Paralysie obstétricale du plexus brachial Cours de l'appareil locomoteur
Historique
:
C’est en 1764 que Smellie rapporta, pour la première fois, un cas de
paralysie bilatérale du membre supérieur secondaire à un
accouchement ayant spontanément régressé (Smellie. Collection of
preternatural cases and observations in Midwifery, compleating the
design of illustrating his first volume on that subject, London 1764,
p. 504-505).
Cependant, le terme de paralysie obstétricale fut utilisé
pour la première fois par Duchenne de Boulogne en 1872 lorsqu’il
rapporta quatre cas de paralysie du membre supérieur secondaires
à un accouchement.
Danyau, en 1851, pratiqua la première
dissection d’un plexus brachial chez un nouveau-né atteint de
paralysie obstétricale découvrant un plexus non rompu mais
hématique (Danyau, Bull Soc Chir Paris 1851, tome II, p 148-150).
Erb, en 1877, laissa son nom à la description classique de l’atteinte
des racines supérieures.
À la fin du XIXe siècle apparaissent des
travaux expérimentaux biomécaniques et anatomiques tentant de
préciser les mécanismes physiopathologiques des lésions du plexus
obstétrical.
Duval et Guillain, en 1898, rapportent l’étude des angles
entre les racines et la moelle favorisant leurs lésions lors de la
traction.
Ils notent que, lors de l’abaissement de l’épaule, les
racines C5 et C6 sont les plus soumises à des lésions d’étirement ou
de rupture.
C’est au début du XXe siècle que débute le traitement chirurgical de
ces lésions.
Kennedy rapporte trois patients opérés en 1903 pour
lesquels il résèque le névrome et réalise une suture directe dont le
résultat lui semble satisfaisant.
Clark, Taylor et Prout en 1905
rapportent une technique identique chez sept patients.
Il faudra
attendre 1916 pour que l’intervention chirurgicale devienne une
indication courante, notamment grâce à une étude de Wyeth sur
81 patients opérés, sans donner de résultats à long terme.
Taylor
rapporte en 1920 une série de 200 paralysies obstétricales dont
70 opérées ; mais, là encore, les résultats ne sont pas précisés.
En
1930, Lauwers propose les neurotisations lorsque les racines sont
avulsées et des greffes nerveuses dans une série de neuf cas traités
par neurolyse.
Puis, pendant une cinquantaine d’années, la
littérature internationale s’appauvrit et l’origine traumatique du
plexus est même discutée par Thomas ou Ombredanne qui évoquent
des lésions médullaires ou des pathologies congénitales
(Ombredanne. Précis de chirurgie infantile, Paris 1925, p 784-788).
Il faut attendre le développement de la microchirurgie et de la
chirurgie du plexus brachial de l’adulte pour relancer l’intérêt du
traitement chirurgical des paralysies obstétricales.
C’est à partir de
1978 que Alain Gilbert développe en France la chirurgie du plexus
obstétrical qui, depuis, est le sujet de nombreuses publications
internationales.
Épidémiologie :
Les paralysies obstétricales du plexus brachial (POPB) sont rares
chez l’enfant puisque leur fréquence est estimée de 0,05 à 0,145 %.
Elles sont deux fois plus fréquentes à droite qu’à gauche et rarement
bilatérales (entre 1,5 et 5 %).
Enfin, il existe une atteinte légèrement
prédominante chez les garçons (51 %) dans la majorité des séries.
Malgré les progrès de la prise en charge obstétricale, la paralysie
obstétricale n’a pas disparu et demeure stable au cours du temps.
Certains facteurs maternels sont significativement corrélés à la
survenue d’une POPB : la primiparité en cas de présentation du
sommet, la prise pondérale importante durant la gestation :
supérieure à 20 kg.
D’autres facteurs ne semblent pas être en
cause comme l’origine culturelle, la parité en cas de présentation du
siège, les antécédents obstétricaux, l’indice de Magnin et l’obésité
préalable à la gestation.
Des facteurs foetaux peuvent aussi être corrélés à la survenue d’une
POPB.
Lorsqu’il y a eu une présentation du sommet, un poids de
naissance supérieur à 4 kg est retrouvé chez plus de 40 % des
enfants.
En cas de présentation par le siège, seule la
prématurité est corrélée à la survenue d’une POPB.
Enfin, des facteurs obstétricaux lors du travail sont indiscutables
dans toutes les publications : une dystocie des épaules est présente
dans 80 à 90 % des cas, il existe un allongement de la durée de la
phase de dilatation ainsi qu’un engagement tardif de la présentation
foetale.
Anatomie du plexus brachial :
A - ANATOMIE DESCRIPTIVE :
1- Racines :
Le plexus brachial est formé par la réunion des branches ventrales
des 5e, 6e, 7e et 8e nerfs cervicaux et par la branche ventrale du
1er nerf thoracique.
Cependant, il existe une anastomose
fréquente de la branche ventrale du 4e nerf cervical (65 % pour Paturet) et parfois du 3e nerf cervical, ainsi que du 2e nerf
thoracique.
Ces anastomoses définissent un plexus préfixé lorsque
C4 participe à la constitution du plexus et postfixé lorsqu’il existe
une anastomose avec C2.
Les racines adoptent, dans leur ensemble, des directions d’autant
plus descendantes et antérieures qu’il s’agit de racines hautes (C5,
C6 et C7), d’autant plus horizontales et postérieures qu’il s’agit de
racines basses (C8 et T1).
D’après les travaux de Bonnel,
l’émergence d’une racine se fait avec un angle variable, 122° pour
C5 et 146° pour T1.
Les racines C5 et C6 sont amarrées peu après
leur naissance par le ligament postérosupérieur.
Leur insertion
proximale est sur l’apophyse transverse de la vertèbre supérieure et
la distale sur l’épinèvre de la racine.
Ce système d’amarrage est un
mécanisme de protection des deux racines : lors du traumatisme, il
est exceptionnel qu’elles soient arrachées.
Ce système ligamentaire
fait entièrement défaut pour C8 et T1, ce qui explique, associée à
leur direction, la fréquence des arrachements intramédullaires à ces
deux étages.
La richesse du tissu conjonctif des éléments nerveux
du plexus est variable, il est plus riche dans sa partie distale ; les
racines, pauvres en tissu conjonctif ayant un rôle protecteur lors des
traumatismes, sont ainsi plus vulnérables que les troncs et les nerfs
issus du plexus.
2- Troncs primaires
:
La racine C5 s’unit à la racine C6 pour former le tronc primaire
supérieur, la racine C7 forme à elle seule le tronc primaire moyen et
l’union des racines C8 et T1 forme le tronc primaire inférieur.
3- Troncs secondaires :
Chaque tronc primaire se divise en une branche dorsale et une
branche ventrale.
Le tronc secondaire postérieur : les trois branches dorsales des troncs
primaires s’unissent pour former le tronc secondaire postérieur.
Ce
tronc serait incomplet le plus souvent et ne serait présent que dans
un tiers des cas selon Bonnel.
Ce tronc donne le nerf radial et le
nerf circonflexe.
Les troncs secondaires antérieurs : les trois branches ventrales des
troncs primaires s’unissent pour former le tronc secondaire antérieur
se divisant en troncs secondaires antéro-interne et antéroexterne.
Ces troncs peuvent s’organiser en trois types selon la division de
C7 :
– type A (66 %) : les troncs primaires supérieur et moyen s’unissent
pour former le tronc secondaire antéroexterne, le tronc primaire
inférieur se prolonge par le tronc secondaire antéro-interne
(description classique) ;
– type B (24 %) : le tronc primaire supérieur se jette isolément dans
le tronc antéroexterne, les troncs primaires moyen et inférieur
forment le tronc antéro-interne ;
– type C (10 %) : le tronc primaire moyen se divise en deux branches
et participe à la formation des troncs antéroexterne et antéro-interne.
4- Branches terminales
:
Le tronc secondaire postérieur donne naissance au nerf axillaire
(muscles deltoïde et petit rond) et au nerf radial innervant les
muscles de la loge postérieure du bras et de l’avant-bras (triceps
brachial, brachioradialis, court et long extenseurs du carpe, extenseur commun des doigts, extenseur propre du 5e doigt, long
abducteur du pouce, court et long extenseurs du pouce, extenseur
ulnaire du carpe).
Le tronc secondaire antéroexterne donne
naissance au nerf musculocutané (biceps brachial, coracobrachial,
brachial antérieur) et à la racine externe du nerf médian innervant
les muscles des loges antérieures du bras et de l’avant-bras.
Rarement, le nerf médian et le nerf musculocutané ont fusionné
pour donner un nerf unique.
Le tronc secondaire antéro-interne donne naissance au nerf
accessoire du nerf brachial cutané interne, au nerf brachial cutané
interne, au nerf ulnaire et à la racine interne du nerf médian qui
s’unit à la racine externe innervant les muscles de la loge antérieure
de l’avant-bras.
Il peut parfois exister une fusion de la racine interne
du médian avec le tronc secondaire antéroexterne.
Enfin, les racines
externe et interne du nerf médian peuvent être séparées jusqu’au
niveau du coude.
5- Branches collatérales :
Elles se divisent en deux groupes :
– un groupe antérieur comprenant les branches antérieures issues
des troncs primaires et troncs secondaires antérieurs pour les
muscles antérieurs de la ceinture scapulaire ;
– un groupe postérieur comprenant les branches postérieures issues
des troncs primaires et du tronc secondaire postérieur pour les
muscles postérieurs de la ceinture scapulaire.
Les branches collatérales antérieures comprennent le nerf subclavius,
le nerf pectoralis lateralis, le nerf du pectoralis medialis, ces deux
derniers s’anastomosant afin de réaliser l’anse des pectoraux.
Les
branches collatérales postérieures comprennent le nerf thoracicus
longus (C5-C6), le nerf dorsalis scapulae (C5 ou C4-C5), le nerf
suprascapularis, les nerfs subscapularis, le nerf teres major et le nerf
latissimus dorsi.
6- Anastomoses :
Le plexus brachial s’anastomose avec le plexus cervical par une
branche provenant de C4 s’unissant à C5.
De plus, le nerf phrénique
peut présenter une partie de son origine au niveau de C5.
Il
s’anastomose avec les nerfs thoraciques par l’anastomose de la
branche brachiale de T1 avec les nerfs thoraciques T2 et T3, ainsi
qu’avec le sympathique cervical directement par l’intermédiaire des
rameaux communicants ou indirectement par des rameaux
rejoignant le nerf vertébral puis le ganglion stellaire, ce qui permet
d’expliquer le signe de Claude Bernard-Horner.
B - ANATOMIE FONCTIONNELLE :
L’insertion topographique des muscles admet de nombreuses
variantes mais, classiquement, est choisie celle décrite par Bonnel.
Mais il est aussi possible de faire correspondre à chaque fonction du
membre supérieur les racines dont elle dépend, celles-ci
pouvant être plus ou moins nombreuses.
Lors du traumatisme, une
fonction donnée a d’autant plus de chances d’être paralysée qu’elle
dépend d’un nombre réduit de racines.
Elle a d’autant plus de
chances d’être épargnée qu’elle dépend de racines plus basses,
celles-ci étant statistiquement moins lésées que les racines hautes.
Mais la participation de chaque racine à une même fonction étant
plus ou moins grande en nombre d’axones, le phénomène de
cannibalisme des axones épargnés par le traumatisme permet
d’expliquer la récupération de la fonction perdue transitoirement.
Il est classique d’affecter l’abduction de l’épaule à C5-C6, ainsi que
la rotation externe.
L’adduction de l’épaule ainsi que la rotation
interne persistent, même lors des traumatismes intéressant toutes
les racines sauf T1.
La flexion du coude est facilement paralysée par
une atteinte de C5-C6, mais peut être partiellement récupérée par la
persistance d’un long supinateur actif (C7-C8).
La flexion active du
poignet est rarement atteinte lorsque D1 est intacte ; de même,
l’extension active du poignet (C7-C8) peut être épargnée lorsque D1
est indemne.
Physiopathologie des lésions :
A - ANATOMOPATHOLOGIE DES LÉSIONS NERVEUSES
:
Tout nerf soumis à une traction développe trois types de lésions :
– l’élongation sans solution de continuité des gaines nerveuses
correspondant à la neuropraxie décrite selon Seddon ou au degré
I de Sunderland.
Cliniquement, la récupération sans séquelles se
fait rapidement ;
– la rupture de la structure nerveuse correspond à une solution de
continuité.
Il s’agit alors du phénomène d’axonotmésis ou de
neurotmésis de Seddon.
Dans l’axonotmésis, l’axone est rompu à
l’intérieur de son enveloppe et la repousse nerveuse s’effectue sans
erreur d’aiguillage, cliniquement sans séquelle.
Lorsque l’axone et
sa gaine sont rompus (degré II de Sunderland), la régénération
axonale peut se faire avec une erreur de parcours.
Il existe alors une
récupération avec erreur d’aiguillage donnant des contractions
parasites, muscles agonistes et antagonistes pouvant être sollicités
en même temps.
Enfin, la rupture anatomique peut être complète,
sans contact entre les deux extrémités.
Cela aboutit à une absence
complète de récupération ;
– l’avulsion est un arrachement des radicelles à leur issue de la
moelle épinière.
Très fréquemment complet, cet arrachement permet
parfois de retrouver le ganglion spinal en dehors du trou de
conjugaison, la partie distale de la racine présentant un aspect en
« queue de radis ».
Cette lésion ne permet aucun type de
récupération.
B - ANATOMOPATHOLOGIE EN FONCTION
DE LA PRÉSENTATION :
Quel que soit le type de présentation, il s’agit d’un traumatisme
exercé sur les racines du plexus par traction sur la tête ou sur
l’épaule avec une augmentation brutale de la distance entre le
menton et l’épaule.
1- Naissance par présentation céphalique
:
Les manoeuvres obstétricales de dégagement du foetus naissant par
voie basse, tête première, associent la rotation de la tête et
l’abaissement de l’épaule.
Elles aboutissent à une traction
responsable des lésions nerveuses d’étirement, de rupture et
d’arrachement en fonction de la force appliquée.
Le travail
expérimental effectué sur cadavre par Métaizeau permet de
comprendre les conséquences cliniques par extrapolation à une
naissance traumatique par voie céphalique.
Lorsque la traction s’exerce avec fermeté mais avec modération, les
premières racines à se tendre sont C5 et C6.
Il se produit alors une
élongation dont le phénomène infime est la neuropraxie.
À
ce stade, la récupération clinique est sans séquelle et débute très
rapidement.
Si la traction persiste et dépasse 20 kg, l’épinèvre se
déchire et une rupture s’effectue en dehors du trou de conjugaison,
soit de C5 et C6, soit du tronc primaire supérieur.
Cliniquement, cette lésion se traduit par une paralysie proximale de
l’épaule et du coude dont la qualité de récupération peut être
médiocre.
Cette lésion peut coexister avec une élongation des racines
basses se traduisant cliniquement par une paralysie temporaire du
poignet et de la main.
Mais, lorsque la force dépasse la capacité d’élasticité des radicelles,
C7 puis C8 sont avulsées de la moelle à l’intérieur du trou de
conjugaison.
Enfin, le traumatisme atteint T1, arrachée à son tour.
L’existence de ce type de lésion écarte tout espoir de
récupération clinique et donne un pronostic fonctionnel très péjoratif
de ce membre supérieur, en dehors de toute chirurgie nerveuse.
Cette lésion s’accompagne d’une atteinte des fibres sympathiques
du rameau communicant de T1 avec le ganglion stellaire dont la
traduction clinique est le signe de Claude Bernard-Horner.
Une variante de la présentation céphalique classique est celle avec
main première.
La traction du membre supérieur en abduction peut
aboutir à l’arrachement des racines basses, décrite par Klumpke-Dejerine.
La traduction clinique en est une paralysie complète du
poignet et de la main avec une épaule et un coude fonctionnels.
Cette forme clinique peut aussi se voir dans les naissances par
césarienne.
2- Naissance par le siège :
La naissance par le siège peut être aussi l’occasion d’un traumatisme
du plexus brachial lorsqu’il y a une rétention tête dernière.
La lésion
se produit ici par traction des épaules en hyperextension de la
région cervicale entraînant un arrachement des racines proximales
C5, C6 et parfois C7 : les éléments de protection des racines hautes
ne peuvent jouer leur rôle, la direction de la force de traction se
faisant de façon inverse.
Ce type de naissance peut s’accompagner d’un état de mort
apparente par anoxie néonatale induisant un relâchement
musculaire favorisant le traumatisme nerveux.
C’est dans ce mode
de naissance que la paralysie bilatérale peut se produire.
Examen clinique :
Variable selon l’âge de l’enfant, il nécessite cependant des
caractéristiques communes.
Il s’effectue dans un local calme sans
interactions parasites détournant l’attention de l’enfant.
Après un
accouchement difficile, le nouveau-né se présente avec un membre
supérieur flasque souvent douloureux.
La gesticulation, les masses musculaires sont totalement asymétriques entre le membre paralysé
et le côté sain hypertonique en flexion physiologique.
Le nourrisson
plus âgé, ou l’enfant, se présente souvent avec une attitude en
rotation interne globale du membre, parfois en flessum du coude et
en supination de l’avant-bras, main ballante pour les paralysies
complètes.
Chez le nouveau-né, le bilan articulaire passif est normal.
Mais, avec
la croissance, il met en évidence des attitudes vicieuses qui sont le
résultat d’une croissance osseuse soumise au manque de balance
entre groupes musculaires agonistes et antagonistes.
Il en résulte une
raideur articulaire par disparition de l’amplitude articulaire normale,
la mobilité articulaire se décalant vers le groupe musculaire le plus
puissant (épaule en rotation interne, coude en flessum).
Le testing, toujours effectué sur un enfant assis dans un premier
temps, nécessite un certain apprentissage chez le nourrisson et le
petit enfant jusqu’à 3 ou 4 ans, moment où l’enfant est capable de
coopérer.
Chez le tout jeune nourrisson jusqu’à l’âge de 4-6 mois, le testing se
base sur le réflexe d’étirement d’un muscle générant une
contraction-réponse immédiate (réflexe myotatique) ou sur
l’excitation du territoire cutané en regard du muscle ou du groupe
musculaire stimulé (test de la brosse à dents).
Dès que la préhension
volontaire, même fruste, apparaît, la stimulation avec des petits
objets sonores ou mobiles permet d’apprécier la motricité du
membre supérieur examiné.
La palpation du membre au moment
de la stimulation par la chute du bras pour examiner le deltoïde
donne des renseignements très utiles.
Ainsi, le muscle examiné peut
être coté de 1 à 3, suivant la classification du British Medical
Council :
– 0 : aucune contraction ;
– 1 : contraction perçue par la palpation ou ébauche de mouvement ;
– 2 : mouvement complet pour l’amplitude articulaire en apesanteur
ou incomplet contre pesanteur ;
– 3 : mouvement complet contre pesanteur.
La cotation à 3 chez
l’enfant non coopérant englobe en réalité les possibilités de cotation
4 ou 5 chez l’enfant coopérant.
Chez le grand enfant, il est possible de coter :
– 4 : mouvement complet contre résistance ;
– 5 : mouvement symétrique par rapport à l’autre côté.
L’examen neurologique, indispensable pour éliminer des
pathologies centrales ou médullaires (ischémies anténatales, tumeurs
cérébrales ou médullaires), s’attache à mettre en évidence les réflexes
néonataux archaïques chez le nouveau-né qui vont disparaître vers
le 3e mois de vie (réflexes de Moro, de la marche automatique, de
succion, etc).
Le tonus est exploré par les manoeuvres du tiré-assis,
de suspension ventrale, par la recherche du signe du foulard.
Les
réflexes musculaires sont obtenus de façon classique.
Deux grands tableaux cliniques peuvent être opposés à la naissance :
– l’atteinte des racines proximales est retrouvée dans 75 % des cas.
Le membre est alors en rotation interne d’épaule, l’abduction et la
flexion du coude étant paralysées.
Le triceps, muscle pluriradiculaire, est en général présent même avec une atteinte de
C7.
Dans ce cas, le poignet est en général en flexion, déviation
cubitale avec une main fermée ;
– la lésion de toutes les racines est moins fréquente (un quart des
cas) mais beaucoup plus dramatique.
Le membre supérieur est
flasque, sans mobilité du poignet et de la main, sans sensibilité, les
doigts étant fermés.
Le membre présente souvent un aspect marbré,
secondaire à des troubles vasomoteurs.
Exceptionnellement, les paralysies atteignent uniquement les racines
basses avec conservation des mouvements de l’épaule et du coude
(paralysie de Klumpke-Dejerine).
Elles sont le résultat d’une traction
du membre supérieur en abduction d’épaule.
Deux autres signes viennent s’ajouter à ceux déjà décrits :
– le signe de Claude Bernard-Horner apparaît, du côté de la
lésion, lors de l’arrachement de la racine C8 ou T1 à l’intérieur du
canal rachidien.
Il consiste en l’association d’un ptôsis, d’une énophtalmie et d’un myosis par atteinte des fibres neurovégétatives
sympathiques reliant les racines au ganglion stellaire ;
– l’atteinte du nerf phrénique, traumatisé aussi lors de
l’accouchement, se traduit par une paralysie du diaphragme
homolatéral conduisant souvent à une détresse respiratoire parfois
très sévère.
À la radiographie pulmonaire simple, l’hémicoupole est
surélevée et il n’y a pas de mouvements diaphragmatiques à la
radioscopie.
Le diagnostic de cette lésion associée est nécessaire en
vue d’une indication opératoire.
Le membre supérieur controlatéral doit aussi être soigneusement
examiné, les paralysies obstétricales bilatérales étant rares, mais
particulièrement graves dans les naissances par le siège, rétention
tête dernière.
Enfin, l’examen des membres inférieurs permet d’aider le diagnostic
différentiel en excluant les hémiplégies infantiles congénitales
anténatales.
Examens paracliniques :
Primant sur tout, l’examen clinique permet non seulement le
diagnostic mais aussi, fréquemment, la connaissance des niveaux
probablement lésés.
Deux examens paracliniques peuvent permettre
d’aider à la localisation des lésions, fondamentalement dans le
dessein d’établir tout d’abord un pronostic et ensuite une stratégie
chirurgicale menant à une réparation.
L’électromyographie, examen douloureux, est d’interprétation
difficile chez le nouveau-né.
En fonction de la zone musculaire
stimulée, il est souvent trop optimiste ou trop pessimiste par rapport
à la réelle valeur fonctionnelle du membre exploré.
Peut-être
nécessaire comme document à valeur médicolégale, cet examen n’a
que peu de valeur pronostique (Gilbert A. Obstetrical paralysis
meeting. Paris, 1996-Paris 2002), sauf lorsqu’il indique une absence
complète de récupération dans tous les domaines explorés.
Les examens neuroradiologiques sont sans doute plus utiles pour
atteindre les deux buts fixés.
Longtemps utilisée, la myélographie a
permis de connaître les niveaux lésés et de faire la différence entre
les ruptures et les avulsions.
En effet, les racines peuvent être
visualisées chez le nourrisson, dessinées par le liquide de contraste,
les pseudoméningocèles signant un arrachement.
Examen délicat,
nécessitant une anesthésie générale et des compétences
radiologiques certaines, il est peu à peu abandonné à l’avantage de
la résonance magnétique.
Cet examen, non invasif, permet de
visualiser les racines et les pseudoméningocèles avec la même
fiabilité, c’est-à-dire avec 15 % de faux négatifs et de faux positifs.
Histoire naturelle :
Dès le traumatisme passé, la récupération débute.
Si elle est pauvre,
le traitement chirurgical par exploration et greffe permet de
redistribuer les sources de neurotisation au mieux selon une
stratégie privilégiant la main.
Mais la récupération spontanée aussi
bien que celle après chirurgie nerveuse continue à évoluer pendant
2 à 3 ans.
Le traitement des séquelles n’est donc envisagé qu’après
stagnation de cette récupération.
Trois types de séquelles apparaissent :
– les attitudes vicieuses peuvent apparaître dans la petite enfance et
sont la conséquence du dysfonctionnement de la balance musculaire.
Elles se produisent classiquement à l’épaule avec une attitude en
rotation interne, attitude réductible qui se fixe avec la croissance, le
muscle sous-scapulaire se rétractant.
Si cette rétraction n’est pas
levée, la tête se modèle sur la glène et l’apparition d’un pan coupé
rend illusoire tout geste sur les parties molles.
L’ostéotomie de dérotation de l’humérus permet alors, chez le grand enfant, de
translater le secteur de mobilité vers une zone plus fonctionnelle.
Au coude, l’attitude vicieuse est due à la composante supinatrice du
biceps, générant un avant-bras en supination et un flessum du
coude.
Elle est souvent accompagnée de la « main en breloque ».
Il
est possible de traiter ces deux problèmes par une ostéotomie de dérotation de l’avant-bras si le biceps n’est pas assez puissant
(supérieur à 3) pour pratiquer un reroutage du tendon du biceps.
La chirurgie des transferts musculaires exploite le capital musculaire
intact, de récupération après évolution spontanée ou acquis après
chirurgie nerveuse.
Elle permet soit de réanimer une fonction
paralysée, soit de renforcer une fonction préexistante mais
demeurant faible.
Il est nécessaire, avant tout transfert, de s’assurer
de la force musculaire du muscle à transférer qui doit être supérieure
à 3 ;
– l’atteinte de la fonction du membre supérieur a comme corollaire
un trouble de croissance.
Cette croissance déficiente par rapport à
l’autre côté est corrélée à l’étendue et à la gravité des lésions (Gilbert
A. Obstetrical paralysis meeting. Paris, 1996-Paris 2002).
Elle se
traduit par une inégalité de longueur du membre supérieur atteint,
peu visible dans les paralysies proximales mais importante dans les
paralysies complètes où la main, si elle est peu fonctionnelle, est
très hypotrophique ;
– les troubles sensitifs sont variables selon les enfants avec une
sensibilité tactile douloureuse et thermique très altérée dans les
atteintes complètes.
Les troubles trophiques sont presque constants,
la peau est souvent le siège d’une sudation importante avec des
ongles cassants et, parfois, des lésions d’autophagie chez le jeune
enfant.
Traitement :
A - RÉÉDUCATION :
Les objectifs de la rééducation sont de préserver les mobilités
articulaires afin de permettre la réalisation des mouvements lorsque
les muscles récupèrent.
Elle commence seulement après les trois
premières semaines de vie afin de ne pas provoquer d’étirement
supplémentaire et de permettre une cicatrisation nerveuse correcte,
l’enfant étant de plus douloureux.
Pour cela, le membre supérieur
est maintenu dans une écharpe en rotation interne coude au
corps.
Pendant la période de récupération, trois types de travail sont
associés : la mobilisation passive et surtout active, le maintien de
postures et l’ergothérapie.
La mobilisation passive permet de maintenir les plans de glissement musculo-aponévrotiques et la mobilité articulaire.
Elle doit être
prudente afin d’éviter un travail douloureux d’étirement tendineux
et musculaire.
Elle porte essentiellement sur l’abduction,
l’antépulsion, la rétropulsion et la rotation externe de l’épaule en
position coude au corps afin d’étirer le muscle sous-scapulaire.
Elle
travaille aussi la flexion du coude, l’extension du poignet et la
flexion des doigts.
La mobilisation active doit être débutée dès les premiers signes de réinnervation clinique afin de faciliter la maturation fonctionnelle
des unités motrices.
Elle est rarement initialement analytique chez
le petit enfant mais elle permet, au sein d’un mouvement global, de
solliciter un ou plusieurs groupes musculaires.
Elle renforce les
deltoïdes et les rotateurs externes de l’épaule, les fléchisseurs du
coude, les extenseurs de poignet et du pouce et les supinateurs de
l’avant-bras.
Parallèlement, des activités ludiques se servant des
deux membres supérieurs sont utilisées afin de permettre une prise
en charge globale de l’utilisation active des différents groupes
musculaires et de favoriser leur intégration corticale (jeux à deux
mains avec ballon, empilement d’objets avec les deux mains, etc.).
Parallèlement à la mobilisation active, l’électrothérapie est utilisée
par certaines équipes afin de lutter contre l’amyotrophie liée à la
dénervation.
Cependant, ses applications sont parfois difficiles
chez l’enfant et limitent sa pratique.
L’utilisation d’attelles de posture est souvent indispensable afin
d’éviter les positions vicieuses ou de placer le segment de membre
dans une position fonctionnelle.
L’épaule a pu être placée dans une
attelle en abduction de 90° et en rotation externe de 90°.
Cette
position générant parfois des rétractions des muscles sus-épineux,
elle est peu à peu abandonnée.
L’attelle en rotation externe d’épaule
coude au corps permet, en fixant l’omoplate contre le thorax,
d’obtenir cette rotation externe dans l’articulation glénohumérale
afin d’éviter un enraidissement en rotation interne.
D’autres orthèses
peuvent être utilisées, notamment au coude (orthèse hélicoïdale) au
poignet et aux doigts.
Enfin, l’ergothérapie permet d’utiliser l’ensemble du membre
supérieur en suivant l’évolution psychomotrice.
Son objectif
principal est de solliciter l’ensemble du membre dans des activités
finalisées afin d’éviter un défaut d’utilisation du membre atteint.
Des techniques de rééducation sensorimotrice sont utilisées ainsi
qu’une activité de jeu faisant participer la famille.
La rééducation doit prendre aussi en compte les différents troubles
sensitifs même s’ils sont difficiles à évaluer.
Cette rééducation
comprend des stimulations répétées à type de contacts manuels, de
massages, d’alternance de chaud et de froid, de stimulation par le
toucher des structures, de forme et de consistance différentes.
B - CHIRURGIE NERVEUSE
:
1- Indications
:
La chirurgie nerveuse intervient essentiellement dans les six
premiers mois de vie après avoir réuni les arguments cliniques et paracliniques permettant d’évaluer le pronostic de récupération de
l’enfant.
Plusieurs possibilités sont envisageables : la récupération
spontanée et précoce, l’absence de récupération et la récupération
partielle.
La récupération complète et précoce traduit le plus souvent des
lésions neurapraxiques du plexus brachial.
Cette récupération est
généralement rapide en quelques jours à quelques semaines et ne
nécessite aucun traitement chirurgical.
Seul un traitement kinésithérapique permet d’entretenir les mobilités articulaires et de
stimuler la récupération des mobilités actives de l’enfant au-delà du
1er mois quand l’enfant n’est plus douloureux.
L’absence de récupération coïncide généralement avec l’existence
d’une paralysie plexique sévère, voire totale.
Cette éventualité
implique la réalisation d’examens complémentaires afin de
rechercher des signes d’avulsion radiculaire (myélographie ou
résonance magnétique) et de dénervation (électromyogramme).
L’indication chirurgicale est alors posée dès le 3e mois.
Enfin, la récupération peut être partielle dans sa topographie ou
dans l’intensité de la force musculaire des différents groupes.
Lorsqu’il s’agit de paralysies proximales (flexion du coude et
abduction, rotation externe de l’épaule) témoignant d’une lésion
C5-C6 ou C5-C6-C7, l’absence de récupération d’un biceps au
3e mois élimine une lésion de type I de Sunderland et pose
l’indication chirurgicale.
Parfois, quelques ébauches de
contractions et des signes de réinnervation peuvent apparaître du
fait de l’existence d’un névrome en continuité ; cependant, cela ne
doit pas retarder l’intervention chirurgicale.
Lorsqu’il s’agit de paralysies totales, il arrive que la récupération
concerne initialement la main (notamment la flexion des doigts)
témoignant de lésions régressives (type I dans la classification de
Sunderland) sur les racines C8 et T1.
La récupération des racines C5
à C7 conditionne alors le pronostic global.
2- Techniques chirurgicales
:
Le principe du traitement chirurgical est de réséquer le névrome
témoignant de la cicatrisation des racines rompues et de le remplacer
par une greffe nerveuse.
Le nerf donneur utilisé est le nerf saphène
externe.
Les greffes nerveuses sont disposées en « câble », de trois
torons en moyenne, et anastomosées à l’extrémité des racines
proximales et distales par suture et collage (colle biologique).
Cependant, la quantité de nerfs donneurs est limitée et représente
donc un facteur limitant la reconstruction nerveuse.
Actuellement,
les racines avulsées ne peuvent pas être greffées à leur extrémité
proximale médullaire.
La planification opératoire est standardisée :
– premier temps : l’exploration des différentes lésions du plexus
représente l’étape initiale en pratiquant une voie sus-claviculaire
lorsque seules les racines supérieures (C5 à C7) sont atteintes, et
sus- et sous-claviculaire lorsque les racines inférieures (C8-T1) sont
concernées.
Lorsque le névrome s’étend vers les troncs secondaires,
une ostéotomie de la clavicule est nécessaire.
De même, la dissection
des racines C8 et T1 du tronc primaire inférieur, lorsqu’une lésion
existe, ne peut être faite qu’après section de la clavicule ;
– deuxième temps : la résection du névrome est une étape
importante car la section nerveuse doit être réalisée en zone saine
parfois difficile à évaluer.
L’examen macro- et microscopique permet
le plus souvent d’identifier une recoupe en zone cicatricielle d’une
zone saine où les fascicules sont parfaitement individualisables.
Les
épreuves de stimulation directe sont difficiles à interpréter, les
éléments nerveux étant très petits par rapport à l’extrémité du
stimulateur.
D’autres procédés permettent d’améliorer l’évaluation
de cette zone : certains auteurs utilisent aussi du bleu de méthylène
afin d’améliorer la visualisation des fascicules, l’étude histologique
extemporanée et l’utilisation de potentiels évoqués somesthésiques
couplés à une étude électromyographique ;
– troisième temps : la répartition des greffes nerveuses doit être
judicieuse afin de récupérer le maximum de fonction sans épuiser le
capital nerveux.
Lorsque les racines C5-C6 ou C5-C6-C7 sont rompues, les différents
torons sont répartis sur le nerf suprascapulaire (abduction et rotation
externe de l’épaule), la racine externe du médian, le nerf
musculocutané (flexion du coude) et le tronc secondaire postérieur
(extension du coude, poignet et doigts).
Lorsque l’atteinte du plexus est totale, dans la majorité des cas, il
s’agit d’une rupture C5-C6-C7 et d’une avulsion de C8 et T1.
Si
les racine rompues sont greffables, une reconstruction est possible.
Si deux ou une seule racine sont greffables, alors la racine greffée ne
peut se distribuer sur toutes les autres et le potentiel de
reconstruction est alors limité à la partie antérieure du plexus, en
favorisant le plus possible la main, sans sous-estimer la stabilité de
l’épaule et la flexion du coude.
D’autres techniques de
reconstruction sont alors possibles, notamment la neurotisation du
nerf du musculocutané par les nerfs intercostaux.
Cette technique
n’est bien sûr utilisable qu’en l’absence de paralysie phrénique.
La neurotisation du nerf suprascapulaire peut être proposée par la
branche antérieure du nerf sural, l’affaiblissement du muscle trapèze
étant alors peu important et permettant, à la fin de la croissance,
l’arthrodèse de l’épaule si la stabilité de celle-ci n’est pas acquise.
3- Résultats
:
Les résultats de cette chirurgie débutent entre 6 mois et 1 an après
l’intervention et vont se poursuivre, sans s’épuiser, pendant 2 à 3
ans.
Les résultats sont excellents sur les lésions plexuelles proximales
C5 et C6, et C5-C6 et C7 mais il persiste, une fois sur deux,
une insuffisance de récupération des muscles rotateurs externes de
l’épaule avec des séquelles qui sont accessibles à une chirurgie
secondaire.
Dans les atteintes totales (C5-D1), les résultats doivent
être jugés au vu de la pauvreté de la récupération avant
l’intervention où, très souvent, la paralysie était complète.
Ce
membre supérieur reste toujours un membre d’appoint et la valeur
de sa fonction est en rapport direct avec la qualité sensitivomotrice
de la main.
Si la racine D1 a été respectée lors du traumatisme, la
récupération fonctionnelle globale du membre peut être
étonnamment bonne.
C - CHIRURGIE DES SÉQUELLES
:
La chirurgie secondaire du plexus brachial n’intervient que lorsque
les possibilités de récupération nerveuse sont épuisées.
Dans la
majorité des cas, les interventions de transfert musculaire ne sont
pas réalisées avant l’âge de 2 à 3 ans lorsque la récupération
spontanée ou acquise après chirurgie s’épuise.
De plus, les
interventions osseuses sont réalisées beaucoup plus tardivement,
vers l’âge de la puberté.
1- Transfert tendineux
:
Les transferts tendineux utilisent un muscle sain ou présentant une
force suffisante (supérieure ou égale à M3) et modifient ses insertions
distale et/ou proximale afin de lui donner une nouvelle action.
La
condition sine qua non pour effectuer un transfert musculaire, est
que les articulations mobilisées par le muscle transféré ne doivent
pas être enraidies.
* Réanimation de l’abduction et de la rotation externe de l’épaule
:
Celle-ci est possible lorsque la rotation externe passive de l’épaule
est conservée ; dans le cas contraire, une libération du muscle subscapularis est nécessaire.
Lorsqu’un transfert est réalisable, les
deux transferts les plus courants sont : le transfert du latissimus
dorsi sur la coiffe des rotateurs pour la réanimation de la rotation
externe, et, dans la mesure où son innervation est respectée, le
transfert du trapèze pour réanimer l’abduction.
Cette dernière
intervention est peu effectuée car elle donne des résultats
fonctionnels médiocres et esthétiquement laids.
* Réanimation de la flexion du coude
:
Le muscle latissimus dorsi peut être utilisé en transfert bipolaire
dans la mesure où il est correctement innervé.
Le muscle pectoralis
minor peut aussi être transféré lorsqu’il existe un biceps présent
mais faible.
L’intervention de Steindler, souvent associée à la
précédente, permet d’augmenter la force de flexion du coude en
fixant de façon plus proximale l’insertion des épitrochléens.
Enfin,
un transfert libre vascularisé de gracilis réinnervé par neurotisation
peut être proposé lorsque aucun transfert simple n’est réalisable.
Le tendon du biceps brachial peut être réorienté afin de lutter contre
la supination persistante dans la mesure où la supination est
passivement réductible.
* Réanimation de la main :
Les possibilités de réanimation des muscles extrinsèques sont
limitées du fait de la faiblesse des muscles réinnervés et du faible
potentiel de muscles disponibles.
Cependant, les tendons du rond
pronateur, les fléchisseurs ulnaire et radial du carpe peuvent être
utilisés afin de réanimer l’extension du poignet et des doigts dans
les paralysies C5-C6 ou C5 à C7 avec des résultats satisfaisants.
Les tendons du fléchisseur superficiel des doigts, le petit palmaire
sont utilisés par certains auteurs.
2- Interventions palliatives osseuses
:
L’ostéotomie de dérotation de l’humérus est utilisée en cas de déficit
de la rotation externe lorsque les stades de la désinsertion du sousscapulaire
et du transfert sont dépassés du fait d’une déformation
de la tête humérale par attitude vicieuse permanente, toujours en
fin de croissance.
L’arthrodèse de l’épaule ne doit être pratiquée qu’en cas d’épaule
ballante et douloureuse dans la mesure où le muscle serratus
antérieur et le trapèze sont cotés à 4, afin de permettre une mobilité
active scapulothoracique correcte.
Une ostéotomie de dérotation du radius peut être proposée pour
une attitude fixée en supination, témoignant d’une atteinte sévère et
d’une prise en charge tardive.
Celle-ci est alors réalisée afin
d’améliorer l’aspect fonctionnel par une bonne présentation de la
main face à l’objet à saisir, si l’extension active du poignet existe.
L’arthrodèse du poignet est indiquée dans la mesure où il n’existe
aucune possibilité d’utilisation de l’effet ténodèse (afin de permettre
l’extension ou la flexion des doigts).
Elle réoriente le poignet afin de
faciliter des appuis stables.
Conclusion
:
Les différentes techniques de traitement sont complémentaires et
permettent, lorsqu’elles sont associées, de redonner aux trois quarts des
enfants une motricité suffisante pour un membre supérieur non
dominant.
Même si des progrès sont réalisés dans l’avenir, la chirurgie
n’est qu’un moyen de rattrapage.
Là, encore une fois, la prévention
trouve toute sa place tant dans le suivi des grossesses (prévention des
mères obèses) que dans les indications de césarienne.