Laryngites aiguës de l’adulte
Cours d'ORL (Oto-rhino-laryngologie)
Anatomopathologie
:
Le terme d’inflammation implique une réponse locale du tissu irrité,
caractérisée par une congestion de la muqueuse et un oedème
correspondant à une dilatation des capillaires et à un infiltrat lymphoplasmocytaire.
L’inflammation siège essentiellement au plan
glottique, avec perte de l’aspect habituel blanc nacré des plis vocaux.
L’oedème se localise au niveau du chorion, particulièrement dans
l’espace décollable de Reinke.
Cet espace correspond
anatomiquement au tissu fibroconjonctival lâche du chorion situé
entre le revêtement muqueux et le cône élastique.
Au plan
physiologique, cet espace permet la genèse et la propagation des
mouvements ondulatoires de la muqueuse (le temps vibratoire de la
phonation).
L’oedème siège principalement au niveau de cet espace
extensible, ce qui explique la perturbation des mouvements
vibratoires, donc la dysphonie.
Par ailleurs, les phénomènes
inflammatoires perturbent la contraction des muscles intrinsèques
du larynx, ce qui favorise aussi la dysphonie.
La proportion des
cellules inflammatoires est variable en fonction de l’étiologie.
Il
existe une prédominance des neutrophiles et des macrophages en
cas de laryngite bactérienne, de lymphocytes en cas de laryngite
virale, d’éosinophiles et de basophiles en cas de laryngite allergique.
Épidémiologie :
Compte tenu de la grande variabilité des formes cliniques et des
facteurs étiologiques, aucune étude épidémiologique n’a été
retrouvée.
Par conséquent, nous ignorons la prévalence et l’incidence
de la maladie dans la population générale. Cependant, il existe des
facteurs favorisants :
– le tabagisme : le rôle néfaste du tabac sur la muqueuse du larynx
est connu de longue date ; les substances irritantes contenues dans
la fumée altèrent l’activité mucociliaire, favorisent la stagnation des
sécrétions et, par ce biais, l’adhérence des agents infectieux ;
– l’alcool : son rôle favorisant est dû à une action irritante directe
sur la margelle laryngée lors de l’ingestion ;
– le malmenage vocal : qu’il soit d’origine professionnelle ou non, il
est à la fois facteur étiologique et facteur favorisant des laryngites ;
– le reflux gastro-oesophagien : le contact plus ou moins prolongé
de l’acide gastrique avec la muqueuse laryngée, en particulier à la
partie postérieure de la muqueuse supraglottique, favorise la
survenue d’une laryngite aiguë ;
– l’environnement : la pollution atmosphérique, l’exposition aux
vapeurs irritantes, les temps humides et froids, les variations rapides
de la température sont classiquement cités dans la littérature.
Étude clinique :
La symptomatologie peut varier en fonction de l’étiologie.
Néanmoins, la forme la plus fréquente est la laryngite aiguë dite
« catarrhale » pouvant s’associer à une rhinopharyngite aiguë.
La
symptomatologie est dominée par la dysphonie.
Son importance va
du son voilé à l’aphonie, en passant par une voix rauque et
manquant d’intensité.
En l’absence de complication, le malade
ressent plus un tiraillement qu’une douleur avec la nécessité de se
« racler » la gorge fréquemment.
L’état général est conservé et les signes généraux peuvent être
marqués par une fébricule avec asthénie et courbatures.
Contrairement à la forme de l’enfant, la dyspnée laryngée est rare
chez l’adulte en raison de la largeur du larynx et de l’absence de
tropisme sous-glottique.
Cependant, les sujets à l’état
cardiorespiratoire précaire peuvent décompenser et développer une
détresse respiratoire aiguë.
Le diagnostic est confirmé par la laryngoscopie mettant en
évidence un aspect inflammatoire de la muqueuse laryngée, en particulier des plis vocaux.
Ceux-ci perdent leur aspect blanc nacré
habituel, deviennent congestifs, rouges dans leur globalité ou
développent un lacis de capillaires.
Les plis vocaux peuvent
également être partiellement masqués par l’oedème des bandes
ventriculaires.
Des filets de mucus tendus entre les plis traduisent
l’hypersécrétion de la muqueuse.
L’oedème laryngé est non seulement à l’origine d’une hypomobilité
laryngée, mais surtout entraîne une perturbation des mouvements
de la muqueuse glottique, cause principale de la dysphonie.
Du
point de vue acoustique, l’épaississement des plis vocaux contribue
à la réduction de l’ambitus vocal et à l’aggravation du fondamental
de la voix.
Les analyses aérodynamiques indiquent que, en cas de
laryngite (aiguë), la phase d’accolement est raccourcie durant
l’émission vocale.
Ainsi, même en phase de fermeture, il persiste
une béance.
L’altération du mouvement des plis s’exprime par une
asymétrie et une apériodicité.
L’évolution est habituellement favorable après quelques jours, en
l’absence de complication.
Étiologies :
A - LARYNGITES INFECTIEUSES :
1- Virales
:
Les laryngites d’origine virale sont le plus souvent associées à une
atteinte des voies aériennes supérieures.
Les rhinovirus, les
adénovirus, les virus influenza et para-influenza sont les agents
responsables les plus fréquents.
La contamination virale est favorisée
par les temps froids et humides.
Les symptômes associent un syndrome pseudogrippal à la
dysphonie et à la toux.
La muqueuse laryngée est globalement
érythémateuse et oedémateuse, en particulier au-dessus du plan
glottique.
La laryngotrachéite est une forme clinique peu commune chez
l’adulte. Lorsqu’elle survient, les signes cliniques associent une
infection des voies aériennes supérieures, 1 à 3 jours auparavant, à
une toux sèche accompagnée de stridor inspiratoire.
La fibroscopie
bronchique met en évidence une inflammation des voies
respiratoires, l’atteinte de l’étage sous-glottique nécessitant parfois
une assistance ventilatoire.
Cas particulier des laryngites herpétiques : elles surviennent plus
volontiers chez l’immunodéprimé.
Cette infection doit être suspectée
dès que le patient présente des vésicules ou des ulcérations
douloureuses de la muqueuse laryngée.
Le diagnostic le plus fiable
se fait par isolement du virus après prélèvement au niveau des
vésicules et détection d’acide désoxyribonucléique (ADN) viral par polymerase chain reaction (PCR).
2- Bactériennes :
La laryngite d’origine bactérienne semble fréquemment compliquer
une laryngite d’origine virale.
Les études réalisées ne sont pas
unanimes sur les germes rencontrés.
Il peut s’agir de streptocoques,
de staphylocoques, de pneumocoques et d’Haemophilus, mais des
germes comme Proteus mirabilis, P. vulgaris, Pseudomonas aeruginosa
et Actinomyces ont également été isolés.
La muqueuse laryngée peut devenir granuleuse et couverte de
fausses membranes, faisant évoquer une diphtérie.
L’association
avec une trachéite est fréquente.
En revanche, Schalen rapporte la présence de 55 % de Moraxella
catarrhalis dans le nasopharynx des patients présentant une laryngite
aiguë, comparés aux 6 à 8%dans le groupe contrôle.
Dans une autre
étude, il confirme le possible rôle pathogène de M. catharrhalis dans
les laryngites aiguës.
Cependant, dans ces cas, le traitement
antibiotique n’a pas démontré une efficacité supérieure au traitement
placebo.
3- Mycosiques
:
Les laryngites d’origine mycosique se présentent généralement sous
une forme subaiguë.
* Candidose :
Les laryngites à Candida surviennent rarement en l’absence de
facteurs favorisants.
Parmi ces facteurs de risques, on retient l’usage
de corticoïdes, des antibiotiques à large spectre, le diabète, l’alcool,
les intubations prolongées, les irritations laryngées caustiques ou
relatives à une infection et surtout l’immunodépression.
Les corticoïdes inhalés favorisent des formes peu sévères avec une
infection superficielle sans ulcération ni nécrose.
Le larynx est
érythémateux, recouvert notamment au niveau des plis vocaux d’un
exsudat blanchâtre et friable.
Les immunodépressions sévères consécutives aux chimiothérapies
ou au syndrome de l’immunodéficience acquise (sida) favorisent le
plus souvent des formes associées invasives.
L’infection peut
s’étendre aux régions anatomiques proches comme l’oesophage ou
le reste des voies aériennes supérieures.
Le patient présente une
dysphonie, mais aussi une dysphagie, voire une dyspnée.
Le risque
de septicémie, d’obstruction laryngée ou de saignement menace le
pronostic vital.
Le germe habituellement impliqué est Candida albicans mais d’autres espèces peuvent également être isolées.
* Aspergillose :
Le degré d’invasion laryngée dépend le plus souvent de
l’immunocompétence du patient.
Des formes faisant suspecter un
carcinome épidermoïde ont été rapportées.
Les prélèvements à la
recherche d’Aspergillus donnent le diagnostic.
D’autres mycoses (blastomycose, histoplasmose, coccidioïdomycose,
sporotrichose) sont décrites mais sont encore plus rares.
B - LARYNGITES ALLERGIQUES :
La dilatation aiguë des vaisseaux et l’augmentation de la
perméabilité capillaire par l’histamine entraînent une inflammation
de la muqueuse laryngée.
L’importance de cette inflammation est
variable et peut aller jusqu’à l’obstruction des voies aériennes
supérieures, mettant ainsi en jeu le pronostic vital.
Diverses
substances médicamenteuses sont susceptibles d’entraîner cet
oedème comme les inhibiteurs de l’enzyme de conversion, les antiinflammatoires
non stéroïdiens (AINS), l’aspirine, la pénicilline.
Certains aliments, des allergènes aéroportés et des piqûres
d’insectes peuvent également être responsables de laryngite
allergique, voire d’oedème de Quincke.
L’oedème angioneurotique se rapproche de ces formes allergiques.
Cette variété d’urticaire se caractérise par l’apparition d’infiltrations
oedémateuses de la face et du cou, dont le danger réside dans la
localisation au larynx.
Il existe une forme héréditaire transmise selon le mode autosomique
dominant, dont le déficit en inhibiteur de la C1-estérase est
responsable de la libération de polypeptides vasodilatateurs.
C - LARYNGITE MÉDICAMENTEUSE PAR MÉCANISME
NON IMMUNOLOGIQUE :
On ne rencontre plus les laryngites irritatives ou caustiques dues au
contact direct avec la muqueuse de substances telles que l’arsenic
ou le mercure ; en revanche, l’hémorragie sous-muqueuse des sujets
sous antivitamine K peut être à l’origine d’une symptomatologie
laryngée aiguë.
L’hématome se localise volontiers à la face linguale
de l’épiglotte, en raison de la riche vascularisation de cette zone.
Le
tableau clinique est celui d’une épiglottite sans signes généraux
d’infection.
La laryngoscopie met en évidence un hématome en
« carte de géographie » essentiellement localisé à l’étage sus-glottique.
D - LARYNGITES CAUSTIQUES ET THERMIQUES :
La configuration anatomique du larynx (large surface muqueuse due
aux replis) le rend particulièrement sensible à tout agent caustique
ou thermique.
La fumée d’incendie illustre l’association caustique et thermique.
À
cet égard, l’agression thermique joue un rôle plus important que
l’agression chimique.
L’intensité de la chaleur entraîne une
vasodilatation, une suffusion suivie d’un oedème et d’une
obstruction laryngée.
L’oedème atteint son paroxysme entre 8 et 24
heures après l’exposition et disparaît en 4 à 5 jours.
Les produits volatils acides et basiques sont source des mêmes
symptômes.
En revanche, en cas d’ingestion de produits caustiques,
la dysphagie prédomine sur la dysphonie.
Il faut surveiller, chez le
sujet débilité, l’apparition d’une telle symptomatologie.
Une forme particulière de laryngite caustique est réalisée par le
reflux laryngopharyngé.
Celui-ci est plus habituellement
chronique, mais les formes aiguës ou subaiguës se rencontrent
fréquemment.
Le reflux laryngopharyngé est à différencier du reflux
gastrooesophagien par les signes cliniques d’appel et les
complications à long terme.
En effet, le reflux gastrooesophagien se
manifeste le plus souvent par des régurgitations acides et des
brûlures gastriques alors que le reflux laryngopharyngé entraîne
plus volontiers un enrouement, une toux, une dysphagie, voire un
globus pharyngé.
La laryngoscopie montre, en phase aiguë, une
irritation postérieure du larynx avec des aryténoïdes rouges, un
dépôt de mucus interaryténoïdien et un oedème diffus de l’espace
de Reinke.
Le reste du larynx reste peu inflammatoire.
En revanche,
on peut éventuellement noter des signes d’irritation chronique tels
qu’un épaississement muqueux, des granulomes ou une sténose
laryngée.
Le diagnostic se fait par la pH-métrie sur 24 heures par
double sonde.
La première est placée à 5 cm au-dessus du
sphincter supérieur de l’oesophage, l’autre dans l’hypopharynx audessus
du cricoïde.
C’est la deuxième sonde qui fait le diagnostic de
reflux laryngopharyngé.
E - LARYNGITE PAR MALMENAGE VOCAL :
Elle est liée à une dysfonction vocale ou à un surmenage vocal.
La
dysphonie, voire l’aphonie, surviennent préférentiellement chez les
sujets amenés à beaucoup utiliser leur voix.
Le traumatisme vocal se
développe souvent sur une muqueuse laryngée déjà préalablement
irritée.
Le tabac, la climatisation, les médicaments qui assèchent les
muqueuses, les épisodes infectieux des voies aériennes supérieures
sont autant de facteurs qui vont favoriser l’irritation laryngée.
Le
« coup de fouet » laryngé est l’exemple typique de laryngite
« traumatique ».
Il s’agit d’une dysphonie, voire d’une aphonie,
survenant après un effort laryngé violent (cri, toux, éternuement).
L’atteinte inflammatoire est volontiers unilatérale.
L’examen clinique révéle parfois une hémorragie sous-muqueuse correspondant à une
rupture de capillaires.
La déchirure musculaire est discutée mais,
dans cette éventualité, on peut constater une encoche en « V » du
bord libre du pli vocal concerné.
Cette hémorragie se résorbe sans
passer par les stades de l’arc-en-ciel habituel des hématomes.
Ceux-ci,
comme les hématomes sous-conjonctivaux, sont oxygénés par
absorption directe de l’oxygène au travers de la muqueuse.
F - LARYNGITE AUTO-IMMUNE :
Un enrouement aigu ou un stridor peut être révélateur d’un oedème
associé à une arthrite cricoaryténoïdienne ou cricothyroïdienne.
Celle-ci est le plus couramment vue dans la polyarthrite rhumatoïde,
mais elle se rencontre également dans d’autres connectivites comme
le lupus érythémateux disséminé ou la polychondrite atrophiante
chronique.
Enfin, les décollements bulleux présents dans le pemphigus, la pemphigoïde et le syndrome de Stevens-Johnson peuvent entre
autres toucher la muqueuse laryngée. Le signe clinique dominant
est la dysphagie.
La laryngoscopie retrouve des ulcérations des
muqueuses des voies aériennes supérieures.
Évolution :
Dans la majorité des cas, la laryngite évolue vers la guérison sans
séquelles en 8 à 15 jours.
Un contrôle par laryngoscopie indirecte
vérifie le retour à la normale de la muqueuse laryngée.
La dysphonie
doit également avoir disparu.
Les récidives surviennent en cas de persistance des facteurs
favorisants (toxiques, conditions climatiques, foyers infectieux,
surmenage vocal).
Le passage à la chronicité s’installe sur ces terrains.
Une surveillance
est nécessaire, tout particulièrement chez l’éthylotabagique chez qui
une dysphonie et une laryngite traînante doivent faire rechercher
un processus néoplasique sous-jacent.
Complications
:
Les complications ou l’évolution défavorable sont liées soit aux
prédispositions (dénutrition, immunodépression, insuffisance
cardiorespiratoire latente ou autres), soit à une virulence des agents
en cause.
Rappelons le caractère rapidement évolutif des laryngites allergiques
qui peuvent entraîner une dyspnée majeure et aller jusqu’à
l’asphyxie.
Les laryngites d’origine bactérienne peuvent résister au traitement
médical et évoluer vers une ulcération de la muqueuse laryngée,
une épiglottite, une périchondrite, voire un abcès laryngé.
Ces
formes graves peuvent nécessiter des mesures thérapeutiques
lourdes (intubation, antibiothérapie parentérale, oxygénothérapie
hyperbare en milieu hospitalier).
A - ÉPIGLOTTITE :
Celle de l’adulte est en général différente de celle de l’enfant.
Son
incidence reste stable chez l’adulte (environ un cas par 100 000
habitants par an) alors que chez l’enfant, grâce à la vaccination anti-Haemophilus, elle est en nette diminution.
Les hommes sont plus
affectés, avec un sex-ratio de deux hommes pour une femme.
L’épiglottite se définit par une inflammation des structures
supraglottiques, à savoir les replis aryépiglotiques, les aryténoïdes,
la margelle laryngée et surtout l’épiglotte.
Le début des
symptômes est moins brutal que chez l’enfant et la pathologie est
précédée habituellement par une infection des voies aériennes
supérieures.
La phase d’état peut mettre plusieurs jours pour
apparaître.
Elle se manifeste par une fièvre, une douleur pharyngée,
une voix assourdie caractéristique, ainsi qu’une dysphagie sévère et
une odynophagie.
La dyspnée inspiratoire n’est pas systématique
mais représente l’élément de gravité de cette affection.
Elle impose
une prise en charge urgente en milieu hospitalier.
Le diagnostic
d’épiglottite se fait au mieux à l’aide de la fibroscopie
nasopharyngée, même si une laryngoscopie indirecte est nettement
moins dangereuse que chez l’enfant.
L’épiglotte apparaît large, en
« battant de cloche » et classiquement rouge cerise.
Elle se positionne
parfois au-dessus du niveau de la base de la langue.
Dans la plupart
des cas, les radiographies conventionnelles sont inutiles.
Elles
peuvent le devenir en cas de doute diagnostique pour les épiglottites
débutantes.
On retrouve, sur les clichés en pénétration tissus mous,
un élargissement de l’épiglotte par rapport à la taille des structures
adjacentes. Une radiographie de thorax (face et profil), à la recherche
d’une pneumopathie, complète le bilan.
Les germes le plus fréquemment mis en cause, par ordre décroissant,
sont Haemophilus, le pneumocoque, le streptocoque bêta-hémolytique
mais, dans 75 % des cas, aucun germe ne peut être isolé malgré les
hémocultures.
L’étude de Trollfors montre qu’à l’aide du dosage
d’anticorps contre Haemophilus, le pneumocoque, le dosage des
antistreptolysines et l’amplification d’ADN par PCR de
l’Haemophilus et du pneumocoque, on arrive à identifier ces germes
dans 50 % des cas.
Le pronostic dépend de la rapidité de l’installation des signes et de
la rapidité de la prise en charge.
À l’heure actuelle, la mortalité est
inférieure à 1 % et l’intubation, voire la trachéotomie, inférieure à
10 % sauf en cas d’immunodépression.
B - PÉRICHONDRITES :
Elles sont devenues rares et surviennent plus volontiers sur un
larynx irradié, chez l’immunodéprimé et dans le cadre d’une
intubation prolongée.
Il existe alors une dysphagie intense, ainsi qu’une douleur vive à la palpation des cartilages thyroïde et
cricoïde.
La peau en regard des structures laryngées peut être
inflammatoire avec une sensation douloureuse intense à la
mobilisation active ou passive du larynx.
Le diagnostic est clinique
mais, pour évaluer l’extension de l’atteinte, la tomodensitométrie est
l’examen de choix.
Sur le plan biologique, il existe une augmentation
de la vitesse de sédimentation ainsi qu’une augmentation des
marqueurs biologiques de l’inflammation.
La période aiguë passée,
les patients peuvent conserver des séquelles, en particulier une
sténose laryngée.
C - ABCÈS LARYNGÉ :
C’est une complication des périchondrites et des épiglottites. Les
symptômes sont similaires à ceux de l’épiglottite.
Une fluctuation
de la partie antérieure du cou montre une nécrose du cartilage
thyroïde.
Si le diagnostic est suspecté, une trachéotomie sous
anesthésie locale doit précéder le bilan clinique et radiologique. Une
extension aux espaces celluleux du cou, voire au médiastin, menace
le pronostic vital.
Traitement
:
A - SYMPTOMATIQUE :
Il est basé sur les soins locaux, les anti-inflammatoires et le repos
vocal.
Une atmosphère chaude et humide est indiquée.
L’aérosolthérapie
reste le traitement local le plus efficace.
Elle se pratique deux fois
par jour pendant 10 minutes, avec un mélange de corticoïde,
d’antibiotique (aminoside) et de mucofluidifiant, pendant 6 à 8 jours.
Un spray anti-inflammatoire ou une inhalation mentholée suffit en
cas de symptômes mineurs.
On y adjoint des anti-inflammatoires stéroïdiens ou des AINS par
voie générale et, si nécessaire, des antalgiques et des antitussifs.
Le repos vocal minimal est de 2 à 3 jours.
Les facteurs irritants (tabac, alcool, vapeurs toxiques) doivent être
supprimés.
B - ÉTIOLOGIQUE :
Dans les formes virales et dans les formes bactériennes bénignes, on
utilise un antibiotique à large spectre comme une pénicilline A et,
en cas d’allergie, un macrolide.
S’il existe des prélèvements positifs,
l’antibiothérapie est adaptée au germe.
En cas de mycose, un traitement parentéral par amphotéricine B est
souvent nécessaire, en particulier lorsqu’il s’agit d’un patient
immunodéprimé.
Dans les laryngites allergiques, on utilise des
corticoïdes par voie générale, des antihistaminiques, voire de
l’adrénaline par voie intramusculaire ou intraveineuse dans les
formes graves.
S’il existe une détresse respiratoire, il faut avoir
recours à l’intubation ou la trachéotomie.
On réalise une enquête allergologique et on effectue une éventuelle désensibilisation.
La
crise aiguë de l’oedème angioneurotique héréditaire se traite par des
injections d’aprotinine (antifibrinolytique) et de corticoïdes à fortes
doses.
La prévention des récidives se fait par le danazol (Danatrolt)
et l’acide tranexamique (Exacylt).
Le traitement des laryngites par reflux gastro-oesophagien se base
sur le respect de règles hygiénodiététiques (perte de poids,
diminution de l’alimentation riche en graisse, du café, des boissons
gazeuses) et la prise d’antiacides ; parmi ceux-ci, les inhibiteurs de
la pompe à protons se sont révélés les plus efficaces.
C - TRAITEMENT DE L’ÉPIGLOTTITE :
La prise en charge dépend de la sévérité de l’infection et de la
perméabilité des voies aériennes supérieures.
L’intubation ou la
trachéotomie est loin d’être systématique.
Elle se fait en cas de
détresse respiratoire ou pour des patients à l’état général déjà
altéré.
Les antibiotiques sont débutés au plus vite.
Ils doivent être à large
spectre, administrés par voie intraveineuse, à forte dose, adaptés à
l’antibiogramme.
On utilise une céphalosporine de troisième
génération, en association à un aminoside et éventuellement du métronidazole.
La corticothérapie, utile en cas d’oedème important, est beaucoup
plus discutée en cas de suppuration.
Chaque aérosol peut se composer de :
– une ampoule de 1 mg d’adrénaline ;
– une ampoule de dexaméthasone ;
– une ampoule de bromhexine ;
– une ampoule de framycétine.
Enfin, on n’oublie pas les antalgiques et la réhydratation.
Le patient
est laissé à jeun jusqu’à l’amélioration des signes cliniques.
L’alimentation peut être reprise dès la bonne évolution de l’état local
et général.
Pour certains, une endoscopie des voies aériennes supérieures est
réalisée systématiquement à la recherche d’une pathologie
sous-jacente.