Diagnostic clinique
:
1- Diagnostic prénatal
:
Le risque étant plus élevé lorsque l’X surnuméraire
est d’origine maternelle, le caryotype réalisé sur les
cellules du liquide amniotique est demandé en cas d’âge
maternel avancé et peut révéler le syndrome de
Klinefelter.
2- Nouveau-né :
Le syndrome doit être recherché de principe devant
certaines anomalies des organes génitaux externes :
micropénis (taille < 3 cm), cryptorchidie bilatérale
(nouveau-né à terme), hypospadias dans le cadre d’un
pseudo-hermaphrodisme masculin.
Il faut signaler un
fait méconnu : la fréquence du poids et du périmètre
crânien de naissance inférieurs à la moyenne.
3- Enfance
:
Les enfants peuvent être normaux : organes génitaux
externes, aspect général, performances scolaires.
Dans
d’autres cas, les signes suivants permettent d’orienter le
diagnostic : 1. micropénis, volume testiculaire inférieur
à la normale ; 2. grande taille, minceur, longues jambes
(aspect macroskèle) avec diminution du rapport segment
supérieur/segment inférieur ; 3. retard psychomoteur,
difficultés scolaires, troubles du caractère, surtout s’ils
sont associés aux signes précédents.
Rarement une dysmorphie faciale existe : visage carré, rétrognathie, hypertélorisme, signes qui peuvent être
plus évidents chez l’adolescent et l’adulte.
4- Adolescence et puberté
:
Il n’existe pas de retard pubertaire, sauf en cas de micropénis
ou d’ambiguïté sexuelle découverts à la naissance.
Le déroulement de la puberté est variable ; la séquence
la plus fréquente est caractérisée par l’augmentation du
volume testiculaire, l’apparition de la pilosité pubienne
vers 12 à 13 ans, suivies de la croissance de la verge.
Souvent, les testicules atteignent 3 à 3,5 cm de longueur.
Puis ils subissent un arrêt de développement, suivi d’une
régression de leur volume vers 15 à 16 ans.
Ce n’est que
vers 18 à 20 ans que leur dureté et leur insensibilité sont
très caractéristiques.
Mais tous les intermédiaires
peuvent être observés : arrêt plus précoce de l’évolution
ou au contraire, régression plus tardive de l’involution
des tubules séminifères.
La gynécomastie du syndrome de Klinefelter est un
signe fréquent, retrouvé dans 60 à 80 % des cas.
Contrairement à la gynécomastie physiologique, qui
apparaît vers 14 ans, en milieu de puberté et s’accompagne
de testicules ayant atteint plus de 4 cm de
longueur, celle du Klinefelter est souvent plus tardive,
vers 16 à 17 ans, alors que les testicules sont petits.
Le risque de cancer du sein est plus fréquent que chez
les hommes normaux.
5- Adulte :
Lorsque la virilisation d’un adolescent a été normale
et si la régression du volume testiculaire est incomplète,
le diagnostic peut être porté lors d’une consultation
pour stérilité ou impuissance.
Certains hommes atteints
de ce syndrome ont des testicules de 3,5 cm de long,
plus ou moins durs et sensibles : il s’agit souvent de
mosaïque 46,XY/47,XXY. C’est aussi en cas de
mosaïque que la fertilité peut être préservée.
On pourrait
faire un parallèle avec le syndrome de Turner : dans
les deux syndromes la stérilité est de règle, avec de rares
exceptions.
L’installation d’une obésité est possible à l’âge adulte,
non ou insuffisamment corrigée par la testostérone.
Croissance et anomalies squelettiques :
1- Croissance :
Elle est variable ; elle n’est pas aussi bien connue et
décrite que dans le syndrome de Turner.
Cependant,
ces garçons ont généralement une courbe de croissance
au-dessus de la moyenne, mais on ne peut donner de
fréquence exacte ; c’est la longueur excessive des
jambes qui est la cause de cette grande taille ; elle ne
dépend pas de la sécrétion de la testostérone puisqu’elle
est observée avant la puberté, mais elle s’exagère à
l’adolescence.
À l’inverse, certains enfants ont une taille
évoluant au-dessous de la moyenne.
On retrouve ces variations dans l’évaluation de la taille
finale : selon les séries, la moyenne varie de 1,75 m
à 1,80 m avec des extrêmes de 1,63 m à 1,93 m.
Il faut
remarquer que les sujets ayant plus d’un seul X
surnuméraire ont fréquemment une taille inférieure à la
normale.
2- Anomalies squelettiques :
La plus connue est l’apparition d’une scoliose à
l’adolescence.
Les clichés osseux révèlent parfois des hémi-vertèbres, des blocs vertébraux, des pouces
triphalangiens.
Les anomalies dentaires sont peu
connues mais intéressent les généticiens puisque la
croissance des dents est influencée par le dimorphisme
sexuel : l’épaisseur de l’émail et de la dentine est
inférieure à celle des hommes normaux mais supérieure
à celle des femmes.
3- Autres anomalies
:
La prédisposition aux tumeurs et aux cancers est
reconnue : tératomes médiastinaux responsables de
signes de précocité pubertaire avec sécrétion exagérée
d’hormone chorionique gonadotrophique (HCG),
lymphomes, leucémies, adénome du foie.
La fréquence
du diabète sucré est plus élevée que dans la population
générale.
La bronchite chronique, les ulcères variqueux, l’ostéoporose
sont décrits chez l’adulte.
Quotient intellectuel et comportement :
De grandes variations existent, mais le quotient
intellectuel moyen (QI) se situe autour de 90-100 avec
des scores parfois élevés (« intelligence supérieure »)
ou plus faibles particulièrement si le nombre de
chromosomes X augmente.
Le QI est généralement
supérieur aux performances verbales (troubles du
langage).
Les troubles du comportement sont très
variables : calme, apathie, manque d’initiative contrastent
avec des crises d’agressivité pouvant confiner,
rarement, à de véritables comportements psychiatriques.
Certains sujets, spécialement ceux qui ont plus de
2 chromosomes X, ont été dépistés dans les hôpitaux
psychiatriques.
Ce tableau psychoaffectif variable invite donc à rechercher
la cause des différences retrouvées et à approfondir
l’évolution des performances de l’enfance jusqu’à l’âge
adulte, puisque les séries pédiatriques manquent de
repères pour apprécier l’évolution chez l’adulte. Mais,
il a été démontré que la prise en charge précoce de ces
enfants avec des moyens pédagogiques et un soutien
psychologique adaptés pouvait considérablement améliorer
le retard mental et les troubles du comportement :
on retrouverait ainsi dans ce syndrome la même évolution
concernant la prétendue faiblesse intellectuelle chez
les filles turnériennes.
Diagnostic hormonal
:
Avant la puberté, les concentrations de base de FSH et
de LH sont normales, mais leur réponse à l’injection de
Gn-RH (ou LH-RH) peut être supérieure à la normale.
Au début et au cours de la puberté, les valeurs basales de FSH sont anormalement élevées, de même que la réponse
des gonadotrophines à la stimulation par la Gn-RH :
cela traduit l’insuffisance de sécrétion progressive de la
testostérone.
Cependant, il existe des variations dans
l’apparition de cette séquence pathologique hormonale :
plus les testicules sont dysgénétiques, plus les altérations
du rétrocontrôle entre testicules et hypophyse
seront précoces.
À l’inverse, la sécrétion de testostérone
peut être longtemps préservée chez un adulte porteur
d’une mosaïque 46,XY/47,XXY.
La réponse de la testostérone plasmatique après injection
d’HCG est normale avant la puberté, inférieure à la
normale au cours ou au décours de la puberté.
On pense que la gynécomastie est due à l’insuffisance
de sécrétion de la testostérone associée à une élévation
des protéines porteuses SHBG (sex hormone binding
globulin), ce qui entraîne une baisse de la concentration
de testostérone libre ; l’autre mécanisme est une augmentation
du rapport oestradiol/testostérone.
Des anomalies de la fonction thyroïdienne ont été signalées,
la montée de la TSH étant parfois insuffisante après
stimulation par la TRH (thyrotropin releasing hormone).
Environ 10 % des adultes ont des taux élevés d’anticorps
anti-thyroglobuline.
Cependant, l’insuffisance thyroïdienne
cliniquement décelable n’est pas la règle.
Diagnostic cytogénétique
:
Le frottis buccal n’est plus utilisé à titre diagnostique : la
chromatine sexuelle est positive et le nombre de corpuscules
de Barr observés varie selon le nombre de chromosomes
X (1 corpuscule pour 47,XXY, 2 corpuscules
pour 48,XXXY).
C’est le caryotype qui permet d’établir le diagnostic. la
formule chromosomique 47,XXY est retrouvée dans plus de 90 % des cas.
Comme dans le syndrome de Turner, des mosaïques sont rapportées mais, faute
d’études systématiques à partir de différents tissus, on
ne peut évaluer leur fréquence.
L’origine de l’aberration chromosomique vient de la non-disjonction des chromosomes sexuels durant la première
ou la seconde division méiotiques, soit d’origine
paternelle, soit d’origine maternelle.
Plus rarement il
s’agit d’une non-disjonction mitotique après la fertilisation.
L’âge maternel avancé favorise le syndrome de
Klinefelter, mais pas autant que dans la trisomie 21.
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