- Elles présentent de multiples variétés dont le pronostic
diffère considérablement.
- Le délai de consolidation est environ de 6 semaines, mais la
rééducation doit être précoce.
- La séquelle principale est la raideur de l'épaule.
RAPPEL ANATOMIQUE :
Seuls les aspects qui n'ont pas été détaillés dans les autres
questions sur l'épaule seront abordés.
L'extrémité supérieure de l'humérus (ESH) comprend une partie
articulaire et une partie extra-articulaire.
* La partie articulaire, ou tête humérale, a la forme d'un tiers
de sphère et est reliée à l'humérus par le col anatomique.
- C'est au niveau de ce col que s'insèrent la capsule
articulaire et les ligaments et que les vaisseaux nourriciers
pénètrent dans la tête.
- Les fractures isolées du col anatomique sont exceptionnelles.
* La partie extra-articulaire comprend les tubérosités:
- trochin en avant, sur lequel s'insère le muscle
sous-scapulaire.
- trochiter en dehors, sur lequel s'insèrent le sus-épineux, le
sous-épineux et le petit rond.
* Ces deux parties sont reliées au reste de l'humérus par le col
chirurgical qui n'est marqué par aucun repère anatomique mais
qui est le siège habituel des fractures.
* Les fractures isolées des tubérosités et les fractures du col
chirurgical sont aussi des fractures extra-articulaires.
* Les fractures intéressant la tête sont des fractures
articulaires et, lorsqu'elles séparent celle-ci totalement de
l'humérus, elles menacent gravement la vascularisation du
fragment céphalique.
RAPPEL PATHOLOGIQUE :
Mécanisme :
* Les FESH peuvent survenir à la suite d'un choc indirect (chute
sur l'avant-bras) ou par choc sur le moignon de l'épaule. La
violence du traumatisme, la position de la tête humérale et la
solidité de l'os lors de l'accident vont provoquer toute une
gamme de lésions.
* Les traumatismes courants sollicitent en premier le point
faible pour chaque tranche d'âge:
- chez l'enfant, c'est le cartilage de conjugaison et l'on
observera des "fractures-décollements épiphysaires". Par
ailleurs, les qualités mécaniques de l'os à cet âge expliquent
que l'ESH ne se fracture pas souvent.
- chez l'adulte jeune, ce sont les éléments
capsulo-ligamentaires qui cèdent en premier, expliquant la
fréquence des luxations.
- chez le sujet âgé, le maillon le plus faible de la cha”ne
ostéo-articulaire étant l'os, on observera surtout des
fractures.
- dans tous les cas, l'énergie se dissipe dans la lésion et les
complications sont rares.
* Les traumatismes à haute énergie sont consécutifs à des
accidents du travail ou de la voie publique et concernent
souvent des adultes jeunes. Ils sont responsables de
complications immédiates (cutanées, vasculaires, nerveuses) dans
un contexte de polytraumatisme.
Classification :
Parmi les nombreuses classifications proposées, nous avons opté
pour celle de Duparc et Olivier, qui est la plus utilisée en
France.
Regardez cependant attentivement le schéma de la classification
de Neer, connue sur le plan international, car elle facilitera
votre compréhension de cette fracture.
La classification à retenir comprend quatre types de fractures:
- les fractures parcellaires.
- les fractures extra-articulaires.
- les fractures articulaires.
- les fractures-luxations.
Fractures parcellaires
Les fractures parcellaires sont un peu à part car elles
concernent les tubérosités et ne posent pas les problèmes des
autres FESH.
* Il s'agit le plus souvent d'un gros fragment du trochiter
détaché au cours d'une luxation antéro-interne de l'épaule et
qui revient en place après réduction de la luxation. Mais il
peut s'agir, plus rarement, d'un arrachement par le sus-épineux
de son insertion trochitérienne et, celle-ci restant rétractée,
une reposition sanglante s'impose.
* Les fractures du trochin sont exceptionnelles, pouvant
s'associer à une luxation postérieure.
* Les fractures extra-articulaires et articulaires sont les FESH
proprement dites.
Fractures extra-articulaires
Les fractures extra-articulaires sont fréquentes.
- Un trait passant par le col chirurgical sépare la diaphyse de
l'ESH.
- Selon les circonstances du traumatisme, la diaphyse peut
s'impacter plus ou moins dans l'extrémité supérieure (fracture
dite "engrenée") ou s'éloigner de celle-ci (fracture non
engrenée).
- Au maximum, la diaphyse peut embrocher les parties molles
avoisinantes, entra”nant des complications variables selon les
éléments transpercés.
- Les fractures extra-articulaires sont des fractures à deux
fragments.
Fractures articulaires
Les fractures articulaires associent à un trait passant par le
col chirurgical un ou plusieurs traits céphaliques ou
tubérositaires.
- Elles justifient leur appellation de céphalo-tubérositaires.
Les tubérosités peuvent être solidaires ou refendues.
- La tête humérale peut être engrenée ou non. au maximum elle
est totalement libre et en position aberrante (énucléation).
- Le comportement de la diaphyse est identique aux fractures
extra-articulaires.
- Les fractures articulaires sont des fractures à trois ou
quatre fragments.
Fractures-luxations
Les fractures-luxations sont rares.
- Ce sont des fractures extra-articulaires ou articulaires
luxées. La luxation est le plus souvent antérieure mais parfois
postérieure.
- Dans les fractures céphalo-tubérositaires luxées, la tête est
souvent énucléée.
- La luxation aggrave le pronostic des FESH en compliquant le
traitement et en augmentant le risque de nécrose de la tête
humérale.
RAPPEL CLINIQUE :
Diagnostic :
Examen clinique
L'examen clinique se résume souvent à une grosse épaule
douloureuse chez un patient convaincu qu'il a quelque chose de
cassé. Il faut rapidement s'assurer de l'absence de
complications locales ou générales et envoyer le blessé à la
radio.
Radiographie
La radiographie est fondamentale. Les risques de méconnaissance
ou de mauvaise analyse lésionnelle sont majeurs au niveau de
l'épaule.
* L'examen doit permettre d'analyser les traits de fracture, les
déplacements et aussi d'affirmer la présence ou l'absence de
luxation.
* La prescription doit être détaillée en ce qui concerne les
incidences. Vous gagnerez un temps précieux en assistant le
radiologue durant l'examen.
* Ne vous prononcez pas avant d'avoir obtenu des clichés face et
profil en incidence et en pénétration correctes!
*Le profil axillaire est très intéressant mais douloureux, le
profil transthoracique commode à réaliser mais difficile à
interpréter (voir question “Luxation de l’épaule”).
* En revanche, ces simples clichés standards suffisent au
diagnostic et au traitement.
Complications :
Enraidissement
L'enraidissement est la complication majeure.
* Schématiquement, toute immobilisation postlésionnelle de
l'épaule chez l'adulte est source de raideur.
- Les phénomènes douloureux, en n'encourageant pas le patient à
bouger, vont donc également favoriser la raideur.
- Tous les freins à la mobilisation vont aussi indirectement
induire une raideur que ce soit par obstacle mécanique (cal
vicieux trochitérien) ou moteur (déchirure de la coiffe,
paralysie du deltoïde).
* C'est pourquoi l'immobilisation doit être minimale et la
rééducation prolongée.
Cals vicieux
Les cals vicieux sont fréquents et, en règle générale, bien
tolérés.
- Parfois une saillie trochitérienne réalise une butée
douloureuse contre l'acromion et nécessite une résection.
- Mais le retentissement d'un cal vicieux articulaire sur la
glène et le développement ainsi d'une omarthrose sont tout à
fait anecdotiques.
Nécrose de la tête humérale
La nécrose de la tête menace les décapitations avec déplacement.
- Elle serait plus fréquente après abord chirurgical.
- Elle survient souvent tardivement et peut être relativement
tolérée.
RAPPEL THÉRAPEUTIQUE :
Objectif :
L'objectif est d'obtenir la consolidation de la fracture tout en
préservant la mobilité de l'épaule. C'est pourquoi la
rééducation commence dès que le foyer est englué.
Méthodes non invasives :
Les méthodes non invasives sont les méthodes dites non
sanglantes ou orthopédiques.
Réduction
La réduction par manipulations externes se fait plus facilement
sous anesthésie générale.
- Elle vise le plus souvent à engrener une fracture
extra-articulaire.
- En effet, la réduction des fractures articulaires déplacées
par ce procédé est plus aléatoire.
Immobilisation
* L'immobilisation s'adresse à tous les types de fractures et à
toutes les étapes thérapeutiques:
- soit comme unique traitement d'une fracture peu ou pas
déplacée.
- soit après réduction d'une fracture déplacée.
- ou encore après traitement sanglant.
* L'immobilisation permet de calmer les douleurs et d'éviter les
déplacements secondaires. Sa durée est fonction du type de
lésion:
- brève (quelques jours) dans les formes bien engrenées, dans
les ostéosynthèses solides et après prothèses.
- 3 semaines dans la plupart des cas.
* L'immobilisation se fait selon deux modalités principales:
- le bandage de Dujarier, dans lequel on peut inclure un coussin
d'abduction.
- l'appareillage thoraco-brachial (plâtre ou autre matériau) qui
immobilise en abduction-antépulsion. Il est moins stable mais
moins enraidissant.
Rééducation
La rééducation est un complément indispensable à toute modalité
thérapeutique. Elle sera d'abord passive puis active. Elle sera
le plus précoce possible et durera souvent plusieurs mois.
En pratique, elle consiste en une mobilisation douce:
- au bout de quelques jours, si la fracture est engrenée, s'il y
a eu ostéosynthèse ou si une prothèse a été posée.
- au bout de 3 semaines dans la plupart des autres cas.
Méthodes invasives :
Réduction à foyer ouvert
La réduction à foyer ouvert se fait après échec d'une tentative
de réduction non sanglante ou comme premier temps d'une
ostéosynthèse. Elle est souvent inévitable dans les fractures
articulaires luxées.
Ostéosynthèse
L'ostéosynthèse peut être réalisée:
- à foyer fermé en utilisant plusieurs broches pénétrant par le
coude et allant se ficher dans l'ESH. Cette méthode implique une
réduction à foyer fermé et l'utilisation d'une radioscopie.
- à foyer ouvert en utilisant broches, clous, vis, plaques
vissées, etc. Elle permet ainsi une synthèse valable des
fractures extra-articulaires mais n'arrive pas à fixer
solidement les fractures articulaires.
Arthroplastie par prothèse humérale
L'arthroplastie par prothèse humérale est proposée pour les
fractures articulaires déplacées ou luxées.
- En effet les traitements non sanglants et l'ostéosynthèse sont
souvent inefficaces, et la tête menacée de nécrose.
- Cependant, le résultat de cette intervention est conditionné
par une reposition parfaite des tubérosités autour de la tête
prothétique sinon, faute de muscles moteurs, l'épaule
s'enraidit.
- Compte tenu des incertitudes à long terme, cette intervention
est évitée chez l'adulte jeune.
Au total :
Au total, le traitement des FESH est simple dans la majorité des
cas.
Ce sont les fractures articulaires déplacées ou luxées qui
posent encore des problèmes thérapeutiques, mais elles sont
rares.
La rééducation de l'épaule est une étape incontournable.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE :
Avec J. Duparc et H. Olivier, on peut distinguer quatre types de
fractures:
- les fractures parcellaires.
- les fractures extra-articulaires.
- les fractures articulaires.
- les fractures-luxations.
FRACTURES PARCELLAIRES :
Les fractures parcellaires sont essentiellement des fractures
tubérositaires.
- Elles accompagnent volontiers les luxations d'épaule.
- Elles ne posent pas les problèmes thérapeutiques des autres
variétés.
Fractures du trochiter isolées
* Rarement, les fractures du trochiter isolées concernent un
petit fragment intéressant l'insertion du sus-épineux qui
l'attire sous la vožte acromiale.
* Souvent, c'est un gros fragment qui se replace convenablement
après réduction de la luxation.
Fractures du trochin isolées
Les fractures du trochin isolées sont exceptionnelles.
FRACTURES EXTRA-ARTICULAIRES :
Les fractures extra-articulaires sont également appelées:
- fractures sous-tubérositaires.
- fractures du col chirurgical.
* Elles sont fréquentes.
* Le trait horizontal ou oblique passe dessous ou à travers les
tubérosités mais il n'y a que deux fragments:
- l'extrémité supérieure.
- la diaphyse.
* Elles peuvent être engrenées ou non engrenées.
Fractures extra-articulaires engrenées
- Les fractures extra-articulaires engrenées forment la variété
la plus fréquente.
- Il existe un télescopage plus ou moins important de
l'extrémité supérieure sur la diaphyse donnant une certaine
stabilité au foyer.
- l'engrènement se fait le plus souvent en valgus-rétroversion.
Fractures extra-articulaires non engrenées
- Dans les fractures extra-articulaires non engrenées, la
diaphyse perd contact avec l'épiphyse et les mouvements imprimés
au bras ne sont pas transmis à l'ESH.
- La diaphyse se déplace en dedans et peut menacer l'axe
vasculo-nerveux ou transfixier le deltoïde.
FRACTURES ARTICULAIRES :
Les fractures articulaires sont les fractures dites
céphalo-tubérositaires ou fractures à trois ou quatre fragments.
- Le trait intéresse à la fois la tête humérale et les
tubérosités.
- Le massif tubérositaire peut être unique et non déplacé mais
il est volontiers refendu, chacune des tubérosités étant
déplacée.
- La tête humérale plus ou moins désolidarisée du massif
tubérositaire peut être engrenée sur la diaphyse ou libre
(énucléée).
Ces fractures menacent la vascularisation de la tête humérale.
FRACTURES-LUXATIONS :
Les fractures-luxations sont rares.
- La luxation peut être antérieure ou postérieure.
- La luxation peut concerner une fracture extra-articulaire ou
une fracture articulaire.
La tête peut rester engrenée sur la diaphyse ou être libre et
hors de l'articulation (énucléation). Dans cette dernière forme,
la vascularisation de la tête est très compromise.
Diagnostic :
ÉTIOLOGIE :
Le mécanisme peut être direct, par chute sur le moignon de
l'épaule, ou indirect, par chute sur l'avant-bras.
Le type anatomique de la fracture dépendra de la solidité de
l'os, de l'énergie du traumatisme et de la position du bras lors
de l'impact.
CLINIQUE :
Il s'agit le plus souvent d'une personne âgée qui, à la suite
d'une chute de sa hauteur, présente une douleur et une impotence
fonctionnelle de l'épaule.
Inspection
A l'inspection, le patient se présente dans l'attitude des
traumatisés du membre supérieur.
- L'épaule est plus ou moins tuméfiée mais il n'y a pas de
déformation caractéristique.
- Dans les formes vues tardivement, on peut noter une large
ecchymose brachio-axillaire.
Palpation
A la palpation douce, la douleur est localisée à la tête
humérale et il n'y a pas d'abduction irréductible du bras. Dans
les fractures engrenées, les mouvements doux imprimés au bras
sont transmis à la tête humérale.
Bilan initial
Le bilan initial recherche immédiatement:
* d'autres localisations traumatiques.
* des complications vasculo-nerveuses par la palpation des pouls
distaux et l'examen sensitivo-moteur rapide du membre supérieur.
RADIOLOGIE :
La radiographie standard permet le diagnostic, le pronostic et
le traitement. Il faut au minimum:
- un cliché de face strict.
- un cliché de profil soit axillaire, soit de l'omoplate.
* Le cliché transthoracique, plus facile à réaliser, est
difficile à interpréter.
* Il faut pouvoir préciser:
- le ou les traits de fracture.
- le nombre de fragments.
- les déplacements.
- l'engrènement ou non des fragments.
- la qualité de l'os.
- l'existence d'une luxation.
* Le piège majeur est de méconnaître une fracture engrenée
devant une luxation et de provoquer le déplacement de la
fracture lors de la réduction.
Complications :
COMPLICATIONS IMMEDIATES :
Les complications immédiates sont rares et concernent surtout
les traumatismes à "haute énergie" chez les sujets jeunes.
Ouverture
L'ouverture est exceptionnelle et se produit par transfixion des
parties molles par la diaphyse.
Atteinte neurologique
L'atteinte neurologique comme dans les luxations de l'épaule
peut concerner:
- le nerf circonflexe (déficit moteur du deltoïde et anesthésie
du moignon de l'épaule).
- ou le plexus brachial (déficit sensitivo-moteur distal).
Lésions vasculaires
Les lésions vasculaires concernent l'artère ou la veine
axillaire et se traduisent soit par une abolition des pouls
distaux, soit par un volumineux hématome du creux axillaire.
L'artériographie doit être réalisée avant l'apparition de
l'ischémie.
Luxation
La luxation d'une FESH est une variété de ces fractures mais
peut être également considérée comme une complication car elle
aggrave le pronostic.
Ainsi, devant toute FESH, il faudra s'assurer de l'absence de
luxation, et, devant toute luxation de l'épaule, savoir
démasquer une fracture non déplacée.
COMPLICATIONS SECONDAIRES :
La consolidation se fait en 6 semaines environ.
Pendant ce délai, on peut observer:
* un déplacement qui peut sanctionner:
- une réduction instable.
- une immobilisation inefficace.
- une ostéosynthèse précaire.
* une infection est rare mais peut compliquer tout abord
chirurgical.
* un syndrome algodystrophique est redoutable et source de
raideur.
COMPLICATIONS TARDIVES :
Cal vicieux :
* Un cal vicieux survient très fréquemment mais il est souvent
remarquablement toléré.
* Parfois, un cal vicieux trochitérien peut être un obstacle à
la mobilisation en butant sur l'acromion.
Raideur de l'épaule :
Très fréquente également, la raideur de l'épaule représente le
problème essentiel de ces fractures.
Elle a deux grandes causes:
- la rétraction des parties molles.
- l'atteinte de la coiffe des rotateurs.
Rétraction des parties molles
* La rétraction des parties molles gêne directement la mobilité
de l'articulation.
* Elle est favorisée par:
- la complexité de la fracture.
- la durée de l'immobilisation.
- la survenue d'une algodystrophie.
- l'absence de rééducation.
* Elle est combattue par la mobilisation précoce et une
rééducation prolongée.
Atteinte de la coiffe des rotateurs
* L'atteinte de la coiffe des rotateurs gêne indirectement la
mobilité articulaire. C'est le déficit de mobilité active qui va
favoriser la raideur.
* Il s'agit soit de déchirures de la coiffe, soit plus souvent
d'un défaut de reposition des tubérosités.
En fait, l'intrication fréquente des deux mécanismes et
l'importance de la douleur à la mobilisation expliquent
l'incidence de cette complication.
Autres complications tardives :
Pseudarthrose
La pseudarthrose est rare, et la mobilité souvent limitée de
l'épaule se fait alors dans le foyer de pseudarthrose.
Nécrose de la tête humérale
- La nécrose de la tête humérale menace les fractures
articulaires et les fractures-luxations lorsque la tête est
séparée des tubérosités.
- Elle peut survenir tardivement, entre 6 mois et 1 an après
l'accident. Son retentissement fonctionnel est variable.
Omarthrose scapulo-humérale
L'omarthrose scapulo-humérale est rare et compliquera très
tardivement les cals vicieux articulaires et les nécroses de la
tête.
Formes cliniques :
FRACTURES DE L'ENFANT :
Il s'agit:
- soit d'une fracture-décollement épiphysaire (type 2 de
Salter).
- soit, le plus souvent, d'une fracture métaphysaire.
Leur traitement est largement non invasif en raison:
- de la tolérance des cals vicieux.
- du remodelage par la croissance.
- de l'absence de raideur secondaire aux immobilisations.
FRACTURES DE L'ADULTE JEUNE :
La survenue des fractures de l'adulte jeune nécessite un
traumatisme violent. Il s'agit:
- soit de fractures dans un contexte de polytraumatisme.
- soit de fractures avec complications immédiates.
FRACTURES PATHOLOGIQUES :
Les fractures pathologiques surviennent à l'occasion d'un
traumatisme minime sur un os fragilisé.
Schématiquement:
- chez l'enfant, il s'agit d'une tumeur bénigne, surtout le
kyste essentiel.
- chez l'adulte, il s'agit d'une métastase, le plus souvent.
Traitement :
On distingue deux catégories de méthodes:
- les méthodes non invasives ou non sanglantes.
- les méthodes invasives ou sanglantes.
PRINCIPES GENERAUX :
* Le but est d'obtenir la consolidation et le fonctionnement de
l'épaule.
- Les fractures peu ou pas déplacées ne sont pas opérées.
- Les fractures de l'enfant ne sont pas opérées.
- L'arthroplastie prothétique est réservée aux fractures
complexes du sujet âgé.
* La rééducation est fondamentale. elle doit être précoce et
prolongée. La consolidation est d'environ 6 semaines, mais le
foyer est englué après 3 semaines et autorise un début de
rééducation.
* L'immobilisation sera brève (quelques jours) chaque fois que
possible:
- fracture bien engrenée.
- ostéosynthèse solide.
- prothèse d'épaule.
FRACTURES PARCELLAIRES :
Le plus souvent, après réduction de la luxation, dans les
fractures parcellaires, la tubérosité se replace et une
immobilisation en Dujarier avec 30° d'abduction pendant 3
semaines suffit.
Sinon, une reposition et une fixation du fragment trochitérien
s'imposent.
FRACTURES EXTRA-ARTICULAIRES :
Fractures engrenées
Les fractures engrenées sont simplement immobilisées (sans
dépasser 3 semaines).
Fractures non engrenées
Les fractures non engrenées doivent être réduites.
* Si la réduction par manipulations externes est satisfaisante
le traitement sera complété:
- le plus souvent par une immobilisation en Dujarier.
- pour certains, par une ostéosynthèse à foyer fermé
(embrochage).
* Sinon, la réduction se fera à foyer ouvert avec ostéosynthèse
associée.
FRACTURES ARTICULAIRES :
* Les formes peu déplacées seront simplement immobilisées de 3 à
6 semaines.
* Les formes déplacées sont difficiles à traiter et les
résultats sur la mobilité souvent décevants.
* La réduction et l'ostéosynthèse à foyer ouvert seront
réalisées chaque fois que cela sera possible. chez le sujet âgé,
lorsque la tête a perdu toutes ses attaches, le recours à la
prothèse d'épaule se justifie.
FRACTURES-LUXATIONS :
La réduction des fractures-luxations est difficile et dangereuse
(risque de désengrènement).
- Elle doit être tentée avec patience et douceur dans les
fractures-luxations extra-articulaires.
- Dans les fractures-luxations articulaires, la tête est libre
et la réduction à foyer fermé impossible.
* En cas de succès, on se retrouve avec un des types de fracture
précédents.
* En cas d'échec:
- réduction et ostéosynthèse à foyer ouvert le plus souvent.
- arthroplastie par prothèse humérale chez le sujet âgé lorsque
la tête est énucléée.
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