Neuropathies néoplasiques et paranéoplasiques au cours des tumeurs solides
Cours de Neurologie
Introduction
:
L’analyse d’une neuropathie périphérique chez les patients
cancéreux doit prendre en compte trois paramètres :
– la nature du cancer primitif, son siège et son extension locale et
systémique ;
– les traitements reçus ou en cours ;
– les symptômes neurologiques et leur évolution.
À côté des lésions
métastatiques, dont le traitement est souvent difficile, il existe des
neuropathies non tumorales qui nécessitent un traitement spécifique.
Complications tumorales
et métastatiques :
Les neuropathies périphériques observées au cours des tumeurs
solides sont le plus souvent de mécanisme compressif chronique,
le périnèvre des nerfs crâniens et périphériques constituant une
barrière efficace contre l’envahissement.
Dans ce cas, le
traitement du cancer peut s’accompagner d’une amélioration des
symptômes neurologiques, les capacités de régénération nerveuse
étant préservées.
Le développement d’un cancer solide dans
l’endonèvre est rare, contrairement aux hémopathies malignes ; la
destruction qu’il entraîne est alors irréversible.
A - ENVAHISSEMENT TUMORAL DES NERFS CRÂNIENS :
1- Cancer de la sphère oto-rhino-laryngologique :
Les tumeurs de l’orbite, du nasopharynx, des sinus de la face et de
l’oreille moyenne peuvent envahir les nerfs crâniens.
Il s’agit
essentiellement des sarcomes et de carcinomes. Une névralgie du
trijumeau, unilatérale, sévère et rebelle, située dans le territoire du
V2-V3, est souvent la première manifestation d’un cancer du nasopharynx.
Lorsque la tumeur s’étend, tous les nerfs
crâniens, au premier rang desquels vient le VI, peuvent être atteints.
Les tumeurs de la parotide se compliquent fréquemment d’une
compression du nerf facial responsable d’une paralysie faciale
parfois accompagnée d’une altération du goût.
Une névralgie
du nerf glossopharyngé, souvent suivie d’une syncope, est un signe
classique de récidive d’une tumeur oto-rhino-laryngologique (ORL)
dans la région péricarotidienne.
L’imagerie par résonance magnétique (IRM) et le scanner montrent
la tumeur, son extension au niveau des trous de la base et la
compression des nerfs crâniens qui sont parfois élargis.
La
réalisation de fenêtre osseuse au cours du scanner visualise une lyse
osseuse de la base du crâne.
Lorsqu’une paralysie des nerfs crâniens se développe après
radiothérapie d’une tumeur de la sphère ORL, il peut être difficile de distinguer une récidive tumorale d’une neuropathie radioinduite.
La présence de douleurs sévères est le principal argument
clinique en faveur d’une cause tumorale.
2- Métastases de la base du crâne
:
Les métastases de la base du crâne sont surtout une complication
des cancers du sein, du poumon, de la prostate et du rein.
L’IRM est l’examen qui permet d’analyser les rapports de
la tumeur et des nerfs crâniens et de déterminer l’invasion du sinus
caverneux. Le scanner avec réalisation de fenêtre osseuse conserve
un intérêt dans l’évaluation de la destruction osseuse.
Un examen
du liquide céphalorachidien (LCR) est important pour éliminer une
méningite carcinomateuse associée.
3- Neuropathie sous-orbitaire et mentonnière
:
* Neuropathie sous-orbitaire ou « syndrome de la joue engourdie »
(« numb cheek syndrome »)
:
Elle peut être révélatrice d’un carcinome épidermoïde de la face ou
d’une métastase.
Elle se manifeste par une hypoesthésie
homolatérale de la narine, de la joue (région malaire), de la paupière
inférieure et de la lèvre supérieure.
Une hypoesthésie de la partie
antérieure des gencives supérieures est très souvent associée par
atteinte du nerf alvéolaire supérieur.
Une paralysie des branches
distales du nerf facial peut aussi s’observer, entraînant une paralysie
de la paupière inférieure.
* Neuropathie mentonnière ou « syndrome de la houppe
du menton » (« numb-chin syndrome »)
:
Elle est souvent d’origine métastatique et peut révéler un cancer du
sein, du poumon ou une hémopathie maligne.
Le tableau clinique
est caractérisé par des paresthésies associées à une hypoesthésie
homolatérale de la houppe du menton, de la lèvre inférieure et de la
muqueuse gingivolabiale.
Plusieurs mécanismes sont possibles :
– compression du nerf mentonnier ou du nerf alvéolaire inférieur
par une métastase osseuse maxillaire inférieure ;
– infiltration du nerf trijumeau par une métastase de la base du
crâne ou une méningite carcinomateuse.
Un traitement précoce par radio- et chimiothérapie améliore les
symptômes mais la médiane de survie est courte (3-12 mois), car la
neuropathie mentonnière est presque toujours associée à des cancers
disséminés.
B - ENVAHISSEMENT OU COMPRESSION TUMORAUX
DES PLEXUS ET DES NERFS PÉRIPHÉRIQUES :
1- Plexite brachiale
:
Les cancers du sein (adénopathies métastatiques axillaires ou supraclaviculaires) et de l’apex pulmonaire (syndrome de
Pancoast) se compliquent d’une plexopathie brachiale dans 2,5 à
5 % des cas.
L’intervalle moyen entre le diagnostic de la tumeur
et l’apparition des manifestations neurologiques est de 3,5 ans,
sauf dans les néoplasies de l’apex pulmonaire où la plexopathie est
fréquemment révélatrice.
La douleur est la manifestation
inaugurale dans plus de 75 % des cas.
Sa distribution est
souvent imprécise.
Elle siège habituellement dans l’épaule ou
dans l’aisselle, irradiant dans le cou et surtout à la face interne du
bras.
Des paresthésies localisées au cinquième doigt, puis s’étendant
à tous les doigts, apparaissent dans un deuxième temps.
Les
douleurs se caractérisent par leur sévérité et leur résistance aux
antalgiques, leur caractère permanent, leur aggravation fréquente
lors des mouvements de la tête et de l’épaule.
La faiblesse
musculaire est plus tardive.
L’examen peut être normal au
début ; ultérieurement, il met en évidence un déficit sensitivomoteur
affectant préférentiellement le territoire C7-D1 s’accompagnant
d’une amyotrophie (qui peut être masquée par un lymphoedème
associé), d’une aréflexie, et dans 33 à 50 % des cas, d’un signe de
Claude Bernard-Horner.
Des adénopathies tumorales
supra- et infraclaviculaires ou axillaires sont retrouvées à la
palpation dans 25 à 50 % des cas.
Une épidurite métastatique
est associée à la plexopathie dans plus de 30 % des cas et doit être
recherchée par une IRM avec injection de gadolinium.
L’électromyogramme (EMG) est constamment altéré.
Aucune
anomalie électrophysiologique ne permet de différencier les plexites
radiques des plexites métastatiques, sauf les fasciculations et les
décharges myokimiques qui sont exceptionnelles au cours des
plexites métastatiques.
Le scanner thoracique, les radiographies
pulmonaires, du rachis cervical, des côtes et la scintigraphie osseuse
révèlent une tumeur apicale ou la présence de métastases osseuses
associées.
L’IRM centrée sur le plexus brachial met en évidence une
masse circonscrite ou un aspect d’infiltration diffuse des tissus.
Les images d’infiltration ne peuvent être différenciées de
celles que produit la fibrose radique sauf quand elles
s’accompagnent d’une extension aux régions paravertébrales et
d’une érosion vertébrale ; pour cela, le scanner reste l’examen de
référence.
En l’absence de traitement efficace, l’évolution se fait vers
l’aggravation inéluctable en quelques mois, aboutissant chez de
nombreux patients à un membre inutilisable et très douloureux.
Le
suicide n’est pas rare.
Une radiothérapie du plexus brachial à la dose
de 30 Gy en 3 semaines ou 50 Gy en 5 semaines est généralement
recommandée, permettant une amélioration de la douleur
dans la moitié des cas.
La réalisation d’un bloc nerveux paravertébral est possible si seulement une ou deux racines sont
atteintes.
En cas de douleur rebelle au traitement classique, une
rhizotomie dorsale, une chirurgie de la racine dorsale ou une cordotomie percutanée sont à envisager.
Les traitements antalgiques
classiques, voire les morphiniques, sont utiles. Une plexite métastatique reste
de mauvais pronostic puisque la médiane de survie est de 1,4 an.
2- Plexite lombosacrée
:
La fréquence des plexites lombosacrées s’explique par la proximité
entre le plexus lombosacré et les structures rétropéritonéales.
Les
néoplasies abdominopelviennes pouvant se compliquer d’un
envahissement du plexus lombosacré sont essentiellement les
cancers anorectaux, les cancers du côlon et les lymphomes.
Cependant, les cancers du col de l’utérus, de la prostate, les
sarcomes du pelvis ou une métastase d’une tumeur primitive située
à distance peuvent être en cause.
Dans 15 % des cas, la plexopathie est révélatrice de la tumeur.
Le délai entre le diagnostic
de la tumeur primitive et le développement de la plexopathie varie
de 2 à 4,5 ans.
La douleur est habituellement le premier et principal
symptôme, devenant constante au cours de l’évolution.
Typiquement, elle est unilatérale et de siège proximal dans la région
lombaire, le pelvis, la hanche ou la fesse. Les troubles
sphinctériens sont tardifs et ils témoignent alors d’un envahissement
massif du pelvis.
À l’examen, un oedème uni- ou bilatéral des
membres inférieurs est parfois présent.
Un déficit moteur unilatéral
est observé dans plus de 85 % des cas, s’accompagnant d’une
réduction ou d’une abolition homolatérale des réflexes tendineux.
Un déficit sensitif est moins fréquent.
L’hyperextension de la cuisse provoque souvent une vive douleur antérolatérale de la
hanche et de la cuisse homolatérales ; ce signe est absent dans les
plexites radiques.
L’EMG est toujours anormal et ne retrouve pas de fasciculations et
de décharges myokimiques comme dans les plexites radiques.
Le
scanner pelvien montre une masse homolatérale à la plexopathie
dans 80 à 100 % des cas, qui correspond à la tumeur primitive ou à
des adénopathies métastatiques.
Dans la série de Jaeckle et al, la
myélographie ou l’IRM avec injection de gadolinium ont montré une
extension tumorale dans le canal rachidien et une épidurite associée
dans 45 % des cas.
L’évolution se fait en quelques semaines ou mois vers une
aggravation des douleurs et un déficit sévère.
Les corticoïdes ont un
effet antalgique transitoire ; les analgésiques morphiniques sont
souvent nécessaires.
L’efficacité antalgique de la radiothérapie,
associée ou non à une chimiothérapie, varie de 15 à 85 % suivant les
séries.
Une amélioration des signes neurologiques n’est observée que
dans 15 à 30 % des cas.
La médiane de survie varie de 5,5 à
20 mois.
3- Autres neuropathies métastatiques
:
Des métastases dans les ganglions rachidiens ont été rapportées.
Le nerf phrénique et le nerf laryngé récurrent peuvent être envahis
lors des cancers du poumon, du sein, du médiastin, de l’oesophage.
Enfin, n’importe quelle tumeur peut entraîner un déficit d’un nerf
périphérique situé dans son voisinage immédiat.
Il en est ainsi, par
exemple, des neuropathies radiales observées dans les métastases
de l’humérus.
C - MÉNINGITE CARCINOMATEUSE :
La méningite carcinomateuse (MC) est liée au développement
multifocal ou diffus de cellules métastatiques dans les espaces sousarachnoïdiens.
Son incidence varie de 3 à 8% suivant la nature
de la tumeur primitive (surtout les mélanomes, les cancers du sein
et du poumon).
Dans 10 % des cas, la MC est révélatrice du
cancer.
L’atteinte du système nerveux périphérique est due à une
infiltration, à une compression des racines ou à la sécrétion de
facteurs neurotoxiques (notamment myélinotoxiques) par les cellules
tumorales ; elle s’associe très souvent à des signes centraux.
Des signes d’atteinte des nerfs crâniens ou des racines nerveuses
sont présents initialement chez 50-75 % des patients et dans la
totalité des cas au cours de l’évolution.
Au niveau périphérique, les
signes le plus souvent retrouvés sont une abolition d’un ou de
plusieurs réflexes tendineux, isolée ou associée à un déficit
sensitivomoteur de topographie radiculaire ou pluriradiculaire.
La survenue d’une sciatique chez un cancéreux ne doit jamais être
négligée et doit faire évoquer une MC au même titre qu’une
métastase rachidienne.
Rarement, le tableau clinique est celui
d’une polyradiculonévrite douloureuse d’évolution subaiguë.
Le diagnostic repose sur la mise en évidence de cellules malignes
dans le LCR.
Elles sont retrouvées initialement dans environ 50 %
des cas et dans 90 % des cas lorsque la ponction lombaire est répétée
plus de deux fois. Une hyperprotéinorachie souvent supérieure à
2 g/L est fréquente.
Une hypoglycorachie est rare mais très
évocatrice.
Une élévation des marqueurs spécifiques des tumeurs,
ainsi que des marqueurs non spécifiques tels que la lactate
déshydrogénase (LDH) doit être recherchée.
L’IRM cérébrale et spinale, après injection de gadolinium, met en
évidence dans respectivement 30 % et 50 % des cas des prises de
contraste méningées diffuses ou nodulaires, en particulier au niveau
de la queue-de-cheval et un élargissement des nerfs crâniens
infiltrés.
Sans traitement, la médiane de survie des patients porteurs d’un
cancer solide est de 6 semaines à 2 mois.
L’association d’une
radiothérapie des foyers tumoraux identifiés et d’une chimiothérapie intrathécale par méthotrexate permet une stabilisation transitoire des
symptômes dans les trois quarts des cas ; la médiane de survie n’est
toujours que de quelques mois, sauf dans 15 % des cancers du sein
où elle est supérieure à 1 an.
Neuropathies non tumorales
:
A - NEUROPATHIES IATROGÈNES :
1- Complications de la chirurgie
:
* Lésions compressives
:
La paralysie du plexus brachial est la plus fréquente.
Elle s’observe
essentiellement chez les patients qui subissent une mastectomie ou
une thoracotomie lorsque le bras est placé en hyperabduction audessus
de la tête.
Une paralysie radiale peut s’observer lorsque le
bras du patient repose sur une surface dure et une paralysie cubitale
lorsque le bras du patient est maintenu par une planchette pour
garder une voie veineuse.
Les paralysies sciatiques s’observent
surtout après une chirurgie en position assise (tumeurs de la fosse
postérieure). Le pronostic est généralement bon en quelques mois
sous couvert d’une vigoureuse rééducation.
* Atteinte directe
:
Plusieurs nerfs crâniens (VII, IX, X, XI et XII) peuvent être affectés
au cours des chirurgies des cancers de la face et du cou.
Une
rééducation est utile.
Les mastectomies radicales s’accompagnent
toujours de lésion du deuxième nerf intercostal et une paralysie postchirurgicale du nerf du muscle grand dentelé s’observe dans 5 à
10 % des cas.
Les douleurs postmastectomies immédiates ou
retardées s’observent dans 15 % des cas et deviennent chroniques
chez 5 % des patientes.
Elles peuvent être très invalidantes et se
manifestent par des dysesthésies de la paroi antérieure du thorax,
de l’aisselle et de la face interne du bras.
Les douleurs postthoracotomies
apparaissent habituellement au décours de
l’intervention et se manifestent par des dysesthésies à type de
brûlures le long de la cicatrice opératoire.
Il peut s’agir de douleurs
cicatricielles ou d’une infiltration tumorale des nerfs intercostaux.
* Complications liées à une hémorragie après la chirurgie
:
Elles apparaissent dans les 24 à 48 heures et se manifestent par des
douleurs ou des paresthésies dans un territoire nerveux.
Il s’agit le
plus souvent d’une atteinte des plexus lombaire lors d’une
hémorragie de la loge du psoas responsable d’une paralysie de la
flexion de la cuisse et de l’extension du genou.
Le scanner ou
l’IRM aident au diagnostic.
Le traitement par drainage de
l’hématome permet une régression complète des symptômes qui
peut être spontanée.
2- Complications de la radiothérapie
:
Une irradiation de la tête et du cou peut entraîner une lésion de
tous les nerfs crâniens des mois ou plus souvent des années après.
Les principaux facteurs de risque sont la proximité de la tumeur et
du nerf et le volume, la dose totale et la dose par fraction de
radiation.
L’atteinte du plexus brachial est la plus fréquente des neuropathies postradiques survenant dans 1,8 % des cas.
Elle
survient en règle après une irradiation sus-claviculaire ou axillaire
pratiquée pour un cancer du sein.
Il est nécessaire de distinguer les plexites radiques précoces des plexites radiques tardives. Les
premières surviennent 3 à 6 mois après l’irradiation et se
manifestent par des paresthésies de la main, parfois accompagnées
d’une douleur axillaire modérée et d’un déficit moteur.
L’EMG
montre une démyélinisation et l’évolution est en règle favorable
spontanément en quelques semaines ou mois avec une récupération complète.
La plexite brachiale postradique tardive survient en
moyenne 3 à 4 ans après l’irradiation mais des délais pouvant
aller jusqu’à 20 ans ont été rapportés.
Plus qu’à la dose totale, elle
est liée au fractionnement de la radiothérapie, notamment à la dose
par fraction.
Les paresthésies de la main et du bras sont
associées à un déficit sensitif et parfois à des douleurs qui restent
modérées ; un déficit moteur apparaît plusieurs mois après. Le
principal diagnostic différentiel est une plexite d’origine tumorale.
Une plexite lombosacrée est moins fréquente et complique une
irradiation abdominopelvienne.
La forme transitoire précoce
apparaît en moyenne 4 mois après l’irradiation et se caractérise par
des paresthésies distales et bilatérales des membres inférieurs qui
régressent en 3 à 6 mois.
Le délai d’apparition de la forme tardive
est en moyenne de 5 ans.
Elle se caractérise par un déficit moteur
des membres inférieurs à prédominance distale, associé à des
troubles sensitifs.
Le traitement des dysesthésies repose sur les analgésiques, les
antidépresseurs tricycliques ou les anticonvulsivants ; il reste
difficile.
Les corticoïdes peuvent également être utilisés.
Récemment,
l’utilisation d’anticoagulants chez un nombre restreint de patients a
permis une amélioration des symptômes.
Les « neuronopathies motrices » postradiques sont rares et leur
mécanisme encore inconnu (atteinte du motoneurone ou des racines
antérieures).
Elles s’observent dans un délai de 3 mois à 25 ans après
irradiation des chaînes lymphatiques para-aortiques pour un cancer
testiculaire ou un lymphome, ou après irradiation spinale d’un
médulloblastome.
Cliniquement, il s’agit d’un déficit moteur,
proximal et distal, bilatéral, des membres inférieurs, parfois associé
à des fasciculations et à une atrophie musculaire ; les réflexes
tendineux sont abolis.
L’IRM peut être normale ou montrer une
prise de contraste de la queue-de-cheval.
Le LCR est acellulaire ;
une hyperprotéinorachie est fréquente. L’EMG montre une
dénervation sans anomalies des réponses sensitives.
L’évolution est
variable ; un déficit sensitif et des troubles sphinctériens peuvent
apparaître plusieurs années après le début des symptômes.
Aucun traitement n’est actuellement reconnu.
3- Complications de la chimiothérapie
:
Les neuropathies périphériques sont une complication fréquente de
la chimiothérapie.
Dans les alcaloïdes de la Vinca (appartenant à la famille des
alcaloïdes), la vincristine est la plus neurotoxique par rapport à la
vindésine et la vinblastine.
Typiquement, la neuropathie à la
vincristine débute par des paresthésies des doigts puis des pieds.
Le
symptôme le plus précoce à l’examen clinique est une abolition des
réflexes tendineux achilléens.
Plus tardivement, il existe une atteinte
de la sensibilité proprioceptive ; une diminution de la force
musculaire est plus rare.
L’EMG montre une
polyneuropathie sensitivomotrice axonale.
Les symptômes sont
régressifs en quelques mois après l’arrêt de la vincristine.
La
neuropathie dysautonomique survient dans 33 % des cas et se
caractérise par des douleurs abdominales et une constipation.
L’iléus paralytique est rare chez l’adulte ; une amélioration d’un
iléus induit par la vincristine a été rapportée avec le métoclopramide.
La prévention de la constipation reste essentielle
par un régime adapté et la prescription de laxatif.
Dans la famille des alcaloïdes, le paclitaxel (Taxolt) et le docétaxel
(Taxotèret) sont utilisés dans les cancers ovariens et
gynécologiques.
Ils entraînent une neuropathie à
prédominance sensitive dans 60 % des cas si la dose cumulée est
supérieure à 250 mg/m2.
À l’examen clinique, toutes les modalités
sensitives sont atteintes.
L’EMG révèle typiquement une
polyneuropathie axonale à prédominance sensitive avec diminution
de l’amplitude des potentiels sensitifs des quatre membres.
Chez
certains patients, un déficit moteur proximal peut apparaître.
L’utilisation en prévention de facteurs de croissance est en cours
d’étude.
Dans la famille des agents alkylants, le cisplatine, qui est un agent à
base de platine, est la troisième grande cause de neuropathie
périphérique.
Une neuronopathie sensitive apparaît pour une dose variant de 200
à 400 mg/m2.
Les premiers symptômes sont un engourdissement
des pieds, puis des mains, parfois associé à une douleur ; à l’examen
clinique, les réflexes ostéotendineux (ROT) achilléens sont abolis, et
il existe une atteinte de la sensibilité profonde pouvant évoluer vers
une ataxie sévère empêchant la station debout.
La sensibilité thermoalgique est relativement préservée et la force musculaire est
normale.
L’EMG révèle une polyneuropathie sensitive axonale.
Le
diagnostic différentiel est une neuronopathie sensitive d’origine
paranéoplasique qui se différencie cliniquement par une atteinte de
toutes les modalités sensitives.
L’amélioration plusieurs mois après
l’arrêt de la chimiothérapie est possible, qu’elle soit totale ou
partielle. L’utilisation d’agents protecteurs est en cours d’étude.
B - NEUROPATHIES MÉTABOLIQUES OU CARENTIELLES :
Les patients cancéreux souffrent souvent de défaillances viscérales
(hépatiques, rénales) qui peuvent occasionnellement se compliquer
de neuropathie périphérique.
De plus, les carences vitaminiques
sévères, notamment en vitamine B1, folates et vitamine B12 peuvent
se développer après traitement des tumeurs ORL ou digestives, et
être à l’origine de neuropathie axonale.
Un supplément
vitaminique doit être systématique chez ces patients.
Finalement, la
plupart des cancers s’accompagnent d’une cachexie.
Dans une étude
prospective des cancers du poumon à petites cellules, Hawley et
al ont trouvé que tous les patients développaient une discrète
neuropathie lorsqu’ils avaient perdu 15 % de leur poids et une
neuropathie périphérique modérée à sévère quand la perte de poids
atteignait 40 %.
C - AUTRES NEUROPATHIES NON TUMORALES :
Les zonas se développent dans 10 à 15 % des cas de lymphomes.
En
revanche, l’incidence des zonas ne semble pas accrue chez les
patients souffrant de tumeurs solides.
Les exceptions sont le
développement d’un zona dans un territoire irradié ou opéré.
Plus
exceptionnellement, un zona peut aussi précéder le développement
d’une compression médullaire dans le même métamère.
Parmi les causes vasculaires de neuropathie périphérique, les
infarctus et hémorragies s’observent dans les hémopathies malignes
mais n’ont pas été rapportés dans les tumeurs solides. Une
neuropathie axonale ischémique a été observée chez un patient
souffrant d’un syndrome carcinoïde avec vasospasme et gangrène
digitale.
D - NEUROPATHIES PARANÉOPLASIQUES :
Croft et Wilkinson,
dans une revue de 1 465 patients, ont observé 21 cas (soit 1,5 %) de
neuropathies périphériques.
Il est toutefois probable qu’une majorité
de ces neuropathies, souvent cliniquement minimes, ont en réalité une origine nutritionnelle ou métabolique et ne peuvent donc être
considérées comme d’authentiques neuropathies paranéoplasiques.
La plupart des auteurs trouvent une nette prédominance du cancer
du poumon.
Dans la série de Croft et Wilkinson, la localisation
du cancer est la suivante : poumon 52 %, sein 11 %, estomac 10,5 %,
ovaire 7 %, côlon 4 %, rectum 1,2 %, autre 13,5 %.
1- Neuronopathie sensitive subaiguë paranéoplasique
(NSSP) ou syndrome de Denny-Brown :
Une origine paranéoplasique est retrouvée dans 20 % des
neuropathies sensitives subaiguës.
Dans les deux tiers des cas, la NSSP s’associe à un cancer pulmonaire à petites cellules (CPCP).
Le
cancer est généralement de petite taille, limité aux ganglions
locorégionaux, sans envahissement métastatique.
Dans les trois quarts des cas, elle précède la découverte du cancer
de plusieurs mois, voire années.
L’âge moyen est de 50-60 ans.
La NSSP se manifeste par des douleurs, des paresthésies,
des dysesthésies à type de brûlures et une sensation
d’engourdissement des extrémités des quatre membres, parfois
asymétriques au début, d’évolution ascendante en quelques jours,
semaines ou mois, affectant également le tronc et plus rarement la
face.
L’atteinte de la sensibilité proprioceptive domine le tableau
clinique ; elle est responsable de la perte du sens de position
segmentaire, d’une instabilité sévère à la marche évoluant souvent
vers un état grabataire et de mouvements pseudoathétosiques des
mains.
La sensibilité vibratoire est grossièrement altérée. Les autres
modalités sensitives (tactile et thermoalgique) sont également
atteintes. Les réflexes tendineux sont généralement abolis.
Dans les
trois quarts des cas, la NSSP s’associe, soit d’emblée, soit au cours
de son évolution, à une atteinte plus diffuse du système nerveux ;
on parle alors d’encéphalomyélite paranéoplasique qui peut associer
à des degrés divers : une NSS, un syndrome cérébelleux, une
encéphalite limbique, une dysautonomie, une atteinte de la corne
antérieure et du tronc cérébral.
L’IRM cérébrale peut montrer des hypersignaux hippocampiques en
séquence T2 et fluid-attenuated inversion recovery (FLAIR) lors de
l’encéphalite limbique ; une atrophie cérébelleuse peut être présente
à un stade plus tardif.
Il n’y a pas de modification des paramètres biologiques sanguins
usuels.
L’étude du LCR révèle une hyperprotéinorachie dans deux
tiers des cas (en moyenne 1 g/L, inférieure à 2 g/L) et parfois, une
pléiocytose modérée (5-30 lymphocytes/mm3).
L’EMG montre typiquement des potentiels sensitifs diminués ou
absents.
Au début, les potentiels d’action sensitifs et les vitesses de
conduction sensitives (VCS) peuvent être normaux, malgré une riche
symptomatologie sensitive si la dégénérescence wallérienne distale
ne s’est pas encore produite.
Les potentiels moteurs sont
normaux ou discrètement diminués.
La biopsie neuromusculaire montre une perte axonomyélinique non
spécifique avec dégénérescence wallérienne proportionnelle à
l’atteinte des ganglions rachidiens.
Une discrète atrophie musculaire
de dénervation peut aussi être observée.
Une microvascularite du
nerf est parfois présente chez des patients souffrant de NSSP
associée à une encéphalomyélite.
L’étude des ganglions
rachidiens à un stade précoce de la maladie (moins de 6 mois)
montre une dégénérescence neuronale, des infiltrats inflammatoires
et une phagocytose souvent limités aux seuls ganglions.
À un stade
tardif (plus de 12 mois), on observe une perte neuronale associée à
une fibrose réactionnelle avec formation de nodules résiduels de Nageotte ; il existe aussi une disparition des fibres sensitives et une
prolifération des cellules de Schwann et des fibroblastes, faisant
progressivement place à de la fibrose dans les racines postérieures,
dans les nerfs périphériques et dans les cordons postérieurs de la
moelle épinière.
L’évolution se fait typiquement vers l’aggravation progressive des
troubles sensitifs en quelques mois et l’apparition de signes
neurologiques d’atteinte plus diffuse du névraxe.
Les signes se stabilisent souvent à un stade où le handicap est
majeur et le patient grabataire.
Parfois, l’évolution est suraiguë,
aboutissant à la mort en quelques jours.
L’amélioration spontanée
d’une NSSP est exceptionnelle.
La médiane de survie est de
12 mois et la cause du décès est plus souvent liée à la survenue
de troubles respiratoires d’origine dysautonomique ou à une atteinte
diffuse du névraxe.
La progression de la tumeur est en règle
générale lente et est donc moins souvent responsable du décès que
l’évolution neurologique.
Si le cancer n’est pas connu initialement,
la mise en évidence se fait le plus souvent dans les 2 ans, avec un
délai maximal de 4 ans.
Dans un petit nombre d’observations,
une régression spontanée d’un CPCP a été notée.
La mise en évidence dans le sérum et le LCR de certains patients
souffrant de NSSP, d’anticorps (AC) appelés anti-Hu dirigés contre
les noyaux des neurones, suggère un mécanisme auto-immun.
Les
anticorps anti-Hu sont constitués d’immunoglobulines (Ig)G
polyclonales qui reconnaissent le noyau et plus faiblement le
cytoplasme des neurones du système nerveux.
Il ne reconnaît pas
les cellules non neuronales. Chez des patients présentant un CPCP associé ou non à un syndrome paranéoplasique, il reconnaît
aussi les cellules tumorales.
En western blot, sur des extraits de
neurones cérébraux, l’anticorps anti-Hu reconnaît plusieurs
protéines de 35 à 40 kDa appartenant à une famille de protéines
(HuD, HuA, HuB ou Hel-N1, HuC) capables de se fixer aux acides
ribonucléiques (ARN) messagers, également présentes dans des
extraits de CPCP, de neuroblastomes et de tumeurs neuroendocrines.
Dans la série de Graus et al, les 200 patients
porteurs d’une NSSP ou d’une encéphalomyélite paranéoplasique
et d’anticorps anti-Hu présentaient, dans la majorité des cas, un
CPCP.
Récemment, Molinuevo et al ont montré que la spécificité
des anticorps anti-Hu dans les NSSP était de 99 % et sa sensibilité
de 82 %.
Si sa détection est très évocatrice du diagnostic, son absence
ne l’élimine donc pas.
L’hypothèse physiopathologique actuelle repose sur une réponse
immunologique antitumorale reconnaissant par réaction croisée des
antigènes neuronaux.
Un rôle direct des anticorps n’a pu être mis en
évidence et les travaux actuels privilégient l’intervention de
l’immunité à médiation cellulaire dans la genèse du syndrome anti- Hu.
Quelques cas d’amélioration après un traitement immunomodulateur et/ou immunosuppresseur isolé ont été
rapportés.
En fait, la mise en rémission complète du cancer
semble le meilleur garant d’une stabilisation, voire d’une
amélioration neurologique.
2- Sclérose latérale amyotrophique (SLA)
et neuronopathie motrice subaiguë
:
Il n’existe pas d’argument épidémiologique suggérant un lien entre SLA et cancer solide.
Pourtant, il existe dans la littérature plusieurs
observations d’amélioration ou de stabilisation clinique de SLA après le traitement d’un cancer.
Aucune particularité clinique ou
biologique n’a été retrouvée chez les patients porteurs d’une SLA
associée à un cancer.
La présence d’anticorps antineuronaux
spécifiques de syndrome paranéoplasique est un argument pour
l’origine paranéoplasique d’une SLA qui s’intègre alors dans le
syndrome anti-Hu.
Mais dans la plupart de ces observations,
l’atteinte motrice n’est pas pure, s’associant aux symptômes du
syndrome anti-Hu.
Récemment, un anticorps antineuronal dirigé
contre la portion initiale de l’axone et les noeuds de Ranvier a été
découvert dans le sérum d’une patiente porteuse d’un
adénocarcinome du sein et d’une atteinte du deuxième motoneurone
d’évolution rapide.
La neuronopathie motrice subaiguë peut survenir en association
avec une maladie de Hodgkin ou un lymphome non hodgkinien, le
plus souvent connu.
Cliniquement, elle se manifeste par un déficit
moteur d’origine périphérique.
Le LCR montre une
hyperprotéinorachie modérée (inférieure à 1 g/L).
Une stabilisation
ou une amélioration clinique spontanées sont possibles sans lien
avec l’évolution tumorale.
Les principaux diagnostics différentiels sont les syndromes moteurs postradiques, les infiltrations tumorales des nerfs observées au cours
de certains lymphomes et les neuropathies motrices à blocs de
conduction.
3- Neuropathie sensitivomotrice paranéoplasique :
* Polyradiculonévrite aiguë de Guillain-Barré :
Elle s’observe au cours des hémopathies malignes et en particulier
en association avec une maladie de Hodgkin connue.
* Polyradiculonévrite chronique
:
Une association fortuite semble le plus probable devant le petit
nombre de cas décrit dans la littérature.
Cependant, dans deux cas, un anticorps anti-Hu était présent
dont un présentait une neuronopathie sensitive subaiguë de Denny-Brown, ce qui pourrait être un argument pour une origine
paranéoplasique de la polyradiculonévrite chronique.
L’hypothèse
paranéoplasique a été également relancée par la découverte
d’anticorps anti-GM2 dans le sérum de patients présentant un
mélanome, un vitiligo, et une polyradiculonévrite chronique.
* Vasculite nerveuse paranéoplasique :
+ Vasculite nerveuse
:
Une origine paranéoplasique est retrouvée dans 15 à 20 % des polyneuropathies secondaires à une vasculite du système nerveux
périphérique.
Dans la moitié des cas, le cancer est un CPCP ou
un lymphome.
La chronologie d’apparition reste variable.
Typiquement, il s’agit d’un déficit sensitivomoteur apparaissant
progressivement en plusieurs semaines chez un homme de 50 ans.
Ce déficit se présente classiquement comme une mononévrite
multiple, mais une polyneuropathie asymétrique ou
symétrique n’est pas rare.
L’atteinte des nerfs crâniens est peu
fréquente.
Le LCR révèle dans plus de 90 % des cas une hyperprotéinorachie,
parfois associée à une pléiocytose ou à la présence de bandes
oligoclonales.
L’examen électrophysiologique montre une atteinte axonale très
évocatrice lorsqu’il s’agit d’une mononeuropathie multiple.
La biopsie nerveuse montre, soit une microvascularite sous la
forme d’un infiltrat périvasculaire et de la paroi vasculaire sans
nécrose fibrinoïde, soit une vascularite nécrosante qui associe une
nécrose fibrinoïde des vaisseaux de gros calibre et parfois des artères
de moyen calibre et des artérioles, limitée au muscle et au nerf.
Le traitement associe le traitement du cancer et un traitement
immunosuppresseur sous la forme de cyclophosphamide et de
corticoïdes. Une stabilisation neurologique ou une amélioration
parfois complète sont observées dans les deux tiers des cas.
Deux cas d’amélioration spontanée ont été décrits.
+ Microvasculite du nerf et syndrome anti-Hu :
La NSSP associée à un CPCP peut s’accompagner d’une
microvasculite du nerf à la biopsie nerveuse.
La sensibilité aux
traitements immunosuppresseurs ne semble pas modifiée par la
présence de ces lésions. Polyneuropathie mixte axonomyélinique
Récemment décrite par Antoine et al, il s’agit d’une neuropathie
sensitivomotrice symétrique d’évolution progressive qui s’associe à
l’anticorps anti-CV2 sérique.
Une dégénérescence cérébelleuse, une
uvéite ou une névrite optique sont les principales autres
manifestations cliniques.
Le CPCP est le cancer le plus fréquemment
trouvé.
L’électromyogramme montre une atteinte axonale avec
baisse des amplitudes des potentiels sensitifs et moteurs et une
atteinte démyélinisante avec une diminution des vitesses de
conduction plus importante que ne le voudrait l’atteinte axonale.
Cet anticorps anti-CV2 réagit avec une protéine de 66 kDa
appartenant à une famille de protéine impliquée dans des
phénomènes de croissance et de guidage des axones au cours du
développement.
En immunohistochimie, elle reconnaît une souspopulation
d’oligodendrocytes du tronc cérébral, du cervelet et du
chiasma optique.
Antoine et al ont montré en western blot et en immunohistochimie que l’antigène CV2 est exprimé dans le nerf
périphérique de l’homme et du rat. Dans 5 à 20% des cas,
l’anticorps anti-CV2 est associé à l’anticorps anti-Hu.
4- Neuropathie dysautonomique :
La plupart des neuropathies dysautonomiques s’intègrent dans le
cadre d’un syndrome anti-Hu et sont associées cliniquement à une
neuronopathie sensitive et à une encéphalomyélite.
Le
cancer est le plus souvent un CPCP, ou encore un cancer du
pancréas ou un lymphome.
Le tableau clinique le plus fréquent est une pseudo-obstruction
intestinale chronique associant constipation, nausées, vomissements,
perte de poids, douleur abdominale et distension abdominale.
Rarement, il s’agit d’une pandysautonomie associant à des degrés
divers une hypotension orthostatique, un trouble de la motricité
gastro-intestinale, une rétention urinaire, une bouche sèche, une
impuissance, une anhydrose et des anomalies pupillaires.
Le
traitement symptomatique du syndrome de pseudo-obstruction est
la nutrition parentérale.
5- Atteintes des plexus :
Certains auteurs ont rapporté des observations de névralgie amyotrophiante de la ceinture scapulaire (syndrome de Parsonage
et Turner) d’origine paranéoplasique.
Cette association est
probablement fortuite.
Il en est de même pour les atteintes plexiques lombosacrées.
D’un point de vue pratique, la constatation
de signes cliniques d’atteinte plexique doit faire discuter, chez le
patient cancéreux, une infiltration néoplasique, ou, s’il y a eu
radiothérapie, une plexopathie postradique ou une tumeur radioinduite.
6- Atteintes des autres nerfs crâniens
:
L’atteinte d’un ou plusieurs nerfs crâniens au cours d’un cancer n’est
qu’exceptionnellement paranéoplasique.
Plusieurs cas anecdotiques
d’atteintes isolées des IIIe, IVe ou VIe nerfs crâniens, considérées
comme paranéoplasiques, ont été rapportés.
Le plus souvent, il
s’agit d’ophtalmoplégies extrinsèques s’inscrivant dans le cadre
d’une encéphalite paranéoplasique du tronc cérébral ou d’un
syndrome de Lambert-Eaton et donc sans individualité nosologique
propre.