Conduite du diagnostic
Certains caractères sémiologiques permettent de préciser la
localisation lésionnelle.
Un examen clinique détaillé, recherchant particulièrement des
anomalies cardiaques ou vasculaires, est indispensable, de même
qu'un scanner cérébral, qui peut confirmer la topographie
lésionnelle et orienter le diagnostic étiologique.
L'appréciation du profil évolutif permettra enfin de préciser l'
étiologie :
- les causes principales des hémiplégies aiguës sont les
traumatismes crâniens et les accidents vasculaires cérébraux ;
- les hémiplégies subaiguës ou chroniques sont dues, le plus
souvent, à des processus expansifs (tumeurs, abcès,
encéphalites).
Plusieurs situations nécessitent un traitement très urgent :
- tantôt chirurgical : hématome extra-dural ;
- tantôt médical : hypoglycémie, encéphalite herpétique,
accidents vasculaires en évolution.
Diagnostic positif :
DIAGNOSTIC FACILE :
Le diagnostic positif est, en général, facile.
Il existe deux formes principales qui peuvent se succéder chez
un même patient (hémiplégie flasque, dans les premiers jours,
puis hémiplégie spasmodique).
Hémiplégie flasque :
L'hémiplégie flasque est transitoire, juste après la
constitution du déficit :
- elle peut être massive ou partielle, et touche alors surtout
les extenseurs aux membres supérieurs et les fléchisseurs aux
membres inférieurs, les muscles les plus volitionnels étant les
plus atteints (mouvements fins des doigts).
- elle est hypotonique, avec parfois une hyperextensibilité.
- les réflexes sont abolis, mais le signe de Babinski peut être
présent, dès ce stade, et permet d'affirmer l'existence du
syndrome pyramidal.
Hémiplégie spastique
L'hémiplégie spastique, dite “ spasmodique ”, peut survenir
d'emblée ou succéder à une hémiplégie flasque.
Le déficit est accompagné d'un syndrome pyramidal homolatéral.
*Hyperréflectivité ostéo-tendineuse :
En cas d'hyperréflectivité ostéo-tendineuse :
- les réflexes sont vifs, diffusés (réponse de groupes
musculaires non concernés à l'état normal : par exemple,
contraction des adducteurs de la cuisse lorsqu'on cherche le
réflexe rotulien).
- une trépidation épileptoïde du pied est un caractère tirant sa
valeur de la comparaison avec les réflexes normaux du côté sain.
*Contracture pyramidale :
En cas de contracture pyramidale, on retrouve :
- une hypertonie spastique (résistance à l'allongement du muscle
se renforçant avec le mouvement passif du membre mobilisé et sa
vitesse) et élastique (pouvant céder brusquement “ en lame de
canif ”).
- prédominant sur les fléchisseurs aux membres supérieurs
(coude, poignets, doigts) et les extenseurs aux membres
inférieurs (genou, cheville).
*Signe de Babinski :
Le signe de Babinski est une extension du gros orteil lors de la
stimulation du bord externe de la plante du pied.
*Syncinésies :
On retrouve des syncinésies de coordination ou des syncinésies
spasmodiques.
DIAGNOSTIC POSITIF PLUS DIFFICILE :
Le diagnostic positif peut être plus difficile.
Déficit modéré :
La topographie distale du déficit (mouvements de pianotage des
doigts, signe de la main creuse), les manœuvres de Barré aux
membres supérieurs et Mingazzini aux membres inférieurs,
l'asymétrie des réflexes, la présence d'un signe de Babinski et
l'apparition des signes à l'effort sont évocatrices.
*Lors de la marche :
Lors de la marche, on se fiera à la perte du balancement d'un
bras et à l'extension du membre inférieur due à l'hypertonie du
quadriceps, du triceps sural et du fléchisseur des orteils
(classique “ démarche en fauchant ”).
*Paralysie faciale :
En cas de paralysie faciale, la prédominance sur le facial
inférieur et la dissociation automatico-volontaire (abolition de
la motilité volontaire : asymétrie lors de la parole et
conservation de la motilité automatique : sourire, mimique
affective) sont en faveur d'une atteinte centrale.
Coma :
Lors du coma, le diagnostic est fait sur la diminution de la
motilité de l'hémicorps (spontanée ou après stimuli
nociceptifs), l'hypotonie avec chute brutale des membres
lorsqu'on les lâche, l'asymétrie des réflexes ostéo-tendineux et
l'existence d'un signe de Babinski unilatéral.
Une paralysie faciale est visible spontanément (le malade “ fume
la pipe ” du côté sain) ou peut être provoquée par la manœuvre
de Pierre-Marie et Foix.
Hémiplégie transitoire :
L'hémiplégie transitoire est un diagnostic d'interrogatoire :
l'examen cherche des éléments pyramidaux résiduels discrets
(pianotement rapide des doigts, fatigabilité à l'effort,
asymétrie des réflexes droits et gauches).
Diagnostic topographique :
Il est important de faire un diagnostic topographique précis
pour orienter l'imagerie (TDM, IRM)...
Les caractères cliniques de l'hémiplégie varient selon le niveau
de la lésion.
Cortex cérébral :
(Région rolandique.)
Hémiplégie controlatérale non proportionnelle
L'hémiplégie controlatérale non proportionnelle touche
inégalement les trois étages (face, membre supérieur, membre
inférieur) : déficit à prédominance brachiofaciale (atteinte de
la face externe du lobe frontal) ou crurale (atteinte de la face
interne du lobe frontal).
Autres atteintes cervicales
Le déficit moteur s'accompagne souvent d'autres atteintes
corticales ou sous-corticales : déficit sensitif, amputation du
champ visuel, aphasie, crises bravais-jacksoniennes ;
anosognosie lors des atteintes de l'hémisphère mineur.
Lésions frontales
Lors des lésions frontales, il existe une déviation de la tête
et des yeux du côté sain (“ le malade regarde sa lésion ”), qui
a une valeur pronostique défavorable en cas d'étiologie
vasculaire.
Capsule interne :
Hémiplégie controlatérale
L'hémiplégie controlatérale, totale et “ proportionnelle ”
affecte, à un degré égal, les trois étages (les fibres du
faisceau pyramidal sont regroupées).
Hémiplégie motrice pure
L'hémiplégie motrice est pure ; elle peut être sensitivo-motrice
en cas d'atteinte associée du thalamus.
Tronc cérébral :
Hémiplégie controlatérale
L'hémiplégie controlatérale :
- respecte la face si la lésion est dans le bulbe.
- touche les trois étages sinon.
Selon le niveau
A chaque niveau du tronc cérébral, l'association de l'hémiplégie
controlatérale et de l'atteinte homolatérale d'un ou de
plusieurs nerfs crâniens (“ syndrome alterne ”) permet de
localiser la lésion.
Moelle épinière :
Lors des lésions de la moelle cervicale, l'hémiplégie
homolatérale respecte la face.
Il peut exister un syndrome de Brown-Séquard complet (syndrome
pyramidal et anesthésie profonde du côté de la lésion,
anesthésie thermo-algique controlatérale) et des troubles
sphinctériens.
Diagnostic différentiel :
Déficit anorganique :
Le déficit anorganique se rapporte à la simulation et à
l'hystérie :
- contexte parfois évocateur (bénéfices secondaires,
personnalité particulière).
- discordance des examens cliniques successifs, absence de
signes objectifs : une TDM reste cependant souvent indispensable
pour ne pas passer à côté d'une lésion organique associée à une
pathologie psychiatrique.
*Akinésie d'un syndrome extra-pyramidal :
Dans le cas d'une akinésie d'un syndrome extra-pyramidal, il
n'existe pas de déficit moteur segmentaire.
Les caractères de l'hypertonie extra-pyramidale associée
(plastique, en tuyau de plomb, qui cède par à-coups ; roue
dentée) contribuent à la différencier d'une hémiplégie.
*Déficit post-critique
Le déficit post-critique d'une crise motrice partielle ou
secondairement généralisée (“ paralysie de Todd ”) peut durer
plusieurs heures :
- si la crise n'a pas eu de témoin, le diagnostic est parfois
évoqué sur le contexte (lésions traumatiques associées, perte
d'urines, morsure latérale de langue).
- importance de l'électroencéphalogramme qui montre des
anomalies post-critiques.
*Négligence motrice et sous-utilisation de l'hémicorps gauche :
La négligence motrice et la sous-utilisation de l'hémicorps
gauche, dans les lésions hémisphériques pariétales droites :
- sont souvent associées aux autres éléments du syndrome de
l'hémisphère mineur (anosognosie, hémiasomatognosie).
- peuvent être associées à une hémiplégie.
*Syndrome cérébelleux :
Dans le cas du syndrome cérébelleux :
- un déficit moteur des racines peut provoquer des anomalies des
épreuves “ doigt-nez ” ou “ talon-genoux ”, faisant porter par
excès le diagnostic de syndrome cérébelleux.
- un syndrome cérébelleux peut cependant être associé à une
hémiplégie par lésion du tronc cérébral.
*Déficit périphérique :
Le déficit périphérique peut être discuté en cas d'atteinte
corticale limitée, donnant un déficit distal d'allure
périphérique (pseudo-paralysie radicale ou cubitale,
pseudo-paralysie du sciatique poplité externe), avec des
éléments pyramidaux à l'examen et un électromyogramme normal.
Diagnostic étiologique :
CONDUITE DU DIAGNOSTIC :
Interrogatoire :
L'interrogatoire du patient ou de son entourage permet de
préciser le mode d'installation du déficit, son profil évolutif
et les signes d'accompagnement.
Il cherche à préciser les antécédents du patient, les
traitements en cours et les facteurs de risque vasculaire (âge,
hypertension artérielle, cardiopathie, diabète, dyslipidémie,
alcoolisme, tabagisme...).
Clinique :
La clinique s'attache particulièrement à l' examen
cardio-vasculaire (auscultations cardiaque et cervicale, tension
artérielle aux deux bras, palpation des pouls...).
L'examen général peut être très contributif (découverte d'une
tumeur primitive...).
Mode évolutif :
Généralement, le mode évolutif et l'étiologie sont liés. Ainsi,
les accidents vasculaires cérébraux sont le plus souvent à
l'origine de déficits brutaux, tandis que les tumeurs provoquent
plutôt des déficits progressifs.
Bilan :
Enfin, un bilan comprenant radiographies de thorax,
électrocardiogramme, ionogramme sanguin, urémie, hémostase,
glycémie, TDM cérébrale sans (puis parfois avec) produit de
contraste permet de préciser le diagnostic étiologique.
Les recherches étiologiques doivent être adaptées à l'âge, au
profil évolutif et au contexte pathologique.
HÉMIPLÉGIE D'INSTALLATION AIGUË :
(Minutes, heures.)
Traumatismes :
*Traumatisme crânien :
Un traumatisme crânien peut provoquer un hématome ou un œdème
intracérébral, susceptibles d'expliquer le déficit : diagnostic
par la TDM cérébrale.
*Hématome extra-dural :
Une hémiplégie et une mydriase controlatérale, après un
intervalle libre, font évoquer un hématome extra-dural du côté
de la mydriase.
La TDM cérébrale montre une lentille biconvexe hyperdense, entre
l'os et la dure-mère, en regard d'un trait de fracture. C'est
une urgence neurochirurgicale (saignement artériel abondant).
*Dissection artérielle :
Si la TDM ne montre pas de lésion, une artériographie des
vaisseaux du cou cherchera une dissection artérielle favorisée
par le traumatisme cervical, à l'origine d'un infarctus cérébral
non encore visible en TDM.
Accidents vasculaires cérébraux :
On pensera particulièrement aux accidents vasculaires cérébraux,
chez un patient ayant des facteurs de risque vasculaire, à tout
âge.
*Infarctus-hématome :
Quelle que soit la sémiologie, le diagnostic
d'infarctus-hématome ne peut être fait que par la TDM :
- un hématome, même vu précocement, donne une hyperdensité
spontanée.
- alors que l'ischémie donne une image normodense ou hypodense
(voir figure 1), dont l'apparition peut être différée par
rapport à la clinique.
Ainsi, une TDM normale, dans les premières heures, n'élimine pas
un infarctus cérébral récent
Lacunes.
Les lacunes (petits infarctus profonds, le plus souvent dus à
l'hypertension) siègent fréquemment dans la capsule interne
Bilan :
Le bilan comprend toujours une exploration du sanguin (recherche
d'une polyglobulie, de troubles de l'hémostase, d'un syndrome
inflammatoire...), et aussi du (échocardiographie, écho-Doppler
cervical, parfois artériographie cérébrale).
*Dissection artérielle :
En l'absence de facteurs de risque vasculaire, avec un déficit
accompagné de céphalées, de cervicalgies, d'une otalgie, ou d'un
signe de Claude-Bernard-Horner, on recherche chez un patient
jeune une dissection artérielle (carotidienne ou vertébrale),
tout particulièrement après un traumatisme cervical récent
(choc, manipulations cervicales).
L'écho-Doppler, l'angio-IRM et surtout l'artériographie des
vaisseaux du cou (voir figure 2) confirment le diagnostic.
C'est une découverte de plus en plus fréquente.
Plus rarement
- Recherche d'une thrombose veineuse cérébrale :
- contexte (maladie systémique, post-partum, trouble de
l'hémostase...), céphalées prolongées, durables, précédant ou
accompagnant le déficit, crises comitiales, déficit “ “ à
bascule ”.
- le diagnostic suspecté sur la TDM (sans produit de contraste :
association d'hypodensités et d'hyperdensités ; après injection
: signe du delta en cas de thrombose du sinus longitudinal
supérieur) est confirmé par l'artériographie cérébrale au temps
veineux ou l'IRM orientée.
- Recherche d'un spasme artériel posthémorragie méningée :
- syndrome méningé associé à l'hémiplégie, histoire récente de
céphalées violentes et de vomissements.
- hyperdensité spontanée sous-arachnoïdienne en TDM, spasme plus
ou moins étendu des artères corticales à l'artériographie.
- liquide céphalo-rachidien xantochromique (saignement ancien),
avec des pigments sanguins.
- Recherche d'une endocardite bactérienne :
- hémiplégie fébrile, souffle cardiaque, parfois signes cutanés
évocateurs : faux panaris d'Osler, purpura... ;
- hémocultures positives et échocardiographie (transthoracique
ou transœsophagienne) permettent le diagnostic.
- il existe également des endocardites non bactériennes
(endocardite marastique accompagnant certains cancers évolués,
endocardite de Libman-Sacks du lupus).
Autres causes :
*Troubles métaboliques :
Parmi les troubles métaboliques, on retrouve :
- une hypoglycémie chez un patient diabétique traité, qui peut
donner une hémiplégie et des troubles de la conscience ; dans ce
contexte, importance du dextro en urgence, avant la TDM.
- une hyponatrémie, qui peut également donner une hémiplégie.
*Migraine accompagnée :
Le diagnostic est évoqué devant le caractère stéréotypé des
troubles chez un même patient, leur chronologie (disparition des
signes neurologiques lorsque la céphalée apparaît), les
antécédents personnels et familiaux de migraine.
Lors du premier épisode, il faut éliminer un accident
ischémique. Il existe d'exceptionnelles formes familiales
(migraine hémiplégique).
HÉMIPLÉGIE D'INSTALLATION SUBAIGUE OU CHRONIQUE :
(Jours-semaines.)
Processus expansif : tumeurs, abcès :
*Hémiplégie d'installation lente
Tumeur cérébrale bénigne (méningiome, astrocytome,
oligodendrogliome).
*Hémiplégie rapidement progressive
Tumeur cérébrale maligne (glioblastome, métastase, lymphome),
abcès.
Le diagnostic de processus expansif est évoqué sur le plan
clinique (évolution progressive, plus ou moins rapide, avec
extension “ en tache d’huile ” non systématisable en terme de
territoire vasculaire, céphalées, crises comitiales fréquentes
quand les lésions sont proches du cortex).
Un abcès donne classiquement un déficit d'installation subaigu
et des céphalées ; la fièvre est inconstante.
TDM et IRM
La TDM et l'IRM précisent la localisation et le nombre des
lésions, leur modification par le produit de contraste (la
multiplicité des lésions et la prise de contraste évoquent des
métastases, un lymphome, des abcès). L'IRM peut permettre de
guider une biopsie stéréotaxique.
La ponction lombaire (réalisée en l'absence de signes
d'engagement sur la TDM, les modifications du fond d'œil n'étant
plus en pratique un critère fiable d'hypertension
intracrânienne) peut montrer une méningite purulente (abcès) ou
une méningite à liquide clair (lymphome, métastase, gliome).
Encéphalite infectieuse :
En cas de méningo-encéphalite (fièvre, syndrome méningé, signes
d'atteinte hémisphérique : convulsions, aphasie, hémiplégie),
l'étiologie à évoquer en priorité pour la gravité d'un retard
thérapeutique est l' encéphalite à Herpèsvirus de type I (HSV 1)
: des troubles du comportement, une aphasie, une hémiplégie,
évoluant depuis quelques jours en contexte fébrile sont très
évocateurs.
- La TDM cérébrale montre une atteinte nécrotique et
hémorragique du lobe temporal et de la partie inférieure du lobe
frontal, le plus souvent bilatérale, avec un œdème et un effet
de masse fréquents (aspect pseudo-tumoral).
- L' IRM cérébrale peut montrer très précocement des anomalies
frontales et temporales bilatérales.
- L' électroencéphalogramme anormal (anomalies paroxystiques
fronto-temporales bilatérales) est un argument de poids.
- Le diagnostic est confirmé par la présence d'anticorps
anti-HSV 1 et la positivité de la PCR à la recherche de DNA
d'HSV1 dans le liquide céphalo-rachidien (aspect fréquent de
méningite à liquide clair, parfois liquide hémorragique).
Plus rarement :
*Hématome sous-dural :
Il faut rechercher un hématome sous-dural :
- après un traumatisme minime ou passé inaperçu chez le sujet
âgé ou débilité (éthylisme).
- avec une hémiplégie progressive parfois associée à des signes
d'atteinte corticale, à un ralentissement idéomoteur récent, à
des troubles de l'équilibre et de la marche. Il faut y penser
systématiquement dans ce contexte.
- la TDM cérébrale montre un croissant hyperdense (parfois
isodense ou hypodense si la lésion est ancienne) entre le crâne
et le cerveau.
*Sclérose en plaques :
Une localisation cérébrale ou médullaire peut provoquer une
hémiplégie progressive, parfois aiguë, souvent précédée ou
suivie d'autres signes d'atteinte du système nerveux central
(syndrome cérébelleux, névrite optique rétrobulbaire, troubles
sphinctériens, troubles sensitifs).
Le diagnostic, évoqué sur la dissémination des signes dans le
temps et dans l'espace, est confirmé par les anomalies de la
ponction lombaire, des potentiels évoqués et de l'IRM.
*Plus rarement :
Plus rarement, ces mêmes symptômes feront discuter une
sarcoïdose (lésions pulmonaires associées), une maladie de
Behçet (uvéite, aphtose bipolaire), une maladie de Lyme (lésions
articulaires et cutanées, morsure de tique), une maladie de
Gougerot-Sjögren (yeux secs, bouche sèche), une collagénose
(lupus) ou une artérite intracérébrale.
FORMES EVOLUTIVES PARTICULIERES :
Tumeur cérébrale maligne :
Une tumeur cérébrale maligne peut provoquer une hémiplégie aiguë
du fait d'une hémorragie intratumorale ou d'une poussée
œdémateuse (évolution pseudo-vasculaire).
Thrombose de la carotide interne :
Une thrombose de la carotide interne peut provoquer une
hémiplégie progressive lors de l'extension de l'infarctus ou de
l'œdème cérébral (évolution pseudo-tumorale).
Hémiplégie transitoire :
Une hémiplégie transitoire rapidement régressive est le plus
souvent un accident ischémique transitoire, nécessitant un bilan
urgent, du fait du risque de récidive.
Mais elle peut également se voir avec une hémorragie, après une
migraine accompagnée, après une crise comitiale, au cours de la
sclérose en plaques (possibilités d'épisodes pseudo-critiques),
lors de l'évolution de certaines tumeurs...
Thérapeutiques urgentes :
Les thérapeutiques urgentes dépendent bien entendu de
l'étiologie.
Nous détaillerons seulement quelques éléments utiles pour les
pathologies fréquentes.
PATHOLOGIE VASCULAIRE CEREBRALE :
Conditionnement du patient :
La thérapeutique varie selon le mécanisme de l'accident
vasculaire cérébral, mais la prise en charge médicale consiste,
dans tous les cas, en différentes démarches.
*Assurer le maintien des fonctions vitales :
Assurer le maintien des fonctions vitales par :
- une sonde gastrique en cas de troubles de la déglutition.
- une hydratation avec du sérum physiologique (éviter
l'hyperglycémie nocive pour le parenchyme cérébral).
- une ventilation assistée en cas de détresse respiratoire.
*Traiter l'œdème cérébral :
Pour traiter l'œdème cérébral :
- le mannitol peut être efficace en discontinu, mais est
difficile à manier.
- les corticoïdes et l'ACTH sont inefficaces.
- en cas de ventilation assistée, une hyperventilation modérée a
un effet anti-œdémateux.
*Hémodynamique :
On veillera au maintien d'une hémodynamique “ correcte ”, dans
les jours qui suivent un accident vasculaire cérébral. Une
poussée d'hypertension artérielle est un phénomène compensateur,
le plus souvent bénéfique, qui doit être respectée, sauf si elle
entraîne une défaillance cardiaque :
- en l'absence d'œdème aigu du poumon, un traitement
antihypertenseur prescrit à titre systématique (c'est la
classique gélule de nifédipine per os) est dangereux à la phase
aiguë d'un accident vasculaire cérébral, quel qu'en soit le
type.
- en effet, le maintien d'une tension artérielle élevée permet
de vasculariser la zone qui entoure la lésion hémorragique ou
ischémique (c'est la autour de l'infarctus).
Traitements spécifiques :
Il existe des traitements spécifiques selon l'étiologie.
*Hémorragie intracérébrale
Les indications chirurgicales sont rares en sus-tentoriel.
L'évacuation de l'hématome est préconisée uniquement en cas
d'œdème réfractaire aux thérapeutiques médicales, mettant en jeu
à court terme le pronostic vital.
*Accidents ischémiques :
Une héparinothérapie à dose efficace est discutée si l'infarctus
est vu précocement :
- ses indications communément admises sont les accidents
ischémiques transitoires à répétition (plus de deux accidents
ischémiques transitoires en 48 heures), les ischémies en
évolution, les dissections des vaisseaux du cou dans leur
portion extra-crânienne, les embolies d'origine cardiaque (en
l'absence d'endocardite) et les thromboses veineuses cérébrales
aseptiques.
- ses contre-indications sont les accidents massifs
(responsables de troubles de la conscience, ou accompagnés d'un
œdème étendu en TDM), qui comportent un risque hémorragique
secondaire important. Une transformation hémorragique
asymptomatique découverte par la TDM n'est pas une indication
formelle d'arrêt de l'héparine : on se contente le plus souvent
de diminuer la posologie.
- en cas de menace d'occlusion complète de la carotide,
confirmée par l'artériographie, une désobstruction chirurgicale
peut être envisagée si l'infarctus est dans le territoire
carotidien.
Rappelons que le respect de l'hypertension artérielle
réactionnelle est fondamental après un accident vasculaire
cérébral ischémique.
*Hémorragie méningée :
Devant une hémorragie méningée vue au stade du spasme, la
prescription de nimodipine (Nimotop*) IV est recommandée, ainsi
que le maintien d'une tension artérielle élevée.
Le traitement chirurgical de l'anévrisme et la date de
l'intervention sont discutés.
Autres étiologies :
Sclérose en plaques :
Une corticothérapie par voie veineuse, lors des poussées de
sclérose en plaques, permet d'accélérer leur régression
spontanée.
oedème des processus expansifs :
La corticothérapie par voie veineuse, par son action
anti-œdémateuse, permet souvent d'améliorer l'état du patient
d'une façon spectaculaire, avant ou pendant les thérapeutiques
plus spécifiques (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie d'une
tumeur ; antibiothérapie d'un abcès...).
Hématome sous-dural chronique :
Une corticothérapie per os peut améliorer l'état des patients
pour lesquels l'indication opératoire n'est pas retenue.
Encéphalite herpétique :
Le traitement de l'encéphalite herpétique est l' aciclovir
(Zovirax*).
Il n'existe aucune contre-indication.
La posologie (10 mg/kg toutes les 8 heures) doit être diminuée
en cas d'insuffisance rénale.
Le traitement est d'autant plus efficace qu'il est débuté très
précocement, sans attendre la confirmation du diagnostic.
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