Orientation diagnostique :
INTERROGATOIRE :
L'interrogatoire, en précisant le mode d'installation de la
céphalée et son profil évolutif, permet de distinguer les
céphalées essentielles bénignes, de loin les plus fréquentes,
des céphalées symptomatiques, dont certaines sont des urgences
neurologiques.
Profil évolutif :
Le profil évolutif permet ainsi schématiquement de distinguer :
- la céphalée récente d'apparition brutale : céphalée aiguë
brutale ;
- les accès de céphalées évoluant par crises entre lesquelles le
patient ne souffre pas (intervalle libre complet) : céphalée
chronique paroxystique .
- la céphalée permanente ancienne : céphalée chronique
permanente .
- la céphalée permanente, s'aggravant progressivement depuis
quelques jours, semaines ou mois : céphalée chronique
progressive.
Autres éléments à rechercher :
Les autres éléments à rechercher lors de l'interrogatoire d'un
patient céphalalgique sont :
- le siège des céphalées (diffuses, en hémicrânie,
rétro-orbitaires, constantes ou variables).
- le côté des céphalées (unilatérales, toujours du même côté ou
alternantes, bilatérales) ;
- leur caractère (pulsatile, continu, en étau, en éclairs...) .
- leur durée (sans traitement) .
- l'éventuelle aggravation par les efforts (marche, montée des
escaliers...) .
- la sévérité de la douleur évaluée par le retentissement sur
les actes de la vie quotidienne (arrêt de travail, repos au lit,
annulation de sorties...) .
- la fréquence des accès douloureux (par jour, semaine ou mois)
.
- l’évolution dans le temps (âge de début, période d'accalmie,
aggravation récente...) ;
- les facteurs déclenchants (effort, froid, consommation de
certains aliments, prise d'alcool, manque de sommeil,
médicament, traumatisme...) .
- les éventuels prodromes (signes annonciateurs de la céphalée :
irritabilité, troubles de l'humeur, malaise, sensation de
faim...) .
- les signes d'accompagnement (nausées, vomissements,
larmoiement, myosis, rougeur oculaire, signes neurologiques
pouvant précéder, accompagner ou suivre la céphalée,
transitoires ou permanents) .
- les différents traitements essayés et leur efficacité
éventuelle.
L'interrogatoire doit être long et attentif car les céphalées
sont souvent intriquées.
EXAMEN CLINIQUE :
Cet interrogatoire détaillé est complété par un examen
neurologique complet, à la recherche de signes de localisation,
de signes méningés ou de signes d'hypertension intracrânienne.
Un examen du fond d'œil à la recherche d'un œdème papillaire,
ainsi que la prise de la tension artérielle, de la température
et un examen clinique général sont systématiques.
EXAMENS COMPLEMENTAIRES :
Après l'interrogatoire et l'examen clinique, le diagnostic
étiologique de la céphalée est le plus souvent fait.
Ainsi, en dehors des urgences neurologiques, les examens
complémentaires (scanner cérébral et/ou IRM cérébrale et/ou
ponction lombaire) ne sont indiqués que lorsque :
- l'examen neurologique n'est pas normal .
- il existe un œdème papillaire .
- ou que la présentation d'une céphalée dite “ essentielle
bénigne ” n'est pas typique.
Urgence neurologique
Il est essentiel de distinguer d'emblée les céphalées
symptomatiques d'une urgence neurologique.
Céphalée d’installation brutale récente :
HÉMORRAGIE MENINGEE ET HÉMORRAGIE CEREBRALE :
Les deux grands diagnostics à envisager sont l'hémorragie
méningée et l'hémorragie cérébrale.
La céphalée de l' hémorragie méningée est typiquement décrite
comme étant une céphalée extrêmement violente, comme un.
En cas d' hémorragie cérébrale, il existe des signes
neurologiques focaux associés à la céphalée.
Dans tous les cas, il s'agit d'une grande urgence neurologique
nécessitant une hospitalisation et la réalisation d'un scanner
cérébral, sans injection de produit de contraste.
Lorsque ce dernier est normal, une ponction lombaire est
réalisée, sans délai, pour éliminer formellement une hémorragie
méningée.
DISSECTIONS DES ARTERES CERVICO-ENCEPHALIQUES :
Les céphalées et les cervicalgies sont également un symptôme
fréquent lors des dissections des artères cervico-encéphaliques
(carotides et vertébrales).
Elles sont souvent inaugurales et associées à un syndrome de
Claude-Bernard-Horner homolatéral dans les dissections de
l'artère carotide interne (par atteinte du sympathique
péricarotidien).
Le diagnostic est confirmé en urgence par l'écho-Doppler
cervical, éventuellement associé à une IRM et angio-IRM
cérébrale.
Ces dissections peuvent entraîner la survenue d'un accident
ischémique cérébral ou oculaire, si elles ne sont pas traitées
en urgence.
ENCEPHALIQUE HYPERTENSIVE :
Une cause rare de céphalée sévère récente et brutale est
l'encéphalopathie hypertensive qui s'accompagne, en outre, de
troubles visuels bilatéraux et de crises comitiales.
Elle peut s'observer dans l'hypertension maligne et dans
l'éclampsie.
Le phéochromocytome doit être recherché devant l'association de
céphalées aiguës paroxystiques associées à des sueurs et des
palpitations (triade de Meynard).
Céphalée d’installation rapidement progressive :
La céphalée d'installation rapidement progressive s'aggrave sur
quelques jours, quelques semaines ou mois.
Céphalées liées à une hypertension intracrânienne :
- Les céphalées liées à l'hypertension intracrânienne sont soit
isolées, soit associées à un œdème papillaire, des nausées et
des vomissements ainsi qu'à une diplopie binoculaire horizontale
par paralysie du VI. Les céphalées sont souvent à prédominance
matinale et sont aggravées par le décubitus et les efforts.
- Le premier examen à réaliser en urgence est un scanner
cérébral (sans et avec injection de produit de contraste), à la
recherche d'un processus expansif (tumeur, abcès, hématome
intraparenchymateux ou sous-dural).
- Lorsque le scanner est normal, il faut compléter l'examen par
une IRM cérébrale, à la recherche d'un processus expansif dans
la fosse postérieure (parfois difficile à voir sur un scanner)
et à la recherche d'une thrombophlébite cérébrale.
- Lorsque la neuro-imagerie est normale (scanner et IRM), on
effectue une ponction lombaire avec prise de pression du liquide
céphalo-rachidien (sur un patient couché, la pression normale
étant inférieure à 20 cm d'eau) pour vérifier que la pression du
liquide céphalo-rachidien est élevée et qu'il n'y a pas de
méningite. Si la pression est élevée et le liquide
céphalo-rachidien de composition normale, on parle alors
d'hypertension intracrânienne bénigne.
Céphalées accompagnées d'une fièvre ou d'un syndrome méningé :
Les céphalées accompagnées d'une fièvre ou d'un syndrome méningé
évoquent avant tout une méningite, qui peut-être aiguë, subaiguë
ou chronique.
Dans ce dernier cas, les signes méningés sont généralement
absents.
C'est pourquoi, tout patient souffrant d'une céphalée récente,
d'aggravation progressive, et dont la neuro-imagerie est
normale, doit avoir une ponction lombaire.
Des signes focaux s'associent à la méningite dans les
méningo-encéphalites.
Artérite temporale de Horton :
L'artérite temporale de Horton doit être évoquée devant toute
céphalée d'apparition récente chez un sujet de plus de 60 ans.
La céphalée est présente dans 60 à 90 % des cas de maladie de
Horton et est le symptôme révélateur le plus fréquent.
- Elle est typiquement de siège temporal, superficielle et
profonde, avec hyperesthésie au contact (aggravée par le port de
lunettes, d'un chapeau ou par le contact avec l'oreiller la
nuit).
- L'association avec les autres symptômes et signes de la
maladie de Horton (troubles visuels, fièvre, altération de
l'état général, claudication intermittente de la mâchoire,
douleurs rhizoméliques, artères temporales indurées, non
battantes et douloureuses...) oriente le diagnostic.
- La recherche d'un syndrome inflammatoire, en urgence, et la
réalisation d'une biopsie de l'artère temporale (du côté des
céphalées) confirment le diagnostic.
CEPHALEES ESSENTIELLES BENIGNES :
MIGRAINE :
La migraine est une affection très répandue, touchant trois fois
plus souvent la femme que l'homme.
Elle est, en effet, la plus fréquente des céphalées avec une
prévalence d'environ 12 % et une incidence annuelle, ajustée en
fonction de l'âge de 13,7 pour 100 000 chez l'homme et de 29,4
pour 100 000 chez la femme. Elle est souvent non diagnostiquée
et les symptômes sont attribués à tort à une “ crise de foie ”,
sinusite, affection dentaire ou cervicarthrose.
Son diagnostic est purement clinique et répond à des critères
précis définis par l'IHS en 1988. Comme dans toutes les
céphalées essentielles bénignes, l'examen neurologique est
strictement normal.
Les différents types de migraines :
Il est habituel de distinguer plusieurs types de crises de
migraines selon leurs caractéristiques cliniques.
Migraine sans aura :
La migraine sans aura (ancienne migraine commune) est la plus
fréquente.
- La crise est souvent précédée, plusieurs heures avant la
céphalée, par des prodromes tels qu'une somnolence, des troubles
de l'humeur, une asthénie et une sensation de faim.
- La céphalée est constante. Elle évolue par crises en dehors
desquelles le patient se sent en parfaite santé.
- Les accès de céphalées récidivent à un rythme variable et
durent de 4 à 72 heures.
- Les caractéristiques typiques des céphalées sont
- le siège unilatéral changeant de côté d'une crise à l'autre .
- le caractère pulsatile .
- l'intensité souvent sévère obligeant le patient à interrompre
toute activité.
- l'aggravation par les efforts physiques .
- et l'association à des nausées, vomissements, photophobie et
phonophobie.
- L'IHS en donne des critères diagnostiques précis, maintenant
utilisés dans tous les travaux concernant cette affection.
Migraine avec aura :
La migraine avec aura (anciennement migraine accompagnée) est
nettement plus rare que la migraine sans aura.
- La céphalée est ici précédée ou accompagnée d'une “ aura ”,
c'est-à-dire d'un dysfonctionnement neurologique transitoire.
- La crise débute le plus souvent par l'aura, qui est
caractérisée par un trouble neurologique focal (visuel par
exemple), s'étendant progressivement en quelques minutes et
s'enrichissant successivement d'autres troubles (sensitifs et du
langage par exemple).
- Cette extension progressive de l'aura, sur quelques minutes,
constitue la “ marche migraineuse ”, quasiment pathognomonique
de l'affection.
- La céphalée suit le plus souvent l'aura soit directement, soit
après un intervalle libre de moins de 1 heure.
- Comme dans la migraine sans aura, la durée de la céphalée est
habituellement de 4 à 72 heures, mais elle peut être beaucoup
plus courte, voire complètement absente.
- L'aura la plus fréquente est visuelle (migraine ophtalmique
entraînant des troubles visuels binoculaires).
- Les auras sensitives sont plus rares et presque toujours
précédées ou accompagnées de troubles visuels. Il s'agit le plus
souvent de paresthésies unilatérales de distribution
chéiro-orale.
- Les troubles du langage (aphasie) et les troubles moteurs
(hémiparésie) sont encore plus rares et généralement associés
aux troubles visuels et sensitifs.
- L'IHS donne également des critères diagnostiques pour la
migraine avec aura dans laquelle chacun des symptômes
neurologiques focaux doit être totalement réversible en moins de
60 minutes.
- Exceptionnellement, il peut s'agir d'une variété rare de
migraine comme la migraine basilaire, la migraine hémiplégique
familiale, la migraine ophtalmoplégique ou la migraine
rétinienne.
Comment affirmer le diagnostic de migraine ?:
*Diagnostic facile :
Lorsque les caractéristiques des céphalées et de l'aura
neurologique répondent aux critères de l'IHS, le diagnostic est
facile et, sous réserve d'un examen clinique normal, aucun
examen complémentaire n'est nécessaire.
*Devant une céphalée atypique :
En revanche, à la moindre atypie soit de la céphalée
(permanente, modification récente de ses caractéristiques), soit
de l'aura (durée trop courte ou trop longue, absence de marche
migraineuse) ou bien encore si l'examen neurologique n'est pas
strictement normal, des examens complémentaires (scanner
cérébral ou IRM cérébrale en premier lieu) s'imposent, d'autant
qu'une symptomatologie d'allure migraineuse atypique peut être
révélatrice d'une lésion cérébrale ou vasculaire telle qu'une
malformation artério-veineuse, d'un anévrisme, d'un méningiome
ou d'une dissection carotidienne ou vertébrale.
*Autres cas :
Par ailleurs, une crise de migraine avec aura peut être
difficile à différencier, en l'absence de marche migraineuse,
avec un accident ischémique cérébral transitoire ou une crise
d'épilepsie partielle, d'où le recours parfois nécessaire aux
explorations cardiovasculaires ou à l'électroencéphalogramme.
Facteurs déclenchants et profil évolutif de la migraine :
La migraine débute le plus souvent dans l'enfance ou
l'adolescence et dans 90 % des cas avant 40 ans.
Évolution
L'évolution de la fréquence et du caractère des crises est très
variable d'un sujet à l'autre et tout au long de l'existence
chez un même individu.
- Il est fréquent que la migraine diminue ou disparaisse chez le
sujet âgé.
- La vie hormonale de la femme joue un rôle sur la maladie
migraineuse. En effet, la migraine est plus fréquente chez la
femme. Elle débute souvent à la puberté, se majore en période
cataméniale et diminue durant les grossesses et après la
ménopause.
*Facteurs déclenchants :
De nombreux facteurs peuvent déclencher une crise de migraine.
Les plus classiques sont :
- les facteurs psychologiques (stress, contrariété, émotions,
anxiété) .
- les modifications du rythme de vie (vacances, voyages,
week-end, surmenage) .
- certains aliments (alcool, chocolat, graisses) .
- les habitudes alimentaires (jeûne, hypoglycémie, repas sauté)
.
- les facteurs hormonaux (règles, contraception orale) .
- les facteurs sensoriels (bruit, odeurs, lumière) .
- les facteurs climatiques (chaleur, vent, air conditionné)...
CEPHALEES DE TENSION :
Les céphalées de tension sont des céphalées en rapport avec un
excès de tension “ nerveuse ” (et non pas un excès de tension
artérielle).
Les éléments psychogéniques se mêlent à d'autres causes comme la
contraction excessive des muscles péricrâniens.
Céphalées de tension épisodiques :
Les céphalées de tension épisodiques constituent rarement un
motif de consultation.
Il s'agit de céphalées banales, diffuses, apparaissant
épisodiquement le plus souvent en fin de journée.
Céphalées de tension chroniques :
Les céphalées de tension chroniques constituent, par contre, un
motif de consultation fréquent.
- Les caractères de la douleur sont très variables mais la
céphalée est quotidienne, s'installant dès le lever.
- Le plus souvent, elle existe depuis des mois ou des années et
est aggravée par les mêmes facteurs déclenchants que la
migraine, les facteurs psychologiques semblant jouer un rôle
encore plus important.
- Les céphalées de tension chroniques surviennent soit d'emblée,
soit apparaissent chez un patient présentant des céphalées de
tension épisodiques ou des crises de migraine depuis des années.
L'association à des céphalées de tension chroniques est alors
souvent favorisée par des troubles psychologiques (intrication à
un syndrome dépressif par exemple) et/ou à une surconsommation
d'antalgiques. La caféine ou l'ergotamine contenues dans de
nombreux antalgiques jouent un rôle aggravant dans ce phénomène
d'accoutumance aux antalgiques.
ALGIES FACIALES :
ALGIE VASCULAIRE DE LA FACE :
L'algie vasculaire de la face est une affection rare touchant
surtout l'homme jeune.
- Il s'agit d'une algie faciale dont les caractéristiques sont
stéréotypées :
- la douleur débute de façon brutale, est strictement
unilatérale et siège au niveau de la région périorbitaire .
- elle est très violente, atroce, à type d'arrachement ou de
broiement ;
- fréquemment, le patient est agité et déambule .
- il existe des signes neurovégétatifs d'accompagnement qui sont
homolatéraux à la douleur et associent un larmoiement, une
injection conjonctivale, un syndrome de Claude Bernard-Horner et
une obstruction ou un écoulement nasal .
- tous les signes disparaissent en même temps que la douleur.
- Dans 90 % des cas, l'algie vasculaire de la face est
épisodique, évoluant par salves, durant lesquelles les crises
douloureuses surviennent quotidiennement. Les salves sont des
périodes de 3 à 10 semaines pendant lesquelles les crises sont
quotidiennes. Les épisodes se répètent une à deux fois par an et
sont séparés par un intervalle libre complet.
- Les crises d'algie vasculaire de la face durent de 15 à 180
minutes quotidiennement et surviennent le plus souvent à heure
fixe, notamment la nuit. Elles se répètent de une à trois fois
par 24 heures (jusqu'à huit).
Le diagnostic est purement clinique, les examens complémentaires
étant normaux.
NEVRALGIE DU TRIJUMEAU :
La névralgie du trijumeau résulte d'une atteinte du trijumeau et
peut être de deux types : essentielle (primitive) et secondaire
(à une pathologie telle qu'une tumeur par exemple).
Névralgie essentielle du trijumeau :
C'est une affection qui touche plus souvent les femmes de plus
de 50 ans.
*Douleur
La douleur est strictement unilatérale et est située dans le
territoire du trijumeau (V), le plus souvent V2 et/ou V3,
parfois les trois branches à la fois.
- C'est une douleur atroce, en éclairs fulgurants très brefs,
qui se succèdent en accès de quelques secondes à quelques
minutes, séparés par un intervalle libre complet.
- La douleur est déclenchée par la parole, la mastication ou
l'attouchement d'une zone gâchette.
*Examen clinique
L'examen clinique est strictement normal, ne retrouvant en
particulier aucune hypoesthésie dans le territoire du V.
Lorsque les caractéristiques et le profil évolutif de la douleur
sont typiques, aucun examen n'est nécessaire pour affirmer le
diagnostic.
Névralgie secondaire du trijumeau :
La névralgie secondaire du trijumeau est une névralgie siégeant
dans le territoire du trijumeau, symptomatique d'une affection
locale.
- La douleur paroxystique est associée à un fond douloureux
permanent.
- Surtout, l'examen neurologique n'est pas normal : il existe
notamment une hypoesthésie dans le territoire du V (incluant la
cornée).
- Les causes en sont multiples et des examens complémentaires
sont nécessaires (avant tout IRM cérébrale avec ou sans ponction
lombaire).
Névralgie du Glosso-Pharyngien :
La névralgie du glosso-pharyngien a les mêmes caractéristiques
cliniques que la névralgie du trijumeau (douleur en éclair, zone
gâchette), mais la douleur est située dans le territoire du
glosso-pharyngien (IX), c'est-à-dire la région amygdalienne, la
paroi postérieure du pharynx et la partie postérieure de la
langue.
Comme la névralgie du V, elle peut être essentielle ou
secondaire.
AUTRES CEPHALEES :
CEPHALEES PAR HYPOTENSION DU LIQUIDE CEPHALO-RACHIDIEN :
(Postponction lombaire ou brèche durale.)
Il s'agit de céphalées en rapport avec une hypotension du
liquide céphalo-rachidien (fuite de liquide céphalo-rachidien
par un orifice dure-mérien).
Circonstances de survenue
Elles peuvent donc survenir après une ponction lombaire,
anesthésie par péridurale, rachianesthésie, myélographie, ou
bien traduire la présence d'une brèche durale, secondaire à un
traumatisme crânien ou à une intervention chirurgicale sur la
base du crâne (neurinome de l'acoustique, résection
transphénoïdale d'un adénome hypophysaire).
Caractéristiques
Dans tous les cas, la caractéristique de ces céphalées est leur
caractère postural avec apparition lors de l'orthostatisme et
amélioration lors du décubitus.
Elles sont souvent occipitales, sévères et associées à des
nausées et à des vomissements, rendant toute station debout ou
assise prolongée impossible.
CEPHALEES POST-TRAUMATIQUES :
Céphalées aiguës post-traumatiques :
Les céphalées aiguës post-traumatiques peuvent témoigner d'une
hémorragie méningée, d'un hématome extra-dural ou sous-dural,
d'une contusion cérébrale
Il existe alors des signes de localisation neurologique, et le
patient est pris en charge dans un service de neurochirurgie.
Les céphalées post-traumatiques isolées disparaissent en général
en quelques jours.
Céphalées post-traumatiques chroniques :
Les céphalées post-traumatiques chroniques sont fréquentes et
surviennent dans les semaines qui suivent un traumatisme dont la
sévérité est très variable.
*Céphalées paroxystiques :
Les céphalées paroxystiques doivent faire rechercher des
névralgies au niveau de cicatrices ou bien des céphalées
posturales par hypotension du liquide céphalo-rachidien
traduisant une brèche durale post-traumatique.
*Céphalées continues :
Les céphalées continues sont les plus fréquentes et entrent
généralement dans le cadre du “ syndrome post-traumatique
crânien ”.
Elles s'associent alors à de nombreux symptômes tels que
sensations vertigineuses, troubles du sommeil, troubles de la
mémoire et de la concentration, irritabilité, bourdonnements
d'oreille.
Cet ensemble de symptômes empêche souvent le patient de
reprendre une vie normale et ne doit donc pas être négligé.
Conclusion :
L' interrogatoire est l'élément essentiel du diagnostic d'une
céphalée. Il permet avant tout de déterminer si la céphalée est
une urgence neurologique en précisant son profil évolutif, puis
de différencier les différents types de céphalées essentielles
bénignes.
En dehors des urgences neurologiques, les examens
complémentaires sont indiqués uniquement lorsqu'il existe une
atypie dans le tableau d'une céphalée essentielle. Ils sont
inutiles dans 90 % des cas de consultation pour céphalées.
Parmi les céphalées essentielles bénignes, migraine et céphalées
de tension sont les plus fréquentes. Il n'est pas rare qu'elles
coexistent chez un même patient, ce que seul un interrogatoire
précis permet de préciser. On doit s'attacher tout
particulièrement à détecter un abus d'antalgiques, responsable
de céphalées chroniques.
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