Pathologie acromioclaviculaire chronique Cours de l'appareil locomoteur
Introduction
:
L’articulation acromioclaviculaire (acromioclavicularis) fait partie du
complexe sterno-acromio-claviculaire, véritable bras de levier à
faible mobilité auquel est suspendu l’élément articulé principal : le
membre supérieur.
Cette articulation doit répondre à un compromis
entre mobilité et stabilité, transmission des contraintes musculaires
appliquées au membre supérieur et amortissement entre l’épaule et
le tronc.
Anatomie descriptive
:
Cette articulation appartient au groupe des diarthroses, à faible
degré de mobilité.
Sa stabilité est assurée par un système capsuloligamentaire propre et un système ligamentaire extrinsèque.
La vascularisation artérielle de cette articulation provient, pour ses
parties supérieure et antérieure, de l’artère cervicale transverse
superficielle, branche de l’artère sous-clavière.
Les parties inférieure
et postérieure appartiennent au territoire de vascularisation de la
branche acromiale de l’artère acromiothoracique, branche de l’artère
axillaire (il faut noter la faible vascularisation directe d’origine
osseuse de l’extrémité distale de la clavicule).
L’innervation de cette articulation provient de la branche acromiale
du plexus cervical superficiel (filet provenant des racines C3 et C4),
d’un rameau du nerf suprascapulaire en arrière et d’un rameau du
nerf grand pectoral en avant.
A - SURFACES ARTICULAIRES ET FIBROCARTILAGE
:
Cette articulation oppose deux facettes elliptiques : l’une claviculaire,
l’autre acromiale, dont la surface est habituellement aplatie.
La
facette articulaire claviculaire est taillée en biseau aux dépens de la
face inférieure de l’extrémité distale de la clavicule (de forme
elliptique, son grand axe est horizontal d’arrière en avant, et de
dehors en dedans).
La facette acromiale est portée par la partie
interne du bord supérieur de l’acromion (également elliptique, son
grand axe est aussi horizontal d’arrière en avant et de dehors en
dedans).
La surface articulaire de la clavicule s’appuie sur celle de
l’acromion.
Les deux surfaces articulaires sont revêtues d’une couche
de fibrocartilage plus épais sur la facette acromiale, souvent
irrégulière, voire rugueuse, ne possédant qu’exceptionnellement
l’aspect d’un véritable cartilage articulaire lisse et luisant.
Le fibrocartilage interarticulaire ou ménisque interarticulaire fibrocartilagineux ou fibreux (discus articularis) peut améliorer la
congruence entre les deux surfaces articulaires.
Il s’agit d’une
lamelle prismatique triangulaire, plus ou moins développée, le plus
souvent dans sa partie supérieure. Lorsqu’il est présent, ce ménisque
peut être complété par un repli semblable inférieur, moins
développé.
Dans certains cas très exceptionnels, une soudure des deux lames
peut créer un véritable ménisque séparant deux cavités articulaires,
avec ou sans communication en son centre (De Palma ne retrouve
que 8,6 % de ces ménisques complets).
B - STABILITÉ :
1- Moyens d’union
:
Les surfaces articulaires sont maintenues en contact par une capsule
articulaire et un ligament acromioclaviculaire (acromioclaviculare).
Cette capsule constitue un manchon fibreux, plus épais à sa face
supérieure, renforcée par le ligament acromioclaviculaire qui s’insère
au pourtour des deux surfaces articulaires.
Ce ligament acromioclaviculaire est constitué de faisceaux parallèles,
épais et résistants, tendus de la face supérieure de l’acromion à la
face supérieure de la clavicule distale.
Il est renforcé à sa face
supérieure par des fibres d’insertion des muscles trapèze
(trapezieus) et deltoïde (deltoideus).
La face inférieure de
l’articulation présente une capsule mince et un ligament acromioclaviculaire inférieur vestigial.
La synoviale tapisse la face profonde de la capsule et se réfléchit au
pourtour des surfaces articulaires.
Elle est souvent plus développée
sur sa partie inférieure et moins distincte dans sa partie supérieure.
2- Ligaments extrinsèques
:
Les deux principaux éléments ligamentaires sont le ligament coracoclaviculaire postérieur ou conoïde, et coracoclaviculaire
antérieur ou trapézoïde.
Le ligament conoïde (conoideum) s’insère à la face médiale de la base
de la coracoïde ; à ce niveau, les fibres conoïdes peuvent se mêler à
celles du ligament coracoïdien au-dessus de l’échancrure.
Le
ligament conoïde est presque vertical, triangulaire à sommet
inférieur, et se termine à la face inférieure de la clavicule distale
(tubercule conoïde).
Son bord latéral est libre et vertical, sa face
antérieure légèrement concave et sa face postérieure légèrement
convexe.
Le ligament trapézoïde (trapezoideum) s’insère en avant du ligament
conoïde sur la moitié et le tiers postérieur du segment horizontal de
l’apophyse coracoïde.
Il se termine sur le segment antérieur de
l’apophyse coracoïde, à la face inférieure de l’extrémité externe de
la clavicule.
Il constitue une lame fibreuse quadrilatère, oblique de
haut en bas et de dehors en dedans.
Il est donc plus oblique, plus
long, plus large et plus résistant que le ligament conoïde.
L’épaisseur
du ligament trapézoïde est de l’ordre de 4 à 5mm.
À sa partie
inférieure, il est parfois possible de distinguer deux feuillets séparés
parmi du tissu celluleux.
Ces deux ligaments sont souvent difficiles à dissocier dans leur
partie supérieure.
Le ligament coracoclaviculaire antérieur (coracoclaviculare medial)
constitue un troisième plan ligamentaire réunissant la portion
horizontale de l’apophyse coracoïde à la face inférieure du tiers
moyen de la clavicule.
Ce plan apparaît en réalité comme un
épaississement de l’aponévrose clavipectorale et ne semble pas
contribuer aux structures de stabilisation coracoclaviculaire.
C - MOUVEMENTS ÉLÉMENTAIRES, AMPLITUDES,
MUSCLES MOTEURS :
L’articulation acromioclaviculaire est une arthrodie orientée en
avant, en dedans et en haut.
La clavicule et la scapula se déplacent
toujours simultanément et l’obliquité du plan articulaire permet de
considérer la clavicule comme posée sur l’acromion.
Les
mouvements qui résultent de cette disposition anatomique sont des
mouvements de glissement de la facette acromiale sous la facette
claviculaire et de roulement d’avant en arrière et d’arrière en avant.
La conception de ces mouvements élémentaires permet de décrire
des mouvements de la scapula par rapport à la clavicule (clavicula)
autour des trois axes (un axe vertical, un axe antéropostérieur ou
sagittal et un axe frontal).
Le mouvement de rotation autour de l’axe
vertical en avant correspond au croisement des bras (amplitude de
10 à 15°) et en arrière à l’effacement de l’épaule (amplitude de 10 à
15°).
Les mouvements autour de l’axe sagittal antéropostérieur
permettent un déplacement de la pointe de la scapula en dehors
(amplitude de 20°).
Les mouvements par rapport à l’axe frontal
correspondent au grand axe claviculaire traversant l’acromion ; ils
permettent la bascule de la scapula, le rapprochement ou
l’éloignement de la pointe de la scapula par rapport à la paroi
thoracique (amplitude inférieure à 30°).
Deux couples de muscles antagonistes agissent sur l’articulation acromioclaviculaire par leur effet de mobilisation et de stabilisation
de la scapula.
Il s’agit du couple muscle grand dentelé (serratus)-
rhomboïdes (rhomboideus minor et major) et du couple angulaire
de la scapula (levator scapulae)-faisceau inférieur du trapèze
(trapezius).
Les amplitudes de mobilité de l’articulation acromioclaviculaire sont
extrêmement faibles.
L’action de ces couples musculaires mobilise
en fait la clavicule dans son ensemble et l’articulation sternoclaviculaire.
Diagnostic clinique
:
L’interrogatoire recherche les pratiques sportives ou les mouvements
répétés sollicitant cette articulation (arthropathie microtraumatique),
les antécédents de traumatismes sur la partie distale de la clavicule
ou de luxations acromioclaviculaires, les antécédents de pathologie
rhumatismale (polyarthrite rhumatoïde) et des antécédents de
pathologie rénale (atteinte acromioclaviculaire de l’hémodialysé
chronique).
La douleur est le signe prédominant.
Celle-ci intéresse la partie
antérieure de l’épaule pouvant irradier vers le trapèze en haut, vers
la face postérieure du moignon de l’épaule et la face latérale du bras,
plus rarement vers la nuque.
L’articulation acromioclaviculaire est
sous-cutanée.
Le patient montre parfois un point précis douloureux
en regard de l’articulation acromioclaviculaire.
Un examen clinique bilatéral et comparatif doit être effectué en
dehors de toute période de « crise douloureuse articulaire ».
L’inspection recherche une amyotrophie pouvant majorer une
tuméfaction acromioclaviculaire, une attitude antalgique spontanée.
On note parfois une petite tuméfaction de l’acromioclaviculaire qui
peut être une séquelle traumatique (cal vicieux ou saillie de la
clavicule distale), un bec ostéophytique supérieur d’arthrose, un
épanchement intra-articulaire, une synovite ou un kyste synovial.
La palpation de l’acromioclaviculaire est souvent douloureuse à sa
partie supérieure.
L’adduction forcée membre supérieur à
l’horizontale déclenche une douleur antérieure évoquant fortement
une pathologie acromioclaviculaire.
La disparition de la douleur
après injection intra-articulaire de produit anesthésiant oriente le
diagnostic
On recherche un arc douloureux dans les derniers degrés
de l’élévation antérieure active.
L’injection intra-articulaire
d’anesthésiques locaux est un geste techniquement difficile, au
mieux réalisé sous contrôle scopique couplé à une arthrographie.
La
palpation, douloureuse ou non, d’une tuméfaction dont on apprécie
le type osseux, liquidien ou synovial, la recherche comparative d’une
laxité antéropostérieure ou dans le plan frontal ou global complètent
l’examen physique.
L’articulation sterno-costo-claviculaire est palpée de façon
systématique.
L’étude des mouvements passifs de l’épaule ne
retrouve pas de limitation d’amplitude, mais ceux-ci peuvent
déclencher une douleur acromioclaviculaire.
L’examen est complété
par la palpation de l’articulation sternoclaviculaire.
Diagnostic différentiel
:
Un conflit sous-acromial est éliminé par l’examen clinique, les
examens complémentaires et les tests spécifiques, notamment
l’injection de produit anesthésiant au niveau de la bourse sousacromiale
(test de Neer).
Le conflit antéro-interne doit être éliminé ainsi que les douleurs
rachidiennes irradiant vers l’épaule, notamment les cervicalgies
C5-C6.
Un acromion bipartita peut devenir douloureux après un simple
traumatisme direct et doit être éliminé.
Examens complémentaires
:
Le bilan doit être comparatif au moindre doute.
Il comporte une
incidence de face du cintre acromioclaviculaire, un profil de coiffe,
une face avec rayon ascendant centrée sur l’acromioclaviculaire et
une face avec le membre en abduction, rotation externe (RE2) ou
incidence « de la sieste ».
Cette dernière incidence permet
l’analyse de la structure osseuse de l’extrémité distale de la clavicule.
Dans la majorité des cas, la radiographie statique suffit.
Un cliché de
face dynamique (traction inférieure sur le membre supérieur) peut
être nécessaire dans l’étude de la laxité acromioclaviculaire.
L’arthrographie, la tomodensitométrie ou l’imagerie par résonance
magnétique sont rarement nécessaires, car les radiographies
standards suffisent dans la plupart des cas.
Pathologie chronique acromioclaviculaire
:
A -
OSTÉOLYSE CLAVICULAIRE DISTALE
MICROTRAUMATIQUE :
Cette pathologie encore appelée ostéolyse atraumatique ou
arthropathie microtraumatique peut aussi se rencontrer après un
traumatisme vrai.
Il s’agit de la même pathologie vue à des temps
évolutifs différents.
Elle a été décrite initialement par Dupas en
1936, puis par de nombreux auteurs (Madsen en 1963, Cahill en
1982).
Cette étiologie fréquente de douleur d’épaule du sportif est
souvent ignorée.
L’articulation acromioclaviculaire est
particulièrement sollicitée lors des mouvements du membre
supérieur de grande amplitude, à grande vitesse et répétés.
Certains
gestes sont particulièrement nocifs : ceux qui portent le bras en
adduction et mettent l’acromioclaviculaire en compression (fin de
smatch, début de revers) et ceux qui portent le bras en rétropulsion
et mettent l’acromioclaviculaire en étirement (smatch, attaque en
coup droit).
Les sports les plus concernés sont le tennis, le volley, le
handball, le squash, le tennis de table.
L’ostéolyse est dans ce cas
unilatérale sur le bras dominant.
Elle peut être bilatérale lors
d’efforts de soulèvement répétés (haltérophilie).
L’ostéolyse claviculaire distale peut être secondaire à un
traumatisme unique (entorse acromioclaviculaire).
L’accident initial
est parfois difficile à retrouver ; il s’agit le plus souvent d’efforts
brusques et violents du membre supérieur ayant pu léser un élément
de l’articulation acromioclaviculaire.
La prédominance est
masculine, entre 20 et 40 ans.
Le bilan radiographique standard
permet de retrouver une ostéoporose claviculaire et un
amincissement sous-chondral donnant un aspect de sucre d’orge.
Ces signes radiographiques siègent exclusivement sur le versant
claviculaire de l’articulation.
L’interligne articulaire est conservé.
Il
n’y a pas de construction ostéophytique.
La scintigraphie au
technétium, si elle est réalisée, retrouve une hyperfixation
claviculaire.
Le traitement repose sur le repos sportif impératif et la suppression
de tous les mouvements de soulèvement et d’armer du bras.
Le
traitement conservateur comprend un traitement médical par antiinflammatoires
non stéroïdiens par voie générale.
Les infiltrations intra-articulaires de corticoïdes sont souvent très efficaces à tous les
stades de l’affection.
Leur réalisation est au mieux contrôlée en
scopie. Les signes radiographiques ne régressent pas.
Le traitement
chirurgical est rarement nécessaire, il repose sur la résection de
l’extrémité distale de la clavicule à ciel ouvert ou sous contrôle
endoscopique.
Il donne d’excellents résultats fonctionnels.
Le traitement endoscopique permet de respecter les éléments capsuloligamentaires supérieurs.
Les suites postopératoires sont plus
simples, permettant une chirurgie ambulatoire.
Les résultats
fonctionnels à moyen terme sont comparables à ceux du traitement
à ciel ouvert.
B - ATTEINTE ACROMIOCLAVICULAIRE
DE LA POLYARTHRITE RHUMATOÏDE
:
En 1943, Oppenheimer a décrit dans la polyarthrite rhumatoïde,
lors d’épanchements intra-articulaires, l’existence d’un pincement ou
d’un élargissement de l’interligne articulaire.
Alpert et Meyers en 1961 décrivaient une ostéolyse claviculaire distale caractéristique.
En 1976, Resnick et Niwayama localisaient cette lyse à la face
inférieure de la clavicule en regard du processus coracoïde.
La partie
inférieure de l’articulation est celle où la synoviale est la plus
épaisse. Petersson en 1986 en fait une analyse clinique et
radiographique précise.
Chez 49 patients, essentiellement des
femmes d’un âge moyen de 61 ans, présentant des douleurs d’une
ou des deux épaules, il retrouvait, chez 31 d’entre elles (63 %), une
atteinte acromioclaviculaire avec 29 douleurs acromioclaviculaires
recensées.
Ces atteintes représentaient 30 % des atteintes cliniques
de l’épaule et 85 % des atteintes radiographiques.
Les radiographies
montraient donc une érosion avec un aspect fuselé de l’extrémité
claviculaire.
La classification radiographique retenue était celle de
Larsen :
– stade 0 : absence de lésion articulaire et existence d’un
épanchement ;
– stade I : amincissement des surfaces cartilagineuses ;
– stade II : érosion acromioclaviculaire débutante ;
– stade III : érosion avec géodes acromioclaviculaires ;
– stade IV : aspect fantomatique de la clavicule distale ;
– stade V : disparition complète de la clavicule distale.
Le traitement est celui de la polyarthrite rhumatoïde avec cependant
la discussion d’une résection de l’extrémité distale de la clavicule si
les douleurs sont rebelles (14 patients pour Petersson).
C - ARTHROSE ACROMIOCLAVICULAIRE
:
Worcester en 1968 avait retenu 56 arthroses acromioclaviculaires
éliminant les causes traumatiques, ne retenant ainsi que les arthroses
primitives.
Il y avait 35 femmes pour 21 hommes.
L’âge moyen était
de 53 ans.
Les atteintes intéressaient le côté dominant comme le côté
non dominant.
L’atteinte était souvent bilatérale, parfois
concomitante.
Dans les antécédents, des efforts de soulèvement
répétés avaient été retrouvés.
La douleur intéressait l’épaule dans sa globalité et parfois l’acromioclaviculaire.
Ces douleurs étaient
souvent aggravées par les mouvements d’élévation et d’armer du
bras. Les douleurs présentaient parfois des irradiations
probablement dues à l’irritation de la bourse sous-acromiale ou à la
formation d’ostéophytes acromioclaviculaires pouvant eux-mêmes
irriter la bourse sous-acromiale.
Cette affection est fréquemment
asymptomatique et de découverte radiographique fortuite.
Le diagnostic différentiel de conflit sous-acromial est à éliminer.
La
mobilité passive reste normale et il manque parfois une limitation
de la mobilité active due à la douleur.
L’amplitude de cette mobilité
permet cependant d’éliminer les raideurs articulaires
scapulohumérales qui peuvent être en revanche observées dans
l’arthrose acromioclaviculaire.
Les radiographies centrées sur l’acromioclaviculaire montrent les
signes classiques d’atteinte des deux versants de l’arthrose avec le
pincement articulaire, les géodes sous-chondrales, la condensation
et l’ostéophytose.
Le traitement conservateur comporte le
repos, la prescription d’anti-inflammatoires non stéroïdiens et
d’injections intra-articulaires.
Le traitement chirurgical repose sur la
résection claviculaire distale.
Il donne d’excellents résultats dans
cette indication.
D - ATTEINTE ACROMIOCLAVICULAIRE
DE L’HÉMODIALYSE CHRONIQUE
:
Cette atteinte correspond à 26 % des atteintes ostéoarticulaires de
cette pathologie.
Les douleurs scapulaires deviennent invalidantes
avec un gonflement local.
Cette atteinte est parfois isolée, ailleurs
elle est associée à une atteinte sternoclaviculaire et peut évoluer
jusqu’à une destruction globale de l’épaule.
L’étiologie de cette
arthropathie peut être un hyperparathyroïdisme secondaire, une
amylose à bêta-2-microglobuline et/ou une intoxication aluminique.
Le traitement médical consiste en l’administration de
corticostéroïdes à faible dose.
Le traitement chirurgical associe
résection acromioclaviculaire et bursectomie, le plus souvent sous
contrôle endoscopique.
Le traitement chirurgical, comme le
traitement médical, donne des résultats inconstants.
E - SÉQUELLES DES LUXATIONS ACROMIOCLAVICULAIRES
:
Les séquelles radiographiques statiques et dynamiques sont
fréquentes.
Cliniquement, elles se limitent à une saillie de l’extrémité
distale de la clavicule dont le préjudice est plus esthétique que
fonctionnel.
La laxité articulaire est fréquente, mais rarement
gênante.
Elle peut être mise en évidence par des
radiographies dynamiques, mais uniquement dans le cadre d’un
bilan préopératoire.
Les calcifications acromiocoracoïdiennes sont
fréquentes, elles n’ont aucun retentissement fonctionnel.
Les
luxations anciennes acromioclaviculaires sont rarement invalidantes
sauf chez certains sportifs (judo, cyclisme).
Elles se manifestent par
des douleurs acromioclaviculaires.
L’évolution peut se faire vers
l’arthrose secondaire.
Le traitement consiste le plus souvent en une
résection de l’extrémité distale de la clavicule associée à une
intervention de stabilisation du moignon claviculaire.
La
stabilisation isolée de la clavicule est source de douleurs secondaires acromioclaviculaires et doit être évitée.
Conclusion :
La pathologie acromioclaviculaire chronique est une pathologie
fréquente dont les étiologies sont multiples.
La radiographie standard
est suffisante au diagnostic.
Le traitement est dans un premier temps
conservateur, pouvant aller jusqu’à l’injection locale de corticoïde.
Le
traitement chirurgical est la résection de l’extrémité distale de la
clavicule.
Celle-ci peut être réalisée à ciel ouvert, permettant ainsi un contrôle complet de l’articulation, mais pouvant conduire à une
déstabilisation de cette dernière et à une diminution de la force
musculaire.
La résection claviculaire distale sous contrôle endoscopique
permet de respecter les structures ligamentaires, de réaliser un bilan glénohuméral et sous-acromial et d’associer une acromioplastie si elle
est nécessaire.