Influence des affections du système nerveux central sur le système cardiovasculaire
Cours de Neurologie
Introduction
:
L’innervation du coeur et des vaisseaux dépend du système nerveux
végétatif qui comprend le système orthosympathique et le système
parasympathique.
En fait, le système végétatif, dit autonome car
indépendant de la volonté et de la conscience, est étroitement
intriqué avec le fonctionnement du système nerveux en général.
Ces nombreuses interactions expliquent que des lésions cérébrales ou
médullaires puissent avoir une influence sur le fonctionnement
d’organes tels que le coeur.
Bien que la survenue de manifestations
cardiovasculaires secondaires à des lésions cérébrales de différentes
natures soit connue de longue date, les mécanismes que soustendent
ces relations restent mal connus.
Rappel anatomique et fonctionnel
de la régulation nerveuse du système
cardiovasculaire :
A - INNERVATION CARDIAQUE ET CONTRÔLE DE LA
PRESSION ARTÉRIELLE PAR LE SYSTÈME NERVEUX
AUTONOME :
Les centres nerveux orthosympathiques impliqués dans
l’innervation cardiaque sont situés dans la colonne intermédiolatérale de la moelle thoracique (T1 à T5).
Les fibres préganglionnaires (premier neurone) quittent la moelle par la racine
antérieure, puis abandonnent le nerf rachidien pour former les
rameaux communicants qui rejoignent les ganglions cervicaux de la
chaîne orthosympathique latérovertébrale (supérieur, moyen et
inférieur, ce dernier fusionnant souvent avec le premier ganglion
thoracique pour former le ganglion stellaire).
Les fibres postganglionnaires (deuxième neurone) naissent des ganglions
cervicaux et gagnent directement le coeur.
Les fibres
parasympathiques préganglionnaires proviennent essentiellement
du noyau dorsal moteur du nerf vague (cardio-pneumo-entérique)
et du noyau ambigu, situés dans le bulbe.
Elles suivent le trajet du
nerf vague dans sa portion cervicale, puis gagnent directement le
plexus cardiaque où un relais se fait avec de courtes fibres postganglionnaires.
Les fibres ortho- et parasympathiques sont
enchevêtrées dans leur portion terminale intracardiaque.
Elles
régulent l’activité du tissu nodal, partie spécialisée du muscle
cardiaque, constitué essentiellement du noeud sinusal et du noeud auriculoventriculaire, et doué d’un automatisme intrinsèque.
Il
existe une asymétrie fonctionnelle et anatomique de l’innervation
cardiaque par le système nerveux autonome :
– au niveau auriculaire, la stimulation orthosympathique accélère
le rythme cardiaque (effet chronotrope) et renforce la contraction
musculaire (effet inotrope), alors que la stimulation
parasympathique ralentit le rythme cardiaque ;
– au niveau ventriculaire, le système nerveux autonome influence
la conduction auriculoventriculaire, le seuil de fibrillation
ventriculaire et la repolarisation ventriculaire.
Toutefois, le rôle respectif des systèmes ortho- et parasympathiques
est moins bien défini qu’au niveau auriculaire, en particulier pour
les fibres parasympathiques dont on ne sait pas si elles agissent directement sur le myocarde et la conduction ventriculaire au niveau
du réseau de Purkinje ou si elles modulent l’action du système
orthosympathique.
La pression artérielle (PA) est proportionnelle au débit cardiaque et
à la résistance vasculaire.
Le coeur joue un rôle majeur, en assurant
une éjection ventriculaire gauche suffisante pendant la systole.
Le
maintien d’une PA normale dépend aussi du système nerveux
autonome, par l’intermédiaire d’un arc réflexe qui fait intervenir les
barorécepteurs et les chémorécepteurs du sinus carotidien et de la
crosse aortique, ainsi que les centres nerveux situés dans le tronc
cérébral.
Il existe de manière physiologique des variations
circadiennes de la PA, en particulier une diminution nocturne des
chiffres de PA de plus de 10 %.
B - CONTRÔLE DU SYSTÈME NERVEUX AUTONOME
PAR LE SYSTÈME NERVEUX CENTRAL :
On peut distinguer différents niveaux d’intégration dans le névraxe.
1- Formation réticulée bulbaire
:
Elle contient un centre cardioaccélérateur connecté à un centre
vasopresseur (qui permet le maintien d’un tonus vasomoteur).
Leur
action s’oppose à celle du réflexe barorécepteur qui met en jeu le
noyau dorsal du nerf vague et exerce une action hypotensive et bradycardisante.
Les fibres ortho- et parasympathiques en
provenance des barorécepteurs (sensibles aux variations de pression
sanguine) et des chémorécepteurs (sensibles à la teneur du sang en
O2 et CO2) du sinus carotidien et de la crosse aortique suivent les
nerfs IX et X pour rejoindre le noyau solitaire dans le tronc cérébral.
À ce niveau se fait l’articulation avec le centre vasopresseur, ce qui
crée un arc réflexe qui régule l’activité du coeur et le maintien d’une
PA normale.
Lors d’une baisse de la PA, on observe une stimulation
de l’activité sympathique (entraînant une augmentation du tonus
vasomoteur et donc de la PA) et une inhibition de l’activité
parasympathique efférente vers le coeur (entraînant une élévation
de la fréquence cardiaque).
2- Hypothalamus :
Il est le principal lieu d’intégration centrale du système nerveux
autonome.
Il joue un rôle déterminant par la mise en jeu de systèmes
endocriniens hypophysaires et par des voies nerveuses descendantes directes.
L’hypothalamus a une situation privilégiée de convergence
d’afférences diverses.
En effet, il reçoit d’une part des informations
ascendantes d’origine cardiaque, directes ou déjà intégrées au niveau
de la substance réticulée du tronc cérébral ; d’autre part, il est luimême
sous la dépendance du cortex cérébral et en étroite relation
avec le système limbique, ce qui permet l’intégration des
composantes émotionnelles et affectives dans le fonctionnement
végétatif.
Certaines fibres efférentes de l’hypothalamus s’articulent
avec les noyaux parasympathiques du tronc cérébral, d’autres fibres
avec la formation réticulée du tronc cérébral et la colonne intermédiolatérale de la moelle épinière.
Les expériences de
stimulation de l’hypothalamus ont mis en évidence des
modifications du rythme cardiaque variables selon la région
stimulée.
3- Cortex cérébral
:
Certaines régions corticales sont particulièrement impliquées dans
la régulation des fonctions végétatives.
Le cortex préfrontal exerce
un rôle inhibiteur sur plusieurs réflexes végétatifs ; les cortex somesthésique et moteur primaires reçoivent, via le thalamus, des
influx d’origines somatique et viscérale et participent à l’élaboration
des réponses végétatives et motrices.
Si l’existence d’une aire
corticale de représentation cardiaque n’a pu être démontrée, des
études expérimentales et humaines suggèrent que le cortex insulaire
pourrait représenter un lieu d’intégration privilégié des afférences
émotionnelles et végétatives.
L’insula pourrait être impliquée dans
l’arythmogenèse.
Une organisation chronotopique du
cortex insulaire a été mise en évidence chez le chat ; une
stimulation rostrale et caudale entraînait respectivement une
tachycardie et une bradycardie, en l’absence de toute modification
de la PA ou de la fréquence respiratoire.
C - LATÉRALITÉ :
L’innervation cardiaque est asymétrique.
Les fibres ortho- et
parasympathiques, qui ont un trajet parallèle, se dirigent à droite
préférentiellement vers le noeud sinusal et à gauche, vers le noeud auriculoventriculaire et les ventricules.
Cette latéralité se vérifie
grâce aux modèles expérimentaux, aussi bien pour le système
orthosympathique que pour le système parasympathique.
Des
stimulations vagales droite et gauche produisent respectivement un
arrêt sinusal et un bloc auriculoventriculaire.
L’ablation des
ganglions stellaires droit et gauche provoque respectivement une
fibrillation ventriculaire et une asystolie.
La stimulation du ganglion
stellaire gauche a un effet arythmogène ventriculaire (en abaissant
le seuil de fibrillation).
À cet égard, l’ablation de ce ganglion
permettait, avant les bêtabloquants, de traiter les arythmies
ventriculaires graves (fibrillations ventriculaires) associées au
syndrome du QT long.
Cette latéralité est plus difficile à prouver pour le système nerveux
central.
S’il est possible de provoquer des arythmies cardiaques chez
l’animal par des stimulations cérébrales, on ne peut exclure que ces
arythmies soient secondaires à des troubles respiratoires ou des
modifications de la PA.
Chez des patients épileptiques, les
stimulations de l’insula droite et gauche peuvent entraîner
respectivement une augmentation et une diminution de la fréquence
cardiaque (FC) et de la PA.
On peut donc envisager que l’insula
droite influence essentiellement le contrôle orthosympathique et
l’insula gauche, le contrôle parasympathique du coeur.
Si l’on
considère l’existence d’une balance permanente entre ces influences,
on peut suggérer qu’une atteinte insulaire gauche puisse entraîner
une hyperactivité sympathique et une diminution du tonus
parasympathique et créer un état proarythmique.
Cette hypothèse
est cependant controversée et demande à être confirmée chez
des sujets non épileptiques.
Exploration du contrôle autonomique
du système cardiovasculaire
:
Le contrôle autonomique du système cardiovasculaire peut être
exploré cliniquement grâce à des tests standardisés, non invasifs,
basés sur l’étude des variations de la FC et de la PA au repos et
après certaines stimulations.
Des valeurs anormales de ces tests
témoignent d’une atteinte du système ortho- et/ou
parasympathique.
Ces tests doivent être pratiqués juste avant ou 3
heures après un repas, et leur interprétation doit tenir compte de
tous les facteurs qui peuvent influencer le fonctionnement du
système nerveux autonome (âge, diabète, prise de certains
médicaments...).
A - VARIABILITÉ SINUSALE :
Il existe normalement des variations physiologiques permanentes de
l’activité sinusale qui se traduisent par des variations de durée des
cycles cardiaques.
Cette variabilité sinusale a une origine vagale
pour les variations à court terme d’origine respiratoire (quelques
cycles) et une origine sympathique pour les variations à long terme
(ondes de Payer portant sur 10 à 20 cycles).
Si la FC moyenne évalue
globalement l’équilibre de la balance vagosympathique au niveau
du noeud sinusal, l’étude de la variabilité sinusale permet d’évaluer
l’interaction de ces deux systèmes, ortho- et parasympathiques.
Il existe deux méthodes d’étude de la variabilité sinusale : l’analyse
temporelle et l’analyse spectrale.
Malgré l’absence de véritable
consensus sur la meilleure technique ou le meilleur paramètre à
utiliser, ainsi que sur la définition précise des valeurs normales, il
existe toutefois une corrélation satisfaisante entre les résultats
obtenus par les deux méthodes et une bonne reproductibilité lorsque
les mesures sont répétées sur deux enregistrements différents chez
un même patient.
L’étude de la variabilité sinusale peut se faire
facilement à partir de tracés électrocardiographiques (ECG)
conventionnels, enregistrés lors de tests cherchant à
modifier la FC (ce qui permet une analyse temporelle).
Toutefois, les
méthodes d’étude de la variabilité sinusale se sont considérablement développées ces dernières années, grâce notamment aux possibilités
actuelles d’analyse informatique des enregistrements Holter qui
permettent une analyse temporelle et spectrale.
Cette
technique permet, pour chaque indice d’analyse temporelle ou pour
chaque spectre de fréquence d’analyse spectrale, de définir les
composantes du système vagosympathique qui jouent sur ces
paramètres.
B - AUTRES TESTS :
– Tilt test ou test orthostatique : la mise en
orthostatisme s’accompagne normalement de variations de la PA
dépendant du système orthosympathique.
– Contraction isométrique : ce test également sous
contrôle orthosympathique, explore les variations de la PA à l’effort.
– Manoeuvre de Valsalva.
Conséquences de diverses affections
du système nerveux central sur le coeur :
A - ACCIDENTS VASCULAIRES CÉRÉBRAUX
:
Les AVC représentent la pathologie neurologique centrale le plus
fréquemment associée à des anomalies cardiaques.
Ces anomalies
sont d’intensité variable ; il peut s’agir d’une simple altération des
tests qui reflète l’existence d’un dysfonctionnement du contrôle
végétatif cardiaque, de modifications de l’ECG, de troubles du
rythme ou de modifications de la PA.
Différentes hypothèses
physiopathologiques sont envisagées pour expliquer ces atteintes.
1- Atteintes cardiaques
:
* Modifications électrocardiographiques :
Après un AVC, les modifications ECG le plus fréquemment décrites
sont :
– l’allongement du segment QT ;
– le sous-décalage du segment ST ;
– l’aplatissement ou l’inversion de l’onde T et l’apparition d’une
onde U.
Plus rarement apparaissent un sus-décalage de ST, une
augmentation de l’amplitude de l’onde P ou de l’onde Q, une onde
T pointue, une augmentation du complexe QRS.
En général, ces
anomalies disparaissent en 2 semaines, mais il peut persister une
onde U ou une élévation du segment ST.
La fréquence de ces anomalies varie selon le type d’AVC : elle est estimée entre 60 à 70 %
dans les hémorragies cérébrales, 40 à 70 % dans les hémorragies
méningées et 15 à 40 % dans les infarctus cérébraux.
Cette
incidence est probablement sous-estimée. En effet, peu de patients
ont un enregistrement continu à la phase aiguë qui permettrait de
mieux les dépister.
Ces anomalies ECG suggèrent un trouble de la
repolarisation (pouvant favoriser la survenue d’arythmies
ventriculaires) ou une ischémie cardiaque.
* Troubles du rythme cardiaque :
À côté de ces anomalies ECG asymptomatiques, de véritables
arythmies cardiaques ont été décrites chez les sujets ayant eu un
AVC.
Les troubles du rythme auriculaire.
Chez des patients sans antécédent
d’arythmie cardiaque, une fibrillation auriculaire est observée dans
2,5 à 4 % des cas à la phase aiguë d’un AVC ischémique ou
hémorragique, et dans environ 5 % des cas après une hémorragie
méningée.
Le caractère secondaire de la fibrillation auriculaire
peut être affirmé en cas d’hémorragie intraparenchymateuse ou
méningée.
En revanche, la découverte de cette arythmie après un
infarctus cérébral soulève la question de la cause ou de la
conséquence de cet infarctus.
Certains auteurs ont prouvé, à l’aide
d’un enregistrement Holter commençant avant la survenue de
l’infarctus cérébral, que la fibrillation auriculaire avait débuté après
cet infarctus.
Sans cette preuve, l’absence d’antécédent de
fibrillation auriculaire, sa survenue après un temps de latence dans
les suites de l’infarctus cérébral et son caractère transitoire sont des
arguments pour une conséquence de l’infarctus.
Avec ces critères, la
fibrillation auriculaire serait une conséquence directe des AVC dans
environ 1 à 1,6 % des cas.
Une tachycardie sinusale peut aussi être observée à la phase aiguë
des AVC, avec peut être une prédominance hémisphérique droite.
Les troubles du rythme ventriculaire.
Leur fréquence varie en
fonction du type d’AVC (risque plus élevé dans les hémorragies
méningées) et du type d’arythmie.
Des arythmies bénignes
(extrasystoles) sont observées dans 50 % des cas ; des salves de
tachyarythmies ventriculaires (le plus souvent transitoires) ont été
observées à une fréquence pouvant atteindre 30 % des cas, dans des
études utilisant le monitoring cardiaque continu.
*
Hypothèses pathogéniques :
+ Atteinte cardiaque associée ?
Un certain nombre de données plaident pour une responsabilité
directe des lésions vasculaires du système nerveux central dans la
survenue d’anomalies cardiaques, plutôt que pour une atteinte
cardiaque concomitante.
Si les anomalies de l’onde T et du segment
ST sont celles que l’on observe habituellement dans l’ischémie du
myocarde, plusieurs études autopsiques ont montré l’absence
d’atteinte coronaire ou myocardique ischémique aiguë, malgré des
anomalies électriques ou biologiques (élévation des enzymes
cardiaques).
Des études autopsiques ont mis en évidence des anomalies
cardiaques spécifiques (myocytolyse) chez des patients décédés d’un
AVC.
Elles correspondent à des foyers de nécrose myocardique
contenant des infiltrats monocytaires et des hémorragies, et sont
localisées préférentiellement en regard des nerfs intracardiaques
plutôt que des vaisseaux, ce qui va à l’encontre d’un mécanisme
ischémique.
L’incidence de la myocytolyse après un AVC n’est pas
connue.
Des séries autopsiques ont mis en évidence un stade précoce
de myocytolyse chez 90 % des patients décédés d’hémorragie
méningée, chez 50 % des patients décédés d’un infarctus cérébral,
alors qu’il n’existait que chez 25 % des patients décédés d’une autre
cause.
+ Rôle respectif des systèmes ortho- et parasympathiques
:
Les AVC provoquent une augmentation du tonus orthosympathique,
comme le suggère l’élévation des catécholamines plasmatiques et
des enzymes cardiaques observée à la phase aiguë (sans qu’il
s’agisse uniquement d’une conséquence du stress ou d’une
augmentation de la PA).
La myocytolyse observée après un AVC a
aussi été notée chez les patients ayant un phéochromocytome ou
après injection expérimentale de catécholamines, ce qui suggère une
activation centrale pathologique du système orthosympathique.
Cette hyperactivité sympathique serait à l’origine de l’augmentation
de l’incidence des arythmies cardiaques et des morts subites après
un AVC.
Ces anomalies structurales pourraient potentialiser l’effet
direct des cathécholamines sur le myocarde.
La responsabilité exacte du système parasympathique n’est pas
encore bien définie.
Les AVC pourraient entraîner un déséquilibre
de la balance vagosympathique, avec une altération du tonus
parasympathique et une hyperactivité sympathique réactionnelle.
2- Modifications de la PA
:
* Hypertension artérielle initiale
:
Après un AVC, la PA augmente durant les 24 premières heures dans
80 % des cas et diminue spontanément en 3 à 10 jours dans la
majorité des cas.
Les antécédents d’hypertension artérielle sont
un facteur prédictif d’augmentation de la PA à la phase aiguë des AVC.
* Altération de la régulation physiologique circadienne biphasique de la PA
:
Quelques études ont suggéré l’existence d’une altération de la
régulation circadienne de la PA à la phase aiguë chez les patients
ayant un infarctus cérébral hémisphérique.
Il peut s’agir soit d’une
disparition ou d’une nette atténuation de la baisse physiologique
nocturne de la PA, soit d’une exagération pathologique des
variations nycthémérales de la PA (avec une augmentation de la PA
diurne et une réduction prononcée de la PA nocturne).
Dans ce cas,
il est possible que les périodes d’hypotension artérielle nocturne
soient susceptibles de provoquer des modifications
hémodynamiques et d’aggraver l’hypoperfusion cérébrale.
* Hypothèses pathogéniques :
Si le mécanisme physiopathologique est toujours débattu, la
concentration de noradrénaline est augmentée de manière
significative chez les patients ayant une élévation de la PA à la phase
aiguë ou une altération du rythme circadien après un AVC, ce qui suggère une
hyperactivité sympathique.
3- Influence de la localisation de l’AVC :
*
Latéralité
:
L’asymétrie de l’innervation cardiaque incite à penser que des
lésions cérébrales droites sont plus à même d’entraîner des
modifications de la FC ou des arythmies supraventriculaires, et que
des lésions gauches sont plus volontiers associées à des troubles de la conduction auriculoventriculaires ou à des arythmies
ventriculaires.
S’il existe une discrète prédominance
hémisphérique droite pour la survenue d’une tachycardie supraventriculaire et gauche pour la survenue d’arythmies
ventriculaires, le petit nombre de travaux consacrés à ce
problème, ainsi que les effectifs réduits des patients étudiés, ne
permettent pas de le vérifier.
L’altération du rythme circadien de la PA (disparition de la
diminution physiologique, voire plus rarement augmentation de la
PA nocturne) semble particulièrement marquée lorsque l’infarctus
cérébral est situé dans l’hémisphère droit.
* Siège :
À côté de la latéralité se pose la question de l’influence de la
localisation précise de la lésion vasculaire cérébrale sur les fonctions
cardiovasculaires.
Une diminution de la variabilité sinusale peut se
voir après des infarctus hémisphériques, de localisation corticale
ou sous-corticale, et plus rarement après des infarctus du tronc
cérébral. Le cortex insulaire semble avoir une importance
primordiale.
Des études expérimentales ont clairement montré
qu’une occlusion de l’artère cérébrale moyenne s’accompagnait
d’une myocytolyse uniquement si l’insula était touchée.
Chez
l’homme, l’atteinte ischémique de l’insula entraîne plus
fréquemment des modifications de l’ECG (tel un allongement du
QT), des arythmies cardiaques ou des modifications de la PA
(réduction, voire disparition, de la variation circadienne ;
augmentation de la PA nocturne).
4- Durée de la dysfonction du système
nerveux autonome :
La durée d’une dysautonomie après un AVC n’est pas connue.
Ce
phénomène pourrait persister partiellement pendant au moins 6
mois.
Les modifications pathologiques de la variation de la PA
semblent aussi persister pendant quelques semaines.
5- Facteur pronostique
:
On sait qu’il existe des décès brutaux et inattendus après des AVC,
qui sont indépendants de leur sévérité ou de l’existence d’une
pathologie cardiaque sous-jacente. Le rôle d’un
dysfonctionnement du système nerveux autonome a été incriminé
pour expliquer certaines de ces morts subites.
Les facteurs prédictifs
incriminés de morts subites, à la phase aiguë de l’AVC, sont la
survenue d’une tachyarythmie ventriculaire ou l’existence de
certaines anomalies de l’ECG, comme un sous-décalage de ST ou un
allongement de QT.
Dans l’infarctus du myocarde, la diminution de la variabilité
sinusale est un facteur de risque d’arythmie cardiaque et de mort
subite.
Chez les patients ayant eu un AVC, la recherche d’une
dysautonomie par l’étude de la variabilité sinusale, voire l’analyse
de la variation circadienne de la PA, pourrait constituer un outil
pronostique utile, afin d’identifier des sous-groupes de patients à
haut risque.
B - ÉPILEPSIE :
Les relations entre épilepsie et coeur sont complexes.
On oppose
théoriquement les syncopes, conséquences d’une paralysie
fonctionnelle transitoire des neurones cérébraux d’origine
hypoxique, provoquant donc un hypométabolisme cérébral et les
crises épileptiques qui résultent de la décharge excessive d’une
population de neurones hyperexcitables et ne peuvent se développer
qu’au prix d’une consommation importante d’oxygène et de glucose.
Cependant, certaines syncopes prolongées (durée de la pause
cardiaque supérieure à 15-20 secondes), surtout lorsqu’elles sont
dues à un trouble du rythme cardiaque, peuvent se compliquer de
phénomènes convulsifs, parfois interprétés à tort comme des crises
d’épilepsie.
Inversement, d’authentiques crises épileptiques
peuvent entraîner des arythmies cardiaques par des mécanismes
complexes, encore incomplètement élucidés.
Enfin, la mort subite
est plus fréquente chez les épileptiques que dans la population
générale.
1- Troubles cardiaques au cours de crises épileptiques
:
* Modifications électrocardiographiques :
Le trouble de la repolarisation le plus fréquemment décrit au cours
de crises épileptiques, quel qu’en soit le type, est un aplatissement
de l’onde T.
Des épisodes de sous-décalage du segment ST ont
été observés au cours de crises partielles complexes ou
secondairement généralisées chez des patients indemnes de
cardiopathie ischémique, ayant une épilepsie partielle
pharmacorésistante sévère, étudiés par enregistrement simultané
ECG/EEG (électroencéphalogramme) durant plusieurs jours.
Un sus-décalage du segment ST a été plus rarement décrit.
* Troubles du rythme :
La possibilité d’induction de troubles du rythme cardiaque par une
crise épileptique a été suspectée dès 1906 par Russel.
Le terme
d’épilepsie arythmogénique a été proposé en 1980 par Pritchett et
al.
Les observations rapportées se sont multipliées depuis
l’utilisation des enregistrements continus et simultanés ECG/EEG
qui permettent de différencier une arythmie cardiaque d’origine
centrale, d’une arythmie cardiaque primitive, lorsque la décharge
épileptique précède clairement les modifications du rythme
cardiaque.
Le diagnostic est plus difficile lorsque celles-ci précèdent
la décharge épileptique sur l’EEG de scalp ou apparaissent
simultanément.
La modification du rythme cardiaque le plus fréquemment observée
au cours de crises épileptiques, qu’il s’agisse de crises généralisées
ou partielles, est une tachycardie sinusale de début brusque,
supérieure à 120/min dans la majorité des cas, pouvant persister
plusieurs minutes après la fin de la crise.
Il s’agit parfois d’une
tachycardie jonctionnelle, d’un flutter ou d’une fibrillation
auriculaire.
La survenue d’une bradycardie ictale est beaucoup
plus rare.
Il peut s’agir d’une bradycardie sinusale, d’un arrêt
sinusal, d’un bloc sinoauriculaire ou auriculoventriculaire,
exceptionnellement d’une asystolie. Dans certains cas, ces
arythmies cardiaques étaient déclenchées par des stimulations
lumineuses intermittentes.
La responsabilité d’apnées centrales
prolongées qui pourraient générer ou potentialiser certaines
bradycardies ictales par la mise en jeu des réflexes
cardiorespiratoires a aussi été évoquée.
* Influence du type de crises et de la latéralisation :
La survenue d’arythmies cardiaques a été rapportée plus
fréquemment lors de crises temporales, sans que l’on sache si ce fait
reflète simplement une plus grande fréquence des crises temporales
chez les patients ayant une épilepsie partielle ou bien un effet
spécifique de ces crises.
L’influence de la latéralisation de la crise
sur le type de trouble du rythme cardiaque n’est pas claire.
Toutefois, la localisation du début de la crise est déterminée, dans la
majorité des observations, uniquement sur des EEG de scalp, ce qui
limite les possibilités de corrélation clinicotopographiques.
* Hypothèses pathogéniques
:
Les crises généralisées tonicocloniques entraînent un
dysfonctionnement majeur du système nerveux végétatif.
Chez
l’homme, lors de crises déclenchées par sismothérapie, on observe
une chute brutale de la PA associée à une bradycardie brève dès le
début de la décharge électrique (attribués à une hyperactivité
parasympathique et une inhibition du noeud sinuatrial), suivie d’une
tachycardie et d’une hypertension dues à une hyperactivité
sympathique et une élévation des catécholamines plasmatiques.
Lors de crises provoquées par le pentylènetétrazole, on observe un
dysfonctionnement végétatif analogue ; des foyers atriaux ou
ventriculaires ectopiques ont parfois été observés pendant la phase
clonique, ainsi que des épisodes de tachycardie ventriculaire.
Lathers et al ont étudié des crises provoquées par des doses variables de
pentylènetétrazol chez le chat, en enregistrant simultanément les
nerfs sympathiques et les nerfs vagues.
Une faible dose, responsable
de décharges paroxystiques sporadiques, était associée à une
hyperactivité sympathique et parasympathique.
Parallèlement
étaient observées des modifications de l’ECG (altérations de l’onde
P, de l’onde T, du segment ST ; variations des intervalles PR et QT).
Des doses plus élevées, entraînant une décharge de pointes
rythmiques, étaient associées à des modifications ECG plus
marquées et à des contractions ventriculaires ectopiques.
Des
activités contradictoires étaient enregistrées au niveau des deux
nerfs sympathiques (augmentation du tonus sympathique d’un côté,
diminution de l’autre).
À forte dose, deux chats sont morts de
fibrillation ventriculaire, six d’asystolie.
Le rôle des structures cérébrales dans le contrôle du système
nerveux végétatif a été envisagé dans le chapitre « Physiopathogénie
».
La possibilité de déclencher une arythmie cardiaque, sans
mise en jeu des catécholamines circulantes, après création d’un foyer épileptogène hypothalamique, a été montrée sur des modèles
animaux hémisphérectomisés.
L’importance des structures mésiotemporales, en particulier amygdaliennes, dans
l’épileptogenèse et le contrôle végétatif, a été montrée chez
l’animal.
Frysinger et Harper ont montré chez des patients
épileptiques non anesthésiés une relation entre les décharges de
l’amygdale et de l’hippocampe et les variations du rythme cardiaque
et respiratoire.
Cependant, d’autres structures corticales
interviennent dans la régulation du rythme cardiaque et la survenue
de troubles du rythme ictaux.
L’insula joue probablement un rôle
essentiel.
Son organisation chronotopique, montrée chez le chat, a
été confirmée chez l’homme par des stimulations effectués chez des
patients épileptiques lors d’interventions chirurgicales.
Des
modifications du rythme cardiaque ont été enregistrées dans 50 %
des cas.
La réponse était différente selon le côté stimulé.
Une asymétrie des réponses végétatives a également été observée
lors d’injections intracarotidiennes d’amytal : augmentation de la
fréquence cardiaque lors d’injections carotidiennes gauches
(entraînant une inactivation hémisphérique gauche) et baisse de la
fréquence cardiaque lors d’injections carotidiennes droites.
* Pronostic
:
Le pronostic à long terme d’un patient ayant eu une crise arythmogénique n’est pas connu.
Le traitement antiépileptique peut
faire disparaître totalement les épisodes d’arythmie cardiaque.
Un
pacemaker a été implanté chez certains patients ayant eu une bradyarythmie ; l’un d’entre eux est néanmoins décédé
subitement.
Le retentissement de lésions myocardiques microscopiques
provoquées par la répétition des crises d’épilepsie et l’effet de
certains médicaments antiépileptiques pourraient jouer un rôle
aggravant.
2- Lésions myocardiques induites par l’épilepsie
:
Des travaux expérimentaux ont étudié les conséquences de crises
épileptiques sur le myocarde.
Le déclenchement de crises répétées
par stimulation du tronc cérébral, de l’hypothalamus, du
mésencéphale et de la réticulée dorsolatérale bulbaire était
responsable, chez le singe, de lésions myocardiques proches de celles
décrites après des lésions cérébrales d’origine vasculaire.
Des anomalies histologiques myocardiques du même type ont été
signalées chez des épileptiques décédés au cours d’une crise, d’un
état de mal ou subitement.
Une étude autopsique réalisée chez
23 épileptiques n’a toutefois pas mis en évidence de lésions
myocardiques significatives par rapport à une groupe contrôle.
Ces données ont amené à s’interroger sur le risque cardiaque chez
les épileptiques au cours de crises et états de mal.
Les données
épidémiologiques sont peu nombreuses mais concluent à un risque
de décès d’origine cardiovasculaire, discrètement augmenté chez les
épileptiques par rapport à celui de la population générale, en
particulier chez les patients âgés de moins de 65 ans et ayant une
épilepsie symptomatique.
3- Troubles du rythme cardiaque intercritiques
chez des patients épileptiques
:
Des troubles du rythme auriculaire ou ventriculaire intercritiques
peuvent être observés chez des patients épileptiques.
Toutefois, leur
fréquence, évaluée par des enregistrements EEG et ECG simultanés,
ne semble pas différente de celles de sujets témoins.
Plus
récemment, l’existence d’anomalies intercritiques de la variabilité
sinusale, témoignant d’une dysautonomie, ont été mises en évidence
chez des patients ayant une épilepsie partielle.
4- Toxicité cardiaque des antiépileptiques :
Les effets secondaires des antiépileptiques sur le coeur sont
exceptionnels.
Ils ont été signalés surtout avec la carbamazépine et
la phénytoïne.
Toutes deux ont des propriétés antiarythmiques.
Elles
sont, en particulier, efficaces pour réduire les tachyarythmies
ventriculaires liées à un surdosage en digitaline.
La toxicité de la phénytoïne a été observée essentiellement lors de l’utilisation de
fortes doses ou lors d’injections intraveineuses trop rapides.
L’effet toxique se manifeste par l’apparition d’un bloc auriculoventriculaire, une hypotension artérielle par vasodilatation
périphérique et une insuffisance cardiaque.
Quelques cas de
tachycardie ventriculaire ont été décrits.
Chez les patients
recevant de la phénytoïne par voie orale, la bradycardie semble
exceptionnelle ou survient sur un bloc auriculoventriculaire
préexistant.
La carbamazépine peut aussi induire des troubles de
conduction paroxystiques à type de bloc auriculoventriculaire plus
ou moins complet. Les observations rapportées concernaient des
femmes âgées de 22 à 85 ans, traitées pour une névralgie du
trijumeau ou une épilepsie temporale.
Cette prépondérance féminine
n’est pas expliquée.
Les troubles apparaissent lors de l’institution
du traitement dans la majorité des cas, mais des délais de
plusieurs années (10 ans au maximum) ont été observés.
Il existait
une cardiopathie associée chez quelques patients seulement.
La dose
de carbamazépine utilisée variait entre 300 mg et 1 200 mg/j.
L’arrêt du traitement a permis de restaurer un rythme sinusal
normal dans tous les cas.
La réalisation d’un ECG avant et après la
mise en route d’un traitement par carbamazépine semble
indispensable chez le sujet âgé.
5- Mort subite et épilepsie
:
La mort subite des épileptiques est définie comme un décès brutal
et inattendu chez un épileptique, non lié à un état de mal
épileptique, sans cause évidente apportée par l’anamnèse
(traumatisme crânien, noyade, bronchoaspiration) ou les
explorations, y compris les données autopsiques.
Son incidence
varie, selon les études, de 0,5 à 18,9 pour 1 000 patients-années.
Ces divergences s’expliquent par des différences méthodologiques :
utilisation de critères diagnostiques différents ; études de population
ou études hospitalières de patients ayant une épilepsie pharmacorésistante ou suivis dans un centre spécialisé ; études
prospectives ou rétrospectives.
Dans une étude récente de
population effectuée à Rochester, portant sur une cohorte de
1 535 patients, l’incidence de la mort subite était de 0,35 pour 1 000 patients-années, tous âges confondus, et de 0,5 pour 1 000 patientsannées
pour la tranche 15 à 44 ans.
Elle n’était responsable que de
1,7 % des décès dans cette cohorte mais le risque était 24 fois plus
élevé que celui de la population générale.
Cette mort subite survient préférentiellement chez des sujets jeunes,
âgés de 10 à 40 ans, ayant une épilepsie depuis de nombreuses
années et en particulier des crises généralisées tonicocloniques.
L’un des mécanismes invoqués est la survenue de crises arythmogéniques.
Parmi les quelques cas survenus en présence de
témoins, le décès était associé le plus souvent à une crise épileptique
de tous types.
Dans un cas, une fibrillation ventriculaire a été
constatée.
Toutefois, d’autres mécanismes tels qu’une apnée
centrale prolongée et une hypoxie, un oedème pulmonaire neurogénique, des troubles du rythme cardiaque favorisés par les
antiépileptiques ou au contraire par leur arrêt brutal, ont aussi
été incriminés.
Maladies dégénératives du système
nerveux central :
A - ATTEINTE CARDIAQUE ET MODIFICATIONS DE LA PA
:
1- Atrophies multisystématisées :
Les atrophies multisystémiques sont des maladies sporadiques,
progressives, débutant à l’âge adulte.
Elles sont définies par
l’association d’un syndrome parkinsonien, d’une dysautonomie et
d’une ataxie, chacun de ces signes pouvant exister à des degrés
variables et évoluer dans le temps.
Lorsque la dysautonomie domine
le tableau clinique, le terme de syndrome de Shy et Drager est
souvent utilisé.
L’hypotension artérielle orthostatique en est la
manifestation majeure, pouvant être à l’origine de syncopes et de
conséquences cliniques graves.
L’altération des tests dysautonomiques cardiaques est très fréquente, trouvée dans
environ 80 % des cas.
2- Maladie de Parkinso :
Il peut exister une atteinte du système nerveux autonome dans la
maladie de Parkinson qui semble essentiellement extracardiaque et
reste inconstante, faible et modérée par rapport à celle des atrophies multisystématisées.
Une hypotension artérielle orthostatique est
toutefois présente dans la moitié des cas, même si elle est le plus
souvent asymptomatique (environ 75 % des cas).
On peut aussi
observer une altération du rythme circadien de la PA, une
majoration de la variation diurne de la PA (avec alternance de
valeurs basses et élevées) et une hypotension artérielle
postprandiale.
En revanche, les anomalies cardiaques semblent
rares dans cette maladie.
En particulier, il n’a pas été décrit
d’anomalies ECG ou d’arythmies cardiaques.
Il peut toutefois exister
une diminution de la variabilité sinusale qui reste modérée et
inconstante.
Si certains auteurs suggèrent que la dysautonomie
dans la maladie de Parkinson est corrélée avec la durée et
l’aggravation de la maladie, il s’agit d’une donnée controversée.
Il peut être difficile de différencier la dégénérescence striatonigrée
(atrophie multisystémique avec un syndrome parkinsonien au
premier plan) d’une maladie de Parkinson compliquée d’une
dysautonomie.
Classiquement, la première se caractérise par une
mauvaise réponse à la dopathérapie. Certains auteurs ont proposé
chez quelques patients une technique d’imagerie cardiaque par
PETscan pour différencier ces deux affections.
B - HYPOTHÈSES PHYSIOPATHOLOGIQUES :
Les deux mécanismes incriminés sont l’atteinte du système nerveux
autonome secondaire à la maladie elle-même et la responsabilité des
traitements.
1- Influence de la maladie :
Des études anatomopathologiques chez des patients parkinsoniens
ont mis en évidence des corps de Lewy, aussi bien dans les centres
d’intégration dans le névraxe du système nerveux autonome, que
dans les centres ortho- et parasympathiques, les ganglions
sympathiques et les fibres parasympathiques.
Le syndrome de Shy et Drager pourrait être secondaire à une
atteinte du réflexe barorécepteur, expliquant des taux normaux de
noradrénaline en clinostatisme et une réponse sympathique
anormale en orthostatisme.
Cependant, certaines études
anatomopathologiques ont montré l’existence de lésions des centres
sympathiques.
2- Influence des traitements
:
Les médicaments dopaminergiques pourraient provoquer une
hypotension artérielle orthostatique et d’autres troubles dysautonomiques.
Toutefois, si les agonistes dopaminergiques
semblent effectivement influencer la fonction végétative, la relation
semble beaucoup moins claire avec les autres classes de
médicaments antiparkinsoniens.
Les études récentes suggèrent
l’absence d’influence des traitements sur les tests dysautonomiques
, en particulier, l’hypotension artérielle ne semble pas
majorée chez les patients traités.
Autres affections
:
Une atteinte du système nerveux autonome a été montrée dans
d’autres affections du système nerveux central, comme la sclérose
en plaques, certaines tumeurs cérébrales, les traumatismes
crâniens, certaines interventions neurochirurgicales.
Conclusion
:
Les rapports entre cerveau et coeur sont étroits mais soulèvent encore
beaucoup d’interrogations physiopathologiques.
De nombreuses
affections du système nerveux central peuvent s’accompagner de
modifications cardiovasculaires, cliniques ou infracliniques, dont la
pathogénie n’est pas encore totalement élucidée.
Elles pourraient
résulter d’un déséquilibre de la balance vagosympathique.
Si l’influence du système nerveux central dans la genèse de certaines
arythmies cardiaques semble probable, il n’y a pas assez de données
pour impliquer une seule structure cérébrale.
Toutefois, le cortex
insulaire semble particulièrement impliqué dans le déterminisme de
manifestations cardiovasculaires.
Une meilleure connaissance de ces répercussions cardiaques pourrait
permettre l’identification de sous-groupes à risque pouvant bénéficier
d’une surveillance ou de mesures thérapeutiques spécifiques.