Lésions ligamentaires récentes du genou Cours de l'appareil locomoteur
Introduction
:
Depuis l’entorse dite « bénigne » jusqu’à la redoutable luxation du
genou, tout doit être mis en oeuvre pour faire un diagnostic clinique
précis, étayé si besoin par des examens complémentaires, afin
d’entreprendre le traitement adéquat.
Il faut non seulement
rechercher mais comprendre les lésions qui ont le plus souvent une
association logique.
Cette démarche rigoureuse doit permettre
d’optimiser la prise en charge et la compréhension des lésions afin
d’améliorer le résultat, notamment dans le cadre des lésions les plus
sévères.
La prise en charge des traumatismes ligamentaires du genou évolue,
notamment grâce à la qualité des examens complémentaires à
disposition.
Cependant, les examens paracliniques ne doivent pas
dispenser d’une prise en charge méthodique.
Celle-ci doit s’appuyer
sur un interrogatoire soigneux, un examen clinique complet et
bilatéral, ainsi qu’un bilan radiologique systématique.
Cette démarche clinique rigoureuse doit permettre d’étayer un
diagnostic.
Les complications doivent être recherchées car elles
mettent en jeu le pronostic immédiat.
Les associations lésionnelles,
fréquentes, sont importantes à inventorier au stade aigu, car
certaines lésions poseront des problèmes thérapeutiques au stade
chronique.
Nous démembrons dans cet exposé les différentes lésions
élémentaires, sans oublier les lésions de l’enfant ainsi que les luxations aiguës de la rotule.
Puis nous classons les lésions, depuis
les lésions élémentaires jusqu’aux lésions les plus complexes selon
les associations lésionnelles.
Enfin nous envisageons le traitement selon les différentes lésions et
leur gravité, d’après notre expérience, ainsi que celles de la
littérature.
Anatomie chirurgicale et
physiopathologie des lésions :
A - ANATOMIE CHIRURGICALE :
La cinématique articulaire du genou consiste en un système à six
degrés de liberté, trois en rotation et trois en translation.
La stabilité
fonctionnelle est assurée par la géométrie des surfaces articulaires,
par un système capsuloligamentaire passif, et par un système musculaire actif.
Il existe un « jeu » articulaire
physiologique associant translation et rotation, dépendant
essentiellement du degré de flexion du genou.
Le genou est verrouillé en
extension, et déverrouillé dès le début de flexion.
Le jeu physiologique frontal et en
rotation augmente avec le degré de flexion du genou.
On peut schématiquement diviser le
genou en séparant le pivot central et les structures
périphériques.
1- Structures périphériques
:
* Formations internes
:
+ Tiers antérieur
:
Recouvrant la capsule articulaire, la portion horizontale du muscle vastus medialis (vaste interne) s’insère sur la partie interne de la rotule via le rétinaculum interne. Plus distalement se trouve
l’insertion tibiale des tendons de la patte d’oie (gracilis [droit
interne], semitendinosus [demi-tendineux] et sartorius [couturier]).
Des expansions aponévrotiques relient la patte d’oie au rétinaculum
interne, assurant ainsi un rôle dynamique.
+ Tiers moyen
:
Le ligament latéral interne est la structure ligamentaire dominante.
La partie profonde comporte des fibres méniscofémorales et
méniscotibiales alors que la partie superficielle, plus solide, n’a pas
d’attache méniscale.
À la partie postérieure du ligament latéral
interne s’individualise le ligament poplité oblique (POL), en relation
avec la corne postérieure du ménisque interne.
Le pôle proximal du ligament latéral interne s’insère sur le fémur.
Il
existe un plan de glissement entre les fibres méniscofémorales et la
rampe condylienne : la joue condylienne.
Le ligament latéral interne
est en connexion avec les tendons de la patte d’oie et avec le rétinaculum patellaire interne.
Le ligament latéral interne est en
forme de triangle à base inférieure, permettant ainsi une tension des
fibres selon le degré de flexion. Les fibres les plus courtes sont
tendues en extension.
Les fibres les plus longues sont tendues en
flexion, où il existe ainsi un jeu physiologique.
La fonction du ligament latéral interne superficiel est en outre
modulée par le tendon du semimembranosus (demi-membraneux),
ainsi que par l’adductor magnus (grand adducteur) et le vastus
medialis par l’intermédiaire du rétinaculum patellaire.
+ Tiers postérieur
:
Nous considérons ici le point d’angle postéro-interne (PAPI).
Les
Anglo-Saxons ont décrit le POL (posterior oblique ligament).
Le PAPI contrôle le valgus surtout en position proche de l’extension,
il comprend le tiers postérieur du ligament latéral interne, le tendon
récurrent du semimembranosus, la capsule postéro-interne et la
corne postérieure du ménisque interne.
Le muscle gastrocnemius :
caput mediale (jumeau interne) participe également à la stabilité du
compartiment interne.
Le ligament postérieur oblique situé à la partie postérieure du
ligament latéral interne s’insère par son pôle proximal sur le condyle
interne et à sa partie distale sur le tibia, et possède des attaches avec
la corne postérieure du ménisque interne.
Le tendon du semimembranosus possède cinq terminaisons.
Les
deux terminaisons vers le ligament postérieur oblique, et la fabella
(tendon récurrent) sont intimement liées à la capsule postérointerne.
Les deux terminaisons sur le tibia se situent à la face interne
en arrière du ligament latéral interne (tendon réfléchi), et sur la face postéro-interne du tibia (tendon direct).
La cinquième terminaison
se dirige vers l’aponévrose du muscle popliteus (poplité).
Chaque
composant est tendu selon le degré de flexion.
Le semimembranosus
est le composant le plus important du PAPI.
Les tendons de la patte
d’oie sont parfois intégrés au PAPI. Ils ont une action varisante en
extension, et de rotation interne à partir de 60° de flexion.
Le ménisque interne participe également, notamment par ses
attaches capsuloligamentaires, à la stabilité du compartiment interne
du genou.
* Formations externes :
+ Tiers antérieur :
Le rétinaculum patellaire externe s’insère sur le bord externe de la
rotule.
Il est relié au fascia lata ainsi qu’au muscle vastus lateralis
(vaste externe) qui lui confèrent un rôle dynamique.
Les insertions
patellaires du muscle vastus lateralis sont plus proximales que celles
du muscle vastus medialis.
Le tractus iliotibial (bandelette de Maissiat) s’insère distalement sur
le tubercule de Gerdy.
Il existe des connexions avec le condyle
externe, la rotule, et le réticulum latéral.
Le fascia lata possède des
expansions vers le condyle externe formant les fibres de Kaplan.
Le
fascia lata joue ainsi un rôle de ligament latéral externe « dynamique », luttant contre la rotation interne en flexion et le
varus en extension.
Certaines fibres en position antérieure et
profonde par rapport au fascia lata, et ayant un rôle uniquement
passif, sont parfois nommées ligament fémorotibial
« antéroexterne ».
La capsule antéroexterne est assez lâche, renforcée
par les fibres du ligament patelloméniscal externe de Panzat.
+ Tiers moyen :
Les tiers moyen et postérieur du compartiment externe sont en
relation étroite.
La structure superficielle la plus importante est le
tendon du biceps femoris (biceps fémoral), qui s’insère sur la tête
du péroné de part et d’autre du ligament latéral externe (LLE).
Les
expansions du biceps femoris vers le tibia se situent de part et
d’autre du ligament latéral externe.
Le ligament latéral externe se dirige du condyle latéral vers la tête
du péroné.
Il est plus petit que le ligament latéral interne, sa
structure est facilement individualisable.
Il contribue à la stabilité
passive frontale externe en synergie avec le ligament croisé
postérieur.
Le tendon du popliteus s’insère sur le condyle externe en avant et
en bas par rapport à l’insertion fémorale du LLE, et se dirige en bas
et en arrière pour rejoindre le muscle popliteus, s’insérant à la face
postérieure du tibia.
Au tiers moyen, il n’y a pas de connexion ligamentaire vers le
ménisque externe (hiatus poplité).
La capsule articulaire ne possède
pas quant à elle de renforcement ligamentaire à ce niveau.
Le point d’angle postéroexterne (PAPE) ou « arcuate ligament
complex » de Hughston comprend le muscle popliteus, le ligament
poplité arqué, le ligament fabellopéronier, et la capsule
postéroexterne ; le gastrocnemius : caput laterale (jumeau externe)
ainsi que la corne postérieure du ménisque externe sont également
des éléments stabilisateurs.
La structure dominante est le muscle popliteus.
Il chemine à partir de la surface postéroexterne du tibia,
parallèlement au ligament arqué.
Après avoir donné des connexions
avec la corne postérieure du ménisque externe (ligament méniscopoplité) et le ligament arqué, la partie tendineuse traverse
l’hiatus poplité, pour se diriger vers le condyle externe.
Le ligament fibulopoplité, décrit initialement par Bousquet (popliteo fibular
ligament, PFL), presque constant, se détache du poplité avant ses
expansions à hauteur du ménisque externe et rejoint la tête du
péroné.
C’est un élément contribuant à part entière à la stabilité postéroexterne.
À la partie supérieure du point d’angle postéroexterne (PAPE), se trouve le tendon récurrent du
semimembranosus qui rejoint la fabella ou le gastrocnemius : caput
laterale si la fabella est absente.
Le ligament poplité arqué formant une arcade sous laquelle chemine
le muscle popliteus, s’insère sur la fabella avant de se diriger vers la
partie postéroexterne du tibia (faisceau interne) ainsi que la tête du
péroné (faisceau externe).
Il possède également des expansions vers
la corne postérieure du ménisque externe.
Le ligament fabellopéronier est parfois décrit comme un
renforcement du ligament poplité arqué.
La fabella joue donc un
rôle important de transfert des contraintes.
La capsule articulaire postéroexterne est renforcée par des
expansions tendineuses des structures voisines.
Le ménisque externe
non solidaire de la capsule au tiers moyen (hiatus poplité), est
attaché à la capsule au niveau du tiers postérieur.
Le tiers postérieur
est relié au pivot central par le ligament méniscofémoral postérieur
(Wrisberg), et par le ligament méniscofémoral antérieur (Humphry).
Le compartiment externe est donc stabilisé par des éléments passifs
(ligament latéral externe, éléments passifs du PAPE), et surtout par
des éléments actifs (fascia lata, biceps femoris, muscle popliteus
dynamisant le complexe arqué postérieur), qui permettent une plus
grande mobilité de ce compartiment.
2- Pivot central :
Les deux structures dominantes sont les ligaments croisés antérieur
et postérieur.
* Ligament croisé antérieur :
Le ligament croisé antérieur (LCA) s’oppose à la translation tibiale
antérieure.
Il s’insère en arrière sur la face axiale du condyle externe,
et se dirige en bas et en avant vers son insertion tibiale (surface préspinale).
Il contrôle également la rotation tibiale interne.
La
tension des fibres du ligament croisé antérieur dépend du degré de
flexion du genou.
Classiquement, les fibres antéromédiales sont
tendues en extension, les fibres postérolatérales en flexion.
En fait, il
existe un recrutement progressif des fibres lors du passage de la
flexion à l’extension (Friedrich).
Les insertions tibiales et fémorales
sont vascularisées par des artères intraosseuses, alors que le corps
du LCA est vascularisé par une artère propre (artère géniculée
moyenne).
* Ligament croisé postérieur :
Le ligament croisé postérieur (LCP) s’insère en haut et en avant, en
éventail sur la partie haute et interne de l’échancrure intercondylienne, puis se dirige en bas, en arrière et en dehors et
s’insère en arrière sur le tiers postérieur de la surface rétrospinale
du tibia.
Le LCP est tendu en flexion où il est plus vertical, et il est
détendu en extension.
Le ligament croisé postérieur s’oppose à la
translation postérieure du tibia mais contrôle également la rotation.
Les fibres postéromédiales sont tendues en extension (0 à 30°), les
fibres antérolatérales en flexion (60 à 80°).
Les fibres méniscofémorales des ligaments de Humphry et Wrisberg (présents
dans 70 % des cas) participent essentiellement au contrôle de la
rotation interne.
Les ligaments croisés contribuent également au contrôle de la laxité
frontale en tant que freins secondaires (une laxité frontale en
extension ne peut s’exprimer qu’en cas de lésion du pivot central
associée), ainsi qu’à la rotation interne automatique en extension (en
conjonction avec les contours condyliens asymétriques).
B - PHYSIOPATHOLOGIE DES LÉSIONS LIGAMENTAIRES
:
Les ligaments normaux sont des tissus conjonctifs riches en eau (70 %)
et en collagène (25 %).
L’élastine et la fibronectine représentent 5 %
de ces éléments conjonctifs, et jouent un rôle de soutien pour les
fibrocytes.
Après une lésion ligamentaire, le tissu conjonctif
devient plus riche en eau et en fibronectine.
Il s’appauvrit en
collagène, modifiant ses propriétés mécaniques initiales.
On
distingue, selon le siège, les lésions interstitielles du corps et les
lésions jonctionnelles à l’insertion des ligaments.
Les lésions
interstitielles sont dues à des traumatismes à vitesse lente, alors que
les lésions jonctionnelles surviennent plutôt pour des traumatismes à
vitesse élevée.
Les lésions interstitielles débutent par une
première phase élastique (élongation sans rupture des fibres
musculaires avec restitutio ad integrum après le traumatisme).
Si la
déformation se poursuit, une déformation plastique se produit avec microrupture, puis une rupture complète des fibres. Après la
cicatrisation, le ligament ne retrouve pas son aspect initial.
Les
lésions jonctionnelles représentent soit une avulsion, soit une
véritable fracture emportant un fragment osseux.
Il existe trois degrés anatomiques de rupture ligamentaire :
– degré I : la déformation plastique ligamentaire entraîne des microruptures.
Le ligament est le siège de foyers hémorragiques
microscopiques.
Il n’y a pas de laxité clinique ;
– degré II : les zones de ruptures sont visibles à l’oeil nu, avec des
foyers hémorragiques macroscopiques.
Il existe toujours une
continuité ligamentaire sans laxité clinique, mais la résistance du
ligament est diminuée ;
– degré III : il existe une solution de continuité ligamentaire qui se
traduit par une laxité clinique.
Le processus de cicatrisation démarre dès la lésion et se divise en
quatre étapes.
À la suite du saignement initial (première phase),
se produit une inflammation périlésionnelle (deuxième phase)
pendant quelques jours ou quelques semaines, avec afflux de cellules
inflammatoires (macrophages, polynucléaires) et libération de
cytokines.
La prolifération cellulaire avec l’afflux local de fibroblastes
(troisième phase) entraîne une fabrication de néocollagène afin de
débuter la régénération ligamentaire.
Un remodelage débute alors
avec une réorganisation des fibres collagéniques (quatrième phase)
se poursuivant pendant plus de 1 an.
Le ligament est alors microscopiquement proche de l’état initial, mais l’étude
ultrastructurale montre qu’il persiste des modifications des
structures collagéniques.
Bilan clinique :
L’examen clinique doit être rigoureux, systématique et toujours
bilatéral ; il est différent selon le contexte.
Parfois, le genou est inexaminable, hyperdouloureux avec un épanchement abondant.
Dans ce cas, une ponction permet de faciliter l’examen.
Si l’examen
demeure difficile, il faut rechercher d’éventuelles complications,
ainsi que les éléments qui conditionnent la prise en charge initiale
(immobilisation, reprise de l’appui), et savoir répéter l’examen
ultérieurement.
Lorsque le genou est facilement examinable, l’examen doit être le
plus complet possible afin d’établir un diagnostic initial précis. Les
antécédents traumatiques ou chirurgicaux sont recherchés.
A - MÉCANISME :
Pour les accidents à haute énergie ou les accidents de la voie
publique, le mécanisme est le plus souvent direct.
Les traumatismes
appuyés et violents donnent les lésions les plus sévères.
1- Traumatisme direct
:
On évoque un traumatisme appuyé dans le plan sagittal ou frontal
devant des lésions de type contusion directe.
Les lésions
d’arrachement se situent dans la partie opposée du genou.
Dans le
plan sagittal, un traumatisme antéropostérieur avec lésion cutanée à
la partie antérieure du genou doit faire rechercher une lésion du
ligament croisé postérieur.
Très rarement, un traumatisme postéroantérieur peut entraîner une fracture du quart supérieur du
péroné et une rupture du LCA.
2- Traumatisme indirect
:
Deux types de mécanismes se retrouvent préférentiellement lors des
accidents de sport :
– VALFE : traumatisme en valgus, flexion, rotation externe.
Il peut
s’agir d’un mouvement exagéré (ski) ou d’un choc contre résistance
sur le pied (« tacle » au football).
On observe des lésions du ligament
croisé antérieur, du plan ligamentaire interne et du ménisque externe, par écrasement ou traction sur la corne postérieure du
ménisque externe.
Rarement, le ménisque interne lui-même est
intéressé.
Ces lésions peuvent être associées (triade antérointerne).
Ce mécanisme peut s’accompagner d’une luxation de
rotule, s’il existe des facteurs prédisposants ;
– VARFI : traumatisme en varus, flexion, rotation interne.
On
retrouve essentiellement des lésions du ligament croisé antérieur.
Si
le mécanisme se poursuit, se produisent aussi des lésions des
formations antéroexternes avec arrachement capsulaire (fracture de
Segond).
Il existe beaucoup d’autres mécanismes à l’origine de lésions capsuloligamentaires et méniscales.
Ces mécanismes sont le plus
souvent difficiles à préciser pour les pentades et les luxations, mais
les associations lésionnelles permettent de suspecter le mécanisme
causal.
B - SIGNES FONCTIONNELS :
Il faut rechercher à l’interrogatoire les signes fonctionnels initiaux et
ceux présents au moment de l’examen clinique.
L’interrogatoire
précise, outre le mécanisme, les circonstances de l’accident ainsi que
les traitements entrepris depuis.
Les plaintes du patient sont :
– douleur : presque constante.
Son intensité n’est pas proportionnelle
à la sévérité des lésions anatomiques.
Elle est influencée de façon
importante par l’hémarthrose ;
– craquement : c’est un signe de gravité faisant évoquer une rupture
ligamentaire ou méniscale.
Il peut être présent lors d’une luxation
de rotule.
Il doit faire rechercher une fracture associée ;
– sensation de déboîtement : c’est un signe d’orientation,
généralement bien décrit par le patient.
Il évoque une lésion du
pivot central et/ou d’un ligament latéral.
La luxation aiguë de la
rotule peut également s’accompagner d’une impression de
déboîtement du genou ;
– impotence fonctionnelle : en cas d’impossibilité d’appui et
d’impotence fonctionnelle (par exemple le joueur ne peut regagner
le banc de touche), on évoque une rupture ligamentaire, une lésion
méniscale ou une fracture ostéochondrale.
L’appui est le plus
souvent douloureux voire impossible lorsque l’hémarthrose est
constituée ;
– gonflement : presque contemporain du traumatisme, il évoque une
hémarthrose témoin d’une rupture du pivot central le plus souvent.
Il peut aussi s’agir d’une fracture.
En cas de constitution secondaire,
il évoque une hydrohémarthrose, compatible avec une rupture des
formations périphériques mais aussi du pivot central ;
– blocage : la notion de blocage doit être interprétée avec prudence
dans le cas d’un genou avec épanchement abondant.
En effet, une
hémarthrose importante peut être responsable d’un flexum
antalgique.
Une luxation non réduite de la rotule est diagnostiquée
facilement cliniquement.
Elle s’accompagne d’une impossibilité de
flexion.
L’extension passive permet la réduction de la luxation.
Un flexum du genou, s’il est associé à une hémarthrose, doit être
réévalué après avoir évacué l’épanchement.
L’interrogatoire permet ensuite un examen clinique orienté.
C - EXAMEN PHYSIQUE :
1- Inspection
:
On recherche des lésions cutanées (contusion, plaie) évoquant le
mécanisme de traumatisme direct.
L’existence d’un « gros genou »
est due, d’autant plus qu’il s’agit d’un traumatisme indirect, à un
épanchement intra-articulaire.
Parfois, le genou est tuméfié, infiltré
de façon plus diffuse, notamment lorsque l’hémarthrose a diffusé
par les brèches capsulaires.
2- Signes physiques
:
L’examen doit être réalisé avec prudence avant le bilan
radiographique.
On recherche un épanchement intra-articulaire.
L’aspect du liquide oriente le diagnostic en cas d’hémarthrose
(lésion ligamentaire du pivot central), de lipohémarthrose (fracture)
ou de liquide sérohématique, (lésion méniscale, chondrale ou
capsuloligamentaire).
La mobilité est évaluée, le plus souvent limitée en flexion du fait de
la douleur.
Il ne faut pas oublier de rechercher un flexum actif
(rupture du système extenseur).
On recherche à la phase aiguë un recurvatum asymétrique
(recurvatum-test de Hughston) témoignant d’une lésion des
formations postéroexternes et du pivot central.
On évoque en cas de flexum, un flexum antalgique (hémarthrose importante), une lésion
méniscale (anse de seau), un battant de cloche du LCA, ou une
fracture ostéochondrale agissant comme un corps étranger.
* Testing ligamentaire
:
Rappelons que l’examen doit toujours être bilatéral.
Les manoeuvres
cliniques permettent de tester les différentes structures
ligamentaires.
L’examen clinique initial est parfois difficile à réaliser,
du fait de la douleur, aboutissant à une seule suspicion diagnostique.
En revanche, en cas de douleur modérée et d’hémarthrose peu
importante, l’examen complet est possible, permettant la réalisation
de tests diagnostiques spécifiques.
+ Ligament croisé antérieur (LCA)
:
S’il s’agit d’un accident d’instabilité sur une laxité antérieure
chronique, l’hémarthrose ou l’hydarthrose, ainsi que la douleur, sont
le plus souvent modérées ou absentes.
Test de Trillat-Lachman : l’arrêt mou au test de Trillat-Lachman (tiroir
antérieur à 20° de flexion) signe la rupture complète du ligament
croisé antérieur.
En cas d’arrêt dur au test de Trillat-Lachman, le
ligament croisé antérieur peut être intact, ou présenter une rupture
partielle (arrêt dur retardé).
Il faut être prudent quant à
l’interprétation du test de Trillat-Lachman quelques semaines après
l’accident ; en effet, en cas de cicatrisation en nourrice du LCA, le
test de Trillat-Lachman retrouve un arrêt dur retardé.
Ressaut (Dejour, Jerk-test de Hughston, Pivot shift de Mac Intoch) :
ce test est rarement réalisable dans la phase aiguë en raison de la
douleur.
Le ressaut, s’il est positif, correspond à une réduction
brutale des plateaux tibiaux par rapport aux condyles fémoraux. Il
affirme la rupture du ligament croisé antérieur.
Tiroir antérieur direct à 90° : ce test n’est réalisable que si l’on peut
positionner le genou à 90°.
Il est présent en cas de lésions des coques
postérieures et des ménisques, associées à la rupture du LCA.
En
cas de tiroir antérieur positif, il faut éliminer une rupture du
ligament croisé postérieur, le pseudotiroir antérieur correspondant
alors à une réduction du tiroir postérieur spontané.
+ Ligament croisé postérieur (LCP)
:
L’examen genou fléchi à 90° peut montrer un avalement de la
tubérosité tibiale antérieure, un tiroir postérieur à 90°.
Le tiroir
postérieur à 90° s’exprime d’autant plus qu’il existe des lésions
associées des points d’angles.
L’arrêt dur retardé lors de la
manoeuvre de Trillat-Lachman doit faire rechercher une lésion du
LCP.
Le ressaut inversé (reversed pivot shift) n’est en principe pas
réalisable à la phase aiguë, il serait présent dans 35 % des cas sur
des genoux normaux testés sous anesthésie.
+ Ligament latéral interne (LLI)
:
Le genou doit être testé en extension et également « déverrouillé »,
c’est à dire à 20° de flexion.
La laxité interne en extension (LIE) signe
la rupture du ligament latéral interne.
Le ligament croisé antérieur
doit être rompu pour que cette laxité puisse s’exprimer.
Le testing
en flexion (VALFE) met en évidence une laxité interne en cas de
rupture du ligament latéral interne.
Ce testing en flexion est plus
spécifique du ligament latéral interne.
+ Point d’angle postéro-interne (PAPI)
:
La lésion du PAPI se traduit à l’examen clinique par un tiroir
antérieur à 90° de flexion.
Pour que puisse s’exprimer cette lésion interne, il faut une rupture du ligament croisé antérieur, ainsi qu’une
lésion de la corne postérieure du ménisque interne.
En effet, le
ménisque interne normal agit comme une cale empêchant la
translation.
+ Ligament latéral externe (LLE) :
On examine le genou en position d’extension ainsi que genou
déverrouillé.
La laxité externe en extension (LEE) affirme la rupture
du ligament latéral externe.
Cette laxité s’exprime uniquement s’il y
a une rupture conjointe des ligaments croisés.
Le testing en varus,
flexion à 20°, rotation interne (VARFI) signe la rupture du ligament
latéral externe.
L’examen en position de Cabot (ou en position de la
grenouille) permet de palper le ligament latéral externe, que l’on
sent rouler sous le doigt comme une corde.
+ Point d’angle postéroexterne (PAPE)
:
On recherche, si l’état du genou le permet, une instabilité rotatoire
dans le plan horizontal.
On s’attache à rechercher l’hypermobilité
du compartiment externe (HME) décrite par Bousquet.
Cette hypermobilité retrouvée à 30° et non à 90° signe une lésion isolée
du PAPE.
En cas de lésion associée du LCP, l’hypermobilité est
retrouvée à 30 et 90°.
Le test de Whipple (recherche du tiroir
postérieur jambe fléchie en décubitus ventral), ainsi que le recurvatum-test sont réalisés.
Pour Mooney, le reversed pivot
shift ne s’exprime que s’il existe une laxité postéroexterne, et non en
cas de lésion isolée du LCP.
* Tests méniscaux
:
Dans ce contexte traumatique, la lésion méniscale est évoquée de
principe.
Cependant, l’examen clinique est rarement certain.
Il a une
valeur d’orientation.
Seuls les examens paracliniques (imagerie par
résonance magnétique [IRM]) permettent de faire le diagnostic à la
phase aiguë.
L’IRM est rarement nécessaire en urgence, d’autant que
les désinsertions périphériques évoluent le plus souvent
favorablement.
Il faut cependant évoquer une anse de seau
méniscale, en faire le diagnostic et la traiter.
Le diagnostic des autres
lésions méniscales ne modifie guère la stratégie thérapeutique
initiale.
+ Ménisque interne
:
Une lésion méniscale interne en anse de seau se traduit par un flexum élastique et un point douloureux méniscal interne net.
Le
passage par une position hyperfléchie est recherchée.
Le tableau
clinique peut être dominé par des douleurs de l’interligne interne.
On recherche une douleur à la palpation de l’interligne interne, un
signe de Mac Murray, et un grinding test positif.
+ Ménisque externe :
On suspecte une lésion méniscale externe de type anse de seau
devant un blocage du genou avec flexum élastique, et/ou des
douleurs sur l’interligne fémorotibiale externe.
L’examen peut se
résumer à un point douloureux localisé à l’interligne fémorotibial
externe.
L’examen du ménisque externe est au mieux réalisé en
position de Cabot.
* Lésions ostéochondrales :
Elles sont fréquentes dans le cadre des entorses du genou.
Elles
peuvent être responsables de blocage du genou.
Il faut savoir les
évoquer devant une hydarthrose ou une hémarthrose avec un
examen ligamentaire et méniscal normal.
* Cas particulier des pentades et luxations
:
Le diagnostic de luxation peut être difficile, notamment si celle-ci a
été réduite sur les lieux de l’accident.
Le testing ligamentaire est le
plus souvent sommaire ; il faut rechercher immédiatement les
complications vasculonerveuses (pouls, coloration, motricité,
sensibilité), et apprécier les lésions cutanées (impact cutané, luxation
exposée).
Le dépistage des lésions vasculonerveuses doit être
systématique devant toute suspicion de luxation.
L’épanchement articulaire est le plus souvent modéré, du fait de la
diffusion hémorragique en relation avec les brèches capsulaires.
La
mobilisation est peu douloureuse, et la laxité constante, dont
l’origine est souvent difficile à déterminer, avec une impression de
genou se « disloquant ».
On cherche à l’examen une invagination des parties molles pouvant
traduire une incarcération ligamentaire source d’irréductibilité, une
rupture de l’appareil extenseur, ou des lésions associées dans le
cadre d’un polytraumatisme.
Examens radiologiques
:
Les radiographies standards du genou sont indispensables.
En
fonction de la sémiologie clinique, différents examens
complémentaires sont pratiqués.
A - RADIOGRAPHIES STANDARDS
:
Face, profil strict ainsi que vue axiale des rotules sont réalisés.
On
recherche une avulsion de la surface osseuse préspinale (LCA) (vue
des échancrures si besoin), ou de l’épine tibiale postérieure (LCP),
une fracture de Segond (arrachement capsulaire externe), un
arrachement osseux de l’insertion des ligaments collatéraux.
Un
remodelé des épines tibiales oriente vers une lésion ligamentaire
ancienne du pivot central.
On recherche également une fracture
fémorale ou tibiale, un bâillement de l’interligne fémorotibial interne
ou externe, témoin d’une lésion ligamentaire collatérale médiale ou
latérale.
Les clichés de trois quarts sont intéressants en cas
d’arrachement capsulaire antéroexterne.
Une encoche du condyle
externe sur le cliché de profil (impaction du condyle sur le bord
postérieur du plateau) est très évocatrice d’une rupture du LCA.
Dans le cadre des luxations, les radiographies standards permettent
de caractériser la luxation (déplacement du tibia), de rechercher une
translation frontale du tibia (lésion par décollement), une
augmentation de la hauteur de l’interligne (incarcération
ligamentaire), une lésion osseuse (avulsion, fracture des plateaux ou
des condyles).
B - CLICHÉS DYNAMIQUES :
Ces clichés dynamiques doivent être comparatifs, ce sont des clichés
en translation antérieure à 20° de flexion (LCA), tiroir postérieur
entre 70 et 90° de flexion (LCP), clichés en varus (LLE), clichés en
valgus (LLI).
Ces clichés sont le plus souvent non réalisables en
urgence du fait de la douleur.
Un différentiel de plus de 2 mm signe
la rupture ligamentaire.
La laxité peut être sous-estimée du fait de
la douleur.
Les clichés en stress modéré, sous anesthésie dans le cadre des
lésions complexes (pentades et luxations) sont réalisés avant
l’incision chirurgicale afin d’objectiver les laxités (antérieure,
postérieure, valgus, varus, translations externe et interne).
C - IMAGERIE PAR RÉSONANCE MAGNÉTIQUE
:
Il s’agit dans un grand nombre de cas de l’examen de deuxième
intention après les radiographies standards.
Les séquences
anatomiques (T1, densité de proton), visualisent les ligaments
croisés, les ménisques et les structures ostéochondrales, ainsi que
l’appareil extenseur.
Les séquences T2 en écho de spin avec
suppression du signal graisseux (T2, FSE, Fat-Sat) sont intéressantes
en cas d’épanchement articulaire, de rupture ligamentaire ou
tendineuse, de contusion ou d’oedème de l’os sous-chondral.
Les
séquences Rho Fat-Sat permettent également une très bonne
visualisation des contusions osseuses.
La séquence T2 en écho de
gradient possède une bonne sensibilité pour la mise en évidence
des fissures méniscales ainsi que des lésions musculaires
traumatiques.
Le plan transversal est intéressant pour les ligaments
collatéraux et les points d’angle.
Pour la pathologie méniscale, seules des anomalies de stade 3, c’està-
dire atteignant la surface méniscale doivent être retenues
comme pathologiques.
L’IRM est fiable pour le diagnostic des
lésions des ligaments croisés (90 à 98 % pour le LCA, 96 à 98 % pour
le LCP).
Il faut cependant noter que la fiabilité de l’IRM pour le
diagnostic des lésions du pivot central n’est pas de 100 %.
L’IRM est une aide diagnostique insuffisante pour les lésions postéroexternes, dépistant les lésions ligamentaires avec une bonne
sensibilité, mais ne permettant pas de définir une stratégie
thérapeutique avec certitude.
L’IRM est aussi utile dans la connaissance des lésions ostéochondrales, présentes dans deux tiers des cas de
ruptures du ligament croisé antérieur.
Elles constituent ainsi un bon
signe indirect.
Les lésions IRM sont classées en trois stades :
– type A : contusion trabéculaire simple (bone bruise) ;
– type B : contusion osseuse sous-chondrale sans atteinte
cartilagineuse ;
– type C : fracture impaction ostéochondale.
L’IRM permet de mettre en évidence des fractures occultes non
diagnostiquées par les radiographies standards.
D - ARTHROSCANNER :
Cet examen a maintenant supplanté l’arthrographie, notamment
dans le cadre des lésions aiguës.
L’arthroscanner permet de mettre
en évidence des lésions méniscales (languette, anse de seau,
désinsertion capsuloméniscale), et représente la technique de
référence pour l’analyse du cartilage ; il permet également la
mise en évidence de corps étranger intra-articulaire.
L’arthroscanner
est généralement moins performant que l’IRM, cependant, les
reconstructions obliques (MPR), ou l’utilisation d’un scanner
multibarrette permet une analyse satisfaisante du ligament croisé
antérieur.
L’arthroscanner est difficile à réaliser à la phase aiguë,
gêné par l’hémarthrose, les brèches capsulaires. Le scanner permet
de préciser les traits de fractures.
E - ARTHROSCOPIE :
Nous parlons ici de son intérêt diagnostique.
Elle est supplantée
actuellement par les examens complémentaires radiologiques,
notamment chez l’enfant.
Elle peut être dangereuse lorsqu’il
existe une brèche capsulaire, du fait du risque de syndrome des
loges.
Démembrement des lésions :
A - PIVOT CENTRAL :
1- Ligament croisé antérieur :
Les mécanismes de rupture du ligament croisé antérieur peuvent
être le valgus-flexion-rotation externe (VALFE) entraînant en premier
lieu une rupture du LLI (triade interne) qui serait le mécanisme le
plus fréquent des entorses du genou, l’hyperextension non
appuyée (shoot dans le vide), la rotation interne dans une position
proche de l’extension (translation tibiale antérieure par rapport au
fémur et enroulement du LCA autour du LCP aboutissant à la
rupture du LCA, puis à la fracture de Segond).
Les contraintes postéroantérieures lors d’un trauma appuyé à la face
postérieure de la jambe, associé à une contraction violente du
quadriceps femoris (quadriceps fémoral) (typiquement imposé par la chaussure de ski montant haut sur le mollet en position de
déséquilibre arrière) entraînent une contraction réflexe puissante du
quadriceps femoris pour « rattraper » ce déséquilibre.
La rupture du LCA existe sous différentes formes :
– la rupture intraligamentaire est la forme la plus courante (60 à
80 %).
Située en plein corps du ligament, elle est parfois intrasynoviale, permettant alors à la portion distale du LCA, encore
vascularisée, de s’accoler au LCP (cicatrisation en nourrice de A
Trillat) ;
– la rupture au voisinage de l’insertion fémorale est moins
fréquente, il s’agit soit d’une avulsion avec arrachement osseux le
plus souvent, soit d’une rupture proche de l’insertion ;
– la rupture au voisinage de l’insertion tibiale, encore moins
fréquente chez l’adulte, se présente surtout sous forme d’un
arrachement de l’épine tibiale.
Cette localisation est l’apanage de la
rupture du LCA chez l’enfant.
Le bilan paraclinique comprend des radiographies standards, les
clichés dynamiques n’étant pas réalisables le plus souvent du fait de
la douleur.
L’IRM permet le diagnostic de rupture (très bonne
sensibilité dans les ruptures récentes), et recherche des signes
indirects (tiroir antérieur spontané, verticalisation du LCP,
contusions osseuses) et des lésions associées (méniscales,
capsuloligamentaires).
Il faut noter que les lésions méniscales
associées, classiquement plutôt internes, siègeraient en fait le plus
souvent au niveau externe.
Les contusions osseuses (bone
bruise), sont visibles à la partie antérieure du condyle externe et à la
partie postérieure du plateau tibial externe.
2- Ligament croisé postérieur
:
Le mécanisme le plus fréquent (environ 45 %) se rencontre dans les
accidents de la voie publique (syndrome du tableau de bord), avec
un choc direct sur la face antérieure de l’extrémité supérieure du
tibia, genou fléchi.
L’hyperflexion du genou avec le pied en flexion
plantaire est le mécanisme de rupture prépondérant en pratique
sportive, entraînant une translation tibiale postérieure par rapport
au fémur.
Les accidents en torsion et/ou varus ou valgus
peuvent, à condition qu’ils soient à haute énergie, entraîner une
rupture du LCP, non pas isolée mais entrant dans le cadre des
triades ou pentades.
L’hyperextension isolée peut également être la
cause de la rupture du LCP, mais en général après celle du LCA.
La rupture du LCP existe sous plusieurs formes. Les
ruptures intraligamentaires sont les plus fréquentes (environ 70 %)
et se rencontrent pour tous les types d’accident.
Les ruptures au
plancher sont moins fréquentes (20 %) et seraient plutôt le fait des
traumatismes antéropostérieurs, provoquant alors un arrachement
de l’épine tibiale postérieure.
Les ruptures au plafond sont plus rares
(10 %) et sont plutôt le fait de mécanismes combinés.
Les ruptures
partielles toucheraient plutôt le faisceau postéromédial.
B - FORMATIONS INTERNES :
1- Ligament latéral interne (LLI)
:
C’est l’élément le plus important de ces formations internes, mais
également le plus fragile.
* Mécanismes de rupture
:
Le plus souvent, il s’agit d’une force appliquée directement sur la
face latérale du genou, entraînant un valgus pur sur l’articulation
du genou.
La rupture du LLI se fait d’autant plus que le quadriceps
est relâché.
Cette rupture, lorsqu’elle est complète (deux faisceaux),
se poursuit jusqu’à la capsule interne puisque le faisceau profond y
est quasiment indissociable.
Les accidents en VALFE peuvent
également être responsables de rupture du LLI (triades et pentades
internes).
La rotation externe forcée pure est rare, et provoque des
lésions du LLI et du ménisque interne puis des formations
externes.
Le LLI peut être rompu lors d’un mécanisme en varus
et/ou rotation dans le cadre des pentades et luxations.
* Siège de la rupture
:
Le niveau de la rupture peut être différent sur le faisceau superficiel
et sur le faisceau profond (lésions à deux étages).
La rupture du faisceau superficiel se situe habituellement proche de
l’insertion fémorale, et peut même réaliser un arrachement de son
insertion sur le condyle interne.
Elle peut également se
produire proche de l’insertion tibiale, en particulier chez l’enfant
chez qui il est classique d’observer une avulsion de l’insertion tibiale
associée à un décollement épiphysaire de l’extrémité inférieure du
fémur lorsque le cartilage de conjugaison n’est pas encore fermé.
La rupture du faisceau profond se produit après celle du superficiel,
et se situe en général proche de l’interligne articulaire du fait de son
intimité avec la capsule articulaire à ce niveau.
Les ruptures incomplètes, c’est-à-dire la rupture des fibres au sein
du ligament sans réelle solution de continuité, ont été décrites et
aboutissent à un « étirement » du LLI.
À noter que l’IRM est un bon examen pour le diagnostic lésionnel.
Le signe ayant la meilleure sensibilité est l’effacement de la graisse
entre les deux faisceaux du LLI (81 %).
L’oedème osseux au niveau
de l’insertion fémorale est très spécifique, mais sa sensibilité n’est
que de 53 %.
2- Point d’angle postéro-interne (PAPI)
:
* Mécanisme :
Ce renforcement capsulaire postérieur subit des dommages lors du
même type d’accidents que pour le LLI lorsque le mouvement se
poursuit.
La rupture survient donc principalement lors de
mouvements en valgus forcé, associé ou non à une flexion-rotation externe, et survient après celle du LLI.
Bien souvent, le ménisque
interne est désinséré lorsque la rotation est présente.
L’hyperextension forcée peut, si elle se poursuit, engendrer une
lésion du PAPI après la rupture du LCA sous forme le plus souvent
d’ecchymoses en son sein.
* Siège :
La rupture capsuloligamentaire peut survenir en zone sus- ou sousméniscale
de la portion interne à la portion postérieure, la déchirure
étant plutôt horizontale lorsque le valgus prédomine, et plutôt
verticale en cas de rotation associée.
La déchirure peut être oblique
ou multidirectionnelle, mais aussi multiple.
Une mise à nu de l’os à
l’insertion fémorale du PAPI peut être observée.
La lésion proche
de l’insertion tibiale est plus rare mais possible.
C - FORMATIONS EXTERNES :
1- Ligament latéral externe (LLE)
:
* Mécanisme de survenue des lésions
:
Le varus forcé alors que le genou est en hyperextension est le
principal mécanisme incriminé, puisque le LLE est tendu en
extension.
Le varus flexion rotation interne (VARFI) peut entraîner
des lésions du LLE lorsque le mouvement se poursuit après la
rupture du LCA (ski, sports à pivots, sports de contact…).
Les
accidents violents en valgus forcé entraînant une luxation externe
du genou peuvent atteindre le LLE par décalottement périosté en
même temps que le popliteus sur leur insertion condylienne externe.
* Siège des lésions
:
Elles sont le plus souvent situées proches ou sur l’insertion distale,
réalisant en général un arrachement osseux au milieu de la tête du
péroné avec l’attache du biceps femoris, association classique
et logique du fait de leur insertion presque commune et de la
fonction de hauban externe du biceps femoris quand le genou est en
extension.
La lésion distale peut aussi être une désinsertion du LLE sur la tête
du péroné, sans arrachement, mettant l’os a nu.
Une avulsion ou
désinsertion sur le condyle externe peut également se produire sans
arrachement vrai et pouvant aller jusqu’au décollement périosté
emportant aussi l’insertion du tendon du popliteus.
Les lésions intraligamentaires, au même titre que le LLI, aboutissent à un
étirement du LLE sans réelle solution de continuité (solution
anatomiquement la moins favorable).
2- PAPE
:
Les circonstances de lésion du point d’angle postéroexterne (PAPE)
sont souvent les mêmes que pour le LLE, et l’association lésionnelle
est la règle.
Le ligament arqué, renforcement capsulaire postéroexterne, obéit à
cette règle.
Sa lésion est le plus souvent située au ras de l’insertion
basse, proche du péroné et du rebord postéroexterne du tibia,
réalisant soit une désinsertion, soit un arrachement osseux
intéressant ses connexions avec l’expansion externe du popliteus et
surtout le ménisque externe fréquemment désinséré.
La lésion peut
également siéger en proximal, concernant alors la capsule postéroexterne en arrière du condyle externe (coque condylienne
externe) ; elle peut alors réaliser un arrachement osseux avec
l’origine du gastrocnemius : caput laterale qui lui est solidaire à ce
niveau.
La coque condylienne externe, que certains intègrent avec le ligament
arqué au complexe arqué, subit des dommages lors des accidents en
varus forcé et/ou translation tibiale postérieure.
La lésion est plutôt
proche de l’insertion fémorale, avec possible désinsertion partielle
de l’origine du gastrocnemius : caput laterale comme nous venons
de le voir ci-dessus.
La lésion peut également se situer au tibia.
Le popliteus est lésé par des mouvements de translation postérieure
du tibia et/ou rotation externe.
Ce dernier mécanisme, si le genou
est en flexion, peut être responsable d’une lésion isolée du popliteus.
La lésion est en général proche de l’insertion fémorale
à type de désinsertion pouvant être conjointe avec celle du LLE. Elle
peut également se situer dans le corps du tendon, à la jonction
tendinomusculaire, voire en plein muscle, expliquant la difficulté
diagnostique.
Le fascia lata peut également être rompu, soit en plein corps, soit
sous forme d’une dissociation interstitielle à la partie postérieure
des fibres profondes associée fréquemment à un arrachement
capsulaire antéroexterne, avec un arrachement osseux tibial du
rebord marginal décrit par Segond.
Les lésions du biceps femoris sont observées le plus souvent à
l’insertion sur la tête du péroné, et fréquemment associées à
l’arrachement osseux de l’insertion fibulaire du LLE.
La lésion peut
siéger beaucoup plus rarement à la jonction tendinomusculaire.
* Lésions osseuses
:
Les insertions ligamentaires peuvent être le siège d’arrachements
osseux, arrachement de l’insertion distale du LCA (beaucoup plus
fréquente chez l’enfant), arrachement de l’insertion tibiale
postérieure du LCP, arrachement de l’insertion fémorale du
LLI assez rare, arrachement de l’insertion tibiale du LLI plus
fréquente chez l’enfant, arrachement de l’insertion fibulaire du
LLE et/ou du biceps femoris, mécanisme le plus fréquent de la
lésion du LLE, et arrachement de l’insertion condylienne externe du
LLE plus ou moins associée à celle du popliteus.
Les insertions capsulaires sont également susceptibles de provoquer
des arrachements osseux, mais elles intéressent surtout le
compartiment externe, avec arrachement possible de l’insertion
tibiale postérieure du ligament arqué (rebord postéroexterne du
tibia), arrachement de l’insertion fémorale de la capsule
postéroexterne comprenant ou non l’origine du gastrocnemius :
caput laterale qui est solidaire de la capsule à ce niveau, arrachement
de la partie antéroexterne du tibia correspondant à la capsule
antérieure renforcée par les fibres terminales de la bandelette
iliotibiale (fracture de Segond).
D - LÉSIONS ASSOCIÉES :
Les fractures des plateaux tibiaux aggravent la laxité mais
diminuent la gravité des lésions ligamentaires.
Par exemple, les
fractures marginales du plateau tibial interne lors d’accidents en
varus forcé, avec effondrement osseux antérieur des plateaux tibiaux
lors d’accidents en hyperextension appuyée, préviennent la
survenue de complications graves, notamment lésions artérielles et
nerveuses poplitées.
C’est également le cas pour les fractures avec
impaction du plateau tibial externe lors d’accidents en valgus forcé.
Shelbourne a montré que ces lésions externes étaient moins
fréquentes si le LLI était rompu, l’énergie s’épuisant dans le LLI.
Ces lésions sont susceptibles d’entrer dans le cadre des fracturesluxations
du genou qui posent des problèmes diagnostique et
thérapeutique.
Les fractures de l’extrémité inférieure du fémur, intercondylienne, de
Trelat, de Hoffa, doivent être une priorité thérapeutique.
Les
fractures extra-articulaires sur le membre inférieur diffèrent selon le
mécanisme traumatique.
Ces fractures dominent le plus souvent la
scène clinique, et l’examen du genou devra être systématique, à la
recherche de lésions ligamentaires associées.
Les lésions ostéochondrales sont diagnostiquées grâce aux examens
complémentaires (IRM, arthroscanner).
Les lésions chondrales
superficielles ou profondes peuvent être associées aux lésions
ligamentaires du genou, dans une proportion allant de 10 à 50 %
selon les lésions prises en compte et la lésion ligamentaire.
Les
lésions de type 3 ne dépasseraient pas 16 % des cas en association
avec les ruptures du LCP, et se situent le plus souvent sur le condyle
médial dans ce cas.
Les fractures sous-chondrales sont des lésions
localisées de l’os sous-chondral à type d’écrasement.
Elles peuvent
se localiser aux plateaux tibiaux et aux condyles, ainsi qu’à
l’articulation fémoropatellaire.
Associées aux lésions ligamentaires,
elles auraient une évolution péjorative pour le genou par
amoindrissement voire disparition du cartilage sus-jacent, même s’il
apparaît macroscopiquement intact au moment du traumatisme.
L’oedème de l’os sous-chondral (« bone bruise ») observé en IRM est
une notion récente, et serait souvent associé. Il se situe plutôt en
zone épiphysaire que métaphysaire, le cartilage a un aspect normal.
Actuellement, la traduction clinique éventuelle de ces lésions est
controversée : pour Darren et Johnson une corrélation avec les
douleurs, le niveau d’activité et l’oedème du genou existerait, alors
que pour Costa-Paz et Lahm, aucune corrélation n’est
formellement établie.
E - AUTRES LÉSIONS :
1- Lésions méniscales :
Elles sont fréquemment associées aux lésions ligamentaires, les
mécanismes lésionnels étant identiques.
Elles touchent la corne
postérieure plutôt périphérique du ménisque interne en association
avec la rupture du LCA.
Lors des pentades internes, il s’agit
dans 75 % des cas d’une désinsertion périphérique du ménisque
interne.
Les lésions méniscales interne et externe sont fréquemment associées
à la rupture du LCP.
Les désinsertions méniscales externes sont
également fréquentes lors des atteintes des formations externes.
Ces lésions méniscales externes seraient plus fréquentes que les
lésions internes au cours de la classique triade antéro-interne, et elles sont associées dans 30 à 70 % des cas dans les entorses
antéroexternes préligamentaires.
2- Lésions de l’appareil extenseur
:
Les lésions de l’appareil extenseur sont présentes dans 10 à 20 %
des cas lors des luxations du genou, et notamment postérieures.
Les lésions de l’aileron rotulien par poursuite de la déchirure
capsulaire vers le haut touchant la partie moyenne de l’aileron,
notamment en cas d’atteinte des formations internes, peuvent aller
jusqu’à la luxation de la rotule.
On peut observer des fractures de rotule sous toutes leurs formes
selon le mécanisme lésionnel, des décalottements ostéopériostés du
tendon quadricipital, ainsi que des lésions du tendon rotulien à
type de rupture intratendineuse ou arrachement de son insertion
tibiale.
F - LÉSIONS LIGAMENTAIRES CHEZ L’ENFANT
:
Ces lésions ligamentaires sont plus fréquentes que les fractures chez
l’enfant, et leur fréquence augmente vers 7 ans, lorsque les enfants
débutent réellement les activités sportives.
Globalement, 10 % des traumatismes du genou touchent les enfants,
les lésions ligamentaires survenant plutôt pour des traumatismes
lents contrairement aux décollements épiphysaires (traumas
violents).
Trois à 4 % des ruptures du LCA surviennent avant que le
cartilage de croissance épiphysaire tibial supérieur soit fermé.
Le
principal diagnostic différentiel de la rupture du LCA chez l’enfant
est la luxation aiguë de la rotule.
Le diagnostic de rupture du LCA est incertain dans près de 50 % des cas, d’où la nécessité de
réaliser le plus souvent des examens complémentaires.
La démarche clinique diagnostique est par ailleurs la même que chez
l’adulte, en insistant sur l’examen comparatif et la mise en confiance
de l’enfant, qui est capitale.
Les examens complémentaires comprennent des radiographies
comparatives recherchant les lésions décrites chez l’adulte, ainsi
qu’un arrachement de l’épine tibiale antérieure et une fracture
décollement épiphysaire.
L’examen sous anesthésie générale est un
examen diagnostique à part entière, qui doit être fait si l’examen
clinique et les examens complémentaires ne permettent pas d’établir
de diagnostic précis ; il comprend si besoin des clichés en stress,
ainsi qu’une analyse sous amplificateur de brillance.
La place de l’arthroscopie est controversée, elle doit se
discuter lorsque les radiographies ainsi que l’examen sous
anesthésie n’ont pas permis d’établir de diagnostic.
L’IRM, étant
pour certains moins sensible que chez l’adulte pour le diagnostic
des lésions partielles du LCA, devient cependant peu à peu
l’examen de référence.
La lésion ligamentaire la plus fréquente est celle du ligament latéral
interne, dont la topographie de rupture est la même que celle de
l’adulte.
Elle peut être associée à une lésion du LCA, une fracture
des épines tibiales, ou un décollement épiphysaire du tibia.
Les lésions du corps du LCA (60 % des hémarthroses de l’enfant)
siègent de façon équivalente aux trois parties du ligament, et une
lésion du ménisque interne est associée dans 60 % des cas.
Les fractures des épines tibiales (mécanisme violent le plus
fréquemment en rotation externe du fémur, pied bloqué)
représentent 90 % des lésions du LCA chez l’enfant.
La classification
de Meyers et Mac Keevers permet la classification en quatre
stades.
Le LCA serait distendu lors de l’effort d’arrachement, expliquant la
laxité résiduelle après traitement.
G - LUXATION AIGUË DE LA ROTULE
:
1- Diagnostic
:
La luxation aiguë de la rotule survient le plus souvent lors d’une
activité sportive.
Le mécanisme est parfois direct avec choc tangentiel sur la rotule, ou le plus souvent indirect lors d’un
mouvement en rotation externe du tibia.
La rotule peut être luxée
lors de l’examen aux urgences, ou réduite avant l’arrivée aux
urgences par un médecin ou l’entourage du patient.
Parfois
l’anamnèse retrouve uniquement une sensation de « déboîtement »
antérieur.
Dans le cas d’une luxation réduite spontanément ou ayant été
réduite, on recherche d’une part les signes témoignant de la luxation
aiguë, et d’autre part des facteurs prédisposant à cette luxation.
Le
diagnostic est évident si la rotule est encore luxée.
On retrouve le
plus souvent une hémarthrose.
Si celle-ci est très volumineuse, il
faut suspecter une fracture ostéochondrale associée.
La manoeuvre
de Smillie est difficile à réaliser du fait de la douleur, et s’exprime
plus en terme de douleur que d’appréhension.
La palpation retrouve
une douleur sur l’aileron interne près de la rotule au niveau de
l’insertion condylienne (signe de Bassett).
L’évaluation de la course
rotulienne est difficile du fait de la douleur, ainsi que l’évaluation de
la baïonnette du fait de l’aspect tuméfié du genou.
Le bilan radiographique standard permet, dans le cadre d’une
luxation de rotule, de rechercher des facteurs favorisants : patella alta
(index de Caton Deschamps supérieur à 1,2), dysplasie de trochlée
(Dejour).
On recherche sur la vue axiale les conséquences de la
luxation : arrachement de l’aileron rotulien interne (35 % des cas),
fracture ostéochondrale, fracture de la trochlée externe.
Le
meilleur examen pour diagnostiquer une fracture chondrale ou
ostéochondrale est l’arthroscopie, mais il n’y a pas lieu de pratiquer
cet examen à titre diagnostique dans le cadre des luxations de rotule.
2- Méthodes de traitement
:
Le traitement orthopédique consiste en une immobilisation par une
attelle amovible pour une durée de 21 jours.
L’appui est autorisé, et
la rééducation débute une fois la phase douloureuse révolue afin
d’éviter la raideur articulaire.
Les publications de la littérature ne
montrent pas de différence selon le type et la durée d’immobilisation
(1 à 6 semaines) et concernant le taux de récidive.
Les traitements chirurgicaux sont la section de l’aileron externe, la
suture de l’aileron interne, qui peuvent être associées à une
transposition de la tubérosité tibiale antérieure.
Dainer rapporte
les résultats du traitement arthroscopique suite à une première
luxation de rotule, et réalise une arthroscopie diagnostique plus ou
moins associée à une section de l’aileron externe avec un meilleur
résultat pour les arthroscopies diagnostiques.
Hawkins, Cash, Imbert et Walch ont comparé les résultats
des traitements orthopédiques ou chirurgicaux suite à une première
luxation de rotule.
Les traitements chirurgicaux donnent
globalement, lorsqu’ils sont faits en urgence, des résultats peu
satisfaisants, d’autant plus qu’il existe des facteurs anatomiques prédisposants.
3- Indications :
L’indication de ponction évacuatrice lors d’une luxation aiguë de la
rotule est rare, et seulement indiquée si l’hémarthrose est mal
tolérée.
L’arthroscopie n’a globalement pas de place à titre diagnostique, et
son efficacité thérapeutique est mauvaise.
Le traitement
orthopédique doit être bien conduit, associant une immobilisation à
titre antalgique temporaire associée à un glaçage du genou ainsi que
des médications anti-inflammatoires.
Une fois la phase algique
révolue, la rééducation doit être entreprise afin de limiter la raideur
articulaire.
La chirurgie est indiquée en urgence devant un arrachement
volumineux de l’aileron interne ou une fracture ostéochondrale.
Il
n’y a pas lieu de réaliser en urgence une chirurgie des parties
molles : suture de l’aileron interne à ciel ouvert ou sous arthroscopie,
section de l’aileron externe ou une ostéotomie de la tubérosité
tibiale, étant donné les résultats incomplets de celles-ci, ainsi que
des difficultés de la rééducation lorsque ce geste est réalisé sur un
genou traumatisé récent.
Sallay a cependant rapporté son expérience
à propos de 23 réparations aiguës du MPFL (medial patellofemoral
ligament) sans luxation itérative.
Les lésions du MPFL avaient
été authentifiées à l’IRM à l’insertion fémorale du MPFL près du
tubercule de l’adducteur.
Il est cependant préférable de bien
conduire un traitement orthopédique et d’évaluer la gêne
fonctionnelle résiduelle (entreprendre alors un bilan
complémentaire, scanner-IRM), et de proposer un traitement
chirurgical différé si besoin.
En bref : le traitement orthopédique est justifié par les résultats
inconstants du traitement chirurgical précoce après luxation de
rotule.
La chirurgie est indiquée en cas de fracture ostéochondrale,
et doit être discutée en cas d’arrachement osseux de l’aileron interne.
La chirurgie est différée dans les autres cas, permettant un bilan paraclinique complet afin de réaliser un traitement chirurgical « à la
carte » donnant de bons résultats.