ANATOMIE FONCTIONNELLE :
L'épaule est un complexe articulaire.
La luxation dite "d'épaule" concerne la scapulo-humérale. En
fait cette scapulo-humérale comprend elle-même deux
articulations:
- la gléno-humérale.
- la sous-acromio-coracoïdienne.
Articulation gléno-humérale :
L'articulation gléno-humérale est directement impliquée dans la
luxation.
* Elle comprend:
- d'une part, la tête humérale, dont la partie articulaire
représente un tiers de sphère.
- d'autre part, la cavité glénoïde de l'omoplate, étroite et peu
profonde.
L'emboîtement des pièces osseuses est à peu près celui d'un
ballon de football et d'une assiette.
Un certain nombre d'éléments vont contribuer à stabiliser cet
agencement.
Eléments passifs
Les éléments passifs sont:
- un anneau fibro-cartilagineux, le bourrelet glénoïdien qui,
appliqué au pourtour de la cavité glénoïde, va augmenter la
profondeur de cette cavité.
- une capsule articulaire, avec des renforcements ligamentaires,
qui va amarrer le pourtour de la tête humérale au pourtour de la
glène. L'ensemble réalise une cavité close: la gléno-humérale.
Eléments actifs
Les éléments actifs constituent une chape musculo-tendineuse
venant de l'omoplate et coiffant la tête humérale: c'est la
coiffe des rotateurs.
Dans son acception anatomique large, cette coiffe est constituée
d'avant en arrière par:
- le sous-scapulaire en avant.
- le sus-épineux en haut.
- le sous-épineux.
- et le petit rond en arrière.
* Cette coiffe des rotateurs a une double fonction:
- le maintien de la congruence gléno-humérale.
- la mobilisation de la tête humérale.
* C'est la clé de la physiologie de cette articulation car elle
permet à l'épaule d'associer deux performances contradictoires
pour une articulation:
- grande mobilité.
- stabilité.
* Le biceps, avec sa longue portion intra-articulaire qui se
réfléchit sur la tête humérale, contribue plus accessoirement à
la stabilité de celle-ci.
* Les autres muscles de l'épaule sont essentiellement moteurs
(non stabilisateurs).
Articulation sous-acromio-coracoïdienne :
L'articulation sous-acromio-coracoïdienne comprend:
* en haut, une voûte ostéofibreuse constituée d'avant en arrière
par:
- la coracoïde.
- le ligament acromio-coracoïdien.
- l'acromion.
* en bas, la tête humérale recouverte des insertions des muscles
de la coiffe.
* entre les deux, une volumineuse bourse "séreuse": la bourse
sous-acromio-deltoïdienne.
Il existe donc un espace de glissement lubrifié entre le pôle
supérieur de l'humérus et le plafond scapulaire. La
sous-acromio-coracoïdienne ne communique pas avec la
gléno-humérale.
Au total :
La scapulo-humérale présente des possibilités dynamiques
inégalées par les autres articulations. Tous les secteurs de
mobilité sont présents et amples.
De plus, la mobilité de l'omoplate par rapport au thorax va
accroître ces possibilités.
* L'abduction met en jeu le deltoïde et le sus-épineux.
- Durant les premiers degrés de l'abduction, le puissant
deltoïde a tendance à luxer la tête humérale vers le haut et
c'est le sus-épineux qui retient la tête et l'engage
harmonieusement en dessous de la voûte acromio-coracoïdienne.
- Au-delà de l'horizontale, l'abduction de l'épaule ne concerne
plus la scapulo-humérale et elle se fait grâce à la bascule de
l'omoplate sur le thorax.
* Les mobilités de l'épaule sont définies par rapport à la
position de référence anatomique.
- Ainsi la rotation neutre anatomique est obtenue lorsque, bras
le long du corps, coude fléchi à 90°, l'avant-bras est dans un
plan sagittal.
- Cette rotation 0 de référence est, en fait, différente de la
position dite "de repos" ou "de fonction de l'épaule" qui est en
rotation interne. Plus prosaïquement, la position de repos est
celle qu'adopte l'épaule lors de la miction chez l'homme.
PHYSIOPATHOLOGIE :
La luxation de l'épaule est une lésion de l'adulte jeune. Dans
des traumatismes identiques les enfants et les personnes âgées
présentent plutôt des fractures de l'extrémité supérieure de
l'humérus.
Luxation antérieure
La luxation de très loin la plus fréquente est la luxation
antérieure.
Elle survient, le plus souvent, à cause d'une chute sur la main
ou sur le coude, l'épaule étant en abduction-rotation externe.
Lors du choc, la tête humérale transformée en boutoir n'a
d'autre issue que la partie antéro-inférieure de l'articulation.
Ce déplacement de la tête peut provoquer plusieurs lésions:
* un décollement capsulo-périosté à la partie antérieure de la
glène:
- Broca et Hartmann ont décrit, en 1890, ce décollement situé à
la partie antérieure et inférieure du col de l'omoplate et
l'incriminent dans la genèse des récidives.
- Bankart décrit, en 1938, deux types de luxation antérieure
selon la position du bras. Dans le premier type, la tête
traverse la partie faible antéro-inférieure de la capsule et
dans ce cas la capsule, après réduction, a des chances de bien
cicatriser. Dans le second type, la tête déchire le bourrelet,
la capsule et le périoste de la partie antérieure du col de
l'omoplate. après ce type de lésion la cicatrisation ne se fait
pas et le chemin de la récidive est ouvert.
* une érosion ou une fracture parcellaire du bord
antéro-inférieur de la glène: en effet, le stade lésionnel
au-dessus de la désinsertion du bourrelet est celui de la
fracture-séparation ou fracture-tassement du rebord
antéro-inférieur de la glène:
- cette lésion peut passer inaperçue sur un cliché de face. Le
cliché de profil glénoïdien (Bernageau) a permis de révéler la
fréquence et l'importance du déficit glénoïdien. Le scanner peut
visualiser (de manière plus coûteuse) cette lésion.
- la fracture de la glène peut être majeure, c'est-à-dire
intéresser un quart ou plus de la surface glénoïdienne. Dans ce
cas, elle est évidente et le problème n'est pas à la stabilité
ultérieure.
- la reposition du fragment ostéo-cartilagineux doit être
immédiate.
* la fracture du bord postérieur de la tête: l'impaction de la
tête humérale luxée, au niveau du rebord glénoïdien, provoque
une fracture-tassement de la partie postéro-supérieure de la
tête:
- cette lésion, décrite autrefois par Malgaigne, est connue des
Anglo-Saxons sous le nom de "Hill-Sachs lesion".
- la fréquence de cette encoche est diversement appréciée par
les auteurs (de 10 à 50%).
- le problème n'est pas la présence ou non d'une encoche de
Malgaigne mais sa taille. En effet, un gros "defect" postérieur
favorisera la luxation récidivante.
- lorsque ce "defect" est important il est visible par
transparence sur les clichés de face. Les encoches majeures
peuvent déformer la tête humérale en hallebarde.
- pour mettre en évidence les petits defects, il faut réaliser
des clichés de face d'épaule avec l'humérus à des degrés divers
de rotation interne.
Epaules "stables" et "instables"
L'importance du traumatisme initial permet schématiquement de
distinguer deux catégories d'épaules:
* les épaules "stables": le traumatisme initial a été violent.
On peut craindre des complications. mais si toutes les
conséquences du traumatisme étaient réparées on ne devrait pas
observer de récidives.
* les épaules "instables": le traumatisme initial était
insignifiant:
- la luxation serait expliquée par une hyperlaxité ligamentaire
ou un défaut de taille ou d'orientation de la glène, voire un
dysfonctionnement musculaire (?). L'instabilité est bilatérale.
- la récidive est ici hautement probable.
ELEMENTS DU DIAGNOSTIC :
Éléments cliniques :
Luxation antérieure
Les signes de la luxation antérieure sont classiques et, en
dehors des sujets exceptionnellement musclés ou adipeux, c'est
un diagnostic d'inspection.
- Au moindre doute, le fidèle signe de Berger (abduction
irréductible) lèvera les incertitudes.
- De nombreux ouvrages généraux parlent de rotation externe du
bras. C'est inexact sur le plan anatomique strict. La rotation
n'est externe que par rapport à la position de repos de
l'épaule.
Luxation postérieure
La clinique de la luxation postérieure est beaucoup plus
trompeuse.
- En effet le blessé est en position d'immobilisation du membre
supérieur.
- Son attitude n'est pas suspecte. Le galbe de l'épaule semble
normal (il n'est pas toujours aisé de percevoir la voussure de
la tête en arrière).
- Il faut donc toujours tester la rotation externe qui est ici
impossible avant de conclure à une contusion simple d'épaule.
- Par ailleurs il faut penser à rechercher cette rotation
externe en phase post-critique chez un épileptique.
L'enroulement du membre et les modifications du tonus des états
de mal sont grands pourvoyeurs de luxation postérieure.
Luxations inférieures
L'aspect des luxations inférieures est trop spectaculaire pour
passer inaperçu (statue de la Liberté).
Il existe en réalité plusieurs degrés d'abduction selon que la
tête est simplement sous-glénoïdienne ou plus bas le long du
bord axillaire de l'omoplate (variété dite "erecta").
Eléments radiographiques :
L'examen radiographique confirme le diagnostic et contribue
largement au bilan des complications.
Rappel anatomique
Un point d'anatomie doit être parfaitement compris. la
scapulo-humérale n'est ni dans un plan frontal ni dans un plan
sagittal, mais dans un plan qui est situé à environ 45° des
précédents.
Aussi un cliché de face stricte de la scapulo-humérale
(c'est-à-dire qui dégage l'interligne articulaire) doit se faire
en inclinant le rayon d'environ 45° par rapport au plan frontal
dans lequel est le patient.
Cliché de face
Avec un peu d'expérience un bon cliché de face permet d'évoquer
tous les diagnostics.
* Dans la luxation antérieure, la tête est déplacée en bas et en
dedans.
* Dans la luxation postérieure, il n'y a pas de déplacement en
hauteur (et c'est ce qui égare!), mais un empiétement
radiographique entre la tête humérale et la glène.
- Malheureusement cet empiétement est très souvent observé en
pratique, en l'absence de toute luxation.
- Il suffit de ne pas être en face stricte et, par le fait des
superpositions radiologiques, un faux aspect de chevauchement
est réalisé.
* Dans la luxation inférieure, la tête est plus ou moins sous la
glène et l'humérus en abduction franche. Il ne faut pas
interpréter comme luxation traumatique inférieure les aspects de
déplacement inférieur de la tête humérale sans abduction du
bras, qui se voient dans les atonies musculaires
post-traumatiques ou dans les paralysies du deltoïde.
Cliché de profil
La pratique et la sécurité imposent un second cliché. Seul un
cliché de profil prouve formellement le sens de la luxation.
Il existe de nombreuses variétés de profil de la
scapulo-humérale permettant de faire face à toutes les
éventualités.
* Le profil axillaire:
- sa réalisation classique (c'est-à-dire: source de rayon au
plafond et film sous l'aisselle avec le bras en abduction) est
trop douloureuse dans les traumatismes de l'épaule.
- il faut obtenir ce cliché en décubitus, rayon entrant par le
creux axillaire, bras en discrète abduction, et film placé sur
le moignon de l'épaule. Dans ces conditions le profil axillaire
est pratiquement toujours réalisable.
* Le profil transthoracique est le plus souvent réalisé, mais
c'est le moins parlant. En effet les multiples superpositions
squelettiques en font le profil le plus difficile à interpréter.
* Il faut lui préférer le profil de l'omoplate: sur cette
incidence le sens de la luxation est nettement visible.
- La seule superposition est celle de la tête sur la glène vue
de face.
- Cette incidence ne nécessite aucune mobilisation du membre.
* Le profil de Bloom et Obata permet également de trancher sur
la position antéro-postérieure de la tête humérale en utilisant
un rayon vertical sur un blessé debout se penchant un peu en
arrière.
- Cette incidence ne nécessite pas non plus de mobilisation du
membre.
- Les auteurs l'avaient eux-mêmes baptisée "Velpeau view", par
référence au bandage d'immobilisation.
COMPLICATIONS :
Les complications sont quasiment toutes déterminées au moment du
traumatisme. Cependant leur retentissement à des délais
différents les fait artificiellement classer en complications
immédiates, secondaires et tardives.
Complications vasculaires :
Les complications vasculaires sont rares.
Elles se voient parfois dans les fractures associées aux
luxations. Elles sont l'apanage des traumatismes majeurs de
l'épaule (impaction, élongation) dans un contexte de
polytraumatisme.
Comme dans toute atteinte vasculaire traumatique il ne faut pas
attendre l'ischémie pour agir: abolition du pouls =
artériographie = réparation.
Dans le cas d'une luxation d'épaule, la rapidité de la réduction
autorise d'attendre celle-ci pour juger du pouls et discuter de
l'artériographie. Dans tous les cas la surveillance du pouls
doit être répétée en raison du risque de thrombose secondaire en
cas de contusion initiale.
Complications nerveuses :
La recherche des complications nerveuses est systématique.
Il faut toujours prévenir le blessé d'un éventuel déficit
neurologique initial afin qu'il ne soit pas imputé abusivement
aux manoeuvres de réduction de la luxation.
* La lésion du nerf circonflexe se traduit:
- par une anesthésie du moignon de l'épaule.
- par une paralysie du deltoïde. Cette dernière est recherchée
en demandant au blessé de "durcir" son épaule.
* La lésion plexique, qui accompagne volontiers les traumatismes
graves, nécessite un bilan neurologique initial complet.
Dans l'ensemble les complications nerveuses évoluent de manière
favorable sans intervention chirurgicale.
Complications osseuses :
Les complications osseuses sont très fréquentes.
* Les encoches de la tête et les fractures de la glène vont
retentir sur la stabilité ultérieure ou immédiate de l'épaule.
* Les fractures du trochiter correspondent à un arrachement de
la coiffe qui emporte son insertion osseuse plutôt que de se
déchirer.
- Le plus souvent le fragment retrouve sa place lorsque l'on
réduit la luxation.
- Cette éventualité impose cependant une immobilisation
suffisante de l'épaule.
* La fracture-luxation est rare, mais aggrave considérablement
le pronostic fonctionnel de l'épaule.
Lésions musculo-tendineuses :
On peut s'interroger sur le sort de la coiffe des rotateurs dans
les luxations d'épaule:
- lorsqu'il existe une fracture du trochiter on a un témoin
visible de la manière dont s'est réglé le conflit.
- dans tous les autres cas on peut imaginer que plus le
déplacement est grand, plus les lésions de la coiffe sont
étendues. Celles-ci sont classiquement très importantes dans les
variétés "erecta".
Cependant, le traitement habituel de la luxation
(réduction-immobilisation-rééducation) donne d'excellents
résultats dans la majorité des cas. C'est donc avec raison que
le problème de la coiffe n'est envisagé qu'ultérieurement,
lorsqu'une rééducation est longue, pénible ou inefficace.
* Ces lésions initiales de coiffe sont bien une réalité:
- les quelques séries d'arthrographies systématiques réalisées
en urgence dans les luxations d'épaule qui ont été publiées
prouvent leur grande fréquence, tout en convenant que
l'incidence ultérieure est minime.
- après réduction de la luxation, une déchirure étendue de la
coiffe, si elle était recherchée, se traduirait par un déficit
d'abduction et de rotation externe active.
- il ne faut pas prendre ces signes pour une atteinte du
circonflexe. en effet : il n'y a pas d'anesthésie du moignon
d'épaule, le deltoïde se contracte.
* En fait le problème des lésions de la coiffe ne se pose que
secondairement.
- La coiffe peut être inflammatoire (tendinite) ou rompue.
- Cette rupture est dite "incomplète" lorsqu'elle n'intéresse
pas toute l'épaisseur du muscle ou du tendon d'insertion.
- Elle est dite "complète" lorsqu'il y a perforation. Dans ce
dernier cas, selon la taille du trou, on parle de perforation
petite, moyenne ou étendue.
En pratique
Le blessé en rééducation peut accuser des douleurs et/ou une
impotence fonctionnelle.
* Les douleurs sont:
- mécaniques avec parfois une note inflammatoire (recrudescence
nocturne).
- d'intensité variable.
- très évocatrices de lésion de coiffe quand il existe un arc
douloureux, c'est-à-dire lorsqu'il existe un secteur d'abduction
qui déclenche la douleur, celle-ci disparaissant au-delà ou en
deçà. Cet arc correspond au frottement de la zone douloureuse
contre la voûte acromio-coracoïdienne.
* L'impotence fonctionnelle peut être:
- liée à la douleur.
- liée à la rupture musculaire, plus rarement: la rupture du
sus-épineux perturbe l'abduction. En effet le deltoïde va avoir
un effet élévateur non contrecarré par le sus-épineux. la
rupture du sous-épineux entra”ne un net déficit de rotation
externe.
* Deux signes négatifs sont importants:
- l'absence de déficit neurologique.
- l'absence de raideur. La mobilité passive étant tout au moins
largement supérieure à la mobilité active.
Tableau clinique des lésions de la coiffe
* Le tableau clinique des lésions de la coiffe a été longtemps
obscurci par le terme de périarthrite scapulo-humérale (PASH)
qui mélangeait plusieurs symptômes ayant chacun de multiples
origines:
- la douleur.
- l'impotence fonctionnelle.
- la raideur.
* La raideur peut être liée à une immobilisation prolongée ou à
une algodystrophie. Ainsi la rupture de coiffe n'est pas
directement source de raideur mais c'est l'immobilisation
prolongée des épaules traumatisées qui induisait des tableaux
cliniques associant insuffisance musculaire et adhérence
cicatricielle.
Examens complémentaires
* L'arthrographie de l'épaule met en évidence les perforations,
en montrant le passage du liquide de contraste de la cavité
gléno-humérale vers la bourse sous-acromio-deltoïdienne.
* L'IRM permet un bilan détaillé de l'état de la coiffe mais son
usage est encore peu répandu.
Luxation récidivante :
C'est la complication principale. Il faut savoir qu'elle entre
dans le cadre plus large de l'instabilité antérieure chronique
de l'épaule:
* ce cadre pathologique comprend, à côté de la luxation
récidivante, deux autres tableaux appelés la subluxation
récidivante et l'épaule douloureuse et instable:
- dans ces deux cas, la symptomatologie est en rapport avec une
lésion de la sangle capsulo-ligamentaire antérieure par
"hyperutilisation".
sont surtout concernés les sportifs de compétition dont le sport
nécessite
l’"armer" du bras (abduction-rotation externe).
* dans tous ces tableaux cliniques on retrouve la positivité du
test d'appréhension: la mise du bras en rotation
externe-abduction forcée provoque l'appréhension du patient et
lui évoque ses symptômes.
En ce qui concerne la luxation récidivante, il faut distinguer
deux contextes, l'instabilité antérieure post-traumatique et
l'instabilité constitutionnelle.
Instabilité post-traumatique
L'instabilité post-traumatique est liée à la non-cicatrisation
capsulo-ligamentaire antérieure ou aux lésions osseuses de la
glène.
* Elle ne concerne que l'épaule initialement luxée et la
récidive se fait dans la même direction que la lésion initiale:
- l'examen clinique retrouve, en plus du test d'appréhension, un
tiroir antérieur unilatéral.
- l'imagerie retrouve souvent une érosion du pôle inférieur de
la glène et une encoche de Malgaigne. Les examens avec produits
de contraste et l'arthroscopie mettent en évidence le
décollement capsulo-ligamentaire.
* Le traitement chirurgical est efficace dans la prévention des
récidives. il ne doit être proposé que lorsque les récidives
sont fréquentes. Les innombrables interventions proposées
peuvent se grouper en deux techniques:
- celle de Bankart répare les parties molles (réinsertion de la
capsule et du bourrelet au rebord glénoïdien et rétention du
muscle sous-scapulaire).
- celle de Latarjet place une butée osseuse en avant de la glène
barrant la sortie à la tête humérale.
Instabilité constitutionnelle
L'instabilité constitutionnelle est la conséquence d'une
hyperlaxité constitutionnelle.
* Les luxations surviennent sans traumatisme ou à la suite d'un
traumatisme insignifiant et touchent surtout des femmes jeunes.
* L'examen clinique met en évidence une laxité des deux épaules.
La laxité est souvent multidirectionnelle.
* L'imagerie ne met pas en évidence de poche de Bankart.
* Les interventions chirurgicales classiques se sont avérées
très décevantes car la pathologie se situe au niveau du tissu
périarticulaire.
* Il faut surtout proposer au patient un programme de
rééducation et de musculation prolongé. En cas d'échec de la
rééducation, la chirurgie consistera surtout à retendre la
capsule articulaire.
Luxation antérieure :
La luxation antérieure est de loin la plus fréquente des
luxations. Nous décrirons la variété habituelle : la luxation
sous-coracoïdienne récente.
DIAGNOSTIC :
Signes cliniques :
Interrogatoire
L'interrogatoire précise:
* le jour et l'heure de l'accident.
* le mécanisme: le plus souvent indirect, par chute sur la main
ou sur le coude.
* l'âge du blessé.
* les symptômes:
- douleur.
- impotence fonctionnelle absolue.
Inspection
A l'inspection, le blessé se présente dans l'attitude classique
des traumatisés du membre supérieur:
- tête inclinée du côté lésé.
- bras en rotation interne.
- avant-bras fléchi, soutenu par la main opposée.
L'examen se fait de manière comparative sur un patient torse nu.
* De face, la déformation est caractéristique:
- signe de l'épaulette: l'épaule a perdu son galbe arrondi et le
deltoïde tombe verticalement sous la saillie de l'acromion.
- coup de hache externe: l'axe du bras forme, avec le deltoïde,
un angle ouvert en dehors.
- abduction du bras.
* De profil, le sillon delto-pectoral est comblé par la saillie
de la tête humérale luxée.
Palpation
La palpation retrouve:
* la vacuité de l'espace sous-acromial.
* l'abduction irréductible: le coude ne peut être ramené au
corps. Ce signe de grande valeur (signe de Berger) est
particulièrement utile pour confirmer le diagnostic dans les
épaules très musclées.
* la tête humérale en position sous-coracoïdienne est palpable
dans l'aisselle et suit les petits mouvements passifs imprimés
au bras.
Bilan clinique :
Le bilan clinique recherche d'emblée les lésions associées.
Lésions nerveuses
* L'atteinte du circonflexe est systématiquement recherchée:
- par étude de la sensibilité du moignon de l'épaule.
- par contraction isométrique du deltoïde.
* L'atteinte des autres branches du plexus brachial se recherche
par l'étude de la sensibilité et de la mobilité de la main.
* Le blessé doit être prévenu de son déficit neurologique avant
réduction de la luxation.
Lésions vasculaires
* Le pouls radial est systématiquement palpé:
- son abolition peut correspondre à une compression ou à une
plaie de l'artère axillaire.
- la persistance de cette abolition après réduction immédiate de
la luxation impose l'artériographie d'urgence et le
rétablissement de la continuité artérielle.
* Les lésions vasculaires peuvent concerner:
- une branche de l'artère axillaire.
- la veine axillaire.
Lésions cutanées
Les lésions cutanées sont exceptionnelles.
Lésions osseuses
- Les lésions osseuses sont recherchées en multipliant les
incidences radiographiques.
- Les fractures associées de la tête humérale se voient surtout
après la quarantaine et il s'agit le plus souvent de fractures
du trochiter.
- la fracture-luxation de la tête humérale est grave et
cliniquement suspectée lorsque la tête humérale luxée n'est pas
solidaire des petits mouvements appliqués au bras.
- en fait le danger essentiel est de méconnaître en radiologie
la fracture du col huméral non déplacée, associée à la luxation,
et de provoquer la séparation de la diaphyse et de la tête lors
d'une tentative de réduction de la luxation.
Lésions générales
- La recherche d'une lésion vitale associée est systématique
(crâne, rachis, thorax, abdomen).
- Les complications graves sont rares dans la luxation
sous-coracoïdienne habituelle. Leur fréquence augmente avec
l'importance du traumatisme et du déplacement de la tête
humérale.
Au terme du bilan
Au terme du bilan clinique, il faut établir:
- un bilan radiologique.
- un bilan préanesthésique éventuellement.
Radiographie :
La radiographie est indispensable et elle permet:
- de confirmer le diagnostic (document médico-légal).
- de préciser la variété de la luxation.
- de rechercher des fractures associées.
L'examen comprend deux clichés:
- un cliché de face.
- un cliché de profil au choix: profil axillaire, profil
transthoracique, profil d'omoplate, profil de Bloom et Obata.
* De face, la tête humérale a quitté la glène. Elle se trouve en
position basse sous-coracoïdienne.
* De profil, la tête humérale est déplacée en avant de la glène.
* On recherchera attentivement une complication osseuse:
- fracture de la grosse tubérosité qui en règle se remet en
place par réduction de la luxation.
- fracture du col huméral dont la méconnaissance est
catastrophique et qui souligne l'importance de la qualité des
clichés.
- fracture de la glène dont l'appréciation peut nécessiter un
scanner.
Formes cliniques :
LUXATION ANTERIEURE :
Selon l'importance du déplacement interne de la tête humérale,
on distingue les luxations antérieures extra-coracoïdienne,
sous-coracoïdienne, intracoracoïdienne et sous-claviculaire.
Luxation extra-coracoïdienne
La tête est à cheval sur le bord antérieur de la glène.
Luxation sous-coracoïdienne
La luxation sous-coracoïdienne est la plus fréquente.
La tête luxée est sous la coracoïde.
Luxation intracoracoïdienne et sous-claviculaire
* Dans la luxation intracoracoïdienne et sous-claviculaire, le
déplacement est majeur.
* La tête est en dedans de la coracoïde.
* Dans les formes graves il peut s'y ajouter une élongation du
cou ou de la racine du membre.
* L'association des complications est fréquente:
- lésion du plexus brachial.
- lésion de l'artère axillaire ou sous-clavière.
- lésions cutanées.
- polyfractures.
LUXATION POSTERIEURE :
La luxation postérieure est plus rare et souvent méconnue.
Circonstances de survenue
Trois cas peuvent se présenter:
* soit un choc direct sur la face antérieure de l'épaule.
* soit une rotation interne forcée du bras (rarement réalisée en
raison du rempart que constitue le tronc).
* soit une circonstance typique, évocatrice:
- enroulement du membre supérieur d'origine neurologique.
- il s'agit le plus souvent d'une crise comitiale.
- attention: la lésion peut être bilatérale et doit être
recherchée systématiquement devant un coma post-critique.
Inspection
L'inspection est trompeuse:
* le sujet est dans l'attitude des traumatisés du membre
supérieur, mais sans aucune modification du galbe de l'épaule.
* chez un sujet maigre, un examen attentif peut faire remarquer
la saillie postérieure de la tête humérale.
* le diagnostic est fondé sur la mise en évidence d'une rotation
interne fixée de l'épaule.
* cette impossibilité de rotation externe:
- est le maître signe.
- doit être recherchée activement par l'examinateur.
- lorsqu'une écharpe immobilise le membre supérieur, il faut
l'ôter et rechercher ce signe.
Radiographie
* Cliché de face:
- il existe un empiétement entre la tête humérale et la glène.
- cet aspect peut exister dans des conditions normales lorsque
l'épaule n'est pas correctement radiographiée.
- en cas de luxation postérieure, quelle que soit la qualité de
l'incidence, l'interligne gléno-huméral n'est pas libre.
* Cliché de profil:
- la tête est déplacée en arrière de la glène.
- le diagnostic est confirmé.
- la radiographie retrouve souvent une encoche traumatique à la
partie antérieure de la tête.
LUXATION INFERIEURE :
La luxation inférieure est rare. Elle succède à un choc sur le
membre supérieur en grande abduction ou antépulsion (chute de
cheval, par exemple).
* Dans la forme typique elle réalise la luxation erecta. Le
blessé se présente le bras en l'air. Cette abduction est
irréductible.
* Le diagnostic clinique évident est confirmé par la
radiographie.
* Les lésions de la coiffe sont constantes, les lésions
neurologiques fréquentes.
Traitement :
Le traitement comprend:
- la réduction en urgence.
- la contention.
- la rééducation.
RÉDUCTION :
La réduction est d'autant plus aisée à réaliser qu'elle est
faite précocement.
Elle se fait par manoeuvres externes:
- soit sans anesthésie.
- soit avec prémédication.
- soit sous anesthésie générale brève.
Il existe de multiples méthodes de réduction.
Le point important est d'exercer, sans brutalité, une traction
régulière et persistante du bras.
Le but n'est pas de vaincre par la force un obstacle anatomique
mais d'obtenir un relâchement musculaire qui, associé à la
traction, permet la réintégration de l'articulation.
Luxations antérieures
Dans les luxations antérieures, les divers procédés utilisant
mise en abduction, mise en rotation externe, appui direct sur la
tête, ne visent qu'à augmenter le rendement des deux éléments
fondamentaux:
- relâchement musculaire.
- traction dans l'axe du membre.
Luxations postérieures
* Dans les luxations postérieures, les principes sont les mêmes.
* La manoeuvre classique associe:
- traction dans l'axe du membre.
- poussée directe d'arrière en avant sur la tête humérale.
- légère rotation externe.
Luxations erecta
* En cas de luxation erecta, réduction par traction dans l'axe
du membre.
* A chaud: une tentative douce sans anesthésie est légitime.
* En cas d'échec la réduction est aisément obtenue sous
anesthésie générale, grâce au relâchement musculaire.
* La réduction est vérifiée en radiologie dans tous les cas.
Fracture associée
* En cas de fracture associée, la présence d'une fracture du
trochiter ne modifie pas les manoeuvres de réduction et, en
règle générale, le fragment réintègre plus ou moins sa place.
* La présence d'une fracture du col impose les plus grandes
précautions lors de la réduction.
- Celle-ci doit se faire en relâchement complet, donc sous
anesthésie, en accompagnant la tête humérale lors des manoeuvres
pour éviter qu'elle se désolidarise de la diaphyse.
- Le patient doit être prévenu des risques de réduction
sanglante en cas d'échec.
* La présence d'une pastille osseuse témoignant de l'arrachement
capsulo-ligamentaire au pôle inférieur de la glène est fréquent
et ne nécessite pas de geste particulier. Mais une grosse
fracture de la glène expose à la récidive et à l'instabilité
chronique et nécessite sa reposition chirurgicale.
CONTENTION :
* Une immobilisation du membre supérieur en rotation interne,
coude au corps fléchi à 90°, est réalisée par écharpe de
Dujarier ou de Mayo.
* La contention doit être de 3 semaines:
- en cas de fracture du trochiter, le bandage de Dujarier se
fait avec un coussin d'abduction sous le coude.
- chez le sujet âgé, la luxation isolée est rare mais, dans ces
cas, l'immobilisation ne doit être que d'une dizaine de jours
pour éviter la raideur articulaire.
REEDUCATION :
La rééducation est:
- statique durant l'immobilisation, par contraction isométrique
du deltoïde.
- dynamique à l'ablation de l'immobilisation.
Sa durée dépend de l'âge et des lésions associées.
L'évolution des luxations non compliquées traitées en urgence,
correctement immobilisées et rééduquées, est favorable.
Complications :
COMPLICATIONS IMMEDIATES :
Complications vasculo-nerveuses :
Les complications vasculo-nerveuses ont été vues lors du bilan
initial.
Complications osseuses :
Fracture de la glène
- Un gros fragment détaché de la glène (plus du quart de la
surface) est une source immédiate d'instabilité et impose la
réparation chirurgicale.
- Un éculement ou une fracture parcellaire du bord
antéro-inférieur de la glène est plus fréquent et sera un
facteur favorisant l'instabilité chronique.
Fracture-enfoncement du bord postérieur de la tête humérale
- C'est l'encoche de Malgaigne ou "Hill-Sachs lesion".
L'enfoncement à la partie postérieure de la tête est lié à
l'impact de la face postérieure de la tête contre le bord
antéro-inférieur de la glène.
- Cette lésion, très fréquente, n'est pas toujours importante et
sa mise en évidence radiologique peut nécessiter des clichés de
face avec humérus en forte rotation interne.
- Lorsque l'encoche est notable, elle favorise la luxation
récidivante.
- Les encoches majeures réalisent la déformation en hachette de
la tête humérale.
Fracture du trochiter
- La fracture du trochiter correspond à l'arrachement d'une zone
d'insertion de la coiffe des rotateurs.
- La réduction de la fracture est habituellement obtenue avec la
réduction de la luxation.
- En cas de persistance d'un déplacement, la reposition
chirurgicale s'impose.
Fracture de la tête humérale
* La fracture de la tête humérale réalise la luxation-fracture
de la tête humérale.
* Elle est rare et grave.
* Cette fracture se voit surtout chez le sujet âgé.
* La radiographie fait le diagnostic, précise le niveau de la
fracture (col chirurgical le plus souvent), recherche une
comminution de la tête humérale.
* Le traitement comporte:
- la réduction par manoeuvre externe sous anesthésie générale.
- en cas d'échec, la reposition et l'ostéosynthèse sont
réalisées à foyer ouvert. chez le sujet âgé, lorsque la tête a
perdu toutes ses attaches tissulaires, un remplacement
prothétique est justifié.
Rupture de la coiffe des rotateurs :
Les lésions de la coiffe sont contemporaines de la luxation mais
guérissent en règle générale avec l'immobilisation.
Sinon les séquelles se manifestent au moment de la rééducation:
* surtout sous l'aspect d'une rééducation anormalement longue et
douloureuse.
* rarement sous l'aspect typique de rupture étendue de la coiffe
qui associe:
- un déficit d'abduction active.
- un déficit de rotation externe active.
- avec deux signes négatifs importants: conservation de la
mobilité passive et absence de déficit neurologique.
L'arthrographie ou, mieux, l'IRM précisent le diagnostic et
permettent d'orienter le traitement.
COMPLICATIONS SECONDAIRES :
Algodystrophie :
Le tableau clinique typique d'une algodystrophie associe:
- des douleurs d'allure inflammatoire avec souffrance nocturne.
- une atteinte de la main réalisant le classique syndrome
"épaule-main".
- l'installation de la raideur au fur et à mesure que la douleur
s'estompe.
* Le bilan d'imagerie:
- radiographie: ostéoporose diffuse ou typique "mouchetée".
L'interligne articulaire est toujours intact.
- scintigraphie: hyperfixation non spécifique.
- arthrographie opaque: réduction de la capacité articulaire.
* Le traitement:
- lutte contre la douleur:
- les médicaments "étiologiques" (thyrocalcitonine,
bêta-bloquants) sont d'une efficacité contestée.
- mobilisation douce et prolongée pour lutter contre la raideur.
Raideur de l'épaule :
La raideur de l'épaule se traduit, à distance, par une perte de
mobilité active et passive.
* Elle est fréquente, mais d'importance variable. elle peut être
la conséquence:
- d'une immobilisation trop prolongée.
- d'une rééducation négligée.
- d'un syndrome algodystrophique.
- d'une souffrance de coiffe non traitée.
* Son traitement est surtout préventif:
- immobilisation minimale.
- rééducation précoce et bien conduite.
- traitement de la douleur.
* Lorsque la raideur est installée:
- la mobilisation prudente de l'épaule sous anesthésie permet de
libérer des adhérences.
- l'arthrolyse chirurgicale n'est envisagée qu'après échec du
traitement médical prolongé.
COMPLICATIONS TARDIVES :
Instabilité post-traumatique de l'épaule :
L'instabilité post-traumatique de l'épaule est la complication
évolutive majeure.
* La luxation récidivante antérieure est une luxation qui se
produit de plus en plus facilement et de plus en plus
fréquemment.
* Le mouvement luxant associe abduction et rotation externe.
- La mise de l'épaule dans cette position forcée réalise le test
d'appréhension qui est positif en cas d'instabilité antérieure.
- Ce test est surtout intéressant lorsque l'instabilité ne se
traduit que par des épisodes de subluxation ou de douleurs.
- L'examen clinique retrouve également un tiroir antérieur.
Il faut distinguer les luxations récidivantes par instabilité
post-traumatique vraie de l'instabilité constitutionnelle
conséquence d'une hyperlaxité constitutionnelle.
Instabilité post-traumatique
L'instabilité post-traumatique est liée le plus souvent à
l'existence d'une poche de décollement capsulo-ligamentaire qui
est mise en évidence par l'arthroscanner, l'IRM ou
l'arthroscopie:
* elle peut être parfois liée à d'importantes lésions osseuses
glénoïdiennes ou céphaliques.
* dans tous les cas, elle a les caractéristiques suivantes:
- elle est post-traumatique.
- elle n'intéresse que l'épaule traumatisée.
- la laxité est dans la même direction que la luxation initiale.
- elle se guérit par stabilisation chirurgicale: opération de
Bankart ou de Latarjet.
Instabilité constitutionnelle
L'instabilité constitutionnelle, au contraire:
- est bilatérale.
- non traumatique ou consécutive à un traumatisme minime.
- la laxité est multidirectionnelle.
- la rééducation prolongée doit être le premier traitement et,
en cas d'échec, la chirurgie vise à retendre la capsule laxe.
Luxation ancienne :
La luxation ancienne s'accompagne de modifications anatomiques
cicatricielles qui s'opposent à la réduction par méthodes non
sanglantes.
Luxation ancienne antérieure
- La luxation ancienne antérieure est exceptionnelle
aujourd'hui.
- Elle ne se voit que sur des terrains défavorisés (démence
sénile).
- Si la tolérance fonctionnelle est bonne, on peut la négliger.
- Sinon, la reposition nécessite une réduction sanglante
difficile.
Luxation ancienne postérieure
- La luxation ancienne postérieure se voit encore.
- Plusieurs semaines après un traumatisme étiqueté contusion de
l'épaule, le sujet est toujours en rotation interne fixée.
- La radiographie de face et de profil confirme le diagnostic.
- Le traitement est sanglant: reposition de la tête après
libération des brides, stabilisation de la tête.
Nombre d'affichage de la page 272 |