Les services d'orthopédie reçoivent tous les jours une vieille
dame qui présente une fracture de l'extrémité supérieure du
fémur (FESF).
- Tous les jours: fracture très fréquente.
- Vieille: l'extrémité supérieure du fémur de l'adulte jeune est
capable de résister aux énormes contraintes mécaniques qui
s'exercent à ce niveau. Mais l'affaiblissement de la structure
de l'os avec l'âge expose à la fracture.
- Dame: à cause de leur plus grande longévité, à cause de
l'"ostéoporose" postménopausique. Mais les vieux messieurs ne
sont pas épargnés.
L'examen clé est la simple radiographie du bassin. Elle donne
tout: le diagnostic, le pronostic et l'indication thérapeutique.
CLASSIFICATION :
Deux grandes variétés de FESF
On distingue deux grandes variétés de FESF:
- les fractures du col du fémur ou fractures cervicales.
- les fractures trochantériennes.
Mais pourquoi différencier deux régions si voisines?
* Car les contraintes mécaniques sont différentes:
- au niveau du col, les forces séparent les fragments.
- au niveau du trochanter, elles les impactent.
* Car les conditions vasculaires sont différentes:
- la tête fémorale est essentiellement vascularisée par des
branches de l'artère circonflexe postérieure.
- ces branches sont en rapport anatomique étroit avec la face
postérieure du col fémoral et, en pratique, ne sont menacées que
par une fracture du col du fémur.
- ainsi le devenir de deux lésions si proches sera radicalement
différent.
* La fracture du col fémoral est exposée à deux grandes
complications (qui ne menacent pas les fractures
trochantériennes):
- la nécrose avasculaire de la tête fémorale.
- la pseudarthrose du col fémoral.
* Le choix thérapeutique sera donc plus complexe dans les
fractures du col et la classification de Garden doit être
apprise, car elle est largement utilisée pour guider le
traitement.
Classification de Garden
Garden décrit quatre types de fracture du col selon le
déplacement des travées osseuses sur un cliché de face.
* Type I: fracture incomplète. Les travées sont déviées en
valgus. C'est la fracture engrenée en coxa valga qui peut
autoriser un instant la marche, mais qui menace de se
désengrener.
* Type II: fracture complète sans déplacement. Les travées sont
interrompues, mais non déplacées.
* Type III: fracture complète avec déplacement partiel:
- les travées de la tête sont horizontalisées.
- les deux fragments sont solidaires par une charnière
capsulo-synoviale postérieure.
- le fémur distal est en ascension et rotation externe
(expliquant la déformation clinique) et la tête fémorale est en
flexion-varus (fracture en coxa vara).
* Type IV: fracture complète avec déplacement total:
- les deux fragments sont désolidarisés et se juxtaposent.
- les travées céphaliques ont une direction ascendante normale,
mais elles sont décalées en dedans par rapport aux travées
cervicales.
BASES THEORIQUES DU TRAITEMENT :
Le traitement des FESF du sujet âgé est guidé avant tout par le
souci de le remettre rapidement sur pied ou tout au moins au
fauteuil.
* Pourquoi ?
- Car l'âge du blessé ne permet pas d'attendre au lit les 3 mois
(au minimum) nécessaires à la consolidation. En effet, le risque
de décompensation de tares et les complications de décubitus
menacent de mort le vieillard alité.
- Aussi le traitement non chirurgical équivaut à un abandon
thérapeutique.
- Par ailleurs, si par chance le malade âgé survivait à un
alitement prolongé, le risque de complications locales (nécrose
de la tête, pseudarthrose, cal vicieux) serait plus grand
qu'après le traitement chirurgical.
* Comment? Seule la chirurgie peut rendre rapidement indolence
et fonction permettant d'échapper au décubitus. Cette chirurgie
doit rendre au blessé la meilleure fonction en l'exposant le
moins aux complications.
* Quand ? Précocement (dans les vingt-quatre premières heures).
- Toute temporisation risque de faire entrer le malade dans le
cercle vicieux de la décompensation d'une affection
préexistante.
- Mais une hâte excessive n'est pas justifiée. Un minimum
d'examens complémentaires sont nécessaires et quelques heures
suffisent pour, par exemple, traiter une déshydratation, une
anémie ou bien un bloc auriculo-ventriculaire.
Fractures du col :
Fractures Garden I et II
Les fractures Garden I et II consolident régulièrement grâce à
l'ostéosynthèse. La Garden I pourrait même consolider par simple
repos, mais la crainte d'un déplacement secondaire pousse à la
synthèse.
Fractures Garden III et IV
Les sujets atteints de Garden III et IV ont de gros risques de
pseudarthrose et nécrose.
* Au-dessous de 60 ans, l'ostéosynthèse est systématique car:
- d'une part, une partie des patients consolidera sans problème,
l'autre partie pouvant en cas d'échec bénéficier d'une prothèse.
- d'autre part, il n'est pas raisonnable d'envisager un
remplacement prothétique systématique lorsque l'espérance de vie
est grande à cause du retentissement de cette prothèse sur le
fémur et surtout sur le cotyle (usure du cotyle).
- rien ne vaut, pour l'instant, la hanche originelle.
* Au-dessus de 75 ans, le remplacement prothétique est légitime
car:
- le risque de complications est trop grand et une
réintervention non souhaitable.
- le niveau d'activité et l'espérance de vie limitée diminuent
le risque de complications lié à la prothèse.
* Entre 60 et 75 ans, l'âge physiologique du malade et
l'expérience du chirurgien permettront le choix le plus
judicieux.
Méthodes
* L'ostéosynthèse vise à assurer contact et stabilité au foyer
de fracture.
* La prothèse cervico-céphalique remplace la tête et le col,
permet une reprise précoce de la marche, évite les aléas de la
consolidation mais présente ses propres complications.
Fractures trochantériennes :
Le but est de réduire la fracture trochantérienne et de la
fixer.
A terme, ces fractures consolident toutes et il n'y a pas de
remplacement prothétique à envisager.
On utilise, selon les écoles, un clou-plaque, une lame-plaque ou
une vis-plaque (il y a toujours une plaque diaphysaire externe
servant de tuteur) ou des méthodes de synthèse sans abord du
foyer de fracture: l'enclouage d'Ender, le clou gamma.
Les deux complications majeures :
Les complications méritent d'être détaillées. Attention, elles
peuvent être associées.
Nécrose de la tête fémorale
Il n'y a pour l'instant pas de traitement qui permette de
revasculariser une tête nécrosée.
Pseudarthrose du col du fémur
Pour la pseudarthrose du col, deux grandes interventions:
* la valgisation du col, qui permet de transformer un trait de
fracture vertical (contraintes en cisaillement) en un trait
horizontal (contraintes en compression du foyer de fracture).
* la greffe pédiculée de Judet qui associe une synthèse par
vissage à une greffe osseuse utilisant la zone d'insertion du
carré crural qui reste solidaire de la greffe.
- Cette greffe ponte le foyer de fracture.
- Initialement destinée au traitement des nécroses, cette
intervention s'est avérée efficace dans les pseudarthroses.
Trois cas particuliers :
Fractures de la tête fémorale
- Les fractures de la tête fémorale sont rares et le plus
souvent associées à une luxation de la hanche ou une fracture du
cotyle.
- Ce sont des lésions difficiles à traiter et de mauvais
pronostic.
Fractures pathologiques
Les fractures pathologiques surviennent sur un os dont la
solidité est altérée par une lésion de nature variée.
* Il s'agit essentiellement de lésions tumorales et, parmi
celles-ci, les métastases dominent de loin.
* Ici, le principe thérapeutique est de ne pas compter sur la
consolidation, donc:
- soit ostéosynthèse renforcée par du ciment permettant l'appui
immédiat.
- soit prothèse.
Fractures de l'enfant
- La structure osseuse de l'extrémité supérieure du fémur chez
l'enfant offre une très grande résistance aux traumatismes, d'ou
la rareté de ces fractures et la nécessité d'accidents graves.
- Le périoste épais sera responsable de l'absence de déplacement
de certaines fractures.
- A noter, une lésion spécifique à l'enfant: le décollement
épiphysaire. La fracture passant dans le cartilage de
conjugaison céphalique.
Prévention :
La fréquence croissante des fractures de l'extrémité supérieure
du fémur (FESF) du sujet âgé pose dans les pays occidentaux de
réels problèmes socio-économiques.
Une prévention de ces fractures s'impose mais elle passe avant
tout par celle de l'ostéoporose avec des mesures à très long
terme:
- alimentation équilibrée en apport phosphocalcique.
- administration quotidienne de calcium et de vitamine D.
- prise prolongée d'oestrogènes chez la femme.
- pratique régulière de l'exercice physique.
Forme typique :
Nous prendrons celle de loin la plus fréquente: fracture de
l'extrémité supérieure du fémur chez la femme âgée après une
simple chute.
DIAGNOSTIC :
Clinique :
Le diagnostic clinique de fracture de l'extrémité supérieure du
fémur recherchera:
- des douleurs de hanche d'intensité variable, augmentées par
les tentatives de mobilisation.
- une impotence fonctionnelle totale. La blessée n'a pas pu se
relever à la suite de la chute. Elle ne peut détacher le talon
du plan du lit.
- une déformation du membre inférieur atteint, le plus souvent
en raccourcissement, rotation externe, adduction, correspondant
à une fracture déplacée.
* La clinique peut être plus discrète: dans les fractures du col
engrenées en coxa valga, la blessée peut même marcher au risque
d'un déplacement de la fracture.
* De toute façon, l'existence d'une douleur profonde de hanche
après traumatisme minime chez une personne âgée doit suffire
pour évoquer le diagnostic et faire pratiquer l'indispensable
examen radiologique.
Radiographie :
La radiographie est fondamentale:
- elle a une valeur diagnostique, pronostique et thérapeutique.
- il faut au moins un bassin de face, une hanche suspecte face
et profil.
- elle montre soit une fracture du col du fémur, soit une
fracture trochantérienne.
Fracture cervicale
Dans la fracture cervicale, le trait est compris entre la tête
fémorale et le massif trochantérien.
* En sont exclues les fractures qui siègent à l'union du col et
du massif trochantérien.
* Selon la classification de Garden, on distingue:
- le type I: fracture incomplète, engrenée en coxa valga et qui
peut se désengrener.
- le type II: fracture complète sans déplacement.
- le type III: fracture complète avec déplacement partiel.
- le type IV: fracture complète avec déplacement total.
* le risque de nécrose avasculaire de la tête fémorale va
croissant de I à IV.
Fracture trochantérienne
Dans la fracture trochantérienne, le trait intéresse les
trochanters et la zone comprise entre eux. Ces fractures
n'exposent pas à la nécrose avasculaire de la tête fémorale. On
distingue selon la classification d'Evans-Jensen:
- les fractures stables.
- les fractures instables.
- les fractures très instables.
ÉVOLUTION :
Évolution spontanée :
L'évolution spontanée est menacée de complications mortelles.
Décompensation de tares
* Décompensation d'atteintes cardio-vasculaires:
- insuffisance cardiaque.
- insuffisance coronarienne.
- troubles du rythme et de la conduction.
- hypertension.
* Décompensation de maladies respiratoires:
- asthme.
- bronchite chronique.
- emphysème.
* Décompensation neurologique: artériosclérose cérébrale.
* Décompensation endocrinienne: diabète.
* Décompensation rénale: insuffisance rénale.
Complications de décubitus
Les complications de décubitus sont fréquentes et graves:
- phlébothrombose.
- infection broncho-pulmonaire.
- infection urinaire.
- escarre cutanée.
Evolution après traitement chirurgical :
Le traitement non sanglant nécessite un alitement prolongé qui,
à cet âge, expose aux mêmes complications que l'évolution
spontanée.
Seule la chirurgie peut soustraire la malade au décubitus, et
ses inconvénients, grâce aux progrès de l'anesthésie et de la
réanimation, sont aujourd'hui bien maîtrisés.
Complications immédiates
- Risque anesthésique.
- Collapsus lié au ciment en cas de prothèse fémorale cimentée.
- Infection.
Complications secondaires dans les fractures du col
* Si la tête est conservée:
- immédiatement, un démontage d'une ostéosynthèse défectueuse.
- secondairement, deux complications majeures: la pseudarthrose
du foyer de fracture et la nécrose avasculaire de la tête
fémorale.
* Si la tête est remplacée par une prothèse:
- la luxation de la prothèse.
- l'usure du cotyle.
Complications secondaires dans les fractures trochantériennes
La principale complication secondaire des fractures
trochantériennes est le cal vicieux, soit par montage initial
défectueux, soit par détérioration secondaire de
l'ostéosynthèse.
Un impératif: le traitement chirurcical
De toute façon le traitement chirurgical s'impose sinon:
- le pronostic vital est engagé.
- le risque fonctionnel est majeur.
BILAN :
Réalisé en urgence, le bilan permet:
* de poser au mieux les indications thérapeutiques.
* de diminuer le risque opératoire.
Interrogatoire :
L'interrogatoire précise:
* l'âge et les antécédents.
* l'environnement familial.
* le niveau d'activité:
- qualité de la marche.
- périmètre de marche.
Bilan clinique et paraclinique :
* Le bilan clinique et paraclinique comprend au moins:
- les constantes biologiques usuelles: groupe sanguin, TP, TCK,
NFS, ionogramme, urée, glycémie.
- une radiographie pulmonaire.
- un ECG.
* Le bilan ira à la recherche d'affections compensées ou
décompensées dont le traitement sera entrepris. Il s'agit le
plus souvent de problèmes cardiaques, vasculaires, respiratoires
auxquels s'ajoutent des problèmes nutritionnels (dénutrition,
déshydratation, anémie).
Forme de l'adulte jeune :
C'est souvent un polytraumatisé pour la forme de l'adulte jeune.
DIAGNOSTIC :
Cas du blessé conscient :
Lorsque le blessé est conscient, il se plaint de la hanche et le
diagnostic est évoqué.
L'examen clinique recherche des lésions associées:
- recherche d'une lésion abdominale ou thoracique.
- palpation de tout le squelette.
- complications cutanées, vasculaires, nerveuses.
Cas ou l'interrogatoire est impossible :
Lorsque l'interrogatoire est impossible, c'est la radiographie
systématique du bassin chez tout polytraumatisé qui fait le
diagnostic.
Dans tous les cas, un état de choc sera recherché et traité ou
prévenu.
BILAN RADIOGRAPHIQUE :
Le bilan radiographique complet permet:
* d'affirmer la FESF.
* de rechercher des lésions associées:
- luxation de hanche.
- fracture du cotyle.
- fracture diaphysaire du fémur.
ÉVOLUTION IMMEDIATE :
Pour contrôler l'évolution immédiate, il faut:
* écarter tout risque vital:
- réanimation.
- intervention sur lésion vitale (rate).
* puis réduire et pratiquer une ostéosynthèse anatomique sur la
fracture afin d'assurer au mieux le pronostic fonctionnel de la
hanche.
Traitement dans les 24 heures :
Chez les patients âgés, l'objectif principal du traitement est
la reprise précoce de la marche.
FRACTURES CERVICALES :
Garden I et II :
Les fractures cervicales de type Garden I et II nécessitent une
ostéosynthèse en place quel que soit l'âge.
Garden III et IV :
* Avant 60 ans: réduction urgente du déplacement et
ostéosynthèse (malgré le risque de nécrose). L'ostéosynthèsese
fait par vis multiples ou par vis-plaque à compression.
* Après 75 ans: arthroplastie par prothèse cervico-céphalique:
- la prothèse peut être soit cimentée dans la diaphyse fémorale,
soit impactée sans ciment.
- par ailleurs elle peut être soit monobloc (prothèse de Moore),
soit bibloc, avec une tête qui peut se détacher de la queue
(possibilité de "totalisation" ultérieure de la prothèse).
* Entre 60 et 75 ans: selon l'âge physiologique, le mode de vie,
la trame osseuse et l'importance du déplacement, on penchera:
- soit vers la réduction et l'ostéosynthèse.
- soit vers l'arthroplastie par prothèse fémorale.
FRACTURES TROCHANTERIENNES :
Dans tous les cas, réduction du déplacement et ostéosynthèse:
- soit à foyer ouvert par vis-plaque ou clou-plaque.
- soit par clou de Ender ou clou Gamma, qui sont des
ostéosynthèses à foyer fermé.
PRESCRIPTIONS POSTOPERATOIRES :
Les prescriptions postopératoires comprennent:
- une antibioprophylaxie périopératoire brève.
- une anticoagulation (fréquence des phlébothromboses).
- la prévention d'escarres par massage et protection des zones
d'appui.
- une mise au fauteuil immédiate et une déambulation précoce.
Deux complications majeures :
Les fractures cervicales présentent deux complications majeures.
NECROSE DE LA TETE FEMORALE :
La nécrose de la tête fémorale n'épargne aucune variété, mais
elle est plus fréquente dans les fractures Garden III et IV.
Elle peut se manifester:
- soit avant la fin de la consolidation, posant des problèmes
diagnostiques avec la pseudarthrose.
- soit après la consolidation.
Clinique :
Sur le plan clinique, la nécrose de la tête fémorale se traduit
par des
douleurs à l'appui.
Radiologie :
A la radiologie, on distingue plusieurs aspects selon le stade
évolutif:
- aspect inhomogène de la tête fémorale.
- zone de densité d'étendue variable mais avec contours
réguliers de la tête fémorale.
- puis déformation de la tête fémorale liée à l'effondrement de
la zone nécrosée.
- enfin, au stade ultime, la tête fémorale déformée a créé des
lésions mécaniques du cotyle: aspect de coxarthrose.
Le diagnostic précoce reste difficile malgré l'apport de la
scintigraphie osseuse. L'IRM permettrait un diagnostic précoce
si le matériel d'ostéosynthèse ne rendait impossible sa
réalisation.
Traitement :
Il n'y a pas de traitement curatif. On peut:
- soit mettre la hanche en décharge quelques mois.
- soit soustraire la zone nécrosée de l'appui par modification
chirurgicale de la position de la tête dans le cotyle.
- ou encore recourir à l'arthroplastie par cupule ou par
prothèse totale.
Le traitement sera d'autant plus conservateur que le sujet est
jeune, qu'il souffre peu, que la nécrose est peu étendue.
PSEUDARTHROSE DU COL FÉMORAL :
La pseudarthrose du col fémoral est favorisée par:
- de mauvaises conditions anatomiques (trait de fracture proche
de la tête fémorale, direction verticale du trait de fracture).
- des fautes techniques (réduction imparfaite, ostéosynthèse
défectueuse).
Clinique :
La pseudarthrose du col fémoral entraîne des douleurs et une
impotence fonctionnelle plus ou moins sévère selon qu'elle est
lâche ou serrée.
Radiologie :
* A la radiologie, le diagnostic peut être évident:
- défaut de contact entre la tête et le col.
- détérioration progressive du montage.
* Le diagnostic peut être plus difficile. La comparaison de
clichés successifs et les tomographies rechercheront:
- la persistance d'un espace clair interfragmentaire.
- l'amorce d'une expulsion de matériel.
Traitement :
- Ostéotomie de valgisation, horizontalisant le trait de
fracture.
- Greffon pédiculé de Judet.
- Chez le sujet âgé: arthroplastie.
Trois cas particuliers :
FRACTURES DE LA TÊTE FEMORALE :
Les fractures de la tête fémorale compliquent le plus souvent
des luxations de la hanche et se produisent dans un contexte de
polytraumatisme.
Le diagnostic essentiellement radiologique impose des clichés de
bonne qualité avec des incidences multiples.
Le traitement comporte deux volets: celui de la réduction de la
luxation et celui de la fixation du fragment de tête.
La complication majeure est la nécrose.
FRACTURES DE L'EXTRÉMITÉ SUPERIEURE DU FÉMUR PATHOLOGIQUES :
Les fractures pathologiques sont le plus souvent des fractures
métastatiques.
Diagnostic
* Fracture spontanée survenue:
- sans traumatisme: lors de la marche, parfois même au lit.
- ou après traumatisme minime.
* Antécédents de cancer.
* A la radiologie, le trait de fracture passe à travers une zone
ostéolytique.
Bilan
* Si la métastase révèle un cancer primitif inconnu, celui-ci
sera recherché par un bilan clinique et paraclinique en
recherchant d'abord les cancers réputés ostéophiles: sein,
thyroïde, rein, prostate.
* Le prélèvement tumoral, lors de l'intervention, permettra par
l'examen histologique d'orienter la recherche du cancer
primitif.
Traitement
* Chirurgie palliative permettant:
- la disparition des douleurs.
- la marche immédiate.
- la poursuite du traitement de la maladie cancéreuse
(radiothérapie, chimiothérapie, hormonothérapie), sans compter
sur une consolidation possible mais aléatoire.
* Pour les fractures cervicales: prothèse fémorale.
* Pour les fractures trochantériennes: clou-plaque + ciment.
* Lorsque la lésion intéresse toute l'extrémité supérieure:
prothèse fémorale massive.
FRACTURES DE L'EXTRÉMITÉ SUPERIEURE DU FÉMUR DE L'ENFANT :
Rares, les fractures de l'extrémité supérieure du fémur chez
l'enfant nécessitent un traumatisme violent. La recherche de
lésions associées est fondamentale. Elles menacent toutes, à des
degrés divers, la vascularisation céphalique.
Complications
Les complications sont redoutables, car elles surviennent sur
une hanche en croissance:
- nécrose avasculaire: complication la plus fréquente et la plus
grave, qui aboutit le plus souvent à la perte de l'articulation.
- fermeture prématurée des cartilages de conjugaison
(épiphysiodèse).
- coxa vara (cal vicieux).
- et pseudarthrose, toutes deux favorisées par une réduction et
une fixation imparfaites de la fracture.
Traitement
Le traitement est urgent:
* les fractures déplacées doivent être réduites orthopédiquement
et fixées par un geste chirurgical.
* les fractures non déplacées:
- immobilisation plâtrée pour certains auteurs.
- fixation chirurgicale, meilleure garante de stabilité, pour
d'autres.
Prévention :
Chez une femme âgée on peut réduire le risque de fracture:
- en maintenant une activité physique.
- en évitant la prescription de sédatifs.
- en traitant les troubles de la vision.
- en prenant des mesures qui préservent la densité osseuse.
L'hormonothérapie substitutive postménopausique ainsi que la
prise de calcium et de vitamine D semblent réduire l'incidence
de ces fractures.
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