Lombalgie symptôme d’une maladie
:
C’est la première et principale préoccupation dans la
démarche diagnostique mais elle ne justifie pas une « stratégie
de la couverture » par des examens complémentaires
dits systématiques.
L’essentiel de l’orientation est obtenu
par la clinique et surtout par l’interrogatoire.
A -
Infection vertébrale
:
Bien que seulement environ 1 lombalgie sur 1 000 révèle
une infection vertébrale, l’urgence du traitement justifie de
rechercher en priorité une spondylodiscite, une spondylite
ou un abcès épidural.
La notion de possible contamination
locale ou à distance (opérés du rachis et du bassin, accouchées
récentes, foyers infectieux, drogués…), d’un terrain
favorisant (immunodéprimés, mauvaises conditions sanitaires…),
l’existence d’une fièvre, d’une raideur rachidienne
multidirectionnelle, imposent alors la demande d’examens
complémentaires avec au minimum une numération formule
sanguine, une vitesse de sédimentation et des radiographies
standard.
Si ces examens sont anormaux, ou dans tous les
cas, devant une lombalgie fébrile avec raideur rachidienne
massive et notion de possible contamination, l’imagerie par
résonance magnétique (IRM) est actuellement l’examen le
plus performant pour rechercher un hypersignal des plateaux
vertébraux et du disque en T2 avec hyposignal en T1 et
rehaussement après injection de gadolinium ; des abcès
s’étendant en avant et en arrière du disque.
L’isolement du germe par ponction directe du disque est la
dernière étape du diagnostic.
Ce geste aura été précédé
d’hémocultures qui sont répétées dans l’heure suivant le
prélèvement à l’aiguille en raison des fréquentes bactériémies
qui lui font suite.
B - Affection maligne
:
Près de 1% des lombalgies révèlent une néoplasie primitive
ou métastatique.
L’ensemble de paramètres cliniques offrant
la meilleure valeur prédictive pour orienter vers un diagnostic
de néoplasie sont l’existence d’un antécédent de cancer, une
altération de l’état général en particulier une perte de poids
inexpliquée, la persistance des douleurs au-delà de 1 mois,
l’âge supérieur à 50 ans et l’absence d’amélioration par le
repos avec surtout une recrudescence nocturne.
Un tel tableau impose un minimum d’examens complémentaires
comportant une vitesse de sédimentation, une
électrophorèse des protides sériques, des radiographies
standard du rachis lombaire complétées au moindre doute
par une scintigraphie osseuse.
Des métastases osseuses ou
un myélome sont les deux diagnostics les plus probables.
1- Myélome multiple :
À ce stade de la stratégie diagnostique 80 % des myélomes
sont diagnostiqués, le reste du bilan, dont l’histologie
médullaire confirme le diagnostic, évalue le pronostic et
oriente la stratégie du traitement.
Les plasmocytomes solitaires
et les myélomes non sécrétants sont plus difficiles à
diagnostiquer les premiers nécessitent une excellente analyse
des radiographies et, le plus souvent, la pratique d’une
imagerie par résonance magnétique d’autant que la scintigraphie
osseuse peut ne pas montrer d’hyperfixation ; les
seconds ne sont reconnus que devant la prolifération plasmocytaire
sur biopsie médullaire.
2- Métastases osseuses
:
Le problème du diagnostic des métastases osseuses est celui
du choix et de l’interprétation des examens d’imagerie.
La
constatation d’un tassement vertébral en galette, d’une lyse
pédiculaire ou au contraire d’un pédicule condensé suffit
souvent au diagnostic et à la mise en route de la recherche
du cancer primitif, la tomodensitométrie et l’imagerie par
résonance magnétique ne sont alors utiles que pour un bilan
local d’extension.
Quand les lésions ne sont pas évidentes
sur les radiographies standard, une hyperfixation intense
et localisée sur la scintigraphie osseuse permet de guider
la tomodensitométrie.
La principale erreur par excès est
de confondre un tassement ostéoporotique associé à
une nécrose centro-somatique, avec un tassement vertébral
métastatique.
Une étude anatomopathologique
est indispensable avant de mettre en route des traitements
locaux lourds comme une radiothérapie.
C - Tumeurs bénignes
:
Les tumeurs bénignes vertébrales entraînent aussi des douleurs
durables, non calmées par le repos, avec recrudescence
nocturne et souvent une raideur rachidienne mais il
s’agit de patients jeunes, la douleur est très bien calmée par
les anti-inflammatoires non stéroïdiens et l’aspirine en particulier
dans l’ostéome ostéoïde et l’ostéoblastome.
Il n’y
a pas d’anomalie biologique orientant vers ce diagnostic,
il est très difficile de voir la tumeur sur les radiographies
standard qui peuvent cependant montrer une scoliose réactionnelle
à court rayon.
C’est donc essentiellement sur le
tableau clinique qu’il faut penser à ces diagnostics et
demander une scintigraphie osseuse qui montrera une fixation
très localisée du traceur permettant de guider la tomodensitométrie
ou l’imagerie par résonance magnétique.
D - Spondylarthropathie :
On s’oriente vers le diagnostic de spondylarthropathie chez
un patient jeune dont les lombalgies se manifestent surtout
dans la seconde moitié de la nuit, s’accompagnent d’un long
dérouillage matinal, sont souvent associées à des douleurs
fessières et sont particulièrement sensibles aux anti-inflammatoires
non stéroïdiens.
L’existence d’antécédents familiaux
de spondylarthropathie ou de pathologie associée tel
le psoriasis, d’enthésopathie inflammatoire périphérique en
particulier de talalgies, d’arthrite périphérique, conforte l’hypothèse.
L’élévation de la vitesse de sédimentation, la présence
de l’antigène HLA B27, la recherche d’une sacro-iliite
ou d’autres lésions vertébrales radiologiques caractéristiques
deviennent alors presque secondaires.
E - Autres diagnostics :
D’autres diagnostics s’exprimant plus rarement par une
lombalgie relèvent soit de l’analyse des radiographies (c’est
le cas de la vertèbre pagétique et de l’angiome vertébral),
soit du contexte clinique avec ici encore l’exacerbation nocturne
des douleurs et la raideur lombaire pour la plupart
des tumeurs intrarachidiennes (neurinome, chordome,
méningiome).
F - Affections viscérales :
La douleur provoquée par certaines pathologies viscérales
est le plus souvent différente des lombalgies vertébrales.
On reconnaît facilement les douleurs d’une colique néphrétique,
le caractère de pesanteur et l’association à des douleurs
hypogastriques dans les tumeurs pelviennes, mais
c’est surtout l’absence de signes rachidiens et d’influence
des mouvements lombaires sur la douleur qui doivent faire
suspecter une douleur non vertébrale.
On peut retenir la
recherche d’une prise médicamenteuse pouvant par
exemple induire une fibrose rétropéritonéale, l’auscultation
et la palpation des axes artériels pour reconnaître rapidement
une fissuration d’anévrisme de l’aorte ou une dissection
aortique, la recherche d’une symptomatologie
digestive, gynécologique, d’un oedème des membres inférieurs
pour orienter la recherche vers une tumeur abdomino-
pelvienne.
La hiérarchie des examens complémentaires
dépendra de cette enquête précise.
Lombalgie, symptôme d’une lésion
traumatique :
Il existe une confusion autour du rôle des traumatismes dans
la lombalgie et même dans la pathogénie de la détérioration disco-vertébrale.
Cette confusion est à la base de la chronicité
des douleurs, souvent dans les accidents du travail, et
plus généralement chaque fois qu’il y a une procédure d’indemnisation.
Il ne faut retenir cette étiologie que quand le
traumatisme est suffisamment important pour entraîner une
lésion anatomique et que la chronologie d’apparition des
symptômes est évidente.
L’imputabilité est alors simple mais
les décisions thérapeutiques à court terme et l’acceptabilité
d’éventuelles séquelles nécessitent de préciser autant que
possible la localisation et la nature de la lésion.
A - Fracture :
Les radiographies standard du rachis lombaire de face et de
profil avec éventuellement incidences de trois quarts dans
ce contexte traumatique suffisent habituellement à localiser
une fracture. La principale difficulté est de ne pas
confondre un tassement avec une vertèbre cunéiformisée
par une ancienne dystrophie de croissance lombaire.
Les
fractures des apophyses transverses et des massifs articulaires
ne sont pas toujours facilement vues, elles nécessitent
d’excellents clichés et une analyse systématique de tous
les contours osseux.
Les luxations et les fractures luxations
rejoignent le problème de la traumatologie et des urgences
orthopédiques mais il semble curieusement que ces lésions
succédant à des traumatismes violents entraînent moins de
douleurs chroniques que les lésions minimes.
Excepté
quelques situations qui doivent être analysées cas par cas,
il faut retenir qu’au-delà des délais de cicatrisation osseuse
et ligamentaire, toute activité physique doit être possible et
que les douleurs persistantes sont généralement sans gravité
à condition d’avoir initialement parfaitement fait l’inventaire
des lésions et établi la stratégie thérapeutique.
La discordance entre un traumatisme mineur et des tassements
vertébraux multiples ou importants doit faire rechercher
une fragilité pathologique osseuse telle une ostéoporose
de l’homme jeune.
B - Lésion disco-ligamentaire :
L’absence d’anomalie ostéoarticulaire sur les radiographies
standard ne signifie pas que le traumatisme n’a pas créé de
lésion lombaire.
Le recueil précis des circonstances du traumatisme,
la position du rachis au moment d’un effort violent,
la perception d’un craquement, l’apparition immédiate
ou retardée d’une irradiation douloureuse le long d’un
membre inférieur, d’un hématome ou d’une ecchymose
lombaire… sont autant d’éléments cliniques devant figurer
dans le dossier pour servir éventuellement à des fins
médico-légales mais aussi dans l’immédiat pour orienter
vers une lésion discale, ligamentaire ou musculo-aponévrotique,
décider de l’opportunité et du choix d’une imagerie
des parties molles selon la structure anatomique suspectée,
et la décision thérapeutique qui en découlera dans
l’immédiat. Une déchirure musculo-aponévrotique lombaire
sera par exemple probable si les muscles spinaux
étaient en course externe lors d’un effort intense de traction, que la douleur a été syncopale et surtout qu’un hématome
est apparu dans la région lombaire.
Toute lombalgie déclenchée par un traumatisme important
ou un effort violent est vraisemblablement due à une lésion
anatomique mais deux notions doivent être retenues : une
hernie discale résulte rarement du traumatisme seul et ne
justifie de toute façon pas de geste discal si elle n’entraîne
pas de lomboradiculalgies par une compression évidente ;
la plupart des lésions, qu’elles soient disco-ligamentaires
ou musculo-aponévrotiques, cicatrisent dans des délais
communs à toute autre localisation de l’appareil locomoteur.
Au-delà d’un délai de 6 à 8 semaines, l’immobilisation
lombaire par corset devient illogique et la chronicité
de la lombalgie est exceptionnellement attribuable aux
conséquences seules du traumatisme.
Lombalgies communes :
Elles expriment de façon aiguë ou chronique un trouble
fonctionnel ou anatomique régional.
La lombalgie aiguë
est actuellement définie comme une douleur lombaire présente
depuis moins de 3 mois.
Seulement 10 % des patients
continuent de souffrir au-delà de 2 mois et 7% au-delà de
6 mois. Le délai de 3 mois au-delà duquel on parle de lombalgies
chroniques est donc bien adapté pour des enquêtes
épidémiologiques et des études socio-économiques.
Cette
définition est par contre insuffisante pour l’évaluation de
mesures thérapeutiques comme le repos ou l’exercice physique.
La cause d’une lombalgie aiguë n’est facilement établie
que dans 10 à 20 % des cas et celle des lombalgies
chroniques dans 10 à 45 % des cas.
Il faut cependant tenter
d’affiner cette classification à partir des caractéristiques
de la douleur, des circonstances de survenue, du mode évolutif
et des anomalies structurales associées pour améliorer
la prise en charge thérapeutique et le pronostic.
A - Lombalgies aiguës
:
Une bonne analyse sémiologique et une utilisation rationnelle
des examens d’imagerie permettent de distinguer plusieurs
situations.
1- Lumbago :
Il se caractérise par une douleur intense, déclenchée par un
banal effort de soulèvement, un geste anodin de la vie quotidienne
tel que se pencher au-dessus d’un lavabo, exacerbée
par le moindre effort, impulsive à la toux, calmée par
l’immobilité totale.
La colonne lombaire est raide avec
appréhension à toute manoeuvre d’examen.
Il existe le plus
souvent une déviation latérale dite attitude antalgique.
Ce
blocage douloureux aigu cède spontanément en quelques
jours mais il peut laisser place à un fond douloureux chronique
ou se répéter au rythme de 1 à 3 par an pendant
quelques années.
Les radiographies sont inutiles sauf si ce tableau aigu persiste
au-delà de 10 à 12 jours pouvant révéler un tassement
vertébral sur os pathologique, le plus souvent un tassement ostéoporotique chez la femme ménopausée.
2- À-coups bloquants douloureux lombaires :
Il s’agit d’épisodes répétés de douleurs aiguës, durant de
quelques secondes à quelques heures, déclenchés par certaines activités telles que la descente d’un trottoir, le passage
de la position assise à la position debout.
La douleur
fulgurante cloue le patient sur place pendant quelques
secondes.
Ils doivent être distingués du lumbago discal car
ils se répètent généralement pendant plus longtemps.
Ils
surviennent toujours sur des disques très détériorés et
témoignent soit d’une instabilité rachidienne, soit du coincement
de petits fragments discaux.
3- Lombalgies post-traumatiques :
Le traumatisme est toujours violent contrairement aux circonstances
qui déclenchent le lumbago. L’évolution est plus
longue et suit sensiblement celle des délais de réparation tissulaire.
L’immobilisation par corset est justifiée ici.
4- Fractures sur insuffisance osseuse :
Ce diagnostic doit être évoqué systématiquement devant
une lombalgie aiguë déclenchée par un traumatisme mineur
chez une personne âgée, complètement soulagée par le
décubitus et exacerbée dès la mise en charge.
• Les tassements vertébraux ostéoporotiques siègent préférentiellement
à la jonction dorso-lombaire.
Ils s’accompagnent
toujours d’une perte de taille récente. Des radiographies
permettent de localiser le tassement, de vérifier
l’aspect bénin et serviront de comparaison lors de lombalgies
aiguës ultérieures.
L’évolution se fait vers une disparition
progressive des douleurs après 3 à 6 semaines de
repos.
Des douleurs résiduelles chroniques liées à la déformation
peuvent persister.
• Les fractures du sacrum se manifestent souvent par des
douleurs lombosacrées.
Elles ne sont pas nécessairement
déclenchées par une chute.
Il faut donc penser systématiquement
à palper et percuter le sacrum chez une femme
âgée parfaitement soulagée par le décubitus si a fortiori il
existe des fessalgies associées.
Il est difficile de voir le trait
de fracture sur les radiographies standard.
La scintigraphie
osseuse est l’examen le plus rentable.
Elle montre typiquement
une hyperfixation en H qui témoigne d’une fracture
selon les lignes de force de cet os.
Le trait de fracture
peut cependant suivre un trajet moins typique.
Le même
examen permettra de diagnostiquer une fracture parfois
associée des branches ilio- ou ischio-pubiennes.
B - Lombalgies chroniques :
Toutes les structures anatomiques, excepté la région centrale
du disque intervertébral et le cartilage hyalin des plateaux
vertébraux et des facettes articulaires postérieures
sont innervées et donc susceptibles d’être à l’origine d’une
lombalgie.
La complexité fonctionnelle de la colonne lombaire
impliquant simultanément disques, articulaires postérieures,
muscles et ligaments, compromet la valeur localisatrice
des différentes manoeuvres d’examen clinique.
De
plus, il existe de nombreuses anomalies radiologiques qui
ne sont pas corrélées à la douleur.
Le diagnostic lésionnel
d’une lombalgie chronique souhaité par le médecin et le
patient est donc difficile et de toute façon n’a d’intérêt que
s’il conduit à un traitement adapté avec un rapport bénéfices/
risques favorable.
Mieux vaut souvent traiter le symptôme
que de se lancer dans des traitements locaux à haut
risque d’iatrogénicité à partir d’une pathogénie hasardeuse.
1- Arthrose lombaire
:
La constatation d’une arthrose lombaire est banale au-delà
de 40 ans et sa fréquence approche 90 % au-delà de 60 ans.
Globalement, il n’y a pas de corrélation à un moment donné
entre la découverte de signes radiologiques d’arthrose et la
présence d’une lombalgie.
Le diagnostic radiologique d’arthrose
lombaire n’est donc pas une étape décisive dans la
démarche diagnostique d’une lombalgie chronique.
Cependant,
comme pour toute autre localisation dans l’appareil
locomoteur, l’arthrose est susceptible d’entraîner des douleurs
en particulier au cours des poussées congestives où
les traitements anti-inflammatoires et les injections locales
de corticoïdes semblent les plus efficaces.
Les éléments
d’orientation d’une poussée congestive sont plus difficiles
à définir pour le rachis lombaire que pour une articulation
des membres comme les genoux.
On peut cependant retenir
l’intensification de la lombalgie qui devient quotidienne,
moins bien calmée par le repos qu’habituellement, accompagnée
d’une raideur lombaire avec un dérouillage matinal
pouvant durer près d’une heure.
• La poussée congestive articulaire postérieure est évoquée
devant l’âge avancé du patient, généralement au-dessus
de 60 ans, l’absence de franche exacerbation en se penchant
en avant et en se portant en extension lombaire, la
bonne amélioration par le repos.
La valeur prédictive de
ces signes est cependant encore discutable.
Certaines études
ont défini l’origine articulaire postérieure d’une lombalgie
par un test d’anesthésie intra-articulaire en double aveugle
ou plus récemment par la recherche d’une hyperfixation
articulaire postérieure en tomoscintigraphie.
En pratique,
on se contente d’une probabilité à partir des critères cliniques
et de la présence d’une arthrose évidente sur les
radiographies standard pour mettre en route le traitement
médical, voire en cas d’incapacité importante des injections
locales de corticoïdes.
• La poussée congestive discovertébrale est une notion
récente définie à partir des connaissances sur l’arthrose des
articulations des membres et sur des données d’imagerie
par résonance magnétique de plus en plus nombreuses.
Les
lombalgies qui résultent de ces poussées semblent particulièrement
invalidante, la douleur est intense, durable pendant
plusieurs mois, mal calmée par le repos et parfois
même présente la nuit avec une raideur matinale rarement
inférieure à 1 h.
Comme pour les articulations périphériques, ces poussées semblent traduire une phase de destruction
cartilagineuse entraînant un pincement rapide de
l’interligne.
Les formes les plus actives conduisent à une
discopathie destructrice rapide avec un affaissement de l’interligne
intervertébral de plus de 50 % en moins de 2 ans.
Il est probable que c’est à partir de ces discopathies destructrices
rapides que l’on peut aboutir en quelques années
au tableau classique de discopathie pseudo-pottique.
Une
imagerie par résonance magnétique pratiquée au début de
cette poussée et pendant toute l’évolution de la destruction
discale semble montrer quasi constamment un signal oedémateux
des plateaux vertébraux adjacents.
En pratique, après avoir écarté le diagnostic de spondylodiscite
infectieuse, la suspicion d’une discopathie congestive
doit seulement faire rechercher une destruction rapide
par un cliché lombaire de profil tous les 6 mois avec une
mesure comparative de l’espace « plateau à plateau ».
• Les lombalgies invalidantes après chimionucléolyse ou
discectomie chirurgicale ont plusieurs mécanismes causals
possibles parmi lesquels la déstabilisation mécanique
entraînée par l’affaissement discal, son retentissement sur
les articulaires postérieures, les lésions musculaires et ligamentaires
ainsi que le tissu cicatriciel secondaire à l’acte
chirurgical, mais il est probable que dans une proportion
de cas qui reste à définir, il s’agit aussi d’une réaction
congestive déclenchée ou aggravée par le traitement local.
2- Néoarthrose interépineuse (syndrome de
Baastrup)
:
Le contact permanent et les microtraumatismes répétés entre
2 épineuses consécutifs à l’hyperlordose ou à des méga-épineuses
entraînent une néoarthrose avec condensation osseuse
et surtout une bursite interépineuse qui semble responsable
de la douleur et qui justifie une infiltration locale.
3- Lombalgies basses d’origine dorso-lombaire :
Il s’agit de douleurs perçues dans la région lombosacrée mais
provoquées par l’irritation des racines postérieures des nerfs
vertébraux à l’étage dorso-lombaire (D12-L1).
La palpation
cutanée en regard de la crête iliaque permet de retrouver une
peau infiltrée et douloureuse.
Cette étiologie est rare.
4- Lombalgies associées à une anomalie de la
statique et de la stabilité :
• Le spondylolisthésis est caractérisé par un glissement
antérieur plus ou moins important d’une vertèbre sur
l’autre.
Le défaut de solidarité peut être dû à une lyse isthmique
réalisant le spondylolisthésis sur lyse isthmique ou
par une arthrose articulaire postérieure évoluée réalisant
un pseudo-spondylolisthésis dégénératif.
Les spondylolisthésis sur lyse isthmique sont souvent
asymptomatiques.
Quand il existe des manifestations cliniques,
la principale d’entre elles est une lomboradiculalgie
généralement due à l’incarcération d’une racine contre
le nodule fibreux formé autour de la lyse.
La radiographie de profil permet de quantifier l’importance
du glissement, elle permet généralement aussi de voir la
lyse mais l’analyse de la lésion est meilleure sur les clichés
de trois quarts.
Le rôle de la lyse isthmique dans la lombalgie est difficile
à affirmer.
On admet que la douleur peut témoigner soit de
l’instabilité locale, soit d’un processus inflammatoire provoqué
par un traumatisme.
Dans le premier cas le principal
argument indirect est la sédation des douleurs par
immobilisation stricte dans un lombostat lombo-pelvifémoral,
dans le second cas une hyperfixation en tomoscintigraphie
semble avoir une bonne valeur prédictive.
Il ne faut donc retenir la responsabilité d’une lyse isthmique
et d’un spondylolisthésis qu’avec beaucoup de prudence en
particulier avant de décider une intervention chirurgicale.
Les spondylolisthésis arthrosiques sont probablement plus
souvent symptomatiques car à l’instabilité locale s’associe
la participation possible des réactions congestives arthrosiques.
• La lombalgie avec instabilité lombaire est définie par un
excès de mobilité de 1 ou 2 joints intervertébraux avec un
déplacement de plus de 4 mm d’un mur postérieur vertébral
par rapport à l’autre entre la flexion et l’extension et être la
cause de lombalgies chroniques avec blocages fugaces.
Il
est difficile cependant d’établir formellement une relation
de cause à effet car on peut observer une telle mobilité chez
près de 20 % de sujets laxes asymptomatiques.
Il faut donc
particulièrement bien évaluer la balance bénéfices/risques
avant d’indiquer une chirurgie dite de stabilisation .
• La lombalgie avec déformations rachidiennes, en premier
lieu, les scolioses lombaires sévères et évolutives peuvent
s’accompagner de lombalgies chroniques principalement
quand les détériorations arthrosiques ont conduit à
un glissement latéral des vertèbres charnières appelé dislocation
rotatoire.
Dans la majorité des cas cependant, les
lombalgies ne sont pas plus fréquentes que dans la population
générale.
L’hyperlordose ne constitue pas un facteur de risque de
lombalgies.
Il semble au contraire qu’une inversion de
courbure, généralement secondaire à des séquelles de dystrophie
de croissance lombaire, soit plus fréquemment associée
aux lombalgies.
5- Lombalgies « fonctionnelles » :
Ce diagnostic masque généralement la difficulté de reconnaître
le mécanisme de la lombalgie.
En revanche, une
dépression nerveuse associée est toujours un facteur de
chronicité, de majoration de l’incapacité fonctionnelle, et
de difficulté du vécu de la douleur.
Même si elle est réactionnelle
à la lombalgie, il faut inclure son traitement dans
la stratégie thérapeutique globale.
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