La découverte d'une hématurie
chez un nourrisson ou un enfant est un signe d'alerte qui n'est,
tout comme la protéinurie, qu'un symptôme d'appel pour une
pathologie qui peut être tout aussi bien urologique que
néphrologique.
* L'hématurie macroscopique est plus rare et survient dans un
contexte généralement révélateur de l'affection causale, à
l'encontre de l'hématurie microscopique souvent mise en évidence
par la sensibilité des tests de dépistage (bandelettes
réactives).
* La démarche diagnostique se fait en trois temps:
- affirmer la réalité de l'hématurie (compte d'Addis).
- préciser l'origine "topographique" de l'hématurie (étude
morphologique des hématies, cylindres, protéinurie associée).
- rechercher la cause, néphrologique ou urologique selon que
l'hématurie est glomérulaire ou non, nécessitant dans le premier
cas une enquête familiale, immunologique voire morphologique
(biopsie rénale), et dans le deuxième une recherche plus
"anatomique" (ASP, échographie, UIV...).
Définitions :
L'HÉMATURIE :
* Une hématurie est macroscopique:
- lorsque le débit d'hématies est égal ou supérieur à
500000/min, ce qui ne correspond qu'à 0,16ml/24h.
- ou lorsque la quantité de sang est supérieure à 0,5ml/l
d'urines.
* Une hématurie microscopique est considérée comme pathologique
lorsque le culot urinaire décèle plus de 5 hématies par mm3, ou
le compte d'Addis plus de 5000 hématies par minute.
* Le dépistage par bandelettes réactives est facile (Hémastix*,
N. Labstix*, Multistix*, Combur Test*, Sangur Test*):
- se faisant au lit du malade.
- mais entaché de faux positifs qui imposent un contrôle par un
HLM.
- leur seuil de détection est de 0,15 à 0,45mg d'Hb/l
(9-28mmol/l), correspondant à 5-15 hématies par mm3.
* la sensibilité est accrue si l'hémoglobine est libre (la
présence de points verts affirme l'existence d'hématies
intactes):
- un faux négatif peut se rencontrer en cas d'urines trop
concentrées en la présence d'un réducteur (vitamine C).
- un faux positif peut être dû à la présence d'un oxydant comme
l'aspirine ou de peroxydases microbiennes (au cours d'une
infection urinaire).
CE QUI N'EST PAS UNE HÉMATURIE :
Il est important d'éliminer ce qui n'est pas une hématurie:
* des urines hématiques, contenant de la myoglobine (lyse
musculaire) ou de l'hémoglobine libre (hémolyse
intravasculaire).
La valeur de l'interrogatoire est fondamentale pour guider
l'examen clinique:
- les éventuels antécédents familiaux similaires ou de surdité.
- l'âge de début, l'éventuelle périodicité, les prodromes ou
éléments déclenchants.
- les circonstances de découverte: de façon systématique ou en
association avec d'autres signes tels fièvre, douleurs
abdominales, éruption cutanée, œdèmes, insuffisance rénale.
- l'hypertension artérielle.
Hématurie avec leucocyturie ou pyurie :
* La leucocyturie physiologique est inférieure à 1500GB/min au
HLM, ou 10/mm3 au culot, et doit être différenciée de la
desquamation des cellules tubulaires.
* Elle est très variable dans le temps et peut être faussement
diminuée lorsque le pH urinaire est alcalin ou les urines
hypodenses.
* L'association hématurie et leucocyturie, en présence de signes
de pyélonéphrite ou non, est évocatrice d'une infection
urinaire, qui représente chez l'enfant deux tiers des causes
d'hématurie.
* C'est dire si le premier examen à demander est l'examen
cytobactériologique des urines (ECBU), car il existe une bonne
corrélation entre le débit de leucocyturie et la bactériurie.
- Celui-ci doit être demandé au moindre doute et pratiqué dans
d'excellentes conditions pour affirmer la réalité de l'infection
et guider l'antibiothérapie.
- Cela précédera l'enquête étiologique (échographie rénale, UIV,
cystographie rétrograde) impérative chez l'enfant en raison de
la fréquence d'anomalies morphologiques ou fonctionnelles.
Hématurie isolée :
Devant une hématurie isolée ou accompagnée d'une protéinurie
faible liée à elle ( inférieure à 0,1g/ml de sang/24h), il faut
avant tout chercher une cause urologique (voir tableau des
étiologies).
EXAMEN CLINIQUE :
Une origine basse est facilement éliminée par l'examen clinique:
- vulvite érosive de la petite fille.
- urétrite, dont le caractère initial de l'hématurie est bien
difficile à retrouver.
BILAN RADIOLOGIQUE :
Une exploration radiologique est nécessaire au diagnostic et
comportera, dans un ordre variable, en fonction du contexte:
- une échographie.
- une UIV.
- une cystographie rétrograde.
Bilan radiologique positif :
Le bilan radiologique peut révéler:
* une lithiase rénale, rare mais souvent de symptomatologie
atypique. une hématurie peut être aussi secondaire à une
hypercalciurie sans lithiase (calciurie supérieure à
5mg/kg/24h).
* un syndrome tumoral intrarénal (néphroblastome révélé une fois
sur quatre par une hématurie isolée, avec masse abdominale le
plus souvent associée).
* une polykystose rénale.
* une uropathie malformative avec présence d'une sténose ou d'un
obstacle (syndrome de la jonction, sténose urétérale,
méga-uretère congénital...).
Bilan radiologique négatif :
Si l'exploration reste négative à ce stade, il faut alors
évoquer:
* un trouble de la coagulation (trouble constitutionnel ou
acquis de l'hémostase, thrombopénie ou thrombopathie), avec une
cause locale de saignement à rechercher de toute façon.
* une glomérulonéphrite (post-streptococcique) passée inaperçue,
mais qui sera facilement authentifiée par un complément (C'3)
encore abaissé alors que le reste du bilan est déjà normalisé.
* une néphropathie glomérulaire aiguë d'un autre type à son
début.
* dans un contexte particulier:
- thrombose des veines rénales (nouveau-né ayant eu une
souffrance fœtale aiguë par exemple).
- nécrose papillaire, au cours d'un accident ischémique, d'une
drépanocytose.
- prise médicamenteuse particulière (pénicilline, méthicilline,
sulfamides, phénylbutazone) pouvant être à l'origine d'une
tubulonéphrite interstitielle (ponction-biopsie rénale(PBR)
diagnostique et pronostique).
- cystite hématurique à germes banals (E. coli) ou due à une
parasitose (bilharziose) après un séjour en zone d'endémie. plus
rarement d'origine virale (Adénovirus). dans un contexte
particulier d'origine médicamenteuse (cytotoxiques).
- tuberculose rénale (tertiaire).
CYSTOSCOPIE :
En cas de négativité de ce bilan, devant la persistance des
troubles ou leur récidive, une cystoscopie en période
hématurique est souhaitable, révélant:
* une urétrite, de cause infectieuse, nécessitant un traitement
antibiotique adapté.
* un saignement vésical (cystite ou polype intravésical).
* un saignement urétéral unilatéral ou bilatéral nécessitant
alors une exploration angiographique (artériographie rénale ou
angiographie numérisée):
- malformation artério-veineuse.
- angiome ou hémangiome.
- tumeur non décelée à l'UIV.
* post-traumatique (vélocross).
En l'absence de diagnostic à ce stade, force est de reconnaître
le caractère "idiopathique" de l'hématurie et d'en guetter la
récidive éventuelle.
Hématurie et protéinurie pathologiques :
BILAN :
La participation du glomérule est alors certaine devant
l'association d'une hématurie avec protéinurie et le bilan doit
s'orienter vers une cause médicale, néphrologique.
* L'examen clinique apporte souvent des éléments évocateurs.
* Le bilan paraclinique est primordial dans un but diagnostique,
mais aussi pronostique et thérapeutique. il doit comprendre:
- un ionogramme sanguin et urinaire.
- un dosage de l'urée et de la créatinine sanguine avec
clairance corrigée.
- une protéinurie des 24 heures.
* une albuminémie.
- une NFS avec numération des plaquettes.
- une hémostase complète.
- une calcémie.
GLOMERULONEPHRITE AIGUE POSTINFECTIEUSE :
Le plus souvent il s'agit d'une glomérulonéphrite aiguë
postinfectieuse survenant 1 à 3 semaines après une infection
ORL, une pneumopathie ou une pyodermite due en général à un
streptocoque bêta-hémolytique du groupe A, mais d'autres agents
peuvent être en cause, microbiens (méningocoque, pneumocoque,
staphylocoque) ou viraux (Cytomégalovirus(CMV), virus
Coxsackie).
Clinique :
Début
Le début est brutal avec:
- une hématurie macroscopique.
- une oligo-anurie.
- une rétention hydrosodée (œdèmes, prise de poids).
- une hypertension artérielle parfois révélatrice (céphalées,
convulsions, amaurose) et souvent sévère.
- un trouble du rythme cardiaque (hyperkaliémie) inaugural.
Évaluation de la gravité
La gravité sera évaluée par la biologie:
- insuffisance rénale organique à diurèse conservée le plus
souvent.
- perturbations hydroélectrolytiques (hyponatrémie de dilution,
hyperkaliémie, acidose).
- protéinurie modérée ne donnant pas de syndrome néphrotique
habituellement.
Diagnostic
Le diagnostic de l'origine postinfectieuse repose sur:
- l'anamnèse et le contexte clinique.
- l'augmentation des ASLO, ou du streptozyme (antistreptokinase,
dornase, hyaluronidase, désoxyribonucléase...) à deux dosages
successifs.
- l'abaissement du complément (C3 et CH50) est caractéristique
au point que sa normalité exclut cette origine postinfectieuse.
L'antigène microbien ayant une affinité pour un des constituants
de la membrane basale glomérulaire provoque la formation in situ
de complexes immuns avec consommation de complément.
* La biopsie rénale n'est pas nécessaire dans cette forme
typique:
- elle montrerait des dépôts, ou "humps", de complexes immuns
sur le versant épithélial de la membrane basale
(extra-membraneux) sans prolifération cellulaire importante mais
avec une atteinte de tous les glomérules et de tout le floculus
de chaque glomérule.
- l'évolution spontanée de ces formes est favorable et la
biopsie inutile, car elle n'apporte pas d'éléments décisionnels
supplémentaires.
Traitement :
Le traitement est purement symptomatique:
* contrôle de l'hyperkaliémie par résine échangeuse d'ions tel
le Calcium Serdolit* échangeant Ca2+/K+.
* contrôle de l'HTA par maintien d'une diurèse suffisante grâce
au furosémide (Lasilix*), vasodilatateurs type dihydralazine
(Népressol*). En cas de poussée hypertensive sévère la
préférence va actuellement à la nifédipine (Adalate*).
* restriction hydrosodée adaptée à la diurèse et aux pertes
insensibles.
* régime conservateur de l'insuffisance rénale (limité en
protides, potassium...) avec un recours exceptionnel à
l'épuration extra-rénale (dialyse péritonéale ou hémodialyse)
pour contrôler une hyperkaliémie ou une HTA menaçantes.
* un traitement antistreptococcique par phénoxyméthylpénicilline
(Oracilline*) est systématiquement associé.
Évolution et pronostic :
Excellent pronostic
Le pronostic est excellent pour peu que le traitement initial
soit bien conduit avec:
* disparition de l'insuffisance rénale et de l'HTA en moins de
15 jours.
* disparition de l'hématurie macroscopique en moins de 1 mois,
mais elle peut persister microscopique plus de 6 mois.
* disparition en moins de1 mois d'une protéinurie égale ou
supérieure à 1g/j, mais persistance possible d'une protéinurie,
dégressive, pendant 1 an.
* normalisation du complément en 6 à 8 semaines.
En cas d'évolution différente
Une évolution différente doit conduire à la discussion d'une
biopsie rénale car le diagnostic initial présumé est remis en
cause par la possibilité d'une néphropathie glomérulaire dont le
début peut prendre le masque d'une GNA postinfectieuse, mais il
existe le plus souvent un syndrome néphrotique (alors impur):
* glomérulonéphrite extra-membraneuse, souvent associée à un
portage chronique du virus de l'hépatite B.
* glomérulonéphrite membranoproliférative, avec souvent une
hypocomplémentémie (C'3). évocatrice et parfois une
immunoglobuline anti-C'3 converstase (C3 Nef).
* glomérulonéphrite maligne, se caractérisant par:
- une insuffisance rénale allant en s'aggravant, isolée ou
associée à une maladie systémique.
- une absence d'HTA et une complémentémie normale.
- une prolifération extra-capillaire atteignant plus de 50% des
glomérules à la PBR, avec croissants épithéliaux d'abord
cellulaires et accessibles à la thérapeutique, puis fibreux.
* néphropathie à IgA (maladie de Berger) caractérisée par:
- le déclenchement par des épisodes infectieux (hématurie
précoce de moins de 48 heures).
- une augmentation des IgA sériques une fois sur deux.
- l'association à des arthralgies, douleurs abdominales ou
éruption cutanée est bien sûr évocatrice d'un purpura
rhumatoïde.
AUTRES CAUSES :
Syndrome néphrotique :
Il existe un syndrome œdémateux important ou prédominant et une
protéinurie massive.
Le diagnostic de syndrome néphrotique est probable et sera
confirmé par l'hypoalbuminémie (voir question "Protéinurie").
L'existence d'une hématurie associée, si elle persiste, ou si
elle est associée à une insuffisance rénale organique ou une HTA
doit conduire, devant ce syndrome néphrotique impur, à une PBR.
Purpura rhumatoïde :
L'hématurie qui survient dans un contexte de douleurs
abdominales avec troubles du transit, rectorragies, doit faire
évoquer le diagnostic de purpura rhumatoïde (voir question) et
rechercher les autres éléments symptomatiques (éruption cutanée
symétrique, arthralgies...).
Syndrome hémolytique et urémique :
Éléments évocateurs
La survenue d'une hématurie au cours d'un épisode infectieux,
souvent intestinal, doit faire évoquer de principe un syndrome
hémolytique et urémique (SHU) et faire rechercher les autres
éléments évocateurs:
* anémie aiguë brutale, repérée par la mère (pâleur cireuse
récente, polypnée) confirmée par la numération globulaire. Le
test de Coombs est négatif mais la présence de schizocytes
traduisant la microangiopathie thrombotique est caractéristique.
* thrombopénie toujours présente (coagulation intravasculaire)
supérieure à 100000 responsable de purpura ou syndrome
hémorragique cutanéo-muqueux.
* insuffisance rénale: oligo-anurie, difficile à évaluer chez le
nourrisson (couches, diarrhée associée...) se révélant souvent
par une prise de poids récente ou, dans ce contexte de troubles
digestifs, par une absence de perte de poids.
* hypertension artérielle souvent mal supportée, pour des
chiffres pas toujours très élevés, parfois inaugurale
(convulsion sans fièvre, troubles de la conscience...).
Pathogénie
La pathogénie de cette maladie, caractérisée par une coagulation
intravasculaire localisée aux vaisseaux glomérulaires, reste
encore obscure et aucun traitement ne peut en modifier
l'évolution naturelle.
* Dans le cas d'un SHU associé à une diarrhée (SHU D+), c'est
souvent un E. coli entéro-hémorragique (157 H7) et sa toxine,
("Vero toxin E. coli"(VTEC)) qui sont en cause, par leur
toxicité envers les cellules endothéliales et particulièrement
celles des capillaires glomérulaires provoquant:
- œdème, décollement de la membrane basale.
- accumulation de matériel dans l'espace sous-endothélial.
- obturation de la lumière capillaire par les cellules
endothéliales, les GR, la fibrine.
- plus rarement thrombose glomérulaire ou nécrose corticale.
* D'autres germes peuvent être en cause (Helicobacter,
salmonelle, shigelle).
* Les SHU non liés aux diarrhées (10%) sont un groupe hétérogène
de cause plus obscure:
- formes acquises, dues à des germes sécréteurs de neuraminidase
(pneumocoque, Clostridium).
- formes héréditaires (défaut de synthèse de
prostacycline(PGI2), ou d'un facteur nécessaire à sa synthèse,
déficit en complément, en facteurs plaquettaires).
- formes iatrogènes (cyclosporine, mitomycine). moins bon
pronostic, surtout si à répétition.
Traitement
* Chez le nourrisson l'anurie habituelle oblige souvent à
recourir à une dialyse péritonéale qui permet:
- la correction d'une hyperkaliémie menaçante plus efficacement
que les résines (Kayexalate* ou Calcium Serdolit*), ainsi que
des autres troubles métaboliques (acidose et hyponatrémie).
- le contrôle de l'HTA par une dialyse déplétive corrigeant la
surcharge hydrosodée, en association avec des antihypertenseurs
(Adalate*, Népressol*, Sectral*).
- une épuration extra-rénale suffisante pour permettre l'apport
protéinocalorique nécessaire pour éviter une dénutrition.
- une correction de l'anémie par des transfusions à la demande,
ou de la thrombopénie par des unités plaquettaires sans risquer
une surcharge volémique.
* Chez le grand enfant, la diurèse est plus souvent conservée,
la protéinurie massive (avec syndrome néphrotique), l'HTA
maligne et l'évolution se fait une fois sur deux vers une
insuffisance rénale chronique (IRC), voire terminale.
* Dans les deux cas, une fois passée la phase initiale, ou
devant la persistance de l'anurie, une ponction-biopsie rénale
s'impose pour évaluer la sévérité de l'atteinte glomérulaire et
tenter d'en apprécier le pronostic.
La possibilité de formes à rechute est particulièrement
inquiétante.
Hématurie macroscopique récidivante :
MALADIE DE BERGER :
Une hématurie macroscopique isolée ou associée à une protéinurie
survenant au décours immédiat (moins de 48 heures) d'une
infection ORL ou des voies aériennes est caractéristique de la
maladie de Berger qui représente près de 30% des causes
d'hématurie macroscopique de l'enfant.
* La modestie de la protéinurie (moins de 1g/24h), l'absence
habituelle d'HTA au début, la normalité de la fonction rénale et
du complément, la grande variabilité de l'hématurie en durée et
en intensité permettent de caractériser cette maladie, qui
s'accompagne une fois sur deux d'une élévation des IgA sériques.
* A la bénignité pronostique initiale qui lui était attachée il
faut opposer quelques réserves, car à l'aspect histologique (PBR
nécessaire) typique montrant une hypertrophie des axes
mésangiaux avec dépôts d'IgA en immunofluorescence
(glomérulonéphrite mésangiale à dépôts d'IgA), des aspects de
glomérulonéphrite segmentaire et focale, ou proliférative
mésangiale ou encore à croissants laissent planer un doute sur
la fonction rénale à long terme.
* L'évolution vers l'IRC serait plus à redouter chez les sujets
HLA DR4. La pathogénie reste méconnue mais elle peut être
considérée comme la forme rénale pure du purpura rhumatoïde.
HEMATURIES FAMILIALES :
Syndrome d'alport
* Le syndrome d'Alport se révèle souvent par des hématuries à
répétition dont le caractère familial, l'association à une
surdité de perception (prédominant sur les sons aigus) et une
atteinte possible de la fonction rénale fait évoquer le
diagnostic.
* Cependant le tableau n'est pas toujours complet et ce syndrome
peut ne se limiter qu'à une insuffisance rénale ou une surdité
isolées, mais l'hématurie, microscopique, pouvant devenir
macroscopique à l'occasion de pathologie infectieuse
intercurrente est, elle, constante.
* Les garçons sont classiquement atteints car la transmission se
fait sur le mode dominant lié au sexe, mais il existe aussi des
formes récessives non liées à l'X. Une anomalie du collagène en
rapport avec une mutation d'un gène en Xq 22 a été
principalement mise en évidence.
* La biopsie rénale révèle essentiellement une atteinte des
membranes basales du glomérule avec, en microscopie
électronique, épaississement et dédoublement de la lamina densa.
l'immunofluorescence est négative.
Hématuries bénignes familiales
* Les hématuries bénignes familiales sont plutôt microscopiques
et découvertes fortuitement, à l'occasion d'un contrôle
systématique ou d'une pathologie de rencontre.
* La persistance de cette hématurie doit conduire à une enquête
familiale en sachant que le mode de transmission est autosomique
dominant.
* La biopsie rénale, qui ne doit pas être systématique,
montrerait, en microscopie électronique un amincissement des
membranes basales glomérulaires, non spécifique.
AUTRES CAUSES :
En l'absence de diagnostic évident, une fois éliminées toutes
les étiologies passées en revue, la persistance ou la récidive
de l'hématurie, qu'elle soit microscopique ou macroscopique,
doit faire discuter l'indication d'une biopsie rénale à
l'aiguille.