En fait, elle correspond à l'arrêt définitif des règles.
Cette période est rarement brutale et la ménopause ne s'installe
qu'après une phase plus ou moins longue, évaluée à 1 an,
d'irrégularités menstruelles. La ménopause est donc de
diagnostic rétrospectif.
Il est donc usuel de diviser cette période en trois étapes :
- la périménopause (période climatérique) qui voit apparaître
des signes cliniques en rapport avec les perturbations
hormonales annonciatrices .
- la ménopause proprement dite ou arrêt définitif des règles .
- la postménopause (ménopause confirmée) caractérisée par le
retentissement de l'absence d'hormones ovariennes.
La durée de vie étant actuellement nettement allongée, ce
phénomène physiologique doit être bien connu puisqu'il concerne
des millions de femmes venant consulter à cet effet.
Les conséquences de l'extinction de la fonction ovarienne font
reconsidérer l'intérêt d'un traitement hormonal et le dépistage
systématique des lésions organiques particulièrement fréquentes
à cette période.
MÉNOPAUSE NON PHYSIOLOGIQUE :
Ménopause artificielle :
La ménopause artificielle est en général iatrogène, souvent
secondaire à une castration chirurgicale ou radiothérapique.
Ménopauses précoces :
Lorsqu'elle survient avant 40 ans, la ménopause est dite "
précoce ". Les étiologies répondent à trois hypothèses
physiopathologiques : un contingent de cellules germinales
insuffisant à la naissance, une accélération de l'atrésie
folliculaire ou une destruction prépubertaire ou postpubertaire
des cellules germinales. On distingue :
- la ménopause précoce familiale génétique à transmission
dominante où la ménopause survient à peu près au même âge chez
tous les membres féminins de la famille .
- les anomalies chromosomiques portant sur le chromosome X (45
X0, 47 XX, X bicentrique, mosaïque), justifiant un caryotype
dans les formes très précoces .
- les causes infectieuses essentiellement virales mais rares
(rubéole, varicelle) .
- les causes auto-immunes .
- les causes iatrogènes déjà citées .
- le syndrome des ovaires résistant au gonadotrophines : entité
mal définie où il existe une anomalie du récepteur à la FSH. On
y rattache les déficiences en récepteurs aux estrogènes et à la
progestérone.
MÉNOPAUSE PHYSIOLOGIQUE :
Substrats histo-biochimiques de la ménopause :
Les substrats de la ménopause sont la disparition des follicules
primordiaux et la perte de la capacité sécrétoire en
17-bêta-estradiol de l'ovaire.
* L'ovogenèse :
- commence dès la troisième semaine de gestation .
- connaît un pic au 5e mois de grossesse (20 millions
d'ovocytes) .
- puis une diminution progressive du nombre de follicules
primordiaux .
- avec des périodes de disparition accélérée : du 5e mois de
grossesse à la naissance puis à la puberté, où il ne reste que
300.000 à 400.000 ovocytes.
* La raréfaction durant la vie génitale ne dépend pas des
ovulations, mais de phénomènes mal connus, vasculaires ou
génétiques.
Périménopause :
La périménopause dure de quelques mois à une dizaine d'années et
est marquée par le déclin progressif de l'activité folliculaire.
La diminution de cette activité entraîne une diminution de
l'inhibine, donc une augmentation de la FSH circulante.
Celle-ci induit :
- une accélération de maturation des follicules et un
raccourcissement de la phase folliculaire, avec mauvaise
maturité folliculaire .
- un taux d'estradiol souvent élevé, mais avec un pic inadapté,
entraînant un pic de LH souvent peu ample et donc une
dysovulation et un corps jaune de mauvaise qualité .
- il existe donc une hyperestrogénie relative (avec test à la
progestérone positif), associée à une insuffisance lutéale.
Ménopause :
* La disparition des follicules entraîne :
- une diminution globale des sécrétions ovariennes .
- une disparition de l'inhibine, d'où une élévation de FSH (taux
multiplié par 10 à 15 souvent supérieur à 30mUI/ml) et de LH
(multipliée par 2 à 3) . parallèlement une hypersécrétion de
LH-RH par perte du rétrocontrôle.
* Du point de vue hormonal :
- la progestérone est à des taux très faibles .
- l'estradiol est bas (inférieur à 50pg/ml) .
- l'estrone est l'estrogène principal, produit essentiellement
par conversion périphérique des androgènes (foie, tissus
adipeux...), le rapport E1/E2 (estrone/estradiol) est supérieur
à 1 .
- les androgènes sont diminués, d'origine principalement
surrénalienne.
* Il existe aussi une perturbation des neurotransmetteurs
cérébraux et donc des troubles de la fonction thermorégulatrice
et des fonctions psychiques à cette période.
Postménopause :
La postménopause est caractérisée par une hypo-estrogénie
chronique entraînant :
* une ostéoporose :
- sa fréquence croît brusquement après la ménopause, rattrapant
ou dépassant celle des hommes .
- l'hypo-estrogénie aurait comme conséquence une augmentation de
résorption osseuse d'un mécanisme mal connu .
* des modifications métaboliques : hypertriglycéridémie avec
augmentation des VLDL, élévation du rapport LDL/HDL cholestérol,
d'où un accroissement du risque cardio-vasculaire, qui devient
identique à celui de l'homme (athérosclérose, insuffisance
coronarienne).
Les différentes étapes cliniques de la ménopause :
La consultation sera orientée dans trois directions principales
:
- l'évaluation des troubles fonctionnels liés à la perturbation
hormonale .
- la recherche d'une pathologie gynécologique plus particulière
à cet âge .
- l'appréciation de l'état général et de la qualité des divers
organes et systèmes en vue d'une prescription thérapeutique.
PERIMENOPAUSE :
Circonstances de diagnostic :
Les circonstances de diagnostic sont nombreuses :
- les troubles des règles sont les circonstances les plus
fréquentes : hyperménorrhée, ménorragies, ménométrorragies avec
caillots, en rapport avec une hyperplasie muqueuse endométriale,
spanioménorrhée par allongement du cycle .
- le syndrome prémenstruel : les algies pelviennes
prémenstruelles et les mastodynies sont dues à l'insuffisance
lutéale .
- mais on peut voir aussi des troubles circulatoires, des
céphalées, des vertiges et une prise de poids.
Ces perturbations surviennent à un âge variable, débutant entre
45 et 47 ans, pour une durée également variable, de 4 ans en
moyenne.
Interrogatoire :
L'interrogatoire recherche essentiellement :
- des facteurs de risque cardio-vasculaires (antécédents
familiaux et personnels d'obésité, de diabète ou de
dyslipidémie) .
- des affections hépatiques graves .
- des lésions tumorales estrogénodépendantes (seins, utérus) .
- des antécédents thrombophlétiques.
On notera le calendrier des règles et les troubles précédemment
décrits accompagnant les cycles.
Examen clinique :
* L'examen clinique comporte un examen général et la prise de la
tension artérielle.
* L'examen gynécologique vérifie :
- la trophicité de la muqueuse vaginale et vulvaire .
- la qualité de la statique utérine .
- l'examen du col et la pratique des frottis exocervicaux et
endocervicaux (tous les 3 ans chez les femmes régulièrement
suivies, discutés au-delà de 60-70 ans) .
- le volume de l'utérus (la présence de fibromes est fréquente à
cette période et doit être notée soigneusement), de même que
l'aspect des annexes.
* L'examen des seins apprécie les caractéristiques de la glande
mammaire et participe au dépistage précoce de lésions mammaires.
Examens complémentaires :
Les examens complémentaires orientent vers le diagnostic
d'insuffisance lutéale, mais présentent une grande variabilité,
les rendant difficiles d'interprétation, et dans la pratique
quotidienne, c'est la symptomatologie qui guide le prescripteur.
* courbe de température : prise quotidiennement le matin, dès le
réveil, elle présente un aspect variable d'un cycle à l'autre,
et montre un plateau lutéal (de seconde partie de cycle) court,
voire inexistant .
* dosages hormonaux : de préférence pendant la seconde partie de
cycle s'ils sont réalisés .
- la progestéronémie : abaissée voire effondrée .
- l'estradiolémie : normale .
- la FSH : normale ou augmentée .
* frottis cervico-vaginal : diminution de l'index
caryopicnotique .
* biopsie de l'endomètre : effectuée pendant la seconde partie
de cycle, elle montrerait une hyperplasie endométriale. Elle ne
sera pas systématique .
* échographie pelvienne (par voie abdominale et endovaginale),
non systématique : elle permet de visualiser des anomalies de
structure (fibrome) ou intracavitaire (polype, myome,
hypertrophie endométriale...) .
* hystérosalpingographie : d'indication première plus discutée
car plus invasive, elle complétera éventuellement les
investigations des anomalies des règles .
* mammographies : motivées par l'examen clinique ou
systématiques dans le cadre du dépistage individuel, répondant
aux pratiques des recommandantions médicales opposables (RMO),
elles seront éventuellement associée à l'échographie mammaire.
MENOPAUSE :
Circonstances de diagnostic :
L'âge moyen de survenue est relativement stable à 50 ans (on
parle de ménopause tardive au-delà de 55 ans).
La défaillance ovarienne entraîne une riche symptomatologie,
dominée par l'aménorrhée et les bouffées de chaleur :
* aménorrhée par définition depuis 1 an .
* troubles thermo-vasomoteurs : dominés par les bouffées de
chaleur (pourcentage des signes présents selon l'étude
multicentrique du Pr Marès, 1995) :
- bouffées de chaleur nocturnes (75%) et diurnes(72%) .
- sueurs nocturnes (60%) et diurnes (45%) .
- céphalées (45%) .
- palpitations (40%) .
- vertiges (35%) .
* troubles neuro-psychiques :
- insomnie (58%) .
- asthénie (58%) .
- irritabilité (60%) .
- anxiété (55%) .
- dépression (25%).
* A cela s'ajoutent une libido diminuée, une dyspareunie par
sécheresse vaginale, une prise de poids, une altération cutanée
et des phanères (cheveux, ongles)...
Ces signes fonctionnels peuvent être responsables d'une gêne
sociale, professionnelle et familiale.
Interrogatoire :
* L'interrogatoire précise l'aménorrhée.
* Il précise aussi les caractéristiques des bouffées de chaleur
qui sont par définition de type ascendant, atteignant le visage
en dernier, nécessitant de se découvrir avec, dans un second
temps, une période de frilosité de durée courte et pouvant
s'accompagner de vertiges, céphalées ou d'un syndrome dépressif,
surtout nocturnes.
* Il recherche les signes fonctionnels non exprimés.
Examen clinique :
L'examen clinique est identique a celui de toute consultation
effectuée dans cette période (voir " Périménopause ").
Examens complémentaires :
* La courbe de température est basse.
* Le bilan hormonal précise la ménopause lorsque :
- FSH supérieure à 30mUI/ml .
- E2 inférieur à 20pg/ml.
* Les autres examens sont également à discuter en fonction de la
symptomatologie.
POSTMENOPAUSE :
Circonstances de consultation :
Les circonstances de consultation sont essentiellement :
- les métrorragies postménopausiques (avec ou sans traitement
hormonal substitutif) .
- les conséquences de la carence estrogénique (troubles sexuels
et urinaires, ostéoporose, troubles cardio-vasculaires et
hypertension) .
- la découverte d'une pathologie maligne (endomètre ou sein) .
- ou une consultation systématique dans le cadre d'une
surveillance de traitement hormonal substitutif.
Interrogatoire :
L'interrogatoire est, lui aussi, orienté vers des facteurs de
risque de pathologie maligne et de contre-indication à un
éventuel traitement hormonal.
Examen clinique :
Examen génital
L'examen génital note :
* des seins ayant perdu leur volume et leur tonicité, facilement
examinables .
* la vulve et le vagin montrent une muqueuse sèche :
- l'atrophie vulvaire entraîne souvent des dyspareunies et des
lésions superficielles à type de lichen scléro-atrophique .
- toute anomalie à type d'ulcération ou de végétation doit être
biopsiée, à la recherche d'un cancer vulvo-vaginal fréquent à
cet âge .
* le col est peu saillant, difficile à voir du fait de
l'atrophie vaginale, l'orifice cervical est punctiforme, avec
absence de glaire, l'endocol n'est pas visible et les frottis
exocervicaux et endocervicaux entraînent fréquemment des
pétéchies, voire une érosion facile du col .
* au toucher vaginal, l'utérus est atrophique, les fibromes
disparaissent progressivement s'ils existaient pendant la
périménopause, les ovaires sont impalpables, en dehors de
pathologies qui nécessitent alors la pratique d'examens
complémentaires.
Examen général
L'examen général à la recherche des conséquences de l'estropénie
:
* ostéoporose : par déminéralisation osseuse .
- précoce : elle touche l'os trabéculaire, entraîne des
tassements vertébraux avec douleurs rachidiennes, dorsales ou
lombaires, chroniques et une diminution de taille .
- tardive : elle atteint l'os cortical essentiellement et
survient 15 ans plus tard. Sa conséquence est surtout la
fracture du col du fémur, grevée d'un taux de morbidité et
mortalité élevées .
* troubles cardio-vasculaires : première cause de mortalité à la
postménopause. La ménopause constitue en-elle même un facteur de
risque et il est important de ne pas négliger les autres
facteurs .
* troubles métaboliques :
- les dyslipidémies : le profil lipidique se perturbe après la
ménopause avec augmentation des LDL et de l'apoprotéine B et
diminution des HDL et l'apoprotéine A1, augmentant le risque
athérogène .
- le métabolisme hydrocarboné : augmentation de
l'hyperinsulinisme lié à une insulinorésistance .
* troubles de l'hémostase : augmentation de fibrinogène et du
facteur VII .
* hypertension artérielle : le rôle de la ménopause dans l'HTA
n'est pas démontré.
Examens complémentaires :
* Examens de dépistage :
- mammographies : systématiques à partir de 50 ans, une fois
tous les 2 à 3 ans selon les RMO .
- bilan sanguin sur indication ou systématique, selon les RMO,
incluant glycémie à jeun, cholestérol total, triglycérides .
- frottis cervico-vaginaux endocervicaux et exocervicaux,
effectués tous les 3 ans jusqu'à 65 ans en fonction des RMO .
* ostéoporose : la déminéralisation osseuse peut être évaluée
par examens radiologiques, par tomodensitométrie vertébrale, et
surtout par ostéodensitométrie mais il n'existe pas de consensus
sur ce point en dehors de la pathologie .
* métrorragies postménopausiques : il est important d'effectuer
un bon examen clinique, d'y associer une éventuelle cytologie
endométriale (endocyte par pipette de Cormier) ou une histologie
par biopsie endométriale (canule de Novak), de réaliser une
échographie endovaginale, voire une hystéroscopie et curetage
biopsique. Il faut éliminer en premier lieu une étiologie
maligne : le cancer de l'endomètre, puis le cancer du col ou des
annexes.
Devant un premier épisode, il est licite de proposer une
conduite à tenir bien stéréotypée. Devant toute récidive
l'exploration par hystéroscopie et le curetage biopsique
s'imposent.
Principes du traitement :
Environ 1.500.000 Françaises bénéficient d'un traitement
hormonal substitutif (THS), soit 16% de l'ensemble des femmes
ménopausées, ou 34% des femmes entre 50 et 64 ans, car peu de
femmes sont traitées après 65 ans.
L'observance reste la faille majeure de ce traitement, puisque
près de 50% des patientes abandonnent avant 2 ans.
HORMONOTHERAPIE :
Principaux produits et protocoles :
Estrogènes
Le 17-bêta-estradiol est le plus utilisé en France.
Les doses quotidiennes utiles le plus communément admises sont :
- 1,5mg en gel .
- 0,050mg par système transdermique (patch) .
- 1,5 à 2mg per os.
Mais la posologie peut être réduite de moitié dans certains cas.
Progestatifs
Associations estroprogestatives
Protocoles thérapeutiques
* La périménopause est marquée une insuffisance lutéale. Il est
donc logique d'avoir recours aux progestatifs seuls.
- Devant un tableau de trouble des règles isolé, l'utilisation
de la progestérone ou de son isomère est fréquente.
- Devant un tableau d'hyperestrogénisme l'utilisation des
norprégnanes ou prégnanes est plus efficace.
- Le protocole usuel est l'adjonction du progestatif 10 jours
par cycle, du 16e au 25e jour.
* Ménopause :
- le THS associe toujours un estrogène (E) et un progestatif
(P), sauf cas particulier .
- le P a pour but de diminuer l'hyperplasie et donc le cancer de
l'endomètre .
- le P est prescrit au moins 10 jours par cycle, le plus souvent
12 jours .
- les protocoles varient essentiellement sur les modalités de
prise du progestatif. Ils se répartissent entre le schéma
séquentiel (E puis E + P) et le schéma continu (E + P en
continu).
Ces schémas peuvent être effectués avec ou sans fenêtre
thérapeutique, en fin de mois, pouvant entraîner des règles
durant la période d'arrêt.
Modalités de traitement :
Qui traiter ?
Toute patiente ménopausée, en dehors des contre-indications,
peut bénéficier du traitement.
En priorité, les femmes :
- gênées par les troubles climatériques .
- ayant une ménopause précoce naturelle ou iatrogène .
- à risque d'ostéoporose ou cardio-vasculaire.
Contre-indications
* Contre-indications absolues :
- cancer du sein .
- porphyrie, lupus, tumeur hypophysaire, atteinte hépatique
sévère... .
- accident thrombo-embolique récent.
* Contre-indications relatives :
- fibrome .
- endométriose clinique .
- mastopathies bénignes .
- antécédents familiaux de cancer du sein .
- antécédents thrombo-emboliques .
- hypertriglycéridémie .
- atteinte hépatique .
- otospongiose aggravée pendant la grossesse.
La contre-indication absolue majeure reste pour l'instant, le
cancer du sein.
Quand traiter et pendant combien de temps ?
* La perte osseuse étant rapide dans les premières années, il
est important de traiter dès la ménopause, et le plus longtemps
possible.
* La durée du traitement est contrebalancée par la perte de son
bénéfice, rapide après son arrêt, et le risque de développer un
cancer, essentiellement du sein.
* La durée qui semble être la plus adaptée, est de 7 à 10 ans.
Bilan de départ et surveillance
* Le bilan a été précisé à la consultation et sera systématique.
* La surveillance sera clinique et par examens complémentaires
guidés par les RMO.
* Les consultations seront établies à 3 mois, et 6 mois puis
tous les 6 à 12 mois.
* La prescription fera l'objet d'une surveillance clinique
indispensable, orientée vers le dépistage des complications et
des pathologies associées.
Comment ?
* Les protocoles séquentiels avec règles semblent être plus
adaptés à l'instauration du traitement, du fait de la
persistance sous traitement, des hémorragies, sur une période
d'environ 2 ans.
* A distance, les protocoles continus sans règles sont souvent
préférés.
* Le choix de la forme galénique des estrogènes est fonction de
la patiente et du prescripteur.
* L'estrogénothérapie locale peut venir en complément d'un
traitement systématique (sécheresse vaginale importante) ou peut
être prescrite aux patientes non désireuses de traitement
général.
TRAITEMENTS NON HORMONAUX :
Traitements des troubles vasomoteurs
Souvent prescrits seuls, ces traitements peuvent être associés
au THS. Les plus fréquents sont :
- véralipride (Agréal*), 1cp/j pendant 20 jours par mois .
- bêta-alanine (Abufène*), 1 à 3cp/j en continu .
- clonidine (Catapressan*), 1/2cp/j en continu.
Troubles sexuels et trophiques vulvo-vaginaux
Les troubles sexuels et trophiques vulvo-vaginaux :
- peuvent être évités si l'on administre un traitement
estroprogestatif précoce .
- par contre, lorsque les lésions sont instituées le traitement
sera essentiellement local : atrophie vulvo-vaginale simple :
Colpotrophine* (capsules et crème) ou Trophigil* (ovules) ou
Trophicrème* (pommade) 20 jours par mois, associé à un
lubrifiant (Taido*, Premitia*, Sensilube*) ou un traitement non
hormonal (Replens*) .
- dans les lichens scléro-atrophiques : corticoïdes locaux
(Dermoval*).
Traitement préventif de l'ostéoporose
En cas de contre-indication aux estroprogestatifs, devant la
nécessité d'un traitement préventif de l'ostéoporose, on peut
associer :
* l'activité physique la plus précoce et entretenue possible. Il
s'agit d'un très bon moyen de ralentir la perte osseuse, si
cette activité est modérée et régulière, en évitant les efforts
intenses (3 heures de marche à pied par semaine) .
* la calcithérapie avec apport quotidien d'1 à 1,5g de calcium
par voie orale .
* l'association de vitamine D, à petites doses (1.000 unités par
jour, soit 3 gouttes d'Ergocalciférol*) .
* les traitements curatifs, lorsque l'ostéoporose est
constituée, sont le fluorure de sodium . une calcithérapie de
l'ordre de 2g/j, les biphosphonates . la calcitonine . la
vitaminothérapie D . selon des schémas de traitement variés
(voir question " Ostéoporose ").
ADAPTATION DU TRAITEMENT :
L'adaptation du traitement sera jugée en fonction des signes
fonctionnels et cliniques de la patiente, en consultation.
* Les signes d'hyperestrogénisme (mastodynies, sensation de
gonflement, œdèmes, prise de poids, métrorragies...)
entraîneront une diminution des estrogènes, soit sur la durée,
faisant préférer des schémas avec fenêtres thérapeutiques, soit
sur la dose. Certains prescripteurs préféreront augmenter le
progestatif en durée ou en posologie, ou changer pour une
origine synthétique (dans les mastodynies et les métrorragies).
* Les signes d'hyperprogestéronisme (métrorragies sur atrophie
endométriale, prise de poids...) feront baisser la posologie, ou
préférer la progestérone ou son isomère.
* Les signes d'hypo-estrogénisme (récidive des signes cliniques)
feront augmenter les doses d'estrogènes ou associer les
traitements non hormonaux.
* L'existence de métrorragies sous THS ne doit pas faire oublier
le cancer de l'endomètre, même si le traitement est le plus
fréquemment responsable (surtout à l'installation de ce dernier
ou à sa modification). Devant toute persistance des métrorragies
au-delà de trois cycles, il sera indispensable de les explorer.
* En cas d'hystérectomie, de nombreux auteurs s'accordent à ne
plus associer de progestatif, et donc, de prescrire une
estrogénothérapie substitutive isolée.
* L'activité physique régulière doit être de principe
conseillée.
* En cas de contre-indication hormonale, l'ostéoporose dispose
d'un traitement curatif.
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