PRINCIPALES ETAPES DE L'ÉVOLUTION DE L'HTIC :
L'hypertension intracrânienne du nourrisson réalise une urgence
thérapeutique dont la précocité du traitement symptomatique et
étiologique conditionne le pronostic. Les principales étapes de
son évolution sont les suivantes.
Augmentation du volume intracrânien :
* Le volume intracrânien est formé de trois secteurs:
- le parenchyme cérébral.
- le liquide céphalo-rachidien.
- le volume sanguin cérébral constitué en majorité par le réseau
veineux.
* L'augmentation anormale du volume de l'un de ces secteurs ou
la survenue d'un secteur supplémentaire vont provoquer à un
certain seuil une élévation exponentielle de la pression
intracrânienne.
Perturbations de la circulation cérébrale :
* Le débit sanguin cérébral (DSC) doit rester stable pour
délivrer au cerveau un apport continu en oxygène et en glucose.
* Les relations entre le débit sanguin cérébral, les résistances
vasculaires cérébrales (Rc), la pression de perfusion cérébrale
(PPC), la pression artérielle systémique moyenne (PAM) et la
pression intracrânienne (PIC) sont les suivantes:
PPC = PAM - PIC = Rc x DSC.
* Deux facteurs contribuent à un DSC constant:
- un facteur hémodynamique: l'autorégulation du DSC où les
résistances vasculaires cérébrales varient en fonction des
modifications de la PPC.
- un facteur humoral: la PCO2 dont la diminution entraîne une
vasoconstriction des vaisseaux cérébraux.
* Les lésions ischémiques vont résulter de la chute de la
pression de perfusion cérébrale induite par l'HTIC.
Hypoxie cérébrale :
Elle résulte des phénomènes précédents et aboutit à la mort
neuronale, d'autant plus marquée chez le jeune nourrisson que
les besoins énergétiques du cerveau représentent 60% des besoins
totaux.
Physiopathologie :
MECANISMES DE REGULATION DE LA PRESSION INTRACRANIENNE :
Au cours d'une augmentation anormale du volume intracrânien, la
pression intracrânienne (PIC) est maintenue constante grâce à
trois mécanismes de compensation:
- l'expansion de la boîte crânienne, du fait de l'ouverture de
la fontanelle antérieure et des sutures, est le mécanisme
principal.
- le déplacement du sang veineux en dehors du compartiment
cérébral.
- l'augmentation de la résorption du LCR, mécanisme de moindre
importance.
Lorsque ces mécanismes de compensation deviennent insuffisants,
une élévation de la PIC survient.
MECANISMES RESPONSABLES DE L'HTIC :
On peut classer les mécanismes responsables d'HTIC en quatre
groupes. Plusieurs mécanismes peuvent être impliqués pour une
même pathologie.
* Les processus expansifs intracrâniens comprennent les tumeurs
cérébrales, l'abcès cérébral, l'empyème sous-dural ou
extradural.
* L'hydrocéphalie résulte d'un obstacle à l'écoulement ou à la
résorption du LCR, de cause congénitale ou acquise.
* L'œdème cérébral est réparti en:
- œdème cytotoxique, caractérisé par un mouvement d'eau de
l'interstitium vers toutes les cellules cérébrales de la
substance blanche et de la substance grise. On l'observe au
cours de souffrances cérébrales anoxiques et du syndrome de
Reye.
- œdème vasogénique, dû à une augmentation de la perméabilité de
l'endothélium capillaire cérébral. Il est présent au cours des
tumeurs cérébrales, des abcès cérébraux et des méningites.
- œdème interstitiel, lié à la transsudation de LCR à travers la
paroi épendymaire dans les hydrocéphalies actives.
- œdème hypo-osmolaire, associé à une hyponatrémie ou à une
intoxication par l'eau. Il conduit à une accumulation diffuse
d'eau dans la substance blanche et la substance grise.
* L'augmentation de la pression veineuse cérébrale est provoquée
par une agitation de l'enfant, les stimuli nociceptifs, une
compression thoracique, et conduit à une élévation de la PIC.
CONSEQUENCES DE L'HTIC :
* L'HTIC conduit à une chute de la pression de perfusion
cérébrale. L'autorégulation du DSC entraîne une vasodilatation
des artérioles cérébrales qui aggrave ainsi l'HTIC.
* Quand ce processus est dépassé, une défaillance circulatoire
cérébrale survient et aboutit à la mort neuronale.
* L'engagement cérébral est une complication rare chez le
nourrisson du fait de la malléabilité de la boîte crânienne, qui
tend à limiter les gradients de pression intracérébraux.
Diagnostic positif :
INTERROGATOIRE :
L'interrogatoire des parents précise:
- les antécédents du nourrisson: dépistage d'une malformation
cérébrale congénitale, méningite néonatale, hémorragie
ventriculaire d'un prématuré, toxoplasmose congénitale.
- le mode d'installation des symptômes: brutal ou progressif.
- la présence d'une fièvre, d'une infection ORL ou d'une
éruption cutanée récentes.
- la notion d'une chute.
- le développement psychomoteur.
- les prises médicamenteuses.
SIGNES CLINIQUES DE L'HTIC :
On distingue deux formes cliniques en fonction du début
progressif ou brutal des troubles.
Signes cliniques de l'hypertension intracrânienne à début
progressif :
* La macrocrânie, définie par un périmètre crânien supérieur à
la moyenne pour l'âge d'au moins deux DS, est associée à une
croissance anormalement élevée, identifiée par le tracé de la
courbe du périmètre crânien.
* La fontanelle antérieure, examinée en position assise, est
tendue et battante.
* Les veines du scalp sont dilatées.
* La disjonction des sutures est aisément palpable.
* La position des yeux en coucher de soleil est due autant à une
paralysie du regard vers le haut qu'à une compression du toit
des orbites.
* La survenue de vomissements et d'un refus alimentaire est
tardive.
* L'examen neurologique retrouve:
- une hypotonie axiale.
- un syndrome pyramidal des quatre membres.
- parfois un tremblement fin des extrémités.
- un arrêt ou la régression du développement psychomoteur.
Signes cliniques de l'hypertension intracrânienne à début
brutal :
Le diagnostic d'hypertension intracrânienne à début brutal est
plus délicat et doit être évoqué devant:
* une altération rapide de l'état de conscience, mesurée par un
score de coma adapté aux nourrissons, type score de Bicêtre.
* un bombement important de la fontanelle antérieure, alors que
la disjonction des sutures est limitée.
* le syndrome pyramidal est très marqué, avec des réflexes
ostéo-tendineux polycinétiques et un clonus du pied.
* rarement un engagement de l'uncus temporal marqué par une
mydriase unilatérale, ou un engagement des amygdales
cérébelleuses marqué par des accès de bradycardie et d'apnée.
EXAMENS COMPLEMENTAIRES :
Les examens complémentaires ont surtout un intérêt étiologique.
* L'examen du fond d'œil:
- ne visualise pas de stase papillaire chez le nourrisson.
- peut montrer des hémorragies rétiniennes en cas d'hématome
sous-dural.
* Les radiographies du crâne, de face et de profil, peuvent
montrer:
- une augmentation de volume de la boîte crânienne.
- un amincissement des os de la voûte à prédominance frontale.
- un trait de fracture.
- des impressions digitiformes uniquement en cas de
craniosténose.
* L'échographie cérébrale:
- est indispensable en première intention, réalisée par voie
transfontanellaire, au lit du patient.
- précise la morphologie des cavités ventriculaires et du
parenchyme cérébral.
- est parfois insuffisante pour visualiser les lésions
périphériques (épanchements sous-duraux) ou de la fosse
postérieure.
* Le scanner cérébral:
- est effectué sans et avec injection de produit de contraste.
- reste l'examen de référence dans la plupart des situations.
- montre des signes d'œdème cérébral: aplatissement des
ventricules, hypodensité diffuse ou localisée (halo péritumoral
ou inflammatoire).
- permet le diagnostic étiologique.
* La durée et les conditions de l'IRM le rendent peu compatible
avec l'urgence chez un enfant instable.
* L'EEG est effectué en cas de crises convulsives associées ou
de suspicion d'encéphalite herpétique.
* La ponction lombaire:
- est obligatoire pour toute suspicion de méningite.
- est faite en décubitus latéral, après stabilisation de l'état
respiratoire et hémodynamique de l'enfant.
Diagnostic étiologique :
CAUSES TUMORALES :
Les tumeurs cérébrales du nourrisson siègent préférentiellement
dans la fosse postérieure et entraînent une hydrocéphalie par
compression du quatrième ventricule.
Il s'agit, par ordre de fréquence:
- de médulloblastome.
- d'astrocytome.
- d'épendymome du cervelet.
- et de tumeur gliale du tronc cérébral.
Le papillome des plexus choroïdes du ventricule latéral est une
tumeur particulière du nourrisson, qui entraîne une
hydrocéphalie par un excès de production d'un LCR très riche en
protéines.
CAUSES TRAUMATIQUES :
* Traumatisme crânien sévère:
- il est secondaire à une chute dans 80% des cas.
- l'absence de cause évidente doit faire envisager un syndrome
des enfants battus.
- l'HTIC est la conséquence d'un œdème cérébral, de la contusion
cérébrale ou d'un hématome sous-dural fréquemment associé.
* Hématome sous-dural traumatique:
- il complique un traumatisme crânien ou fait partie du syndrome
des enfants secoués.
- il se révèle par des convulsions souvent généralisées, une
pâleur et des troubles de la conscience.
- l'examen du fond d'œil montre une hémorragie rétinienne.
- en l'absence d'évacuation, il peut évoluer vers un hématome
sous-dural chronique, collection dépourvue de membranes,
constituée surtout de LCR, et qui va entraîner une macrocrânie
progressive.
CAUSES INFECTIEUSES :
* Les méningites bactériennes peuvent se compliquer d'HTIC par
plusieurs mécanismes:
- un œdème cérébral, qui se manifeste par un coma inaugural ou
d'installation rapide.
- un abcès cérébral ou un empyème sous-dural, évoqués devant une
recrudescence fébrile et des signes de focalisation.
- une hydrocéphalie aiguë, secondaire à une arachnoïdite
adhésive ou à une ventriculite, touche surtout le nourrisson de
moins de 3 mois.
- une thrombophlébite cérébrale, évoquée devant des crises
convulsives unilatérales ou à bascule.
- un hématome sous-dural, qui se manifeste par une reprise
fébrile, des crises convulsives et une augmentation du périmètre
crânien.
- une hyponatrémie par syndrome de sécrétion inappropriée d'ADH.
* L'encéphalite herpétique due à l'Herpèsvirus I peut se
compliquer d'un œdème cérébral.
* L'accès pernicieux palustre réalise une encéphalopathie aiguë
convulsivante due à Plasmodium falciparum, dont le pic de
fréquence est de 6 mois à 3 ans. Le traitement énergique de
l'œdème cérébral peut en améliorer le pronostic.
CAUSES MALFORMATIVES :
Les causes malformatives sont souvent dépistées par
l'échographie anténatale et traitées avant que le tableau d'HTIC
ne s'installe. Mais certaines ne vont se révéler qu'après
plusieurs mois de vie.
* Le spina bifida avec malformation d'Arnold-Chiari est
constamment associé à une hydrocéphalie dont on sait qu'elle va
se majorer après la fermeture de la myéloméningocèle.
* Le syndrome de Dandy-Walker est caractérisé par une
volumineuse dilatation kystique de la paroi du quatrième
ventricule et une absence de la majeure partie du vermis
cérébelleux.
* La sténose congénitale de l'aqueduc de Sylvius ne peut se
manifester qu'après un intervalle libre de quelques mois.
* L'anévrisme de la veine de Galien est une malformation
artério-veineuse qui peut se révéler, chez un nourrisson, par
une hydrocéphalie, un souffle intracrânien et des signes
d'insuffisance cardiaque.
* Les craniosténoses provoquent une HTIC seulement lorsque
plusieurs sutures sont touchées, comme dans l'oxycéphalie qui
est due à une synostose bilatérale des sutures coronales et de
la suture sagittale.
ENCEPHALOPATHIE ANOXIQUE :
L'encéphalopathie anoxique apparaît après un accident
d'étouffement, de strangulation, de noyade ou toute autre cause
d'arrêt cardio-respiratoire conduisant à une réanimation.
L'œdème cérébral cytotoxique est dans cette situation de très
mauvais pronostic.
OBSTRUCTION D'UNE VALVE DE DERIVATION VENTRICULAIRE :
L'obstruction d'une valve de dérivation ventriculaire est la
première cause à évoquer devant des troubles de la conscience
chez un nourrisson porteur d'une valve de dérivation
ventriculo-péritonéale, mise en place en période néonatale, pour
une hydrocéphalie compliquant une méningite bactérienne, une
hémorragie ventriculaire d'un prématuré, ou une
myéloméningocèle.
CAUSES METABOLIQUES :
* Le syndrome de Reye:
- réalise une encéphalopathie aiguë non inflammatoire avec œdème
cérébral et stéatose hépatique microvésiculaire.
- quelques jours après un épisode fébrile d'allure virale,
parfois une varicelle, l'enfant présente des vomissements
répétés, suivis de troubles de la conscience sévères et de
crises épileptiques.
- le bilan biologique est caractérisé par l'élévation des
transaminases et de l'ammoniémie, une chute du complexe
prothrombique, une hypoglycémie et la présence d'acides
dicarboxyliques dans les urines.
- la mortalité des formes sévères atteint 30%.
- plusieurs maladies métaboliques telles que les défauts de la
bêta-oxydation des acides gras et de la cytogenèse réalisent un
tableau similaire.
* L'encéphalopathie hépatique:
- survient au décours d'une hépatite virale (A, B ou C), d'une
intoxication au paracétamol ou d'anomalies congénitales du cycle
de l'urée.
- est associée à un important œdème cérébral.
SYNDROME HEMOLYTIQUE ET UREMIQUE :
Le syndrome hémolytique et urémique associe une anémie
hémolytique, une thrombopénie et une insuffisance rénale aiguë.
Elle touche surtout l'enfant de moins de 2 ans, et peut se
révéler par un coma avec un œdème cérébral.
CAUSES TOXIQUES :
* L'encéphalopathie plombique aiguë:
- conduit à un œdème cérébral majeur de pronostic sévère.
- se manifeste par des troubles de la conscience, des
convulsions et la mise en évidence radiologique de dépôts de
plomb dans l'intestin.
* L'intoxication au monoxyde de carbone entraîne parfois après
quelques heures ou quelques jours un œdème cérébral et une HTIC.
* L'intoxication à l'éthylène-glycol, contenue dans les produits
antigel, peut conduire à un tableau de coma et à des convulsions
avec œdème cérébral.
Traitement d'urgence :
ADMISSION DE L'ENFANT EN UNITÉ DE SOINS INTENSIFS :
Le nourrisson est installé en décubitus dorsal, la tête droite,
surélevée de 30° par rapport à l'horizontale, afin de faire
baisser la pression veineuse cérébrale.
On met en place successivement:
* des électrodes reliées à un monitorage cardio-respiratoire, un
capteur de SpO2 relié à un oxymètre de pouls, et un brassard de
mesure de la pression artérielle.
* une voie veineuse périphérique, qui permet de prélever un
bilan biologique préopératoire.
* une intubation naso-trachéale en cas de coma.
* un cathéter veineux central et un cathéter artériel sont
nécessaires dans les situations où l'état hémodynamique est
instable.
* une sonde gastrique et un sachet de recueil d'urines relié à
un collecteur.
Tous les gestes invasifs sont encadrés d'analgésiques et/ou de
sédatifs afin de limiter les poussées de pression
intracrânienne.
INDICATIONS DE LA MESURE INVASIVE DE LA PRESSION
INTRACRANIENNE :
* La mesure invasive de la pression intracrânienne est:
- recommandée dans les traumatismes crâniens sévères et le
syndrome de Reye sévère.
- inutile en cas d'encéphalopathie anoxique.
- d'intérêt incertain dans les autres pathologies.
* Les capteurs à fibres optiques sont les plus fiables, placés
par un orifice de craniotomie dans l'espace sous-dural ou
sous-arachnoïdien, ou dans le parenchyme cérébral.
* La mise en place d'un drain de dérivation externe en cas
d'hydrocéphalie permet le drainage du LCR et une mesure facile
de la pression intracrânienne.
La mesure non invasive de la pression de la fontanelle
antérieure est en cours d'évaluation.
TRAITEMENT MÉDICAL :
Le but du traitement médical est de diminuer l'œdème cérébral,
les poussées de pression intracrânienne, et de préserver le
débit sanguin cérébral.
Traitement de l'œdème cérébral :
* L'hyperventilation, chez un enfant intubé, vise à maintenir la
PCO2 entre 30 et 35mmHg, et provoque ainsi une vasoconstriction
hypocapnique et une chute rapide de la pression intracrânienne.
* La corticothérapie:
- est indiquée en cas d'œdème péritumoral ou inflammatoire
(abcès).
- on utilise: la dexaméthasone (Soludécadron*) à la dose de
0,5mg/kg toutes les 12 heures par voie IV, ou le tétracosactide
(Synacthène* immédiate) à 0,250mg/m environ toutes les 12 heures
par voie IV.
* Le mannitol 20%:
- est un soluté hypertonique perfusé par voie intraveineuse
stricte.
- crée un gradient entre les liquides extracellulaires et le
plasma.
- une dose de 0,25 à 0,50g/kg est perfusée sur 20 minutes.
- l'action est rapide et persiste pendant 30 à 60 minutes.
- la surveillance comporte le dosage de l'osmolarité sanguine,
qui ne doit pas dépasser 320mmol/l.
- est contre-indiqué en cas d'insuffisance rénale.
* Le furosémide (Lasilix*):
- a une action synergique avec le mannitol.
- nécessite un bilan hydro-électrolytique régulier.
- est prescrit à la dose de 0,5 à 1mg/kg toutes les 6 heures par
voie IV.
* Les barbituriques d'action rapide:
- sont représentés par le thiopental (Pentothal*) et le
pentobarbital (Nembutal*).
- sont utilisés uniquement en cas d'échec des mesures
thérapeutiques précédentes.
- la mesure continue de la pression intracrânienne, de la
pression veineuse centrale et la tension artérielle est
recommandée en surveillance.
- ils peuvent induire une hypotension artérielle.
- on prescrit une dose de charge de 5 à 10mg/kg sur 20 minutes,
qui peut être répétée en fonction des résultats sur la pression
intracrânienne, puis une dose d'entretien de 1 à 5mg/kg/h.
Mesures symptomatiques visant à limiter les poussées de pression
intracrânienne :
* La sédation continue par une benzodiazépine telle que le
midazolam (Hypnovel*) et l'encadrement des gestes douloureux par
des antalgiques puissants tels que l'alfentanil (Rapifen*)
limitent les poussées de pression intracrânienne.
* Le traitement des convulsions et de la fièvre est également
indispensable pour contrôler la pression intracrânienne.
Maintien de la tension artérielle :
Le maintien d'une tension artérielle correcte:
* dans les normes habituelles pour l'âge.
* par un remplissage avec des macromolécules et/ou des drogues
vasoactives (dopamine, dobutamine), selon l'origine de
l'hypertension.
* est indispensable pour obtenir une pression de perfusion
cérébrale stable.
Apports hydriques et nutritionnels :
* Une restriction hydrique à 50ml/kg/j permet pendant les 48
premières heures de prévenir une hyponatrémie par syndrome de
sécrétion inappropriée d'ADH.
* Les besoins énergétiques et protidiques adaptés à l'âge sont
fournis d'abord par voie parentérale puis, dès que possible, par
voie entérale.
TRAITEMENT CHIRURGICAL :
Dérivation du liquide céphalo-rachidien :
Dérivation ventriculaire externe :
* La dérivation ventriculaire externe est un geste rapide
pouvant être fait sous anesthésie locale.
* Elle est utile en cas de sténose postméningitique ou
hémorragique, et parfois avant la cure chirurgicale d'une tumeur
cérébrale.
* Elle permet le drainage du LCR et la mesure de la pression
intracrânienne.
* C'est une solution provisoire rarement maintenue plus de 15
jours.
* Des mesures d'asepsie stricte au cours des manipulations
permettent de limiter le risque infectieux.
Dérivation ventriculo-péritonéale :
* La dérivation ventrivulo-péritonéeale est la technique de
choix en cas de cause malformative ou de tumeur cérébrale
inopérable d'emblée.
* Elle est mise en place en relais de la dérivation externe si
nécessaire dans les autres indications.
Autres traitements chirurgicaux :
* La dérivation sous-durale externe:
- est le traitement de l'hématome sous-dural récent.
- comporte moins de risques que les ponctions répétées de la
fontanelle.
* Le drainage ou l'excision d'un abcès cérébral sont indiqués en
présence de signes d'hypertension intracrânienne.
Hypertension intracrânienne bénigne :
L'hypertension intracrânienne bénigne est un syndrome
caractérisé par une hypertension intracrânienne, en l'absence de
tout processus expansif intracrânien, d'hydrocéphalie ou
d'anomalie du LCR autre que son hyperpression.
Physiopathologie :
Le mécanisme physiopathologique principal est un trouble de la
résorption du LCR:
- soit par augmentation de la pression veineuse du sinus
sagittal supérieur.
- soit par augmentation des résistances des villosités
arachnoïdiennes.
Signes cliniques :
Les signes cliniques sont peu spécifiques et comportent:
- une irritabilité, des vomissements, rarement des convulsions.
- un bombement de la fontanelle.
- rarement une augmentation anormale du périmètre crânien.
- l'œdème papillaire est exceptionnel avant 18 mois.
Examens complémentaires :
Les examens complémentaires éliminent un processus expansif et
une hydrocéphalie. L'étude du LCR révèle une cytologie et une
chimie normales et une hyperpression constante.
Diagnostic étiologique :
Le diagnostic étiologique comprend:
* les causes infectieuses: otites et mastoïdites, par
l'intermédiaire d'une thrombose d'un sinus latéral.
* certaines infections virales:
- l'exanthème subit, dont l'agent pathogène est l'Herpèsvirus 6.
- les infections à virus Coxsackie.
- la varicelle;
* les causes médicamenteuses:
- une prise excessive de vitamine A.
- l'acide nalidixique (Négram*), les tétracyclines et
l'amiodarone, où l'HTIC survient au bout de quelques jours, en
dehors de tout surdosage.
- un sevrage trop brutal d'une corticothérapie au long cours.
* aucun facteur étiologique n'est retrouvé dans au moins le
tiers des cas.
Complications :
Les complications de l'HTIC bénignes sont ophtalmologiques,
marquées surtout par une baisse de l'acuité visuelle, mais sont
rares chez le nourrisson.
Traitement :
Le traitement est indiqué en cas de persistance des signes; on
utilise l'acétazolamide (Diamox*) ou les corticoïdes.
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