Métastases cérébrales et leptoméningées des cancers solides
(Suite)
Cours de Neurologie
4- Biopsie cérébrale
:
La survenue chez un cancéreux d’une ou plusieurs lésions cérébrales
expansives prenant le contraste n’est pas pathognomonique de MC.
En effet,
le risque est de méconnaître une tumeur bénigne (par exemple un méningiome
dont l’incidence est accrue lors de cancers du sein), un processus
inflammatoire ou infectieux (toxoplasmose, aspergillome) associé au cancer.
Patchell a biopsié 59 patients cancéreux présentant un aspect de MC
unique à la TDM.
Dans 11 %des cas, la biopsie n’a pas confirmé le diagnostic
de MC.
Dans trois cas, il s’agissait d’une pathologie infectieuse ou
inflammatoire.
Cairncross, en revoyant les autopsies de 138 patients qui
avaient été irradiés pour des MC, a retrouvé un taux d’erreur de 35 %.
Dans
notre expérience personnelle, 4 %des patients opérés d’un gliome avaient des
antécédents de cancer qui auraient pu faire discuter le diagnostic de MC.
La biopsie cérébrale est donc indiquée, non seulement devant toute tumeur
cérébrale survenant en l’absence de cancer primitif connu, mais aussi quand
le cancer primitif est connu, en cas d’incertitude sur la nature de la lésion
cérébrale.
En particulier, la possibilité d’un autre diagnostic que celui de MC
doit être soigneusement envisagée quand le cancer primitif est contrôlé ou en
rémission depuis plusieurs années, quand la lésion est unique ou s’il existe un
contexte infectieux.
5- Bilan systémique à la recherche d’un primitif :
Quand la MC est révélatrice d’un cancer non connu, un bilan systémique
s’impose.
Outre un examen clinique très complet, il comprend une
radiographie de thorax complétée d’un scanner thoracique, d’une
échographie ou d’un scanner abdominopelvien.
La négativité du bilan doit
conduire à proposer sans tarder une biopsie cérébrale (ou une exérèse) à visée
diagnostique.
Les tumeurs primitives de loin le plus fréquemment révélées
par une MC sont les cancers bronchiques (60 à 90 %) suivis des cancers
digestifs (8 à 10 %).
Les cancers du sein sont beaucoup plus
rarement révélés par une MC et la place de la mammographie dans le bilan
systématique reste discutée si la palpation des seins et la radiographie de
thorax ne montre pas de localisations secondaires.
F - Traitement des métastases cérébrales
:
1- But du traitement et facteurs pronostiques
:
Le traitement des MC reste essentiellement palliatif.
Son but doit être si
possible de prolonger la survie des malades mais surtout d’en préserver au
mieux la qualité en améliorant tous les symptômes qui pourraient la
compromettre.
Le pronostic vital des patients porteurs de MC est
généralement sombre.
En l’absence de traitement, la médiane de survie (MS)
est d’environ 1 mois.
Celle-ci est de l’ordre de 3 à 5 mois quand les
patients sont traités de manière adéquate.
Cependant, la durée de survie varie
en fonction des cancers (elle est plus longue en cas de MC de cancer du sein
qu’en cas de cancer du poumon ou de mélanome) et du nombre de MC (les
MC solitaires ont un meilleur pronostic).
Ces résultats, dans l’ensemble
décevants, peuvent laisser penser que le traitement des MC est peu efficace et
n’apporte pas de bénéfice significatif aux patients au regard de ses
inconvénients.
Ces conclusions doivent être nuancées. En réalité, la durée de
survie des patients reflète plus l’extension systémique du cancer que la
sensibilité des MC aux traitements.
En effet, l’analyse des causes de décès a
montré que la majorité des patients traités décèdent des complications extraneurologiques du cancer et non pas des conséquences directes des MC.
De plus, l’amélioration neurologique acquise suite au traitement propre des MCse maintient jusqu’au décès chez plus de la moitié des patients.
Enfin,
le traitement des MC, évalué d’une part sur l’analyse objective des réponses
au scanner et d’autre part sur une population privilégiée de patients ayant un
cancer primitif contrôlé, a montré avoir une efficacité certes modeste mais
tout à fait réelle. De rares cas anatomiques suggèrent qu’une stérilisation
complète des lésions peut parfois être obtenue.
Ces observations
soulignent l’intérêt du traitement des MC dont le but essentiel, il faut le
rappeler, demeure l’amélioration de la qualité de vie des patients.
Ce
traitement repose sur la corticothérapie, les antiépileptiques, la chirurgie, la
radiothérapie conventionnelle, la radiothérapie focale et la chimiothérapie.
Les études prospectives réalisées ces 20 dernières années ont permis
d’identifier des facteurs pronostiques qu’il est important de connaître pour
interpréter correctement les résultats d’essais thérapeutiques :
– un âge inférieur à 60 ans ;
– un indice fonctionnel de Karnofsky supérieur à 70 % ;
– un long délai entre le diagnostic de MC et la découverte de MC (supérieur
à 1 an) ;
– un cancer primitif en rémission ou contrôlé ;
– l’absence de localisations métastatiques extracrâniennes ;
– une MC unique ou des MC multiples (jusqu’à trois) ;
– la nature histologique de la tumeur.
2- Évaluation de l’efficacité du traitement :
Les différents critères évaluant l’efficacité des traitements sont difficiles à
interpréter en raison de leur manque de spécificité et de leur imprécision.
Ils
ne doivent pas être considérés isolément.
* Médiane de survie :
C’est l’indice classiquement utilisé, mais il reflète plutôt l’extension du cancer
primitif.
En effet, la plupart des études s’accordent pour constater que les
patients traités pour leurs MC meurent plus de leur maladie systémique que
des conséquences directes des MC.
De plus, la MS ne rend pas compte de la
qualité de survie qui reste le but essentiel du traitement.
* Évolution des manifestations neurologiques :
Elle peut être un indice trompeur. Outre leur subjectivité, il faut insister sur
leur grande sensibilité aux corticoïdes qui rend l’évaluation des traitements
associés difficile.
D’autre part, l’aggravation ou la réapparition des
symptômes ne signifient pas toujours une progression ou une récidive
tumorale.
Ils peuvent être par exemple la conséquence d’une encéphalopathie
métabolique fréquente chez les cancéreux à un stade avancé, d’une
complication vasculaire (endocardite thrombotique non bactérienne,
coagulation intravasculaire disséminée), d’un processus infectieux cérébral
favorisé par l’immunodépression (méningite, abcès cérébral, infection
fongique ou autre infection opportuniste) ou de complications retardées de la
radiothérapie ou de la chimiothérapie.
* Taux et durée de réponse objective
:
Le taux de réponse évalué sur l’imagerie TDM ou IRM constitue le critère
d’évaluation le plus objectif.
Mais ces examens peuvent aussi poser des
problèmes d’interprétation (récidive ou radionécrose ? réponse aux
traitements spécifiques ou diminution de la prise de contraste liée seulement
à la corticothérapie ?).
En cas de résection chirurgicale, la première TDM
postopératoire doit être pratiquée dans les 48 à 72 premières heures qui
suivent l’intervention afin d’éviter les prises de contraste liées aux
remaniements opératoires qui apparaissent secondairement.
Enfin, la durée
de réponse au traitement ne peut s’apprécier que chez les patients dont
l’évolution des lésions neurologiques prédomine sur celle du cancer
systémique.
* Difficultés de l’analyse de la littérature :
– La quasi-totalité des études sont rétrospectives et leurs résultats peuvent
être affectés par de nombreux biais.
– Les cancers primitifs sont presque toujours confondus, alors que la
sensibilité desMCaux différents traitements varie en fonction de la nature du
cancer primitif.
De plus, les patients reçoivent plusieurs traitements et il est
alors très difficile de faire la part de leur efficacité respective.
– La cause du décès (neurologique ou systémique) est souvent inconnue alors
que cette donnée est essentielle pour juger de l’efficacité du traitement
spécifique des MC.
3- Glucocorticoïdes :
La dexaméthasone (Soludécadront) et la méthylprednisolone (Solu-
Médrolt) sont les corticoïdes le plus fréquemment employés dans cette
indication.
À dose équivalente, leur effet thérapeutique est similaire ; le
premier aurait une faible activité minéralocorticoïde alors que le second aurait
une moindre toxicité musculaire au long cours.
L’effet est souvent
spectaculaire (en quelques heures ou plus souvent en quelques jours) avec une
amélioration clinique dans plus de 70 %des cas.
Les corticoïdes semblent
agir principalement en diminuant l’oedème vasogénique cérébral et n’ont pas
d’effet oncolytique propre dans les tumeurs solides.
Cependant, leur effet
n’est que transitoire et la MS est peu affectée quand la corticothérapie est
utilisée seule (2 mois).
Néanmoins, elle permet d’allonger le délai de survie
nécessaire à l’action des traitements spécifiques.
La dose employée en
pratique courante est de 16 mg/j de dexaméthasone (ou 80 mg par jour de
méthylprednisolone).
Cependant, une étude récente randomisée suggère
qu’une dose quatre fois moindre (4 mg/j de dexaméthasone ou 20 mg de
méthylprednisolone) aurait la même efficacité.
En cas de menace
d’engagement, les corticoïdes doivent être augmentés (100 mg de dexaméthasone ou 500 mg de méthylprednisolone).
En raison de leurs effets
secondaires à long terme (myopathie, diabète, hypercatabolisme), la
corticothérapie doit être progressivement diminuée en fonction de
l’amélioration clinique après la radiothérapie et la chirurgie.
4- Antiépileptiques
:
Dans 6 à 29 % des cas, une crise d’épilepsie est inaugurale de MC.
Environ
10 % de patients supplémentaires présentent une crise d’épilepsie dans
l’évolution de la maladie.
Les antiépileptiques doivent être prescrits
systématiquement chez les patients qui ont présenté une ou des crises
d’épilepsie de manière inaugurale ou au cours de l’évolution de la maladie.
Le traitement est également recommandé au décours d’une résection
tumorale, mais il ne doit pas être maintenu de manière prolongée si les
patients n’ont jamais présenté de crise.
Il n’a en effet jamais été démontré que
les patients non traités développaient par la suite plus de crises que ceux qui
étaient traités préventivement.
Il existe cependant un cas particulier
important, qui est celui des MC de mélanomes qui provoquent deux fois plus
de crises que les autresMCet surviennent chez un malade sur deux.
Dans une
étude consacrée aux MC de mélanomes, Hagen a montré que la
prescription systématique d’antiépileptiques réduisait d’un facteur 2 ce risque
de crises ultérieures.
Le caractère très épileptogène des MC de mélanome est
lié à leur localisation préférentielle dans la substance grise.
Les crises
pourraient aussi traduire des saignements intratumoraux.
Les antiépileptiques
sont susceptibles d’entraîner certains effets secondaires qui peuvent altérer la
qualité de vie des patients.
Le valproate de sodium est fréquemment
responsable de tremblements d’attitude gênants et parfois d’encéphalopathies
réversibles à l’arrêt du traitement.
Le phénobarbital entraîne un syndrome épaule-main (algodystrophie) chez plus de 10 % des patients atteints de
tumeur cérébrale.
L’association de la diphénylhydantoïne ou de la
carbamazépine à une radiothérapie cérébrale semble augmenter le risque de
réaction cutanée dans le territoire irradié, qui peut évoluer jusqu’à un
syndrome de Stevens-Johnson parfois mortel.
De plus, les
antiépileptiques diminuent la biodisponibilité des corticoïdes et peuvent
affecter, notamment par leur effet inducteur enzymatique, le métabolisme des
chimiothérapies.
5- Chirurgie
:
L’exérèse chirurgicale présente plusieurs avantages : outre le fait qu’elle
permet un diagnostic histologique, elle a un effet décompressif immédiat en
réduisant la masse tumorale et l’oedème cérébral qui l’accompagne et facilite
ainsi l’action de la radiothérapie ; enfin, elle peut induire des rémissions
prolongées, voire des guérisons.
La meilleure indication de la chirurgie est
constituée par les MC uniques et accessibles (c’est-à-dire n’intéressant pas
une zone fonctionnelle majeure du cerveau dont l’exérèse mettrait gravement
en danger le pronostic fonctionnel et vital) d’un cancer primitif en rémission
complète ou contrôlé, chez un patient en bon état général. Moins de 20 %des
patients porteurs de MC sont ainsi éligibles avec ces critères pour une exérèse
chirurgicale.
Dans ce groupe de patients sélectionnés, le bénéfice de la
chirurgie a pu être clairement démontré dans deux études randomisées,
puisque la MS est de 10 mois après l’association chirurgie-radiothérapie
contre 4 à 6 mois quand le traitement consiste en une radiothérapie seule.
Le
bénéfice de l’association chirurgie-radiothérapie sur la radiothérapie seule est
également observé sur le taux de rechute (52 % versus 20 %), le délai de
récidive (10 mois versus 4 mois) et surtout sur la qualité de vie par une
prolongation de la durée d’amélioration ou de préservation des fonctions
neurologiques.
Le taux de survivants à long terme (plus de 2 ans) est de
15 %.
Une troisième étude randomisée plus récente n’a pas retrouvé de
différence de survie entre les deux modalités thérapeutiques.
Mais ces derniers résultats s’expliquent probablement par le fait que les
patients étudiés présentaient une fréquence plus importante de métastases extracrâniennes ayant pu masquer le bénéfice de la chirurgie.
La mortalité
opératoire s’est nettement améliorée ces dernières années et se situe
actuellement autour de 5 %.
Les indications de la chirurgie des MC se sont également élargies et la
chirurgie peut être aujourd’hui envisagée dans certaines conditions
particulières :
– les MC multiples, si elles sont chirurgicalement accessibles et si le risque
fonctionnel induit par la chirurgie n’est pas trop élevé, ne constituent plus une
contre-indication ; le geste chirurgical peut se faire de manière simultanée ou
successive sur deux, voire trois localisations ; une étude rétrospective récente
a montré, chez des patients sélectionnés, que l’exérèse de plusieurs MC(deux
ou trois) permettait d’obtenir uneMSde 14 mois sans différence en termes de
survie, ni en termes de morbidité opératoire avec des patients comparables
opérés de MC uniques ;
– en présence d’un cancer primitif évolutif si celui-ci a des chances de
pouvoir être contrôlé parallèlement au traitement des MC ; des survies
prolongées ont ainsi été obtenues chez des patients qui ont été opérés contemporainement d’une MC unique et d’un cancer primitif pulmonaire non
à petites cellules révélé à cette occasion (MS : 18 mois) et chez des
patients souffrant de cancers du poumon à des stades plus avancés, qui ont
bénéficié d’une exérèse chirurgicale de leur MC associée à une radiothérapie
thoracique et une polychimiothérapie (12 à 26 mois) ;
– en présence d’une dissémination systémique du cancer primitif,
l’intervention sur une MC est parfois justifiée, quand elle peut améliorer la
qualité de vie des patients dont le pronostic vital et fonctionnel est avant tout
compromis par l’évolutivité de la lésion cérébrale ; on peut ainsi envisager
une intervention chirurgicale « de confort » sur une lésion volumineuse
responsable d’un déficit neurologique ; en pratique, l’indication chirurgicale,
si elle est possible, peut être retenue quand les localisations métastatiques extracérébrales ne sont pas immédiatement menaçantes et laissent espérer une
survie supérieure à 3 ou 4 mois, c’est-à-dire la durée de rémission
neurologique que l’on obtient généralement après une radiothérapie seule.
6- Radiothérapie :
La radiothérapie externe conventionnelle reste le traitement de choix des MC.
Elle reste souvent le seul recours thérapeutique, en présence de MC multiples
ou en cas de MC unique quand l’extension systémique du cancer ou le siège
de la lésion contre-indique la chirurgie.
Son rôle est essentiellement palliatif.
Elle peut néanmoins parfois être curative.
Les nouvelles techniques de
radiothérapie focale se sont particulièrement développées ces dernières
années, bénéficiant notamment des progrès considérables de l’imagerie
médicale.
La radiochirurgie et la curiethérapie (radiothérapie interstitielle)
ont pour principal avantage d’irradier, en condition stéréotaxique, localement
et très précisément le volume de la tumeur en respectant le reste de
l’encéphale.
Elles peuvent être utilisées seules ou éventuellement s’associer
à la radiothérapie conventionnelle.
* Radiothérapie conventionnelle :
+ Méthode
:
La radiothérapie est le plus souvent réalisée avec un accélérateur linéaire
produisant des photons de 5 à 10 MV.
Le champ d’irradiation englobe
généralement l’ensemble de l’encéphale même dans le cas d’une MC
apparemment unique, afin de détruire d’éventuelles autres localisations
métastatiques microscopiques non détectables au scanner ou à l’IRM.
Les
doses le plus fréquemment utilisées se situent entre 30 et 40 Gy par fraction
quotidienne de 2 ou 3 Gy.
Des comparaisons randomisées conduites par le RTOG (États-Unis) de différents protocoles allant de 20 Gy en 1 semaine
(cinq fractions) à 40 Gy ou 50 Gy délivrés en 4 semaines (20 fractions) n’ont
montré aucun effet supérieur en termes de survie de l’un quelconque de ces
schémas thérapeutiques, y compris sur un sous-groupe de patients au
pronostic plus favorable.
L’adjonction à la radiothérapie de
l’encéphale in toto d’un complément d’irradiation sur le lit tumoral (boost)
ne semble pas modifier non plus la survie.
Cependant, si on s’intéresse
plus spécifiquement à la réponse locale, une étude rétrospective suggère
qu’une dose de 40 à 60 Gy est plus efficace qu’une dose de 30 Gy.
Certaines équipes ont conseillé de concentrer le traitement pour raccourcir sa
durée (10 Gy en une fraction ou 15 Gy en deux fractions sur 3 jours) et limiter
ainsi les contraintes imposées aux malades.
Cependant, ces protocoles ne sont
plus recommandés car ils sont associés à une forte morbidité précoce.
Le
protocole optimal reste donc toujours discuté.
Si l’extension systémique ou
locale du cancer laisse présager une issue fatale à moins de 6 mois, nous
conseillons une dose de 30 Gy en dix fractions sur 2 semaines.
Quand la survie
prévisible est supérieure à 1 an et en particulier après exérèse chirurgicale,
nous préconisons une technique conventionnelle, plus étalée dans le temps,
délivrant une dose de 45 Gy par fraction de 1,8 Gy en 5 semaines afin de
réduire le risque de démence radique tardive qui s’observe chez 10 à 20 %
des survivants à long terme.
Une dose par fraction supérieure à 2 Gy
augmente en effet le risque de survenue ultérieure d’une leucoencéphalopathie
radique tardive.
Une corticothérapie est systématiquement
associée pendant la radiothérapie.
La radiothérapie cérébrale prophylactique,
utilisée principalement dans les carcinomes anaplasiques à petites cellules,
est discutée plus loin.
·
+ Résultats :
La radiothérapie conventionnelle reste le traitement de choix des MC.
Elle
reste souvent le seul recours thérapeutique, en présence de MC multiples ou
en cas de MC unique quand l’extension systémique du cancer ou le siège de
la lésion contre-indique la chirurgie ou quand le volume tumoral est trop
important pour une radiochirurgie.
Son rôle est essentiellement palliatif.
Elle
peut néanmoins parfois être curative.
Cairncross rapporte 3 % de
stérilisation complète après avoir revu les examens neuropathologiques post
mortem d’une série de 187 patients traités pour MC par radiothérapie.
La réponse doit s’apprécier environ 6 à 8 semaines après le début du
traitement.
Les réponses au traitement varient en fonction de la nature
histologique des tumeurs traitées.
La taille de la tumeur semble
également influencer la réponse.
Les MC des tumeurs germinales et à un
moindre degré les MC de cancers pulmonaires anaplasiques à petites cellules
et du cancer du sein sont les plus radiosensibles alors que les MC de
mélanome, de cancer du côlon ou du rein sont considérées comme
particulièrement radiorésistantes.
Les cancers du poumon non à petites
cellules qui représentent la première cause de MC répondent généralement
favorablement à la radiothérapie.
Globalement, entre 60 et 80 %des patients
s’améliorent cliniquement et une réponse radiologique est observée dans
50 % des cas après la radiothérapie conventionnelle.
Cependant, la
durée de l’amélioration n’est en moyenne que de 3 mois et laMSse situe entre
3 et 6 mois.
Seuls 10 à 20 % des malades sont encore vivants à 1 an.
Mais comme nous l’avons signalé précédemment, la MS n’est
pas un bon indice d’évaluation du traitement en raison de la fréquence des
décès de cause systémique.
Les décès directement attribuables aux MC ou
mixtes (neurologiques et systémiques) représenteraient un tiers des cas.
La majorité des patients améliorés neurologiquement par le traitement
conservent ce bénéfice jusqu’au décès, dû à la maladie systémique extracrânienne.
Les tentatives pour améliorer les résultats de la radiothérapie externe par
l’utilisation de radiosensibilisants (lonidamine, métrodinazole,
mizonidazole) n’ont pas montré à ce jour d’avantage significatif par rapport à
la radiothérapie conventionnelle dans les études randomisées.
Une
étude randomisée est actuellement conduite par le RTOG pour comparer un
protocole accéléré et hyperfractionné (54 Gy délivrés par fractions
biquotidiennes de 1,6 Gy) au protocole standard (30 Gy en dix fractions).
Un problème particulier et celui de l’intérêt d’une radiothérapie de
l’encéphale in toto après l’exérèse d’une MC.
La question reste très discutée,
d’autant que la radiothérapie expose à des complications cognitives
tardives.
La plupart des études rétrospectives suggèrent qu’il existe,
tous cancers confondus, un avantage de l’association chirurgie-radiothérapie
sur la chirurgie seule.
Cette observation est confortée par une étude de phase III récente qui observe une réduction d’un facteur 3 du risque de rechute
intracérébral et de mort de cause neurologique dans le groupe ayant eu une
radiothérapie postopératoire par rapport au groupe traité par chirurgie seule
(Patchell RA, Tibbs PA, Regine WF et al.
JAMA 1998 ; 280 : 1485-1489).
Dans les MC spécifiques de cancers, Hagen retrouve un bénéfice de la
radiothérapie postopératoire dans les mélanomes, alors que Armstrong
n’en observe pas dans les cancers du poumon non à petites cellules.
* Radiochirurgie :
+ Méthode et indication :
Cette technique de radiothérapie permet de délivrer de manière extrêmement
précise une irradiation focale à haute dose dans un volume tumoral sphérique,
dont le diamètre ne dépasse pas 3 cm, tout en préservant le tissu périphérique.
Les MC sont de bonnes candidates dans la mesure où ces tumeurs sont
souvent bien circonscrites et de petite taille.
Différents systèmes ont été
imaginés pour réaliser cette irradiation avec une précision de l’ordre du
millimètre.
Le Gamma Knife Unit conçu par Leksell est un corps sphérique
creux contenant 201 sources de cobalt 60 collimatées individuellement vers
l’isocentre.
Une collimation secondaire est faite par un casque d’acier
amovible percé de 201 trous dont les axes convergent aussi vers l’isocentre.
La tête du patient est placée de telle sorte que le centre de la lésion à traiter
coïncide avec l’isocentre du casque.
La seconde technique de radiochirurgie
est la « radiothérapie pendulaire par minifaisceaux de rayons X de haute
énergie en condition stéréotaxique ».
Cette technique a l’avantage par rapport
au Gamma Knife d’utiliser un accélérateur linéaire, de coût plus faible et de
plus utilisable pour les techniques courantes de radiothérapie.
Quelle que
soit la technique utilisée, la dose est délivrée à la cible par l’intersection des
multiples minifaisceaux d’irradiation convergeant en son centre, évitant les
chevauchement de faisceaux.
On aboutit à une irradiation avec un gradient
très important, homogène au sein du volume cible, alors que la dose distribuée
à l’extérieur de celui-ci est négligeable. Le traitement se délivre en une seule
fraction de 10 à 30 Gy en moyenne.
Il s’agit donc d’une technique peu
contraignante pour les malades, qui peut se faire en ambulatoire et qui a
l’avantage de pouvoir éventuellement se combiner aux autres traitements et
en particulier à la radiothérapie conventionnelle.
La technique est applicable
à des MC inopérables (soit en raison de leur localisation, soit du fait de l’état
général des patients), aux MC multiples de petite taille (jusqu’à quatre pour la
plupart des auteurs), enfin aux MC récidivant après chirurgie ou radiothérapie
externe conventionnelle.
+ Résultats
:
L’analyse des résultats est rendue difficile par l’hétérogénéité des séries qui
comportent souvent au sein de la même étude des MC uniques et des MC
multiples, traitées en première intention ou à la rechute, en association ou non
avec une radiothérapie conventionnelle de l’encéphale in toto.
De plus, en
raison de la sélection des patients traités, il est difficile de comparer
objectivement les résultats obtenus avec ceux des autres traitements.
Les
premiers résultats sont cependant très encourageants.
La radiochirurgie
permet d’obtenir une réponse dans plus de 80 % des cas, le taux de contrôle
local à 1 an est supérieur à 70 % dans la plupart des séries et la MS est
d’environ 12 mois.
La MS est comparable à celle obtenue pour les
patients traités par chirurgie et radiothérapie conventionnelle.
Les décès neurologiques représentent environ 30 %des cas et sont dus le plus
souvent à l’apparition de nouvelles MC.
Il ne semble pas exister de
différence en termes de survie entre les patients traités pour une ou pour deux
MC, en revanche les patients traités pour trois MC ou plus ont une survie plus
courte mais qui demeure toutefois comparable à celle rapportée après
radiothérapie de l’encéphale in toto.
De manière paradoxale, les MC de
cancers connus pour être les plus radiorésistants (comme les
adénocarcinomes rénaux ou les mélanomes) sont les plus sensibles à la
radiochirurgie.
Cette observation surprenante reste encore
inexpliquée. Une forte dose unique pourrait permettre de contourner la
radiorésistance intrinsèque de ces tumeurs.
Le traitement est dans la très
grande majorité des cas bien toléré et les radionécroses et/ou oedèmes
symptomatiques, souvent contrôlables par une corticothérapie, ne sont
rapportés que dans5à15%des cas.
Si l’efficacité de la radiochirurgie
est démontrée tant en termes de régression tumorale que de qualité de vie des
patients, sa place dans la stratégie thérapeutique des MC reste à déterminer.
Son intérêt apparaît clairement pour les MC récidivant après traitement
conventionnel.
En revanche, dans le traitement de première intention, on
ne sait pas actuellement s’il faut préférer la radiochirurgie à la chirurgie
devant une MC unique de petite taille et en principe opérable.
Des études
randomisées sont actuellement conduites pour tenter de répondre à cette
question. Des études complémentaires devraient également permettre de
mieux préciser les protocoles d’irradiation.
La dose optimale à délivrer reste
discutée ; deux études récentes recommandent d’utiliser une dose
supérieure à 18Gy pour augmenter la durée du contrôle local.
Une autre
question controversée est celle de l’intérêt ou non de l’association d’une
irradiation de l’encéphale in toto à la radiochirurgie dans le traitement initial
des MC.
Certains auteurs ont observé que l’association des deux traitements
permettait d’améliorer le contrôle local, mais ce choix thérapeutique est contesté par d’autres qui n’envisagent la radiothérapie cérébrale in toto que
lors des rechutes afin de réduire le risque de leucoencéphalopathie tardive
radio-induite.
* Curiethérapie
:
+ Méthode et indication :
Elle consiste à implanter, après un repérage stéréotaxique et une dosimétrie
prévisionnelle, une ou plusieurs sources radioactives (habituellement des
grains d’iode 125 ou des fils d’iridium 192) dans la tumeur par l’intermédiaire
de cathéters.
Leur mise en place se fait par voie externe sous anesthésie locale
et contrôle scanographique.
Les sources radioactives sont retirées une fois que
la dose souhaitée a été délivrée (généralement après 4 à 6 jours durant lesquels
le patient doit rester hospitalisé).
Les doses utilisées varient de 30 à 120 Gy
avec un débit de dose voisin de 10 Gy par jour.
Cette technique permet
de délivrer électivement au site tumoral une irradiation à forte dose en
respectant le reste de l’encéphale.
Elle peut s’associer à une radiothérapie
externe conventionnelle et créer ainsi un surdosage local (boost).
Le
principal effet secondaire est la survenue d’une radionécrose focale, source
d’un oedème cérébral qui nécessite malgré la corticothérapie une résection
dans près d’un cas sur deux.
La curiethérapie reste d’utilisation marginale
dans les MC car elle se limite en principe aux MC uniques, supratentorielles,
chirurgicalement accessibles (superficielles), de taille inférieure à 6 cm.
+ Résultats
:
Les meilleurs résultats ont été rapportés par Ostertag qui a traité 93
patients en utilisant de l’iode 125 (60 Gy).
La médiane de survie fut
respectivement de 17 mois dans le groupe traité en première intention en
association à une irradiation de l’encéphale in toto, de 15 mois dans le groupe
de patients traités par curiethérapie seule et de 6 mois dans les récidives.
L’utilisation de la curiethérapie dans les MC reste encore en phase
expérimentale et ne devrait être proposée en première intention que dans le
cadre d’essais contrôlés randomisés.
* Chimiothérapie
:
La chimiothérapie a longtemps été considérée à tort comme inutile dans le
traitement des MC.
Elle présente pourtant l’avantage de pouvoir agir à la fois
sur les MC et sur les autres localisations systémiques.
Le problème majeur
auquel est confronté la chimiothérapie est le franchissement de la barrière hématocérébrale qui ne permet en théorie que le passage des petites molécules
et des produits liposolubles.
L’obstacle que constitue la barrière hématocérébrale est réel pour les MC de petite taille qui n’ont pas encore
induit une abondante néovascularisation.
Pour les MC les plus
volumineuses, la barrière hématotumorale est largement ouverte, comme en
témoigne la diffusion du produit de contraste à la TDM ou à l’IRM, et les
études pharmacocinétiques ont montré que les agents même hydrosolubles
(comme le méthotrexate (MTX), le 5-fluorouracil, la bléomycine, le
cisplatine, le cyclophosphamide) pouvaient accéder au site tumoral en
quantité suffisante pour avoir un effet cytotoxique.
Cependant, il
n’est pas établi que des concentrations adéquates d’agents cytotoxiques
hydrosolubles puissent atteindre le « cerveau entourant la tumeur » (BAT ou brain around the tumor) qui est partiellement infiltré par les cellules
tumorales, mais qui conserve en grande partie ses propriétés de barrière.
La chimiothérapie a été le plus souvent utilisée comme traitement adjuvant
de la radiothérapie et son efficacité est donc difficile à évaluer.
De plus, les
protocoles utilisés varient d’une étude à l’autre et parfois au sein d’une même
étude.
À ce jour, une seule étude randomisée de phase III a comparé
l’efficacité de la radiothérapie seule à la combinaison radiothérapiechimiothérapie
(à base de nitroso-urées).
L’étude s’intéressait spécifiquement auxMCd’origine pulmonaire et montrait une plus grande efficacité en termes
de réponse tumorale de l’association radiothérapie-chimiothérapie comparée
à la radiothérapie seule (74 % contre 36 %) mais sans bénéfice en termes de
survie.
Une méta-analyse consacrée au traitement des MC des cancers de
l’ovaire suggère également un avantage significatif de l’association
radiothérapie-chimiothérapie (à base de platine) sur la radiothérapie seule
(MS : 7 mois versus 3 mois).
Par ailleurs, d’autres études ont évalué
l’efficacité de la chimiothérapie utilisée en première intention (néoadjuvante)
dans les MC et montré que celles-ci pouvaient être chimiosensibles.
Des réponses intéressantes avec des protocoles
chimiothérapiques variés ont été obtenues dans le traitement initial des MC
de choriocarcinomes (70 %), de cancers du poumon anaplasiques à petites
cellules (70 %), de cancers du sein (50 %), mais aussi dans les
cancers du poumon non à petites cellules (30 %) ou dans les MC de mélanome
malin (30 %).
Certains auteurs recommandent d’utiliser la chimiothérapie
en première ligne de traitement dans les MC des cancers les plus chimiosensibles comme les choriocarcinomes, les cancers pulmonaires
anaplasiques à petites cellules et les cancers du sein.
Lors des récidives, les
chimiothérapies prescrites en deuxième ligne ont montré qu’elles pouvaient
encore produire des réponses dans 30 à 40 % des MC de cancer du sein et du
poumon.
La place de la chimiothérapie dans la stratégie
thérapeutique des MC mérite ainsi d’être réévaluée.
* Stratégies thérapeutiques
:
La présence de signes d’HIC et d’engagement cérébral nécessite un traitement
d’urgence comprenant des corticoïdes à forte dose, des agents osmotiques,
voire une hyperventilation.
La radiothérapie immédiate est déconseillée car
elle risquerait d’aggraver l’oedème cérébral et la chirurgie en urgence n’est
indiquée qu’en cas d’HIC secondaire à une hydrocéphalie pour un drainage
ventriculaire.
En dehors de cette situation particulière, le choix du traitement repose sur
l’analyse de trois paramètres :
– lanature du cancer primitif : elle conditionne en grande partie la sensibilité
aux traitements ; ainsi, les MC de choriocarcinome peuvent être guéries par
la seule chimiothérapie, alors qu’une MC d’un adénocarcinome rénal ou du
côlon est le plus souvent radio- et chimiorésistante ;
– lebilan neurologique : l’état fonctionnel du patient en début de traitement
est un facteur pronostique important aussi bien pour la durée que pour la
qualité de vie ; l’analyse du scanner et/ou de l’IRM précise le nombre, la taille
et le siège des MC et permet d’apprécier l’opérabilité des lésions ainsi que
l’indication à une éventuelle radiochirurgie ; l’IRM avec injection de
gadolinium doit être systématique lorsqu’une exérèse chirurgicale est
envisagée sur uneMCunique ; en effet, elle permet dans 10 à 20 %des cas de
détecter d’autres localisations passées inaperçues au scanner ;
– lebilan systémique : il doit apprécier si la tumeur initiale est en rémission
ou non, rechercher une dissémination métastatique systémique (hépatique,
pulmonaire, osseuse) et évaluer les possibilités de contrôler l’éventuelle
extension extraneurologique de la tumeur primitive ; ce bilan doit permettre
de prévoir l’espérance et la qualité de vie du patient si les MC sont traitées de
manière adéquate et guider le choix thérapeutique ; l’âge et l’état général du
patient doivent être également pris en compte.
Ainsi, rarement il est vrai, le clinicien est amené à ne pas traiter des MC
lorsqu’elles surviennent chez un patient souffrant de douleurs très sévères et
rebelles liées à l’extension systémique d’un cancer échappant à tout contrôle
thérapeutique.
Les troubles de la vigilance qu’entraîne rapidement l’évolution
spontanée des MC doivent être respectés.
Dans les autres cas, le traitement desMCdoit être entrepris.
+ Le cancer primitif est en rémission complète ou introuvable
:
Un traitement radical doit être tenté.
Lorsque la MC est unique (ou MC
inférieures à trois) et chirurgicalement accessible(s), une exérèse chirurgicale
doit être proposée.
La place de la radiochirurgie, qui s’adresse aux MC de
petite taille (diamètre inférieur à 3 cm), n’est pas encore bien définie.
Des
études randomisées sont actuellement en cours pour savoir si la radiochirurgie
peut avantageusement remplacer la chirurgie dans les MC uniques.
Dans
l’état actuel des connaissances, les meilleures indications de la radiochirurgie
sont les MC uniques inopérables ou multiples (moins de quatre lésions).
Dans
certains cas, la radiochirurgie et la chirurgie peuvent s’associer chez un même
patient présentant des MC multiples.
En l’absence d’étude randomisée
prospective, il n’est pas encore clairement établi qu’une radiothérapie
encéphalique soit nécessaire après l’exérèse complète d’une MC ; néanmoins,
plusieurs études rétrospectives suggèrent que la radiothérapie postopératoire
diminue et retarde les récidives.
L’indication d’une radiothérapie
encéphalique en complément d’une radiochirurgie est également
controversée.
Quand les conditions d’une exérèse chirurgicale ou d’une radiochirurgie ne sont pas réunies, une radiothérapie éventuellement associée
à une chimiothérapie, en fonction du cancer primitif, est proposée.
+ Le cancer primitif présente une dissémination systémique
:
Si le patient présente une ou des MC (moins de quatre) de petite taille, la radiochirurgie constitue le traitement de choix en raison de son efficacité et
surtout de son caractère peu contraignant pour des patients souvent en
mauvais état général.
Si la (ou les) MC ne relève(nt) pas de la radiochirurgie
mais est (sont) susceptible(s) d’être retirées chirurgicalement, l’indication
opératoire dépend, au vu du bilan systémique, de l’espérance de vie et de la
qualité de vie que peut attendre le patient après l’intervention.
Si l’on
considère que le geste chirurgical s’avérera efficace, mais que le patient ne
conservera que 2 ou 3 mois de vie de mauvaise qualité, en raison de
l’évolutivité de la dissémination systémique du cancer, il vaut mieux ne pas
opérer et proposer une radiothérapie.
Une chirurgie n’est envisagée que si le
patient peut espérer une durée de vie de bonne qualité supérieure à 3 ou 4 mois
(faible évolutivité et/ou bon contrôle médical du cancer).
Si la (ou les) MC ne peuvent bénéficier ni d’une radiochirurgie, ni d’une
chirurgie, le choix est relativement simple et le traitement comporte une
radiothérapie conventionnelle éventuellement associée à une chimiothérapie.
* Traitement des récidives
:
Plusieurs possibilités thérapeutiques sont à discuter devant une récidive de
MC opérée.
Leurs indications ne sont pas encore bien définies.
+ Réintervention chirurgicale
:
Environ la moitié des patients qui ont subi une exérèse de leur MC vont
récidiver.
Les rechutes se font au site initial dans un tiers ou deux tiers des cas
selon les séries.
En moyenne, 30 % des MC en rechute sont susceptibles d’être
réopérées.
La réintervention est une mesure efficace entraînant une
amélioration neurologique dans plus des deux tiers des cas, qui persiste en
moyenne 6 mois.
La MS est de 9 à 10mois après la réintervention et un patient
sur quatre est encore vivant à 1 an.
Sur ces patients sélectionnés, les
résultats sont donc comparables à ceux de la première intervention.
+ Radiochirurgie :
Quand elle est réalisable (MC de petite taille), la radiochirurgie constitue le
traitement de choix des rechutes locales ou à distance.
Le taux de réponse de
la radiochirurgie dans les récidives est similaire à celui obtenu pour les MC
traitées en première intention et avoisine les 80 %, mais la probabilité de
rechute serait plus grande.
La MS varie selon les séries de 6 à 11 mois.
+ Réirradiation cérébrale
:
Elle peut être proposée (éventuellement associée à une chimiothérapie) quand
une nouvelle chirurgie ou une radiochirurgie est exclue.
Peu d’études se sont
intéressées à la réirradiation cérébrale dans les MC.
Les
protocoles proposés varient d’une dose unique de 10 Gy à une dose de
20 à 25 Gy délivrée par fraction quotidienne de 2 ou 3 Gy.
Le taux
d’amélioration neurologique varie selon les études de 25 % à plus de
50 % et une MS à partir de la seconde irradiation allant de 2 à 5 mois.
La réponse persiste environ 2,5 mois.
Le traitement serait relativement bien
toléré sur le plan neurologique.
La réirradiation ne serait profitable qu’aux
patients en bon état général, ayant bien répondu et de manière prolongée (plus
de 4 mois) à la radiothérapie initiale.
+ Chimiothérapie
:
Les traitements antérieurs ne semblent pas affecter la réponse des MC à la
chimiothérapie.
Dans l’étude de Rosner consacrée aux MC de cancers du
sein, la majorité des patients sur lesquels la radiothérapie avait échoué ont
répondu à une chimiothérapie.
D’autre part, un tiers des patients qui ont récidivé
après un premier protocole de chimiothérapie ont répondu favorablement à une
chimiothérapie de seconde ligne.
Des résultats similaires ont été observés dans
les MC des cancers du poumon anaplasiques à petites cellules.
*
Traitements spécifiques des MC
:
+
MC des cancers pulmonaires :
Les MC des cancers du poumon sont de très mauvais pronostic dans l’ensemble.
Les MC répondent à la radiothérapie dans environ deux tiers des cas mais la
survie varie entre 3 et 6 mois dans les principales études.
Les MC uniques et
accessibles (à l’exception des carcinomes anaplasiques à petites cellules) doivent
être opérées.
Les études rétrospectives de Mandell et Patchell portant
spécifiquement sur les MC de cancers bronchopulmonaires mettent en évidence
une MS significativement plus élevée chez les patients traités par la chirurgie
associée à la radiothérapie que chez les patients traités par radiothérapie seule
(19 contre 9 mois).
L’intérêt d’une radiothérapie après l’exérèse d’une MC
unique demeure en revanche plus discuté.
Lorsque les MC sont présentes lors
du diagnostic, le traitement concomitant du cancer pulmonaire (par chirurgie ou
radiothérapie éventuellement associée à une polychimiothérapie) permet de
prolonger la survie de manière significative, parfois de plusieurs années.
Plusieurs protocoles de chimiothérapie prescrits en première intention ont
donné des résultats encourageants.
Les MC de carcinomes anaplasiques à petites
cellules sont particulièrement radiosensibles (74 % de réponses objectives) et
chimiosensibles avec un taux de réponse de 76 % au diagnostic et de 43 % à la
rechute dans une revue de la littérature récente.
Certains auteurs
recommandent d’utiliser une chimiothérapie (épipodophyllotoxine, sels de
platine) en première intention dans les carcinomes anaplasiques à petites cellules.
Malgré cette sensibilité aux traitements médicaux, le pronostic reste sombre et la
MS se situe autour de 8 mois.
+ MC du cancer du sein :
Les MC se manifestent cliniquement dans l’évolution de 10 % des patients
atteints de cancer du sein généralement à un stade avancé (stade IV).
Elles constituent exceptionnellement la seule localisation métastatique du
cancer.
Si la ou lesMCsont extirpables, il est conseillé de les opérer et de
réaliser une radiothérapie postopératoire.
Dans les cas où la chirurgie n’est
pas indiquée, on propose une radiothérapie.
Les MC d’origine mammaire
répondent à la radiothérapie dans 50 à 70 % des cas et la MS varie de 3 à 6
mois après l’irradiation. Les MC apparaissent également chimiosensibles.
La
chimiothérapie a été utilisée en première intention dans plusieurs études avec
un taux de réponse supérieur à 50 % et une MS variant entre 5,5 à 14 mois.
Dans la série de Rosner, un tiers des patients qui avaient récidivé ont
encore répondu à une chimiothérapie de seconde ligne.
La place de la
chimiothérapie dans le traitement des MC des cancers du sein mérite d’être
mieux évaluée.
Il faut également signaler quelques observations de rémission
ou de stabilisation prolongée (plusieurs années) de MC de cancer du sein
traitées par hormonothérapie (tamoxifène ou mégestrol acétate).
+ MC de mélanome :
Des MC sont retrouvées à l’autopsie chez 75 %des patients ayant présenté un
mélanome.
Le décès des malades leur est directement imputable dans la
majorité des cas.
Les MC de mélanome sont peu radiosensibles et ne
répondent à la radiothérapie que dans un tiers des cas.
La MS est en moyenne
de 3 mois après la radiothérapie.
La MS d’un patient opéré d’une MC unique est en moyenne de 9 mois.
Cependant, des survies très prolongées sont
possibles quand l’exérèse a été complète et qu’il s’agit de la seule localisation
métastatique apparente du mélanome.
Comme les MC de mélanome sont
souvent la cause du décès, certains auteurs préconisent d’emblée une attitude
thérapeutique vigoureuse avec exérèse chirurgicale si elle est réalisable, y
compris chez des patients ayant des MC multiples ou une dissémination extracrânienne.
La radiothérapie postopératoire est controversée.
Elle ne semble pas modifier la survie mais retarderait la récidive locale et
diminuerait de 85 % à 24 %les décès de cause neurologique selon l’étude de
Hagen, qui recommande d’associer la radiothérapie à la chirurgie.
Comme
nous l’avons précisé plus haut, la radiochirurgie donne des résultats très
prometteurs dans les MC de petite taille avec un taux de réponse d’environ
80 % au moins équivalent à celui des MC d’autres cancers réputés être plus
radiosensibles.
La fotémustine semble être une chimiothérapie intéressante
dans les MC de mélanome puisqu’une étude l’utilisant en première intention
a donné des résultats comparables à ceux de la radiothérapie conventionnelle
seule avec un taux de réponse de 28 % et une MS de 6,5 mois.
Compte
tenu du caractère particulièrement épileptogène des MC de mélanome, un
traitement antiépileptique préventif systématique est recommandé.