Les pathologies responsables d’hémorragies digestives
aiguës ont bénéficié de progrès thérapeutiques importants
durant ces dernières années.
Cependant, le nombre
d’hospitalisations pour hémorragie digestive n’a pas
diminué pendant cette période.
Elle reste l’une des
grandes urgences digestives avec une incidence de
1/1 000 habitants et une mortalité comprise entre 5 et
10 %.
Le cas de la maladie ulcéreuse gastroduodénale,
principale cause des hémorragies digestives hautes, est
exemplaire de ce paradoxe qui s’explique sans doute par
la consommation croissante des anti-inflammatoires non
stéroïdiens (AINS) et par le vieillissement des malades
hospitalisés pour hémorragie digestive.
Hémorragies digestives hautes :
Elles sont définies par leur topographie en amont de
l’angle de Treitz. Dès que le diagnostic d’hémorragie
digestive est posé, sa gravité doit être évaluée et les premières mesures thérapeutiques doivent être mises en
oeuvre avant de réaliser l’endoscopie digestive.
A - Conduite à tenir initiale
(jusqu’au diagnostic endoscopique) :
1- Diagnostic positif :
• Circonstances de survenue : le diagnostic est aisé
lorsque l’hémorragie digestive haute est extériorisée.
Soit il s’agit d’une hématémèse, cas le plus fréquent
(65 %), soit l’hémorragie digestive haute s’extériorise
par un méléna (20 %) qui doit faire évoquer en premier
lieu une origine haute au saignement.
Beaucoup plus
rarement, il s’agit d’une rectorragie ; celle-ci évoque en
premier lieu une origine basse, mais elle peut être observée
dans les hémorragies digestives hautes qui ont pour
caractéristiques d’avoir un gros débit et d’être post-pylorique.
Dans 20 % des cas, l’hémorragie digestive haute
ne s’extériorise pas et elle est révélée par un malaise
isolé plus trompeur ou parfois par un état de choc.
La
présence de sang dans l’estomac mise en évidence lors
de la pose d’une sonde gastrique confirme l’hémorragie
digestive haute dans plus de trois quarts des cas.
• Interrogatoire : il recherche des antécédents de maladie
ulcéreuse et l’existence de douleurs évoquant cette
pathologie, des antécédents d’hépatopathie chronique,
de chirurgie vasculaire abdominale, de vomissements
itératifs.
Il s’informe des prises médicamenteuses, en
particulier d’AINS, d’anticoagulants et de b-bloquants.
2- Évaluation de la gravité :
La gravité est évaluée par l’appréciation de l’abondance
et du caractère actif de l’hémorragie et par l’évaluation
du terrain sur lequel elle survient.
• Abondance de l’hémorragie digestive haute : les
meilleurs paramètres pour évaluer l’abondance de l’hémorragie
sont cliniques.
En effet, la chute de l’hématocrite
n’apparaît que quelques heures après le début de
l’hémorragie lorsque l’hémodilution s’est produite.
Les
paramètres cliniques sont le pouls qui doit être interprété
en fonction de la prise de b-bloquants, la pression artérielle,
la diurèse, la fréquence respiratoire et l’état neurologique.
Lorsque les paramètres hémodynamiques ne
sont pas perturbés en clinostatisme, ils doivent être
déterminés prudemment en position assise puis éventuellement
en orthostatisme. Une évaluation approximative
de la perte sanguine peut être ainsi établie.
La détermination de la quantité de sang extériorisée n’est pas un critère fiable de l’abondance de
l’hémorragie.
La tolérance de l’hémorragie et l’intensité
des signes dépendent également de la rapidité avec
laquelle l’hémorragie se constitue et de l’âge du malade.
• Activité de l’hémorragie digestive haute Le caractère actif de l’hémorragie est apprécié par l’évolution
du contenu gastrique lors des lavages répétés à
l’aide d’une sonde de gros calibre et par la nécessité de
compenser les pertes sanguines pour maintenir une
hémodynamique stable.
• Terrain : la gravité de l’hémorragie est étroitement liée
au terrain sur lequel elle survient.
Les pathologies qui
influencent directement le pronostic et qui doivent être
recherchées d’emblée sont la cirrhose, l’insuffisance
coronaire, l’insuffisance respiratoire et rénale.
La reconnaissance
d’une hépatopathie sous-jacente est particulièrement
importante car il existe une relation entre sa
sévérité et le pronostic à court terme et elle a des implications
thérapeutiques précoces.
La reconnaissance se
fait sur des éléments cliniques simples : anamnèse, présence
d’angiomes stellaires, d’ascite, de circulation veineuse
collatérale, d’une hépatomégalie ferme.
• Facteurs pronostiques : les études des facteurs pronostiques
des hémorragies digestives hautes ont permis
d’individualiser les facteurs suivants : l’âge, la comorbidité,
les troubles de l’hémostase, la récidive hémorragique,
les critères endoscopiques des ulcères gastro-duodénaux
et l’absence de diagnostic endoscopique précis.
3- Mesures thérapeutiques initiales :
• Voie d’abord veineuse : c’est la mesure la plus urgente
car elle permet une compensation des pertes sanguines
dans des délais brefs.
La voie veineuse périphérique par
un ou, mieux, deux cathéters d’un calibre supérieur ou
égal à 14 Gauge est préférée à la voie centrale car elle
est obtenue plus aisément, le débit potentiel d’une telle
voie est supérieur et les risques inhérents à la pose d’une
voie centrale sont supérieurs.
• Remplissage vasculaire : le choix du produit pour réaliser
la compensation volémique ainsi que la quantité apportée dépendent de
l’abondance de l’hémorragie.
On dispose de plusieurs produits de remplissage
qui possèdent des propriétés différentes.
Schématiquement,
une perte de plus de 50 % de la masse sanguine
nécessite une transfusion sanguine, une perte de
25 à 50 % nécessite l’apport de macromolécules et une
perte inférieure à 25 % peut être compensée par des cristalloïdes.
En cas de cirrhose, la pression portale est liée à
la volémie.
Dans ce cas, la correction de la perte volémique
doit être prudente et le but à atteindre est le
maintien d’une pression artérielle moyenne de
80 mmHg qui assure des conditions de perfusion tissulaire
– notamment rénale
– satisfaisantes et une réascension
de la pression portale limitée.
• Transfusion : les indications de la transfusion, déterminées
par une conférence récente sur les recommandations
pour remplissage vasculaire au cours des hypovolémies sont le maintien d’une hémoglobinémie
supérieure à 7 g/100mL chez le sujet par ailleurs en
bonne santé et de 10 g/100mL lorsqu’il existe une
pathologie associée en particulier coronaire.
Elle doit
être systématiquement appréciée par un électrocardiogramme.
• La pose d’une sonde gastrique : la pose d’une sonde
gastrique permet de confirmer le diagnostic d’hémorragie
digestive et d’en apprécier le caractère récent et actif ;
elle permet de laver la cavité gastrique afin d’effectuer
une endoscopie dans des conditions diagnostiques optimales.
Il n’y a pas de contre-indication à la pose d’une
sonde gastrique et aucune étude n’a montré de risque
particulier en cas de varices oesophagiennes.
Le lavage
gastrique n’a pas de vertu hémostatique démontrée.
• Une oxygénothérapie de 4 à 6 L/min est mise en route
d’emblée.
Elle est particulièrement importante lors de
l’endoscopie digestive haute.
• La surveillance clinique concerne le pouls, la pression
artérielle chez un malade mis sous scope, la diurèse et
l’évolution du lavage gastrique.
La surveillance biologique détermine initialement le groupe sanguin, l’hémostase,
l’hématocrite, la fonction rénale puis l’évolution
de l’hématocrite à un rythme qui dépend de l’activité de
l’hémorragie.
• Mesures spécifiques à la cirrhose : en cas de cirrhose,
un traitement par substances vasopressives est actuellement
proposé.
Ce traitement diminue la pression portale
et utilise soit les dérivés de la vasopressine en particulier
la terlipressine (Glypressine) à la dose de 1 à 2 mg par
voie intraveineuse stricte toutes les 4 h, soit la somatostatine
ou ses dérivés.
L’efficacité de ces produits dans
le traitement des ruptures de varices oesophagiennes
dans l’attente de l’endoscopie est reconnue.
La terlipressine
ne doit pas être utilisée en cas de pathologie coronaire.
Si l’intérêt de ces produits vaso-actifs est
établi, le type de substance, la durée de ce traitement restent à
préciser par de nouveaux essais cliniques.
4- Endoscopie digestive haute :
Elle doit être réalisée chez un malade conscient
et ayant un état hémodynamique stabilisé, au mieux dans les 12 h qui
suivent le début de l’hémorragie digestive haute.
En effet, on a montré que la précocité de
l’endoscopie digestive haute améliorait les performances
diagnostiques de cet examen.
Il permet un diagnostic lésionnel dans 90 % des
cas.
De plus, il permet éventuellement la réalisation
d’un geste d’hémostase et les résultats de l’endoscopie participent
à l’orientation des malades au terme de son passage aux urgences.
Un cliché de l’abdomen sans préparation est
effectué préalablement lorsqu’il existe des douleurs abdominales.
5- Orientation diagnostique :
Elle découle des informations cliniques et des
résultats de l’endoscopie.
• Orientation diagnostique en l’absence d’hypertension
portale : la cause la plus fréquente d’hémorragie
digestive haute est la maladie ulcéreuse gastro-duodénale.
Elle peut être révélée par l’hémorragie digestive
haute et est favorisée par la prise d’AINS.
Suspectée
lorsqu’il existe une symptomatologie douloureuse préalable,
elle est confirmée par l’endoscopie.
Les données
de l’endoscopie à partir de la classification de Forrest
permettent d’évaluer de façon indépendante le pronostic,
en particulier le risque de récidive hémorragique.
En cas d’ulcère gastrique, la possibilité
d’un cancer doit être présente à l’esprit.
Les ulcérations gastroduodénales hémorragiques aiguës
sont favorisées par la prise d’AINS et (ou) d’alcool ; elle
peuvent être liées à des lésions de stress en réanimation.
Lorsque l’ulcération est unique, préférentiellement en
région sous-cardiale, elle peut correspondre à un ulcère
de Dieulafoy dont le risque de récidive hémorragique est
élevé.
Les complications des hernies hiatales (oesophagites et
ulcères oesophagiens) tendent à diminuer avec les traitements antisécrétoires.
Le syndrome de Mallory-Weiss est évoqué sur la notion
de vomissements itératifs.
• Orientation diagnostique en cas d’hypertension portale
: l’hypertension portale est à l’origine de 20 à 30 %
des hémorragies digestives hautes.
Lorsque le malade a
des troubles de conscience (encéphalopathie), il doit être
intubé préalablement à l’endoscopie.
La performance
diagnostique est également améliorée par la réalisation
précoce de l’examen.
La lésion la plus fréquente est la
rupture de varices oesophagiennes.
La présence d’un saignement
en jet ou d’un caillot adhérent permet de rapporter
une lésion d’hypertension portale à l’hémorragie.
La présence de signes rouges sur les varices n’est pas un
critère d’hémorragie récente mais un facteur prédictif du
risque hémorragique à venir.
Les varices gastriques et la gastropathie d’hypertension
portale peuvent aussi entraîner des hémorragies digestives
hautes.
B - Conduite à tenir après le diagnostic
endoscopique
:
Elle dépend de la pathologie en cause.
1- Lésions non liées à l’hypertension portale :
• Ulcère gastroduodénal : le saignement cesse spontanément
dans 80 % des cas ; dans les autres cas, il faut
recourir à un traitement hémostatique.
- Traitement endoscopique : l’hémostase endoscopique
s’est largement développée ces dernières années.
Elle
utilise l’injection au niveau de la lésion hémorragique
d’un produit vasoconstricteur (tel que l’adrénaline) qui
est éventuellement associé à une substance sclérosante,
le polidocanol (Aetoxisclérol).
Plusieurs essais contrôlés
ont montré que l’hémostase endoscopique diminue le
recours à la chirurgie d’urgence.
Un seul essai clinique
a montré une amélioration significative sur la mortalité.
Le geste d’hémostase est réalisé lorsqu’il existe une
hémorragie active ou un vaisseau visible.
Il est discuté
en cas de caillot adhérent.
- Traitement chirurgical : le recours à la chirurgie d’urgence
dans les hémorragies digestives hautes par ulcère
a diminué ces dernières années.
La mortalité de cette
chirurgie reste lourde (10 à 20 %) et s’explique par la
prise en charge de malades à haut risque chirurgical.
Le
geste réalisé consiste soit en une suture de l’ulcère associée
à une vagotomie, soit une gastrectomie partielle
emportant l’ulcère.
Le premier geste limite les séquelles
fonctionnelles et le second diminue le risque de récidive hémorragique.
L’indication d’une intervention est posée
d’emblée en cas d’hémorragie massive par ulcère gastroduodénal.
Dans le cas d’une hémostase endoscopique
première, le chirurgien est informé car l’intervention est
indiquée lorsque l’hémorragie récidive ou ne s’arrête
pas malgré l’hémostase endoscopique.
Les facteurs qui
incitent à proposer un geste chirurgical précoce sont : la
taille importante de l’ulcère, sa position bulbaire postérieure,
l’existence d’un saignement actif et l’âge élevé
du malade ainsi que la présence d’une comorbidité.
- Traitement médicamenteux : les inhibiteurs de la
pompe à protons n’ont pas d’action hémostatique.
Cependant, ils sont débutés précocement car ils représentent
le traitement curatif de la maladie ulcéreuse.
• Lésions aiguës de la muqueuse gastroduodénale : le
traitement des lésions induites par les anti-inflammatoires
non stéroïdiens est essentiellement préventif, en
évitant les prescriptions trop larges et en respectant les
contre-indications en cas d’antécédents ulcéreux.
Lorsque l’indication est indispensable chez un sujet à
risque, un traitement antisécrétoire est associé.
La prévention des lésions de stress passe essentiellement
par les mesures de réanimation, associées à la prescription
de sucralfate (Ulcar) chez les sujets à haut risque.
• Divers : le traitement du syndrome de Mallory-Weiss a
pour but de faire cesser les vomissements.
Il utilise les
anti-émétiques.
Lorsqu’il existe une hémorragie active,
l’hémostase endoscopique est privilégiée.
Le traitement des angiomes s’effectue par hémostase
endoscopique éventuellement complétée par une hémostase
thermique (électrocoagulation ou laser).
Les tumeurs gastriques malignes ou bénignes nécessitent
en général un traitement chirurgical.
2- Hypertension portale :
• Traitement endoscopique : le saignement cesse spontanément
dans 80 % des cas avec la chute de la pression
portale qui dépend de la volémie.
La sclérose endoscopique
des varices oesogastriques est le traitement de référence
; elle permet une hémostase initiale dans 90 % des
cas.
Elle utilise des produits sclérosants tel que le polidocanol
(Aetoxisclérol) à 1 % .
Plus récemment, la ligature
de varices a été utilisée. Lorsqu’il s’agit de varices
gastriques, l’injection de colle biologique semble préférable.
La pose d’une sonde de tamponnement
(Blakemore) est envisagée uniquement comme solution
de sauvetage dans l’attente de l’endoscopie.
• Le traitement chirurgical de l’hypertension portale
est efficace, mais la mortalité de ces interventions, lorsqu’elles
sont effectuées en urgence, en a réduit très nettement
les indications.
En cas d’échec du traitement
médical et endoscopique, on peut proposer une anastomose porto-cave chirurgicale en urgence.
Ce geste est
contre-indiqué chez le malade atteint de cirrhose avec
insuffisance hépatique sévère.
La pose d’un shunt hépatique
par voie transjugulaire permettant de réaliser une
anastomose portocave sans laparotomie peut être proposée
; cette technique nécessite une équipe entraînée.
Hémorragies digestives basses :
A - Généralités :
Seules les hémorragies digestives basses de moyenne ou
de grande abondance sont envisagées.
Ces hémorragies
posent des problèmes diagnostiques souvent difficiles,
et le diagnostic reste incertain dans près de 20 % des
cas.
Les symptômes qui font recourir aux urgences sont,
soit la rectorragie pure soit une hémorragie de sang
rouge par voie basse associée à des caillots ou à des
matières fécales.
Les mesures initiales concernant l’appréciation
de l’abondance de l’hémorragie, les facteurs
de gravité et les mesures thérapeutiques initiales sont les
mêmes qu’en cas d’hémorragie digestive haute.
Un cliché
de l’abdomen sans préparation est pratiqué lorsqu’il
existe des douleurs abdominales.
B - Conduite diagnostique :
1- Démarche diagnostique initiale :
La démarche diagnostique qui est dominée par la localisation
de l’hémorragie dépend étroitement des causes de
ces hémorragies digestives basses.
L’examen clinique à visée diagnostique commence par
un examen proctologique avec inspection de la marge
anale pour éliminer une fissure ou des hémorroïdes, et
un toucher rectal à la recherche d’une tumeur endorectale
basse.
L’examen clinique est complété par une rectosigmoïdoscopie
qui analyse l’aspect de la muqueuse,
recherche une lésion focalisée et s’assure de l’absence d’ulcération thermométrique
– suspectée à l’interrogatoire
– sur la paroi antérieure du rectum.
Lorsque ces
examens sont négatifs, il faut se reposer la question
d’une origine haute de la rectorragie.
On l’élimine en
réalisant une endoscopie oesogastroduodénale.
Le
second temps de la démarche diagnostique dépend du
caractère actif ou non de l’hémorragie.
2- Démarche selon la persistance
du saignement :
• Hémorragie s’arrêtant spontanément : l’hémorragie
cède dans la majorité des cas.
Une coloscopie doit être
réalisée après une bonne préparation à la recherche
d’une colite, d’une tumeur ou d’une lésion focalisée.
Les lésions le plus souvent en cause dans les hémorragies
abondantes sont les diverticules, les angiodysplasies
et les colites ischémiques.
Les diverticules sont des anomalies pariétales coliques
très fréquentes et préférentiellement situées dans le sigmoïde.
Lorsqu’ils sont hémorragiques, la topographie
des diverticules est le plus souvent colique droite.
Les angiodysplasies sont des anomalies vasculaires
dégénératives souvent multiples, observées préférentiellement
dans le côlon droit et chez le malade de plus de
60 ans.
Elles peuvent être électrocoagulées en cours
d’endoscopie.
La colite ischémique est évoquée d’emblée lorsqu’il
existe des douleurs abdominales de type colique.
Elle
s’observe chez des malades ayant un mauvais terrain vasculaire ou au décours d’un bas débit quelle qu’en soit
la cause.
L’évolution spontanée immédiate est le plus
souvent favorable, le risque immédiat étant plutôt lié à
une évolution préperforative qu’à l’hémorragie.
Lorsque la coloscopie est négative, le bilan étiologique
peut être poursuivi par une artériographie, souvent peu
rentable dans ces conditions, et un transit du grêle ou un
scanner à la recherche de causes plus rares.
• Hémorragie active persistante : une coloscopie en
période hémorragique peut être effectuée en urgence.
Elle peut montrer une lésion évidente et participer à son
traitement, mais ses performances diagnostiques dans
ces conditions sont diminuées.
Elle permet parfois de
repérer la limite supérieure du contenu sanglant et
d’orienter un éventuel geste chirurgical.
Certains auteurs privilégient l’artériographie en urgence.
Pour être rentable, cet examen nécessite un débit du saignement
supérieur à 1 mL/min.
Dans ces conditions, il
permet de situer précisément le saignement dans plus de
la moitié des cas.
L’examen débute par l’opacification
de la mésentérique supérieure puis, en cas d’échec diagnostique,
par celle de la mésentérique inférieure et,
enfin, par celle du tronc coeliaque.
De plus, l’artériographie
peut déboucher sur un geste thérapeutique par embolisation suprasélective.
La scintigraphie aux hématies marquées en semiurgence
permet de repérer des saignements très faibles
dont le débit est de l’ordre de 0,1 mL/min, mais sa précision
localisatrice est plus faible.
Lorsqu’aucune lésion hémorragique n’a pu être repérée
et que l’hémorragie persiste, il faut discuter une laparotomie
en urgence.
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