Histologie et cytologie de l’os normal Cours de l'appareil locomoteur
Introduction
:
Le tissu osseux est un tissu conjonctif dont la composition,
l’organisation et la dynamique assurent sa fonction mécanique de
soutien et son rôle dans l’homéostasie minérale.
En outre, le tissu
osseux renferme la moelle, siège de l’hématopoïèse.
Tout au long de
la vie, l’os est constamment détruit puis reconstruit au cours des
différentes phases du remodelage osseux.
Chez l’adulte, le
remodelage osseux fait suite au modelage qui se déroule jusqu’à la
fin de la croissance.
Un bon équilibre entre les phases de résorption
et de formation permet à l’os de conserver ses propriétés
mécaniques.
D’autre part, grâce au remodelage, l’os joue un rôle
important de réserve calcique capable selon les besoins de libérer ou
d’incorporer du calcium.
Composition du tissu osseux
:
Le tissu osseux est constitué d’une trame protéique sur laquelle se
fixe la phase minérale qui représente 70 % du poids de l’os sec.
A- TRAME PROTÉIQUE :
Elle est constituée essentiellement de fibres de collagène de type I
qui représentent environ 90 % de la phase organique de l’os
entourées d’une substance fondamentale interfibrillaire.
La
molécule de collagène est composée de trois chaînes polypeptidiques
disposées en hélices.
Chaque fibre de collagène est faite de
faisceaux de fibres primitives elles-mêmes constituées d’un faisceau
de fibrilles à structure périodique de 500 à 700 Å d’épaisseur.
Les
fibres de collagène sont arrangées parallèlement au sein d’une même
lamelle osseuse, mais leur orientation varie d’une lamelle à l’autre,
ce qui confère à l’os sa structure lamellaire.
La substance
fondamentale interfibrillaire est constituée de composants variés tels
que des glycoprotéines (ostéonectine, ostéopontine, sialoprotéine
osseuse), des protéines contenant des résidus d’acide glutamique
carboxylé (ostéocalcine), des phosphoprotéines, des phospholipides,
des protéoglycanes, des cytokines et des facteurs de croissance.
La
plus abondante des protéines est l’ostéocalcine qui représente 10 à
20 % des protéines non collagéniques.
Elle jouerait un rôle dans
l’attraction des ostéoclastes dans les foyers de résorption et dans la
minéralisation.
Plusieurs protéines non collagéniques telles
l’ostéopontine, la sialoprotéine, la thrombospondine et la
fibronectine renferment une séquence arginine-glycine-acide
aspartique (RGD).
Cette séquence RGD caractérise les protéines
d’adhésion cellulaire et est reconnue par certaines protéines
membranaires appelées intégrines.
Ainsi, les intégrines présentes
à la surface des ostéoblastes permettraient leur attachement à la
matrice extracellulaire.
Des facteurs de croissance et des cytokines
(transforming growth factor b ou TGFb, insulin-like growth factor ou
IGF, ostéoprotégérine, tumor necrosis factor ou TNF, les interleukines
et les bone morphogenic proteins ou BMP) sont également présents en
petites quantités dans la matrice osseuse.
Ces facteurs protéiques jouent un rôle important dans l’activation et la différenciation
cellulaire et interviennent dans le couplage entre la formation et la
résorption.
B - SUBSTANCE MINÉRALE :
La phase inorganique de la matrice osseuse confère à l’os sa rigidité
et sa résistance mécanique et représente aussi une importante
réserve minérale.
En effet, environ 99 % du calcium de l’organisme,
85 % du phosphore, entre 40 et 60 % du sodium et du magnésium
sont incorporés dans les cristaux qui constituent la substance
minérale osseuse.
Elle est essentiellement composée de phosphate
de calcium cristallisé sous forme d’hydroxyapatite.
Les cristaux
d’hydroxyapatite ont une forme hexagonale, aplatie et sont disposés
dans les espaces interfibrillaires.
Leur nombre et leur taille
s’accroissent lentement au cours du processus lent de minéralisation
secondaire succédant à la minéralisation primaire qui suit
immédiatement la synthèse de matrice par les ostéoblastes et qui
n’apporte d’emblée qu’environ 60 % de la charge tissulaire minérale.
Structure du tissu osseux :
A - TEXTURE DE L’OS :
L’os tissé ou « woven bone » est un os immature, non lamellaire
caractérisé par une disposition anarchique des fibres de collagène.
Il
est normalement présent chez l’embryon et chez l’enfant où il est
progressivement remplacé par de l’os lamellaire, mais on le trouve
également au niveau des cals de fractures, de certaines tumeurs
osseuses primitives ou secondaires et la maladie osseuse de Paget.
L’os adulte normal est constitué d’os lamellaire résultant de
l’orientation différente des fibres de collagène dans deux lamelles
contiguës.
Cette texture lamellaire confère à l’os sa résistance
mécanique.
B - ARCHITECTURE DE L’OS
:
Elle s’organise en quatre compartiments.
L’os compact et l’os trabéculaire diffèrent selon l’agencement des lamelles osseuses.
La
zone intermédiaire entre corticales et spongieux est l’endoste.
L’enveloppe externe des os est le périoste.
Le remodelage osseux
s’exerce dans ces quatre compartiments mais à des degrés différents.
1- Os compact :
C’est l’os des corticales.
Il est formé par la juxtaposition d’ostéons,
unités structurales élémentaires de l’os cortical dans lesquels les lamelles osseuses sont disposées de façon concentrique autour d’un
canal central appelé canal de Havers où circulent les vaisseaux.
Les canaux de Havers sont reliés entre eux par des canaux
transversaux, les canaux de Volkmann.
2- Os trabéculaire :
Appelé également os spongieux, il est constitué d’un réseau
tridimensionnel de travées osseuses faites d’unités structurales
élémentaires en plaques ou en arches, à texture lamellaire régulière.
Entre les travées osseuses se trouve la moelle
hématopoïétique.
Cellules osseuses :
Elles assurent les différentes phases au cours du remodelage osseux.
A - OSTÉOCLASTES :
Ce sont les cellules responsables de la résorption osseuse.
L’ostéoclaste est une grosse cellule multinucléée pouvant renfermer
de 2 à 30 noyaux et riche en enzymes lysosomales telles la phosphatase acide tartrate résistante ou la cathepsine k et des
collagénases.
D’origine hématopoïétique, il appartient à la famille
des monocytes/macrophages.
L’ostéoclaste est visible au fond des lacunes de résorption appelées
lacunes de Howship, au contact de la matrice osseuse calcifiée.
La zone de contact est caractérisée par la présence de
nombreuses vacuoles intracytoplasmiques et une bordure plissée.
À
ce niveau, l’ostéoclaste est capable d’acidifier le milieu extracellulaire
par la sécrétion de protons grâce à une pompe à protons, ce qui
permet la solubilisation de la fraction minérale.
La digestion de la
trame organique s’effectue ensuite sous l’action des enzymes
protéolytiques contenues dans les lysosomes.
B - OSTÉOBLASTES :
L’ostéoblaste est la cellule sécrétrice des constituants de la matrice
organique.
Son origine est mésenchymateuse et il dérive d’une
cellule souche pluripotentielle commune aux chondrocytes,
fibroblastes, myocytes et adipocytes. De forme allongée ou
cuboïdale, les ostéoblastes tapissent la surface osseuse en cours de
formation.
Leur cytoplasme renferme un abondant réticulum
endoplasmique granuleux, un appareil de Golgi très développé et
de nombreuses mitochondries témoins d’une synthèse protéique
importante.
Leur fonction principale est la synthèse de la trame
protéique de l’os (collagène et protéines non collagéniques).
À
l’issue de la période de formation, les ostéoblastes peuvent se
transformer en cellules bordantes ou en ostéocytes.
C - OSTÉOCYTES :
Ils proviennent de la transformation de certains ostéoblastes
emmurés dans le tissu osseux, à l’intérieur d’une lacune
périostéocytaire.
Au cours de cette transformation, les
ostéoblastes perdent une grande quantité de leurs organites.
Ils
possèdent de nombreux et fins prolongements cytoplasmiques qui
leur permettent d’établir des contacts avec les autres ostéocytes et
les cellules bordantes qui recouvrent la surface osseuse.
Le
cytoplasme des ostéocytes renferme un abondant cytosquelette.
Les
ostéocytes interviennent essentiellement dans la transmission des
signaux mécanosensoriels et dans les échanges entre les cellules et
le microenvironnement.
D - CELLULES BORDANTES :
Elles recouvrent les surfaces osseuses en phase quiescente.
Ce sont
des cellules aplaties, avec un cytoplasme pauvre dont la principale
fonction serait d’assurer la communication entre la surface osseuse,
l’environnement cellulaire et les ostéocytes emmurés dans la matrice
osseuse.
Elles jouent également un rôle durant la phase initiale du
remodelage osseux.
Sous l’effet de certains stimuli, elles libèrent la
surface osseuse permettant ainsi l’attraction des ostéoclastes.
Modelage et remodelage osseux :
Pendant l’enfance, le modelage et le remodelage osseux coexistent,
alors que chez l’adulte seul le remodelage persiste.
A - MODELAGE OSSEUX :
Il assure la formation des os in utero et pendant l’enfance jusqu’à la
maturité du squelette à l’adolescence.
Il résulte de deux mécanismes,
l’ossification endochondrale et l’ossification de membrane.
1- Ossification endochondrale :
Elle assure la formation des os longs chez l’embryon.
Les cellules
mésenchymateuses se différencient en chondroblastes puis en chondrocytes responsables de la synthèse d’une matrice
extracellulaire riche en protéoglycanes et collagène de type II qui
secondairement se calcifie.
Ce cartilage calcifié est envahi par des
bourgeons vasculaires qui véhiculent les cellules précurseurs des
ostéoclastes et des ostéoblastes.
Ce cartilage calcifié est ensuite
colonisé par des ostéoblastes qui synthétisent un tissu osseux
immature de texture tissée.
Ce tissu osseux immature est finalement
résorbé par les ostéoclastes et remplacé par un tissu osseux
lamellaire.
2- Ossification de membrane
:
Elle siège au niveau des os plats et, contrairement à l’ossification endochondrale, les cellules mésenchymateuses se différencient
directement en ostéoblastes qui élaborent une matrice osseuse de
texture tissée.
Plus tard, à l’issue d’une séquence classique de
remodelage, cet os tissé est progressivement remplacé par un os
mature lamellaire.
B - REMODELAGE OSSEUX :
Tout au long de la vie, l’os est le siège de remaniements permanents.
Ce processus permet de préserver les propriétés biomécaniques du
tissu osseux et d’assurer l’homéostasie minérale.
La séquence du
remodelage osseux se déroule selon une chronologie bien précise en
un même site résultant de l’activité d’une unité multicellulaire de
base (basic multicellular unit ou BMU).
Cette activité de remodelage
donne naissance aux unités de base du tissu osseux appelées ostéons
dans l’os cortical et unités structurales élémentaires (basic structure
unit ou BSU) dans l’os spongieux.
Elle débute par une phase
d’activation des ostéoclastes qui conduit à la résorption osseuse
suivie d’une phase de transition qui aboutit au recrutement des
cellules ostéoprogénitrices, puis à la formation et à la minéralisation
d’une nouvelle matrice osseuse.
À chaque instant, environ 5 % des
surfaces intracorticales et 20 % des surfaces trabéculaires sont le
siège d’un remodelage.
Ce processus implique un couplage étroit
entre la phase de résorption et la phase de formation.
La durée
moyenne d’une séquence de remodelage est de 4 à 6 mois.
1- Phase d’activation :
La séquence du remodelage débute en un point d’une surface
osseuse quiescente recouverte par des cellules bordantes.
Ces cellules seraient capables de percevoir un signal d’initiation dont
la nature exacte est inconnue mais qui pourrait être de nature
hormonale, transmis par des cytokines produites localement ou
relever d’un stimulus mécanique.
La captation de ce signal conduirait à la dégradation de la fine couche de matrice non
minéralisée située sous les cellules bordantes, exposant ainsi la
matrice minéralisée à l’action des ostéoclastes.
2- Phase de résorption
:
Elle débute par l’activation des précurseurs ostéoclastiques présents
dans la moelle osseuse au site de remodelage et conduit à leur
différenciation en ostéoclastes matures et à leur attachement à la
surface osseuse.
Les mécanismes contrôlant
l’ostéoclastogenèse sont encore mal connus.
Toutefois, des études
récentes ont montré que la différenciation et l’activité ostéoclastiques
sont modulées par des facteurs libérés par les cellules stromales de
la lignée ostéoblastique.
Leur synthèse varie avec l’âge et est
modulée par certaines hormones telles les oestrogènes.
Ainsi, la
synthèse d’interleukine 6 (IL-6) est stimulée par la parathormone et
la 1,25 dihydroxyvitamine D3.
Les cellules stromales
ostéoblastiques synthétisent également le macrophage-colony
stimulating factor (M-CSF) qui est un stimulateur de la résorption.
D’autres cytokines de type TNF-a produites par les monocytes ont
un effet mitogénique sur les précurseurs ostéoclastiques et régulent
la production de M-CSF et IL-11 par les cellules stromales.
Ces
cytokines agissent par l’intermédiaire des voies de signalisation
gp130.
Les cellules stromales ostéoblastiques expriment
également RANK ligand (RANKL) qui stimule l’ostéoclastogenèse
en agissant sur RANK situé à la surface des précurseurs
ostéoclastiques mononucléés.
À l’inverse, l’ostéoprotégérine, facteur
soluble également produit par les cellules ostéoblastiques agit
comme un antagoniste de RANK ligand.
La production de
RANK ligand et de l’ostéoprotégérine par les cellules stromales
ostéoblastiques est sous la dépendance des hormones et des
cytokines qui contrôlent la résorption osseuse.
Une fois attaché à la matrice osseuse, l’ostéoclaste crée un
microenvironnement acide qui permet la dissolution de la phase
inorganique qui précède la dégradation de la fraction protéique de
la matrice osseuse grâce à l’équipement enzymatique de
l’ostéoclaste.
La lacune de résorption ainsi créée est appelée lacune
de Howship.
La phase de résorption dure environ 30 jours.
3- Phase de réversion :
C’est durant cette phase de transition qu’intervient le couplage entre
résorption et formation.
Il a été suggéré que les facteurs
favorisant la formation osseuse soient intégrés dans la matrice
osseuse et relargués durant la phase de résorption.
Cela concernerait
en particulier les insulin-like growth factors (IGF), les fibroblast growth
factors (FGF), le transforming growth factor-b (TGF b), les bone
morphogenic proteins (BMP) et le platelet derived growth factor
(PDGF).
La surface osseuse ainsi libérée par les ostéoclastes et
correspondant au fond de la lacune de Howship, appelée ligne
cémentante, est riche en éléments tels que l’ostéopontine qui
activerait les ostéoblastes.
Après 1 à 2 semaines, cette phase aboutit
au recrutement des cellules ostéoprogénitrices dans la moelle
osseuse.
4- Phase de formation :
Elle débute par la prolifération des cellules ostéoprogénitrices qui
vont ensuite tapisser le fond de la lacune de Howship, au niveau de
la ligne cémentante.
Les ostéoblastes vont alors synthétiser
les constituants de la matrice protéique osseuse non encore
minéralisée appelée ostéoïde.
La vitesse d’apposition de la
matrice par les ostéoblastes est de 2 à 3 µm/j.
Puis après un délai
de 10 à 15 jours, le tissu ostéoïde se minéralise par l’apposition de
cristaux d’hydroxyapatite dans les espaces interfibrillaires du collagène.
Cette étape de minéralisation comporte une phase rapide
appelée minéralisation primaire puis se poursuit plus lentement
pendant une durée variable appelée minéralisation secondaire.
La
durée de la minéralisation secondaire est liée à la fréquence du
remodelage.
Ainsi, en cas de bas niveau de remodelage, la phase de
minéralisation secondaire est allongée, d’où une augmentation de la
minéralisation des BSU.
À l’inverse, une activation globale du
remodelage conduit à un moindre degré de minéralisation du tissu
osseux.
La durée de la phase d’ostéoformation est de 4 à 5 mois.
5- Phase quiescente
:
Une fois la phase de formation achevée, les ostéoblastes laissent la
place aux cellules bordantes qui vont recouvrir la surface osseuse et demeurer quiescentes jusqu’à une prochaine activation
focale des ostéoclastes.
Vieillissement osseux
:
Un juste équilibre entre les activités de résorption et de formation
assure le maintien de la masse osseuse, mais cet équilibre n’est plus
respecté au cours du vieillissement.
Il se produit avec l’âge et dans
les deux sexes, une diminution progressive de l’épaisseur des unités
structurales élémentaires alors que la profondeur des lacunes de
résorption ne diminue pas.
Il en résulte un déficit de chaque unité
structurale élémentaire.
En outre, chez la femme, au cours de la
ménopause, la chute du taux des oestrogènes induit une accélération
du remodelage osseux qui a pour conséquence une accentuation de
la perte osseuse élémentaire.
Ce processus conduit à un
amincissement et à une perforation des travées osseuses et donc une
détérioration de la microarchitecture osseuse.
Il en résulte
une fragilisation du squelette qui ne peut plus assurer ses fonctions
de soutien, ce qui se traduit par la survenue de fractures le plus
souvent vertébrales.
Méthodes d’investigations :
A - MARQUEURS BIOCHIMIQUES :
Ils reflètent globalement le remodelage osseux sur l’ensemble du
squelette.
On distingue les marqueurs de la formation et de la
résorption osseuse : les taux sériques de l’ostéocalcine et de la
phosphatase alcaline osseuse donnent une évaluation de la
formation osseuse.
La résorption osseuse est essentiellement reflétée
par les taux urinaires des produits de dégradation du collagène : pyridinoline et déoxypyridinoline, tellopeptides C (u-CTX) et N (u-
NTX) terminaux du collagène.
B - HISTOMORPHOMÉTRIE OSSEUSE :
L’analyse quantitative de biopsies osseuses transiliaques permet
d’évaluer le remodelage osseux à l’échelle de l’unité structurale
élémentaire.
L’histomorphométrie osseuse consiste en la mesure des
paramètres qui reflètent la structure, la microarchitecture et le
remodelage osseux.
C’est la seule méthode permettant d’étudier le
tissu osseux à l’échelle de l’unité structurale élémentaire, c’est-à-dire
au niveau intermédiaire d’organisation du tissu osseux.
L’observation qualitative sous lumière polarisée de coupes
histologiques de biopsies transiliaques non décalcifiées permet
d’apprécier la texture osseuse.
L’analyse quantitative mesure les
paramètres de structure (le volume trabéculaire osseux, l’épaisseur
des corticales), de microarchitecture (l’épaisseur et le nombre des
travées, la distance séparant les travées) ainsi que les paramètres
reflétant la connectivité osseuse.
La résorption osseuse est évaluée
par l’étendue des surfaces de résorption, la profondeur des encoches
de résorption et le nombre des ostéoclastes.
L’activité de formation
est estimée par les surfaces, le volume et l’épaisseur des liserés ostéoïdes. En outre, l’utilisation du double marquage par la
tétracycline permet une approche dynamique de la minéralisation
primaire.
En effet, la tétracycline ayant la capacité de se fixer sur les
fronts de calcification, elle marque d’un liseré fluorescent visible
sous lumière ultraviolette la limite entre ostéoïde et os calcifié.
Cette technique permet de mesurer les paramètres dynamiques de
la formation, en particulier la vitesse de minéralisation et de calculer
l’activation frequency qui évalue la fréquence du remodelage osseux.
Conclusion :
La connaissance de la physiologie osseuse à l’échelle tissulaire et des
facteurs contrôlant les différentes phases du remodelage osseux apparaît
essentielle pour la compréhension des mécanismes physiopathologiques
responsables des ostéopathies diffuses et le développement de nouvelles
stratégies thérapeutiques faisant appel soit à des agents antiostéoclastiques (oestrogènes, raloxifène, bisphosphonates), soit à des
stimulateurs de l’ostéoformation (parathormone injectable), soit à des
agents découplants (ranelate de strontium).