Explorations fonctionnelles
:
A - MESURE DES DÉBITS AÉRIENS :
1- Mesure du débit nasal inspiratoire de pointe (DNIP)
:
Il existe depuis de nombreuses années de petits instruments portatifs
permettant la mesure du DNIP.
La technique de mesure copie celle
du «peak flow » utilisée par nos collègues pneumologues pour
surveiller l’état respiratoire des patients asthmatiques.
Le principe physique utilise le déplacement d’un curseur le long d’une échelle
graduée lorsque le patient inspire dans un système appliqué sur les
fosses nasales à l’aide d’un masque facial en plastique (tube en
plastique nettoyable à l’aide d’un détergent doux et masque facial
stérilisable selon les normes usuelles).
Lors de l’inspiration le patient crée une
dépression dans le système qui déplace la molette
proportionnellement au débit inspiratoire.
Cette valeur n’est significative que si l’on
demande au patient d’inspirer profondément et brusquement.
La technique semble avoir une précision de ± 10 %
ou 10 l/min (au plus élevé des deux) et un taux de reproduction de ±
5 l/min.
Les valeurs sont données en l/min et on considère
les valeurs comme normales si elles se situent entre 100 et 300
l/min.
En dessous de 50, l’obstruction nasale est
considérée comme sévère.
Cette technique semble une méthode simple et peu
onéreuse de surveillance au domicile des patients présentant une
obstruction nasale en cours de traitement.
Elle pourrait également être utilisée comme
instrument diagnostique d’obstruction nasale chez les patients
consultant pour une plainte nasale.
Enfin, elle est déjà utilisée comme instrument
d’évaluation de l’obstruction nasale, plus sensible et objectif que
les classiques échelles visuelles analogiques ou l’interrogatoire,
dans les études d’évaluation d’efficacité des médicaments sur
l’obstruction nasale.
2- Rhinomanométrie :
*
Principes physiques
:
La rhinomanométrie est une méthode d’exploration fonctionnelle
qui permet de mesurer la résistance nasale à l’écoulement de l’air.
Le principe physique utilisé est celui de la relation pression-débit
qui permet en mesurant un débit et une différence de pression entre
deux points dans la fosse nasale, de calculer une résistance.
Dans les
fosses nasales où le régime d’écoulement semble s’approcher d’un
écoulement turbulent lisse la relation pression-débit s’écrit :
( P1 - P2 ) = débit1,75 × résistance
On constate que dans la réalité la courbe de pression en fonction du
débit mesuré n’est pas linéaire.
Il a donc fallu définir un point
arbitraire de la courbe où faire les mesures.
D’après les recommandations internationales, la résistance se mesure
pour un delta de pression égale à 1 cmH2O.
C’est-à-dire le point sur
la courbe où :
P1 ( = pression entrée FN) - P2 ( = pression dans cavum ) = 1 cmH2O
et donc
1 = débit mesuré 1,75 / résistance soit résistance = débit mesuré 1,75
* Matériel et techniques d’examen
:
Deux techniques de mesures peuvent être employées pour mesurer
le débit aérien dans les fosses nasales ; la rhinomanométrie
antérieure et la rhinomanométrie postérieure.
La rhinomanométrie antérieure permet de calculer la résistance à
l’écoulement de l’air de façon uninasale en plaçant un cathéter de
pression successivement à l’entrée de chaque fosse nasale.
Dans la fosse nasale qui ventile, le cathéter de pression est dans le
masque placé sur la face et enregistre donc P1.
L’autre fosse nasale
est obstruée par un embout mousse dans lequel est placé un
deuxième capteur de pression qui mesure P2, considérée par
extrapolation comme étant la pression dans le cavum (P2a= P2b).
La rhinomanométrie postérieure permet de calculer la résistance à
l’écoulement de l’air de façon uninasale ou binasale.
Un premier
cathéter de pression est placé dans un masque appliqué sur la face
et reflète donc la pression à l’entrée des deux fosses nasales dans la
mesure binasale, ou la pression à l’entrée de la fosse nasale droite
ou gauche dans les mesures uninasales.
Un deuxième cathéter est
placé soit directement dans le cavum grâce à une tubulure fine
glissée dans une fosse nasale, ce qui permet la mesure directe de la
pression choanale, soit dans un embout buccal adapté qui permet
de mesurer la pression oropharyngée et par extrapolation celle du
cavum.
Dans les deux types de mesure les capteurs de pression sont reliés à
un pneumotachographe.
En théorie, la mesure des résistances nasales par la technique de rhinomanométrie postérieure semble beaucoup plus fiable que la
rhinomanométrie antérieure.
Cependant, en pratique courante et
notamment en pratique de ville seuls les appareils de rhinomanométrie antérieure sont aisément disponibles.
La fiabilité
de leur usage réside dans un bon entretien de la machine et dans un
calibrage idéalement journalier de l’appareil (schématiquement
mesure de la résistance à l’écoulement de l’air dans un tube de
résistance connue).
* Stérilisation/Désinfection
:
Pour la rhinomanométrie antérieure, les masques faciaux en matière
plastique sont décontaminables et stérilisables selon les techniques
usuelles.
Les embouts mousse sont à usage unique.
Pour la rhinomanométrie postérieure, le masque facial répond aux
mêmes règles que dans la rhinomanométrie antérieure.
Les embouts
buccaux ou les tubulures nasales sont à usage unique.
Les tuyaux reliant les capteurs à la machine doivent être nettoyés
quotidiennement, voire changés si le patient est « à risque ».
Il n’y a en fait actuellement aucune norme concernant ces appareils
d’utilisation encore limitée.
* Données des examens
:
Les résultats d’une rhinomanométrie se présentent sous forme d’un
tableau récapitulatif des valeurs de résistances mesurées.
Les
mesures se font généralement avant et après la pulvérisation nasale de vasoconstricteurs, mais peuvent également être réalisées en
décubitus en cas d’obstruction liée à la position.
On considère que la résistance binasale est pathologique quand elle
dépasse la valeur de 3 cmH2O/l/s.
La résistance uninasale est
pathologique quand elle dépasse 6 cmH2O/l/s.
En postvasoconstricteurs les normes changent et sont de
4 cmH2O/l/s en uninasale et 2 cmH2O/l/s en binasale.
B - ÉTUDE DE LA FONCTION MUCOCILIAIRE :
L’épuration mucociliaire est un moyen de défense non spécifique
mais fondamental face aux aérocontaminants.
Elle repose sur le
piégeage des particules et des micro-organismes dans le mucus, puis
son transport grâce au battement des cils vers le pharynx où il est
éliminé par déglutition.
Ses perturbations congénitales
(mucoviscidose, dyskinésies ciliaires primitives) ou acquises (après
infection virale) sont impliquées dans la survenue de pathologies
infectieuses diffuses et souvent sévères du nez et des sinus.
L’exploration de la fonction d’épuration mucociliaire de l’épithélium
nasal représente donc un outil diagnostique capital devant un
tableau de rhinosinusite suppurée diffuse de l’enfant comme de
l’adulte.
1- Exploration de la clairance mucociliaire nasale
:
Le test le plus courant, facile à mettre en oeuvre en pratique
quotidienne, repose sur l’évaluation du temps de transit de la
saccharine mesuré entre le dépôt de particules de saccharine à la
surface de la muqueuse nasale et la perception du goût sucré par le
patient déglutissant régulièrement.
Il nécessite une bonne
coopération du patient, gardant la station assise sans moucher ni
renifler mais semble possible chez l’enfant.
Normalement, la
saveur sucrée est perçue en environ 15 minutes, mais il existe de
grandes variations inter- et intra-individuelles et seules les valeurs
supérieures à 30 minutes sont considérées comme pathologiques.
Il
est possible d’associer à la saccharine un index coloré (indigotine)
qui sera détecté dans l’oropharynx.
La mesure du temps de transit
de la saccharine constitue donc un bon test de dépistage des
anomalies de la clairance mucociliaire qui doit conduire, en cas
d’anomalie, à la poursuite des investigations.
L’étude de la clairance mucociliaire nasale par analyse du transport
de particules radioactives (billes de résine ou sérum-albumine
marquées au technétium 99) est une méthode plus précise qui
permet d’obtenir un chiffre de clairance en mm/min mais qui est
peu utilisable en routine du fait de sa lourdeur.
2- Étude du battement ciliaire :
En clinique, l’étude du battement ciliaire permet de dépister les
lésions acquises mais surtout primitives des cils de l’épithélium
respiratoire.
L’étude du battement ciliaire peut être effectuée in vitro
ou in vivo.
L’étude in vitro est la plus couramment accessible, mais elle
nécessite une collaboration étroite avec le cytologiste.
En effet,
l’étude est réalisée sur des amas de cellules nasales techniqués et
analysés au maximum dans les 4 heures suivant le prélèvement.
Les
cellules sont recueillies en brossant la surface épithéliale (brosse
cytologique) de la face médiale du tiers moyen (le tiers antérieur est
revêtu d’un épithélium non cilié) du cornet inférieur (ou si besoin
au niveau du cornet moyen), puis suspendues en milieu de survie
cellulaire.
Pour la recherche d’anomalies primitives, le
prélèvement doit être réalisé en dehors d’une période d’infection
intense, qui peut être responsable en elle-même d’une diminution
de la fréquence du battement ciliaire, voire d’une disparition des
cellules ciliées.
Il a d’ailleurs été proposé d’étudier la fonction
ciliaire après ciliogenèse afin de s’affranchir des anomalies
acquises.
Le battement ciliaire peut être apprécié simplement
entre lame et lamelle mais la mesure de la fréquence du battement
ciliaire impose le recours à différentes méthodes : stroboscopie
électronique, microcinématographie à haute vitesse ou photooscillométrie.
L’examen doit également apprécier la richesse en
cellules ciliées battantes et le synchronisme du battement, et doit
être confronté à l’évaluation de la richesse du prélèvement en
cellules ciliées.
Différentes méthodes, utilisant les variations de réflexion de la
lumière induites par le battement des cils à la surface de la
muqueuse nasale, ont récemment été proposées pour mesurer la
fréquence du battement ciliaire in vivo.
Ces méthodes restent à
valider et ne sont pas encore disponibles en pratique clinique.
3- Étude de l’ultrastructure ciliaire
:
L’étude de l’ultrastructure ciliaire est indispensable au diagnostic de
dyskinésie ciliaire primitive où elle révèle des anomalies
monomorphes touchant la majorité des cils, contrairement aux
anomalies observées dans les pathologies acquises.
Longue et
coûteuse, sa réalisation est indiquée en cas d’anomalie de la
fréquence du battement ou, si celle-ci est normale, en cas de tableau
clinique très évocateur (il existe des dyskinésies ciliaires primitives
avec fréquence du battement normale mais désorientation des
cils).
L’ultrastructure ciliaire est analysée selon les techniques classiques
de microscopie électronique à transmission, sur des fragments de
muqueuse nasale contenant de nombreuses cellules ciliées orientées
dans le même plan.
Le prélèvement est réalisé par brossage ou
par curetage et/ou biopsie et doit être fixé de manière appropriée
(glutaraldéhyde 2,5 % dans tampon cacodylate 0,045M de pH 7,4).
L’analyse, qui doit porter sur au moins 50 coupes transversales de
cils issus de cellules différentes, appréciera le(s) type(s)
d’anomalie(s), leur fréquence (en % de cils anormaux) ainsi que
l’orientation des cils avoisinants.
Un faible pourcentage d’anomalies ciliaires mineures existe chez des
sujets indemnes de pathologie respiratoire (anomalies polymorphes
atteignant environ 5 % des cils étudiés).
Lorsque des anomalies
polymorphes touchent un pourcentage élevé des cils (> 30 %), elles
évoquent une pathologie ciliaire acquise postinfectieuse ou
toxique.
Dans les dyskinésies ciliaires primitives, les anomalies ultrastructurales des cils sont homogènes, touchant une large
majorité des cils (sauf pour les anomalies du complexe central qui
ne concernent jamais plus de 50 % des cils).
L’anomalie ultrastructurale la plus fréquemment retrouvée est l’absence de bras
de dynéine, mais d’autres anomalies axonémales ont été décrites.
4- Étude des propriétés du mucus :
Le mucus nasal est composé d’un réseau de glycoprotéines et
contient de nombreuses molécules (IgA, lysozyme, défensines)
participant au rôle de défense spécifique et non spécifique de
l’épithélium nasal.
Ses propriétés rhéologiques conditionnent le bon
fonctionnement de l’épuration mucociliaire mais leur étude n’est pas
développée en pratique clinique courante.
C - CYTOLOGIE NASALE :
Les interactions entre l’environnement aérien et l’organisme se
déroulent au niveau d’une interface complexe associant le mucus et
l’épithélium nasal.
Nos connaissances concernant le fonctionnement
normal et pathologique de cette interface sont encore fragmentaires.
Différentes techniques de prélèvement ont été proposées qui
permettent en fait de distinguer plusieurs sous-compartiments de composition
cellulaire et de rôle sans doute différents.
1- Sous-compartiments cytologiques et techniques
de prélèvement
:
Le premier compartiment est libre, composé de cellules desquamées,
noyées dans les sécrétions (mucus, larmes…).
Les germes, les
filaments mycéliens peuvent gêner l’étude cytologique des cellules
épithéliales ou inflammatoires parfois peu nombreuses ou en
mauvais état.
Ce compartiment est un élément dominant d’un
simple mouchage sans lavage ni stimulation préalable.
Le deuxième, dit adhérent, est formé par un film de mucus collant
et dense qui tapisse la surface épithéliale et dans lequel on trouve également des leucocytes, principalement des polynucléaires,
dispersés de manière hétérogène.
Il est prélevé, après mouchage, au
mieux par un frottis, sinon par lavage ou aspiration.
Le sous-compartiment dit mobilisable se situe dans la muqueuse
superficielle, en particulier au niveau glandulaire.
On peut le
recruter par stimulation cholinergique glandulaire pure
(métacholine).
Au côté des polynucléaires, on peut voir ici des
lymphocytes en nombre significatif.
Il est épuisable à court terme.
Le sous-compartiment cellulaire épithélial n’est pas mobilisable dans
les fosses nasales spontanément ou par stimulation.
Il doit être
extrait par un grattage ou un brossage.
Son recueil ramène beaucoup
de cellules épithéliales parmi lesquelles on peut compter également
des leucocytes, en particulier polynucléaires neutrophiles ou
basophiles, et des mastocytes.
Le compartiment cellulaire muqueux profond n’est accessible que
par biopsie et sort donc de l’étude cytologique.
Il comprend la
lamina propria et la sous-muqueuse.
2- Cytologie épithéliale :
L’évaluation qualitative et quantitative des cellules épithéliales
nasales est indispensable pour s’assurer de la présence de cellules
ciliées en nombre lors des explorations à la recherche de dyskinésies
ciliaires primitives.
Elle est aussi intéressante dans les pathologies
infectieuses et/ou inflammatoires chroniques du nez et des sinus où
elle permet d’évaluer la qualité du prélèvement et le retentissement
épithélial de la pathologie (hyperplasie sécrétoire, métaplasie
squameuse).
Le prélèvement doit être réalisé par brossage, car le recueil cellulaire
par lavage ou aspiration ne collecte que des cellules épithéliales
desquamées et donc altérées.
Après transport rapide au laboratoire,
une cytocentrifugation permet d’obtenir des pastilles sur lame dans
lesquelles la répartition cellulaire sera homogène.
Une ou plusieurs
colorations spécifiques seront réalisées : May-Grünwald-Giemsa
soulignant la morphologie des cellules épithéliales ; PAS (periodic
acid Schiff) colorant les mucines des cellules sécrétrices.
L’analyse
porte sur la morphologie des cellules épithéliales et la richesse des
différentes populations cellulaires peut être appréciée soit de
manière semi-quantitative, soit de manière quantitative (pourcentage
de cellules ciliées, sécrétrices, basales, métaplasiques).
3- Cytologie des sécrétions nasales
:
Les différentes techniques de prélèvement n’explorent pas tout à fait
les mêmes sous-compartiments, avec des chevauchements possibles.
* Techniques de prélèvement :
Mouchage : méthode la plus simple, le patient mouche directement
sur une lame de verre.
Après étalement et fixation par simple
séchage à l’air, une coloration permet la lecture en microscopie
optique.
Le résultat peut se limiter à la présence ou non
d’éosinophiles. Un comptage différentiel par rapport à la totalité des
cellules inflammatoires peut être tenté.
Lavage : la technique a été décrite par Naclerio en 1985.
Chez un
patient assis tête fléchie en arrière, voile du palais fermé, 5ml de
sérum salé sont instillés dans chaque fosse nasale.
Au bout de
10 secondes le sujet bascule la tête en avant et se mouche dans un
haricot.
Poids et volume du recueil peuvent être mesurés (en
moyenne 50 à 80 % du volume instillé).
Les proportions respectives
de sérum et de sécrétion ne sont pas connues.
Une bonne
coopération, voire un apprentissage du sujet, est nécessaire.
Une autre technique consiste chez un patient assis, la tête légèrement
penchée en avant, se bouchant une narine d’une main, tenant de
l’autre un flacon de recueil sous la narine explorée, à injecter à
contre-courant 7 ml de NaCl à l’aide d’un petit cathéter souple en
même temps que le patient se mouche.
Bien d’autres variantes
techniques ont été décrites.
Aspiration : des systèmes d’aspiration avec réceptacle intégré
permettent de mesurer le volume recueilli : John-Tym-Tapt (Xomed-
Treacet).
Chez des allergiques, le volume varie de 0,3 à 0,6 ml.
Une variante est la technique d’aspiration pesée à l’aide de canules
en verre connectée à une aspiration contrôlée.
Sur un patient semicouché,
la canule balaye les parois des fosses nasales en douceur
pendant 30 secondes.
La pesée quantifie le recueil.
Empreintes : elles sont réalisées à l’aide de petits disques de
diamètre défini de papier filtre (Milliporet), ou de film plastique
recouvert d’albumine à 1 % qui sont déposés pendant 5 minutes sur
une surface de muqueuse plane (septum).
Les disques sont ensuite
mis en suspension dans le milieu de recueil qui permettra l’analyse
cytologique.
Frottis : technique simple de prélèvement : un porte-coton en Dacront de préférence est passé à la surface de la muqueuse du
méat moyen ou des cornets.
Le prélèvement est ensuite étalé par
trois passages non superposés sur une lame de verre qui est fixée
par simple séchage à l’air.
Une coloration permet de noter la
présence ou non d’éosinophiles.
Brossage : une brosse droite est introduite entre septum et cornet
inférieur.
Quelques mouvements de rotation suivant son axe
permettent de recueillir sécrétions et surtout cellules épithéliales qui
sont détachées en grande quantité.
Grattage : réalisé à l’aide d’une curette qui permet un véritable
« scrapping » de la muqueuse.
Le recueil est soit directement étalé
sur lame, soit agité dans un milieu de recueil qui servira à l’analyse
cytologique.
Il existe des curettes à usage unique : Rhino-Probet.
Biopsie : nécessite une anesthésie locale pour l’étude de toute
l’épaisseur de la muqueuse.
* Traitement du prélèvement
:
Soit étalement sur lame et fixation par séchage à l’air ; après
coloration, une lecture qualitative ou semi-quantitative permet de
décrire les cellules épithéliales et les leucocytes.
Soit recueil en milieu liquide et centrifugation du prélèvement ;
l’addition d’un mucolytique (Digest-EURt, dithiothreitol…) est
souvent nécessaire pour obtenir un milieu homogène et libérer les
cellules emprisonnées dans le mucus.
Les colorations utilisées pour le comptage différentiel des leucocytes
sont la technique de May-Grünwald-Giemsa, de Whright-Giemsa et
de Diff-Quick, un dérivé plus rapide de la précédente.
Des méthodes immunochimiques peuvent être utilisées en
recherche.
* Lecture et comptage
:
Compte cellulaire total : il est réalisé avec un hémocytomètre à partir
du culot cellulaire d’une première centrifugation (numération
leucocytaire).
Comptage différentiel : le comptage se fait sur la base de 300 cellules
(en dessous de 25 cellules, il n’a pas de valeur).
Les neutrophiles et
les éosinophiles ne posent en général pas de problème
d’identification. Les mastocytes sont parfois plus difficiles à
distinguer.
* Renseignements fournis par l’analyse cytologique
:
Sujet normal : le polynucléaire neutrophile est le leucocyte dominant
avec un pourcentage moyen aux alentours de 90 %.
Cependant,
l’analyse après recueil par grattage montre des lymphocytes
beaucoup mieux représentés, avec seulement 55 à 60 % de
neutrophiles.
Les lymphocytes sont fréquemment observés chez le
sujet sain (en moyenne 5 %) alors que les éosinophiles varient entre
0 et 3 %.
Ils semblent être une cellule naturelle des sécrétions nasales,
mais de présence inconstante et transitoire.
La présence des autres
cellules inflammatoires est également possible mais moins constante.
Rhinite allergique : en situation de stimulation allergénique, les
éosinophiles apparaissent de manière constante dans les muqueuses,
mais à des taux moyens qui varient de 10 à 60 %.
Cette éosinophilie
est bien corrélée aux symptômes cliniques.
Sur des grattages, le taux
des monocytes s’élève de 40 à 70 %. L’étude cytologique est
également intéressante pour interpréter les tests de provocation
nasale allergénique.
Rhinite non allergique à éosinophiles : le taux de l’éosinophilie est
ici en moyenne plus important que dans les rhinites allergiques
(entre 20 et 100 %).
Les seuils à partir desquels une rhinite non
allergique est considérée comme un NARES sont variables selon les
auteurs, compris en général entre 10 et 20 %.
Polypose nasosinusienne : la cytologie des sécrétions nasales n’a pas
d’intérêt diagnostique, mais quand elle est réalisée, elle montre des
fluctuations importantes dans les taux d’éosinophiles d’un sujet à
l’autre ou d’un jour à l’autre.
Ainsi, on peut trouver parmi des
polypeux autant de sujets ayant une éosinophilie à moins de 10 %
que de sujet à plus de 20 %.
Ceci pourrait être lié soit à une
fluctuation propre de la maladie, soit à une mise en évidence plus
difficile des éosinophiles dans les sécrétions.
Infections bactériennes : la cytologie n’a pas d’intérêt et présente
quelques difficultés.
En effet, l’abondance des sécrétions, leur nature
purulente, gênent la lecture cytologique qui se limite en pratique à
constater une présence massive des polynucléaires neutrophiles plus
ou moins altérés.
Rhinites virales.
Les infections rhinologiques virales ont un profil
cytologique spécifique (ciliocytophoria).
Les cellules ciliées se
détachent, présentent d’importantes altérations de leur ciliature et
de leur structure interne.
La coloration de Papanicolaou rend bien
visible cet aspect qui peut persister plus de 1 semaine, en fonction
de l’agent viral responsable.
D - ÉTUDE DE LA FLORE BACTÉRIENNE
ET MYCOLOGIQUE NASALE :
1- Flore commensale :
La flore commensale joue un rôle protecteur qui est décrit sous le
terme d’effet barrière : elle régule le flux de micro-organismes entre
l’espace aérien et le milieu épithélial.
Par ailleurs, elle permet
également de réduire la croissance maximale d’une espèce
bactérienne et empêche l’implantation de nouvelles espèces
bactériennes saprophytes ou pathogènes.
Chez le sujet sain, la flore commensale nasale est composée
essentiellement de staphylocoques epidermidis, de corynébactéries,
plus rarement de streptocoques alphahémolytiques ou de Neisseria
sp.
La présence de germes pathogènes est rare chez l’adulte :
S. pneumoniae, H. influenzae, B catarrhalis sont isolés chez moins de
5 % des adultes sains ; les streptocoques bêtahémolytique du groupe
A et les entérobactéries sont exceptionnelles dans les fosses nasales
saines ; S. aureus est le pathogène dont le portage est le plus fréquent
chez le sujet sain (25 à 36 % des sujets).
Parmi les germes anaérobies, Propionibacterium acnes est isolé chez environ 75 % des sujets. Les
autres anaérobies (Septostreptococcus et Bacteroides) ne sont retrouvés
que chez moins de 5 % des sujets sains.
La flore nasopharyngée a été très peu étudiée chez l’adulte.
Elle est
probablement très proche de la flore nasale.
Bien qu’il y ait peu d’études, les sinus apparaissent comme des
cavités le plus souvent stériles.
2- Bactériologie des sinusites aiguës :
C’est la sinusite maxillaire aiguë de l’adulte qui est la mieux connue.
Les prélèvements sont faits soit par ponction directe de la cavité,
soit par prélèvement au niveau du méat moyen.
Si la ponction
demeure la méthode de référence du fait de la flore commensale des
fosses nasales et du risque de contamination, la fiabilité de l’isolat
ou méat moyen est d’environ 70 à 80 % (vérifiée à l’aide de doubles
prélèvements).
En France, les germes Streptococcus pneumoniae et Haemophilus
influenzae représentent près de 50 % des pathogènes.
Comme dans
l’otite moyenne aiguë, mais dans une proportion moindre, une
augmentation de la résistance du S. pneumoniae à la pénicilline
(39 %) et la sécrétion de bêtalactamase par H. influenzae (26 %) est
observée.
Les autres germes isolés sont Staphylococcus aureus,
Branhamella catarrhalis, streptocoque et entérocoque. La présence des
anaérobies est diversement signalée (entre 0 et 10 % selon les
auteurs).
On retrouve pratiquement les mêmes germes dans les sinusites
frontales aiguës.
En revanche, le Staphylococcus aureus est retrouvé
le plus fréquemment au niveau des sinusites sphénoïdales, ainsi que
dans les sinusites ethmoïdales.
3- Bactériologie des sinusites chroniques :
Les poussées aiguës de sinusite chronique sont liées aux mêmes
germes que ceux retrouvés dans les sinusites aiguës de patient
indemne de toute pathologie antérieure, avec peut-être un peu plus
fréquemment le Staphylococcus aureus.
En l’absence de
réchauffement, la flore des sinusites chroniques est souvent polymicrobienne, que le prélèvement soit fait sous guidage
endoscopique par voie endonasale, par ponction directe des sinus
ou par prélèvement peropératoire.
La différence réside dans le
pourcentage d’identification des germes anaérobies, mais le résultat
varie de 10 à 60 % selon les publications.
La présence de Pseudomonas aeruginosa est souvent soulignée même en dehors de
l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ou en
dehors de la mucoviscidose.
Le Staphylococcus aureus est également
très fréquemment retrouvé.
4- Mycologie nasale :
La présence de champignon dans le mucus nasal et leur rôle
saprophyte ou pathogène fait actuellement l’objet de nombreux
débats qu’il est impossible de rapporter ici.
E - MESURE DU MONOXYDE D’AZOTE (NO) NASAL
:
1- Données générales
:
Les concentrations de monoxyde d’azote mesurées au niveau nasal
(NO nasal) sont les plus élevées de l’arbre trachéobronchique.
Le NO nasal semble avoir différents rôles physiologiques au niveau de
la muqueuse nasosinusienne en étant impliqué dans les mécanismes
de défenses antibactériens et en modulant la fréquence des
battements ciliaires de l’épithélium respiratoire.
Tout comme le NO
exhalé est un bon marqueur de l’inflammation bronchique, le NO
nasal semble être un bon marqueur de l’inflammation nasosinusienne, son dosage étant particulièrement élevé dans la
rhinite allergique.
En revanche, le NO nasal est diminué dans la polypose nasosinusienne non opérée et effondré dans les dyskinésies
ciliaires congénitales et la mucoviscidose (mécanisme ?).
Mis à part ces données actuellement admises dans la littérature
internationale, le dosage du NO nasal reste une méthode
d’exploration fonctionnelle nasale en cours d’évaluation tant du
point de vue théorique que méthodologique.
L’origine exacte de sa
production de même que son rôle physiologique et
physiopathologique ne sont pas encore parfaitement connus et
demandent donc la réalisation d’études ultérieures.
La méthodologie
du dosage du NO nasal bénéficie de recommandations publiées par
l’American Thoracic Society mais il n’existe pour l’instant pas de
méthode standardisée.
2- Technique de mesure
:
La mesure du NO nasal reflète une concentration exprimée en parts per billion (ppb) équivalent du nanolitre par litre (nl/l).
Elle dépend
de la relation suivante :
Débit de NO nl/min
= concentration d de NO nl/l × débit d’air l/min
La technique consiste à mesurer le débit de NO dans l’air recueilli
après son passage successif dans les deux fosses nasales.
Pour cela, un capteur est placé à l’entrée d’une fosse nasale, à l’aide
d’un embout adapté à usage unique le plus souvent en mousse, luimême
relié à l’analyseur aspirant à débit connu l’air de la fosse
nasale.
Le malade réalise une apnée ou effectue une expiration
buccale forcée contre une résistance de 10 cmH20.
Ces mesures
visent à fermer le voile du palais pour éviter une contamination de
la mesure du NO nasal par le NO oropharyngé mais surtout
bronchique, de valeur beaucoup plus basse.
La concentration
mesurée par l’analyseur dans le capteur reflète donc la valeur de
concentration de l’air ambiant en NO qui s’est enrichi en gaz en
circulant successivement dans les deux fosses nasales (mesure binasale).
La valeur du débit aspiratif de l’air à l’entrée de la fosse nasale doit
se situer entre 1 et 5 l/min d’après les recommandations de l’ATS.
F - TESTS DE PROVOCATION NASALE (TPN)
:
Il y a plus de 150 ans, Blakley déposait des grains de pollens au
contact de la muqueuse nasale et déclenchait le tableau de la rhinite
pollinique, démontrant ainsi une entité nouvelle et l’intérêt des tests
de provocation.
Malgré de nombreux efforts, il n’y a pas pour
l’instant de technique standardisée pour réaliser des tests de
provocation nasale.
La difficulté est double, portant à la fois sur les
méthodes de provocation (aérosol, application directe sur la
muqueuse à l’aide de cotonnettes, seringue, applicateurs divers, …)
et les méthodes d’évaluation de la réponse nasale (mesure de
symptômes subjectifs, rhinomanométrie, rhinométrie acoustique…).
1- TPN aux pneumallergènes
:
Le résultat de ces tests doit être interprété avec prudence car cette
stimulation expérimentale de la muqueuse diffère considérablement
de l’exposition naturelle à un allergène donné.
La concordance entre
les résultats des TPN et des autres critères classiques du diagnostic
clinique de rhinite allergique varie, suivant les études et les auteurs,
d’excellente à pauvre.
Ainsi, des patients peuvent avoir des tests
cutanés positifs et des TPN négatifs.
De même, il n’y a pas toujours
de corrélation entre la taille de la réponse cutanée (sensibilité
cutanée) et la dose d’allergène nécessaire pour déclencher la réaction
nasale (sensibilité muqueuse).
Il n’y a pas toujours de corrélation
entre la dose déclenchante d’allergène au niveau nasal et la sévérité
des symptômes naturels.
Il a également été rapporté chez les
patients ayant une histoire clinique très évocatrice, des discordances
entre l’évaluation rhinomanométrique qui n’était pas modifiée et
l’apparition de marqueurs biologiques de l’inflammation nasale.
Les
risques d’erreur d’interprétation des tests de provocation nasale
semblent surtout augmenter lorsque de fortes doses d’allergènes
sont utilisées pour les provocations, en raison probablement de
l’hyperréactivité nasale non spécifique ou lorsque les extraits utilisés
ne sont pas de qualité irréprochable. Les TPN sont généralement
évalués au bout de 5 à 30 minutes.
En fait, surtout avec les pollens
et les acariens, il existe fréquemment des réponses retardées entre la
6e et la 24e heure qui peuvent alors être méconnues.
Il reste donc à faire de gros effort de standardisation, mais, réalisés
par une équipe entraînée et expérimentée, ces TPN permettent dans certains cas
d’apporter des informations précieuses.
2- TPN pharmacologiques
:
Ils ne sont pas utilisés en clinique mais ont permis d’améliorer nos
connaissances physiopathologiques.
Ainsi l’histamine et la métacholine déclenchent à la fois chez le sujet
sain et dans les rhinites, des réactions cliniques spécifiques et
reproductibles, mais qui n’ont pas permis de différencier les deux
groupes.
La bradykinine déclenche les symptômes nasaux et pharyngés de la
rhinite aiguë virale et a permis d’orienter la recherche vers les antibradykinines.
La réponse à un aérosol d’isoprotérénol, qui est inhibée par un
prétraitement de propranolol, a confirmé la présence de récepteurs
bêta-adrénergiques dans la muqueuse nasale.
La polymyxine B, qui est un histaminolibérateur, a été utilisée pour
tester la réactivité des mastocytes nasaux dans la rhinite allergique.
Enfin, il a été montré que l’osmolarité d’une substance aérosolisée
dans le nez pouvait déclencher à elle seule une réponse nasale.
3- TPN physicochimiques
:
Différents modèles ont été décrits montrant que le SO2, le NH3, un
mélange air-hélium, l’hypercapnie, l’enrichissement en O2, etc.
pouvaient modifier la réponse nasale.
La provocation de la muqueuse nasale avec de l’air froid et sec
déclenche chez le skieur une rhinorrhée qui peut être inhibée par
prétraitement à l’atropine.
Il a été montré également que les TPN
allergéniques étaient modifiés selon que le patient respirait de l’air
chaud et humide ou froid et sec.
Cette complexité apparente de la réactivité de la muqueuse nasale
ne doit pas freiner le développement de la pratique des tests de
provocation nasale.
Leur réalisation demande seulement une grande
rigueur de méthode et d’interprétation.
Exploration anatomopathologique
des lésions des fosses nasales :
Compte tenu de la diversité des lésions rencontrées, seules sont
envisagées ici les entités les plus spécifiques ou d’individualisation
plus récente.
Modalités de prise en charge des prélèvements : en l’absence
d’orientation diagnostique et pour certaines pathologies
(lymphomes, sarcomes), le prélèvement doit être adressé à l’état frais
et lorsqu’il est de petite taille, dans une compresse humidifiée avec
du sérum physiologique.
Ceci autorise différents conditionnements
adaptés aux techniques suivantes :
– fixation formolée : microscopie optique et immunohistochimie ;
– congélation : biologie moléculaire ;
– fixation dans du glutaraldéhyde : microscopie électronique ;
– RPMI : cytogénétique.
Si nécessaire, un prélèvement doit être adressé au laboratoire de
microbiologie.
Un examen extemporané est parfois requis pour
s’assurer de la représentativité de la pièce d’exérèse.
Dans la plupart des cas de pathologie courante, une fixation
formolée est suffisante.
A - PATHOLOGIES INFLAMMATOIRES :
1- Non spécifiques
:
* Polype inflammatoire :
Ce sont les lésions les plus fréquentes. Le plus souvent bilatérales,
elles sont macroscopiquement polypoïdes, pouvant prendre un
aspect pseudotumoral.
Histologiquement, le revêtement épithélial,
de type respiratoire est parfois le siège d’une métaplasie malpighienne.
Le stroma oedémateux renferme un infiltrat
inflammatoire chronique non spécifique plus ou moins riche en
polynucléaires éosinophiles. Plus rarement, le stroma est de type angiomateux.
* Sinusite chronique :
Lésions communes associant de façon variable infiltrat
inflammatoire, oedème, hyperplasie glandulaire, épaississement de
la membrane basale et métaplasie malpighienne.
* Mucocèle :
Encore appelée « pseudokyste », cette lésion des sinus, caractérisée
par une accumulation de mucus et une inflammation très marquée,
représente une complication de la sinusite chronique pouvant être à
l’origine d’une destruction osseuse.
2- Spécifiques
:
* Infections :
Lésions inflammatoires dues à des micro-organismes variés dont la
mise en évidence est facilitée par les colorations spéciales (Gram, Grocott, PAS, Ziehl…).
Les plus fréquemment incriminés sont les
agents mycotiques ou fungiques (sinusite aspergillaire,
mucormycose, rhinosporidiose…), mycobactériens…
* Sarcoïdose :
Lésion granulomateuse épithélioïde et gigantocellulaire non
nécrosante pouvant être responsable d’une perforation septale.
* Maladie de Wegener
:
L’atteinte nasale est classiquement associée à des atteintes
pulmonaires et rénales.
Les biopsies de muqueuse nasale sont
rarement contributives.
Elles devraient en effet, pour être
significatives, comporter une ulcération, une vascularite et des
foyers de nécrose cernés d’une inflammation granulomateuse.
Tous
ces éléments sont rarement présents simultanément ; la vascularite
et les foyers de nécrose manquent souvent.
Le diagnostic est alors
évoqué sur un faisceau d’arguments cliniques et biologiques
(c-ANCA…).
B - PATHOLOGIES TUMORALES :
1- Tumeurs bénignes
:
* Papillomes :
Lésions tumorales bénignes, le plus souvent unilatérales, pour
lesquelles différentes terminologies sont également utilisées
(papillome transitionnel, schneidérien…).
Plusieurs types
histologiques sont individualisés.
Exophytique ou fungiforme : il se développe préférentiellement au
niveau du septum nasal.
Il comporte un axe conjonctif et un
revêtement épithélial de surface de type malpighien, cylindrique
cilié, intermédiaire ou mucosécrétant.
Inversé : retrouvé principalement au niveau de la paroi latérale des
fosses nasales et des sinus, son développement est endophytique au
sein du chorion.
Les structures épithéliales sont de type malpighien,
cylindrique cilié, intermédiaire ou mucosécrétant.
Oncocytique : plus rare, il est à développement endo- et exophytique,
tapissé par un épithélium cylindrique pluristratifié de type
oncocytaire.
Les techniques de biologie moléculaire (hybridation in situ, polymerase chain reaction [PCR]) montrent l’association de ces lésions
avec le virus HPV (sous-types 6 et 11) avec une fréquence variable
selon les types histologiques.
Cette relation est établie avec les
papillomes exophytiques (50 % à 100 % des cas), plus inconstante
avec les papillomes inversés, non décrite avec les oncocytiques.
Le
virus Epstein-Barr (EBV) est également incriminé.
Ces tumeurs sont susceptibles de récidives locales mais seuls les
papillomes inversés et oncocytiques peuvent évoluer vers un
carcinome épidermoïde.
Le diagnostic différentiel se pose désormais avec l’hamartome
épithélial respiratoire adénomatoïde (REAH).
* Hamartome épithélial respiratoire adénomatoïde (REAH)
:
D’individualisation récente (1995), cette lésion d’aspect polypoïde,
développée principalement à partir du septum nasal, est
habituellement unilatérale.
Histologiquement, le type épithélial est le plus fréquent mais de
rares formes mésenchymateuses ou mixtes sont décrites, posant le
problème du diagnostic différentiel avec les tératomes.
Les formes épithéliales sont composées de glandes nombreuses, dont
l’épithélium cylindrique cilié et souvent mucosécrétant est en
continuité avec l’épithélium de surface invaginé.
Elles sont de façon
caractéristique entourées d’une membrane basale épaisse
éosinophile.
Le stroma est identique à celui de toute pathologie
inflammatoire.
Si le diagnostic différentiel se pose en premier lieu avec des lésions
bénignes, la richesse en structures glandulaires peut en imposer
pour un adénocarcinome.
L’exérèse chirurgicale complète est
suffisante.
Il n’a pas été décrit actuellement de récidives.
* Angiofibrome nasopharyngien :
Affectant préférentiellement le sujet jeune de sexe masculin, il se
développe au niveau du mur postérolatéral du toit de la cavité
nasale.
Sa localisation est importante pour le différencier d’un
hémangiome capillaire.
D’aspect polypoïde, il saigne facilement au
contact.
Histologiquement, il est constitué d’une intrication de vaisseaux et
d’un stroma fibreux.
* Autres
:
D’autres tumeurs ne présentant pas de spécificité peuvent se
rencontrer : adénome, angiome, tumeurs nerveuses…
2- Tumeurs malignes :
* Carcinomes :
Ils sont rares, le plus fréquemment de type épidermoïde.
Les
adénocarcinomes, à différenciation digestive fréquente, ont la
particularité d’être souvent liés à une exposition professionnelle au
bois et d’être agressifs localement.
Les autres carcinomes sont en
majorité issus des glandes salivaires (carcinomes adénoïdes
kystiques, mucoépidermoïdes, à cellules acineuses…).
* Autres tumeurs
:
Parmi les tumeurs nerveuses, la plus spécifique est
l’esthésioneuroblastome.
Polypoïde et très vascularisée, elle se
développe au niveau du toit des fosses nasales et présente les
caractéristiques histologiques des tumeurs neuroectodermiques.
Lymphomes, mélanomes, et sarcomes divers sont également
rencontrés.
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