Généralités : 1- Étiologie : Les intoxications à l'oxyde de carbone sont le
plus souvent accidentelles et d'origine domestique, par utilisation
d'appareillages défectueux tels que les chauffe-eau à gaz, brasero, poêle à charbon. Avec un pic de
fréquence en saison hivernale. Elles sont observées dans les incendies, dans les suicides
utilisant le CO des gaz
d'échappement.
Les intoxications professionnelles sont rares. Le
tabagisme chronique se traduit par une intoxication légère à
modérée par l'oxyde de carbone.
2- Physiopathologie :
La toxicité du CO provient de sa grande affinité
et sa liaison facile avec l'hémoglobine pour former la carboxyhémoglobine.
Cette affinité est 240 fois supérieur à celle
de l'oxygène.
Une fois la carboxyhémoglobine formée, elle est
incapable de fixer l'oxygène et de le
transporter. Ce qui
entraîne une diminution du taux d'oxygène dans le sang à
l'origine d'une anoxie tissulaire.
·
Le CO se fixe sur la myoglobine et sur les cytochromes.
· Le
monoxyde de carbone est éliminé par voie pulmonaire. La demi — vie
de la carboxyhémoglobine varie entre :
4 à 5 heures à l'air ambiant
1 heure 30mn sous oxygénothérapie isobare en 100 %
20 minutes en oxygène hyperbore à 3 atmosphères
Clinique et l'intoxication : L'intoxication au Co peut prendre des aspects
différentes soit très évocateurs, soit atypiques mais
devant lesquels l'étiologie de l'intoxication au CO doit être
suspectée
1- Triade fonctionnelle :
· Céphalées
· Vertiges
·
Vomissements.
Avec un taux d'HbCO au-dessus de 15 %.
Ces signes cliniques peuvent faire évoquer, à
tort, une intoxication alimentaire aussi
bien par la famille que par le médecin, surtout devant le
caractère collectif des troubles.
2- Autres signes cliniques :
· Céphalée
d'apparition récente à lieu ou à circonstances similaires.
·
Une perte de connaissance brève.
· Un
trouble de la conscience découvert dans une habitation ou un garage.
Le coma oxycarboné est hypertonique avec des signes pyramidaux.
Des troubles neuropsychiques d'apparition récente : troubles du
comportement, agitation, délire, hallucination, confusion mentale.
· Une douleur thoracique voire une authentique crise de poitrine qui
peut revetir une forme syncopale
· Devant ces symptômes aussi peu
spécifiques, l'unité de temps, de
lieu, le caractère collectif des symptômes
doivent donner l'alerte.
3- Complication :
· Le coma se complique d'encombrement bronchique, atélectasie,
pneumopathies, d'inhalation très fréquentes
· Rhabdomolyses
· Hypo ou hyperthermie qui font rechercher une complication.
· Insuffisance coronaire aigue anoxique, troubles du rythme. 4- Traitement : Oxygène isobare, pur à fort débit : 10 1 /mn
· Oxygène hyperbare à 2 ATA, 2 heures, devant : - une altération des fonctions supérieures
- une intoxication chez la femme enceinte quel
que soit son état.
· Traitement symptomatique
Diagnostic médico-légal et C.A.T : • Le décès survient à un taux d'HbCO au-dessus de 60%
· Rechercher sue le cadavre la coexistence d'une coloration rouge
cochenille de la peau et d'une cyanose
· Prélèvement de deux tubes de sang total sur héparine ( pas de tube
sec ) pour dosage de monoxyde de carbone. Le 2ème tube
servant à une éventuelle contre expertise.
·Chercher
la source du CO, les obturations des ventilations ou les
installations suicidaires.
·En
cas d'incendie, prélever du sang pour dosage de CO et de l'acide
cyanhydrique chez toutes les victimes et surtout chez les morts peu carbonisés ou
l'intoxication peut être la seule cause de la mort.
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