
et une hyperkératose au niveau des points d’appui,
c’est-à-dire sous la tête des métatarsiens et au niveau
du talon, ainsi que sous la styloïde du 5e métatarsien.
Les réflexes ostéotendineux peuvent être abolis ou
diminués. Avec le diapason gradué, on note une
diminution de la perception vibratoire en-dessous de
4.
Au-delà de 65 ans, cet examen n’est plus
interprétable.
On constate parfois des troubles du sens
de position des orteils, une diminution de perception
du chaud et du froid, un défaut de la perception de la
douleur ; que l’on peut apprécier avec une simple
aiguille en piquant le malade au niveau, notamment,
de la pulpe des orteils et en comparant l’examen avec
la perception ressentie au niveau des mains ou du
mollet.
Avec un monofilament en nylon, on peut
apprécier la perception au tact et à la pression.
L’examen clinique suffit à déterminer s’il existe ou non
une neuropathie.
Il est inutile d’avoir recours aux
examens neuroélectrophysiologiques.
Les diabétiques à risque podologique sont donc les
diabétiques porteurs d’une artérite, d’une neuropathie,
ou encore porteurs des deux.
On les retrouve plus
particulièrement parmi les personnes de plus de 65
ans.
Des problèmes rhumatologiques (coxarthrose) ou
visuels peuvent limiter la prise en charge par le malade
lui-même des soins podologiques.
Les diabétiques à
risque podologique se recrutent tout particulièrement
parmi les diabétiques alcoolotabagiques, qui
présentent souvent artérite et neuropathie ; les
diabétiques atteints de microangiopathie sévère, en
particulier une néphropathie diabétique qui aggrave
l’artérite et la neuropathie ; enfin, les diabétiques
greffés rénaux et greffés rein-pancréas sont
particulièrement à risque en raison de leur traitement
immunosuppresseur (les corticoïdes favorisant
l’athérosclérose et inhibant l’angiogenèse).
Par ailleurs,
chez ces patients, le risque infectieux est très important
en cas de plaie.
Une éducation du patient doit être mise en route
dès le diagnostic du risque podologique.
Si le patient
n’est pas apte à prendre lui-même soin de ses pieds, il
est indispensable de former une tierce personne dans
son entourage, et de l’adresser à une consultation de
podologie spécialisée en diabétologie.
Chez les diabétiques qui ne sont pas à risque podologique, l’examen clinique des pieds peut ne pas
être fait systématiquement à chaque consultation.
Il
doit cependant être effectué une fois par an en
profitant de l’occasion pour rappeler le rôle nocif du
tabac chez les fumeurs.
Conduite à tenir en cas de plaie
du pied chez un diabétique :
La première étape est de rechercher la cause de la
blessure.
Lorsque le patient l’ignore, il s’agit d’un signe
de gravité mettant en évidence l’existence d’une
neuropathie.
L’examen de la plaie permet ensuite de
déterminer s’il s’agit d’une plaie artéritique ou d’une
plaie neuropathique.
Les plaies artéritiques se situent
au niveau des points de frottement, elles sont
douloureuses s’il n’existe pas de neuropathie associée.
Les plaies neuropathiques existent au niveau des
points d’appui sous la tête des métatarsiens, elles
peuvent également se situer au niveau de la pulpe des
orteils en marteau.
Les maux perforants peuvent se
développer sur des points de frottement anormaux,
tels que les hallux valgus, les cors sur le dos des orteils
ou entre les orteils où le frottement peut créer un oeil
de perdrix.
Le mal perforant est toujours infecté, il est
entouré d’une kératose très dure.
L’abrasion de cette
kératose mettra en évidence une plaie beaucoup plus
importante que ne le laissait supposer la plaie initiale.
A - Faut-il hospitaliser toute plaie
du pied chez le diabétique ?
L’hospitalisation ne se justifie pas chez un
diabétique bien équilibré présentant une plaie au pied,
mais sans neuropathie ni artérite.
Il suffit, dans ce cas,
de bien nettoyer la plaie à l’eau et au savon, d’utiliser
un antiseptique incolore type Merfènet, de surveiller
régulièrement la coloration cutanée, et de faire un
pansement de protection.
La surveillance de la plaie
doit être régulière.
En l’absence de surinfection et en
l’absence d’artérite, la prescription d’antibiotiques n’est
pas nécessaire.
En revanche, si le diabétique est
porteur d’une artérite ou d’une neuropathie,
l’hospitalisation s’impose.
Il s’agit toutefois, le plus
souvent, d’une urgence médicale et non d’une
urgence chirurgicale.
Le seul cas d’urgence chirurgicale
concerne la gangrène gazeuse, qui est exceptionnelle,
et la cellulite extensive avec septicémie menaçant la
vie du malade.
B - En cas d’hospitalisation
:
Quatre mesures s’imposent.
* Faire des prélèvements bactériologiques
profonds, si possible avec culturette pour que les
prélèvements ne soient pas secs.
Ces prélèvements
sont réalisés après désinfection à la Bétadinet des
bords cutanés de la plaie.
* Interdiction de l’appui.
L’arrêt de l’appui doit être
total, ce qui n’est pas facile à faire comprendre à un
malade atteint de neuropathie.
Pour supprimer l’appui,
on utilisera une chaussure Baroukt si la plaie se trouve
au niveau de l’avant pied, une chaussure Sanitalt si la
plaie se trouve au talon, une canne anglaise ou une
botte de décharge avec appui sous-rotulien, voire
même un fauteuil roulant.
Si la plaie est secondaire à
un frottement, il ne faut pas hésiter à découper la
chaussure ou le chausson pour supprimer ce
frottement.
En cas d’ischémie, il faut prescrire un
matelas antie-scarre et protéger les talons.
La
protection des talons peut se faire grâce à un bloc de
mousse en forme de prisme, sur lequel le malade fera
reposer ses jambes en laissant ses talons dans le vide,
sans appui.
* Prescription d’un traitement anticoagulant par héparinothérapie à doses hypocoagulantes en cas
d’ischémie, et isocoagulantes en cas de neuropathie.
* Prescrire un traitement antibiotique avant même
les résultats du prélèvement bactériologique chaque
fois qu’il existe des signes infectieux extensifs, d’autant
plus s’il s’agit de signes généraux, mais également
devant toute plaie ischémique faisant craindre qu’une
surinfection décompense ou aggrave une gangrène.
L’antibiothérapie doit être à large spectre couvrant
staphylocoques, streptocoques, germes à Gram
négatif, et, s’il s’agit d’une ischémie, également les
anaérobies.
L’association préconisée peut être Augmentint + quinolone, Cifloxt + Oflocett ou
Pyostacinet + Flagylt.
S’il existe des signes généraux,
on associe un aminoside par voie parentérale pendant
quelques jours.
Dans tous les cas de plaie du pied chez un
diabétique, un rappel antitétanique doit être effectué.
Si le malade n’est pas vacciné, on réalisera un sérum
antitétanique, et une vaccination doit être mise en
route.
C - Bilan à effectuer les jours suivants :
La plaie sera explorée à la recherche d’un contact
osseux.
La détersion sera variable selon qu’il s’agira
d’une plaie neuropathique, le débridement sera alors
large, ou d’une plaie artéritique, le débridement sera
prudent et peu agressif de façon à permettre la
limitation spontanée d’une nécrose sèche spontanée.
Des clichés osseux seront réalisés pour rechercher une
ostéite, celle-ci étant hautement suspecte s’il existe un
contact osseux lors de l’examen de la plaie.
Un échodoppler
des artères des membres inférieurs ainsi que
la mesure de la pression transcutanée en oxygène
permettront d’apprécier la qualité de la vascularisation.
L’antibiothérapie sera adaptée en fonction de
l’évolution locale et des résultats de l’antibiogramme.
Si un geste chirurgical est prévu, on réalisera toujours,
en cas d’artérite, une artériographie.
Cette
artériographie est indispensable dans l’objectif de
pontages distaux, mais également en cas de chirurgie
orthopédique, même limitée.
En l’absence d’ischémie,
un geste d’orthopédie podologique conservatrice, sans
amputation, pourra être réalisé pour accélérer la
cicatrisation de la plaie.
Ultérieurement, l’éducation du malade sera indispensable de façon à prévenir des
récidives de plaie au niveau des pieds.
Le malade doit
savoir s’il est porteur ou non d’une artérite ou d’une
neuropathie, et, dans ces situations, il doit apprendre
les gestes qui lui permettront d’éviter toute nouvelle
récidive de plaie au niveau de ses pieds.
Apprendre au diabétique à tester
la sensibilité de ses pieds :
A - Plusieurs questions doivent être posées :
Sent-il bien la chaleur de l’eau lorsqu’il se lave ?
Perçoit-il bien le sol sur lequel il marche lorsqu’il est
pieds nus ?
Repère-t-il tout de suite le moindre corps
étranger ou couture blessante dans ses chaussures ?
Lorsqu’il achète des chaussures neuves, sent-il tout de
suite si elles sont à sa taille ou non ?
S’est-il déjà blessé
le pied sans en connaître la cause ?
En l’absence d’artérite ou de neuropathie, aucune
éducation spéciale n’est nécessaire, de simples
conseils d’hygiène doivent être rappelés : se laver tous
les jours les pieds et bien sécher entre les orteils pour
éviter la macération et la mycose.
Lorsqu’il existe un
risque podologique, il faut insister sur la nécessité de
changer chaque jour de chaussettes, de choisir des
chaussures en cuir souple, confortables et si les pieds
sont secs, d’appliquer chaque jour une crème
hydratante, type Biafinet, Nivéat, Neutrogénat ou
Akildiat, qui permet de lutter contre la kératose et de
sensibiliser le patient aux soins à apporter à ses pieds.
Il est à rappeler qu’il ne faut pas utiliser de coricides sur
les cors et les durillons, beaucoup trop agressifs pour
un pied fragilisé par l’artérite ou ne percevant plus la
douleur, et leur préférer une lime non dangereuse.
B - Comment éviter l’artérite
ou la neuropathie ?
Chez tout diabétique à risque podologique ou non,
l’arrêt du tabac doit être conseillé pour éviter l’artérite.
L’équilibre du diabète est important pour éviter la
neuropathie ; il faut obtenir une hémoglobine A1C
inférieure à 7,5 %, soit une moyenne glycémique
inférieure à 1,50 g/L.
Les autres facteurs de risque doivent également
être surveillés, la tension artérielle et le bilan lipidique
en particulier.
En cas de blessure du pied, le diabétique doit être
éduqué à nettoyer sa plaie à l’eau courante et au
savon de Marseille.
Il doit apprendre à la désinfecter
avec un produit incolore type Hexomédinet, Merfènet
incolore, Lactacydt..., faire un pansement avec du tulle
gras et une compresse stérile, ne pas coller
directement le sparadrap sur la peau.
En cas d’artérite,
un simple sparadrap collé directement sur la peau peut
être responsable d’une plaie nécessitant une
hospitalisation, il est donc indispensable de mettre une
bande et de coller le sparadrap sur la bande.
Enfin, si le
patient s’est blessé sans repérer la cause de la blessure,
il doit contacter rapidement son médecin.
Il en est de
même si la plaie devient inflammatoire et
douloureuse.
Éducation et conseils aux
diabétiques à risque podologique :
A -
Quels sont les ennemis du pied ?
Les chaussures, la corne, les ongles, les mycoses
interdigitales, les corps étrangers retrouvés dans la
chaussure, la chaleur, qui peut provoquer des
brûlures : bouillotte, couverture chauffante, feu de
cheminée, eau brûlante, plaque chauffante, la
« chirurgie de salle de bain ».
1-
Comment choisir ses chaussures ?
Les chaussures doivent être fermées.
Elles doivent
être portées avec des chaussettes.
Il faut les acheter en
fin de journée.
Elles doivent être en cuir très souple,
dessus ainsi que la doublure.
La semelle ne doit pas
être trop souple.
Les lacets sont préférables à d’autre
fermeture. Les chaussures qui ont déjà blessé doivent
être jetées.
La morphologie du pied doit être observée
de façon à choisir des chaussures s’adaptant à elle.
2- Corne :
Elle doit être limée avec une lime non agressive,
type pierre ponce ou Maniquickt fonctionnant à pile.
Pour prévenir la corne, il faut graisser les pieds de
façon à ce que la peau ne se fissure pas (Biafinet,
Nivéat, Neutrogénat, Akildiat...).
3- Ongles :
Si le malade n’est pas assez souple, et s’il ne voit pas
assez clair pour entretenir ses ongles lui-même, il faut
en confier l’entretien à un pédicure ou une tierce
personne.
Il est préférable d’utiliser des ciseaux à bout rond et
de couper les ongles à angle droit en arrondissant
légèrement les angles de façon à ce qu’ils ne
s’incarnent pas.
En cas d’ongle incarné, il faut consulter un pédicure
podologue ou un médecin podologue.
4- Corps étrangers
:
Un malade ayant un pied à risque doit être éduqué
à passer systématiquement la main dans ses
chaussures avant de les enfiler.
5- Mycoses :
Elles sont favorisées par la transpiration et la
macération.
Pour éviter les mycoses, il faut bien laver
les pieds, sécher entre les orteils très soigneusement,
changer de chaussettes ou de collant tous les jours,
changer également de chaussures tous les jours en cas
de transpiration excessive.
Dans ce cas, il est
souhaitable d’avoir deux paires de chaussures à porter
en alternance un jour sur deux.
Lorsqu’il existe une mycose, le traitement (Pevarylt,
Daktarint, Amycort) doit être appliqué chaque jour
entre les orteils, après lavage et essuyage soigneux,
mais le traitement doit également concerner les
chaussures.
Il est préférable d’utiliser des poudres
plutôt que des crèmes qui favorisent la macération.
Le traitement doit être poursuivi pendant 1 mois.
6- Brûlures :
En cas de neuropathie, il faut éduquer le patient à se
méfier des sources de chaleur importante : bouillotte,
couverture chauffante, eau du bain, mais également
sable chaud, l’été sur la plage.
Un diabétique à risque podologique ne doit jamais marcher pieds nus.
B - Matériel utile pour une plaie chez un
patient diabétique :
– Sérum physiologique.
– Désinfectant doux : Septivont, Lactacydt.
– Tulle gras.
– Compresses stériles.
– Bandes Nylext.
– Micropore.
C - Objets dangereux :
– Ciseaux pointus.
– Feuille de saule.
– Coupe cor et râpe du Dr Scholl.
– Sparadrap collé à même la peau.
– Solution de Bétadinet (à utiliser uniquement sur
prescription médicale).