Place des immunoglobulines intraveineuses et des échanges plasmatiques en neurologie
Cours de Neurologie
Introduction
:
Depuis quelques années, le nombre de maladies neurologiques pour
lesquelles un mécanisme dysimmunitaire a pu être identifié a
augmenté.
Les thérapeutiques visant à réguler ou déprimer le
système immunitaire constituent ainsi une des avancées de la
neurologie moderne.
Les immunoglobulines intraveineuses (IgIV) et
les plasmaphérèses ou échanges plasmatiques (EP) ont une place de
plus en plus importante au sein de ces thérapeutiques.
Les points
forts de ces deux traitements sont leur rapidité d’action et leur bonne
tolérance, ce qui n’est pas le cas en général des immunosuppresseurs.
Cependant, les deux traitements sont coûteux et leurs
effets temporaires.
Le pool d’immunoglobulines (Ig) est déplété par
les EP et augmenté par les IgIV.
En dépit d’effets apparemment
opposés, ces deux thérapeutiques sont souvent proposées au cours
des mêmes maladies.
Elles ont une action importante sur l’immunité
cellulaire mais leur utilisation repose surtout sur leurs effets
théoriques contre des autoanticorps supposés participer au
processus physiopathologique.
Néanmoins, le concept de maladie médiée par des autoanticorps n’est actuellement démontré que dans
un nombre très faible de maladies neurologiques.
Les modes
d’action des IgIV et des EP restent donc en grande partie inconnus,
essentiellement du fait d’une connaissance très partielle des
mécanismes dysimmunitaires.
Modes d’action, modalités
d’utilisation et complications :
A - ÉCHANGES PLASMATIQUES :
1- Principes et mécanismes d’action :
Les EP consistent à séparer le plasma des cellules qui sont ensuite réinjectées au patient au sein d’une solution colloïde de
remplacement (macromolécules de synthèse et/ou albumine).
Trois
systèmes de séparation existent : la centrifugation discontinue
(technique la plus ancienne), la centrifugation continue et la filtration
à travers une membrane.
Un échange permet de remplacer 3 à 5 L
de plasma et de réduire de 60 % environ les concentrations
plasmatiques des protéines du complément, des facteurs de la
coagulation et des Ig.
En général, trois à cinq séances sont
pratiquées, ce qui peut réduire de 90 % ou plus la concentration en Ig.
La restauration du stock en protéines dépend de leur vitesse de resynthèse.
Le renouvellement des IgG est plus lent que celui des
autres protéines plasmatiques et les taux sériques d’IgG peuvent
ainsi rester abaissés pendant plusieurs semaines (5 semaines au
maximum).
Les taux sériques de la plupart des protéines reviennent,
en 48 heures, à 75 % ou plus de ce qu’ils étaient avant les EP.
Les EP
sont donc relativement sélectifs des IgG, mais aussi à moindre degré
des autres Ig et de l’albumine, si celle-ci n’est pas contenue dans le
produit de remplacement.
L’effet thérapeutique résulte, au moins en partie, de l’élimination
des Ig.
Les arguments avancés sont :
– la réduction du taux plasmatique d’autoanticorps ;
– la démonstration que l’adsorption sélective d’Ig sur une colonne
de protéines A a un effet comparable à celui des EP ;
– l’existence d’arguments biologiques en faveur du rôle pathogène
des autoanticorps.
Cependant, l’élimination d’autres protéines plasmatiques
(interleukines-2 [IL2] et autres cytokines) pourrait contribuer à
l’action thérapeutique des EP.
Il existe un risque théorique de rebond à l’arrêt des EP.
Ce risque
repose sur les résultats de certains travaux expérimentaux qui ont
montré une augmentation de synthèse des Ig en réaction aux EP.
Cet effet n’est pas ou peu observé en pratique, sauf peut-être au
cours du syndrome de Guillain-Barré.
La résolution incomplète de
la réaction auto-immune pourrait en fait expliquer ce phénomène.
2- Complications :
La complication majeure est la survenue d’une hypotension
artérielle.
Les machines ayant un dispositif de centrifugation continue comportent un moindre risque de chute de la tension
artérielle car le volume extracorporel est faible.
Les autres
complications sont la conséquence de l’abord veineux central :
hématome au point de ponction, abcès, septicémie, thrombose
veineuse sur cathéter.
Il n’y a pas de risque de transmission de maladies virales si le
produit de remplacement n’est pas l’albumine.
B - IMMUNOGLOBULINES INTRAVEINEUSES :
1- Principes et mécanismes d’action
:
Les IgIV sont constituées d’IgG polyvalentes issues de donneurs de
sang.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a défini des
normes de qualité concernant les préparations d’IgIV.
Elles
doivent être préparées à partir du sang d’au moins 1 000 donneurs
(en pratique, entre 3 000 et 10 000), contenir au moins 90 % d’IgG et
la plus petite quantité possible d’IgA, contenir toutes les sousclasses
d’IgG en proportion similaire à celle du plasma, avoir des
propriétés d’opsonisation et de fixation du complément, être le plus
possible dépourvues de prékallicréine, de kinines, de plasmines et
autres contaminants.
Actuellement, ces normes sont largement
dépassées par la majorité des fabricants.
L’OMS a également défini
des règles pour minimiser le risque de transmission de maladies
infectieuses.
La sélection des donneurs par un interrogatoire
approprié et la réalisation de tests viraux (antigène Australie [HBs],
anticorps antihépatite C, anti-VIH[virus de l’immunodéficience
humaine]-1 et VIH-2) et un dosage des transaminases constituent la
première étape.
Les procédures chimiques et physiques
d’inactivation virale lors de la préparation du produit permettent
ensuite de réduire encore les risques de transmission virale.
Tous les
fabricants utilisent successivement plusieurs procédures
d’inactivation virale car chacune des méthodes n’est pas totalement
efficace.
Certains virus, comme le Parvovirus B19, sont en effet particulièrement
difficiles à éliminer.
En ce qui concerne le VIH, il y a un
risque de transmission si le donneur est en période d’incubation
(entre la contamination et la séroconversion) : les anticorps ne sont
pas présents alors que le virus circule dans le sang.
La mise en
quarantaine du sang (100 jours environ) jusqu’à ce que le donneur
soit revu et prélevé à nouveau, permet de réduire ce risque (lookback
method).
Le mode d’action des IgIV est complexe et encore mal connu.
L’interaction du fragment Fc des Ig perfusées avec les récepteurs Fc
pourrait bloquer les cellules phagocytaires, moduler la fonction des
cellules B et T, réguler la synthèse de cytokines et de médiateurs de
l’inflammation et inhiber la fixation du complément.
Cependant, au
cours des maladies neurologiques dysimmunitaires, les mécanismes
d’action mis en évidence dépendent le plus souvent de l’interaction
des régions variables des Ig avec les régions variables des anticorps
circulants et/ou des Ig de surface des lymphocytes B.
Puisque les IgIV sont issues d’un grand nombre de donneurs, elles contiennent
un large éventail d’anticorps dirigés contre les antigènes extérieurs,
d’autoanticorps et d’anticorps anti-idiotypiques (dirigés contre les
régions variables des Ig).
Les IgIV, par des interactions idiotype-antiidiotypes,
permettraient de restaurer les mécanismes homéostatiques
de contrôle des autoanticorps qui seraient déficients ou
dysfonctionnels au cours de ces maladies.
Les modes d’action des IgIV, probablement multiples, rendent compte d’effets
thérapeutiques au cours de maladies ayant des mécanismes
physiopathologiques très variables.
2- Posologie et pharmacocinétique :
À l’origine, les IgIV ont été développées pour traiter les déficits
congénitaux en Ig, puis comme traitement prophylactique des
infections au cours des maladies dysimmunitaires.
L’observation de
cas d’amélioration de thrombopénies auto-immunes au cours
d’hypogammaglobulinémies congénitales traitées par IgIV a conduit
à proposer ce traitement dans d’autres maladies dysimmunitaires.
Sur la base des posologies utilisées au cours des purpuras thrombopéniques auto-immuns, les IgIV sont données en neurologie
à la dose totale de 2 g/kg répartis en 3 à 5 jours.
Après un traitement par IgIV, le taux d’IgG sérique est multiplié par
cinq, puis diminue de 50 % dans les 72 heures et retourne à la
normale en 21 à 28 jours.
La demi-vie des IgIV (18 à 32 jours) est
proche de celle des IgG natives.
La pénétration des IgIV dans le
système nerveux central est attestée par une augmentation du taux
d’IgG dans le liquide céphalorachidien (LCR).
3- Complications et tolérance :
La fréquence rapportée des effets indésirables au cours des
traitements par IgIV varie de moins de 10 % à plus de 50 %.
Les
complications sont variées mais la très grande majorité sont
mineures et n’empêchent pas la poursuite du traitement.
Cependant,
des complications plus sévères peuvent survenir.
* Effets indésirables tardifs : risque viral
En 1994, l’observation d’hépatite C chez 247 patients ayant reçu des IgIV d’un même fabricant a soulevé une grande inquiétude.
D’autres
cas ont été rapportés par la suite avec des IgIV de première
génération.
Actuellement, en dépit de toutes les précautions
requises, le risque de transmission d’une maladie infectieuse ne peut
être exclu.
Les agents potentiellement transmissibles actuellement
connus sont : les virus des hépatites B, C, D, le VIH, le human T-cell
lymphoma virus type I (HTLV-I), le cytomégalovirus (CMV), l’Epstein-
Barr virus (EBV), le Parvovirus B19 et l’agent de la maladie de
Creutzfeldt-Jakob.
Le patient à qui l’on donne des IgIV doit être
informé de ce risque et signer un consentement, même si ce risque
semble extrêmement faible.
Comme tous les produits dérivés du
sang, la traçabilité des IgIV doit être assurée.
Il est recommandé de
pratiquer des sérologies virales avant et quelques semaines après
une administration d’IgIV.
* Effets indésirables précoces :
Malgré l’amélioration des techniques de purification des IgIV
permettant d’éliminer les agrégats d’IgG, des réactions
anaphylactiques sont possibles.
Les réactions les plus graves
surviennent quasi exclusivement chez les sujets ayant une
agammaglobulinémie congénitale ou un déficit congénital en IgA
(prévalence 1/1 000).
En effet, environ 30 % des patients ayant un
déficit en IgA possèdent des anticorps anti-IgA.
Les céphalées, ayant parfois les caractères d’une migraine,
constituent l’effet indésirable le plus fréquemment observé.
D’autres
signes sont parfois associés : lombalgies, nausées, vomissements,
diarrhée, fièvre, frissons, tremblements, dyspnée, oppression
thoracique et flush.
Ces manifestations sont généralement transitoires
et corrélées à la vitesse d’administration du produit.
Il est important
de vérifier la vitesse de perfusion recommandée par le fabricant ;
cette vitesse dépend de la composition du produit.
Cependant, il
existe une très grande variabilité interindividuelle : certains sujets
tolèrent des vitesses de perfusion élevées alors que d’autres
présentent des signes d’intolérance à un très faible débit.
En cas de
survenue de telles manifestations, il est souhaitable de stopper la
perfusion pendant 30 minutes et de redémarrer à une vitesse plus
faible.
Certains proposent un traitement prophylactique par
corticoïdes, antipyrétiques et/ou antihistaminiques.
Il est parfois
nécessaire de changer de produit.
Ces réactions pourraient être dues
à la formation rapide de complexes immuns, mais la présence de
fragments protéiques non purifiés et d’agrégats dans les
préparations d’IgIV constituent d’autres explications possibles.
Plus récemment, plusieurs cas de méningite aseptique ont été
rapportés.
Dans une série rétrospective de 54 patients ayant
une maladie neurologique et traités par des IgIV, six (11 %) ont
développé une méningite aseptique.
La symptomatologie est celle
d’un syndrome méningé fébrile.
Le nombre de cellules dans le LCR
peut être très élevé (> 1 000 cellules/mm3).
Les sujets migraineux
auraient un risque plus élevé.
Cette méningite peut récidiver lors
d’une nouvelle administration d’IgIV du même fabricant mais aussi d’un autre.
Ni la pathologie neurologique sous-jacente, ni la vitesse
d’administration des IgIV ni un traitement prophylactique par
corticoïdes ne semblent influencer la survenue de cette complication.
Malgré un tableau clinique parfois sévère, l’évolution est toujours
spontanément favorable et sans séquelles en quelques jours.
La
cause de cette méningite aseptique est inconnue.
Certains patients se plaignent d’une fatigue anormale dans les 24
heures suivant la perfusion.
Les complications dermatologiques sont à type d’éruptions non
spécifiques, d’eczéma, d’urticaire, d’érythème polymorphe,
d’érythème purpurique ou d’alopécie. Une irritation, voire une
nécrose cutanée au point d’injection, peuvent s’observer avec les
préparations ayant un pH inférieur à 5.
Les effets biologiques dus à l’administration d’IgIV sont en général
mineurs et transitoires.
Il s’agit le plus souvent d’une leucopénie,
d’anomalies du bilan hépatique ou d’hyponatrémie.
La vitesse de
sédimentation est augmentée de six fois ou plus après une cure
d’IgIV ; cette anomalie peut persister pendant 2 à 3 semaines.
Des
complications plus graves ont été observées : anémie hémolytique
due à la présence d’anticorps antiglobules rouges dans les
préparations d’IgIV et neutropénie réversible.
La survenue
d’une insuffisance rénale aiguë est une complication grave à
craindre, en particulier chez les sujets ayant une pathologie rénale
préexistante ou en hypovolémie, et pouvant conduire à une
insuffisance rénale définitive.
La biopsie rénale révèle, dans ces
cas, des anomalies typiques d’une néphropathie par hyperosmolarité
(nécrose tubulaire).
L’administration d’IgIV chez des patients ayant une insuffisance
cardiaque, un diabète ou une intolérance au fructose doit être
prudente car les concentrations en sodium et en glucides varient
d’une préparation à une autre.
Les complications thromboemboliques (infarctus du myocarde,
accident ischémique cérébral, thrombose veineuse et embolie
pulmonaire) sont attribuées à l’augmentation de la viscosité
sanguine.
Ces complications sont susceptibles de survenir chez des
sujets ayant une viscosité déjà élevée (gammapathie monoclonale,
par exemple) ou ayant des lésions artérielles d’athérosclérose.
L’augmentation de la viscosité serait due à l’apport massif d’IgG
et/ou à la formation de complexes immuns, mais le rôle potentiel
des autres composants (agents stabilisants) n’est pas à négliger.
L’utilisation des IgIV au cours de la grossesse ne semble pas poser
de problèmes.
Cependant, l’amélioration spontanée de la plupart
des maladies dysimmunitaires au cours de la grossesse permet
souvent de suspendre ce traitement.
De plus, en raison du faible
nombre de femmes qui ont été traitées par des IgIV au cours d’une
grossesse, il convient d’être prudent.
Indications
:
Alors que l’efficacité des IgIV et des EP a été démontrée par des
études contrôlées au cours de plusieurs pathologies, de nombreuses
indications restent à valider.
Seules les principales
indications seront détaillées ici.
A - AFFECTIONS MUSCULAIRES :
1- Maladies inflammatoires :
Environ 70 % des patients ayant une dermatomyosite corticorésistante ou une polymyosite corticorésistante répondent à
un traitement par IgIV mais cela n’a été démontré par une étude
contrôlée que dans le cadre des dermatomyosites.
Dans les deux
affections, les IgIV ne doivent pas être proposées en traitement de
première intention car elles ne semblent pas aussi efficaces que les
corticoïdes.
Elles sont proposées en seconde intention, comme les
immunosuppresseurs, ou en cas d’échec de ceux-ci.
La dose utilisée
est de 2 g/kg/cure avec un nombre moyen de trois à six cures
mensuelles.
L’intérêt des IgIV dans les myosites à inclusion est
toujours en cours d’évaluation.
Les EP n’ont pas fait la preuve d’une efficacité au cours des polymyosites ou des dermatomyosites et n’ont pas été évalués au
cours des myosites à inclusion.
Cependant, ils pourraient être
indiqués dans les formes aiguës et graves de polymyosites ou de
dermatomyosites en association avec un traitement immunosuppresseur.
2- Maladies de la jonction neuromusculaire
:
* Myasthénie
:
L’efficacité des IgIV semble comparable à celle des EP dans le
traitement des myasthénies en période d’aggravation.
L’action
des EP est toutefois plus rapide.
Les indications de ces deux traitements au cours de la myasthénie sont les mêmes et, en cas
d’échec de l’un, l’autre mérite d’être essayé.
Les IgIV ont en leur
faveur une plus grande facilité d’utilisation.
Ces traitements sont
préconisés :
– au début de la maladie, en attendant l’effet des autres
thérapeutiques ;
– avant une chirurgie thymique afin de préparer au mieux
l’anesthésie générale ;
– en cas de poussée de la maladie ;
– et, exceptionnellement, en traitement de fond, en cas d’échec des
autres traitements.
* Syndrome de Lambert-Eaton :
Des petites séries ont fait état d’une certaine efficacité des IgIV et
des EP.
Une seule étude contrôlée, en crossover, ayant porté
sur 10 patients, a montré une efficacité des IgIV au cours du
syndrome de Lambert-Eaton.
B - MALADIES DU NERF PÉRIPHÉRIQUE
:
1- Syndrome de Guillain-Barré :
Les IgIV et les EP constituent les traitements de référence du
syndrome de Guillain-Barré : administrés tôt, ils diminuent le risque
de ventilation assistée, raccourcissent le délai de reprise de la marche
et diminuent le risque de séquelles à 1 an.
L’efficacité des EP a été
démontrée par plusieurs essais contrôlés et deux essais
d’équivalence ont montré que les IgIV avaient une efficacité égale à
celle des EP.
Dans la deuxième étude, la combinaison des deux
traitements n’était pas plus efficace que l’un ou l’autre des
traitements, mais d’autres études sont en cours.
La posologie
totale des IgIV est de 2 g/kg en une cure de 5 jours.
Le nombre d’EP
à proposer dépendrait de la sévérité du tableau clinique.
Rarement, en raison de fluctuations des symptômes, le traitement
doit être renouvelé.
Actuellement, il n’existe pas de consensus sur
l’intérêt de changer de traitement en cas de non-réponse au premier
traitement proposé.
L’efficacité des EP et des IgIV a été démontrée par plusieurs études
contrôlées et semble comparable à celle des corticoïdes.
Il
n’existe pas de consensus concernant la hiérarchie de ces trois
traitements.
Chacun est efficace chez environ deux tiers des patients.
En cas d’échec d’un premier traitement, les autres méritent d’être
essayés.
Deux EP par semaine pendant 3 semaines, puis un EP
par semaine pendant 3 semaines, améliorent significativement le
score fonctionnel.
La dose d’IgIV d’induction est de 2 g/kg sur 2 à 5
jours.
En général, un traitement d’entretien mensuel est proposé (0,4
à 1 g/kg/mois), mais certains patients requièrent des cures plus
rapprochées.
Au bout de 6 mois, il est souhaitable d’essayer d’arrêter
les IgIV ou d’espacer les cures en introduisant éventuellement un
traitement immunosuppresseur (azathioprine).
Cependant, de même
que pour les EP, la durée optimale du traitement est inconnue.
3- Neuropathies motrices multifocales
avec blocs de conduction :
À la différence des polyradiculonévrites chroniques idiopathiques,
les EP sont rarement efficaces et les corticoïdes peuvent aggraver la
symptomatologie.
En revanche, 70 à 90 % des patients sont
fonctionnellement améliorés par les IgIV.
La posologie d’induction
est toujours la même (2 g/kg).
L’effet des IgIV apparaît dans les
heures ou jours après le début des perfusions et est maximal en 2
semaines.
La fréquence d’administration des IgIV est variable d’un
individu à un autre.
La majorité des patients répondeurs est
améliorée pendant 3 à 6 semaines.
La dose minimale efficace d’IgIV
peut être déterminée par une diminution progressive de la dose
administrée à chaque cure.
4- Neuropathies périphériques associées
à une gammapathie monoclonale IgM :
Actuellement, le chlorambucil constitue le traitement de référence.
Les EP n’apportent rien de plus chez les patients traités par chlorambucil.
Alors que des études ouvertes semblaient montrer
une certaine efficacité des IgIV, deux essais randomisés n’ont pas
confirmé ces résultats.
C - MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
:
1- Sclérose en plaques :
Faisant suite à la publication d’un certain nombre d’études non
contrôlées et d’observations isolées, plusieurs essais contrôlés et
randomisés ont récemment mis en évidence un effet bénéfique des IgIV dans le traitement des scléroses en plaques rémittentes.
Selon l’étude, la posologie utilisée était de 0,15-0,20 g/kg une fois
par mois pendant 2 ans, ou de 0,4 g/kg/j pendant 5 jours puis
0,4 g/kg tous les 2 mois pendant 2 ans.
Les résultats de ces études
sont homogènes : les IgIV semblent diminuer d’environ 50 % le
nombre de poussées par rapport au groupe placebo.
En revanche, il
n’a pas été montré d’effet positif sur le handicap.
Ces résultats
méritent néanmoins d’être confirmés par de nouvelles études
randomisées.
Les EP n’ont jamais fait preuve d’une efficacité au cours de la
sclérose en plaques mais pourraient avoir un intérêt, en association
avec un traitement immunosuppresseur, dans les formes
fulminantes.
2- Autres maladies du système nerveux central
:
Des observations isolées ont relaté une certaine efficacité des EP au
cours de l’encéphalomyélite aiguë disséminée, du syndrome de
« l’homme raide » ou du lupus avec atteinte du système nerveux
central et des IgIV au cours du syndrome de « l’homme
raide », ou des paraparésies liées à l’HTLV-I.
Plusieurs auteurs
ont rapporté des améliorations, voire des rémissions de syndromes
paranéoplasiques tels que la dégénérescence cérébelleuse ou
l’encéphalomyélite après un traitement par IgIV.
Certains de ces
patients avaient également une polyneuropathie sensitive ou
sensitivomotrice paranéoplasique également sensible au
traitement.