Aspects particuliers des dermatoses
cosmopolites de même prévalence
:
A - ACNÉ :
L’acné, dont la prévalence augmente, se pigmente surtout lorsqu’elle
est inflammatoire et excoriée.
L’acné microkystique est
favorisée par l’utilisation de topiques traditionnels gras notamment
capillaires (pomade acne).
La conduite thérapeutique est la même
avec néanmoins une tolérance moins bonne des divers topiques ; la
possibilité d’hypochromie et d’irritation des kératolytiques doit faire
préférer les crèmes faiblement dosées et l’application discontinue
initialement (1 jour sur 3).
Une lèpre micronodulaire
lépromateuse peut simuler une acné.
Les formes sévères
d’acné s’observent rarement ; l’hidrosadénite suppurée ou le kyste sacrococcygien, affections volontiers associées chez le sujet blanc
dans le cadre de l’acné dite tétrade, se rencontrent assez
couramment chez l’individu noir mais plutôt de façon isolée.
Le syndrome facial Afro-Caribbean childhood eruption (FACE)
comporte des micropapules faciales volontiers hypopigmentées et
périorificielles, correspondant histologiquement à des infiltrats
périfolliculaires parfois granulomateux, guérissant spontanément ou
après antibiothérapie locale ou générale (macrolides).
Les
diagnostics différentiels sont nombreux (dermatite périorale aux
corticoïdes, acné microkystique, miliaire, eczéma folliculaire,
sarcoïdose, rosacée et lupus miliaris disseminatus faciei) et l’étiologie
reste mystérieuse.
La rosacée est peu décrite chez le sujet noir peutêtre
en raison de la faible visibilité des formes érythémateuses ou
télangiectasiques.
B - LICHEN(S) :
Le lichen plan serait un peu plus fréquent proportionnellement chez
le sujet noir africain, peut-être en raison de la plus forte prévalence
des hépatites virales.
Mais il est parfois confondu avec la lichénification d’autres dermatoses, qui est, elle, particulièrement
fréquente. Le diagnostic n’est pas toujours facile car la coloration
violine ou pourpre et même le réseau de Wickham ne sont pas
toujours bien visibles.
Les papules qui se disposent volontiers de
façon annulaire (à distinguer des syphilides « élégantes ») et
qui sont très prurigineuses, sont constamment hyperpigmentées (de
couleur foncée, gris ardoisé ou violet-marron).
Les formes hyperplasiques parfois quasi chéloïdiennes ou kératosiques sont
favorisées par le grattage, du fait d’un fréquent phénomène de
Koebner ; le risque de cancérisation existe.
L’atteinte de la muqueuse
jugale en réseau ou des ongles est moins fréquente.
Les formes
bulleuses sont parfois difficiles à distinguer d’un lupus ou d’une pemphigoïde d’autant plus que l’association est possible.
La
localisation muqueuse (labiale, périanale, génitale) est volontiers
érosive, de diagnostic différentiel difficile avec le lichen
scléroatrophique des muqueuses où se rajoute l’atrophie qui
s’associe à la fois à des zones d’hypochromie nacrée et
d’hyperpigmentation.
Il faut bien entendu éliminer une
maladie sexuellement transmissible et notamment un herpès
muqueux chronique.
Le lichen nitidus sur peau noire n’a pas de particularité hormis la
diffusion habituelle et la difficulté de le distinguer parfois
des eczémas folliculaires et de l’hypertrophie des follicules sur peau
noire en « chair de poule ».
Le lichen plan actinique (lichen planus tropicus) est surtout décrit
dans la population maghrébine, s’observe plutôt chez l’adolescent
durant l’été, prédomine au visage et se traduit typiquement par un
placard annulaire brun d’histologie lichénoïde.
C - DERMITE SÉBORRHÉIQUE :
La dermite séborrhéique de l’adulte noir concerne les topographies
classiques (plis nasogéniens ou « d’amertume », moustache, glabelle
et sourcils, lisière du cuir chevelu, conduits auditifs externes…) avec peut-être une plus faible atteinte médiosternale ou alors volontiers
associée à un pityriasis versicolor profus.
Les fines squames et
l’inflammation sont peu visibles, le prurit ou plutôt le caractère
cuisant des lésions est variable et c’est l’hypochromie rapide qui est
caractéristique.
La dermite séborrhéique constituerait un facteur
prédictif positif fort d’infection par le VIH en Afrique
subsaharienne au même titre que le prurigo sévère
chronique, le zona multimétamérique (avec parfois déficit moteur
notamment au niveau d’un membre) ou encore la maladie de Kaposi
muqueuse ou cutanée proximale, avec adénopathie et lymphoedème
sur un membre.
L’efficacité du kétoconazole topique monodose est parfois
incomplète, nécessitant une ou plusieurs nouvelles cures
systématiques ou bien un traitement systémique.
La dermite séborrhéique de l’enfant comporte également une
hypochromie importante (parfois iatrogène) durable bien que
spontanément régressive.
L’atteinte bipolaire (siège et face) est
fréquente.
D - PITYRIASIS VERSICOLOR :
Le pityriasis versicolor est plus polymorphe et certainement plus
profus sur peau noire avec une confluence fréquente des lésions à
type de macules très finement squameuses (signe du copeau) parfois
hyperpigmentées, plus souvent d’emblée hypochromes
donnant volontiers un aspect fripé à la peau.
La localisation
périfolliculaire généralement thoracique est plus micropapuleuse.
L’évolution hypochromique est quasi constante, persiste longtemps
a fortiori du fait de fréquentes récidives ou de l’application
intempestive de dermocorticoïdes, pouvant être confondue de ce fait
avec la dyschromie créole.
La fluorescence jaune verdâtre ou orangée
n’est bien visible qu’au début de l’infection, ensuite on ne perçoit
plus qu’une fluorescence punctiforme.
Le scotch-test avec
visualisation des spores et des filaments courts de Pityrosporum ovale
(ou Malassezia furfur) est l’examen de confirmation. L’atteinte
cervicofaciale parfois isolée n’est pas rare sur peau noire et la
distinction avec la dermite séborrhéique « classique » a peu d’intérêt
puisque la thérapeutique est la même (kétoconazole gel monodose
ou en cas de résistance per os 200 à 400 mg/j/10 j avec surveillance
des transaminases).
E - PITYRIASIS ROSÉ DE GIBERT :
Le polymorphisme et la profusion des lésions du pityriasis rosé de
Gibert classiquement décrits sur peau noire sont probablement dus
à la meilleure visibilité des éléments de petite taille qui apparaissent
grisâtres et finement squameux et laissent ensuite des macules
dyschromiques plus volontiers hypochromes et parfois à type de
peau fripée.
Le prurit est inconstant, volontiers favorisé par
l’application injustifiée d’antifongique.
Les formes papulovésiculeuses
probablement eczématisées bénéficient de
l’utilisation de dermocorticoïdes et d’antihistaminiques malgré
l’origine probablement virale de cette dermatose (human herpes virus
[HHV]-6 ou 7).
F - ECZÉMA/DERMATITE ATOPIQUE :
L’eczéma conserve les mêmes particularités que sur peau blanche
avec une multitude de formes cliniques (eczémas aigu vésiculeux
suintant, oedémateux, micropapuleux, folliculaire, squamocroûteux,
nummulaire, dysidrosique crétacé, nodulaire à type de prurigo...), un prurit constant et des étiologies nombreuses
(contact, endogène…).
On retrouve les sites préférentiels de l’atopie
(creux poplités, plis des coudes).
Les troubles de pigmentation sont
systématiques plutôt hyperchromie en phase active et
hypochromie séquellaire.
La lichénification est aussi plus fréquente
surtout du fait de la chronicité des lésions car l’éviction des
allergènes (volontiers constitués par les produits d’hygiène, les cosmétiques locaux et les parfums, mais aussi par les plantes
médicinales ou bien les topiques modernes utilisés en
automédication) et l’accès aux soins sont plus difficiles en milieu
tropical.
Mais le rôle des pratiques traditionnelles d’hygiène n’est
pas négligeable (savonnage excessif, utilisation de pierre ponce,
excoriation avec des végétaux…).
Les photoallergies sont fréquentes.
Les « dartres » ou eczématides achromiantes (pityriasis alba) sont
peu ou non prurigineuses, très finement squameuses, non
fluorescentes en lumière UV.
L’inquiétude qu’elles suscitent
en Afrique ne relève pas tant de leur caractère affichant que de la
peur qu’il puisse s’agir d’une lèpre débutante.
De même la
perlèche a fortiori unilatérale doit faire évoquer chez l’enfant une
tréponématose endémique (béjel) ou chez l’adulte une
syphilis.
La scabiose constitue un des principaux diagnostics différentiels de
l’eczéma en Afrique d’autant plus qu’ils peuvent se compliquer l’un
l’autre.
Les molluscum contagiosum se greffent volontiers sur la peau
atopique et peuvent prendre des aspects inquiétants en raison de
leur taille et de la fréquente surinfection ; il faut les
distinguer des papules ombiliquées de l’histoplasmose à Histoplasma
duboisii ou de la cryptococcose à Cryptococcus neoformans. Leur
profusion impose une sérologie VIH.
La rançon dyschromique est
équivalente que l’on utilise la destruction à l’azote liquide ou bien le
shaving au bistouri circulaire ou à la curette ; notre préférence allant
à la première méthode après application d’anesthésique en crème.
G - MILIAIRE SUDORALE. MALADIE DE FOX-FORDYCE
:
La miliaire comporte plusieurs entités : le facteur causal est l’excès
de chaleur et d’hygrométrie qui favorise la rétention sudorale par
occlusion acrosyringiale.
La miliaire cristalline s’observe lors de
fièvre importante et se traduit par l’éruption aiguë de vésicules superficielles.
La miliaire rouge, fréquente en milieu tropical
(« bourbouille », « sudamina »), comporte des papulovésicules
érythémateuses prurigineuses et des pustules folliculaires du tronc.
Elle régresse en quelques jours mais lorsqu’elle récidive à plusieurs
reprises, elle entraîne une rétention plus profonde et secondairement
une hypohidrose puis une hyperhidrose compensatrice en un autre
site, c’est la miliaire profonde.
Elles sont parfois difficiles à distinguer de l’hypertrophie
physiologique des follicules pilaires du sujet noir, de la variété
folliculaire d’eczéma et du lichen nitidus.
On peut en rapprocher la maladie de Fox-Fordyce plus
fréquente chez la femme noire, qui se traduit par le développement
chronique de papules folliculaires arrondies prurigineuses non
confluentes des aisselles, plus rarement du pubis et des aréoles
mammaires ; elle correspond à l’obstruction des canaux excréteurs
des glandes apocrines par des débris de kératine.
H - NEUROFIBROMATOSE DE RECKLINGHAUSEN :
La neurofibromatose de Recklinghausen est la plus fréquente des phacomatoses et de ce fait est assez souvent rencontrée sur peau
noire.
Les nodules de Lish sont moins visibles en raison de la
pigmentation irienne alors que les taches café au lait sont bien
visualisées.
Les tumeurs royales sont particulièrement
impressionnantes.
I - ALBINISME :
L’albinisme oculocutané dans sa variété tyrosinase positive est
probablement la génodermatose la plus fréquente en Afrique,
certainement la plus visible et la plus facilement diagnostiquée.
Une
coloration jaunâtre des cheveux, un iris clair, une photophobie et assez souvent un nystagmus s’associent à la dépigmentation diffuse
bien qu’incomplète de la peau, un bronzage léger étant possible.
Des taches pigmentées stellaires correspondant à une activation
localisée de la mélanogenèse peuvent apparaître progressivement au
niveau des zones photoexposées.
Le risque est évidemment la survenue de carcinomes le plus souvent épidermoïdes, parfois de mélanomes à un âge d’autant plus
précoce que le cumul d’exposition solaire est important et que
l’albinisme est total (tyrosinase négatif).
J - XERODERMA PIGMENTOSUM :
Plus fréquent sur peau brune (notamment maghrébine), le
xeroderma pigmentosum se révèle par l’apparition précoce dès
l’enfance d’un état poïkilodermique, de multiples carcinomes
cutanés ou muqueux notamment conjonctivaux ou buccaux.
La prévention par la photoprotection totale et permanente dès le
plus jeune âge est, comme pour l’albinisme, la seule garantie d’une
survie prolongée.
K - CARCINOMES ÉPIDERMOÏDES :
C’est le plus fréquent des cancers cutanés du sujet noir.
Paradoxalement, il survient plus souvent en zones non
photoexposées probablement en raison de sa survenue fréquente sur
les ulcérations chroniques, notamment des ulcères de jambe, quelle
que soit leur cause (phagédénique une fois sur deux, vasculaire,
neurotrophique, postbrûlure) à condition que leur ancienneté soit
importante (au moins 10 ans en moyenne).
La maladie de Bowen est peu décrite probablement du fait d’une
moindre précocité de diagnostic sur peau pigmentée.
Les (semi-)
muqueuses (lèvres, verge, vulve…) peuvent aussi être atteintes.
Le
risque tumoral est bien entendu nettement majoré lors d’albinisme ou
de xeroderma pigmentosum.
L’augmentation de prévalence des
carcinomes sur les zones hypo- ou achromiques du lupus cutané
chronique ou du vitiligo ne semble pas majorée comparativement au
sujet blanc.
À un stade précoce, l’exérèse chirurgicale doit être large ; en raison
du haut potentiel métastatique dans la topographie acrale fréquente
chez le sujet noir, la radiothérapie complémentaire des aires
ganglionnaires de drainage et du site d’exérèse doit être discutée en
fonction du type histologique (volontiers de type cuniculatum ou
verruqueux moins radiosensible), du degré de différenciation
(habituellement élevé), de la présence d’emboles lymphatiques ou
d’atteinte périnerveuse, de la profondeur tumorale.
L - MALADIE DE KAPOSI LYMPHOMES :
L’élévation du taux d’incidence des cancers cutanés dans la
population noire africaine est principalement due à l’augmentation
du nombre de sarcomes de Kaposi dans le cadre de l’épidémie de
sida alors qu’elle résulte surtout dans la population blanche vivant
sous les tropiques de l’accroissement exponentiel des cas de
mélanomes et de carcinomes basocellulaires.
Bien que l’étiologie
virale (HHV-8) soit identique, la maladie de Kaposi endémique se
rapproche de la maladie de Kaposi méditerranéenne avec une
atteinte acrale et nodulaire prédominante et diffère ainsi de
la forme liée à l’infection au VIH plus rapidement extensive,
oedémateuse, touchant volontiers les muqueuses buccales,
conjonctivales et génitales, la face, le tronc et les membres (avec
évolution éléphantiasique et présence d’adénopathies).
Le caractère angiomateux n’est pas toujours bien perceptible hormis dans sa
localisation buccale ; les lésions apparaissent violacées, maculeuses
puis rapidement nodulaires, parfois verruqueuses, végétantes ou
ulcérées.
Le lymphoedème accompagne ou précède parfois la
maladie de Kaposi.
Les lymphomes notamment de type cutané T épidermotrope
seraient plus fréquents dans la population afroaméricaine.
L’érythrodermie du mycosis fongoïde se caractérise par son
caractère ardoisé.
Le syndrome de Sézary peut être confondu en
zone endémique avec la leucémie/lymphome à virus HTLV1
(adult T cell leukemia/lymphoma) d’évolution plus aiguë, de
localisation ganglionnaire initiale avec au frottis sanguin présence
de lymphocytes atypiques au noyau folié.
M - SARCOÏDOSE :
La sarcoïdose est nettement plus fréquente (× 10) et de plus mauvais
pronostic dans la population noire américaine alors qu’elle est plutôt
rare en Afrique noire.
Il est vrai que le diagnostic différentiel avec la
tuberculose en cas d’atteinte pulmonaire est difficile et qu’en zone
tropicale de forte endémie mycobactérienne, nombre de malades
ayant authentiquement une sarcoïdose sont traités par une triple
antibiothérapie.
L’imputabilité de mycobactéries (tuberculosis, leprae
ou atypiques) dans l’étiopathogénie de la sarcoïdose est d’ailleurs
suspectée et de récents protocoles à base de macrolides de nouvelle
génération et de fluoroquinolones sont initiés dans cette affection
granulomateuse mystérieuse.
Cliniquement, la sarcoïdose est très polymorphe.
L’atteinte cutanée
s’observe dans près d’un tiers des cas.
Elle se traduit le plus souvent
par des papules infiltrées cuivrées ou violacées, disposées
préférentiellement sur la face et en regard des articulations,
volontiers de façon annulaire, parfois d’évolution hypochromique.
Le caractère lupoïde (grains jaunâtres correspondant aux
granulomes) à la vitropression est difficile à voir.
Le signe de Koebner est caractéristique avec une grande fréquence du scar
sarcoidosis pouvant parfois être confondu avec des cicatrices
chéloïdiennes.
Les atteintes notamment muqueuses d’évolution
ulcéreuse doivent être bien connues ainsi que les formes ichtyosiques et érythrodermiques plus exceptionnelles.
Il existe des
formes cutanées pouvant simuler une lèpre lépromateuse avec
infiltration et madarose et des modes de révélation à type de
lymphoedème.
L’érythème noueux est observé assez
rarement et contrairement au sujet blanc, l’évolution n’est pas
toujours régressive dans le cadre du syndrome de Löfgren.
N - LUPUS
SCLÉRODERMIE :
Le caractère affichant du lupus sur peau noire, qu’il soit
érythémateux chronique volontiers discoïde ou érythémateux
disséminé (plus rare), est lié bien évidemment à la dyschromie
majeure des lésions actives ou séquellaires (achromiques
généralement au centre, hyperpigmentées en périphérie).
L’érythème en vespertilio peut être trompeur et simuler un
chloasma ; le recouvrement de l’arête nasale, le caractère aigu,
l’association à des signes généraux et articulaires doivent alerter.
La
caractéristique du lupus est de pouvoir observer l’érythème malgré
la pigmentation du sujet noir, en raison de l’atrophie cutanée.
Le lupus subaigu se caractérise par une importante hyperchromie
volontiers persistante qui se rapproche de l’érythème pigmenté fixe ou de l’érythème polymorphe.
Le lupus bulleux est de diagnostic
différentiel difficile avec les précédentes affections mais aussi avec le
lichen notamment sur les muqueuses labiales.
Il existe un risque de
cancérisation qui demeure faible. Le traitement est complexe car les dermocorticoïdes sont peu efficaces sur les lésions de lupus discoïde
et entraînent des dyschromies encore plus marquées ; les
antipaludéens de synthèse et la disulone sont souvent contreindiqués
en raison d’un déficit en glucose-6-phosphatedéshydrogénase
(G6PD) fréquent dans l’ethnie noire.
La sclérodermie n’est pas exceptionnelle sur peau noire et toutes
les formes sont décrites ; la dyschromie est assez typique avec
une hypochromie mouchetée par préservation des zones
folliculaires.
O - DERMATOSES BULLEUSES
TOXIDERMIES :
L’impétigo et les toxidermies représentent les principales causes de
dermatoses bulleuses.
L’impétigo bulleux s’observe chez l’enfant et se reconnaît à sa lésion
élémentaire, la pustule à hypopion.
Il résulte d’une infection
à streptocoque ou à staphylocoque et nécessite une antibiothérapie
a fortiori en raison du risque de glomérulonéphrite poststreptococcique.
L’érythème pigmenté fixe est fréquent sur peau noire et typique du
fait de l’hyperpigmentation nette.
Cette éruption récurrente sur le même site est toujours une
toxidermie et apparaît quelques heures à 2 jours après la prise médicamenteuse, le plus souvent à base de barbituriques, de
sulfamides, de cyclines ou de phénacétine.
Le paracétamol en raison
de sa très large prescription constitue une cause fréquente alors
qu’en réalité, cet effet adverse est exceptionnel.
L’hyperpigmentation
est généralement précédée d’une plaque érythématoviolacée ou
brune, légèrement prurigineuse, parfois cuisante, rarement bulleuse
ou vésiculeuse ; il existe assez souvent des lésions multiples.
Les
(semi-)muqueuses volontiers génitales peuvent être touchées.
Il n’y
pas habituellement de signes généraux et l’évolution est toujours
favorable.
L’érythème polymorphe n’a pas de particularité hormis la
visualisation moins nette des cocardes et la pigmentation séquellaire.
Le syndrome de Stevens Johnson est plus volontiers
médicamenteux et peut évoluer vers un authentique
syndrome de Lyell, qui semble relativement fréquent peut-être du
fait de l’utilisation plus courante des sulfamides antibiotiques et des
barbituriques.
Dans le vaste cadre des dermatoses bulleuses auto-immunes, il
semble que les plus fréquentes soient la dermatose àimmunoglobulines (Ig) A linéaire chez l’enfant, la
pemphigoïde bulleuse chez le sujet âgé avec des caractéristiques très
proches du sujet blanc.
Le pemphigus foliacé est certainement, du
fait de son caractère épidémique tropical, plus typique bien qu’il
concerne surtout les populations indiennes ou métis sudaméricaines.
Au Mali, une étude retrouve une prédominance de
pemphigus superficiel survenant principalement chez des femmes
adultes d’environ 40 ans appartenant pour un tiers à une même
ethnie, dont l’évolution est particulière avec apparition, dans les
formes érythrodermiques, de lésions verruqueuses ; mais sont
décrits également des cas de pemphigus vulgaires ou végétants.