ANATOMOPATHOLOGIE :
L'aspect anatomopathologique spécifique est la plaque.
En macroscopie, il s'agit d'une zone démyélinisée qui mesure de
1 mm à 4 cm. Elle est localisée dans la substance blanche du
système nerveux central.
La plaque est située préférentiellement dans la substance
blanche périventriculaire, les nerfs optiques, la substance
blanche du tronc cérébral, du cervelet et de la moelle épinière.
Sur le plan microscopique, la caractéristique essentielle est la
destruction de la myéline avec respect de l'axone (sauf dans
certaines plaques chroniques où il peut exister une
dégénérescence wallérienne). La distribution des plaques est
périveineuse.
Dans les plaques aiguës, on observe des macrophages et des
lymphocytes.
Dans les plaques chroniques, il existe une réaction astrocytaire
(gliose astrocytaire).
ÉPIDÉMIOLOGIE :
Zones géographiques :
On distingue :
- des zones géographiques de forte prévalence (30 à 80 pour 100
000 habitants) en Europe du nord, entre les latitudes 45° et
65°, dans le nord des Etats-Unis et au sud du Canada.
- et les zones de faible prévalence (de moins de 5 pour 100 000
habitants) qui correspondent à l'Asie et à l'Afrique.
Le risque de développer une sclérose en plaques n'est pas défini
à la naissance.
Les migrants gardent le risque de leur lieu de naissance s'ils
émigrent après 15 ans. S'ils changent de lieu de résidence avant
15 ans, ils acquièrent le risque de leur lieu de migration.
La distribution géographique et les études de migrants indiquent
que la maladie est liée à un facteur de l'environnement.
Terrain génétique :
Les études génétiques montrent que le risque de développer une
sclérose en plaques, parmi les parents au premier degré, est
quinze à vingt fois plus grand que celui de la population
normale.
Cela peut être lié à un facteur environnemental ou génétique.
Le taux de concordance chez les jumeaux monozygotes est de 30 %
(il est de 5 % chez les jumeaux dizygotes).
La recherche de locus de susceptibilité est limitée à des gènes
candidats influençant la réponse immune : la seule association
non ambiguë est celle avec l'HLA DR2.
PHYSIOPATHOLOGIE :
L'étiologie de la sclérose en plaques reste inconnue.
Le mécanisme physiopathologique supposé est celui d'une
infection virale (probablement banale) qui, survenant sur un
terrain prédisposé, déclencherait une réaction auto-immune dans
laquelle la réponse immunitaire est dirigée contre la myéline
et, peut-être, contre la cellule myélinisante du système nerveux
central : l'oligodendrocyte.
Signes cliniques
Il n'existe aucun signe spécifique de sclérose en plaques.
SIGNES DE DÉBUT :
Les signes de début sont variables :
- faiblesse musculaire d'un ou de plusieurs membres (40 % des
cas).
- névrite optique (22 %).
- paresthésies (21 %).
- diplopie (12 %).
- vertiges (5 %).
- troubles mictionnels (5 %).
Le début est monosymptomatique dans 45 % des cas.
SIGNES MOTEURS :
Paraparésie asymétrique
Une paraparésie asymétrique est le déficit moteur le plus
fréquent. Viennent ensuite une monoparésie d'un membre
inférieur, une hémiparésie et, rarement, une monoparésie d'un
membre supérieur.
- L' installation est le plus souvent rapidement progressive,
débutant par une faiblesse à l'effort d'aggravation progressive.
- L' intensité est extrêmement variable, de la simple
fatigabilité d'un membre à la monoplégie.
A l'examen
- Les signes pyramidaux peuvent n'être présents qu'après
l'effort.
- Ailleurs, le déficit musculaire est facilement mis en évidence
ainsi que les signes pyramidaux : signe de Babinski, réflexes
ostéo-tendineux vifs, diffusés, polycinétiques, abolition des
réflexes cutanés abdominaux.
- Parfois, hypertonie spastique, rigidité élastique, cédant par
à-coups, prédominant sur les extenseurs aux membres inférieurs
et sur les fléchisseurs aux membres supérieurs, avec un clonus
du pied ou de la rotule, spontané ou déclenché.
Atteinte faciale
L'atteinte faciale n'est pas rare :
- soit centrale, associée à l'atteinte pyramidale.
- soit périphérique par atteinte du noyau ou du tronc du nerf
dans la protubérance.
SIGNES OCULAIRES :
Névrite optique :
On distingue la névrite optique rétrobulbaire (NORB) où le fond
d'œil (FO) est normal et la neuropapillite où le fond d'œil
montre un œdème.
Douleur
La douleur est fréquente. Elle précède le plus souvent la baisse
de l'acuité visuelle. Elle est orbitaire ou sus-orbitaire et
augmentée par les mouvements oculaires.
Baisse de l'acuité visuelle
La baisse de l'acuité visuelle débute par un flou visuel qui
s'accentue progressivement (la période entre le début des
symptômes et la baisse de l'acuité visuelle maximale est de 3 à
7 jours) : lorsque l'atteinte du champ visuel est périphérique,
le patient peut la décrire.
- Il existe une baisse de la sensibilité au contraste et de la
vision des couleurs.
- L'examen des pupilles peut mettre en évidence une dilatation
pupillaire relative et le phénomène de Marcus Gunn (l'éclairage
de la pupille saine entraîne une constriction pupillaire et le
déplacement de la lumière sur l'œil atteint montre une
dilatation de la pupille alors qu'il existe une constriction
consensuelle de l'autre pupille).
- L'intensité de la baisse de l'acuité visuelle est variable.
Fond d'œil
Le fond d'œil peut être :
- normal (50 % des cas).
- ou montrer un flou du bord nasal de la papille, voire un œdème
diffus (15 à 20 %) avec parfois des hémorragies.
- des périphlébites rétiniennes sont parfois observées.
- des modifications du fond d'œil sont fréquentes au cours de
l'évolution. Il existe secondairement une pâleur papillaire (en
particulier du bord temporal).
Champ visuel
A l'examen du champ visuel, il existe un scotome central ou
généralisé qui, dans les formes discrètes, n'est présent que
pour le rouge et le vert.
Évolution spontanée
L'évolution spontanée se fait vers la récupération (surtout lors
de la première poussée) : 70 à 75 % des patients retrouvent une
vision de 10/10 ou 9/10.
Néanmoins, il persiste souvent de petits signes : difficulté à
voir les contrastes ou à apprécier le brillant des couleurs,
phosphènes, phénomène d'Uhtoff (baisse de l'acuité visuelle à
l'effort ou après un bain chaud). Le fond d'œil montre une
papille pâle.
L'atteinte du nerf optique n'est parfois détectée que par
l'examen des potentiels évoqués visuels (allongement de la
latence de l'onde P100).
Atteintes oculomotrices :
Diplopie
Une diplopie est décrite par 30 % des patients durant leur
maladie.
Elle est parfois révélatrice.
- Elle est le plus souvent en rapport avec une atteinte du VI ou
une ophtalmoplégie internucléaire.
- Une atteinte du III, souvent incomplète, est rare.
Ophtalmoplégie internucléaire
L'ophtalmoplégie internucléaire est fréquente et le plus souvent
bilatérale : du côté de la bandelette longitudinale postérieure
atteinte (reliant le VI au III), il existe :
- dans le regard latéral du côté opposé, une limitation de
l'adduction de l'œil (droit interne, cette adduction est
conservée dans la convergence) et un nystagmus dans l'abduction
de l'autre œil.
- parfois l'adduction du côté atteint est conservée, mais il
existe un nystagmus ataxique de l'autre œil lors de l'abduction.
- lorsqu'il existe une double ophtalmoplégie internucléaire, on
observe un nystagmus vertical dans le regard vers le haut.
- l'ophtalmoplégie internucléaire est très évocatrice de la
sclérose en plaques mais non spécifique. Des paralysies de la
latéralité ou de la verticalité peuvent s'observer.
SIGNES SENSITIFS :
Les poussées sensitives sont fréquentes au début de la maladie.
Atteinte cordonale postérieure
L'atteinte cordonale postérieure est la plus fréquente :
- dysesthésies ou paresthésies sans systématisation radiculaire
ou tronculaire d'installation progressive et régressant en 4 à 8
semaines.
- la richesse des symptômes est caractéristique :
fourmillements, engourdissements, impression de piqûres
d'épingle, de ruissellement d'eau, de toile d'araignée sur le
visage, de striction, d'étau, de cuirasse.
- le signe de Jean Lhermitte est très évocateur mais non
spécifique : sensation de décharge électrique dans le rachis et
les quatre membres lors d'une flexion de la nuque.
Atteinte des voies spino-thalamiques
L'atteinte des voies spino-thalamiques est plus rare :
- paresthésies à type de brûlures ou sensations de froid.
- douleurs, parfois de type fulgurant.
- hyperpathie.
Névralgie du trijumeau
A part, la névralgie du trijumeau qui peut avoir tous les
caractères d'une névralgie essentielle.
Signes objectifs
Les signes objectifs sont souvent pauvres :
- hypoesthésie discrète (superficielle ou profonde).
- astéréognosie d'une main ou encore franche ataxie
proprioceptive responsable d'une marche talonnante.
ATTEINTE VESTIBULAIRE :
Un vertige aigu peut révéler une sclérose en plaques et peut
être difficile à distinguer d'une névrite vestibulaire.
Le plus souvent, il s'agit d'une sensation d'ébriété,
d'instabilité, de déviation de la marche.
A l'examen, il existe un syndrome vestibulaire central,
dysharmonieux :
- nystagmus horizontal ou horizontorotatoire, parfois vertical,
rarement rotatoire pur.
- plus rarement, une déviation des index, une marche en étoile,
un signe de Romberg labyrinthique.
Les épreuves vestibulaires instrumentales sont souvent
anormales.
L'atteinte de l'audition est exceptionnelle.
ATTEINTE CÉRÉBELLEUSE :
L'atteinte cérébelleuse est très fréquente, parfois difficile à
mettre en évidence quand elle coexiste avec une faiblesse
musculaire, une spasticité, une atteinte sensitive et
vestibulaire.
Un syndrome cérébelleux pur révélateur d'une sclérose en plaques
est exceptionnel.
Il peut s'agir d'un syndrome cérébelleux :
- statique (élargissement du polygone de sustentation, démarche
pseudo-ébrieuse, danse des tendons).
- ou cinétique (dysmétrie avec hypermétrie, asynergie,
dyschronométrie, adiadococinésie, hypotonie avec réflexes
pendulaires).
- dysarthrie cérébelleuse (voix scandée, explosive).
- tremblement cérébelleux.
L'apparition précoce d'un syndrome cérébelleux est de mauvais
pronostic : les signes cérébelleux ne régressent que rarement.
ATTEINTE GENITO-SPHINCTERIENNE :
A rechercher systématiquement, l'atteinte génito-sphinctérienne
peut être à l'origine de complications graves (infections
urinaires) ou contre-indiquer un traitement immunosuppresseur
(cyclophosphamide).
On retrouve :
- des troubles urinaires : pollakiurie, mictions impérieuses,
rétention aiguë ou chronique, incontinence.
- des troubles fécaux : constipation, incontinence (plus rare).
- des troubles sexuels : impuissance fréquente, perte de la
libido.
- d'autres atteintes du système nerveux autonome : perte du
contrôle de la régulation thermique par la sudation. l'atteinte
hypothalamique est exceptionnelle.
ATTEINTE DES FONCTIONS COGNITIVES ET TROUBLES DU COMPORTEMENT :
La labilité émotionnelle, l'euphorie et l'indifférence par
rapport à la maladie reflètent surtout l'attitude stoïque du
patient. une dépression est fréquente.
Une détérioration intellectuelle est observée, surtout au cours
des stades avancés.
SYMPTOMES RARES :
Les symptômes rares sont les crises comitiales, la surdité,
l'atteinte de la corne antérieure et les troubles de la
vigilance pouvant aller jusqu'au coma.
DIAGNOSTIC CLINIQUE :
Stade de début
Au stade de début, il est souvent difficile de porter un
diagnostic, surtout s'il manque la notion de poussées
antérieures régressives. Les examens complémentaires visent à
éliminer une autre pathologie.
Après 5 ans d'évolution
- Après 5 ans d'évolution, la fréquence des symptômes et des
signes est la suivante :
- signes pyramidaux (85 % des cas).
- signes sensitifs (80 %).
- signes cérébelleux (70 %).
- signes d'atteinte du tronc cérébral (65 %).
- signes d'atteinte du nerf optique (50 %).
- signes sphinctériens (55 %).
- l'atteinte de plusieurs fonctions s'observe dans plus de 90 %
des cas.
- Après 5 ans d'évolution, certaines “ anomalies ” doivent faire
reconsidérer le diagnostic :
- l'absence d'anomalies ophtalmologiques, visuelles ou
oculomotrices.
- l'absence de rémission clinique (en particulier chez le sujet
jeune).
- l'existence d'anomalies localisées (tronc cérébral, jonction
cranio-cervicale, moelle épinière).
- l'absence d'atteinte sensitive et de troubles urinaires.
- l'absence d'anomalies du liquide céphalo-rachidien.
Il ne faut pas hésiter alors à répéter les examens.
Examens complémentaires
IMAGERIE PAR RÉSONANCE MAGNÉTIQUE :
L'IRM est l' examen de premier choix lorsqu'on suspecte une
sclérose en plaques.
L'IRM, un mode d'imagerie sensible
Elle est plus sensible que le scanner et les potentiels évoqués,
et probablement autant que l'examen du LCR. 80 à 95 % des
scléroses en plaques définies ont une IRM anormale.
Lésions observées à l'IRM
Les lésions observées à l'IRM ne sont pas spécifiques :
- les lésions les plus évocatrices sont observées sur les
séquences pondérées en T2 : elles sont irrégulières,
confluentes, hyperintenses, situées au pourtour des ventricules.
des lésions similaires sont observées dans le centre de l'ovale,
le corps calleux, le tronc cérébral et le cervelet.
- l'analyse de la moelle épinière est plus difficile, compte
tenu de la plus faible résolution spatiale.
- les lésions aiguës peuvent prendre le gadolinium (ce qui
traduit une rupture de la barrière hémato-encéphalique).
LIQUIDE CEPHALO-RACHIDIEN :
- La protéinorachie est modérément élevée (si elle est
supérieure à 1 g/l, elle doit faire mettre en doute le
diagnostic).
- Dans 75 % des cas, les gammaglobulines sont élevées (plus de
12 % des protéines du LCR).
- A l'électrophorèse des protides, il existe une répartition
oligoclonale des immunoglobulines dans 85-95 % des cas (cette
répartition n'est pas observée dans le sérum).
- Différents indices permettent de mettre en évidence
l'existence d'une sécrétion intrathécale d'immunoglobulines.
- La spécificité des Ig formant les bandes oligoclonales du LCR
et en rapport avec la sécrétion intrathécale d'IgG est inconnue.
- Des bandes oligoclonales sont présentes dans de nombreuses
infections : la syphilis, la panencéphalite sclérosante
subaiguë, les méningites à champignons, les infections à
Rétrovirus (VIH, HTLV1), la trypanosomiase. Mais elles sont
également présentes dans certaines maladies systémiques qui
peuvent toucher le système nerveux central : lupus érythémateux,
sarcoïdose, maladie de Behçet...
- Une pléiocytose (plus de 5 éléments par mm3) est présente chez
50 % des patients, surtout au début de la maladie ou lors des
poussées.
- Il s'agit de lymphocytes.
- Un chiffre de cellules supérieur à 50/mm3 doit mettre en
doute le diagnostic.
- La glycorachie est normale.
ÉTUDE DES POTENTIELS EVOQUES :
L'étude des potentiels évoqués recherche une diffusion
infraclinique des lésions. Il s'agit des potentiels évoqués
visuels (PEV), auditifs (PEA) et somesthésiques (PES) et
moteurs.
Ils prennent toute leur valeur lorsqu'ils montrent un
ralentissement de la conduction dans le système nerveux central,
sans modification notable de l'amplitude du potentiel.
- Les potentiels évoqués visuels sont anormaux dans 80 % des
scléroses en plaques définies et 50 % des scléroses en plaques
probables.
- Les potentiels évoqués auditifs le sont respectivement dans 50
% des scléroses en plaques définies et 20 % des scléroses en
plaques probables.
- Les potentiels évoqués somesthésiques sont anormaux dans 70 %
des scléroses en plaques définies et probables.
SCANNER :
Le scanner n'est plus l'examen de premier choix lorsqu'on
suspecte une sclérose en plaques.
Il peut détecter des anomalies dans un tiers des cas, sous la
forme d'hypodensités à prédominance périventriculaire prenant
parfois le contraste.
AUTRES EXAMENS :
Les examens complémentaires ont valeur d'orientation. Ils ne
permettent pas à eux seuls de porter le diagnostic de sclérose
en plaques. Ils permettent d'éliminer une pathologie tumorale ou
malformative à l'origine du tableau clinique.
L'aspect IRM peut parfois prêter à discussion avec des
pathologies inflammatoires, infectieuses, métaboliques ou
ischémiques. C'est dire la valeur de l'interrogatoire, de
l'examen clinique et des examens complémentaires biologiques
visant à éliminer ces pathologies :
- bilan immunologique avec facteurs antinucléaires et anticorps
anti-ADN natifs, dosage du CH50, C3, C4, recherche de complexes
immuns circulants, anti-SSA, anti-SSB, antiphospholipides (lupus
érythémateux disséminé, syndrome des antiphospholipides,
syndrome de Gougerot-Sjögren).
- sérologie HTLV1, VIH, maladie de Lyme, syphilis (dans le
sérum et le LCR).
- dosage des acides gras à très longues chaînes, test au
Synactène* et électromyogramme (adrénoleucodystrophies). dosage
de l'arylsulfatase A (leucodystrophie métachromatique). vitamine
B12. folates.
- dosage des lactates-pyruvates, lactacidémie d'effort et
biopsie musculaire (pathologie mitochondriale).
- biopsie cutanée après intradermoréaction à l'eau distillée et
recherche de l'HLA B5 (maladie de Behçet). dosage de l'enzyme de
conversion de l'angiotensine, lavage broncho-alvéolaire,
scintigraphie au gallium (sarcoïdose).
Évolution
Poussée
La poussée correspond à la survenue de symptômes neurologiques
nouveaux, à la réapparition ou à l'exacerbation d'anciens
symptômes durant plus de 24 heures.
Formes rémittentes
Les formes rémittentes, évoluant par poussées et rémissions, et
les formes rémittentes progressives sont les plus fréquentes.
- Les formes progressives d'emblée représentent environ 10 à 15
% des cas.
- Deux tiers des formes rémittentes entrent dans une phase
progressive, généralement dans les 5 à 7 années suivant les
premiers symptômes.
Entrée dans la phase progressive
L'entrée dans la phase progressive marque le début d'un handicap
invalidant qui va s'aggraver. Mais l'état de 20 % des patients
en phase progressive se stabilise.
- Deux tiers des patients ont un traitement ambulatoire 25 ans
après les premiers signes de leur maladie.
- Dans 20 à 40 % des cas, l'évolution est bénigne.
- Dans 10 à 15 % des patients, elle est maligne.
- Les patients dont les symptômes sont présents depuis plus de 1
an ne récupèrent pas le plus souvent.
Formes cliniques
La sclérose en plaques débute entre 10 et 50 ans.
La sclérose en plaques de l'enfant débute le plus souvent par
une névrite optique ou des troubles sensitifs.
- Elle a une évolution par poussées et rémissions. Son évolution
est souvent bénigne.
- Environ 60 % des patients n'ont pas ou peu de handicaps après
10 ans d'évolution.
Diagnostic différentiel
Le diagnostic de sclérose en plaques repose sur les critères de
dissémination dans le temps et l'espace ainsi que l'exclusion
d'une autre pathologie pouvant donner un tableau clinique
similaire.
Les problèmes diagnostiques se posent essentiellement au début
de la maladie ou lorsque l'évolution est atypique (forme
progressive d'emblée).
Névrite optique :
Devant une névrite optique, il faut éliminer ce qui n'en est pas
une :
- compression du nerf optique par une tumeur ou un anévrisme.
- une maladie de Leber (valeur des télangiectasies capillaires
au fond d'œil et des antécédents familiaux de cécité. elle peut
s'accompagner de manifestations centrales et d'anomalies à l'IRM
encéphalique).
- la papillopathie diabétique, les drusen du nerf optique, une
neurorétinite, une rétinopathie séreuse.
Il faut la distinguer des autres neuropathies optiques :
- ischémiques (dans le cadre d'une maladie de Horton, d'une
autre artérite inflammatoire, ou isolée) :
- la baisse de l'acuité visuelle est brutale et s'accompagne
typiquement d'un œdème papillaire.
- elle survient en règle après 50 ans.
- consécutives à la prise de produits toxiques (intoxication
alcoolo-tabagique, amiodarone).
- postradiques.
- chez les sujets diabétiques, urémiques.
- auto-immunes.
- paranéoplasiques ou au cours de la maladie de Lyme
(exceptionnelle).
Forme médullaire progressive :
Devant une forme médullaire progressive, il faut éliminer une
compression médullaire, une malformation de la charnière, une
syringomyélie, une malformation vasculaire.
L'IRM est l'examen le plus performant pour éliminer ces
pathologies.
Il reste à discuter les pathologies :
- inflammatoires (sarcoïdose, lupus, maladie de Behçet,
syndrome de Gougerot-Sjögren).
- infectieuses (maladie de Lyme, myélopathie associée au
virus HTLV1, myélopathie au cours de l'infection à VIH,
neurosyphilis).
- métaboliques (adrénoleucodystrophie, carences en
vitamine B12 ou folates).
- héréditaires (paraplégie spastique héréditaire, valeur
des antécédents familiaux et de l'examen des parents).
- dégénératives (sclérose latérale primitive).
Rarement, on est amené à discuter une sclérose latérale
amyotrophique (valeur de l'électromyogramme).
Atteinte de la fosse postérieure :
Devant des signes d'atteinte de la fosse postérieure, on discute
les processus occupant de l'espace (valeur de l'IRM), les
pathologies dégénératives (hérédodégénérescence
spino-cérébelleuse), les pathologies inflammatoires et
infectieuses précédemment citées.
L'atteinte cérébelleuse isolée est exceptionnelle au cours de la
sclérose en plaques et doit faire discuter une tumeur du
cervelet, une atrophie cérébelleuse, une cérébellite.
Forme hémisphérique progressive :
Une forme hémisphérique progressive fait discuter une tumeur,
et, parfois, seule la biopsie donnera le diagnostic.
Frontières nosologiques :
Les frontières nosologiques sont à part avec :
- la neuromyélite de Devic : névrite optique bilatérale associée
à une atteinte médullaire.
- l'encéphalomyélite aiguë disséminée qui survient après une
infection ou une vaccination et évolue d'un seul tenant. Le
pronostic est souvent sévère.
- la maladie de Schilder et la sclérose concentrique de Bal.
Traitement
TRAITEMENT DE LA POUSSÉE :
Le traitement de la poussée est la corticothérapie qui réduit la
durée et la sévérité de la poussée.
Différents protocoles sont possibles mais ils utilisent tous le
Solu-Médrol* IV : 1 g IV/j pendant 3 jours suivi d'une
corticothérapie per os rapidement dégressive, en tenant compte
des contre-indications et des effets secondaires possibles.
Il n'existe pas d'indication à une corticothérapie au long
cours.
TRAITEMENT DE FOND :
Les indications du traitement de fond sont posées en centre
spécialisé.
Traitements destinés à prévenir l'apparition de nouvelles
poussées :
- L' interféron bêta-1b (Betaferon*) est prescrit en 1 injection
de 8 millions d'unités internationales tous les 2 jours. Il
diminue de 30 % l'apparition de nouvelles poussées et diminue
l'activité de l'IRM de plus de 70 %. Il est réservé aux formes
rémittentes de la maladie avec au moins deux poussées dans les 2
années qui précèdent.
- L' interféron bêta-1a et le copolymère, dont les effets sur la
réduction du nombre de poussées sont similaires au Betaferon*,
devraient obtenir une AMM prochainement.
- L'efficacité de l'azathioprine (Imurel*) est contestée.
Traitements destinés à réduire la progression du handicap dans
les formes secondairement progressives :
- Le cyclophosphamide (Endoxan*) est administré en cures
mensuelles IV (600 mg/m2).
- Le méthotrexate est administré par voie orale (7,5 mg par
semaine).
Autres traitements à l'étude :
- Les anticorps monoclonaux sont dirigés contre des
sous-populations lymphocytaires.
- Les immunoglobulines polyvalentes augmentent la
remyélinisation dans certains modèles animaux de maladies
démyélinisantes.
- Cladribine et méthoxanthone (immunosuppresseurs).
- Irradiation lymphoïde totale.
- Des essais sont en cours pour déterminer l'efficacité des
interférons et du copolymère dans les formes secondairement
progressives de sclérose en plaques.
MESURES SYMPTOMATIQUES :
Les mesures symptomatiques fondamentales sont :
- le repos lors des poussées.
- la rééducation fonctionnelle prudente.
- la rééducation vésicale.
- la prévention des complications de décubitus.
- le soutien psychologique et la prise en charge sociale.
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