Maladie connue depuis un siècle, elle est caractérisée par un
remaniement osseux anarchique aboutissant à la formation d'un os
déformé et fragile.
A prédominance masculine, sa fréquence est estimée après 40 ans
entre 3 et 5%.
Son étiologie reste inconnue, elle est probablement d'origine
virale.
* Sur le plan histologique, l'os pagétique est caractérisé par
une augmentation considérable du remodelage osseux associant une
augmentation de la destruction et de la formation.
- Les ostéoclastes sont anormaux, contenant dans leur cytoplasme
des inclusions de type viral. Ils sont plus nombreux et
hyperactifs, résorbant plus rapidement et plus largement le
tissu osseux à leur contact.
- L'os détruit est remplacé par un os nouveau hâtivement élaboré
par des ostéoblastes nombreux mais normaux.
- L'os est en renouvellement permanent, et le tissu pagétique
récemment formé va se renouveler de façon désordonnée, à un
rythme excessif aboutissant à l'aspect connu.
* Une fois déclenchée en un site du squelette, la maladie de
Paget va progressivement s'étendre en surface de proche en
proche et accroître le volume osseux. Il s'agit d'une maladie
extensive au sein d'une pièce squelettique atteinte. Elle peut
être mono-ostotique ou polyostotique.
Diagnostic positif :
CIRCONSTANCES DU DIAGNOSTIC :
Découverte fortuite
Le plus souvent de découverte fortuite, la maladie est longtemps
asymptomatique, révélée par:
- un aspect radiologique évocateur sur des clichés pratiqués
pour une autre raison.
- une élévation du taux des phosphatases alcalines.
* Ailleurs, la maladie est révélée par la survenue d'une
complication, que nous reverrons.
Manifestations cliniques
Rarement, ce sont des manifestations cliniques, en dehors d'une
complication, qui conduisent à la découverte de la maladie:
* douleur: signe le plus précoce et le plus fréquent, mais
absent dans 50% des cas. cette douleur peut être:
- articulaire, par retentissement de la maladie sur une
articulation (hanche, genou).
- osseuse, le plus souvent au niveau des os longs (fémur, tibia)
mais aussi crâne, bassin.
- nerveuse, par compression radiculaire par une vertèbre
hypertrophiée.
* les signes en rapport avec l'augmentation du volume osseux
sont très rarement révélateurs, car tardifs, et sont donc le
fait de formes évoluées:
- augmentation de volume du crâne dans tous ses diamètres,
arcades sourcilières saillantes, hypertrophie des os malaires
avec aspect léonin.
- hypertrophie du tibia facilement palpable ou, plus rarement,
du fémur ou de la clavicule.
- au maximum, gênant la marche, déformations du fémur en crosse
à convexité externe, du tibia en lame de sabre par incurvation
antérieure, ou du rachis en cyphoscoliose.
- localement, téguments chauds et vaisseaux superficiels dilatés
traduisant l'hypervascularisation des lésions.
- mais ce syndrome dysmorphique caricatural est particulièrement
tardif et très rarement révélateur.
RADIOGRAPHIE :
Le diagnostic repose sur l'examen radiographique.
Caractéristiques élémentaires :
L'examen radiographique permet le diagnostic en montrant les
deux caractéristiques élémentaires de l'os pagétique.
Hypertrophie de l'os
- L'hypertrophie de l'os est responsable de l'épaississement des
corticales, dont les limites avec la médullaire sont floues.
- Elle est responsable de plus, après un certain temps
d'évolution, d'un élargissement transversal de l'os ainsi que de
l'allongement des os longs ou des incurvations peuvent se
produire par accentuation des courbures.
- Cette hypertrophie est à apprécier, dans les formes de début,
par comparaison aux pièces osseuses controlatérales ou
adjacentes.
Remaniement architectural
- Le remaniement architectural induit une modification de la
trame normale, remplacée par des travées épaisses, irrégulières,
moins nombreuses, disposées de façon anarchique, donnant à l'os
un aspect fibrillaire caractéristique.
- Une condensation osseuse apparaît, de contours flous, d'aspect
cotonneux, soit diffuse, soit pommelée, alternant avec des zones
claires d'hyperrésorption d'aspect parfois trompeur.
Aspect selon le siège des lésions :
Selon le siège des lésions, l'aspect peut varier: ne touchant
jamais l'ensemble du squelette, la prédilection de la maladie
osseuse de Paget pour certains os est un élément du diagnostic.
Bassin
C'est la localisation préférentielle, elle se traduit par:
* au sacrum, une augmentation de la transparence et un aspect
filamenteux de la trame osseuse.
* à l'aile iliaque:
- soit localisée, intéressant la ligne innominée, la crête
iliaque, le fond du cotyle, la région sus-cotyloïdienne ou une
branche ischio-pubienne ou ilio-pubienne ou le pilier de l'os
iliaque avec hypertrophie et aspect fibrillaire.
- soit étendue à toute l'aile iliaque, mais respectant souvent
le côté opposé, réalisant l'hémibassin pagétique.
Rachis
La maladie de Paget concerne plus fréquemment la région lombaire
que dorsale ou cervicale. Une ou plusieurs vertèbres peuvent
être atteintes, contigu‘s ou non:
- le corps vertébral est le plus souvent touché: augmenté de
volume, débordant latéralement et en avant les vertèbres
normales, condensé à sa périphérie avec un centre clair
réalisant la vertèbre en cadre, souvent aplatie du fait de la
fragilité de l'os pagétique.
- parfois l'ensemble du corps vertébral est condensé et opaque,
réalisant l'aspect de vertèbre ivoire.
- l'arc postérieur est moins souvent atteint, mais son
hypertrophie est responsable de complications neurologiques.
Crâne et face
* L'atteinte de la voûte peut réaliser au début:
- l'aspect d'ostéoporose circonscrite, vaste zone claire à
limites régulières et arrondies, fronto-pariétale ou occipitale.
- ou, plus souvent, un épaississement de la voûte, avec
disparition des limites entre table interne et externe, et avec
aspect cotonneux dû à de multiples opacités.
* L'atteinte de la base du crâne, exceptionnellement isolée:
- se traduit par une hypertrophie et une densification des os,
plus ou moins déformés.
- aboutissant à une platybasie, une rotation du rocher, ou
surtout une impression basilaire.
* L'atteinte des os de la face est plus rare, maxillaire
supérieur ou inférieur, malaire, aboutissant exceptionnellement
au leontiasis ossea.
Os longs
- L'hypertrophie et le caractère fibrillaire y sont très
caractéristiques, avec souvent incurvation de l'os.
- Le fémur, puis le tibia, l'humérus sont le plus souvent
atteints.
- Des fissures transversales de la corticale peuvent exister
dans la convexité.
- Parfois la limite entre zone saine et pagétique est bien
visible, arrondie ou en fer de lance.
CRITERES BIOLOGIQUES DU DIAGNOSTIC :
Des données biologiques reflètent l'hyperremodelage osseux. Ce
sont:
- l'augmentation du taux des phosphatases alcalines sériques,
témoin de l'activité ostéoblastique de reconstruction osseuse.
- l'augmentation de l'hydroxyprolinurie, témoin de
l'augmentation de la résorption osseuse. mais leurs taux peuvent
être subnormaux ou normaux dans les formes très localisées et
peu évolutives.
- en dehors des complications, les autres éléments du bilan
phosphocalcique sont normaux, ainsi que la vitesse de
sédimentation (VS).
- l'acide urique sanguin est augmenté dans 40% des cas, témoin
de l'hyperactivité cellulaire.
ETUDE HISTOLOGIQUE OSSEUSE :
Rarement nécessaire, on ne recourt à la biopsie osseuse qu'en
cas de doute diagnostique.
Elle est caractérisée par l'existence:
* de travées osseuses épaisses, désorganisées, anarchiques avec
juxtaposition:
- de foyers d'hyperostéoblastose, avec surface de bordures
ostéoïdes élevée.
- et de foyers d'hyperostéoclastose, avec augmentation des
surfaces de résorption.
- ce qui réalise un aspect de mosaïque caractéristique.
* des corticales épaissies, difficiles à distinguer de l'os
trabéculaire.
* d'une fibrose médullaire.
* d'une hypervascularisation.
Mais, dans la majorité des cas, le diagnostic de maladie de
Paget pose peu de difficultés, rendant la biopsie osseuse
inutile.
Diagnostic évolutif :
L'évolution est très lente, se faisant en plusieurs années par
poussées ostéolytiques ou de reconstruction, entrecoupées de
périodes stables. Même dans les formes disséminées, l'extension
au squelette n'est jamais complète.
Il est indispensable de connaître l'intensité de son activité et
ses risques afin de décider du traitement.
APPRÉCIER L'ACTIVITÉ DE LA MALADIE :
Cette appréciation repose sur plusieurs éléments.
Éléments cliniques
- La douleur osseuse liée au processus pagétique est rarement
inaugurale, mais elle peut correspondre ultérieurement à une
poussée évolutive.
- Il est nécessaire d'éliminer une autre cause de douleur:
fissure, transformation sarcomateuse, complication articulaire
ou compression nerveuse.
Radiographies
L'appréciation de l'activité de la maladie repose aussi sur les
radiographies standards d'un os long atteint, répétées
régulièrement afin de mesurer la progression de l'avancée
pagétique, ainsi que sur celles des régions articulaires
menacées pour apprécier le risque fonctionnel.
Dosages biologiques
Ce sont surtout les dosages répétés des phosphatases alcalines
et de l'hydroxyprolinurie des 24 heures qui permettent de
mesurer l'activité de la maladie:
- leurs taux sont fonction de l'intensité du remodelage osseux
au sein du tissu pagétique, mais aussi du volume de l'os atteint
par le processus pagétique.
- aussi faut-il rapporter ces dosages pondéraux au volume du
tissu osseux pagétique.
Scintigraphie osseuse
C'est l'intérêt de la scintigraphie osseuse au pyrophosphate de
technétium99m. Elle permet de:
- dresser une cartographie précisant l'étendue des lésions.
- déterminer l'activité de chaque foyer pagétique par le
comptage numérique.
COMPLICATIONS :
Nombreuses, les complications peuvent venir émailler l'évolution
ou être révélatrices.
Complications ostéo-articulaires :
Fissures et fractures
Les complications ostéo-articulaires les plus fréquentes sont
les fissures et les fractures, conséquences de la déformation et
de la fragilité de l'os pagétique.
* Les fissures, en règle dans la convexité des incurvations,
peuvent être indolores.
- traduites par un trait radiotransparent interrompant
transversalement la corticale, bordé d'une fine zone
d'ostéocondensation.
- uniques ou, plus souvent, plusieurs fissures superposées sur
un même os. elles font redouter une fracture complète.
* Les fractures, après un traumatisme variable, ou spontanées,
intéressent surtout le fémur (diaphyse ou
sous-trochantériennes), mais aussi le tibia, l'humérus, le
bassin. elles consolident en des délais normaux (10 à 20% de
pseudarthrose cependant).
Complications articulaires
* Il s'agit avant tout de la coxopathie pagétique:
- conséquence d'une atteinte pagétique juxta-articulaire,
surtout atteinte du cotyle avec protrusion acétabulaire ou
atteinte du col fémoral avec coxa vara.
- avec simple limitation de la mobilité ou douleurs mécaniques
banales en règle générale peu invalidantes.
- à la radiologie, pincement global de l'interligne isolé, ou
avec ostéophytose modérée. les géodes sont rares.
* Au genou, la déformation du tibia et du fémur peut entraîner
un genu varum responsable d'une détérioration arthrosique du
compartiment fémoro-tibial interne.
Blocs vertébraux
L'aspect radiologique des blocs vertébraux est celui des blocs
acquis.
Complications neurologiques :
Complications neurologiques d'une atteinte pagétique du crâne
Des complications neurologiques peuvent compliquer une
atteinte pagétique du crâne:
* des céphalées rebelles.
* une atteinte des nerfs crâniens:
- surtout une surdité par compression et étirement de la VIIIe
paire, fréquente, d'aggravation progressive, non réversible.
- exceptionnellement anosmie, atteinte du nerf optique ou du
trijumeau ou paralysie faciale.
* une déformation de la base du crâne avec platybasie, voire
impression basilaire avec ses risques d'hydrocéphalie et de
décompensation neurologique rapide.
* des complications liées à un hémodétournement carotidien
externe vers l'os pagétique.
Complications neurologiques de l'atteinte rachidienne
Les complications neurologiques de l'atteinte rachidienne sont
peu fréquentes:
- compression médullaire à l'étage dorsal avec paraparésie
spasmodique à craindre surtout en cas d'atteinte franche de
l'arc postérieur ou de tassement.
- encore plus rare à l'étage lombo-sacré, compression
radiculaire ou de la queue de cheval.
L'IRM ou la myélographie et le scanner sont indispensables.
Complications cardio-vasculaires :
On rencontre exceptionnellement une insuffisance cardiaque à
débit élevé qui est le fait des formes étendues et évolutives.
Noter la fréquence des calcifications artérielles
(médiacalcose).
Risque d'hypercalcémie d'immobilisation :
Cette complication exceptionnelle est à craindre lors de
l'immobilisation prolongée d'un sujet présentant une maladie de
Paget étendue, mais une hyperparathyroïdie associée à la maladie
de Paget doit être recherchée.
Dégénérescence sarcomateuse :
Heureusement rare (1%), la dégénérescence sarcomateuse est la
complication la plus redoutable, habituellement fatale.
* Elle apparaît surtout sur les os longs, et particulièrement
l'humérus, le fémur, mais aussi le bassin, plus rarement le
crâne, elle est exceptionnelle au rachis, mais à craindre quelle
que soit la localisation.
* Elle est à redouter devant:
- des douleurs croissantes, d'horaire inflammatoire, devenant
intenses et rebelles.
- une fracture spontanée parfois révélatrice.
- une tuméfaction osseuse.
- une altération de l'état général.
* Noter la grande valeur, dans ce contexte, de l'augmentation
inconstante de la vitesse de sédimentation et de l'éventuelle
augmentation des phosphatases alcalines non spécifiques.
* Les radiographies sont souvent évocatrices devant:
- la lyse osseuse, soit évidente, soit discrète, à rechercher
avec soin sur un os très remanié par le processus pagétique ou
sur un foyer de fracture.
- la rupture même peu étendue de la corticale, de valeur
considérable, associée ou non à un envahissement des parties
molles avec images en feu d'herbe.
- mais les images peuvent être difficiles à interpréter du fait
du remaniement pagétique.
* La scintigraphie osseuse au technétium99m peut aider au
diagnostic en révélant un trou de fixation entouré de
l'hyperfixation du foyer pagétique non dégénéré tandis que la
scintigraphie au gallium révèle une hyperfixation de la tumeur.
L'examen au scanner, complété par l'IRM, permettra d'apprécier
l'extension de la tumeur aux parties molles.
* Seule la biopsie osseuse peut affirmer le diagnostic et
précise le type histologique, sarcome ostéogénique,
fibrosarcome, chondrosarcome, sarcome à cellules géantes ou
réticulosarcome (par ordre de fréquence décroissante).
Quel qu'il soit, le pronostic est très sombre.
Hémorragies peropératoires graves sur os pagétique
hypervascularisé :
Il semble qu'un traitement par la calcitonine ou les
bisphosphonates pendant plusieurs semaines avant l'intervention
diminue l'hypervascularisation de l'os pagétique.
Diagnostic différentiel :
Il s'agit essentiellement de la discussion d'une image
radiographique pouvant prêter à confusion.
Ainsi, on peut discuter:
* devant une lésion condensante, notamment au bassin:
- une ostéose fluorée.
- mais surtout la métastase condensante d'un cancer viscéral, en
particulier prostatique, mais ici manquent la structure
fibrillaire, l'hypertrophie avec l'épaississement cortical.
l'association est cependant possible: intérêt du scanner.
* devant une vertèbre ivoire:
- une métastase d'un cancer viscéral.
- la localisation osseuse d'un lymphome malin (Hodgkin).
- valeur de l'hypertrophie de la vertèbre.
- ici, également, scanner et biopsie dirigée pour le diagnostic.
* devant des aspects kystiques ou d'ostéoporose localisée:
- une hyperparathyroïdie.
- une dysplasie fibreuse des os.
- un angiome osseux.
Traitement :
Les buts du traitement sont:
- de ralentir le remodelage osseux pour tendre à la restauration
d'un os normal.
- de soulager la symptomatologie.
- de prévenir le risque de complications.
PRINCIPES :
Calcitonine :
* La calcitonine est prescrite par cures, aux doses de 1mg de
calcitonine humaine (Cibacalcine*) ou de saumon (Calsyn*,
Miacalcic*), ou de 160UI de calcitonine de porc (Calcitar*)
chaque jour pendant 1 à 2 mois, puis trois fois par semaine
pendant 2 à 4 mois. L'injection se fait plutôt le soir et en
sous-cutané pour être mieux tolérée.
* Selon les résultats, plusieurs cures peuvent être réalisées,
espacées de 2 à 6 mois.
* Inconvénients: coût élevé, servitude des injections, mauvaise
tolérance (flush, nausée, diarrhée, douleurs abdominales),
survenue assez fréquente d'échappement.
Bisphosphonates :
Etidronate disodique
L'étidronate disodique (Didronel*) s'utilise à la dose de
5mg/kg/j, en une seule prise à distance des repas et de
l'ingestion de calcium ou d'antiacide, par cure de 6 mois,
éventuellement répétée mais après une fenêtre thérapeutique d'au
moins 6 mois.
- Il est contre-indiqué en cas d'ostéomalacie et d'insuffisance
rénale.
- Il est peu coûteux et d'effet durable, mais il y a des sujets
non ou mauvais répondeurs. le risque d'ostéomalacie apparaît
pour des posologies supérieures à 10mg/kg/j.
- Après 4 ou 5 cures, une perte d'efficacité est souvent
observée. L'adjonction de calcitonine deux fois par semaine peut
permettre une nouvelle efficacité.
Tiludronate
Le tiludronate (Skelid* 200mg) est un bisphosphonate de nouvelle
génération qui ralentit et réduit le remodelage osseux extensif
des lésions pagétiques par inhibition fonctionnelle sélective.
- La posologie est de 400mg/j en une seule prise à distance des
repas et de l'ingestion de calcium ou d'antiacide, pendant une
durée de 3 mois.
- La plupart des patients répondent au traitement dans les 3
premiers mois, qu'ils aient ou non été précédemment traités par
un autre bisphosphonate.
- L'amélioration observée peut se poursuivre 18 mois en moyenne
après l'arrêt du traitement.
- La cure peut être répétée si les marqueurs biochimiques ou si
les douleurs traduisent une reprise de la maladie en respectant
un intervalle libre d'au moins 6 mois.
- Il faut s'assurer d'apports suffisants en calcium et en
vitamine D.
Les bisphosphonates dits de 2e génération (clodronate,
pamidronate) sont plus efficaces que l'étidronate, provoquant
une normalisation des paramètres du remodelage pagétique dans
80% des cas, et d'action plus rapide. Ils sont bien tolérés mais
ces médicaments n'ont pas l'AMM de l'Agence du médicament.
Efficacité des médicaments
L'efficacité de ces médicaments est jugée sur la diminution du
taux des marqueurs du remodelage, qui doit être de plus de 50%
par rapport aux taux préthérapeutiques.
INDICATIONS :
Les indications sont fonction de l'étendue, de l'évolutivité, du
retentissement de la maladie, du risque de complications et de
l'âge du patient.
Formes asymptomatiques
Les formes asymptomatiques, de découverte fortuite, peu actives,
avec un taux de phosphatases alcalines inférieur à trois fois la
normale et une hydroxyprolinurie des 24 heures inférieure à
100mg, justifient une simple surveillance régulière si elles ne
sont pas à risque de complications.
Formes à traiter médicalement
Un traitement médical sera instauré pour:
- les formes actives et les formes étendues.
- les localisations menaçantes: atteintes juxta-articulaires, du
crâne, du rachis et du bassin.
- avant une intervention chirurgicale sur os pagétique.
- les rares hypercalcémies d'immobilisation et, en plus de leur
traitement spécifique, certaines complications telles les
fractures multiples.
- les formes avec retentissement cardiaque.
Efficacité des différentesmolécules et chirurgie
* L'étidronate est actuellement largement utilisé en raison de
sa bonne tolérance. La cure est de 6 mois. Un échappement
thérapeutique survient en général après plusieurs cures. Il sera
évité en cas de fissures ou fractures, de zone lytique
importante. La calcitonine est alors indiquée, de même qu'en cas
de contre-indication à l'étidronate ou d'échappement
thérapeutique à ce produit.
* Le tiludronate présente une efficacité marquée qui n'est pas
affectée par les traitements antérieurs par d'autres
bisphosphonates. Son efficacité est rémanente et se poursuit
plusieurs mois après l'arrêt du traitement. Surtout, cette
efficacité est constante au fil des cures, il n'y a pas
d'échappement thérapeutique, et elle permet de raccourcir les
cures à 3 mois.
* La chirurgie a également sa place: ostéotomies correctrices,
arthroplasties, laminectomies...
* Actuellement, si l'on peut freiner l'activité de la maladie de
Paget et ralentir son extension, on ne peut prétendre la guérir.
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