Manifestations neurologiques du VIH (Infection VIH chez l'enfant)
Cours de Neurologie
Elle a des complications neurologiques différentes de cellules observées chez
l’adulte.
Les enfants concernés sont ceux qui ont été contaminés par voie maternofoetale ou transfusés à la naissance ; les hémophiles, qui avaient reçu
de multiples transfusions plus tardives, ont une évolution de leur maladie
comparable à celle des adultes.
Dans les pays industrialisés, les enfants
atteints de sida ne représentent que 1 à 3 %des malades ; mais, en Afrique, ils
concernent 20 % des patients.
La contamination de l’enfant se fait
probablement en fin de grossesse ou lors de l’accouchement.
Le taux de
contamination est entre 15 et 25 % en France ; le traitement par la
zidovudine durant la grossesse semble le diminuer fortement.
En France,
près de la moitié des mères sont des droguées et il est probable que l’usage
des drogues intraveineuses pendant la grossesse entraîne des troubles
neurologiques supplémentaires chez l’enfant.
À la différence des adultes, les
infections opportunistes sont beaucoup plus rares chez l’enfant que chez
l’adulte, et les manifestations neurologiques sont surtout secondaires à
l’infection VIH elle-même.
D’autre part, les troubles neurologiques sont
parfois très précoces : un tiers des enfants d’une série française ont présenté
une atteinte neurologique précoce et la moitié ont survécu après l’âge de
3 ans.
Sur une cohorte de plus de 1 000 enfants suivis par Tardieu, 20 %ont
présenté des troubles neurologiques sévères et précoces.
Ces
encéphalopathies sévères, liées au VIH ou à une infection opportuniste,
survenant avant l’âge de 3 ans, touchent donc environ 20 % des enfants contaminés, et leur sévérité est corrélée avec la réplication virale durant la
première année.
Un autre type d’encéphalopathie, d’évolution beaucoup plus
lente et moins sévère, est également observé.
Ses symptômes pourraient être
réversibles dans certains cas.
La majorité des enfants (80 %) seraient dans ce
cas ; l’apport des traitements antiviraux serait bien sûr capital dans cette
évolution plus favorable.
Dans la forme sévère d’encéphalopathie infantile,
les troubles neurologiques débutent, le plus souvent avant 1 an, par des
troubles moteurs avec une rigidité des membres inférieurs et des troubles de
posture associés à une perte des acquisitions.
L’aggravation est lentement
progressive ; à 3 ans les enfants ont un important retard psychomoteur et
décèdent avant l’âge de 5 ans.
Si les signes neurologiques débutent après la
troisième année, l’évolution est un peu différente, avec prédominance de la paraparésie et des troubles cognitifs moins sévères.
Avec l’apport des
traitements antiviraux, plus de 80 % des enfants contaminés à la naissance
n’ont pas de troubles neurologiques à l’âge de 5 ans.
Cependant, ces données
optimistes doivent être tempérées car il semble que ces enfants présentent
fréquemment un retard scolaire, sinon un retard mental.
L’étude du LCR est
non spécifique en dehors de la présence d’antigène p24.
L’imagerie, en
particulier l’IRM, montre une atrophie cortico-sous-corticale et de fréquents
hyposignaux en T1 et hypersignaux en T2 dans la substance blanche. Les
traitements antiviraux prescrits précocement améliorent partiellement les
troubles cognitifs.
Leur prescription chez la femme enceinte semble avoir une
efficacité préventive encore plus significative.
L’examen neuropathologique
chez l’enfant montre des lésions similaires à celles observées chez l’adulte :
nodules microgliaux et cellules géantes plurinucléées contenant des antigènes
viraux, leucoencéphalopathie, infiltrats périvasculaires.
Spécifique à
l’enfant, la non-myélinisation des faisceaux pyramidaux est bien visible dans
le bulbe et la moelle.
Ces lésions sont différentes de celles de la myélite
vacuolaire ; elles ne sont pas associées à des lésions inflammatoires.
À notre connaissance, les enfants VIH ne présentent pas de pathologie
neuromusculaire.
En revanche, quelques infections opportunistes peuvent survenir :
l’encéphalite liée au CMV a les mêmes caractères que celle observée chez
l’adulte, avec une nette prédilection pour les zones périventriculaires.
La
rougeole et la varicelle peuvent être en cause.
En revanche, les
encéphalites toxoplasmiques sont exceptionnelles avant l’âge de 8-10 ans ;
ce fait est certainement lié à l’alimentation.
Des abcès fongiques ou liés à des
germes banals sont possibles.
Quelques cas de LEMP et de lymphomes ont
été observés chez des enfants immunodéprimés.
Les complications neurologiques centrales et périphériques liées à
l’infection par le VIH sont très nombreuses chez l’adulte et l’enfant.
Si
de nombreuses infections opportunistes sont actuellement prévenues
de manière plus ou moins systématique, comme la toxoplasmose et le CMV, les nouvelles thérapeutiques anti-VIH, utilisant des trithérapies
avec antiprotéases, semblent faire diminuer de manière drastique les
complications neurologiques.
Cependant, on observe encore des
encéphalites toxoplasmiques ou une méningite tuberculeuse comme
modes de révélation de la maladie VIH chez des patients dont la
sérologie n’était pas connue. Des neuropathies inflammatoires et des
myosites peuvent survenir chez des patients peu immunodéprimés.
Enfin, certains patients résistent aux traitements antiviraux ou ne les
supportent pas au plan hématologique ou général et peuvent
développer une encéphalite liée au CMV, une LEMP ou un lymphome
cérébral.