La région vulvaire est un territoire carrefour au plan anatomique.
Une meilleure connaissance de sa pathologie nécessite une
collaboration étroite entre les différentes spécialités médicales
intéressées.
La proximité immédiate du canal anal et de l’urètre peut
être à l’origine d’un certain nombre de vulvites par macération et
irritation en cas d’hygiène corporelle défectueuse ou au contraire
intensive.
Ces mêmes phénomènes peuvent aussi modifier l’aspect
clinique d’une dermatose sous-jacente.
Les signes fonctionnels
vulvaires ne sont pas spécifiques.
Un prurit, des brûlures, une
sensation de sécheresse vulvaire, et/ou l’installation d’une
dyspareunie peuvent être présentes dans des maladies vulvaires
variées.
Dans certains cas, les lésions vulvaires peuvent être
asymptomatiques et découvertes fortuitement lors d’un examen
gynécologique.
A - ANATOMIE :
L’examen vulvaire peut être fait par tout dermatologue.
Il demande
de la rigueur et peu de moyens.
La malade doit être examinée en
décubitus, sous un bon éclairage.
Un examen à la loupe peut
compléter l’examen visuel, mais l’utilisation d’un colposcope n’est
pas utile.
L’étude de la vulve doit s’accompagner d’un examen du
périnée, de la région anale, puis d’un examen complet de la peau et
des autres muqueuses.
L’examen au spéculum est nécessaire dès que
l’on envisage une maladie vaginale associée (lichen plan, vulvovaginite…).
La vulve comprend une dépression médiane appelée vestibule, qui est limitée latéralement par deux replis
cutanés juxtaposés : les petites lèvres en dedans, les grandes lèvres
en dehors, et au fond de laquelle s’ouvrent l’urètre et le vagin.
La
vulve est surmontée en avant par la saillie du mont de Vénus.
Les
grandes lèvres sont deux replis cutanéograisseux allongés d’avant
en arrière, du mont de Vénus à la région périanale.
La face externe
convexe est recouverte de poils, semée de glandes sudoripares et
sébacées.
Elle est séparée de la face interne de la cuisse par le sillon génitocrural.
La face interne est recouverte d’une demi-muqueuse
rose, lisse, humide, riche en glandes sébacées.
Elle est séparée de la
petite lèvre homolatérale par le sillon interlabial.
Les petites lèvres,
encore appelées nymphes, sont deux replis recouverts d’une demimuqueuse.
Dépourvues de poils, de taille variable, elles sont
généralement cachées par les grandes lèvres.
Le bord libre est
souvent pigmenté chez les femmes de phototype IV et V.
Les
extrémités antérieures des deux petites lèvres se réunissent en avant
pour former le capuchon clitoridien et le frein du clitoris.
L’extrémité
postérieure des petites lèvres se perd progressivement sur la face
interne de la grande lèvre correspondante.
Les petites lèvres ne
contiennent pas de follicules pilaires, mais des glandes sébacées,
présentes en grand nombre, élaborant un produit blanchâtre : le
smegma.
Le vestibule est limité en avant par le clitoris, latéralement
par la face interne des petites lèvres, en arrière par la fourchette.
La
fosse naviculaire est une dépression peu profonde située entre
l’orifice vaginal et la fourchette.
L’orifice vaginal est séparé des
petites lèvres par le sillon vestibulaire où débouchent les canaux
excréteurs des glandes de Bartholin.
Le vestibule est tapissé d’un
épithélium pavimenté, stratifié, lubrifié par la sécrétion des glandes
vestibulaires majeures (glandes de Bartholin) et mineures.
En avant
du vestibule, se situe le méat urétral où débouchent latéralement les
orifices des glandes de Skene.
L’orifice des glandes de Bartholin se
situe à l’union tiers postérieur-deux tiers antérieurs de l’orifice
vaginal.
Le clitoris est l’homologue de la verge des mâles, ou plus
précisément des corps caverneux.
La vulve change d’aspect avec l’âge.
À la puberté, les petites lèvres
se développent et le clitoris grandit.
La vulve devient sécrétante et humide. Le pourtour vulvaire se pigmente et les poils sexuels
pubiens apparaissent.
La puberté se termine lorsque la fonction de
reproduction est acquise.
Après la ménopause, le tarissement des
sécrétions ovariennes est à l’origine d’une sécheresse vulvaire, qui
peut être à l’origine de dyspareunie, la muqueuse vestibulaire pâlit,
devient blanche, les poils pubiens se raréfient, les petites lèvres
s’atrophient.
Au niveau du méat, une éversion de la muqueuse
urétrale (ou ectropion) est fréquente.
Les grandes lèvres perdent leur
corps adipeux, leur donnant un aspect flasque.
La vulve et le vagin,
pourvus de récepteurs hormonaux, sont des organes cibles, et les
oestrogènes ont un rôle important sur leur trophicité, mais aussi sur
leur flore physiologique.
Ainsi, chez la femme ménopausée,
l’élévation du pH vaginal, secondaire à la diminution de
l’imprégnation hormonale, explique la diminution de la fréquence
des candidoses génitales à cet âge et l’augmentation des infections à
Trichomonas.
B - VARIATIONS PHYSIOLOGIQUES :
La vulve est le siège de nombreuses variations physiologiques qui
sont parfois malencontreusement interprétées comme pathologiques.
1- Grains de Fordyce :
Ce sont des glandes sébacées situées dans la partie superficielle du
chorion et qui sont presque constamment présentes, souvent de
façon symétrique, sur les petites lèvres, la face interne des grandes
lèvres et dans les sillons interlabiaux.
Cliniquement, ce sont des micropapules
jaunâtres, parfois regroupées en plaque.
2- Papillomatose vestibulaire
:
Appelée papillomatose « physiologique » ou « hirsutoïde », elle est
présente chez plus d’un tiers des femmes.
Le caractère
translucide, filiforme, à disposition symétrique sur les faces internes
des petites lèvres, s’étendant parfois sur tout le vestibule, permet de
la distinguer des condylomes.
Plusieurs études ont démontré
l’absence du rôle étiopathogénique des human papillomavirus (hPV)
dans cette entité.
En effet, lorsque ceux-ci sont trouvés dans ces
lésions, leur taux ne dépasse pas celui des infections génitales
latentes à hPV (soit environ 10 %).
Au plan histologique, ce
sont des lésions papillomateuses exophytiques, centrées par un axe
conjonctivovasculaire recouvert d’un épithélium souvent
orthokératosique.
La présence de quelques cellules d’aspect koïlocytaire ne signifie pas la présence d’une infection à PVH.
En
effet, cet aspect cellulaire, dans une muqueuse, peut être un artefact
favorisé par toute inflammation.
Après la ménopause, les grains de Fordyce et cette papillomatose
physiologique vestibulaire disparaissent progressivement.
Lésions post-traumatiques
ou d’origine mécanique :
A - FISSURES HYMÉNÉALES MÉCANIQUES :
Elles concernent les femmes jeunes, primipares.
Elles sont
responsables d’une dyspareunie secondaire.
Le siège des fissures hyménéales correspond aux zones de déchirures hyménéales lors de
la défloration.
Elles sont responsables de douleur et d’hémorragies postcoïtales situées toujours au même site.
Les zones cicatricielles se
fissurent lors de mouvements mettant en tension l’anneau hyménéal.
Les fissures peuvent apparaître dans un deuxième temps, avec un
nouveau partenaire, lors de modifications de comportements
sexuels.
Ces lésions cicatrisent en général spontanément entre les
rapports.
Mais le plus souvent, l’interruption des rapports, même
prolongée, n’évite pas, par la suite, des récidives.
Les incisions
chirurgicales de type radiaire ont été proposées dans quelques cas
avec un certain succès, mais ces résultats demandent à être
confirmés sur une plus grande série.
B - VARICES VULVAIRES :
Les varices vulvaires sont des dilatations anormales du réseau
veineux des petites et des grandes lèvres.
Leur développement est
unilatéral ou à prédominance homolatérale.
Dépourvues de
valvules, les veines vulvaires sont sensibles à l’imprégnation
oestrogénique, et plus généralement aux modifications hormonales,
notamment pendant la grossesse et après la ménopause.
Ces lésions
sont l’apanage de la grossesse, mais elles peuvent persister après
l’accouchement.
Ces varices revêtent trois grands aspects cliniques :
– un lacis de grosses veines variqueuses sous-cutanées sur une
grande lèvre turgescente ;
– un lacis veineux plus fin, dense, sur une peau violacée d’aspect télangiectasique ;
– une distorsion monstrueuse élastique de la grande lèvre.
Elles sont souvent asymptomatiques. Parfois le volume de ces
varices est tel qu’il peut être à l’origine de pesanteur, d’une gêne à
la marche, nécessitant un drainage.
Très rarement, les varices
vulvaires se compliquent de thromboses et de ruptures traumatiques
ou spontanées, qui ne sont en général pas source d’hémorragie
importante.
L’hématome périnéovaginal par rupture sous-cutanée
entraîne une déformation de la grande lèvre concernée, avec
ecchymoses, pesanteur, douleur, ténesme.
Sa régression est lente,
parfois compliquée d’une ulcération et d’infections secondaires.
Il
peut persister un noyau dur, net et sensible.
Mais le plus souvent,
ces varices s’affaissent très rapidement après l’accouchement pour
disparaître en 3 à 5 semaines.
Si elles persistent et qu’elles sont à
l’origine d’une gêne fonctionnelle (douleurs, dyspareunie...), il peut
être nécessaire de les scléroser ou de les ligaturer.
Pendant la
grossesse, leur traitement se limite le plus souvent à de simples
gestes (position allongée, compression antalgique, veinotropes).
Lésions caustiques ou allergiques :
De par sa situation carrefour, la vulve peut être le siège de
contaminations diverses liées à une hygiène défectueuse, ou au
contraire le site de soins intempestifs avec utilisation de produits
irritants, voire allergisants (antiseptiques, déodorants, bains
moussants, protège-slips, parfums...).
Il apparaît alors une vulvite
prurigineuse, soit suintante et parfois surinfectée, soit érythémateuse
et sèche.
L’application, sur les muqueuses génitales, de topiques à
base d’ammonium quaternaire : cétrimide (Cetavlont), céthexonium
(Biocidant), Mercrylt, de trichlocarban, et de colorants du groupe
triphénylméthane (entrant dans la constitution de la solution de
Milian) peuvent aussi être responsables de réactions caustiques.
L’agent caustique responsable ne serait pas l’ammonium quaternaire
lui-même, mais l’halogène chlorure ou bromure.
L’association
d’un dérivé halogéné (en particulier iodé) et d’un dérivé mercuriel
peut aussi être à l’origine d’ulcérations caustiques graves.
Le foscarnet peut être à l’origine d’ulcérations génitales qu’il faut
distinguer des lésions d’herpès génital résistant à l’aciclovir pour
lesquelles il a été prescrit.
Une allergie de contact peut aussi être à l’origine d’une vulvite, ou
compliquer une vulvite d’origine infectieuse ou secondaire à une
dermatose.
Les agents responsables peuvent être le latex des
préservatifs, des anesthésiques de contact, des colorants, des
topiques antibiotiques ou antiseptiques, des produits manuportés...
Il faut suspecter une allergie de contact à un dermocorticoïde en
l’absence d’amélioration d’une dermatose traitée par un de ces
produits.
En pratique, une cause caustique ou allergique doit être évoquée
devant une vulvite correctement traitée qui ne guérit pas.
Il peut
être parfois difficile de différencier les mécanismes étiologiques et
des tests épicutanés peuvent aider au diagnostic.
Une allergie au sperme doit être évoquée devant une vulvovaginite
chronique sans cause évidente, chez une jeune femme.
Elle s’exprime par des signes systémiques (réactions de type
anaphylactique) et locaux (picotements, brûlures, oedèmes) postcoïtaux.
Il s’agit le plus souvent d’une hypersensibilité
immédiate survenant pendant quelques heures, voire quelques jours
après les rapports, dirigée contre des antigènes glycoprotéiques du
sperme.
Dans une étude, le tiers des malades étaient atopiques.
Le diagnostic différentiel doit éliminer les allergènes et les
substances pouvant être transportés par le sperme : c’est le cas de
certains médicaments (pénicilline, vinblastine, thioridazine...).
Les
moyens diagnostiques reposent sur les radio-allergo-sorbent test
(RAST) et sur la pratique de tests cutanés (prick ou patch).
Vulvites infectieuses
:
Nous excluons de ce chapitre les vulvites transmises sexuellement,
syphilitiques et non syphilitiques, l’herpès, les infections à hPV, les
vulvovaginites à Candida albicans, à Trichomonas vaginalis et les
vulvovaginites non spécifiques ou vaginoses traités dans d’autres
chapitres.
A - INFECTIONS BACTÉRIENNES :
1- Infections à « Pseudomonas aeruginosa »
:
Elles ont un tropisme particulier pour les régions riches en glandes aprocrines, en particulier la région périnéale et les grandes lèvres.
Des lésions spécifiques peuvent être observées dans des contextes
très différents :
– au cours d’une septicémie à P. aeruginosa où les lésions vulvaires
ont une tendance à la nécrose avec décollement bulleux.
Elles
peuvent évoluer vers l’aspect clinique d’un ecthyma gangreneux ;
– parfois, après un contact cutané direct avec le P. aeruginosa, deux
circonstances épidémiologiques sont possibles :
– individus sains fréquentant des piscines chauffées, contaminées,
chez lesquels on observe des lésions folliculaires cutanées
associées à une otite, une conjonctivite, des céphalées, un état
subfébrile et parfois une bartholinite.
Tout régresse spontanément
en fait en 10 jours ;
– malades immunodéprimés chez lesquels une ulcération
nécrotique vulvaire survient après un contact direct avec une eau
souillée (tuyauterie).
Les lésions peuvent prendre un aspect
d’ecthyma gangrenosum et être secondairement responsables de
septicémies à P. aeruginosa si un traitement antibiotique spécifique
n’est pas entrepris assez rapidement.
2- Infections à mycobactéries
:
Les lésions vulvaires à type de petites ulcérations, volontiers
douloureuses, ont été rapportées au cours des tuberculoses
urogénitales.
Les chancres tuberculeux d’inoculation sont encore
exceptionnels de nos jours, malgré la récente augmentation de
l’incidence de la tuberculose depuis le développement de l’infection
par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH).
Il se distingue
des autres chancres par l’irrégularité des bords taillés à pic, l’absence
d’infiltration et l’aspect granuleux parfois nécrotique du fond.
La
lésion est peu douloureuse, plus souvent unique. Il existe des
adénopathies satellites.
En l’absence de traitement, le chancre n’a
aucune tendance à cicatriser spontanément, les adénopathies
évoluent vers le ramollissement et la fistulisation.
Le diagnostic est
bactériologique et/ou histologique (granulome tuberculoïde).
Ces
chancres tuberculeux sont dus à des contacts sexuels infectants, plus
rarement à une contamination indirecte (serviette de toilette...).
Une
tuberculose génitale doit être recherchée chez le ou les partenaires
sexuels.
3- Angiomatose bacillaire
:
L’angiomatose bacillaire est une infection systémique, due à un
bacille à Gram négatif du genre Bartonella, caractérisée par une
prolifération vasculaire cutanée et viscérale.
Elle est essentiellement
observée chez les sujets infectés par le VIH.
Elle se manifeste par des lésions
cutanées à type de papules, rouge violacé, parfois
ulcérées, des nodules plus profonds recouverts d’une
peau normale ou érythémateuse.
Des atteintes des muqueuses génitales
sont rapportées.
4- Vulvites à streptocoques :
Elles sont abordées ultérieurement.
5- Fasciite nécrosante et gangrène progressive
synergistique bactérienne de la vulve
:
Ces deux entités rares méritent d’être rapprochées par leur
pathogénie voisine et les sanctions thérapeutiques identiques.
Ces
lésions surviennent après une effraction cutanée, parfois une
intervention chirurgicale récente, qui atteignent le fascia et les tissus
musculaires sous-jacents.
La fasciite a une évolution très rapide et
l’état général est d’emblée très altéré (choc toxi-infectieux).
La
gangrène évolue plus lentement et l’état général reste relativement
bon jusqu’à ce que le fascia soit atteint (le tableau devient alors
superposable à celui d’une fasciite).
Ces infections peuvent être
favorisées par une infection urinaire ou vulvovaginale, un diabète
ou d’autres facteurs d’immunodépression locorégionale
(radiothérapie) ou générale (chimiothérapie).
Le traitement doit être
le plus précoce possible, associant une exérèse chirurgicale complète
des lésions nécrotiques, une réanimation hydroélectrolytique et
cardiovasculaire, une antibiothérapie adaptée aux germes aérobies
et anaérobies.
L’héparinothérapie est discutée.
B - INFECTIONS VIRALES :
Les infections herpétiques et à hPV sont abordées dans des articles
spécifiques.
Infections à poxvirus :
Des molluscum contagiosum peuvent survenir sur le versant cutané
des grandes lèvres et la peau adjacente.
Ils peuvent, lorsqu’ils sont
profus, prendre un aspect pseudovégétant ou tumoral et être le reflet
d’une immunodépression. Devant de telles lésions, il faut faire la
recherche d’une infection à VIH.
C - INFECTIONS MYCOSIQUES OU PARASITAIRES
:
– Une phycomycose (mucormycose) peut se manifester par une
ulcération vulvaire.
Il s’agit généralement de malades diabétiques
ou immunodéprimés.
– Une amibiase peut se révéler par des lésions vulvaires ulcéreuses
ou pseudotumorales.
– Des filaires de Bancroft peuvent être à l’origine d’un oedème
vulvaire chronique récidivant.
– La bilharziose à Schistosoma mansoni peut se manifester par des
lésions prurigineuses papulonodulaires vulvaires et périanales.
– Une ulcération granulomateuse vulvaire peut révéler une
cryptococcose chez une malade séropositive au VIH.
Ces ulcérations
génitales sont associées, soit à une dissémination hématogène, soit à
une infection urinaire par cet agent pathogène.
Lésions tumorales bénignes :
A - HÉMANGIOMES VULVAIRES :
Les hémangiomes vulvaires sont traités ultérieurement.
B - ANGIOKÉRATOMES DE FORDYCE :
Localisés à la vulve, ils peuvent augmenter de taille pendant la
grossesse et devenir parfois douloureux, nécessitant leur ablation
par électrocoagulation ou laser CO2.
C - LYMPHANGIOMES :
Ils apparaissent souvent à l’adolescence et chez la femme jeune, et
peuvent prendre l’aspect d’une infection récidivante ou de petites
vésicules ou papules ressemblant à des condylomes.
D - LYMPHANGIECTASIES VULVAIRES :
Elles peuvent survenir plusieurs années après un traitement
radiothérapique pour un carcinome utérin.
Ces lésions se
différencient des lymphangiomes uniquement par leur mécanisme
de survenue en rapport avec une stase lymphatique. Aucun
aspect clinique ou anatomopathologique ne permet de les distinguer
les unes des autres.
Ces lésions peuvent prendre un aspect pseudocondylomateux (source d’erreurs diagnostiques et
thérapeutiques), et il existe un risque non négligeable d’infection à
répétition sous forme de lymphangite uropérinéale.
Un traitement
par pénicilline au long cours peut être justifié. Un traitement local
par cryothérapie a été proposé, avec un bénéfice thérapeutique dans
un cas.
E - TUMEUR GLOMIQUE :
Une tumeur glomique vulvaire peut être à l’origine d’une
dyspareunie d’apparition tardive.
F - HIDROSADÉNITE :
Si les localisations inguinales d’hidrosadénite sont moins fréquentes
chez la femme que chez l’homme, celles-ci peuvent s’étendre en
revanche sur les grandes lèvres (alors qu’elles sont exceptionnelles
sur le scrotum).
Les lésions sont constituées de nodules douloureux,
inflammatoires, évoluant vers la fistulisation.
Le traitement repose
sur la chirurgie d’exérèse de l’ensemble de la zone atteinte (et non
lésion par lésion).
Celle-ci peut se faire par laser CO2 suivie d’une
cicatrisation dirigée.
Les traitements médicaux actuellement
proposés au long cours sont tous décevants (rétinoïdes, Androcurt,
antibiothérapie).
La possibilité d’une transformation maligne de ces
lésions a été décrite.
G - MALADIE DE RECKLINGHAUSEN :
Il peut s’agir d’une tumeur infiltrant la grande lèvre, de petits
névromes plexiformes, de neurofibromes mous, de taches café au
lait, de schwannomes.
Dans les cas où les lésions restent strictement
localisées à la vulve, se pose la question d’une forme segmentaire
de la maladie, pour laquelle le risque de transmission aux
générations suivantes n’est pas bien connu.
Un bilan, en particulier
à la recherche de nodule de Lisch, par un ophtalmologiste, s’impose.
H - DIVERS
:
Ont aussi été rapportés des kératoacanthomes, des tumeurs
d’Abrikossoff, des léiomyomes.
Des lésions de malacoplasie ont été décrites à la vulve.
Il s’agit d’une
lésion granulomateuse pseudotumorale bénigne dont la cause est
encore obscure, caractérisée par des amas d’histiocytes renfermant
des corps de Michaelis-Gutmann, favorisée par une infection
urinaire et survenant souvent chez un sujet immunodéprimé.
Quand la lésion est de petite taille, une exérèse chirurgicale simple
permet en général le diagnostic et le traitement.
Si les lésions sont
plus volumineuses, un traitement par triméthoprime-sulfaméthoxazole
et clofazimine peut être proposé.
Le white sponge naevus peut se développer sur les muqueuses
génitales féminines.
Il réalise une nappe papillomateuse, blanchâtre,
s’étendant progressivement sur toute la vulve.
Les lésions
s’installent dans l’enfance, mais peuvent être présentes à la
naissance.
Une transmission autosomique dominante est présente
dans un certain nombre de cas.
Il n’y a pas de régression spontanée
ni de dégénérescence maligne décrites.
I - LÉSIONS SPÉCIFIQUES DE LA VULVE
:
– Les hidradénomes papillifères sont des tumeurs apocrines
bénignes, souvent isolées, siégeant électivement dans la région
périnéovulvaire.
– Les localisations vulvaires d’endométriose se présentent sous
l’aspect de petits nodules angiomateux qui peuvent saigner pendant
les règles.
Ils doivent être distingués des angiokératomes et faire
pratiquer un bilan gynécologique.
Ils peuvent siéger électivement
sur des cicatrices d’épisiotomie.
Lésions mélaniques vulvaires
:
La majorité des lésions pigmentées génitales sont des lésions
bénignes.
Cependant, leur diagnostic implique le dépistage précoce
d’un mélanome.
Certains mélanomes, comme les mélanomes lentigineux, peuvent avoir une présentation clinique très proche de
certaines lésions mélaniques bénignes spécifiques des muqueuses
telles que les mélanoses et les lentiginoses génitales.
Ces lésions
peuvent être classées cliniquement en deux groupes.
A - LÉSIONS MÉLANIQUES UNIQUES OU TUMORALES
:
1- Lésions liées à une prolifération mélanocytaire
:
– Mélanomes.
– Nævus nævocellulaires : tous les types anatomocliniques ont été
rapportés au niveau de la vulve.
Dans la mesure du possible, il vaut
mieux en faire l’exérèse à visée prophylactique, car leur surveillance
au niveau de cette localisation est toujours aléatoire et leur évolution
à long terme est encore inconnue (10 à 20 % des mélanomes
vulvaires surviendraient sur un nævus nævocellulaire préalable).
– Lentigos : le lentigo se caractérise par une macule de pigmentation
foncée, bien délimitée, isolée, généralement inférieure ou égale à
5 mm.
Son évolution est bénigne mais son diagnostic différentiel
avec un authentique nævus nævocellulaire chez la femme jeune ou
un mélanome débutant chez la femme plus âgée (ménopausée) peut
être difficile.
C’est pourquoi nous conseillons l’exérèse de ces lésions
chez la femme jeune si une surveillance n’est pas possible, et
systématiquement chez la femme de plus de 40 ans (les mélanomes
sont exceptionnels avant cet âge).
2- Lésions liées à une prolifération épithéliale
avec hyperpigmentation mélanique :
Il s’agit de tumeurs épithéliales bénignes ou malignes tatouées par
des dépôts de mélanine dans les kératinocytes.
Elles sont
représentées par des lésions à HPV (condylome ou papulose
bowenoïde), les carcinomes basocellulaires tatoués et certaines
verrues séborrhéiques pigmentées.
Le diagnostic de ces lésions
nécessite un examen histologique.
B - LÉSIONS MÉLANIQUES PLANES ET MULTIPLES
:
1- Pigmentations symétriques ou survenant
dans un contexte dermatologique précis
:
Au plan clinique, on distingue :
– les pigmentations ethniques qui atteignent les petites lèvres de
façon symétrique chez les femmes de phototypes IV et V ;
– les pigmentations postinflammatoires qui apparaissent au décours
d’une dermatose vulvaire inflammatoire telle qu’un lichen scléreux ;
– les pigmentations post-traumatiques qui peuvent survenir au
décours d’un accouchement (partie antérieure du vestibule) ou au
décours d’une intervention (laser CO2, bartholinite) ;
– les lentiginoses cutanéomuqueuses associées à des syndromes
polymalformatifs (syndrome de Peutz-Jeghers-Touraine, syndrome
des lentigines multiples, syndrome LEOPARD, syndrome NAME,
syndrome LAMB) ;
– les pigmentations muqueuses des maladies endocriniennes
(Maladie d’Addison).
Ces lésions sont généralement symétriques ou
surviennent dans un contexte clinique caractéristique de l’affection
sous-jacente.
Au plan histologique, toutes ces lésions se caractérisent par un
simple dépôt de mélanine dans les cellules basales de l’épithélium,
parfois associé à une légère hyperplasie mélanocytaire, en particulier
au sein des lentigines des syndromes polymalformatifs.
Il n’y a
aucun risque de transformation maligne et une biopsie n’est pas
nécessaire.
2- Pigmentations asymétriques :
En dehors d’un contexte post-traumatique, lorsque ces lésions
mélaniques planes et multiples ont une présentation asymétrique et
réalisent des taches de contours irréguliers et de couleur
inhomogène, une biopsie, voire plusieurs, sur les zones les plus
pigmentées, sont nécessaires pour éliminer un mélanome lentigineux et poser le diagnostic de mélanose ou de lentiginose
vulvaire.
* Mélanoses génitales (vulvaires) :
Cliniquement, il s’agit de macules isolées ou confluentes, de
pigmentation brune d’intensité variable et de bordures plus ou
moins régulières.
Au plan histologique, ces lésions correspondent à
un dépôt de mélanine dans les kératinocytes sans prolifération
mélanocytaire. L’évolution est bénigne.
Lorsque ces lésions génitales
sont associées à des lésions identiques au niveau des lèvres buccales
et/ou à des stries pigmentées des ongles, on parle de syndrome de Laugier-Hunziker.
Cependant, l’examen histologique de ces lésions
montre parfois, au sein des cellules épithéliales basales, une légère
augmentation du nombre des mélanocytes et le diagnostic
différentiel est alors difficile avec une lentiginose génitale.
* Lentiginoses génitales (vulvaires)
:
L’aspect clinique de cette entité décrit par Leicht et Barnhill est
semblable à celui des mélanoses, mais au plan histologique il existe
une hyperplasie mélanocytaire (sans atypie cellulaire ni
regroupement en thèque). Cette entité pourrait, d’après certains
auteurs, évoluer vers un mélanome.
En fait, le diagnostic
différentiel de cette entité, tant avec une mélanose qu’avec
un mélanome lentigineux est difficile.
En effet, certaines zones
d’authentiques mélanomes lentigineux (en particulier en périphérie)
peuvent présenter des images histologiques rassurantes, sous forme
d’une simple hyperplasie mélanocytaire sans atypie ni thèque.
Dans notre expérience, il n’est pas sûr que cette entité existe
réellement et que ces lésions ne correspondent pas, soit à une
mélanose génitale associée à une légère hyperplasie mélanocytaire
dont l’évolution est toujours bénigne, soit d’emblée à un mélanome
lentigineux au niveau duquel plusieurs biopsies sur les zones les
plus foncées sont nécessaires pour en faire le diagnostic.
Si l’examen histologique de ces lésions montre une hyperplasie mélanocytaire, une deuxième biopsie est nécessaire pour éliminer
un mélanome lentigineux.
En cas de doute clinique, malgré une
deuxième biopsie rassurante, il ne faut pas hésiter à suivre
cliniquement ces patientes (deux fois par an) avec l’aide de
photographies, et refaire une biopsie au moindre doute.
Vulvite de Zoon :
En 1952, Zoon, puis en 1954 Garnier, isolent au sein des
érythroplasies de la muqueuse génitale un état érythroplasique dont
l’évolution est chronique mais reste bénigne.
L’étiopathogénie de
cette vulvite est encore inconnue, mais cette entité est en fait très
discutée au sein du cadre plus large des érythroplasies
inflammatoires chroniques non spécifiques.
Cliniquement, cette
affection se caractérise par l’apparition insidieuse et progressive au
niveau du vestibule d’une ou de plusieurs plaques érythémateuses
fixes, de couleur rouge sombre carminé, parfois rouge-brun-chocolat,
ou ecchymotiques.
Cette teinte est due au dépôt ferrique dans
le derme. Un aspect télangiectasique et purpurique a été rapporté
par Jonquières.
Les lésions sont souvent bilatérales et
symétriques, mais tendent, au cours de l’évolution, à confluer pour
ne former qu’une seule nappe.
Les bords sont volontiers flous, mal
délimités.
Les lésions sont planes, souples, non infiltrées, à surface
lisse, vernissées, brillantes, velvétiques.
À côté de cette description
classique, on rapporte des formes érosives, des formes granulomateuses en « grains de poivre de Cayenne », des formes
bourgeonnantes et végétantes.
Ces lésions sont souvent
asymptomatiques.
Parfois, elles sont à l’origine de brûlures lors des
rapports sexuels ou à la miction, voire lors de simples contacts, ou
encore spontanément.
Au plan histologique, les lésions associent un infiltrat plasmocytaire
et des anomalies vasculaires.
L’infiltrat contenant des plasmocytes
normaux siège dans le chorion superficiel et moyen.
Les
modifications vasculaires sont caractérisées par une hyperplasie
vasculaire et une extravasion des globules rouges.
Il n’y a pas
d’image de vasculite.
L’extravasion des globules rouges est à
l’origine de la présence de pigments sanguins dans le derme,
expliquant la coloration parfois ecchymotique ou rouge-brun des
lésions.
Ces dépôts doivent être recherchés par des colorations
spécialisées (réaction de Perls), mais ils ne sont pas constants.
L’examen histologique permet de distinguer cette érythroplasie
bénigne d’une maladie de Bowen dans sa forme érythroplasique (ou
érythroplasie de Queyrat) et d’une maladie de Paget vulvaire.
Cependant, cette entité est très discutée.
La présence de plasmocytes
est fréquente au cours de tout état inflammatoire des muqueuses
génitales et n’est donc pas spécifique.
Un certain nombre de cas
seraient en fait des vestibulites érosives de lichen plan vulvaire ou
des vestibulites glandulaires.
L’évolution est caractérisée par sa chronicité, mais aucun cas de
transformation maligne, ni aucune association morbide n’ont été
décrits.
La caractéristique évolutive de cette entité est sa résistance
particulière à toute thérapeutique médicale et/ou chirurgicale.
Des rémissions spontanées seraient cependant possibles au début de
l’évolution.
Aucun traitement local ou général n’a fait la preuve
de son efficacité.
Cependant, lorsque ces lésions surviennent chez
les femmes ménopausées, un traitement local hormonal peut
améliorer la symptomatologie lorsque celle-ci existe.
Lésions tumorales malignes :
Les lésions tumorales malignes sont représentées dans 90 % des cas
par les carcinomes épidermoïdes.
A - CARCINOMES ÉPIDERMOÏDES VULVAIRES :
Ils sont favorisés par deux types de lésions précancéreuses :
– des lésions de dysplasie indifférenciée ou bowenoïde, correspondant à
la classique maladie de Bowen de la femme ménopausée, ou plus
rarement à la papulose bowenoïde atteignant préférentiellement la
femme jeune.
La transformation invasive est, dans la forme classique
de la maladie de Bowen, inéluctable en l’absence de traitement, alors
que cette évolution invasive ne survient seulement que dans 10 %
des cas des papuloses bowenoïdes.
Dans ce dernier cas, il s’agit alors
de formes particulièrement extensives qui se développent
généralement chez des malades immunodéprimées ;
– des lésions de dysplasie différenciée ou « basale » consistant en des
lésions leucoplasiques ou érythroleucoplasiques liées à une
hyperplasie épithéliale, parfois associées à des lésions de dysplasie
mais qui restent toujours modérées et localisées à la partie inférieure
de l’épithélium, survenant sur des lichens scléreux vulvaires (LSV)
non ou mal traités.
B - MALADIE DE PAGET
:
Elle fait l’objet d’un article spécifique.
C - CARCINOME VERRUQUEUX VULVOPÉRINÉAL
(TUMEUR DE BUSCHKE-LOEWENSTEIN)
:
En 1896, Buschke décrit le premier cas de condylome géant.
En 1925, Loewenstein précise le caractère proliférant et bourgeonnant de la
tumeur, avec un envahissement local clinique important, alors que
l’histologie est celle d’une hyperplasie épithéliale bénigne.
Par la
suite, quelques cas d’évolution en carcinome épidermoïde sont
rapportés.
En 1948, Ackerman regroupe ces lésions sous le même
terme de carcinome verruqueux.
Le condylome géant représente,
selon les auteurs, soit une lésion précancéreuse évoluant
secondairement vers un carcinome verruqueux, soit d’emblée la
forme de début d’un carcinome verruqueux.
Ces carcinomes
verruqueux sont caractérisés au plan évolutif par une malignité
essentiellement locale, avec destruction progressive des tissus sousjacents
; ils n’évoluent que très tardivement vers une extension
métastatique, traduisant alors la transformation en un carcinome
épidermoïde invasif.
Le rôle des hPV dans la pathogénie de cette
tumeur est très discuté.
En effet, d’une part ces virus ne sont pas
constamment trouvés au sein de ces lésions, d’autre part les hPV
observés sont souvent de type non oncogène (hPV6-11...).
La
localisation vulvaire est beaucoup plus rarement rapportée que celle
de l’appareil génital masculin.
Ces tumeurs surviennent après la
puberté, à tout âge.
Cliniquement, il s’agit d’une tuméfaction condylomateuse de grande taille, qui évolue secondairement vers la
profondeur en envahissant et en détruisant les tissus adjacents et
sous-jacents.
La présence d’adénopathies inguinales est fréquente du
fait d’une surinfection.
Au plan histologique, cette tumeur est
caractérisée par une hyperplasie épithéliale très bien différenciée,
sans atypie cytonucléaire, avec des digitations papillaires refoulant
le tissu avoisinant.
Des cellules d’aspect koïlocytaire sont parfois
observées, mais elles peuvent aussi représenter, au niveau des
muqueuses, un artefact non spécifique de toute inflammation en
général.
Plusieurs biopsies profondes doivent être pratiquées en
divers sites de la tumeur, à la recherche de zones de transformation
en carcinome épidermoïde invasif correspondant à une rupture de
la membrane basale.
À ce stade, des atypies cytonucléaires marquées
apparaissent.
Le traitement de ces tumeurs, en dehors de toute
invasion, repose sur une exérèse chirurgicale large.
Quand celle-ci
est trop mutilante, on peut proposer un traitement néoadjuvant par
chimiothérapie (5-flurouracil [5-FU], Cisplatylt, bléomycine ou
méthotrexate...).
Un traitement néoadjuvant par interféron a aussi
été proposé par certains auteurs.
La radiothérapie a été accusée
d’être à l’origine d’une transformation invasive, et il faut a priori
l’éviter. Cependant, il semble que les cas rapportés aient eu en fait
une radiothérapie mal dosée du fait de l’importance du volume
tumoral. Une surveillance régulière s’impose par la suite car les
récidives sont fréquentes.
D - MÉLANOMES VULVAIRES :
Les mélanomes vulvaires représentent 5 à 10%des cancers vulvaires
et 3 à 5% des mélanomes chez la femme.
L’âge moyen des malades
se situe autour de 60 ans.
Le facteur pronostique principal, comme
pour les autres sites, est représenté par l’épaisseur évaluée selon la
méthode de Breslow.
Le diagnostic souvent tardif de ces lésions
vulvaires explique que la survie globale à 5 ans ne soit que de 33 à
45 % selon les séries, ce mauvais pronostic étant lié à l’épaisseur de
la tumeur.
La présentation clinique des mélanomes vulvaires est semblable à
celle des mélanomes cutanés.
Cependant, le mélanome acrolentigineux est l’apanage de cette localisation et sa forme de
début doit être distinguée d’une mélanose vulvaire.
En effet,
dans les formes débutantes, l’examen histologique peut être faussement rassurant, ne montrant qu’une hyperplasie mélanocytaire sans atypie si la biopsie a été faite en périphérie de la
lésion.
Pour cette raison, toute pigmentation vulvaire asymétrique,
en l’absence de traumatisme, doit être surveillée, même si le
diagnostic histologique initial est rassurant.
Il ne faut pas hésiter à
refaire une ou plusieurs biopsies si les lésions sont plurifocales.
Le traitement repose sur l’exérèse chirurgicale dont la marge dépend
(comme pour les autres localisations) de l’épaisseur maximale de la
tumeur.
La vulvectomie est inutile.
Il n’y a pas d’indication à un
curage systématique, ni à une chimiothérapie adjuvante dans l’état
actuel de nos connaissances.
E - HISTIOCYTOSE LANGERHANSIENNE :
Elle correspond à une prolifération d’histiocytes langerhansiens au
sein d’un granulome riche en polynucléaires éosinophiles.
Le granulome éosinophile périorificiel atteint avec prédilection la
vulve.
C’est une entité rare qui peut soit s’intégrer dans le cadre
d’une histiocytose langerhansienne généralisée, d’évolution
subaiguë ou chronique, soit demeurée isolée, sans autre atteinte
viscérale.
Les lésions cliniques se caractérisent par des érosions
vulvaires, bilatérales, plus ou moins symétriques, aphtoïdes, de
quelques millimètres à 1 cm de diamètre.
Ces ulcérations sont
souvent douloureuses.
On peut également observer des ulcérations
uniques, parfois nécrotiques, de plusieurs centimètres de diamètre,
sur une base infiltrée, des ulcérations linéaires des plis génitoanaux,
un érythème inflammatoire non spécifique de la région
vulvopérinéale, une tuméfaction douloureuse des lèvres, des lésions
papuleuses et végétantes, des lésions vésiculeuses ou
pseudocondylomateuses, plus rarement des lésions franchement
tumorales.
Un bilan d’extension cutanéomuqueux et viscéral est
nécessaire et doit être répété au cours de l’évolution chez l’enfant.
Le traitement repose dans les formes localisées pseudotumorales à
leur exérèse simple ; dans les formes plus étendues, on peut
proposer une corticothérapie locale, plutôt en injection
intralésionnelle, ou des badigeons de Caryolysinet diluée
(10 mg/50 mL d’eau).
En cas d’échec de ces traitements, ou dans les
formes systémiques, on peut proposer une corticothérapie par voie
générale ou un traitement par thalidomide ou une chimiothérapie
(Velbét).
F - AUTRES TUMEURS MALIGNES :
Comme dans les autres sites cutanéomuqueux, la vulve peut être le
siège de tous les types de sarcomes des tissus mous (tumeur de
Darier-Ferrand, liposarcomes, myosarcomes...).
Sur le versant
cutané, on peut aussi observer les différents types de carcinomes
cutanés (carcinomes basocellulaires, carcinomes développés aux
dépens des annexes pilosébacées...).
Localisations vulvaires
des dermatoses
:
A - LICHEN PLAN :
1- Diagnostic :
Le lichen plan est une affection cutanéomuqueuse d’évolution
chronique et récidivante dont la fréquence est encore mal connue
(prévalence estimée à 0,5-2 %).
Alors que la muqueuse buccale
représente la localisation préférentielle de cette affection (rapport
8/1 avec les localisations cutanées), l’atteinte des muqueuses
génitales est beaucoup plus rare.
La fréquence de l’atteinte vulvovaginale est inconnue.
Le lichen plan génital atteint le plus
souvent les femmes non ménopausées.
Les lésions génitales peuvent
se présenter sous plusieurs aspects cliniques selon leur siège cutané, demi-muqueux ou muqueux.
Sur les grandes lèvres, le lichen plan se manifeste surtout par des
papules violines tout à fait comparables aux autres localisations
cutanées de cette affection.
Les lésions érosives sont rares.
Sur les demi-muqueuses et les muqueuses (face interne des grandes lèvres,
petites lèvres, vestibule), les lésions observées sont tout à fait
comparables aux lésions de lichen plan buccales.
Elles réalisent des
stries ou papules blanchâtres, leucoplasiques, disposées en réseau
ou regroupées en petites plaques.
Ces lésions peuvent être
isolées et asymptomatiques dans les formes stables, ou associées à
un érythème et des érosions dans les formes actives.
En 1982, Hewitt
et Pelisse individualisent, au sein des lichens plans érosifs, une
triade associant une vulvite, une vaginite et une gingivite érosive
appelée syndrome vulvo-vagino-gingival (VVG).
L’atteinte
vulvaire est caractérisée par des plages érythroplasiques
desquamatives, généralement associées à des érosions superficielles
en « nappe » prédominant dans le vestibule.
On peut
observer, en périphérie de ces nappes érosives, un réseau leucoplasique permettant de les rattacher à un lichen plan.
Ces
lésions vulvaires sont à l’origine de brûlures, de douleurs intenses
et de dyspareunie.
Au cours de l’évolution, on peut observer une
synéchie des petites lèvres, soit entre elles, refermant l’orifice
vestibulaire, soit avec les grandes lèvres adjacentes.
L’atteinte
vaginale se manifeste par une vaginite inflammatoire desquamative
et érosive, à l’origine de leucorrhées hémorragiques spontanées et
d’une dyspareunie grave et permanente.
Cette atteinte vaginale fait
toute la gravité de cette forme clinique car le risque de synéchies est important et leur traitement est particulièrement difficile.
L’atteinte
gingivale consiste en un érythème intense desquamatif,
généralement associé à des érosions en « nappe ».
Souvent, il existe
d’autres lésions buccales associées.
Cependant, au cours de
l’évolution, cette triade n’est pas toujours complète, bien que
l’atteinte génitale soit rarement isolée.
L’atteinte vaginale
sans atteinte vulvaire est exceptionnelle.
Le syndrome VVG est une
forme clinique grave, mais rare, du lichen plan génital.
L’évolution
de ce syndrome est chronique et récidivante, résistant souvent aux dermocorticoïdes.
D’après Eisen, il n’existe pas de régression
spontanée, mais des périodes de rémissions post-thérapeutiques sont
possibles.
Cependant, il existe des formes génitales érosives plus
« bénignes » qui peuvent ne se manifester que par la présence
d’érosions de petites tailles (< 5 mm) au sein de lésions leucoplasiques en réseaux ou en petites plaques, atteignant les faces
internes des grandes lèvres et les faces externes des petites lèvres,
sans cet aspect d’érythème desquamatif et diffus à prédominance
vestibulaire constaté dans le syndrome VVG. Ces lésions répondent
généralement bien aux traitements locaux.
Il est probable que
dans certains cas, ces lésions puissent précéder l’apparition d’un
syndrome VVG, mais aucun facteur déclenchant n’a été reconnu
jusqu’à présent.
Lorsqu’il existe des lésions érosives, l’examen histologique doit se
faire en périphérie, si possible sur les lésions leucoplasiques en
réseau parfois associées.
Au niveau muqueux, l’hyperkératose,
l’hypergranulose et la disposition en arcade de la basale sont moins
nettes et l’infiltrat est parfois riche en plasmocytes.
Au cours du
syndrome VVG, l’aspect histologique peut être celui d’une
inflammation non spécifique, ce qui ne doit pas faire rejeter le
diagnostic.
En l’absence d’autres localisations extragénitales
typiques, un examen en immunofluorescence directe est
indispensable.
Sa négativité permet d’éliminer une pemphigoïde
cicatricielle qui représente la deuxième cause de ce syndrome
plurimuqueux.
Le lichen plan pemphigoïde est une entité immunologique encore
très discutée.
Pour certains auteurs, il représente la coexistence d’un
lichen plan et d’une pemphigoïde, pour d’autres, il pourrait en fait
correspondre à une maladie hétérogène associant un lichen plan et
différentes dermatoses bulleuses sous-épidermiques induites par les
lésions inflammatoires lichéniennes.
2- Évolution
:
De façon générale, l’évolution des lésions muqueuses du lichen plan,
et tout particulièrement des lésions érosives, est beaucoup plus
chronique et récidivante que les autres localisations du lichen plan.
La complication majeure du lichen plan génital érosif est représentée
par la formation de synéchies, en particulier vaginales, de traitement
très difficile car les récidives postchirurgicales sont fréquentes.
L’évolution chronique de certains lichens plans érosifs peut aboutir
à un état scléreux et atrophiant tout à fait comparable à celui d’un LSV d’évolution chronique.
Souvent, l’histologie ne permet pas de
faire de diagnostic différentiel, car l’évolution chronique de ces deux
affections aboutit à la même fibrose sous-épithéliale.
L’association possible de ces deux affections chez une même malade
rend encore plus difficile le diagnostic (généralement, il s’agit d’un
lichen plan buccal et d’un LSV).
La survenue d’un carcinome épidermoïde sur des lésions de lichen
plan génital a été exceptionnellement rapportée.
Il s’agissait dans
tous les cas de lésions d’évolution chronique et les descriptions
cliniques et histologiques ne permettent pas d’éliminer formellement
un lichen scléreux d’évolution chronique plutôt qu’un lichen plan.
En effet, l’absence de bande de collagène hyalinisé n’est pas rare en
périphérie d’un carcinome vulvaire, et celle-ci n’est souvent trouvée
qu’à distance sur le reste de la pièce opératoire.
Inversement, il
est fréquent d’observer des lésions de dysplasie épithéliale légère à
moyenne associées à des lichens plans muqueux érosifs.
Ces lésions
ne doivent pas être interprétées comme un état précancéreux mais
comme un signe d’inflammation.
Dans ce cas, une biopsie de
contrôle est nécessaire, après un traitement anti-inflammatoire local.
3- Traitement
:
Le traitement du lichen plan muqueux est palliatif. Aucun traitement
ne permet une guérison définitive.
Malgré les effets bénéfiques de la
corticothérapie (locale et plus rarement générale), les rechutes sont
l’apanage des localisations muqueuses, et plus particulièrement des
formes érosives en nappe caractérisant le syndrome VVG.
Les
localisations génitales n’ont jamais fait l’objet d’études
thérapeutiques randomisées.
Le traitement initial repose sur la
corticothérapie locale qui donne des résultats tout à fait satisfaisants
dans la majorité des cas.
On utilise en première intention un dermocorticoïde de niveau 1 (Dermovalt crème, Diprolènet
pommade).
Dans le vagin, on peut utiliser des formes galéniques à
type de mousse (Colofoamt, Proctocortt).
Après guérison des
lésions érosives, un traitement de relais avec un dermocorticoïde de
niveau 2 ou 3 est entrepris, en espaçant secondairement
progressivement les applications.
Un traitement est nécessaire tant
qu’il persiste des lésions inflammatoires érythémateuses.
Une
hygiène simple, évitant les savons acides, permet dans la plupart
des cas d’éviter une surinfection bactérienne et candidosique.
Cependant, dans les formes graves, étendues, associées à une
atteinte vaginale, si une amélioration n’est pas rapidement obtenue,
il faut envisager une corticothérapie par voie générale (prednisone à
la dose d’au moins 0,5 mg/kg/j) pour éviter la survenue de
synéchies vaginales.
Mais les rechutes sont fréquentes lors de la
diminution des doses. Les rétinoïdes per os ont toujours été
décevants dans les cas rapportés de lichen plan vulvaire.
Leur
association à la corticothérapie par voie générale, dans des essais de
sevrage de la corticothérapie, pourrait être intéressante.
Cependant,
ce traitement est mal supporté chez les malades ayant des lésions
érosives buccales associées, du fait de leurs effets secondaires
(chéilite et fragilité des muqueuses).
Les rétinoïdes locaux sont trop
irritants pour être appliqués sur des lésions érosives génitales.
La
ciclosporine en application locale est surtout efficace sur les lésions
érosives de lichen plan muqueux buccal, mais les lésions rechutent
à l’arrêt des applications.
Aucune efficacité n’a jamais été
rapportée au cours des atteintes génitales.
Aucun des autres
traitements parfois proposés dans le lichen plan (griséofulvine, dapsone, hydroxychloroquine...) n’a montré une efficacité sur les
lésions génitales.
Un traitement chirurgical n’est envisagé que dans deux
circonstances : l’exérèse de toute lésion suspecte évoquant une
évolution cancéreuse ; le traitement des séquelles, en particulier des
synéchies.
Le rôle de facteurs psychosomatiques dans l’évolution des
lichens plans est souvent évoqué ; certains auteurs proposent d’en
tenir compte dans la prise en charge thérapeutique de ces malades.
Cette prise en charge psychologique se fait de toute manière de
façon parallèle à la prise en charge dermatologique.
B - LICHEN SCLÉREUX VULVAIRE
:
1- Clinique :
C’est une dermatose vulvaire dont la prévalence exacte n’est pas
connue.
Son siège préférentiel est anogénital, puisque seulement 6 %
des lichens scléreux cutanés sont strictement extragénitaux.
Il
atteint le plus souvent la femme en période péri- et postménopausique, mais s’observe à tout âge, y compris chez
l’enfant.
Des associations à des maladies dysimmunitaires comme
le vitiligo, la pelade, la thyroïdite sont rapportées avec des
fréquences diverses. Son étiologie demeure néanmoins inconnue.
Les signes fonctionnels sont dominés par un prurit d’intensité
variable, intermittent ou permanent, présent dans 70 % des cas.
Des
brûlures vulvaires et une dyspareunie sont aussi fréquentes et
d’origine multifactorielle, tantôt liées aux modifications de
l’anatomie vulvaire (formation de brides ou de synéchies associées
à l’atrophie des reliefs anatomiques), tantôt liées aux modifications
de la muqueuse (érosion, fissuration, sécheresse). Des brûlures permictionnelles ou permanentes font suspecter la présence
d’érosions ou de fissurations muqueuses.
Enfin, le LSV peut être
asymptomatique et découvert fortuitement à l’examen
gynécologique.
À l’examen, le LSV associe deux types d’anomalies visibles à
l’inspection :
– modification de la couleur de la muqueuse vulvaire : typiquement
blancheur nacrée et brillante (LSV atrophique) ; tantôt blancheur
mate ou jaunâtre (LSV hyperplasique ou lichénifié) ; plus rarement,
blancheur vitiligoïde ou hyperpigmentation postinflammatoire ;
– modification des reliefs anatomiques vulvaires : synéchies interlabiales puis effacement et disparition des petites lèvres,
synéchies clitoridiennes déterminant l’aspect encapuchonné,
synéchies postérieures des petites lèvres source de bride postérieure.
Au maximum, on peut observer une disparition complète du relief
anatomique de la muqueuse vulvaire.
Le LSV est souvent étendu à la région périnéale et périanale, parfois
aux sillons génitocruraux, très rarement au vestibule et jamais au
vagin.
L’atteinte extragénitale s’associe dans environ 15 % des cas.
À ces aspects variables de blancheur et de modification des reliefs
anatomiques, peuvent s’ajouter des fissures, érosions ou ulcérations
en rapport avec la fragilité des muqueuses, des lésions
ecchymotiques témoins d’hémorragies sous-épithéliales, des
érosions postbulleuses secondaires à la déhiscence chorioépithéliale.
2- Histologie
:
Histologiquement, le LSV non compliqué se caractérise par une
atrophie épithéliale, une hyalinisation en bande du chorion
superficiel plus ou moins épaisse, plus ou moins continue, associée
à un infiltrat lymphocytaire sous-jacent d’intensité variable.
La
coloration par l’orcéine met en évidence la disparition des fibres
élastiques au sein de cette hyalinisation.
À côté de cette image classique, d’autres aspects sont observés :
l’épithélium peut être normal au stade initial, hyperplasique avec acanthose et hyperkératose en cas de LSV hyperplasique ou de
lichénification, l’infiltrat inflammatoire lymphocytaire peut être
absent, la bande hyaline très discrète et limitée.
Enfin, l’épithélium
peut être le siège d’atypies cellulaires « basales » restant localisées à
la partie basale de l’épithélium : ces lésions épithéliales sont les
vraies lésions précancéreuses.
Étant donné la chronicité de cette
affection, un examen histologique doit être réalisé pour confirmer le
diagnostic.
Il doit aussi être effectué, si besoin répété, sur les lésions
cliniques suspectes résistantes au traitement : érosion ou ulcération,
indurée ou pas, plaque leucoplasique ou érythroplasique.
3- Évolution
:
L’histoire naturelle du LSV est mal connue, son évolution est
chronique et récidivante et ce, dans certains cas, depuis l’enfance.
Le risque évolutif est dominé par le développement d’un carcinome épidermoïde vulvaire, estimé à environ 5 % dans les grandes séries
rétrospectives.
Inversement, la majorité des études anatomocliniques rétrospectives montrent que 50 à 75 % des
carcinomes épidermoïdes sont associés à un LSV compliqué de
lésions d’hyperplasie épithéliale et d’atypies cellulaires « basales ».
L’âge moyen du diagnostic est de 70 ans, mais des cas
survenant avant 40 ans sont rapportés, notamment chez des femmes
ayant un LSV depuis l’enfance.
La topographie du carcinome se superpose à celle du lichen
scléreux : petites lèvres, clitoris, portion muqueuse des grandes
lèvres.
Le plus souvent, il s’agit d’une tumeur, mais l’aspect est
parfois plus trompeur : plaque leucoplasique, lésion érythroplasique,
érosion, ulcération.
Histologiquement, il s’agit de carcinomes épidermoïdes kératinisés
bien différenciés associés à des atypies cellulaires basales dans 55 à
75 % des cas.
Pour des raisons mal comprises, les signes
histologiques évocateurs de LSV sont parfois absents en zone
tumorale, comme sur certaines plaques leucoplasiques
hyperkératosiques.
Ce sont alors les examens histologiques
réalisés à distance qui permettent de rapporter le carcinome épidermoïde ou la leucoplasie à un LSV.
4- Traitement :
Le traitement du LSV est médical.
L’androgénothérapie locale a été
abandonnée, compte tenu de ses effets secondaires (hypertrophie
clitoridienne, hyperpilosité, modification de la voix), pas toujours
réversibles à l’arrêt du traitement et d’études contrôlées montrant
une efficacité moindre par rapport aux dermocorticoïdes.
La corticothérapie locale par un corticoïde de classe 1 est
actuellement le traitement de première intention.
Appliquée le soir
quotidiennement pendant 3 mois, elle est ensuite espacée
progressivement sur 6 à 12 mois lorsque la régression ou la
stabilisation clinique sont obtenues, pour être ensuite théoriquement
arrêtée.
En pratique, l’arrêt n’est pas toujours possible, compte tenu
d’une rémission partielle ou d’une rechute.
Un traitement d’entretien
à raison de deux ou trois applications par semaine est alors
nécessaire pendant un temps indéterminé.
Cette corticothérapie
locale prolongée semble bien tolérée. Chez l’enfant, les dermocorticoïdes de classe 1 ont montré leur efficacité et leur
tolérance sur des périodes courtes.
Néanmoins, en pratique, un dermocorticoïde de classe 2 est souvent préféré.
Les rétinoïdes oraux (acitrétine 0,5 mg/kg/j) ont montré une
efficacité inconstante mais significative dans une étude contrôlée, sur
les symptômes fonctionnels et les lésions épithéliales secondaires,
mais sont sans effet sur la hyalinisation.
En pratique, ils peuvent
être utilisés en association avec les dermocorticoïdes dans les LSV
étendus hyperplasiques, sur des périodes courtes, chez la femme
ménopausée.
Le traitement médical permet de soulager les symptômes
fonctionnels et d’éviter l’évolution atrophique.
Il n’a aucune
efficacité sur une bride ou une sténose déjà constituée.
C’est
pourquoi le traitement des séquelles anatomiques gênantes est
chirurgical.
Les brides postérieures responsables de dyspareunie
sont traitées par périnéotomie médiane ; beaucoup plus rares, les
sténoses orificielles sont traitées par vulvopérinéoplastie.
Enfin, la
chirurgie d’exérèse s’impose devant toute lésion leucoplasique ou
érosive résistante au traitement médical, afin d’éliminer un
carcinome épidermoïde débutant.
Un point essentiel reste cependant en interrogation : le traitement
du LSV prévient-il le risque évolutif néoplasique ?
La majorité des
carcinomes épidermoïdes associés au LSV sont en effet
diagnostiqués au stade tumoral sur un lichen scléreux méconnu
ou mal traité car l’application régulière d’un traitement local chez
des femmes âgées n’est pas toujours bien réalisée.
Chez l’enfant, cette affection est considérée comme rare, mais sa
fréquence n’est en fait pas connue.
Les modifications du relief
muqueux sont difficiles à affirmer sur une vulve prépubertaire.
Quant aux aspects érosifs ou hémorragiques, ils peuvent en imposer
pour un abus sexuel.
Depuis la commercialisation d’un nouveau
topique anesthésiant (crème Emlat), on peut plus facilement
envisager une biopsie initiale, afin de confirmer le diagnostic, car il
engage une surveillance durant toute la vie de la malade.
Il ne faut
pas compter sur la régression spontanée au moment de
l’adolescence, mais il faut envisager au contraire un traitement local
par un dermocorticoïde de classe 2 dès que le diagnostic est fait.
Celui-ci est poursuivi jusqu’à régression complète des lésions
cliniques.
Par la suite, une surveillance au long cours est nécessaire
car il existe des risques non négligeables de récidive, y compris
après l’adolescence.
Dans tous les cas, chez l’enfant comme chez l’adulte, le LSV
nécessite une surveillance prolongée, au moins annuelle en cas de
rémission complète, garant du dépistage d’une rechute et surtout
d’un carcinome épidermoïde débutant.
C - APHTES, APHTOSES BIPOLAIRES, MALADIE DE BEHÇET
:
Les aphtes génitaux sont souvent associés à des aphtes buccaux,
réalisant une aphtose bipolaire.
L’ulcère aigu de la vulve de Lipschütz est une entité clinique
caractérisée par l’apparition d’une ou de plusieurs ulcérations
vulvaires « idiopathiques » chez une jeune fille, d’évolution
spontanément favorable bien que pouvant laisser des séquelles
anatomiques mutilantes.
Certains auteurs rattachent cette entité aux aphtoses, expliquant ainsi la possibilité de récidives et la sensibilité
à la thalidomide.
D’autres auteurs ont rapporté des cas au cours
d’une primo-infection à virus Epstein-Barr.
Dans un cas, le virus a
été démontré au sein des lésions.
D - LÉSIONS VULVAIRES DE COLLAGÉNOSES :
Quelques cas de localisation vulvaire ont été décrits au cours de
lupus sans aspect clinique spécifique (lésions leucoplasiques ou
érythémateuses parfois érosives).
Le syndrome de Sjögren est à l’origine d’une sécheresse
vulvovaginale.
E - LOCALISATIONS VULVAIRES
DES MALADIES BULLEUSES AUTO-IMMUNES :
La pemphigoïde bulleuse cicatricielle (PBC) peut être à l’origine d’un
syndrome VVG tout à fait comparable à celui du lichen plan
plurimuqueux érosif.
L’immunofluorescence directe est
indispensable pour les différencier.
Au stade cicatriciel, les
localisations vulvaires des PBC peuvent simuler cliniquement et
histologiquement un LSV d’évolution chronique.
Parmi les autres maladies bulleuses :
– les localisations vulvaires au cours du pemphigus sont à l’origine
de plages érosives, douloureuses.
Elles peuvent révéler le
pemphigus ;
– les localisations vulvaires des pemphigoïdes bulleuses et des
dermatoses à immunoglobulines (Ig) A linéaires peuvent survenir,
tant chez l’adulte que l’enfant.
Chez l’enfant, ces lésions sont à
l’origine d’érosions qui peuvent être prises pour un abus sexuel.
F - LOCALISATIONS VULVAIRES
DE LA MALADIE DE CROHN :
Les lésions observées sont très polymorphes : vulvite oedémateuse
et fissuraire évoluant par poussées puis devenant permanente ;
ulcérations douloureuses, parfois végétantes ; érosions vulvaires,
fistules ou abcès. Dans 20 % des cas, ces lésions peuvent révéler la
maladie de Crohn, les lésions digestives n’apparaissant que dans un
deuxième temps.
Ces lésions sont décrites chez l’enfant. Leur
évolution ne semble pas être influencée par celle de l’atteinte
digestive.
L’examen histologique montre un granulome épithélioïde.
Ces localisations peuvent être sensibles aux traitements par métronidazole, sulfasalazine, mésalazine, prednisolone, minocycline,
mais aucun de ces traitements n’est constamment efficace.
Certains
auteurs ont décrit des vulvites granulomateuses (définies
histologiquement par un granulome épithélioïde) en tant que
localisation vulvaire d’un syndrome de Melkersson-Rosenthal, du
fait de l’absence de signes digestifs associés.
Cette entité doit être, à
notre avis, très discutée puisque, comme nous l’avons vu, les lésions
digestives de la maladie de Crohn peuvent n’apparaître que
secondairement.
Les autres diagnostics différentiels sont théoriquement représentés
par la sarcoïdose et la tuberculose, mais le contexte clinique oriente
généralement le diagnostic.
G - LOCALISATIONS DES AUTRES DERMATOSES :
La maladie de Hailey-Hailey ou dermatose acantholytique familiale
peut être à l’origine de multiples papules, parfois
pseudocondylomateuses, ou de lésion unique en plaque, plus ou
moins verruqueuse, sur le versant cutané des lèvres et la peau
adjacente.
Un traitement par laser CO2 peut être proposé sur
des lésions invalidantes.
La maladie de Darier peut aussi se manifester dans ces mêmes
localisations.
Une localisation vulvaire au cours d’un pyoderma gangrenosum a été
rapportée.
Les localisations vulvaires du psoriasis peuvent être isolées, bien que
le plus souvent, le diagnostic soit facilité par l’association à une
atteinte des plis.
La macération modifie le caractère squameux des
lésions, mais la nette délimitation des plaques érythémateuses aide
au diagnostic.
On a décrit aussi des localisations vulvaires au cours d’un syndrome
de Fiessinger-Leroy-Reiter, sous forme de plaques pustuleuses bien
délimitées.
Une dermite séborrhéique peut aussi être à l’origine d’un érythème
légèrement squameux et prurigineux des grandes lèvres et du pubis.
Les toxidermies à type d’érythème polymorphe peuvent se traduire par
une éruption bulleuse récidivante de façon isolée sur la vulve.
Un
herpès génital déclenchant est souvent retrouvé.
L’érythème pigmenté fixe peut aussi se manifester sous forme d’une
bulle isolée vulvaire, récidivante.
L’amylose AL peut être à l’origine de nodules vulvaires, multiples,
parfois ulcérés.
La recherche d’une gammapathie est nécessaire.
La kératose lichénoïde striée peut être à l’origine d’ulcérations
génitales.
Prurit vulvaire. Lichénification vulvaire
:
Le prurit vulvaire est un signe d’appel révélateur d’un grand
nombre d’infections vulvaires.
Les lichénifications vulvaires sont
toujours secondaires à un prurit chronique.
Ces lésions s’observent
préférentiellement sur les grandes lèvres, débordant souvent sur le
tégument adjacent.
La peau vulvaire est épaissie, oedémateuse,
quadrillée, sèche.
Comme le prurit vulvaire, les lichénifications ne sont pas spécifiques d’une maladie précise.
L’interrogatoire recherche un facteur externe, irritant ou allergisant.
Cependant, la responsabilité de ce facteur ne peut être retenue qu’en
l’absence d’une autre cause.
Un examen clinique complet permet
parfois de trouver des lésions dermatologiques extragénitales
permettant d’orienter le diagnostic.
En effet, des localisations
vulvaires d’une dermatite atopique, d’un psoriasis, d’une dermite
séborrhéique, peuvent être à l’origine d’une lichénification en
l’absence de traitement spécifique.
Chez la femme en période d’activité génitale, il faut rechercher,
même en l’absence de leucorrhée ou de dysurie, une infection
génitale chronique et demander systématiquement un prélèvement mycobactériologique, cervicovaginal et urétral : il n’est pas rare, en
effet, qu’une lichénification permette de trouver une candidose
chronique insuffisamment traitée ou une infection à Chlamydiae,
asymptomatique par ailleurs.
Il faut aussi rechercher une infection à PVH, sous forme de petits condylomes ou de papules bowenoïdes
qui peuvent être cachés ou modifiés par les lésions de lichénification.
Le test à l’acide acétique ne permet pas de les différencier, car les
lésions de lichénification blanchissent aussi du fait de
l’hyperkératose.
Chez la femme ménopausée, une lichénification doit faire rechercher
avant tout un lichen scléreux, mais aussi une maladie de Bowen
d’évolution chronique.
L’examen histologique permet de lever un
doute.
À cet âge, une lichénification peut être aussi due à une
sécheresse muqueuse génitale secondaire à une insuffisance
oestrogénique.
Cependant, un grand nombre de lichénifications sont dues à un
prurit sine materia.
Il faut alors rechercher des troubles
psychologiques associés, et en particulier un syndrome dépressif
masqué.
Après élimination et traitement d’un facteur infectieux, irritant et
allergisant, le traitement des lichénifications repose sur la
dermocorticothérapie.
Après 1 mois de traitement, il faut revoir la
patiente, d’une part pour juger de l’efficacité de celui-ci, d’autre part
pour vérifier l’absence de maladie sous-jacente associée.
Dans le
cadre d’un prurit sine materia associé à une dépression, une prise
en charge psychologique peut être nécessaire parallèlement.
Vulvodynies, vestibulites glandulaires
:
Les vulvodynies se définissent comme un inconfort vulvaire
chronique et spontané à type de brûlures (cuisson, irritation) sans
anomalie cliniquement décelable et sans aggravation de la douleur
à la palpation.
Ces vulvodynies représentent un syndrome clinique
multifactoriel qui nécessite une prise en charge multidisciplinaire.
Beaucoup d’inconnues persistent quant à leur étiologie et leur
traitement.
Pour faciliter leur étude, McKay, dès 1989, les a
divisées en trois principaux sous-groupes : la vulvovaginite cyclique,
la vestibulite et la vulvodynie essentielle.
Signalons qu’à l’époque,
la papillomatose physiologique faisait partie de sa classification,
mais il a été parfaitement démontré depuis que sa présence était
fortuite au cours des vulvodynies et n’était liée à aucun état
pathologique.
De même, le rôle des infections subcliniques à PVH
semble écarté.
A - VULVOVAGINITE CYCLIQUE
:
Ce serait la forme la plus fréquente de vulvodynie.
Elle se caractérise
par des épisodes de brûlures rythmés par les règles (deuxième partie
du cycle) et des périodes totalement asymptomatiques.
Les malades
se plaignent donc alternativement de dyspareunies avec brûlures postcoïtales, de quelques leucorrhées, d’un prurit vulvaire et d’une
irritation locale.
Contrairement aux véritables candidoses vulvovaginales récidivantes, Candida albicans n’est pas trouvé à
chaque poussée.
Au cours des poussées, l’examen clinique montre
parfois des fissures interlabiales, un érythème, une sécheresse ou un
léger oedème vulvaire.
Le rôle de troubles de la flore vaginale, avec
sélection de lactobacille, est évoqué.
B - VESTIBULITE :
C’est une entité décrite plus récemment et dont l’incidence ne cesse
d’augmenter.
Sa définition repose sur l’association de trois critères :
– érythème vestibulaire localisé à l’orifice des glandes de Bartholin ;
– douleur provoquée au moindre contact avec le vestibule,
notamment lors des rapports sexuels (dyspareunie avec brûlures qui
sont le motif de consultation) ;
– douleur reproduite par l’effleurement des zones inflammatoires
avec un Coton-Tiget (Q-tip positif des Anglo-Saxons).
Ainsi, contrairement à la définition des vulvodynies, les brûlures
vulvaires des vestibulites sont déclenchées par les rapports, et non
spontanées.
L’examen histologique des zones érythémateuses ne
montre qu’une inflammation non spécifique et est donc inutile dans
ce contexte.
La cause des ces vestibulites reste très controversée et il semble qu’elle puisse être multifactorielle.
L’interrogatoire révèle
souvent un lourd passé de candidoses à répétition et de multiples
traitements locaux ayant pu jouer un rôle aggravant sur les
douleurs.
Quelques études insistent sur la participation
psychoaffective de ces troubles, un pourcentage non négligeable de
patientes souffrant de dépression, de vaginisme ou d’autres
problèmes d’ordre sexuel.
Les traitements restent très variés.
Les traitements locaux reposent
sur les anesthésiques locaux (surtout avant les rapports), les
lubrifiants et les émollients pour limiter la sécheresse vulvaire.
Leur
action reste très limitée.
Des traitements chirurgicaux à type de périnéoplastie de Woodruff ont été tentés.
Après de bons résultats
publiés à court terme, il semble que le nombre de récidives
augmente fortement avec le temps et que cette méthode ne doive
être proposée qu’en tout dernier recours.
Des séances de relaxationstimulation
vaginale de type biofeedback ont donné de bons résultats,
surtout en cas de vaginisme.
Elles ont l’avantage de ne pas être
agressives.
Dans un grand nombre de cas, le traitement des vulvodynies essentielles peut être appliqué à ces malades qui
souffrent depuis longtemps et dont la douleur a acquis une
dimension psychosomatique.
C - VULVODYNIE ESSENTIELLE
:
Elle comprend des brûlures vulvaires spontanées, un examen
clinique totalement normal et l’absence de cause.
Elle reste un
diagnostic d’élimination.
Un examen clinique minutieux prend soin
d’éliminer une maladie vulvaire dermatologique : lichen scléreux,
lichen plan érosif, lichénification, maladies bulleuses, dermites
allergiques ou caustiques, psoriasis.
Il élimine également un herpès
et une véritable candidose.
De rares cas de névralgies honteuses
ayant été décrits, il convient d’effectuer un examen neurologique
systématique de la région génitale.
Toute biopsie et tout autre examen complémentaire sont inutiles
dans le cadre des vulvodynies essentielles.
Ces vulvodynies sont
d’origine psychosomatique et représentent souvent un équivalent de
dépression.
Leur traitement général repose sur les propriétés
neurotropes des antidépresseurs tricycliques.
Le plus utilisé est
l’amitriptyline qui a une bonne efficacité à faible dose (40 à 70 mg/j).
La prise en charge doit être prolongée, régulière, idéalement
multidisciplinaire (gynécologue, dermatologue, psychiatre,
spécialiste de la douleur) et nécessite patience, modestie, énergie et
empathie.
L’évolution des vulvodynies reste incertaine.
On estime qu’il existe
un tiers de régression spontanée, un tiers de réponse au traitement
et un tiers d’échec thérapeutique.
Dermatoses génitales de l’enfant :
A - CHEZ LE NOUVEAU-NÉ
:
On peut observer :
– des leucorrhées physiologiques liées à l’imprégnation
oestrogénique d’origine maternelle ;
– une coalescence des petites lèvres : elle est relativement fréquente.
Elle consiste en la fusion médiane, acquise, inflammatoire, du bord
libre des petites lèvres.
Elle se traduit par une dysurie, une
dispersion du jet, une vulvite ou des infections urinaires à répétition.
À l’examen, la zone d’accolement est plus ou moins étendue, mais
jamais complète.
Elle peut guérir spontanément, ou plus tard à
l’adolescence par imprégnation hormonale, mais les signes
fonctionnels incitent à la traiter plus tôt.
Il existe deux méthodes :
– la première consiste en une hormonothérapie locale à base de promestriène (crème Colpotrophinet) deux fois par jour pendant
1 mois.
La bande de fusion se délite progressivement ;
– la deuxième méthode est mécanique et consiste en une traction
douce et divergente ou à l’aide d’une sonde cannelée, après
application d’une crème anesthésiante (crème Emlat).
Des
pansements et la poursuite des applications locales d’oestrogènes
pendant 1 mois évitent les récidives.
B - DANS LES PREMIERS MOIS DE LA VIE
:
1- Dermite séborrhéique
:
Elle réalise, sur et autour de la vulve, un aspect très caractéristique
appelé napkin psoriasis.
Certains cas évoluent vers un psoriasis réel.
2- Hémangiomes tubéreux ou mixtes vulvaires
:
Ils évoluent par une phase de croissance durant les premiers mois,
puis régressent spontanément.
Leur aspect rouge framboise
caractéristique permet un diagnostic facile.
Cette localisation peut
s’accompagner de deux types de complications : une surinfection,
une ulcération secondaire à une nécrose.
Le traitement repose sur
les soins antiseptiques, si besoin associés à une antibiothérapie par
voie générale.
Un traitement par laser à colorant est actuellement en
cours d’étude dans cette indication, pour accélérer la régression.
3- Nævus nævocellulaires
:
– Les grands nævus nævocellulaires congénitaux peuvent se
disposer en « caleçon » englobant la vulve.
Leur exérèse et leur
surveillance sont difficiles dans cette localisation.
– Les nævus nævocellulaires acquis peuvent être localisés dans la
région vulvaire.
Leur exérèse se discute à l’âge adulte.
4- Lésions kystiques :
– Le kyste du canal de Nuck se présente sous la forme d’une masse
rénitente de la partie antérieure de la grande lèvre.
Il faut le
différencier d’une hernie ou d’un rhabdomyosarcome de la grande
lèvre avec une échographie.
Le traitement est chirurgical.
– Le kyste mucineux est de contenu transparent.
Il est toujours situé
sur les parties muqueuses de la vulve.
C - LOCALISATIONS VULVAIRES DE LA MALADIE
DE RECKLINGHAUSEN
:
Elles sont traitées précédemment.
D - VULVOVAGINITES :
Les vaginites prépubertaires sont rares, alors que les vulvites sont
un motif fréquent de consultation.
On est en présence d’un érythème
vulvaire, souvent accompagné de prurit et de brûlures urinaires.
Il
s’agit le plus souvent d’une vulvite de macération et une hygiène
quotidienne simple non agressive est suffisante.
Ces vulvites sont
fréquentes, volontiers récidivantes, liées à la proximité de l’orifice
anal et génital chez l’enfant.
Elles disparaissent avec le début des
transformations morphologiques qui accompagnent la puberté. Une
vulvite récidivante doit aussi faire rechercher une oxyurose.
Plus
rarement, une vaginite est associée.
Il existe alors des leucorrhées.
Il
s’agit le plus souvent de vulvovaginites non spécifiques à des
germes variés (streptocoques, staphylocoques, entérocoques...).
Il
faut rappeler qu’une vulvovaginite persistante de la petite fille peut
être due à un corps étranger intravaginal qu’il faut savoir rechercher.
Rarement, il s’agit d’une vulvovaginite spécifique (gonocoque,
Chlamydiae...), s’intégrant alors dans le contexte d’une maladie
sexuellement transmissible.
Le prélèvement est indispensable et une
enquête familiale est nécessaire.
E - DERMATITE PÉRIANALE STREPTOCOCCIQUE
:
C’est une entité clinique rare, mais bien définie, caractérisée par un
érythème périanal franc à limites nettes, parfois associé à des fissures
survenant surtout aux alentours de 5 ans.
Des atteintes vulvaires
ont été décrites.
Il faut éliminer les autres causes d’anite ou de vulvite de l’enfant (psoriasis, oxyurose, candidose, maladie
inflammatoire du tube digestif, sévices sexuels...).
Cette affection est
due au streptocoque bêtahémolytique du groupe A trouvé dans les
prélèvements des lésions anales ou vulvaires.
Le traitement repose
sur la pénicilline V pendant au moins 3 semaines.
F - LÉSIONS VULVAIRES D’ORIGINES VIRALES
:
– Les condylomes génitaux doivent faire suspecter des abus sexuels.
Cependant, le typage des virus permet plus souvent de
trouver des hPV12 responsables classiquement des verrues des
doigts, qu’il faut rechercher sur les mains de l’enfant et dans
l’entourage familial.
Le traitement repose sur l’application locale au Coton-Tiget de podophyllotoxine à 0,5% 2 à 3 jours de suite par
semaine, jusqu’à régression.
Les autres traitements font appel à des
exérèses, soit par électrocoagulation, soit au laser CO2 avec l’aide
d’une crème anesthésiante (crème Emlat), associée à une anesthésie
intradermique (Xylocaïnet).
– L’herpès vulvaire de l’enfant est peu fréquent.
Il s’agit le plus
souvent du virus herpes simplex (HSV)1.
– Les molluscum contagiosum atteignent souvent les organes
génitaux chez l’enfant (versant cutané des grandes lèvres).
Une
abstention thérapeutique peut être justifiée par leur régression
spontanée après quelques semaines ou mois d’évolution.
G - MALADIE DE KAWASAKI :
Elle peut s’accompagner de signes cutanés localisés au périnée,
parfois avec une atteinte vulvaire réalisant une plage érythémateuse,
assez bien délimitée, un peu squameuse sur les versants cutanés.
Cette localisation fait partie des signes « mineurs » de cette entité,
caractérisée par une fièvre, une polyadénopathie, une altération de
l’état général et un syndrome inflammatoire biologique.
H - DERMATITE ATOPIQUE :
Elle peut atteindre la vulve sous forme de lésions érythémateuses
atteignant préférentiellement les grandes lèvres.
Le traitement repose
sur les dermocorticoïdes de niveau 1 ou 2, en évitant leur utilisation
prolongée et tout facteur irritant externe.