Myopathies congénitales Myopathies structurales
Cours de Neurologie
Introduction
:
Le terme de myopathie congénitale a été introduit précocement par Shy et Magee en 1956 pour désigner une myopathie découverte dans
l’enfance, d’évolution lente et non dystrophique, caractérisée par une
anomalie morphologique des fibres musculaires.
Cette appellation
devait différencier cette nouvelle entité des dystrophies musculaires
(Duchenne, Becker, myopathies des ceintures, Steinert) et des
atrophies neurogènes.
Il s’agissait alors du premier cas identifié en
tant que tel de myopathie à axe central (central cores disease).
Très
rapidement, c’est à partir des descriptions neuropathologiques que
sont donc individualisées les différentes formes de ces maladies,
certaines à partir de quelques cas dans un petit nombre de
familles.
Plus récemment, les avancées génétiques ont suscité des
tentatives d’identification et de classification.
Mais cette approche,
importante d’un point de vue scientifique et pour le conseil
génétique, offre relativement peu d’intérêt pour la pratique clinique
puisque beaucoup de ces myopathies ont un tableau peu spécifique,
leur diagnostic reposant d’abord et avant tout sur des anomalies
identifiables histologiquement ; à une même entité structurale
peuvent correspondre des mutations diverses, portant sur des gènes
différents (par exemple, la myopathie à bâtonnets résultant de
mutations des gènes de la nébuline, de la tropomyosine ou de
l’actine).
L’affinement nosologique a tout de même permis une
meilleure appréciation du pronostic de ces maladies.
Longtemps
considérées comme une des causes des hypotonies du nourrisson,
bénignes et pratiquement non évolutives au cours de la vie adulte, actuellement elles sont séparées en formes à début néonatal et
infantile, souvent graves, voire mortelles pour certaines d’entre elles
et les formes à début plus tardif, quelquefois révélées à l’âge adulte,
dont l’évolutivité est en réalité fréquente et très variable, comportant
souvent de multiples complications orthopédiques, respiratoires,
parfois cardiaques.
Une classification établissant un lien entre les anomalies structurales
qui restent le plus facilement identifiables et les anomalies
génétiques a été proposée, sous l’impulsion de Hans Goebel et
Andrew Engel qui introduisent le terme myopathies structurales
préférentiellement à celui de myopathies congénitales.
Classifications
:
En reprenant avec Goebel, Engel et Fardeau les données
neuropathologiques, on peut définir quatre catégories de
myopathies congénitales.
– Les myopathies avec anomalies de position des noyaux,
myopathies myotubulaires et centronucléaires.
– Les myopathies avec altérations des structures intrinsèques de la
fibre, essentiellement les sarcomères, myopathies à axe central et à minicores.
– La catégorie des myopathies avec inclusions intracytoplasmiques.
Dans cet ensemble hétérogène, on peut distinguer :
– ce que Engel appelle les myopathies myofibrillaires et qui
correspondent à ce que Goebel et d’autres, à une ou deux entités
près, appellent les myopathies avec accumulation de desmine ou
desminopathies (desmin-related myopathy) ; elles sont caractérisées
par l’accumulation de filaments intermédiaires dans lesquels on
retrouve de la desmine ;
– les autres comprennent les myopathies à bâtonnets, réelle forme
de « transition » entre le 2e groupe et celui des myopathies myofibrillaires, et les myopathies avec présence d’inclusions
variées.
– Les myopathies sans pathologie structurale identifiable, avec une
anormalité de la répartition des activités enzymatiques.
C’est le
groupe des disproportions de taille et de nombre de fibres de
Brooke, et de la myopathie avec uniformité des types de fibres (de
type I).
Il est préférable de ne pas y rattacher les myopathies avec
anomalies minimes dont l’évolution ultérieure se fait souvent vers
un type précis.
Toutes ces classifications sont critiquables du fait de leur profonde
hétérogénéité génétique.
De plus, elles sont basées sur des
constatations histologiques et donc imparfaites, car variables en
fonction de l’âge auquel est pratiquée la biopsie, certaines anomalies
n’apparaissant que progressivement, et par la topographie de cette
biopsie.
Il existe également un problème d’interprétation : peut-on accepter
une entité qui ne serait basée que sur une disproportion en taille et
nombre de fibres ?
Enfin, certaines myopathies n’ont été décrites que dans un seul cas
ou une seule famille, et leur individualisation demeure contestable.
Pour comprendre les altérations structurales et leurs possibles
associations, l’évolution des lésions avec le temps…, on peut tenter
d’établir un schéma physiopathologique calqué sur la biologie du
développement myocytaire.
Présentations cliniques
:
A - CARACTÉRISTIQUES COMMUNES :
Les myopathies congénitales sont caractérisées par une faiblesse
musculaire, touchant parfois le myocarde et entraînant, à des degrés
variables, des complications orthopédiques et respiratoires.
En fait,
le tableau clinique est peu spécifique et si on peut tenter une
distinction entre les différentes formes en fonction de l’âge de début
et de la répartition du déficit musculaire, le diagnostic précis reste
histologique.
En fonction de l’âge de révélation, on peut distinguer
trois formes.
1- Formes néonatales :
Elles peuvent se révéler par :
– une hypotonie considérable, associée à la réduction de
mouvements foetaux ;
– une détresse respiratoire.
L’arthrogrypose est possible.
Le micrognatisme, la gracilité costale
sont fréquents. Les luxations de hanches sont dites « fréquentes »,
notion qu’il faut peut-être tempérer de modestie diagnostique.
Le
diagnostic différentiel est souvent difficile, avec une atteinte
anténatale extrinsèque due à une compression foetale devant un
tableau d’arthrogrypose, avec toutes les situations de détresses
néonatale, infectieuse ou respiratoire, et avec une atteinte
neurologique plus globale touchant également le système nerveux
central (malformations cérébrales).
C’est la persistance de
l’hypotonie avec éventuellement l’absence de réflexes ostéotendineux en dehors d’autres pathologies associées (infection,
asphyxie…) chez un nouveau-né dont l’éveil semble correct qui doit
faire poursuivre les explorations musculaires.
Les formes néonatales
de maladie de Steinert, certaines affections métaboliques
mitochondriales ou glycogéniques et les amyotrophies spinales
peuvent donner une présentation clinique voisine justifiant un bilan
complémentaire très large.
L’électromyogramme (EMG) est de réalisation et d’interprétation difficiles, comme la biopsie musculaire
à cet âge.
Il faut parfois savoir attendre plutôt que d’avoir à refaire
une biopsie musculaire non interprétable.
2- Formes infantiles précoces
:
Elles se caractérisent par une hypotonie motrice, c’est « l’enfant
mou », la « poupée de chiffon » avec un retard des acquisitions
motrices.
Les créatines phosphokinases (CPK) sont souvent
normales, l’EMG est difficile.
Il est souvent dit « normal » ; dans
certains cas, il a un aspect pseudoneurogène, mais sans activité
spontanée de dénervation, dans d’autres cas, il est décrit comme
myogène.
Le tableau manque de toute spécificité.
3- Formes infantiles tardives et de l’adolescent
:
Elles sont plus évocatrices.
Cliniquement, l’enfant est décrit comme
« non sportif », lent, « mollasson », et souvent accusé d’avoir un
retard mental qui n’existe pas, du fait de l’association de cette
grande lenteur à l’effection de l’écriture, avec des anomalies
morphologiques craniofaciales.
Le déficit moteur peut être diffus, avec ou sans atrophie musculaire
préférentielle ; certains auteurs le nomment « scapulopéronier »,
terminologie qu’il serait préférable de bannir définitivement car il
évoque une répartition qui est rarement présente et qui oriente plus
vers une dystrophie musculaire.
L’EMG est souvent dit « normal ».
Il peut être myogène avec des
potentiels d’unité motrice de faible amplitude, polyphasiques, avec
un recrutement trop riche.
Des activités de repos comme des
fibrillations ou des décharges pseudomyotoniques ou des décharges
répétitives complexes peuvent parfois être retrouvées.
Enfin, plus
rarement, ont été décrits des aspects pseudoneurogènes.
Dans ce
dernier cas, il est caractérisé par la présence de potentiels très
amples, mais très fins, polyphasiques dont certains pensent qu’ils
peuvent correspondre aux aspects de disproportion de taille des
unités motrices visibles en histoenzymologie.
Les vitesses de
conduction nerveuse sont normales, avec éventuellement une
diminution de l’amplitude du potentiel d’action musculaire.
En fait,
l’EMG chez l’enfant est souvent difficile pour un examinateur non
entraîné et reste au mieux non spécifique.
Le dosage des CPK montre un taux normal ou parfois élevé,
généralement inférieur à 10 fois la norme du laboratoire.
L’imagerie, qu’il s’agisse de la tomodensitométrie ou de l’imagerie
par résonance magnétique nucléaire (RMN) musculaire, n’a pas
acquis de valeur diagnostique dans les myopathies congénitales, au
contraire de ce qui se dessine dans les dystrophies musculaires des
ceintures ou dans les myopathies inflammatoires acquises. Seule,
une atteinte distale isolée peut la faire discuter, en complément de
la biopsie.
B - ASPECTS ORTHOPÉDIQUES ET FONCTIONNELS :
1- Manifestations orthopédiques
:
Elles sont fréquentes, non spécifiques et résultent de la déficience
musculaire.
L’expression clinique dépend davantage de la sévérité
de l’atteinte que du type de la myopathie.
Les déformations
néonatales sont en règle les plus graves : luxation de hanches, voire
arthrogrypose.
Dans les formes plus tardives, la période pubertaire
peut démasquer ou aggraver une complication orthopédique.
Quelle
que soit l’évolution de la faiblesse musculaire, la croissance est
susceptible de compromettre le pronostic fonctionnel.
Les
particularités orthopédiques des différentes formes sont détaillées
dans leurs présentations cliniques.
2- Pronostic général :
Il dépend de multiples facteurs. Le premier est l’intensité des signes
déficitaires, notamment respiratoires, existant in utero et lors de la
naissance.
Ils conditionnent l’existence ou non d’une détresse
respiratoire avec décompensation possible cardiocirculatoire et les
possibilités d’alimentation.
Les formes à début néonatal, comme les
myopathies myotubulaires ou certaines myopathies à bâtonnets, ont
un pronostic immédiat redoutable, mais une prise en charge
réanimatoire bien conduite peut faire passer ce stade.
Le deuxième est lié à l’évolution initiale du déficit moteur suivant
qu’il permet (majorité des myopathies congénitales) ou non
l’acquisition de la marche.
Il faut cependant se garder de tout
pronostic, même favorable, avant l’adolescence quant au maintien
d’une ambulation correcte à l’âge adulte.
Le troisième dépend de l’importance des déformations
orthopédiques, notamment rachidiennes.
Un autre est l’existence de complications viscérales.
Encore mal
connues pour la plupart, il peut s’agir d’atteintes cardiaques
(minicores, « desminopathies ») ou de défaillance hépatique ou
endocrine (myotubulaires).
3- Pronostic fonctionnel :
Il dépend, une fois le pronostic vital assuré et du fait de la faible
évolution habituelle, de la prise en charge commune à toutes les
maladies neuromusculaires (Gilardeau).
Cependant, quelques
principes dominent : la précocité de la kinésithérapie ou de
l’appareillage ; la primauté accordée à l’autonomie plus qu’à l’aspect
proprement orthopédique.
On privilégie, par exemple, l’appareillage
nocturne pour faciliter les acquisitions motrices.
4- Marche :
Elle peut être tardive ou perdue tôt. Elle dépend, entre autres, du
bon maintien des hanches, c’est-à-dire de l’entretien de leur liberté
et de leur stabilité.
La chirurgie reste prudente en cas de dysplasie
pour ne pas ajouter à la faiblesse des muscles pelviens des enfants
qui marchent.
Les luxations opérées récidivent souvent.
La
déformation des pieds peut empêcher la déambulation.
L’appareillage est indispensable, essentiellement nocturne, même
après chirurgie (Glorion).
5- Préhension :
L’objectif est d’obtenir ou conserver une pince efficace, parfois très
particulière dans les arthrogryposes, ainsi que le contact mainbouche.
À l’encontre des postures ou des aides techniques, les
orthèses de fonction sont rarement utiles du fait des compensations
naturelles développées spontanément, tant pour l’alimentation que
pour le graphisme.
6- Alimentation :
La rétraction du rachis cervical en extension s’associe aux anomalies
morphologiques et fonctionnelles du carrefour aérodigestif pour
provoquer des fausses routes.
Le rachis doit être posturé en
délordose par une minerve correctement orientée.
7- Ventilation
:
La scoliose comprime le thorax. Le départ en dos creux l’aplatit en verticalisant les côtes.
Si le rachis lombaire est très lordosé, le
diaphragme est étiré, donc moins efficace.
Les fausses routes
aggravent ou compliquent la situation.
Les corsets ne doivent pas
pénaliser la fonction respiratoire.
La chirurgie peut être précoce.
En dehors des formes majeures, l’évaluation clinique est difficile du
fait de la faible évolutivité. Même les échelles de Brooke et de Vignos
rendent difficilement compte, en termes de handicap, de la
pertinence des prises en charge.
La validation de nouveaux outils
comme la « mesure de la fonction motrice » (Bérard) devrait mieux
orienter les propositions thérapeutiques, qu’elles soient
symptomatiques, fonctionnelles ou curatives dans un avenir plus
lointain.
Spécificités nosologiques
:
Devant ce type de tableau clinique, quelques caractéristiques (âge
de début, topographie du déficit musculaire, type et gravité des
atteintes orthopédiques) orientent plus précisément vers une forme
ou une autre de myopathie congénitale.
A - MYOPATHIES AVEC ANOMALIES DE POSITION
DES NOYAUX
:
1- Myopathie myotubulaire :
Longtemps fondue dans le groupe des myopathies centronucléaires
avec des problèmes terminologiques multiples, elle doit garder
maintenant une individualisation propre.
Il s’agit en effet d’une
entité homogène, tant sur le plan clinique que génétique.
Elle est
transmise par l’X et touche donc les garçons dès la naissance, et
même in utero.
Le gène en cause, situé en Xq28, est celui de la myotubularine, une tyrosine-kinase impliquée dans les stades très
précoces de maturation cellulaire, particulièrement musculaire.
Elle
expliquerait le défaut de maturation des fibres musculaires dans
cette myopathie et l’absence d’évolution du myotube vers le
myocyte.
À ce jour, on connaît 40 mutations différentes de ce gène.
Histologiquement, elle est caractérisée par l’existence d’un muscle
totalement pathologique, immature, avec des fibres musculaires de
petite taille, arrondies, dont la structure est celle d’un myotube foetal,
avec un arrangement circonférenciel des myofibrilles toujours en
nombre réduit, un centre cytoplasmique clair dans lequel se loge le
noyau.
Cliniquement, le diagnostic est celui d’une détresse néonatale
annoncée par une réduction des mouvements foetaux et parfois un
hydramnios.
L’enfant présente souvent des anomalies qui peuvent
faire évoquer une dystrophie myotonique de Steinert, y compris sur
la biopsie dont l’interprétation est délicate ; il existe en effet une
atteinte massive de la succion et de la déglutition, une hypotonie
faciale, une gracilité des côtes.
Le décès par insuffisance respiratoire est fréquent.
Il était dit
constant, mais une étude américaine sur 55 dossiers génétiquement
prouvés montre que 72 % des enfants survivent au-delà de l’âge de
1 an, 80 % étant dépendants d’une assistance respiratoire.
Des
complications hépatiques, endocriniennes et hématologiques
peuvent survenir au long cours.
Certaines femmes conductrices peuvent présenter une
symptomatologie modeste, faite d’une simple difficulté à l’effort.
La
biopsie musculaire, dans ces cas, montre des anomalies non
spécifiques.
2- Myopathies centronucléaires :
Il s’agit d’un groupe apparemment moins homogène, dont la
caractéristique est histologique, à savoir l’existence d’une
centralisation nucléaire.
Pour l’instant, aucune anomalie génétique reproductible n’a été mise
en évidence.
De nombreux cas sont sporadiques, alors que certaines
observations illustrent une hérédité autosomique dominante.
Histologiquement, il existe un pourcentage très important de noyaux
centraux, généralement uniques, rarement multiples dans les fibres
musculaires.
Au contraire de ce qui s’observe dans la myopathie myotubulaire avec ses aspects francs d’immaturité, le noyau est ici
inclus dans une fibre musculaire de taille et de diamètre variables,
mais qui présente par ailleurs un aspect mature ; le cytoplasme
périnucléaire est très peu abondant, mais existe avec une disposition
radiaire très particulière.
On a longtemps pensé que cette anomalie n’était que le stade
évolutif ultérieur de la précédente, avec une absence de migration
latérale des noyaux alors que la maturation du reste de la fibre
musculaire se faisait.
L’existence d’un petit nombre d’observations
de myopathies congénitales, suivies par biopsies répétées le long de
leur vie, a montré que l’aspect précoce (quelques mois de vie)
comportait de nombreux myotubes avec maturation secondaire
(plusieurs années) vers des cellules à noyaux centralisés.
Néanmoins, d’autres études biopsiques et longitudinales ont montré
que, vraisemblablement, le mécanisme pouvait être différent.
Certains enfants présentent dans les premières années de la vie un
aspect non spécifique ou identique à une disproportion de taille et
de nombre de fibres.
La centralisation nucléaire n’apparaît que
beaucoup plus tardivement ; il pourrait donc s’agir, non pas d’un
défaut de migration centrifuge des noyaux, mais plutôt d’un excès
d’internalisation, centripète sous l’effet d’un facteur « X ».
Quelques observations sont caractérisées par l’adjonction d’une
anomalie histologique supplémentaire, à savoir une prédominance
numérique des fibres de type I avec hypotrophie de ces fibres.
Cliniquement, les myopathies centronucléaires se présentent de
manière identique aux autres myopathies congénitales avec
quelques anomalies plus fréquemment observées et qui peuvent
orienter le diagnostic :
– ophtalmoplégie ;
– hypertrophie musculaire, notamment des mollets ;
– altération mentale, exceptionnelle sinon absente dans les autres
formes de myopathie congénitale ;
– présence parfois de décharges myotoniques à l’EMG, par ailleurs
myogène.
B - MYOPATHIES AVEC ALTÉRATIONS DES STRUCTURES
INTRINSÈQUES DE LA FIBRE
:
1- Myopathie central core, à axe central
:
La génétique de cette myopathie est imprécise.
Il s’agit,
vraisemblablement, comme dans le cas précédent, d’un groupe
hétérogène. Les observations d’hérédité dominante sont moindres
que les cas sporadiques.
Il existe des relations entre le central core et
l’hyperthermie maligne.
On retrouve d’une part une susceptibilité à
l’hyperthermie maligne, et des observations authentiques d’accident
par hyperthermie maligne chez des patients atteints de central core ;
d’autre part, la moins exceptionnelle des altérations histologiques
visibles sur les biopsies de familles d’hyperthermie maligne reste la
formation d’axes centraux.
Quelques observations privilégiées de
central core ont d’ailleurs permis d’identifier une mutation sur le
gène des récepteurs à la ranyodine, du chromosome 19, impliqué
dans certaines familles d’hyperthermie maligne.
Les observations central core et myopathie à bâtonnets notées dans
une même biopsie sont devenues classiques.
Le tableau clinique ne
se démarque pas de celui d’un central core, et la localisation génique
reste encore à préciser tout comme la physiopathologie d’une
anomalie qui fait coexister ces deux altérations structurales.
La biopsie musculaire révèle les cores caractéristiques dès l’étude
des fragments fixés et inclus en paraffine.
Sur les colorations trichromiques, les axes centraux sont bien visibles, avec un amas
souvent amorphe, situé au centre ou en périphérie de la substance
contractile, toujours unique.
Sur les coupes longitudinales, l’axe
s’étend sur toute la longueur de la fibre musculaire avec des
modifications très nettes de la striation Z : conservé dans le cas des cores dits « structurés », remplacé par un aspect amorphe sans
striation transversale dans les cores non structurés, décrits par
Brooke et Neville.
En microscopie électronique, les coupes
longitudinales révèlent facilement l’absence de toute mitochondrie,
la diminution sensible du volume du sarcoplasme, et de discrètes
irrégularités de la strie Z.
Dans les axes non structurés, la structure
normale myofibrillaire est perdue, la striation disparaît.
Cette
différence morphologique n’acquiert aucun intérêt clinique, puisque
les deux aspects se retrouvent aussi bien au sein d’une même famille
que chez un même patient.
Ils correspondent vraisemblablement à
des degrés d’évolution différents de l’anomalie myofibrillaire.
Mais l’aspect le plus caractéristique est obtenu sur coupes
transversales du muscle congelé, notamment avec les réactions
oxydatives.
L’axe correspond à une zone dépourvue d’activité
mitochondriale, comme d’ailleurs d’activité phosphorylasique,
clairement délimitée par rapport au reste du cytoplasme. Ils sont
parfois soulignés d’un mince cercle plus prononcé, qui accentue leur
ressemblance avec les images de fibres en « cible ».
Ils n’affectent
pratiquement que les fibres de type I.
Une fibre musculaire peut
avoir un axe isolé, central, ou excentrique, mais peut parfois en
contenir plusieurs.
La distribution des images est différente suivant
les muscles chez un même patient, ou diffère encore d’un patient à
l’autre dans une même famille.
Il existe parfois, avec l’évolution,
une modification du core dont la structure semble s’accentuer avec
le vieillissement.
La structure générale du muscle est conservée.
Le calibre des fibres
musculaires apparaît assez souvent régulier et il n’existe pas
d’altération dystrophique.
Une nette prédominance des fibres de
type I est fréquemment retrouvée, signalée dans pratiquement toutes
les observations ; elle n’a aucune spécificité puisqu’elle se retrouve
dans les autres myopathies congénitales.
Historiquement la première décrite, sa présentation clinique répond
donc le mieux aux critères classiques de diagnostic : hypotonie
néonatale, retard d’acquisition motrice, atteinte musculaire diffuse
non sélective avec amyotrophie, atteinte faciale discrète sans ophtalmoplégie, aréflexie ostéotendineuse fréquente.
Globalement,
c’est la moins caractéristique des myopathies congénitales.
Chez l’adulte, le tableau peut se présenter comme une myopathie
des ceintures, ou simuler parfois une myopathie facio-scapulohumérale.
Certaines observations de crampes et intolérance à l’effort
chez des adolescents et adultes jeunes ont été décrites.
Les déformations orthopédiques restent modérées et il n’y a pas de
rétraction.
La luxation de hanche est dite fréquente, mais il peut
s’agir d’une instabilité chez ce nourrisson hypotonique. Une
platitude du thorax est fréquente, mais c’est surtout une
cyphoscoliose qui vient compliquer cette myopathie.
L’EMG comporte des altérations des potentiels d’unités motrices
caractéristiques d’une affection myogène chez la plupart des
patients.
Très fréquemment, se surajoutent des potentiels polyphasiques, plus souvent de durée normale qu’allongée, de
grande amplitude.
Certains ont cru y voir un élément neurogène,
bien qu’aucune des caractéristiques spécifiques des atteintes
neurogènes n’ait été rencontrée.
L’EMG peut être normal chez des
patients peu symptomatiques mais, à l’inverse, peut être myogène
chez un sujet asymptomatique et fournir ainsi des indications
précieuses sur le mode de transmission.
Quelques rares études en
fibre unique et macro-EMG ont montré une augmentation de la
densité en fibres des unités motrices, suggérant des anomalies de
l’innervation terminale.
Les vitesses de conduction nerveuse
motrices et sensitives sont toujours normales.
Le dosage sanguin de
l’activité créatine kinase est normal ou seulement légèrement
augmenté.
2- Myopathie minicores :
Elle a été décrite primitivement en 1966 par Engel et Gomez, sous le
terme de myopathie congénitale avec dégénérescence multifocale
des fibres musculaires, puis redécrite par les mêmes auteurs en 1971
sous le vocable de multicore disease.
Ultérieurement, le terme de multicore disparaît dans bon nombre de descriptions pour laisser
place à celui de minicore.
De fréquence difficile à apprécier (de nombreux cas sont mal
diagnostiqués du fait des caractéristiques histologiques), aucune
localisation génétique n’a, pour l’instant, été rapportée.
La
transmission est le plus souvent compatible avec une hérédité
autosomique récessive, et les cas sporadiques sont les plus
nombreux.
D’exceptionnelles transmissions dominantes ont été
rapportées (pour la plupart, le diagnostic est contestable).
L’anomalie histologique principale apparaît sur les coupes
longitudinales du matériel fixé sous forme de multiples foyers peu
colorés usuellement où la striation transversale, notamment la
strie Z, disparaît suivant un axe perpendiculaire à celui de la fibre
musculaire.
Les zones anormales mesurent généralement de 5 à
7 µm de large et sont distribuées sur l’ensemble de la longueur de la
fibre musculaire.
Elles ne s’étendent jamais sur toute sa longueur
comme le fait l’axe central.
Sur les coupes transversales de tissu
congelé, la présence d’axes multiples donne un aspect mité aux
fibres musculaires, avec disparition de l’activité mitochondriale
normale à leur niveau.
Les anomalies sont retrouvées dans les fibres de types I et II, contrairement aux axes centraux.
Mais il existe
pratiquement toujours une nette prédominance des fibres de type I,
avec une réduction du diamètre de ces fibres.
Les autres altérations
structurales des fibres musculaires sont peu nombreuses :
essentiellement une variation du calibre des fibres musculaires et la
présence de noyaux centraux.
Il n’y a généralement pas d’évolution
histologique dystrophique, sauf dans une observation de Dubowitz.
En microscopie électronique, les axes multiples ressemblent
beaucoup aux axes centraux non structurés.
Comme eux, ils
représentent une zone dépourvue de toute mitochondrie, avec une
déstructuration complète, mais limitée, de l’arrangement myofibrillaire et de la striation transversale.
Les lésions d’étalement
et de rupture de la strie Z sont particulièrement significatives.
La
délimitation avec les myofibrilles normales est toujours nette.
L’innervation intramusculaire, notamment la structure des plaques
motrices, apparaît normale.
Souvent précédée d’une réduction des mouvements foetaux,
rarement d’un hydramnios, l’affection se révèle cliniquement par
une hypotonie du nourrisson et moins fréquemment par un
syndrome myopathique de l’adolescent.
On retrouve un retard des
différentes acquisitions motrices et un déficit moteur prédominant
nettement sur les muscles proximaux avec une assez fréquente
prépondérance aux membres supérieurs.
Quelques rares
observations mentionnent un ptôsis, une parésie faciale ou vélaire.
Les cyphoscolioses semblent très fréquentes avec des rétractions
marquées, conséquence vraisemblable de l’atteinte préférentielle des
muscles proximaux et axiaux.
On remarque assez fréquemment un
aspect dysmorphique avec dolicocéphalie, palais ogival et
déformations des pieds.
L’hyperlaxité ligamentaire serait très
évocatrice et peut parfois laisser croire à l’existence d’un syndrome
de Marfan.
L’EMG est généralement décrit comme myopathique et le taux
sérique des créatines kinases apparaît normal ou peu élevé.
L’affection apparaît classiquement peu évolutive, mais l’insuffisance
respiratoire restrictive fait toute sa gravité, cause majeure
d’incapacité et de décès.
Différentes anomalies cardiaques très
disparates ont été décrites en association avec cette myopathie,
comme des communications interauriculaires et interventriculaires,
des blocs de conduction ou une cardiomyopathie.
Leur fréquence
est difficilement appréciable mais probablement élevée (un quart des
cas ?).
3- Myopathie à bâtonnets :
Elles constituent certainement les myopathies congénitales
structurellement définies les plus fréquentes.
Si leur
identification est attribuée à Shy et Conen en 1963, en réalité la
première description en revient à Reye en 1958.
Actuellement, l’hétérogénéité génétique des myopathies à bâtonnets
est admise.
– Le premier gène isolé a été celui de la tropomyosine situé sur le
chromosome 1 ; il est en cause dans les formes dominantes, qui
représentent moins de 5 % des myopathies à bâtonnets, mais aussi
parfois rencontré dans quelques formes récessives graves, qui sont
homozygotes pour la mutation.
– Le deuxième gène incriminé est celui de la nébuline, situé sur le
chromosome 2 et qui semble le plus souvent en cause dans les
formes récessives.
La nébuline est une molécule permettant
l’accrochage des myofilaments aux stries Z.
– Une mutation sur le gène de l’actine est retrouvée dans de rares
observations de myopathies à bâtonnets de gravité et de
transmission variables, mais aussi dans des myopathies avec
accumulation de filaments fins.
Le terme de nemaline myopathy vient du grec nema, signifiant fil.
En
effet, la signature histologique caractérise le mieux cette myopathie
congénitale, avec présence de bâtonnets ou rods dans le cytoplasme ;
il s’agit de structures rouges brillantes et allongées, en amas, dans le
cytoplasme des cellules musculaires sur les colorations
trichromiques.
Leur structure pseudocristalline, extrêmement dense
aux électrons, fortement osmiophile, finement quadrillée, se
prolongeant avec des filaments fins de type myofibrillaire est celle
des stries Z.
Elles sont souvent en continuité anatomique avec la
strie Z, mais d’autres peuvent être éparses dans le cytoplasme.
En immunohistochimie, ces bâtonnets sont composés de protéines
structuralement présentes dans les myofibrilles et notamment dans
la strie Z, avec de l’a-actinine comme composant principal.
Ces
structures sont présentes dans un pourcentage variable de fibres
musculaires et retrouvées de façon très inégale d’un muscle à l’autre.
Chez certains patients décédés, l’analyse histologique après autopsie
révèle qu’un nombre très réduit de muscles est porteur de
l’anomalie, notamment le diaphragme.
Il existe également des
bâtonnets intranucléaires, dont on s’explique mal la genèse et la
localisation, sans que des différences cliniques viennent les
différencier.
Les autres altérations des fibres musculaires sont contingentes.
La
plus fréquente est une disproportion de taille et de nombre des
fibres musculaires avec une hypertrophie des fibres de type II dont
le nombre est réduit, alors que prédomine une population de fibres
I, de taille réduite.
Des altérations myogènes non spécifiques sont
visibles et une évolution « dystrophique » avec une sclérose
conjonctive endo- et périmysiale est possible.
Des accumulations de
filaments d’actine s’observent dans les formes liées à une mutation
du gène de cette protéine.
Il existe quelques formes de passage histologique avec la myopathie
central core, sans que le tableau clinique soit plus évocateur.
La forme néonatale se caractérise souvent par un début précoce in
utero avec réduction des mouvements foetaux et hydramnios.
À la
naissance, il existe une défaillance respiratoire grave qui entraîne
généralement le décès.
L’atteinte faciale et pharyngolaryngée est
habituelle, associée à des aspects d’arthrogrypose.
La forme infantile classique est caractérisée par une hypotonie de
l’enfant, un développement moteur retardé et l’apparition de
différentes déformations orthopédiques.
L’atteinte faciale est assez
caractéristique, donnant un aspect parfois un peu inexpressif, une
ébauche de ptôsis, un visage très allongé avec un palais ogival.
Les
scolioses sont fréquentes mais rarement très évolutives.
Les
rétractions tendineuses et notamment achilléennes sont souvent très
marquées.
Une atteinte respiratoire d’origine diaphragmatique est
assez fréquemment notée.
Une seule observation d’atteinte cardiomyopathique est signalée dans la littérature.
Les formes plus bénignes, notamment dans les hérédités dominantes,
sont extrêmement fréquentes.
Le diagnostic est souvent une surprise
histologique.
Il s’agit d’enfants ou d’adolescents lents avec une
faiblesse musculaire relativement diffuse et souvent les déformations
orthopédiques déjà décrites.
Quelques cas de forme « infraclinique
» caractérisée uniquement par le caractère « non athlétique »
des patients ont été décrits.
Les formes de l’adulte sont hétérogènes et répondent parfois,
vraisemblablement, à des erreurs ou des oublis diagnostiques.
Il
semble qu’il existe deux types de forme adulte : d’une part des
formes génétiquement déterminées dont la révélation s’est faite
tellement lentement que ce n’est qu’à l’âge adulte que l’on découvre
l’insuffisance respiratoire diaphragmatique ou que l’on se préoccupe
des déformations orthopédiques.
D’autres observations, assez rares,
sont particulières ; elles évoluent souvent sous un masque de polymyosite subaiguë, s’accompagnent systématiquement d’une
gammapathie monoclonale immunoglobuline G (IgG) k, et évoluent
rapidement de manière fatale, indépendamment de toute
hémopathie lymphoïde.
4- Myopathies avec inclusions cytoplasmiques
:
Les desmin-related myopathy (Goebel, 1997) ou les myopathies
myofibrillaires (Engel 1999) comprennent :
– les myopathies distales avec cardiomyopathies et accumulation de desmine ;
– les myopathies à corps cyto[sarco]plasmiques ;
– les myopathies à corps sphéroïdes ;
– les myopathies avec accumulation d’actine, « excès de filaments
fins » ;
– les myopathies à corps filamenteux ;
– les myopathies à corps de Mallory.
D’un point de vue histologique, elles comportent :
– des lésions lytiques des myocytes ;
– des composants compactés et dégradés des myofibrilles donc de
l’actine, associés en des masses plus ou moins structurées de
filaments fins dits « intermédiaires » ;
– une accumulation de desmine, d’actine, de b-lamine, a-cristalline,
gelsoline, associées à l’ubiquitine dont le rôle est de conduire le
catabolisme de ces excès de filaments, d’où leur appellation par
Engel de myopathies myofibrillaires.
Elles comportent des similarités comme des différences
phénotypiques :
– une atteinte de la musculature distale prédominante ;
– une cardiomyopathie, le plus souvent restrictive, dans un grand
nombre de cas ;
– une hérédité dominante dans un tiers des cas ;
– un aspect mixte à l’EMG, voire une authentique neuropathie ;
– un taux normal ou modestement élevé des CPK.
Certaines comportent une atteinte respiratoire majeure (corps
cytoplasmiques), beaucoup sont de révélation précoce alors que
d’autres (accumulation de desmine + cardiopathie) sont de
révélation tardive (après 20 ou 30 ans).
Leur hétérogénéité génétique est grande :
– quatre mutations connues du gène 2q35 ;
– une sur celui de la a-cristalline en 11q21-23 ;
– gènes localisés en 2q24.3, 10q22.3.
5- Entités discutées
:
* Disproportion en type et taille de fibres, maladie de Brooke
:
Historiquement, c’est Farkas-Bargeton qui attira, la première,
l’attention en 1968 sur la disproportion de taille avec prédominance
et hypotrophie des fibres de type I, contrastant avec une
hypertrophie relative des fibres de type II, plus rare, qui existait dans
certaines myopathies.
En 1969 puis 1973, Brooke décrit l’affection
qui porte parfois son nom, par une méthode d’ « exclusion ».
Une
fois éliminées les myopathies congénitales clairement définies et les
dystrophies musculaires, dans le cadre des biopsies musculaires
pratiquées au cours d’hypotonies néonatales ou d’affections peu
évolutives de l’enfant, il isole un groupe de patients chez lesquels la
lésion essentielle est constituée par une répartition histoenzymologique anormale des fibres qu’il propose d’appeler
congenital fiber type disproportion.
Les limites de cette définition
restent floues et une des observations illustrant les propos de
l’auteur correspond, trait pour trait, à la myopathie centronucléaire
avec hypotrophie des fibres de type I décrite par Engel...
La génétique de l’affection est difficile à définir et 50 % des
observations apparaissent sporadiques.
Les deux sexes sont
également touchés.
L’aspect clinique, notamment le faciès,
l’apparence histoenzymologique et certaines données
épidémiologiques rendent incertaine la frontière entre maladie de
Brooke et myopathie à bâtonnets.
Seule l’identification du gène
causal permet de séparer ou de rassembler en une seule ces deux
entités.
L’aspect histologique caractérise cette affection.
Sur les réactions ATPasiques, les fibres de type I apparaissent plus petites que les
fibres de type II et prédominent en nombre, dépassant souvent 80 %, quel que soit le muscle biopsié.
Il existe, en général, un déficit des
fibres II, notamment en fibres II B qui peuvent être particulièrement
hypertrophiées.
Pour Brooke, il est nécessaire que le nombre de
fibres de type I dépasse 65 % et que le diamètre des fibres de type II
soit supérieur de 40 % à celui des fibres de type I.
Les autres
anomalies structurales sont minimes, pour ne pas dire absentes : leur
abondance doit faire remettre en cause le diagnostic.
Cliniquement, toutes les caractéristiques communes aux autres
myopathies congénitales se retrouvent ici : hypotonie néonatale ou
syndrome myopathique diffus de l’enfant ou de l’adolescent,
absence de signe neurogène périphérique, abolition des réflexes
ostéotendineux.
L’EMG est, soit myogène, soit peu significatif. Les
enzymes musculaires sont parfois élevées.
La caractéristique essentielle de la maladie de Brooke demeure
l’existence de complications orthopédiques précoces, parfois
intenses, souvent multiples : déformations rachidiennes, avec
cyphoscoliose, hyperlordose, déformations thoraciques, anomalies
des pieds, luxation congénitale de hanche, anomalies orthodontiques
et stomatologiques.
La taille du patient est souvent petite.
Il n’existe
jamais de retard mental.
Une insuffisance respiratoire est parfois présente, certains enfants
décédant du fait de cette complication. Néanmoins, l’affection est
généralement non évolutive, certains cas d’amélioration de la force
motrice ayant été rapportés.
* Myopathies avec prédominance des fibres de type I : « congenital
fiber type uniformity »
:
Elles ne constituent pas un groupe réel, mais se « définissent » par
l’aspect histologique.
Il s’agit d’observations disparates d’enfants
mous ou encore d’hypotonie accompagnant des pathologies
neurologiques variées, en particulier cérébelleuses.
À défaut d’une meilleure identification, Dubowitz a proposé de
dénommer « myopathies avec anomalies histologiques minimes »
(minimal changes myopathy) toutes les observations de syndromes
myopathiques pouvant rentrer dans le cadre d’une myopathie
congénitale et dont la biopsie musculaire s’avère « subnormale ».
Certaines descriptions comportent manifestement des altérations
non ou peu spécifiques qui précèdent l’apparition de lésions
structurales plus caractéristiques, comme les minicores par exemple.
5- Entités variées
:
Elles comportent des entités parfois discutables, uniquement décrites
d’après l’aspect histologique.
Citons comme moins contestable le cap disease, les myopathies à corps réducteurs et les myopathies
sarcotubulaires.
Sont en revanche discutées, souvent réduites à une
observation isolée, les myopathies à corps zébrés, trilaminaire, à
bande A élargie, avec inclusions cristallines, etc.
Les myopathies vacuolaires liées à l’X sont d’individualisation plus
récente.
Sans autres caractères cliniques propres que leur hérédité et
une certaine incidence de cardiomyopathies, elles sont surtout
caractérisées par l’histologie : aspect microvacuolaire des fibres
musculaires, avec vacuoles d’endocytose comportant des débris
variés.
Elles n’ont pas forcément leur place dans le cadre des
myopathies congénitales.
Conclusion
:
La présentation ainsi faite des myopathies congénitales et/ou
structurales est en profond remaniement, plus du fait des apports de la
génétique que de la description de nouvelles entités qui demeurent
souvent réduites à l’étude d’un cas isolé.
Il est vraisemblable que dans
les quelques années à venir, une nouvelle classification verra le jour,
associée à un schéma plus précis de la physiopathologie et de
l’évaluation fonctionnelle de ces maladies musculaires.