Les dysphonies (ou enrouements)
comprennent toutes les altérations du son laryngé,
intermittentes ou permanentes, portant sur une ou plusieurs des
caractéristiques physiques de la voix : intensité, hauteur,
timbre. Ces altérations fondamentales de la voix parlée ou
chantée relèvent d'atteintes organiques, fonctionnelles ou
mixtes des mécanismes de l'émission vocale. - Leur diagnostic
passe obligatoirement par une laryngoscopie initiale minutieuse.
- Chez l'adulte de sexe masculin surtout, sur un terrain
alcoolotabagique, l'enquête est dominée par la crainte d'un
cancer.
RAPPEL ANATOMIQUE :
Le larynx est un organe complexe formé de pièces cartilagineuses
(thyroïde, cricoïde, aryténoïdes, sésamoïdes, épiglottique) qui
vient chapeauter l'arbre trachéo-bronchique.
Le larynx est suspendu à la base du crâne, à l'apophyse
styloïde, à la mandibule et à l'os hyoïde par des ligaments et
des muscles extrinsèques élévateurs. Un groupe de muscles
abaisseurs vient prendre appui sur le sternum, la clavicule et
l'omoplate.
* Les différentes pièces cartilagineuses sont reliées entre
elles par des ligaments et les muscles intrinsèques du larynx
parmi lesquels on distingue :
- le muscle tenseur de la corde vocale : muscle cricothyroïdien.
- le muscle dilatateur de la glotte : muscle crico-aryténoïdien
postérieur.
- les muscles constricteurs : muscle crico-aryténoïdien latéral,
muscles thyro-aryténoïdiens supérieur et inférieur et muscle
ary-épiglottique.
* La muqueuse endolaryngée est doublée par une membrane
élastique interne en relation avec les ligaments et en
particulier avec le ligament vocal.
Organisation
L'organisation de ces différents éléments permet de reconnaître
:
* les trois étages laryngés :
- le vestibule, délimité par l'épiglotte, les replis
ary-épiglottiques et l'espace interaryténoïdien.
- la glotte, espace triangulaire à base postérieure, formée par
les cordes vocales et les apophyses vocales des aryténoïdes.
- la région sous-glottique, répondant à la membrane
crico-thyroïdienne et à la face interne de l'anneau et du chaton
cricoïdien.
* les membranes d'union, bons repères anatomiques à la palpation
:
- la membrane thyro-hyoïdienne, au devant de la loge
hyo-thyro-épiglottique.
- la membrane cricothyroïdienne, en avant de la sous-glotte.
* les compartiments laryngés profonds qui forment la transition
avec le pharynx et revêtent une grande importance dans la
propagation locale des cancers :
- la loge thyro-hyo-épiglottique.
- l'espace paraglottique.
Innervation et fonctions
* L'innervation du larynx est assurée :
- sur le plan sensitif, par le nerf laryngé supérieur.
- sur le plan moteur, par le nerf récurrent.
* Le larynx a une triple fonction :
- respiratoire.
- phonatoire.
- sphinctérienne (protection-effort).
RAPPEL PHYSIOLOGIQUE :
L'émission vocale résulte de mécanismes complexes mettant en jeu
tous les organes phonatoires (loi d'unité fonctionnelle), avec
leurs retentissements les uns sur les autres (loi de solidarité)
et leur adaptation réciproque (loi de l'automatisme
acoustico-phonatoire), sous contrôle cérébral (dans le cadre du
schéma corporel). Il faut distinguer la voix, la parole et le
langage.
* La production normale de la voix nécessite l'adduction des
cordes vocales bien tendues tandis que l'air expiratoire
provoque leur vibration en fonction du volume, de la vélocité,
de la durée et de la périodicité des bouffées d'air.
* Les émissions vocales se caractérisent par une fréquence
fondamentale et la richesse, plus ou moins importante, en
harmoniques, qui représentent une fonction complexe de nombreux
paramètres : longueur et tension des cordes, périodicité
vibratoire, volume et formes des cavités des résonances
supralaryngées.
* Il convient donc de distinguer à côté des dysphonies :
- les troubles de la phonation : dysphonies (troubles de la voix
proprement dite).
- les troubles de la résonance : rhinolalie ouverte ou fermée
(hypernasalité ou hyponasalité).
- les troubles de l'articulation touchant l'apprentissage chez
l'enfant (substitution, distorsion...) ou constituant les
dysarthries chez l'adulte.
- les troubles du rythme : le bégaiement et ses équivalents.
- les troubles du langage : aphasies, dysphasies de réception ou
d'expression.
- les troubles de l'audition avec diminution ou perte du
contrôle vocal en fonction de l'intensité du déficit auditif.
Conduite à tenir :
INTERROGATOIRE :
L'interrogatoire est indispensable. Il précise :
* le terrain :
- l'âge du patient.
- la notion de profession exposée (surmenage vocal chez les
chanteurs, les avocats, les forains...).
- les antécédents d'intervention laryngée, thyroïdienne ou
thoracique.
* la dysphonie :
- son mode de survenue.
- sa durée : supérieure à 3 semaines, elle impose un examen
laryngoscopique.
- ses signes d'accompagnement : fièvre, dyspnée,
rhinopharyngite.
EXAMEN ORL :
L'examen ORL oriente, seul, le diagnostic étiologique, grâce à
la laryngoscopie.
Laryngoscopie :
* La laryngoscopie répond à deux questions essentielles :
- existe-t-il, ou non, une anomalie organique laryngée ? Aspect
de la muqueuse laryngée, existence d'un processus tumoral.
- existe-t-il, ou non, un dysfonctionnement de la cinétique
laryngée ? Etude de la mobilité des cordes vocales et des
aryténoïdes durant la phonation.
* Elle est d'abord indirecte, réalisée en consultation à l'aide
de miroirs laryngés.
* La laryngoscopie peut être aidée chez certains patients aux
réflexes nauséeux marqués ou, chez l'enfant, par une
fibrolaryngoscopie au fauteuil.
* Mais souvent, en cas d'atteinte organique, seule une
laryngoscopie directe, réalisée au bloc opératoire, sous
neuro-analgésie, apporte le diagnostic de certitude, car elle
permet d'effectuer des prélèvements biopsiques.
Examen ORL complet :
L'examen ORL complet sera systématique avec, en particulier, la
palpation de la glande thyroïde et des aires ganglionnaires.
Examen phoniatrique :
En présence d'une dysphonie fonctionnelle, un examen
phoniatrique approfondi avec étude stroboscopique des cordes
vocales, analyse fréquentielle de la voix et vérification des
synergies pneumo-phonatoires est très utile.
L'ensemble de ce bilan permettra de faire un diagnostic
étiologique. Les causes sont variables selon que la dysphonie
survient chez l'adulte ou chez l'enfant.
Étiologie des dysphonies de l'adulte :
ATTEINTES ORGANIQUES INTRALARYNGEES :
Dysphonies aiguës :
* Les laryngites infectieuses aiguës d'origine virale et/ou
bactérienne sont de loin les plus fréquentes, survenant le plus
souvent au décours d'une rhinite.
- La raucité, parfois très importante, s'accompagne de
sensations de picotements ou de brûlures avec toux réflexe.
- La laryngoscopie indirecte suffit généralement à montrer la
rougeur et l'œdème des cordes vocales.
* L'œdème aigu d'origine allergique est très rare. La voix est
couverte, éteinte et peut s'accompagner d'une dyspnée
préoccupante.
* Le coup de fouet laryngien est réalisé par une hémorragie
sous-muqueuse localisée d'une corde vocale (rarement un réel
hématome) au cours d'un effort vocal violent (hurlements du
spectateur de match de boxe, de football, etc.).
* Les traumatismes externes du cou fermés ou ouverts peuvent
nécessiter un bilan endoscopique, indépendamment de la dyspnée
qui passe alors au premier plan. Il en va de même pour tout
enrouement secondaire à la chirurgie cervicale (thyroïde) ou
cardio-pulmonaire (à gauche) en raison des rapports du nerf
récurrent, différents à droite et à gauche.
* Les traumatismes internes au cours d'une intubation trachéale
offrent deux possibilités prédominantes :
- traumatisme d'une corde vocale.
- luxation d'un aryténoïde.
Dysphonies chroniques "suspectes de malignité" :
Les dysphonies chroniques sont dominées par les laryngites
chroniques, les lésions dysplasiques précancéreuses et le cancer
du larynx.
- Leur étiologie est largement dominée par le tabagisme et
l'alcoolisme, fréquemment accompagnés de malmenage vocal.
- La recherche d'un dysfonctionnement nasal ou d'un foyer
infectieux sinusien sera systématique.
- Il s'agit le plus souvent d'hommes adultes, plutôt après 40
ans. Le pourcentage de femmes atteintes est en augmentation.
L'examen laryngoscopique au miroir s'impose d'emblée pour tout
enrouement de plus de trois semaines et dont les constatations
dicteront l'étendue du bilan.
Laryngites chroniques :
* La laryngite catarrhale chronique est caractérisée par la
rougeur régulièrement diffuse des cordes vocales, dont les bords
libres sont émoussés, joignant plus ou moins bien en phonation,
tantôt sèches, tantôt recouvertes de quelques sécrétions
mucopurulentes.
* La laryngite hypertrophique myxomateuse est caractérisée par
l'aspect translucide et tremblotant de formations œdémateuses
blanchâtres ou blanc rosé dont l'insertion est sessile sur le
bord libre des cordes vocales :
- toute la corde peut être intéressée, donnant un aspect en
"vessie natatoire de poisson".
- la dysphonie revêt un timbre particulier dit "de crapaud".
Tuberculose laryngée :
La tuberculose laryngée est devenue très rare aujourd'hui. Les
formes catarrhales étaient classiques.
* Elles peuvent réapparaître avec le regain de la tuberculose
pulmonaire chez les immunodéprimés.
* Elles trouvent leur place ici en raison des formes
pseudo-tumorales, hyperplasiques et végétantes, dont le
diagnostic se fait aujourd'hui à la biopsie.
Dysplasies laryngées
Les dysplasies laryngées (états précancéreux) : si les
laryngites chroniques justifient une vigilance certaine
(l'association d'un foyer de dégénérescence étant toujours
possible), les lésions dysplasiques s'accompagnent de
modifications évidentes de la surface muqueuse elle-même.
Elles nécessitent une laryngoscopie directe avec biopsie au
moindre doute, puis surveillance au long cours, même si la
régularisation des lésions au laser CO2 a considérablement
amélioré les possibilités thérapeutiques.
Il est commode de distinguer :
* les dysplasies rouges représentées par la laryngite chronique
hyperplasique diffuse où la muqueuse est plus ou moins
tomentueuse avec des irrégularités recouvertes d'un enduit
mucoïde en un point qui attire les soupçons.
* les dysplasies blanches avec l'apparition nette de la
kératinisation métaplasique. On distinguera :
- la laryngite pachydermique blanche par transformation d'une
dysplasie rouge sur une corde vocale.
- les plaques de leucoplasie, blanchâtres et ovalaires, sur la
face dorsale d'une ou des deux cordes vocales.
- la pachydermie exophytique, ou papillome corné, véritable
touffe blanche en relief sur une corde vocale par ailleurs
dysplasique.
Cancer endolaryngé :
* Le cancer endolaryngé peut être localisé :
- au plan glottique sur une corde vocale.
- dans le vestibule laryngé sur une bande ventriculaire.
- dans la région sous-glottique.
* Il peut être diffus, occupant un hémilarynx, tournant sur la
commissure antérieure ou tout l'entonnoir laryngé.
* On distingue des formes infiltrantes que l'on soupçonnera
devant une réduction de la mobilité d'une corde vocale dans le
cadre d'une laryngite chronique. Les formes ulcéreuses ou
ulcérovégétantes sont les plus fréquentes.
Dysphonies chroniques des lésions bénignes :
Les dysphonies chroniques des lésions bénignes relèvent d'une
série de lésions de pathogénies variées, souvent en relation
manifeste avec un dysfonctionnement vocal préexistant comme les
nodules, l'ulcère de contact ou certains polypes.
* Les nodules des cordes vocales sont classiques, siégeant à
l'union du tiers antérieur et du tiers moyen des cordes.
- Ils sont souvent symétriques (nodules épineux), mais l'un deux
semble parfois traumatiser son vis-à-vis ("kissing nodule").
- Le malmenage vocal est évident.
- Ils sont plus fréquents chez la femme.
* L'ulcère de contact siège à la partie postérieure d'une ou des
deux cordes vocales ou l'apophyse de l'aryténoïde. Le malmenage
est toujours présent : mécanisme de forçage par serrage.
* Le polype siège généralement au tiers moyen. Il peut être
sessile ou pédiculé, œdémateux ou angiomateux, voire fibreux.
* Les kystes sont logés dans la corde vocale soit muqueux (par
obstruction d'une glande), soit épidermiques (par
inclusion-enfouissement).
* Les lésions exophytiques d'origine virale de la papillomatose
de l'enfant peuvent se rencontrer chez l'adulte. Elles sont
généralement rosées, avec extension possible vers la trachée.
Exceptionnellement, elles sont susceptibles de transformation
maligne.
* A distance d'une intubation traumatisante, des granulomes se
forment sur l'extrémité postérieure d'une ou des deux cordes.
Siège ultérieur d'une organisation fibreuse, ils peuvent
atteindre un certain volume.
ATTEINTE DE LA DYNAMIQUE LARYNGEE :
Ankylose aryténoïdienne :
L'ankylose aryténoïdienne spontanée est exceptionnelle. Elle
fait généralement suite à une luxation traumatique (intubation
iatrogène, traumatisme cervical).
Paralysies laryngées :
Les paralysies laryngées sont unilatérales ou bilatérales par
atteinte située soit sur le trajet du pneumogastrique, soit sur
le nerf récurrent.
On retiendra surtout :
* la paralysie du pneumogastrique dans le cadre d'un tableau
neurologique associant d'autres atteintes des paires crâniennes
groupées dans différents syndromes classiques ou dans celui de
l'évolution d'une myélite ascendante (sclérose en plaques,
sclérose latérale amyotrophique).
* les diplégies laryngées par atteinte centrale ou radiculaire
peuvent se faire en fermeture (syndrome de Riegel avec dyspnée)
ou en ouverture (syndrome de Ziemssen avec fausse route et
aphonie).
* la paralysie récurrentielle unilatérale dont le mécanisme est
évident après chirurgie thyroïdienne ou thoracique. Sinon, la
recherche d'une tumeur sur le trajet du récurrent conduit à
explorer le médiastin, les apex pulmonaires, l'œsophage, la
thyroïde. Les paralysies récurrentielles d'origine virale
constituent un diagnostic d'élimination. Il est de rares cas de
paralysies récurrentielles récidivantes ou alternantes.
* la paralysie récurrentielle bilatérale est une catastrophe
possible de la chirurgie thyroïdienne. Après une période de
dysphonie postopératoire, une période d'amélioration trompeuse
précède l'installation d'une dyspnée longtemps modérée mais
invalidante. Cette évolution s'explique par la position des
cordes vocales qui finissent par se fixer en adduction.
* dans la paralysie des dilatateurs de la glotte (atteinte
nucléaire centrale), la dyspnée est importante et la dysphonie
passe au second plan... C'est le syndrome de Gerhardt de la
neurosyphilis des auteurs anciens.
* dans les maladies musculaires : voix soufflée et faible de la
myasthénie, voix faible avec dysarthrie flasque dans les
myopathies.
ATTEINTES FONCTIONNELLES :
L'usage de la voix dans des conditions non physiologiques et les
anomalies du contrôle central de l'émission vocale entraînent
des dysphonies par malmenage sans lésions initialement visibles,
mais dont la pérennisation peut entraîner des modifications
anatomiques comme les nodules vocaux, les ulcères de contact,
une hypotonie des cordes avec hypertrophie compensatrice des
bandes ventriculaires, etc.
Leur traitement par rééducation nécessite une compétence
particulière (phoniatre ou orthophoniste spécialisé).
On retiendra :
* le malmenage vocal dans diverses situations et en fonction de
traits de personnalité : mère de famille criarde, institutrice à
voix mal posée, marchand ambulant, etc. Le terrain
alcoolotabagique est un facteur favorisant dans les autres
situations.
* l'aphonie psychique : disparition complète de la voix à la
suite d'un événement inattendu ou d'un conflit relationnel. Il
s'agit d'une forme particulière de conversion hystérique dont le
traitement est mieux assuré par l'ORL ou le phoniatre que par le
psychiatre.
* la mue faussée résulte, chez le garçon à la fin de la puberté,
de la persistance d'un mode d'émission vocale immature alors que
le larynx a pris le type adulte du fait de l'imprégnation
hormonale. S'agit-il d'un refus inconscient du passage à l'âge
adulte, sous-tendu par des perturbations relationnelles ?
- cette dysphonie purement fonctionnelle répond bien à la
rééducation.
- négligée, elle peut persister jusqu'à la maturité et laisser
des traces définitives dans l'intonation vocale.
* la dysphonie spastique est caractérisée par la contraction
simultanée de toute la musculature respiratoire accessoire
(abdominale, intercostale, cervicale) lors de l'émission vocale,
ce qui entraîne une dysphonie tout à fait particulière. Les
formes discrètes sont souvent méconnues :
- le traitement en est très difficile.
- la section du nerf récurrent ne peut plus être proposée et on
préférera la toxine botulinique en injections dans le muscle
crico-aryténoïdien postérieur.
- la pathogénie de cette curieuse dysphonie est l'objet de
controverses : neurogène (altération de la myéline des branches
du nerf récurrent) ou psychogène ?
* le vieillissement vocal :
- l'hypotonie, la perte de puissance vocale apparaissent de
façon très variable après 60 ans.
- il faut les distinguer des troubles du rythme rencontrés dans
certains troubles neurologiques : syndrome parkinsonien avec
voix mal rythmée ou chevrotante.
Étiologie des dysphonies de l'enfant :
ATTEINTES ORGANIQUES :
Pour mémoire, signalons :
* les troubles de la voix constatés parfois dès la naissance :
- malformations (palmures et diastèmes).
- kystes congénitaux.
- poussées congestives d'un angiome sous-glottique.
* les laryngites infectieuses banales ou dyspnéisantes.
* les tumeurs malignes sont très rares chez l'enfant :
- dégénérescence exceptionnelle d'une papillomatose.
- sarcome embryonnaire.
Retenons :
* la papillomatose laryngée : d'origine virale entraînant des
lésions diffuses en "touffes" caractéristiques :
- elle est récidivante et extensive, susceptible d'entraîner une
dyspnée importante.
- la stratégie thérapeutique et le nettoyage périodique sous
endoscopie directe au microscope et par laser CO2 en attendant
la régression à l'approche de la puberté.
* l'angiome sous-glottique qui peut ne pas être très dyspnéisant
et régresse spontanément.
* les granulomes secondaires à l'intubation trachéale.
* les nodules vocaux, comparables à ceux de l'adulte, ne sont
pas exceptionnels après malmenage.
* certaines anomalies rares : palmure laryngée.
ATTEINTES DYNAMIQUES :
La paralysie récurrentielle, unilatérale ou bilatérale, est
rare.
On recherche :
- des antécédents obstétricaux.
- une malformation cardio-vasculaire.
- une atteinte virale : polyomyélite, etc.
- une intubation trachéale traumatisante qui réalise plus une
fixation cicatricielle de la corde qu'une véritable paralysie
récurrentielle.
ATTEINTES FONCTIONNELLES :
* Le stridor laryngé congénital n'est pas une dysphonie (voir
question "Dyspnées laryngées de l'enfant").
* Le surmenage vocal est fréquent chez l'enfant braillard et/ou
contestataire, surtout vers 4 à 6 ans : les cordes vocales sont
émoussées, joignant mal en phonation.
- Les nodules sont possibles.
- Ils peuvent prendre un aspect œdémateux dit "en grains
d'orge".
* Le retard pubertaire à différencier de la mue faussée, en
association possible dans certains syndromes (Turner et
Dubowitz).
* Dysphonies, voire aphonies psychiques, rares, à évoquer à la
fin de la deuxième enfance (chez la fille surtout).
Conclusion :
Tout enrouement persistant nécessite un bilan endoscopique.
Si le dépistage d'un cancer doit rester le premier souci, il
faut savoir que les possibilités endoscopiques endolaryngées
permettent une bonne attitude prophylactique de la cancérisation
par nettoyage au laser.
Parallèlement, le traitement des lésions bénignes devient plus
précis et permet, la rééducation phoniatrique aidant, une bonne
restauration fonctionnelle.
Les atteintes paralytiques nécessitent un bilan étiologique
soigneux. Dans certains cas, elles peuvent bénéficier de
traitements palliatifs : injection intracordale de collagène,
médialisation de la corde.
Chez l'enfant, la papillomatose laryngée dont le traitement
reste difficile doit toujours être évoquée.