Métastases cérébrales et leptoméningées des cancers solides
(Suite)
Cours de Neurologie
Méningite carcinomateuse
:
A - Incidence
:
Les méningites carcinomateuses ou ML sont dues au développement
multifocal ou diffus de cellules métastatiques dans les espaces sousarachnoïdiens.
Dans les grandes séries autopsiques de patients décédés d’un cancer, elles sont retrouvées chez 1 à 8 % des patients.
Les cancers
solides le plus fréquemment à l’origine d’une dissémination méningée sont
les cancers du sein (12 à 34 %), les cancers du poumon (10 à 26 %), les
mélanomes (17 à 25 %) et les cancers digestifs (4 à 14 %).
Les ML avec un cancer primitif inconnu représentent 1 à 7 % des cas.
Le
mélanome est certainement la tumeur primitive qui a le plus grand tropisme
pour les espaces sous-arachnoïdiens puisqu’on retrouve un envahissement
méningé dans 22 à 46 % des cas.
Le cancer du poumon anaplasique à
petites cellules et le cancer du sein envahissent les leptoméninges
respectivement dans 10 à 25 % et 5 %des cas.
Les ML sont associées
à d’autres métastases du système nerveux central dans environ la moitié des
cas et surviennent généralement tardivement dans l’évolution du
cancer.
Elles constituent la première localisation métastatique du cancer dans
20 % des cas.
B - Anatomopathologie :
1- Physiopathologie
:
La pénétration et le développement des cellules métastatiques dans
les espaces sous-arachnoïdiens peuvent relever de plusieurs mécanismes :
– la rupture de métastases des plexus choroïdes, mais leur envahissement est
inconstant et pourrait être secondaire à la méningite carcinomateuse ;
– la rupture de MC ou de métastases spinales dans les espaces sousarachnoïdiens
ou dans les ventricules, la dissémination étant généralement
focale dans le premier cas en raison d’une réaction fibreuse de la pie-mère qui
circonscrit l’extension tumorale ;
– un envahissement tumoral rétrograde le long des racines spinales et des
nerfs crâniens ; en effet, l’espace sous-arachnoïdien communique avec
l’espace périneural des racines ;
– une dissémination par voie veineuse rétrograde dans le plexus rétrograde
de Batson ;
– une extension directe ou par l’intermédiaire d’anastomoses veineuses de
métastases osseuses, de la moelle osseuse et de la dure-mère ;
– la plupart des ML résulteraient en fait de métastases hématogènes
provenant des vaisseaux arachnoïdiens avec migration secondaire des cellules
malignes dans le LCR ; après avoir pénétré dans les espaces sousarachnoïdiens,
les cellules cancéreuses s’étendent de façon linéaire en
formant une mince couche de cellules néoplasiques le long du névraxe et des
racines ou se développent sous forme de nodules ; des cellules se détachant
essaiment le long des voies d’écoulement du LCR et forment de nouveaux
foyers métastatiques à distance, surtout dans les zones de stase ; les cellules
traversent la pie-mère et se développent dans le parenchyme ; lorsque la
couche de cellules néoplasiques s’épaissit, une néovascularisation et une
réaction fibreuse se développent contenant des capillaires fenêtrés ne
possédant pas de barrière hématoméningée ; finalement, la tumeur peut
s’étendre de façon antérograde ou rétrograde le long des racines nerveuses et
envahir secondairement la moelle, l’espace épidural, la région paravertébrale
ou les plexus veineux.
2- Aspect macroscopique
:
Macroscopiquement, l’aspect des leptoméninges peut sembler normal.
Typiquement, l’envahissement tumoral prédomine habituellement au niveau
des citernes de la base, de la scissure de Sylvius et des racines de la queuede-cheval sur lesquelles des nodules tumoraux sont fréquemment observés
.
Les racines de la queue-de-cheval peuvent adhérer les unes aux
autres et former une masse fibreuse.
3- Aspect microscopique :
L’étude microscopique révèle que les méninges sont le siège d’une infiltration
tumorale diffuse ou multifocale, s’accompagnant d’une fibrose, parfois si
importante que les cellules tumorales peuvent être difficiles à mettre en
évidence.
Les cellules malignes s’accumulent préférentiellement le long des
espaces de Virchow-Robin. Dans la série d’Olson, 55 % des patients
autopsiés avaient une invasion du parenchyme sous-pial.
Le parenchyme
avoisinant les foyers d’infiltration sous-pial est souvent le siège de lésions
ischémiques.
Madow et Alpers ont identifié une forme « encéphalitique » où l’examen microscopique révèle une infiltration massive des espaces de
Virchow-Robin alors qu’il n’existe qu’un petit nombre de cellules malignes
dans les espaces sous-arachnoïdiens de la surface cérébrale.
C - Clinique :
1- Physiopathologie des symptômes :
La physiopathologie des symptômes est multifactorielle.
Au niveau du
système nerveux central, la symptomatologie peut résulter :
– d’une hydrocéphalie secondaire à l’obstruction des voies d’écoulement du LCR ;
– d’une ischémie par envahissement ou compression des vaisseaux de la
convexité et des vaisseaux perforants dans les espaces de Virchow-Robin ;
les lésions ischémiques expliquent que les signes sont parfois d’installation
brutale et irréversible, même en cas de succès thérapeutique ;
– d’une compétition métabolique entre les cellules tumorales et le
parenchyme cérébral sous-jacent pour les substrats comme le glucose ;
– d’une invasion directe du parenchyme ; au niveau du système nerveux
périphérique, les symptômes peuvent être dus à une compression, à une
infiltration des racines ou à la sécrétion de facteurs neurotoxiques (en
particulier myélinotoxiques).
2- Symptômes et signes cliniques :
Les ML sont révélatrices du cancer dans 10 % des cas pour la majorité des
auteurs.
La présentation clinique est polymorphe et associe typiquement des
manifestations cérébrales, une atteinte des paires crâniennes, une atteinte
médullaire et pluriradiculaire.
Les manifestations cérébrales sont
rarement inaugurales ; à l’examen initial, on retrouve des céphalées dans
40 % des cas, des troubles de la marche dans 50 % des cas et des troubles
mentaux et de la vigilance dans près de 50 % des cas.
Une crise d’épilepsie
peut faire partie du tableau initial dans 15 % des cas.
Un syndrome méningé
est rarement inaugural et n’est observé au cours de l’évolution que dans moins
d’un tiers des cas.
Bien que l’atteinte des nerfs crâniens ne soit pas
habituellement le motif de consultation, elle est retrouvée à l’examen initial
dans 75 à 90 % des cas.
Les nerfs crâniens le plus fréquemment touchés sont
par ordre décroissant : les nerfs oculomoteurs (30 %), le nerf facial (25 %), le
nerf auditif (20 %), le nerf trijumeau (12 %).
Le nerf optique, très rarement
atteint au stade initial, est fréquemment touché au cours de l’évolution (22 %
des cas).
Une baisse d’acuité visuelle peut être due à un engainement ou à une
infiltration tumorale du nerf optique, mais il faut éliminer une métastase
rétinienne ou choroïdienne.
Des signes d’atteinte du système nerveux
périphérique sont retrouvés à l’examen initial dans 60 à 80 % des cas et
apparaissent constamment au cours de l’évolution sous la forme d’une
abolition des réflexes ostéotendineux isolée ou associée à un déficit
sensitivomoteur de topographie radiculaire ou pluriradiculaire.
Un syndrome
de la queue-de-cheval est observé dans 20 % des cas.
Une lombosciatique et
des cervicalgies chez des cancéreux doivent faire envisager le diagnostic de
méningite carcinomateuse, et la découverte d’une abolition ou d’une
diminution asymétrique de réflexes a une grande valeur sémiologique chez
des patients suspects de ML.
D - Examens complémentaires
:
1- Analyse du LCR :
Le diagnostic repose sur la mise en évidence de cellules malignes dans le LCR
.
Leur absence ne doit pas faire éliminer le diagnostic de méningite
carcinomateuse et les ponctions lombaires doivent être répétées plusieurs fois.
Dans l’étude deWasserstrom, le taux de positivité de la cytologie du LCR
passe de 55 %à 80 % à la deuxième ponction lombaire.
Cependant, des faux
négatifs malgré des ponctions lombaires répétées (au moins trois) sont
retrouvés dans 10 à 40 % des cas selon les séries.
Parfois, seule
l’analyse du LCR prélevé au niveau ventriculaire ou par ponction sousoccipitale
permet de mettre en évidence des cellules malignes.
D’autres
anomalies du LCR peuvent être observées : une augmentation de la pression
d’ouverture (50 à 70 %), une hyperprotéinorachie (80 %), une
hypoglycorachie (30 à 40 %), d’une pléiocytose (60 à 70 %).
Une dissociation
entre la présence d’une cytologie positive et une absence de pléiocytose
(cellules < 4/mm3) n’est pas rare et est retrouvée dans 29 % des cas.
Plusieurs marqueurs biochimiques peuvent être augmentés dans le LCR et,
bien que non spécifiques, argumenter en faveur d’une ML : la bêta-2-
microglobuline (> 2 mg/L), l’isoenzyme LDH5 (> 10 % des LDH totales) et
en particulier le rapport LDH5/LDH1, la bêta-glucuronidase (> 80 mU/L).
D’autres marqueurs dosables dans le LCR sont plus spécifiques de ML
comme les antigènes carcinoembryonnaires (ACE) (taux dans le LCR >1 %
du taux sérique), et peuvent orienter vers l’origine de la tumeur primitive
comme le CA (carbohydrate antigen) 15-3 (cancer du sein) ; le CA125
(carcinome de l’ovaire) ; les â-hCG (human chorionic gonadotrophin) et
l’alphafoetoprotéine (tumeurs germinales).
L’étude immunocytochimique
utilisant des anticorps monoclonaux dirigés contre des antigènes tumoraux
connus peut également aider à reconnaître des cellules malignes, en
particulier quand elles sont masquées par une large population lymphocytaire
réactive.
Plus récemment, certains auteurs ont proposé d’étudier le contenu en ADN des cellules du LCR par la cytométrie de flux ; la détection
de cellules aneuploïdes est un bon argument en faveur de cellules
malignes.
2-
Imagerie :
La TDM cérébrale sans et avec injection montre des anomalies dans 25 à 50 %
des cas au début des symptômes, et dans 75 % des cas au cours de
l’évolution.
Il peut s’agir d’une hydrocéphalie communicante, d’une
prise de contraste souvent nodulaire intéressant les citernes de la base, les
parois ventriculaires, d’un épaississement de la tente du cervelet ou d’une
prise de contraste gyrale diffuse ou focale.
Ces anomalies témoignent
d’une infiltration des espaces de Virchow-Robin, de la néovascularisation
tumorale, de la rupture de la barrière hématoméningée et d’une réaction
fibreuse méningée.
Dans 30 à 60 % des cas, il existe des métastases
parenchymateuses associées.
L’IRM avec injection de gadolinium est d’un
grand intérêt.
Elle retrouve les mêmes anomalies que la TDM mais elle est
plus sensible (d’un facteur 1,5 à 2 dans les études comparatives) et permet
de surcroît d’explorer de façon atraumatique l’axe spinal et la queue-decheval
à la recherche de nodules leptoméningés disséminés ou d’un
épaississement des racines de la queue-de-cheval avec une sensibilité au
moins égale à celle de la myélographie.
Malgré la supériorité
de l’IRM sur la TDM, le taux de faux négatifs est encore estimé à environ
30 %.
Ce taux peut être réduit par l’utilisation de plus fortes doses de
gadolinium.
La circulation du LCR est fréquemment perturbée au cours
des ML (ralentissement, blocage).
Elle peut être étudiée grâce à l’injection intrathécale de particules radiomarquées (indium 111-DTPA [diethylene
triamine pentaacetic acid]).
Des perturbations sont ainsi observées dans 30 à
40 % des cas, essentiellement localisées à la base du crâne et au niveau du
cône terminal et de la queue-de-cheval.
Cet examen est utile pour détecter
d’éventuels blocages de la circulation du LCR qui pourraient dans certains
cas retarder les injections intrathécales de chimiothérapie (potentiellement
toxiques par accumulation du produit) et guider la radiothérapie vers les
régions fonctionnellement en cause.
E - Traitement :
En l’absence de traitement, les troubles des fonctions supérieures et les
déficits moteurs s’aggravent et la mort survient dans un délai moyen de
1 mois.
Exceptionnellement, des survies de plusieurs mois sans traitement
spécifique peuvent s’observer dans les ML de cancers du sein.
Le
traitement des MLest un traitement palliatif qui repose essentiellement sur la
radiothérapie et la chimiothérapie intrathécale.
Il doit être débuté le plus tôt
possible car il entraîne plus souvent une stabilisation des symptômes qu’une
amélioration clinique.
1- Traitement symptomatique
:
Le traitement symptomatique des ML comporte la corticothérapie qui
entraîne une amélioration transitoire et modeste.
En cas de douleurs
(céphalées, douleurs radiculaires), les antalgiques doivent être utilisés de
façon large, y compris les morphiniques si nécessaire.
Une dérivation ventriculopéritonéale est envisagée en cas d’hydrocéphalie évoluée associée
à des céphalées rebelles aux traitements médicaux liées à l’HIC, à un oedème
papillaire avec risque de cécité ou à des troubles de la vigilance, mais son
efficacité est parfois décevante.
Le risque d’une dissémination métastatique
dans le péritoine est théorique.
Certaines dérivations peuvent être utilisées
alternativement pour l’injection intraventriculaire de la chimiothérapie et
pour la dérivation ventriculaire.
En l’absence de métastase parenchymateuse
menaçante associée, les ponctions lombaires évacuatrices répétées sont
parfois, dans notre expérience, le seul moyen de soulager les patients qui
souffrent de céphalées d’HIC intolérables.
2-
Radiothérapie
:
Idéalement, l’ensemble du névraxe devrait être irradié.
Cependant, la
radiothérapie craniospinale à dose efficace entraîne un risque élevé d’aplasie
médullaire et interdit pratiquement l’utilisation associée ou rapprochée d’une
chimiothérapie systémique.
C’est pourquoi la majorité des auteurs se
contentent d’irradier les régions cliniquement symptomatiques de façon à
obtenir un soulagement rapide.
Les régions asymptomatiques qui sont
le siège de lésions nodulaires (sur lesquels la chimiothérapie intrathécale est
peu active) et potentiellement menaçantes à court terme sur le plan
fonctionnel devraient également être irradiées de manière focale.
Posner
n’envisage la radiothérapie de l’encéphale in toto qu’en cas d’hydrocéphalie
ou de crise d’épilepsie focale.
Les doses utilisées sont généralement de 30 Gy
en dix fractions étalées sur 12 jours.
La radiothérapie n’étant ainsi dirigée que
sur les foyers tumoraux les plus importants, une chimiothérapie associée
s’avère nécessaire.
3- Chimiothérapie intrathécale :
La voie intrathécale permet d’obtenir de fortes concentrations d’agent
cytotoxique dans le LCR en réduisant le risque systémique.
Cependant, il faut
savoir que son action est limitée sur les nodules tumoraux constitués, puisque
la diffusion de la drogue ne peut dépasser plus de 2 ou 3 mmde profondeur.
La chimiothérapie intrathécale peut être administrée par voie lombaire (par
des ponctions lombaires itératives) ou par voie ventriculaire grâce à un
réservoir d’Ommaya.
L’injection intraventriculaire est généralement préférée
à la voie lombaire car elle est moins pénible pour le patient, plus sûre car sans
risque de fuite par la brèche durale, et sa répartition dans les espaces sousarachnoïdiens
(en particulier dans les ventricules) est meilleure.
Quand on
suspecte des perturbations de la circulation du LCR, les deux voies peuvent
être combinées afin d’assurer une diffusion plus homogène de la
chimiothérapie.
Peu de drogues peuvent être administrées par voie intrathécale sans entraîner un risque neurotoxique majeur (MTX, cytosinearabinosine,
thiotépa).
La drogue le plus souvent utilisée est le MTX qui a
l’avantage d’être lentement éliminé et d’être très peu métabolisé dans les
espaces sous-arachnoïdiens.
La plupart des auteurs utilisent des doses de MTX intrathécal de 6 à 8 mg/m2 ou des doses unitaires variant de 12 à 15 mg
deux fois par semaine, pendant 2 à 8 semaines ou jusqu’à amélioration
clinique et régression des anomalies du LCR.
Les injections de MTX sont
ensuite espacées progressivement à une injection par semaine puis à une
injection tous les 15 jours ou une injection par mois.
La dose peut être aussi
modulée en fonction de la concentration de MTX dans le LCR, afin de
maintenir des concentrations thérapeutiques constantes jusqu’à disparition
des cellules malignes.
De l’acide folinique est habituellement prescrit après
chaque injection intrathécale à la dose de 100 mg par jour répartis toutes les
6 heures pendant 3 jours, afin d’antagoniser l’effet du MTX sur
l’hématopoïèse.
Une chimiothérapie intrathécale à base de MTX plus
intensive a été proposée dans les cancers du sein avec des résultats qui
semblent supérieurs aux protocoles conventionnels.
Certains ont proposé
d’associer la cytosine-arabinosine (30 à 40 mg) et/ou le thiotépa (15 mg) au MTX, mais ces associations n’ont pas montré à ce jour d’avantage par rapport
à la monochimiothérapie par MTX.
D’autres agents carcinolytiques
sont en cours d’investigation comme le DTC 101 (cytosine-arabinosine
encapsulée), le maphosphamide, la diaziquinone.
4- Chimiothérapie par voie générale :
La plupart des agents carcinolytiques quand ils sont administrés par voie
systémique ne pénètrent pas suffisamment la barrière hématoméningée pour
atteindre des concentrations thérapeutiques suffisantes dans le LCR.
Les rares
exceptions sont constituées par les perfusions intraveineuses à forte dose de MTX(> 3 g/m2), de cytosine-arabinosine et de thiotépa.
Il semblerait logique
d’utiliser une chimiothérapie par voie systémique en association avec la
chimiothérapie intrathécale, car de nombreux patients ont des MC
parenchymateuses associées.
D’autre part, la chimiothérapie intrathécale ne permet pas d’entraîner une concentration efficace du médicament
au niveau du parenchyme secondairement infiltré à partir des méninges.
Plusieurs études suggèrent l’importance de la chimiothérapie systémique
dans le traitement des ML en particulier dans les cancers chimiosensibles
comme le cancer du sein.
Ce rôle est également souligné par l’équipe de Siegal qui suggère même que la chimiothérapie systémique pourrait permettre
chez certains patients de se dispenser de la chimiothérapie intrathécale.
Cependant, en l’absence d’étude contrôlée, la place de la chimiothérapie
systémique dans la stratégie thérapeutique des ML reste très discutée.
5- Traitements expérimentaux :
Des essais d’immunothérapie de phase 1-2 ont été réalisés chez l’homme en
injectant par voie intrathécale des anticorps monoclonaux radiomarqués à
l’iode 131 et dirigés contre divers antigènes tumoraux.
Des réponses
objectives ont été rapportées dans ces différents essais témoignant de l’intérêt
de cette stratégie thérapeutique qui reste encore expérimentale.
Le traitement des ML par immunotoxines constitue également une voie
intéressante.
La thérapie génique délivrée par voie intrathécale utilisant
le « gène suicide » thymidine kinase du virus herpès et le ganciclovir a donné
des résultats expérimentaux suffisamment encourageants chez l’animal pour
qu’un essai thérapeutique chez l’homme soit envisagé.
6-
Indications et résultats du traitement :
Le traitement par radiothérapie et chimiothérapie intrathécale permet une
amélioration ou une stabilisation des symptômes neurologiques dans 30 à
70 %des cas selon les séries.
Cependant, malgré l’amélioration initiale, laMS
des patients traités n’est que de 3 ou 4 mois tous cancers confondus et le taux
de survie à 1 an dépasse rarement 10 %.
Chez les patients qui
n’ont pas de maladie systémique évolutive associée, la MS est de 8 mois et le
taux de survie à 1 an est de 22%.
Le clinicien doit choisir, en fonction de
l’état neurologique du patient, du bilan d’extension de la tumeur primitive et
de son potentiel évolutif, s’il y a lieu d’entreprendre un traitement énergique
avec un faible espoir d’amélioration prolongée, ou s’il faut se contenter de
mesures purement symptomatiques à visée antalgique.
Certains auteurs
prennent en compte d’autres facteurs de mauvais pronostic dans la décision
thérapeutique comme l’existence de MC associées, le degré d’élévation de la
protéinorachie.
Les ML des mélanomes et des cancers du poumon ont
un pronostic particulièrement catastrophique.
Une
attitude plus vigoureuse est indiquée en cas de MLcompliquant un cancer du
sein, surtout si une survie de bonne qualité peut être escomptée si la méningite
est traitée.
La MS des patients traités par chimiothérapie intrathécale et
radiothérapie se situe souvent autour de 6 mois et surtout le taux de survie à 1
an varie entre 10 et 25 %.
La cause de la mort est alors plus
souvent liée à une extension systémique du cancer qu’à une progression de la
ML.
Une attitude similaire est préconisée dans lesMLdes cancers du poumon
anaplasiques à petites cellules.