Lésions traumatiques des tendons fléchisseurs(Suite) Cours de l'appareil locomoteur
J - PERTE DE SUBSTANCE TENDINEUSE
:
Un mot enfin concernant la perte de substance tendineuse, qui reste
rare.
Elle s’accompagne le plus souvent d’une perte de substance cutanée.
Nous préférons dans de tels cas introduire un court
segment de tige de silicone pour maintenir les poulies, qui
autrement se collapsent rapidement.
Afin d’éviter tout déplacement
de la tige, un point transfixie poulie et tige, et un lambeau couvre le
déficit cutané.
En cas d’atteinte étendue des poulies, une
reconstruction immédiate est effectuée autour de la tige.
Cette
technique permet secondairement une greffe tendineuse primaire
dans de bonnes conditions.
Traitement secondaire
des plaies tendineuses
:
Ce paragraphe nécessite d’envisager la suture secondaire, la ténolyse
(et la ténoarthrolyse), les greffes (primaires ou secondaires,
vascularisées ou non) et les transferts tendineux.
A - SUTURES SECONDAIRES :
Nous serons brefs en ce qui concerne les sutures secondaires.
Il en
reste quelques indications quand les circonstances de l’urgence sont
défavorables : contamination importante (morsures ou plaie négligée
plus de 24 heures), écrasement avec peau douteuse (nous préférons
l’excision-lambeau), polytraumatisme mettant en jeu le pronostic
vital, opérateur non entraîné…
Elles ont été gratifiées de résultats
au moins identiques à ceux de la suture primaire.
Cependant la
rétraction proximale n’est guère compensée par une extrémité
tendineuse de maniement plus facile.
À la paume,
occasionnellement, un transfert d’un FCS d’un doigt voisin sur le
FCP peut permettre un rétablissement fonctionnel.
Un point particulier concerne le pouce, où la rétraction importante
peut être compensée par un allongement antébrachial selon la
technique de Rouhier.
B - TÉNOLYSE :
Il s’agit d’une opération difficile expliquant sa mauvaise réputation,
cependant non méritée quand elle est pratiquée par un opérateur
entraîné.
Ses indications et sa date optimale doivent être
rigoureusement sélectionnées.
1- Indications :
Elle nécessite un doigt non exclu du schéma corporel, passivement
souple sur le plan tissulaire et articulaire.
Les cicatrices anciennes
doivent s’être assouplies et la peau de bonne qualité, sinon un temps
cutané préalable est souhaitable.
Il faut être à plus de 6 mois d’une
éventuelle infection, mais ne pas être en face d’un traumatisme trop
ancien (du fait de l’atrophie musculaire).
Le squelette doit être
consolidé et les articulations assouplies par appareillage (mais cela
n’est pas toujours possible du fait même des adhérences).
Un test de ténodèse permet parfois de faire le diagnostic différentiel entre
l’adhérence tendineuse et la raideur articulaire.
Ainsi, le relâchement
du tendon fléchisseur par flexion MP peut améliorer l’extension de
l’IPP.
La recherche d’une rétraction des intrinsèques par manoeuvre
de Finochietto doit être effectuée et au besoin traitée dans le même
temps.
L’amplitude des mouvements passifs doit être supérieure à
celle des mouvements actifs.
Une recherche de saillie du tendon fléchisseur en flexion avec corde
d’arc et amélioration de l’amplitude par appui palmaire laisse
présumer d’une défaillance des poulies.
Au moins une artère
collatérale digitale doit être perméable. Une collaboration totale du
patient étant nécessaire en postopératoire (éliminant les patients
psychiatriques, les enfants trop jeunes et les patients séniles), une
appréciation du terrain est impérative, et nous nous sommes rendu
compte que le port préopératoire d’une orthèse permettait
d’approcher au mieux les motivations du patient.
Cet appareillage
vient à bout des adhérences les moins solides, notamment lorsqu’il
existe une adhérence en flexion.
Une étude nous avait démontré
que, si les amplitudes n’étaient pas suffisantes à 12 semaines, les
progrès ultérieurs n’étaient pas suffisants pour espérer se passer
d’une intervention.
Un problème délicat concerne l’absence de
mobilité active, qui peut être due soit à des adhérences soit à la
rupture tendineuse.
Dans ce cas, l’information préopératoire du
patient nécessite un examen échographique ou une IRM qui
permettent le plus souvent d’affirmer la continuité tendineuse. Un
autre problème particulier est celui du doigt raide en extension par
traumatisme simultané du tendon extenseur.
Si certains chirurgiens
pratiquent la double ténolyse, nous préférons séparer les deux
interventions en commençant par la ténolyse dorsale.
Concernant le délai après suture du tendon fléchisseur, il dépend
certes des facteurs précités, mais si Fetrow conseillait 3 mois et
d’autres 6 à 9 mois, Wray et al ont mené un travail
expérimental montrant qu’un délai de 12 semaines était suffisant.
L’ultime étape de la décision est cependant peropératoire, car des
adhérences très extensives avec un cal tendineux de qualité douteuse
ne sont pas de bonnes indications pour la ténolyse du fait des
risques de rupture postopératoire, et il faut lui préférer la greffe
tendineuse.
Il faut donc prévoir cette alternative et en informer le
patient.
L’anesthésie par bloc axillaire facilite un contact peropératoire avec le patient.
Certains chirurgiens préfèrent une
anesthésie locale avec sédation intraveineuse pour permettre au
patient de bouger en peropératoire, et ainsi de vérifier l’efficacité de
la libération tendineuse.
Nous l’avons abandonnée du fait de
l’inconfort de ce procédé pour le patient (douleur du garrot) et d’une
force de flexion souvent insuffisante (due à la sédation et au temps
de garrot).
2- Techniques
:
Nous pratiquons l’intervention sous bloc nerveux axillaire, en
ambulatoire, sous garrot pneumatique (mis au bras après
exsanguination partielle pour faciliter l’hémostase) et grossissement
optique.
La voie d’abord est dictée par les incisions antérieures, et si
nous préférons l’abord de Bruner, la voie latérale de Rank et
Wakefield a les faveurs de nombre de chirurgiens.
Dans la zone digitopalmaire, il faut prendre garde à ne pas ischémier un lambeau
de peau déjà menacé par des abords anciens.
L’abord doit être large,
dépassant la zone des adhérences, et la dissection est au mieux
menée à partir d’une zone saine.
Une contre-incision à distance, par
exemple au poignet en cas de ténolyse en zone 2, permet de
s’assurer par traction en direction proximale du caractère complet
de la libération, et par traction vers l’extrémité distale du membre
de la bonne qualité de la course musculaire.
Les poulies importantes
doivent être respectées, et nous reviendrons sur leur reconstruction
en cas de lésion.
Il est cependant possible de fenêtrer les poulies par
de courtes incisions transverses multiples permettant de libérer le
tendon de proche en proche, en s’aidant d’un crochet mousse et d’un
bistouri (le meilleur est celui de Beaver peu populaire en France), ou d’une spatule en fonction de la résistance des adhérences.
Lister
(communication personnelle, 1993) a souligné l’intérêt d’utiliser une
boucle de fil passée autour du tendon pour extérioriser et sectionner
des adhérences inaccessibles dans une poulie.
Cette boucle ne doit
pas être utilisée dans les zones d’entrée des vincula qui, autant que
possible, doivent être conservées.
Nous préférons commencer par
une libération en bloc des fléchisseurs par rapport à la gaine et au
plancher ostéopériosté.
Ce n’est que dans un second temps que nous
séparons le FCP du FCS.
Enfin, les fils de suture sont enlevés et les
adhérences excisées, sculptant les fléchisseurs sans les fragiliser.
Nous n’hésitons pas à sacrifier une des deux bandelettes du FCS (la
plus altérée) pour faire « de la place » au FCP.
En cas d’absence de poulie A2 ou A4, nous pratiquons une
reconstruction qui, pour nous, doit être solide pour permettre une
mobilisation active sans restriction, ni de force ni d’amplitude.
En
effet, Hunter et al ont démontré que la flexion génère une
pression de 500 à 700 mmHg au niveau des poulies. Nous avons
décrit une modification de la technique de Bunnell.
Un
segment tendineux, le plus souvent un palmaire long, est prélevé à
l’aide d’un stripper de Brandt en utilisant une courte voie d’abord
au pli du poignet (permettant également de vérifier la libération du
fléchisseur).
Ce tendon est passé en double boucle à l’aide d’un
passeur coudé autour du squelette et du tendon extenseur (mais en
profondeur par rapport aux paquets vasculonerveux) pour ensuite
être extériorisé en dorsal sur un bouton qui permet son blocage.
Du fait de l’étroitesse de la poulie, nous la positionnons en distal
sur la première phalange, car c’est là qu’elle lutte au mieux contre la
corde d’arc du tendon.
Cette poulie doit être ajustée mais ne doit
pas étrangler le tendon, et doit permettre qu’il coulisse librement
dans l’anse lors des mouvements d’extension et de flexion du
poignet.
En cas de raideur en flexion de l’IPP, nous associons une
arthrolyse qui commence par une section des « chek rein » (Watson,
1979) (qui fixent la plaque palmaire en proximal sur la première
phalange), et qui se poursuit si nécessaire en intra-articulaire par
section des ligaments accessoires.
Il est exceptionnel d’avoir recours
à la résection des ligaments principaux dont l’efficacité et l’innocuité
(pour nous à l’exception de l’index) ont parfaitement été démontrées
par Eaton (1993).
Ce n’est qu’en cas d’atteinte extensive du périoste ou de résection
d’un cal osseux dans le même temps que nous interposons une lame
de silicone extrêmement mince (0,01 mm).
Nous continuons à
utiliser de l’Adcont qui est une gelée étalée sur le tendon
(difficilement du fait de son absence de coloration).
Notre expérience
nous a montré que cette gelée retarde et fragilise les adhérences,
permettant aisément de les vaincre par la mobilisation active.
Accompagné de 5 jours d’immobilisation, ce produit est incapable
d’éviter la formation d’adhérences.
Il ne permet donc que de
retarder de 48 heures, sans risque, la mobilisation évitant l’inconfort
d’un saignement lors de la mobilisation, tel que nous l’avions
observé auparavant lors de la mobilisation le jour suivant la ténolyse.
En l’absence de l’utilisation de ce type de produit, il est
préférable d’effectuer la mobilisation le jour suivant.
Une lésion
associée d’un nerf collatéral peut être traitée dans le même temps et
selon la même technique que lors des sutures primaires.
L’intervention se termine par une hémostase rigoureuse, et les
incisions sont refermées en terminant par la plaie proximale qui
permet par traction de faire glisser les fléchisseurs en proximal pour
maintenir le doigt en légère flexion.
Nous disons bien « légère »,
car une flexion importante ischémie la peau palmaire (surtout les
angles des lambeaux de l’incision de Bruner).
Cela permet par
extension passive douce d’aider le patient à rompre les adhérences
qui se forment en quelques heures.
En effet, le muscle atrophique
et les douleurs ne permettent pas toujours au patient de vaincre seul
ce « collage » tendineux par un mouvement actif.
Afin de rendre ce
geste moins douloureux, nous insérons en fin d’intervention un
cathéter permettant l’injection juste avant la séance de mobilisation
de quelques centilitres d’anesthésique local (ce geste est aussi
effectué en fin d’intervention pour assurer le confort
postopératoire).
Une injection est en général nécessaire durant les
deux ou au maximum trois premières séances de mobilisation, et le
cathéter est ensuite retiré.
3- Rééducation
:
La rééducation postopératoire est capitale et dépend totalement du
patient.
Durant les 3 premières semaines, une mobilisation est
pratiquée toutes les heures en terminant par une flexion active
maintenue par une orthèse de flexion globale (modérée).
Cette
orthèse permet aussi de protéger le doigt d’un accrochage éventuel
conduisant, comme nous l’avions observé à deux reprises, à une
rupture tendineuse.
En cas de libération articulaire, une orthèse
d’extension est portée dès les premiers jours pendant quelques
heures.
Elle est utilisée pour faciliter l’extension, le matin, au sortir
de l’appareil d’enroulement.
Ce programme a considérablement
amélioré nos résultats de ténolyse, tout en minimisant le risque de
rupture postopératoire, qui reste la complication majeure (2,5 %)
avec la récidive de l’adhérence.
Nous n’avons pas observé
d’infection, mais nous avons eu deux désunions cutanées dues à
une flexion trop importante du doigt entraînant une petite nécrose
des berges.
4- Cas particuliers :
En dehors du canal digital, la ténolyse est généralement plus facile,
mais elle pose, par exemple au poignet, d’autres problèmes tels ceux
des lésions associées.
Nous ne dirons qu’un mot des erreurs
d’anastomoses comme celle du fléchisseur carpien radial avec le nerf
médian.
Le rétablissement anatomique secondaire du nerf médian
se fait souvent par simple suture du fait de l’allongement par la
traction du muscle.
Les « échanges » tendineux (superficiels et
profonds) sont plus fréquents et prêtent moins à conséquences.
En
cas de course suffisante après ténolyse, nous les respectons (sauf si
un doigt se trouve démuni de tout fléchisseur).
Le plus souvent cependant, il s’agit de lésions nerveuses associées
et en cas de nécessité de greffe, nous tâchons d’isoler les greffons
nerveux (qui doivent rester au repos) des tendons fléchisseurs (qui
doivent glisser).
Parmi les nombreuses techniques proposées qui
sortent du cadre de cet article, citons l’isolement du nerf réparé par
un lambeau de fascia antébrachial restant pédiculé sur l’artère
radiale dont la continuité n’est pas interrompue.
Cette technique
s’est avérée simple et efficace.
C - GREFFE EN UN TEMPS
:
1- Indications
:
Cette opération autrefois fréquente car proposée devant toute plaie
dans le « no man’s land », est devenue plus rare du fait de la
réparation en urgence quasi systématique des tendons fléchisseurs.
L’indication la plus fréquente est l’absence de réparation primaire
chez un patient vu au-delà de la troisième semaine.
En effet, passé
ce délai les extrémités tendineuses sont souvent déliquescentes, le
tendon proximal fortement rétracté et les poulies annulaires
rétrécies.
Littler a parfaitement codifié et à notre avis simplifié la
technique.
Les indications doivent respecter le même équilibre tissulaire que la ténolyse : squelette consolidé, cicatrice et articulations assouplies et
bonne vascularisation.
Une des limitations difficiles à
contourner est la constatation en peropératoire de la destruction des
poulies.
Littler n’hésite pas à choisir tout de même la greffe en un
temps, mais nombre de chirurgiens, dont nous-mêmes, craignons la
difficulté d’une ténolyse de greffe à travers des poulies reconstruites,
certainement une opération des plus délicates.
Pour nous, la décision
de reconstruction des poulies condamne à la greffe en deux temps.
Si les poulies sont intactes et la sclérose locale limitée, la
greffe primaire est certainement l’opération de choix.
2- Technique
:
Elle consiste, après abord soit latéral soit en Bruner (qui permet une
meilleure vision), à exciser les tendons fléchisseurs en conservant
soigneusement les poulies et en les dilatant au besoin.
Il est
préférable de conserver la meilleure des deux bandelettes du FCS
qui est fixé sur P1 pour éviter un col de cygne chez un sujet laxe.
L’extrémité proximale est en revanche excisée le plus généreusement
possible (et le segment conservé en cas de réfection de poulie).
Un
centimètre de tendon FCP est laissé en distal, et nous préférons
passer la greffe à travers ce moignon pour obtenir l’adhérence et
utiliser son effet poulie, du fait que la poulie A5 est en général
sacrifiée.
La greffe est ensuite préparée en utilisant par ordre de
préférence le palmaire long, le plantaire grêle ou un extenseur des
orteils.
Le palmaire long a une longueur moyenne de 10 à 13 cm
(longueur suffisante pour greffer un doigt) pour un diamètre
d’environ 3 mm, mais il est absent dans 14 % à 25 % des cas (et dans
ce cas absent dans 28 % des cas du côté controlatéral).
Nous en
effectuons le prélèvement par une courte incision au poignet en
utilisant un stripper.
Le plantaire grêle (2 mm de diamètre) est plus
long (jusqu’à 30 cm), ce qui est utile en cas d’atteinte multidigitale.
Il est absent dans environ 20 % des cas (et dans ce cas absent du
côté controlatéral dans 44 % des cas).
Il est prélevé au stripper de
Brandt à travers une courte incision sur le bord antéro-interne du
tendon d’Achille.
Les extenseurs des orteils sont de dissection plus
difficile, nécessitant de nombreuses incisions étagées.
Nous
préférons, pour des raisons de cicatrice, prélever les greffons par
stripper, mais cette technique a l’inconvénient d’être plus
traumatisante pour le paratendon auquel certains auteurs
accordaient une certaine importance.
Actuellement la plupart des
auteurs l’excisent.
Enfin le FCP du second orteil présenterait
l’avantage d’un tendon intrasynovial, mais il est court. Le greffon
est immédiatement mis dans son lit et copieusement humidifié pour
éviter toute dessiccation.
Il est passé à travers chaque poulie
existante.
Le réglage de la tension optimale était pour nous difficile
avec la technique classique, qui consiste à fixer en premier le tendon
à son insertion distale en transosseux puis à procéder à un laçage
du type Pulvertaft en proximal.
En fait, contrairement à des
idées reçues, il a été démontré que l’ancrage transosseux d’un
tendon restait longtemps fragile. Nous préférons commencer par
l’anastomose proximale du greffon au tendon FCP.
Nous utilisons la
technique de Littler qui aboutit à une « olive » permettant
un meilleur glissement que les volumineux laçages classiques.
Il faut
éviter de perturber le muscle lombrical (s’il est intact) notamment
en l’utilisant pour entourer la suture.
En cas d’altération, il est
préférable de l’exciser.
Parkes a en effet décrit une extension
paradoxale lors des tentatives de flexion en cas de rétraction du
lombrical, ou plus souvent de greffe tendineuse trop longue.
En effet
dans ces cas l’action du lombrical, migrant en proximal lors de la
contraction du FCP, agit directement sur le tendon extenseur.
Une
fois la suture proximale effectuée, le greffon est passé à travers le
moignon de FCP.
Une incision palmaire sous-unguéale permet de le
glisser ensuite au contact de la phalange distale dont le périoste est
volontairement altéré pour faciliter l’adhérence du tendon.
L’extrémité tendineuse extériorisée sous l’ongle est rabattue sur la
plaque unguéale, où elle est fixée par un point en U.
Cette
technique facilite grandement le réglage de la tension par essais
successifs, jusqu’à nouer définitivement le point en U et mettre un
clip pour éviter tout glissement.
Classiquement une flexion plus
importante que la « cascade » naturelle est conseillée.
Du fait de la
solidité des deux fixations, cette technique est compatible avec une
mobilisation précoce protégée, bien que les rares travaux publiés ne
démontrent pas de supériorité (sauf sur le taux de rupture et de ténolyses) par rapport à l’immobilisation de 3 à 4 semaines.
Pour
nous, elle reste essentiellement passive dans ces cas utilisant le
glissement par mobilisation passive du poignet, et la protection est
maintenue 6 semaines.
En cas de rupture, une réintervention
immédiate est conseillée avec insertion d’une nouvelle greffe.
En cas
d’adhérences, celles-ci sont le plus souvent situées au niveau de
l’anastomose proximale, permettant une ténolyse localisée.
Les
autres complications (col de cygne, greffe trop courte ou trop
longue) peuvent être évitées par une technique rigoureuse.
Une ligne sur l’allogreffe conservée de cadavre déjà rapportée par Peacock et Madden dès 1967 pour préciser que, même si des
publications éparses la font revivre périodiquement, les problèmes
de contagion infectieuse les font rejeter actuellement.
D - GREFFE DE FLÉCHISSEUR PROFOND (FCS INTACT)
:
Même les chirurgiens d’expérience craignent la greffe de FCP « à
travers un superficiel intact ».
Le risque est de perdre par adhérence
la mobilité autrement complète de l’IPP.
Il est cependant des cas
où le patient, jeune et motivé, accepte le risque du fait de ses
exigences fonctionnelles (index cher un tireur d’élite, musicien, etc).
Curtis a démontré la possibilité d’obtenir régulièrement de bons
résultats, sur un doigt souple, avec une greffe primaire, à condition
de ne pas faire passer la greffe dans le FCS mais à sa face palmaire.
L’utilisation d’une greffe de petit calibre est également conseillée
(plantaire grêle).
D’autres auteurs préfèrent recourir à une greffe en
deux temps avec insertion préalable d’une tige de silastic.
Bien
entendu, un FCS intact n’est en aucune circonstance sacrifié. Sinon
la technique reste identique à celle précédemment décrite.
Cela ne doit pas faire oublier des alternatives plus simples comme
l’abstention, la ténodèse (qui n’est possible que lorsque le moignon
distal de FCP est suffisant) ou l’arthrodèse de l’IPD (en cas de
tendance à l’hyperextension).
Un problème particulier est celui du cinquième doigt où le FCS est
souvent anormal, n’autorisant pas la flexion IPP.
Dans ce cas,
l’atteinte du FCP entraîne une absence complète de flexion IP avec
accrochage constant du doigt, perte de force de serrage et douleur
de la paume au niveau où le tendon est pelotonné.
La greffe est
difficile et parfois frustrante dans ses résultats au niveau de ce doigt
de petite taille.
Pour l’éviter, nous avons décrit une technique qui
consiste à « motoriser » le FCS.
Pour cela une anastomose latérolatérale du FCP au FCS est effectuée dans la paume ou au
poignet après ténolyse du FCP.
L’IPD est soit laissé tel quel,
soit traité par ténodèse (en cas de segment de FCP distal suffisant),
soit par arthrodèse.
Du fait de la solidité de la suture, une
mobilisation active de l’auriculaire, solidarisé à l’annulaire, est
autorisée.
Si le contrat est clairement expliqué au patient, celui-ci est
en général satisfait du résultat, avec un arrêt de travail court.
E - RÉPARATION SECONDAIRE DU FLÉCHISSEUR PROPRE
DU POUCE (FPP) :
Kilgore,dans un article considéré comme classique, avait posé la
question de la justification de sa réparation secondaire.
En effet, la
mobilité MP est assurée par le court fléchisseur, et la mobilité de l’IP
n’a pas une grande importance dans la plupart des activités
manuelles.
L’hyperextension physiologique de l’IP peut gêner la
prise fine qui est grandement facilitée par 30° de flexion, mais une
arthrodèse dans cette position peut être suffisante dans nombre de
cas.
Il faut d’ailleurs souligner que nombre de réparations
secondaires conduisent à un résultat « académique », car la flexion IP possible en abduction disparaît souvent en opposition du fait
d’une course insuffisante.
La technique de greffe, lorsqu’elle est jugée nécessaire, ne diffère
pas de celle décrite auparavant.
La reconstruction d’une poulie
oblique est également possible par la technique de Leviet,
prélevant un lambeau aponévrotique sur l’insertion de l’adducteur
du pouce.
Certains auteurs préfèrent cependant le transfert
du FCS de l’annulaire qui, fixé à l’ongle comme précédemment
décrit, permet une mobilisation précoce et donne une course
suffisante.
Il faut prendre des précautions dans le prélèvement du FCS et éviter de stripper les
vincula du FCP en laissant
« l’anneau » du FCS.
Les deux bandelettes du FCS doivent être
séparées totalement au niveau de P1, avant de tirer sur le tendon au
niveau palmaire.
F - GREFFE DE FCS (DOIGT « SUPERFICIEL » DE LITTLER)
:
Une technique trop souvent oubliée est celle qui avait été proposée
par Littler, consistant à fixer la greffe non pas sur la phalange distale
mais sur la deuxième phalange pour concentrer toute l’action de la
greffe sur l’articulation-clé que représente l’IPP.
En effet, l’amplitude
de flexion de l’IPD ne représente que 15 % de l’arc de flexion.
C’est un mode de sauvetage, dans les cas défavorables comportant
notamment une sclérose distale importante, une raideur IPD ou une
atteinte digitale multiple.
Une alternative intéressante au niveau des
doigts ulnaires est l’utilisation d’une bandelette du FCS, par exemple
du médius transféré sur la phalange moyenne de l’annulaire, pour
rétablir la flexion de l’IPP.
Certains auteurs ont proposé ce même
type de reconstruction en « deux temps », qui pourrait se justifier en
cas de nécessité de reconstruction des poulies.
G - GREFFE EN DEUX TEMPS :
Elle n’a que de rares indications pour un chirurgien expérimenté.
Son indication naît des contre-indications de la greffe en un temps :
non pas tant la sclérose dont l’excision soigneuse peut permettre le
« un temps », mais l’absence de poulies, comme nous l’avons déjà
précisé.
En cas de sclérose étendue, destruction extensive des poulies
et enraidissement du doigt, la greffe en deux temps doit être mise
en balance avec l’arthrodèse et l’amputation, dont l’indication
s’impose en cas d’insuffisance vasculaire.
1- Premier temps
:
La technique de la greffe dite « passive » en deux temps (par
opposition à la prothèse active abordée plus loin) consiste à
insérer dans un premier temps opératoire une (ou des) tige(s) de
silicone (de diamètre suffisant de 3 à 6mm) qui permet(tent) de créer
une néogaine tendineuse avec présence de fluide (assurant
glissement et nutrition de la future greffe).
Il est alors aisé de
reconstruire à son entour des poulies adaptées pour lesquelles la solidité n’est pas nécessaire en l’absence de mise en contrainte
postopératoire.
L’excision des fléchisseurs, comme précédemment,
préserve un moignon distal de FCP, et une bandelette de FCS pour
prévenir un col de cygne ou reconstruire une poulie A3.
Le FCS est
largement excisé en proximal.
Lors de ce temps, toute limitation
d’extension doit être traitée, que ce soit une rétraction cutanée (par
lambeau) ou une rétraction capsuloligamentaire articulaire, des
muscles intrinsèques ou lombricaux.
Ce premier temps est le
moment idéal pour la réparation des lésions associées, notamment
nerveuses.
La manipulation de la tige doit éviter tout contact avec le
talc des gants ou autres particules (facteur de synovite) et le « no touch » est de rigueur.
La fixation distale doit être solide, et peut
s’effectuer en passant la tige dans le moignon distal du FCP et en la
fixant par des points de 3/0 non résorbables.
Il faut vérifier en peropératoire que la prothèse n’a pas tendance à « boucler » en
flexion, ce qui est facteur de déhiscence cutanée et de synovite.
Les
causes de cette formation de « boucle » sont principalement une (ou
des) poulie(s) trop étroite(s), une tige trop longue ou un lâchage
postopératoire de l’insertion distale.
Deux tendances s’opposent sans
qu’il soit scientifiquement possible de faire un choix en dehors de la
présence de sclérose étendue : les tiges longues allant jusqu’à
l’avant-bras, et les tiges courtes s’arrêtant dans la paume.
La
longueur de la greffe tendineuse en dépend, et le palmaire long peut
s’avérer court en cas de tige longue.
La reconstruction de quatre
poulies est conseillée par Hunter.
Leur compétence et la qualité
de la fixation distale sont testées par traction sur la tige.
En fin
d’intervention, la tige est maintenue en position proximale pour
préserver un espace pour le futur glissement, grâce à une légère
flexion du poignet et une flexion complète des MP, tandis que les IP
sont en extension.
En postopératoire, après un délai de 8 jours
facilitant la guérison, une mobilisation de la tige (souvent par
solidarisation du doigt opéré au doigt voisin sain) permet la création
d’une pseudogaine tendineuse, qui a été très étudiée
expérimentalement et dont la maturation est diversement appréciée
dans le temps, nécessitant de 2 à 6 mois.
Un délai court a la faveur
de la plupart des chirurgiens, car il raccourcit l’arrêt de travail.
Les
complications de ce premier temps ne sont pas exceptionnelles :
désunion cutanée avec exposition de la tige obligeant à une prompte
intervention, infection ou synovite.
Les signes cliniques de la
synovite comportent la sensation de crepitus, le gonflement de la
gaine perceptible au pincement transversal (signe de Vainio), et une
gêne fonctionnelle à la mobilisation.
Une recherche de la cause est
nécessaire : contrôle de l’intensité de la mobilisation, radiographie
pour rechercher une rupture de l’insertion distale ou la formation
de « boucle » en flexion.
Le repos peut être insuffisant et conduire à
anticiper le second temps avec excision partielle de la gaine toujours
épaissie.
2- Second temps
:
Réalisé deux à trois mois plus tard, il ne nécessite que de courtes
incisions.
Une proximale permet d’attacher la greffe à la tige et de
pratiquer l’anastomose avec le FCP (dont la migration aisée dans la
pseudogaine doit être contrôlée).
L’autre distale permet d’introduire
par traction la greffe dans la pseudogaine et de la fixer distalement.
Beaucoup d’auteurs préfèrent le plantaire grêle comme greffon, du
fait de son faible diamètre et de sa grande longueur.
Là encore notre
préférence va à une fixation à l’ongle facilitant le réglage de la
tension.
Un contrôle final utilisant la mobilisation passive du poignet
permet de s’assurer du glissement satisfaisant de la greffe, la flexion
du poignet devant permettre une extension complète du doigt et
inversement.
Une mobilisation postopératoire très douce est
possible, mais le risque de rupture de l’anastomose proximale oblige
à une certaine prudence.
En cas de rupture, une réintervention
d’urgence est nécessaire, avec nouvelle anastomose.
En cas
d’adhérences, celles-ci sont en général situées en proximal, et
nécessitent une ténolyse limitée qu’il ne faut pas effectuer avant 4 à
5 mois.
Enfin, autre complication mais souvent tardive, 3 à 10 ans
après la greffe, la contraction progressive et évolutive de la pseudogaine, conduisant à un doigt en crochet alors que le résultat
initial était satisfaisant.
Un cas heureusement rare est celui de l’impossibilité d’utiliser
comme moteur le FCP.
Le choix suivant se porte sur le FCS.
Lorsqu’il s’agit des doigts ulnaires, le FCP d’un doigt voisin peut
être utilisé pour « motoriser » deux doigts (même si la perte de force
est importante).
Cependant, il est des cas de grands délabrements
étendus à l’avant-bras, où il est nécessaire de faire appel à un
transfert tendineux.
Un des moteurs souvent « protégé » et
permettant une course suffisante après libération extensive est le brachioradial.
La technique « active » a été défendue par Hunter avec une
diffusion limitée.
Elle consiste à utiliser une prothèse en silicone
fixée solidement en distal (vissage dans la phalangette), et une
boucle en proximal qui permet une solidarisation à l’unité musculotendineuse.
Cette prothèse permet une mobilité active du
doigt, et n’est remplacée par une greffe qu’en cas de nécessité
(essentiellement rupture proximale).
H - TECHNIQUE DE GREFFE « PÉDICULÉE »
DE PANEVA-HOLEVITCH :
Paneva-Holevich avait proposé d’éviter le prélèvement d’un
greffon et d’assurer une solidité à la suture par une anastomose
préalable « en boucle » du FCS au FCP.
Un regain d’intérêt pour
cette technique est apparu en combinaison avec la greffe en deux
temps. Van Der Meulen avait proposé de combiner l’insertion de la
tige avec la technique de Paneva-Holevich.
Dans le deuxième temps,
le FCS est coupé à l’avant-bras à la jonction musculotendineuse, et
solidarisé à la tige pour le glisser dans la pseudogaine.
Une fixation
à l’ongle permet de disposer de deux sutures solides, autorisant une
mobilisation active protégée par une attelle dorsale en légère flexion
du poignet et des MP.
Nous avons rencontré deux difficultés avec
cette technique : d’une part le FCS est parfois trop court, et d’autre
part, lors du deuxième temps, il est le siège d’un gonflement qui ne
lui permet plus d’être glissé dans la pseudogaine.
C’est la raison
pour laquelle nous avions proposé de faire dans le premier temps
une anastomose entre le palmaire long et le FCP.
Si cette
technique évite les deux complications précitées, elle ne permet pas
d’éviter une troisième difficulté commune mais inconstante : une
certaine déliquescence de la suture lors du second temps, rendant la
dissection difficile et la solidité douteuse.
L’obtention d’une certaine
tension au niveau de la suture, par fixation distale suivie d’une
mobilisation en extension du poignet, n’a qu’inconstamment
amélioré sa qualité mécanique.
I - RECONSTRUCTION DES POULIES
:
L’insuffisance des poulies se traduit cliniquement par une saillie
palpable et parfois visible en flexion, une diminution de l’amplitude
active et de la force, ainsi qu’une raideur articulaire en flexion à
plus long terme (du fait de l’avantage mécanique du fléchisseur).
Les poulies sont importantes, comme nous l’avons précisé, par leur
situation, leur stabilité, leur solidité et leur largeur.
De multiples méthodes ont été proposées, fondées sur des
différences dans le choix des matériaux, des modes de fixation et de
la localisation.
Les matériaux utilisés ont été des fragments de
fléchisseurs excisés, le palmaire long, une partie du ligament rétinaculaire dorsal, ou du matériel synthétique (dacron). Une poulie
efficace doit être bien située biomécaniquement, et être suffisamment
large et résistante.
La réparation peut être protégée extérieurement
par un anneau en cuir porté autour du doigt (mais cette protection
est d’utilisation difficile) lorsqu’il s’agit d’une poulie A4 (ou A2), ou
par le maintien en extension de la MP (autorisant la mobilisation
des IP) pour une poulie A2.
Leur résistance est accessoire quand les
poulies ne sont pas soumises à une rééducation active postopératoire
et reconstruites lors d’une greffe de fléchisseur en deux temps. Parmi
les techniques les plus populaires, nous en citerons trois :
– la technique de Welby consiste à lacer un tendon en le
passant dans de courtes incisions pratiquées dans les restes latéraux
d’insertion des poulies ;
– la technique de Bunnell (1944) modifiée Lister
utilise une bande de 1 cm de ligament rétinaculaire dorsal, long de
8 cm, prélevée par incision transverse au poignet et mise autour du
squelette et du tendon fléchisseur.
Un drain de Penrose facilite le
passage.
Il est possible de passer soit sous le tendon extenseur soit
au-dessus, sans que nous ayons rencontré d’inconvénient pour le
tendon extenseur.
Lister ne passe au-dessus de l’extenseur qu’au
niveau A4, et préfère passer sous l’extenseur au niveau A2.
La
bandelette est suturée à elle-même.
L’avantage de cette technique
est d’obtenir une poulie de largeur suffisante avec une bonne surface
de glissement (entraînant peu de friction), mais le prélèvement
est fastidieux et laisse une cicatrice dorsale visible ;
– la technique de la « ceinture » de Karev est
intéressante en cas de greffe ou de section tendineuse.
Elle consiste
à passer le tendon à travers une boutonnière, pratiquée à l’aide de
deux incisions transverses distantes de 5 mm dans la plaque
palmaire (MP, IPP, IPD).
Bien qu’étroite et mobile (relâchement en
flexion), cette poulie a l’avantage d’être placée de telle façon qu’elle
n’autorise que très peu de corde d’arc. Par ailleurs, une étude
comparée de la solidité des réparations l’a mise en tête du
classement.
J - TÉNOARTHROLYSE TOTALE ANTÉRIEURE (TATA)
:
Nous avions été déçus par la ténoarthrolyse classique dans les doigts
enraidis en « crochet » avec flexion IPP et IPD proche de 90°.
Le
pronostic de ces raideurs a été grandement amélioré par une
opération dite « TATA » décrite par Saffar et Glicenstein.
La
technique est inspirée de la libération du quadriceps dans les
raideurs du genou.
Une incision latérodigitale doit être choisie en
fonction des anciennes cicatrices, pour préserver une artère dorsale
et éviter une nécrose cutanée dorsale de la deuxième phalange.
L’incision est menée en profondeur jusqu’au périoste phalangien
inclus (sur les trois phalanges).
Il est alors possible de lever
l’appareil fléchisseur en bloc (sans le voir) et de détacher les plaques
palmaires qui sont incluses dans le lambeau palmaire (ainsi que les
deux pédicules vasculonerveux).
Si l’extension n’est pas
obtenue, il est nécessaire d’exciser une partie des ligaments
principaux, notamment au niveau de l’IPP.
Si ce geste est aisé du
côté de l’abord, il est plus délicat du côté opposé.
Il est grandement facilité par le prolongement distal de l’incision, soulevant la pulpe
du périoste.
Nous avons toujours trouvé nécessaire, dans les vrais
« crochets », de désinsérer le FCP.
Le lambeau palmaire est toujours
insuffisant pour couvrir le doigt en extension.
Des solutions variées
ont été proposées, avec notamment cicatrisation dirigée de la pulpe
qui conduit à une pulpe dystrophique et parfois douloureuse.
Nous
procédons à une arthrodèse raccourcissante de l’IPD et si
nécessaire à un petit lambeau V-Y du type Kuttler (apparemment
médian mais découpé latéralement).
Si cela n’est pas suffisant, une contre-incision palmaire permet d’avancer un lambeau du type
Hueston.
En fin d’intervention, une broche bloque temporairement
l’IPP en extension, et la MP est fléchie pour faciliter la
vascularisation palmaire.
La broche est retirée en général au 15e jour,
et remplacée immédiatement par un appareillage d’extension retiré
uniquement toutes les heures pour les séances de flexion active.
À
partir de la 4e semaine, cet appareil d’extension n’est plus porté que
la nuit (pour 2 mois environ).
Un appareil d’enroulement diurne
pendant quelques heures est parfois nécessaire à l’amélioration de
la flexion.
Dans notre série de 41 cas, nous n’avons observé ni nécrose
cutanée, ni infection, ni instabilité IPP, ni absence de consolidation
de l’arthrodèse distale.
En revanche, une pulpe effilée a été malgré
tout fréquemment notée.
Quatre-vingt dix pour cent des doigts ont
été améliorés avec un gain opératoire moyen de 51°.
Cette opération
trop souvent méconnue est simple, comportant peu de
complications et permettant une amélioration des amplitudes
difficile à obtenir par d’autres procédés.
La rançon est cependant la
perte de la flexion IPD et un léger raccourcissement digital plutôt
favorable sur un doigt peu mobile (moins gênant court que long).
Cette opération doit cependant rester une opération de sauvetage
pour les véritables « crochets » digitaux.
K - GREFFE VASCULARISÉE :
Guimberteau s’est fait le champion de cette technique qui n’a reçu
qu’une diffusion confidentielle.
Il est possible de transférer le FCS
du cinquième doigt vascularisé par l’artère ulnaire. Le sacrifice de
cette artère a fait reculer la plupart des chirurgiens.
Le même auteur
a proposé l’allogreffe tendineuse avec traitement immunosuppresseur
temporaire, et cette technique a retrouvé un semblant
d’intérêt depuis la mode des transplantations de membres de
cadavres.
Outre l’avantage d’une greffe vascularisée, il semble
avantageux, pour diminuer les adhérences (expérimentalement),
d’utiliser un greffon de tendon intrasynovial.
Conclusion :
Malgré une multitude d’études histologiques, physiopathologiques,
biomécaniques, la réparation des tendons fléchisseurs continue d’être
un défi permanent pour le chirurgien de la main.