C -
SYNDROME MONONUCLÉOSIQUE :
MONONUCLÉOSE INFECTIEUSE (MNI)
La MNI est la manifestation clinique de la primo-infection par l’EBV,
infection volontiers inapparente (moins de un habitant sur 1 000 a
présenté des manifestations cliniques, alors que plus de 95 % de la
population adulte a des anticorps spécifiques).
Le réservoir de virus, responsable de la transmission
interindividuelle par la salive, est représenté par des lymphocytes T
et surtout des lymphocytes B situés dans les zones interfolliculaires
des amygdales et dans l’épithélium des cryptes ; une fois infectés,
les lymphocytes T subissent une prolifération monoclonale qui, chez
l’immunocompétent, est contrôlée (le virus persiste à l’état latent
dans le génome de certains lymphocytes T, de certaines cellules de
l’oropharynx et de la parotide), mais qui, en cas
d’immunosuppression congénitale (syndrome de Purtilo, ataxietélangiectasie,
etc.) ou acquise (traitement immunosuppresseur,
infection par le VIH), pourrait faciliter la survenue de
lymphomes.
1- Clinique
:
La maladie touche principalement l’adolescent et l’adulte jeune,
après une incubation de 4 à 6 semaines.
Le début de la maladie est
rapide, marqué par des signes généraux nets, fièvre, malaise,
asthénie, myalgies, arthralgies.
La triade angine avec oedème de la
luette et pétéchies du voile, polyadénopathies cervicales bilatérales,
splénomégalie, est très évocatrice, surtout lorsque s’y associent un
rash cutané morbilliforme, fréquent et intense en cas de prise
d’ampicilline, une conjonctivite unilatérale, un subictère.
L’atteinte
amygdalienne peut se manifester par un phlegmon. Au plan des VADS, l’ensemble de l’anneau de Waldeyer est intéressé.
Cette
diffusion à l’ensemble du tissu lymphatique peut être utile au
diagnostic ; la nasopharyngoscopie, en visualisant une atteinte du
rhinopharynx, permettrait de différencier une angine
mononucléosique des autres angines infectieuses ; cette extension
explique également les quelques cas d’obstruction majeure et létales
des voies aériennes.
2- Biologie
:
L’hémogramme affirme le syndrome mononucléosique devant une
hyperleucocytose modérée avec hyperlymphocytose, constituée de
lymphocytes normaux et hyperbasophiles ; une neutropénie est
fréquente ; le taux de plaquettes est normal ou légèrement diminué ;
une anémie hémolytique à autoanticorps est possible.
Une transaminasémie élevée constitue un élément diagnostique,
d’autant que ce signe n’est pas retrouvé dans les angines aiguës
d’autre origine.
Les tests sérologiques permettent le diagnostic :
– la MNI test met en évidence les anticorps hétérophiles ; il n’y a
pas de faux négatifs mais le test se négative rapidement ; en
revanche, il y a des faux positifs dans 10 % des cas ;
– la réaction de Paul-Bunnell-Davidsohn révèle la présence
d’anticorps hétérophiles différents de l’agglutinine naturelle anti-Forssman dont le titre, pour être significatif, doit être supérieur à
1/80 ; la réaction se positive dès la première semaine mais se
négative à la sixième semaine.
Il peut y avoir des faux positifs
(diabète, tuberculose, etc.) comme des faux négatifs (sujets du
groupe A) ;
– les anticorps anti-EBV : la mise en évidence d’anticorps IgM anti-
VCA est le seul test réellement spécifique ; en faveur d’une infection
récente on retient l’association suivante : anticorps IgM anti-VCA
supérieurs à 1/10, IgG anti-VCA supérieurs à 1/320, anticorps
anti-EA supérieurs à 1/10, absence d’anticorps anti-EBNA.
3- Traitement :
Maladie bénigne, la guérison en est spontanée, la régression des
symptômes se faisant en 2 à 3 semaines, en dehors de l’asthénie qui
peut être prolongée.
La corticothérapie générale est réservée aux formes graves, fébriles,
asthéniques, hémolytiques ou thrombopéniques ; les antibiotiques
sont limités aux formes avec surinfection bactérienne (pénicillines
orales ou macrolides).
Il est conseillé de prescrire des antiviraux
(aciclovir) en cas de déficit immunitaire.
L’amygdalectomie à chaud peut être indiquée en cas de
complications, qu’il s’agisse d’obstruction aiguë des voies
aériennes ou de phlegmon, mais également pour certains auteurs
en l’absence de complications, l’amygdalectomie influençant alors
favorablement l’évolution de la maladie.
Maladies des globules rouges
:
Les hémoglobinopathies, responsables de la quasi-totalité des
anémies hémolytiques, sont dues à une anomalie constitutionnelle
de l’hémoglobine (Hb), soit par déficit de synthèse des chaînes de
globine alpha ou bêta (thalassémie), ou soit par anomalie de
structure (Hb anormales).
L’éventuelle atteinte ORL n’est jamais
révélatrice de l’hémoglobinopathie.
Les signes ORL rapportés sont
avant tout des surdités.
A - THALASSÉMIES :
1- Physiopathologie :
Alphathalassémies : le défaut de synthèse des chaînes alpha résulte
de la délétion d’un ou de plusieurs gènes alpha ; plus rarement,
l’alphathalassémie résulte d’une mutation ponctuelle du gène alpha.
L’excès relatif de chaînes non alpha conduit à leur précipitation dans
les globules rouges circulants et à leur hémolyse prématurée.
Les
formes sévères, liées à la délétion des quatre gènes, se caractérisant
par la formation de tétramères de chaînes gamma (Hb Bart’s,
gamma 4) ou de chaînes bêta (HbH, bêta 4), sont létales.
Bêtathalassémies : le défaut de synthèse des chaînes bêta résulte d’une
mutation ponctuelle sur un (bêtathalassémie hétérozygote) ou sur
les deux (bêtathalassémie homozygote) gènes bêta ; plus rarement,
les bêtathalassémies résultent d’une délétion.
Dans la bêtathalassémie homozygote, l’accumulation de chaînes alpha est à
l’origine d’une apoptose des érythroblastes, elle-même cause d’une
hémolyse intramédullaire et d’une érythropoïèse inefficace avec
hémolyse prématurée des globules rouges circulants.
La
conséquence en est une hyperplasie érythroblastique avec
hyperplasie des os plats se traduisant par des déformations
squelettiques, une érythropoïèse extramédullaire avec
hépatosplénomégalie, une surcharge en fer. L’anémie a une origine
double, centrale (érythropoïèse inefficace) et périphérique (hémolyse
et hémodilution).
2- Clinique
:
Les alphathalassémies sont très fréquentes dans le Sud-Est asiatique,
en Afrique noire, dans le bassin méditerranéen et au Moyen-Orient ;
sa répartition géographique se superpose à celle du Plasmodium
falciparum, l’alphathalassémie conférant une résistance au parasite.
La perte d’un gène alpha (alphathalassémie et thalassémie
hétérozygote) est cliniquement et biologiquement asymptomatique.
L’alphathalassémie mineure correspondant à la perte de deux gènes
alpha est cliniquement asymptomatique ; biologiquement, elle se
traduit par une microcytose sans anémie ou une pseudoglobulie
microcytaire et hypochrome ; quelquefois, l’électrophorèse de l’Hb
montre une diminution de l’Hb A2 inférieure à 2,5 % ; le diagnostic
est fait sur les antécédents familiaux, après avoir éliminé une carence
martiale (la biologie moléculaire permettrait de doser le nombre de
gènes alpha).
L’hémoglobinose H, correspondant à l’atteinte de trois
gènes alpha, se traduit par une anémie avec microcytose et
hypochromie, un taux élevé de réticulocytes, des globules avec corps
de Heinz (précipitation de l’Hb H) ; l’électrophorèse de l’Hb
retrouve 70 % d’Hb A, 10 à 30 % d’Hb H et des traces d’Hb Bart’s.
Les bêtathalassémies sont très fréquentes sur le pourtour du bassin
méditerranéen (Sicile, Sardaigne, Calabre, Grèce) et le Sud-Est
asiatique, plus rares au Moyen-Orient, en Afrique et aux Antilles.
La bêtathalassémie homozygote majeure, ou maladie de Cooley, est
diagnostiquée dès la naissance sur les signes cliniques de l’anémie,
l’aspect mongoloïde du faciès lié à l’hyperplasie médullaire, le retard
staturopondéral, l’hépatosplénomégalie.
L’hémogramme montre une
anémie constante et sévère (Hb de 4 à 7 g/dl) avec un taux de
réticulocytes normal, des érythroblastes circulants, des anomalies
des globules rouges avec sidérémie et ferritinémie élevées.
Le
myélogramme met en évidence une hyperplasie érythroblastique
majeure, l’électrophorèse de l’Hb montre un taux élevé de l’Hb F
(de 50 à 95 %) avec éventuellement présence d’Hb A ; si, en l’absence
de traitement transfusionnel correct, les enfants décèdent avant l’âge
de 10 ans d’une insuffisance cardiaque et d’hémosidérose, avec un
traitement correct permettant de maintenir le taux d’Hb au-delà de
12 g/dl les malades atteignent l’âge adulte sans troubles physiques
majeurs.
La bêtathalassémie homozygote intermédiaire correspond
à une forme atténuée de la maladie de Cooley sans retard de
croissance, avec anémie modérée (Hb de 7 à 9,5 g/dl), une
augmentation de l’Hb F à l’électrophorèse.
Les bêtathalassémies
hétérozygotes mineures ou minimes sont quasi asymptomatiques.
En ce qui concerne les éventuelles manifestations ORL, les patients
ayant une bêtathalassémie majeure ou intermédiaire auraient dans
65 % des cas une surdité de transmission ou une surdité mixte,
secondaires aux modifications osseuses hyperplasiques de l’oreille
moyenne réactionnelles à l’anémie et non à l’ototoxicité des
transfusions ou du traitement chélateur.
3- Traitement
:
Il comporte : les transfusions pour maintenir le taux d’Hb supérieur
à 10 g/dl ; un traitement chélateur (desferrioxamine ou Desféralt)
pour prévenir la surcharge en fer consécutive aux transfusions et à
la constante hyperabsorption intestinale du fer ; éventuellement une
splénectomie.
La greffe allogénique de cellules hématopoïétiques,
d’origine familiale, est le seul traitement radical.
B - DRÉPANOCYTOSE :
1- Physiopathologie
:
La plus fréquente et la plus grave des anémies hémolytiques par Hb
anormale, elle est transmise sur le mode autosomique récessif, les
homozygotes étant S/S, les hétérozygotes A/S.
L’anomalie de
structure de la chaîne bêta aboutit à la production d’Hb S dont la
configuration spatiale modifiée entraîne à l’état désoxygéné la
formation de polymères responsables de la falciformation des
globules ; ces globules rouges drépanocytaires n’ont plus leur
propriétés de déformabilité et d’élasticité, d’où une hémolyse
prématurée, une augmentation de la viscosité sanguine et par là la
survenue de complications vaso-occlusives.
2- Clinique
:
Si le diagnostic de la drépanocytose homozygote, dont le pronostic
est sombre, est établi vers 6 à 12 mois, le diagnostic de la forme
hétérozygote est fait tardivement car elle est paucisymptomatique.
Le diagnostic de la forme homozygote est posé devant une anémie
plus ou moins sévère (Hb de 7 à 9 g/dl), normochrome,
normocytaire avec drépanocytes circulants, poïkilocytose et
érythroblastose, associée à une réticulocytose élevée, test de
falciformation positif ; le myélogramme montre une érythroblastose
massive ; l’électrophorèse de l’Hb révèle l’absence d’Hb A mais de
75 à 95 % d’Hb S.
L’évolution de ces formes homozygotes est
marquée par des crises douloureuses liées à des accidents
ischémiques, des infections, des accidents vaso-occlusifs spléniques,
pulmonaires, cérébraux, etc.
La drépanocytose hétérozygote en règle
asymptomatique peut se révéler par des infarctus spléniques en cas
d’hypoxie sévère ; l’hémogramme y est normal, il n’y a pas de
drépanocytes circulants ; le test de falciformation est positif ;
l’électrophorèse de l’Hb montre de 55 à 60 % d’Hb A, de 40 à 45 %
d’Hb S et de 2 à 3 % d’Hb A2.
Les patients atteints de drépanocytose homozygote présenteraient
dans 10 à 40 % des cas une surdité de perception, secondaire à
l’anémie, des accidents vaso-occlusifs ou hémorragiques.
3- Traitement :
La greffe de moelle allogénique est en fait le seul traitement efficace.
Le traitement symptomatique vise à prévenir les crises vasoocclusives
en évitant l’hypoxie, les infections par les vaccins
antibactériens.
Les transfusions sont indiquées en cas d’anémie.
L’hydroxyurée augmenterait le taux d’Hb F et le pourcentage de
globules rouges contenant de l’Hb.
Pathologies de l’hémostase
:
Les anomalies de la crase sanguine peuvent se révéler par des
hémorragies des VADS, spontanées ou provoquées par une
intervention chirurgicale, posant le problème du bilan d’hémostase
en préopératoire, qui, sous peine d’être négatif, doit être orienté
par les antécédents médicaux personnels et familiaux, et par
l’examen clinique.
Les maladies constitutionnelles de l’hémostase sont rares et se
révèlent d’autant plus précocement que le déficit est majeur.
Les
anomalies acquises de l’hémostase, notamment la thrombopathie à
l’aspirine, sont plus fréquentes.
A - MALADIES CONSTITUTIONNELLES DE L’HÉMOSTASE :
1- Maladie de Willebrand :
Maladie de l’hémostase primaire, elle est la plus fréquente des
anomalies constitutionnelles de l’hémostase.
De transmission
autosomique le plus souvent dominante, elle est liée à une anomalie
quantitative ou qualitative du vWF ou facteur de Willebraud,
protéine qui a une double fonction dans l’hémostase : permettre les
interactions des plaquettes avec la paroi vasculaire lésée et assurer
le transport et la stabilité du facteur (F VIII).
* Clinique
:
Hétérogène dans son expression clinique, phénotypique et
génotypique, le syndrome hémorragique peut être discret dans les
formes modérées ou particulièrement grave comme dans les formes
de type 3.
Elle se révèle par des hémorragies souvent spontanées ou
provoquées par des traumatismes minimes, cutanéomuqueuses
(épistaxis, gingivorragies, hémorragies amygdaliennes qui
seraient caractéristiques), un purpura pétéchial ou ecchymotique
diffus.
Les formes acquises sont exceptionnelles, en règle associées à une
maladie auto-immune, à un syndrome myélo- ou lymphoprolifératif,
une tumeur solide, une hypothyroïdie, etc.
* Diagnostic
:
Si le diagnostic des formes graves ne pose guère de difficultés, celui
des formes frustes peut être difficile du fait de l’élévation
physiologique du taux du vWF et du F VIII lors d’une infection,
d’une inflammation, du stress, de la grossesse, d’un traitement
oestroprogestatif, de l’exercice, etc. ; par ailleurs chez les sujets de
groupe sanguin O, le taux de vWF est plus faible que ceux d’autres
groupes sanguins.
Le diagnostic est orienté par un allongement du
temps de saignement et du temps de céphaline activé.
Le dosage
spécifique des activités biologiques du vWF (dosage immunologique
du vWF, activité cofacteur de la ristocétine du facteur vWF) permet
le diagnostic.
D’autres tests plus spécialisés étudient la structure et
la fonction du vWF, permettant de préciser le type et le sous-type de
la maladie : le type 1, de transmission autosomique dominante,
correspond à un déficit partiel en vWF ; le type 2, de transmission
en règle autosomique dominante, mais parfois autosomique
récessive, regroupe les anomalies qualitatives du vWF ; le type 3, de
transmission autosomique récessive, correspond à une absence quasi
complète de vWF.
* Traitement :
Le traitement dépend du type et de la gravité de la maladie : DDVAP ou desmopressine (Minirint) ou concentrés plasmatiques de
vWF.
Le DDVAP qui induit la libération de vWF et de F VIII dans la
circulation est réservé aux maladies de type 1.
Différentes méthodes
locales, compression locale, méchage d’une épistaxis à l’aide de
matériaux résorbables, colle biologique après avulsion dentaire,
etc., peuvent être suffisantes.
2- Hémophilie
:
Maladie héréditaire liée au sexe, elle atteint un enfant sur
10 000 naissances.
Elle est due à une absence ou à une anomalie le
plus souvent du F VIII (hémophilie A : 85 % des cas), ou du F IX
(hémophilie B).
* Clinique :
La symptomatologie est en règle parallèle à la sévérité du déficit
biologique et la révélation est habituellement extrafaciale,
hémarthroses, hématomes profonds, etc.
Rarement spontanées, les
hémorragies des VADS sont généralement répétées et provoquées
par des traumatismes mineurs, éventuellement majorées par la prise
d’un médicament.
C’est la localisation de l’hémorragie qui en fait
la gravité ; c’est ainsi que les hématomes de la base de langue ou de
la paroi pharyngée postérieure peuvent entraîner un syndrome
asphyxique aigu.
* Diagnostic :
Il peut être suspecté devant un allongement isolé du temps de céphaline activé ; le temps de saignement, la numération
plaquettaire, le temps de Quick et le temps de thrombine sont
normaux.
Il est affirmé par le dosage spécifique des facteurs coagulants VIII (F
VIIIc) et IX (F IXc) ; l’hémophilie est majeure si ce taux est inférieur
à 1 %, modérée lorsque ce taux est compris entre 1 et 5 %, mineure
s’il est de 5 à 30 %.
Chez les hémophiles substitués, compte tenu des problèmes
thérapeutiques, la recherche d’un anticoagulant circulant contre le
facteur déficitaire doit être systématique.
* Traitement :
La compression doit être réalisée chaque fois que le site
hémorragique est accessible.
Le traitement général est un traitement substitutif.
Les facteurs antihémophiliques sont soit d’origine plasmatique, soit d’origine
recombinante ; pour ces derniers, le risque de transmission de virus
humain est quasi nul, limité au risque potentiel de l’albumine
humaine.
La dose à injecter est calculée en fonction de
l’augmentation souhaitée et donc de l’hémorragie (dose = poids [kg] X augmentation souhaitée [%]).
En règle, la perfusion d’une unité de
F VIII augmente le taux de facteur circulant de 2 %, celle d’une unité
de F IX de 1 à 1,5%.
3- Thrombasthénie de Glanzman :
Maladie héréditaire à transmission autosomique récessive, elle est
rare.
Elle est due à un déficit ou à une anomalie du complexe glycoprotéique IIb, IIIa de la membrane plaquettaire, intervenant
dans l’adhésion plaquettaire.
* Clinique
:
Généralement, les premières hémorragies surviennent durant les
premiers mois de vie, plus rarement lors de l’adolescence.
Le
syndrome hémorragique est de type purpurique ; dans les VADS,
les manifestations sont les épistaxis, les hémorragies muqueuses
provoquées par des traumatismes.
* Diagnostic :
Le bilan standard est normal, notamment le taux et l’aspect des
plaquettes.
Le diagnostic est posé sur l’allongement du temps de saignement,
l’absence totale d’agrégation plaquettaire et le trouble de la
rétraction du caillot.
* Traitement :
Il n’existe pas de traitement spécifique et le seul traitement curatif
est la greffe médullaire.
Le traitement est avant tout préventif, comportant la suppression
des médicaments susceptibles d’interférer sur l’hémostase primaire
(aspirine, anti-inflammatoires non stéroïdiens, etc.).
Le traitement repose avant tout sur des gestes locaux le moins
traumatisants possible, sur l’administration d’acide aminocaproïque
(Hémocaprolt) et, en cas d’hémorragies graves, sur la transfusion
de concentrés plaquettaires avec néanmoins les risques d’isoimmunisation
antiplaquettes et d’infections virales.
4- Maladie de Rendu-Osler :
Maladie héréditaire de transmission autosomique dominante, à
pénétrance variable, elle se caractérise par une angiomatose télangiectasique de topographie ubiquitaire, cutanée, muqueuse et
viscérale.
Au plan histologique coexistent deux types d’anomalies :
absence de tissu élastique dans certains capillaires (ne persiste que
la couche endothéliale), et dilatations d’artérioles et des capillaires
responsables de fistules artérioveineuses.
* Clinique
:
Souvent révélatrices, les épistaxis récidivantes sont la manifestation
clinique la plus fréquente, atteignant de 80 à 90 % des patients.
Le diagnostic positif est posé en présence de deux des quatre critères
suivants : épistaxis récidivantes ; télangiectasies en dehors de la
muqueuse nasale (peau faciale, muqueuses buccales, etc.) ;
antécédents familiaux ; manifestations viscérales (digestives,
pulmonaires, etc.).
* Traitement :
En urgence, le traitement d’une épistaxis n’est pas spécifique ; on
utilise préférentiellement les produits résorbables pour éviter les
traumatismes locaux lors du déméchage.
De multiples traitements sont proposés mais, s’ils permettent
d’obtenir une stabilisation, ils ne mettent pas à l’abri des récidives.
Les cautérisations chimiques ou électriques doivent être évitées, car
responsables à long terme de perforation septale. Sont
envisageables :
– les injections sous-muqueuses ou sous-périchondrales de colle de
fibrine ;
– les injections intramuqueuses d’Ethibloct ;
– la cautérisation au laser Yag ;
– les dermoplasties ;
– l’embolisation endovasculaire ;
– la fermeture bilatérale des fosses nasales.
B - MALADIES ACQUISES DE L’HÉMOSTASE :
1- Thrombopathie secondaire à la prise d’aspirine
:
Due à l’inhibition de la cyclo-oxygénase plaquettaire, son effet
irréversible persiste durant toute la durée de vie de la plaquette (de
8 à 10 jours).
* Clinique :
Elle se traduit par un syndrome hémorragique de type purpurique
et des hémorragies provoquées, en particulier per- et postopératoires.
* Diagnostic
:
Il repose avant tout sur l’interrogatoire.
Il est confirmé par l’allongement du temps de saignement, alors que
les autres examens du bilan standard sont normaux.
* Traitement :
Il est préventif et consiste en l’éviction de l’aspirine pendant les
10 jours qui précèdent une intervention chirurgicale.
En cas d’hémorragie, le traitement est local.
En cas d’hémorragie
importante, on peut faire appel à une transfusion plaquettaire.
2- Purpuras thrombopéniques :
Les thrombopénies sont préférentiellement immunologiques
auto-immunes.
* Clinique :
À l’inverse de l’enfant, chez lequel la forme aiguë domine, chez
l’adulte la thrombopénie serait en règle chronique, à début
progressif, durant plus de 6 mois, pouvant alors s’accompagner
d’une anémie sidéropénique secondaire au syndrome hémorragique
chronique.
Les hémorragies muqueuses sont souvent révélatrices.
* Diagnostic :
Il repose sur la numération formule sanguine qui montre une
thrombopénie plus ou moins sévère, sans atteinte des autres lignées.
Le myélogramme montre une moelle riche en mégacaryocytes et
établit le diagnostic de thrombopénie périphérique.
L’étude de la
durée de vie des plaquettes confirme le diagnostic en montrant une
durée de vie souvent inférieure à 2 jours.
* Traitement
:
Il n’est justifié, dans les formes chroniques, que par la gravité des
syndromes hémorragiques ; ainsi, une corticothérapie (prednisolone
à raison de 0,5 à 1,5 mg/kg/j) peut être prescrite pour une durée de
3 semaines, à doses dégressives.
La splénectomie, compte tenu des
risques infectieux, n’est indiquée qu’en cas de site de destruction
préférentiel splénique.
Nombre d'affichage de la page 103 |