La menace d'accouchement prématuré pose quatre problèmes :
- la prévention de sa survenue .
- une bonne évaluation clinique de sa gravité .
- l'instauration d'une tocolyse efficace .
- la conduite à tenir obstétricale en cas d'échec de la
tocolyse.
DÉFINITION :
On appelle accouchement prématuré toute naissance survenant
avant la 37e semaine d'aménorrhée (SA).
La menace d'accouchement prématuré (MAP) est donc définie par
l'apparition d'un état clinique qui aboutit, en dehors de toute
thérapeutique, à un accouchement prématuré. Il s'agit donc d'un
diagnostic de probabilité.
L'appréciation de la prématurité peut être rendue difficile en
cas d'imprécision de l'évaluation clinique du terme et dépend
donc de l'établissement exact clinique et échographique de ce
terme.
- Il faut bien distinguer la naissance avant le terme de 37
semaines et le retard de croissance intra-utérin (RCIU) ou
hypotrophie foetale (définie par un poids de naissance de moins
de 2.500g).
- Cela souligne l'importance de l'échographie du premier
trimestre qui permet la datation exacte du début de la
grossesse.
FRÉQUENCE :
Cette pathologie est la plus fréquente au cours de la gestation
et intéresse environ 15 à 20% des grossesses, cependant la
majorité des femmes présentant une MAP accoucheront à terme.
Actuellement, l'accouchement prématuré représente 6% des
naissances en France et 10% aux États-unis.
On distinguera en fonction du terme :
- la prématurité " moyenne " lorsque la naissance survient entre
33 et 37 SA. Elle représente environ 80% de la prématurité .
- la " grande " prématurité comprise entre 28 et 32 SA qui
représente 10% des accouchements prématurés .
- la " très grande " prématurité, inférieure à 27 SA, qui
représente moins de 1% et dont le pronostic est encore mal connu
en France bien que la mortalité soit supérieure à 50%.
ETIOLOGIES :
Globalement, les accouchements prématurés sont secondaires à une
étiologie materno-foetale identifiable dans un tiers des cas,
secondaires à une rupture prématurée des membranes dans un tiers
des cas et idiopathiques dans un tiers des cas.
MORTALITÉ :
L'accouchement prématuré est la première cause de mortalité et
de morbidité périnatales dans les pays industrialisés malgré les
progrès fantastiques de la réanimation néonatale ces 20
dernières années.
Plus de 80% de la mortalité périnatale est liée à la
prématurité.
20 à 30% des enfants nés prématurément décèdent, les deux tiers
de ces décès surviennent pour des âges gestationnels inférieurs
à 29 SA.
Cette mortalité est donc liée au terme mais également au poids
de naissance.
Le prématuré est particulièrement exposé aux risques suivants :
- détresse respiratoire et maladie des membranes hyalines par
immaturité neurologique, inefficacité des muscles de la cage
thoracique et par la destruction par l'hypoxie du peu de
surfactant synthétisé .
- souffrance cérébrale et hémorragie intraventriculaire .
- entérocolite ulcéronécrosante .
- infections .
- ictère néonatal sévère .
- hypoglycémie .
- hypothermie .
- persistance du canal artériel .
- complications liées à la réanimation.
MORBIDITÉ :
La prématurité est génératrice de séquelles : un tiers des
prématurés nés avant 32 SA présenteront à long terme des
séquelles essentiellement neuro-sensorielles.
En termes de santé publique, on estime que le cožt d'une
naissance prématurée est trente fois supérieur à celui d'une
naissance à terme.
PRÉVENTION :
L'importance des séquelles et de la mortalité foetale au cours
de cette affection explique la nécessité d'une prévention. C'est
actuellement l'un des objectifs principaux de la périnatalogie.
Cette prévention doit être comprise à tous les niveaux
chronologiques de cette affection :
- il faut identifier les grossesses à risque .
- il faut connaître les étiologies et faire leur diagnostic .
- il faut bien connaître la conduite à tenir en cas de menace
d'accouchement prématuré .
- il faut savoir prévenir les risques de l'accouchement, lorsque
la tocolyse est un échec .
- il faut savoir prendre en charge un enfant prématuré, tant en
réanimation qu'après la période critique.
Tout cela permet d'éviter les risques et les séquelles de la
prématurité dans une organisation qui est en train de se
structurer en réseau prénatal pour favoriser l'égalité dans
l'accès aux soins pour chaque patiente.
Étiologies :
Les étiologies des accouchements prématurés sont multiples et
fréquemment associées. Il est important de les rechercher car
leur traitement peut enrayer la menace.
On peut distinguer quatre groupes étiologiques :
- les causes maternelles générales .
- les causes maternelles locales .
- les causes ovulaires .
- les facteurs favorisants.
Enfin, souvent aucune cause n'est retrouvée.
CAUSES MATERNELLES GENERALES :
* Les infections sont au premier rang de ces causes. Elles
favorisent la survenue de contractions utérines et le
déclenchement du travail.
* L'hyperthermie, à elle seule, peut être responsable d'une
augmentation de la contractibilité utérine.
* La plupart des maladies bactériennes, virales ou parasitaires
peuvent être en cause. Parmi celles-ci :
- l'infection urinaire, qu'elle soit haute (pyélonéphrite) ou
basse, doit être systématiquement recherchée de par sa fréquence
et par son rôle déclenchant en particulier lors de récidives. De
plus, elle peut être asymptomatique dans 15% des cas .
- l'infection cervico-vaginale également mérite d'être
recherchée surtout en cas de rupture de la poche des eaux.
- De principe, devant toute fièvre durant la grossesse, on
recherchera une listériose.
* Autres causes générales :
- l'altération de l'état général quelle que soit son étiologie .
- l'anémie .
- les cardiopathies .
- la toxémie .
- le diabète .
- le tabagisme, l'alcoolisme et la toxicomanie.
CAUSES MATERNELLES LOCALES : LE " CONTENANT " :
Malformations utérines
Les malformations utérines congénitales(utérus bicorne,
unicorne, hypoplasique ou cloisonné) ou acquises (synéchies,
fibromes, utérus cicatriciel...) peuvent induire une MAP du fait
d'une mauvaise adaptabilité à la grossesse.
Les malformations ne peuvent être diagnostiquées le plus souvent
qu'en dehors de la grossesse par l'hystérographie et/ou
l'échographie pelvienne.
Béance cervico-isthmique
La béance cervico-isthmique, congénitale (isolée ou associée à
une autre malformation utérine) ou acquise (secondaire à des
dilatations instrumentales du col ou à la suite de traumatismes
obstétricaux), est responsable d'avortements tardifs ou de
prématurité dans près de 100% des cas si elle n'est pas traitée.
* Pendant la grossesse, elle peut être suspectée sur l'anamnèse
:
- antécédents de fausse couche tardive avec expulsion sans
contraction .
- antécédents de rupture prématurée des membranes non expliquée
par une cause infectieuse ou ovulaire .
- antécédents de travail rapide de moins de 2 heures avant
terme, avec très peu de contractions.
* Son diagnostic peut être fait sur les modifications
cervico-segmentaires de la première moitié de la grossesse, sans
contraction utérine, éventuellement documenté par la mensuration
du diamètre de l'orifice interne par échographie endovaginale,
mais il est alors déjà trop tard puisque l'intérêt est le
traitement préventif.
* La béance cervico-isthmique est la seule vraie indication du
cerclage à la fin du premier trimestre. Il s'agit là d'un
traitement préventif, tout traitement ultérieur n'étant qu'un
pis-aller dans le cadre de cette pathologie.
* Hors de la grossesse, le diagnostic de béance repose sur le
calibrage du col à l'aide d'une bougie de Hégar n 8 en phase
lutéale, lorsque celle-ci passe l'orifice interne sans
difficulté. On peut également s'aider d'une hystérographie, en
visualisant un aspect en cheminée du défilé cervico-isthmique.
* On recherchera une éventuelle exposition in utero de la
gestante au diéthylstilbestrol (Distilbène*).
CAUSES OVULAIRES :
* Les grossesses multiples sont responsables de 10% de la
prématurité, avec pour conséquence la distension utérine. Sa
prévention repose sur :
- le diagnostic échographique précoce .
- l'éventualité d'une réduction embryonnaire .
- la surveillance rapprochée de ces grossesses .
- la mise au repos systématique dès la 30e SA .
- des indications thérapeutiques élargies.
* Le placenta preavia est responsable de prématurité par
irritation du segment cervico-isthmique sans doute associée au
retard de croissance qu'il induit. Evoqué lors de l'apparition
de métrorragies, le diagnostic est confirmé par l'échographie
(qui doit être faite vessie pleine).
* L'hydramnios (excès anormal du liquide amniotique) est une
cause plus rare de prématurité qui est due à la surdistension
utérine.
* La rupture prématurée des membranes est toujours un élément de
gravité qui surajoute un risque d'infection. Favorisée en cas de
grossesse multiple, de placenta preavia, d'hydramnios,
d'infection cervico-vaginale, elle est responsable de 30% des
accouchements prématurés.
* Autres causes :
- toute malformation foetale peut être responsable du
déclenchement du travail et le bilan morphologique échographique
doit être systématiquement réalisé .
- tout souffrance foetale (RCIU) et toute infection
ovulaire (chorio-amniotite) peuvent entraîner une MAP, la
tocolyse est alors bien évidemment contre-indiquée.
FACTEURS FAVORISANTS :
Non spécifiques, les facteurs favorisants sont contenus dans le
coefficient de risque d'accouchement prématuré (CRAP) proposé
par Papiernik.
Retenons surtout :
- les antécédents obstétricaux : antécédents d'accouchement
prématuré et de MAP, de fausse couche tardive et IVG (au moins 2
et après 10 SA) .
- les conditions socio-économiques : milieu défavorisé, niveau
d'études peu élevé, pénibilité du travail, port de charges
lourdes, travail sur machine, station debout prolongée, célibat,
grossesse non désirée illégitime ou peu suivie .
- âge maternel inférieur à 18 ans ou supérieur à 35 ans, taille
inférieure à 1,50m et poids prégravidique inférieur à 45kg.
Cependant, 50% des femmes qui accouchent prématurément ne
présentent aucun de ces facteurs de risque.
Diagnostic :
DIAGNOSTIC POSITIF :
Clinique :
Signes fonctionnels
Les signes fonctionnels sont les suivants :
* les contractions utérines, premier motif de consultation,
doivent être différenciées d'une activité contractile utérine
physiologique en fin de grossesse. Les contractions utérines
pathologiques de la MAP sont le plus souvent ressenties,
douloureuses, régulières et surviennent à la fréquence d'au
moins une toutes les 10 minutes .
* les métrorragies dont l'origine doit être précisée .
* l'écoulement de liquide amniotique dont l'existence modifie la
prise en charge et les indications thérapeutiques.
Signes physiques
L'examen gynécologique doit être pratiqué sur table
gynécologique, vessie et rectum vides.
* L'examen au spéculum recherche :
- un écoulement de liquide amniotique qui pourra être affirmé
par la mesure du PH vaginal ou mieux par un test de recherche de
la Di-amine-oxydase .
- un saignement dont on précisera l'origine.
* Le toucher vaginal, à comparer aux examens antérieurs,
permettra de mettre en évidence des modifications cervicales.
Il conviendra d'apprécier :
- le raccourcissement (longueur inférieure à 1cm) .
- la dilatation (orifices ouverts à 1cm au moins) .
- la consistance (ramollissement) .
- la position (centrage) du col .
- le début d'ampliation du segment inférieur (amincissement de
la zone suscervicale) .
- la descente de la présentation (au niveau ou au-dessous des
épines sciatiques) .
- l'éventuelle sensation de bombement des membranes.
Parfois, ces modifications se produisent en l'absence de
contractions utérines. On parle alors d'incompétence du col.
Examens paracliniques :
Enregistrement tococardiographique
- La tocométrie à l'aide d'un capteur externe placé au niveau du
fond utérin, évaluera sur une durée de 30 à 60 minutes, la
fréquence, l'intensité et la régularité des contractions
utérines ressenties et souvent de découvrir des contractions
régulières infra-douloureuses non ressenties par la gestante. En
effet, les contractions utérines ne sont ressenties que dans 15%
des cas. Cet enregistrement servira ultérieurement de référence
pour évaluer l'efficacité d'une éventuelle tocolyse.
- L'enregistrement du rythme cardiaque foetal (RCF) associé à la
tocométrie permettra de s'assurer de la bonne vitalité foetale.
* L'échographie cervicale par voie endovaginale réalisée en
coupe sagittale médiane, vessie vide et en dehors d'une
contraction permettra de visualiser :
- une diminution de la longueur du col (inférieure à 25-30mm) .
- une dilatation de l'orifice interne avec un aspect en
entonnoire associée le plus souvent à une protrusion des
membranes amniotiques dans le canal cervical.
* La présence de la fibronectine foetale dans les sécrétions
cervico-vaginales.
Ces deux derniers examens de par leur valeur prédictive de
l'accouchement prématuré, ont une place de plus en plus
prépondérante dans la prise en charge des patientes présentant
une MAP.
DIAGNOSTIC ÉTIOLOGIQUE :
* Causes maternelles recherchée par un bilan infectieux :
- ECBU .
- prélèvement bactériologique de l'endocol .
- hémocultures à la recherche d'une listériose en cas de fièvre
.
- NFS et CRP.
* Causes ovulaires découvertes à la suite d'un bilan
échographique. Réalisée par voie abdominale, l'échographie
permettra :
- d'une part de s'assurer de la bonne vitalité foetale, d'une
biométrie foetale en accord avec le terme théorique et
d'éliminer un retard de croissance intra-utérin. Dans ce cadre,
la recherche d'une anomalie morphologique foetale a toute son
importance .
- et permettra, d'autre part, d'observer la présentation, le
placenta (hématome, décollement, localisation praevia) et
l'abondance du liquide amniotique (hydramnios ou oligo-amnios).
DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL :
* Erreur de teme (toujours vérifier la date des dernières règles
et l'échographie du premier trimestre).
* Contractions utérines physiologiques (irrégulières et ne
modifiant pas le col).
* Toute douleur abdomino-pelvienne chez une femme enceinte ne
correspond pas nécessairement à des contractions utérines,
s'assurer de l'absence de pathologie digestive (appendicite),
urinaire et ostéo-ligamentaires.
Traitement :
TRAITEMENT PRÉVENTIF :
Le meilleur traitement de la MAP est préventif.
* La prévention primaire doit débuter le plus tôt possible, dès
la déclaration de grossesse puis poursuivie ultérieurement. Elle
passe par l'information et la sensibilisation de la patiente aux
risques de l'accouchement prématuré mais nécessite une bonne
observance des visites mensuelles.
* La recherche de facteurs de risque d'accouchement prématuré
doit être systématique pour toute grossesse, ils seront chiffrés
par le coefficient d'accouchement prématuré (CRAP) proposé par
Papiernik et permettront de dépister les patientes à risque.
* Les mesures à prendre seront les suivantes :
- amélioration des conditions de travail (aménagement du poste
de travail, interdiction du port de charges lourdes, arrêt de
travail si nécessaire) .
- limitation des longs trajets, abstention des voyages au 3e
trimestre .
- aide-ménagère à domicile .
- respect des congés prénatals et conseils de repos .
- interdiction des sports violents et règles d'hygiène (arrêt du
tabac) .
- traitement précoce des infections urinaires et
cervico-vaginales .
- cerclage à 15 SA en cas de béance cervico-isthimique
confirmée.
TRAITEMENT CURATIF :
Traitement étiologique :
Antibiothérapie en cas d'infection, ponctions évacuatrices en
cas d'hydramnios...
Repos et mesures psychologiques et sociales :
* Le repos est le premier moyen thérapeutique à utiliser. Si
celui-ci s'avère impossible à domicile, l'alitement en milieu
hospitalier s'impose. En cas d'alitement strict, la prévention
des maladies thrombo-emboliques est à envisager (bas de
contention, kinésithérapie et anticoagulation prophylactique).
* Toutes les mesures sociales pouvant soulager la femme à son
domicile doivent être mises en place, surtout pour les personnes
économiquement faibles.
* Le soutien psychologique ne doit pas être négligé.
* La surveillance par une sage-femme à domicile est, dans de
nombreux cas, une alternative intéressante pour les MAP peu
sévères.
Traitement symptomatique : la tocolyse :
Contre-indications de la tocolyse
Inutile en cas d'accouchement imminent (dilatation cervicale
trop avancée) ou lorsque le terme est proche (au-delà de 35 SA),
la tocolyse présente certaines contre-indications à rechercher
et à respecter :
* Contre-indications absolues :
- malformation foetale létale .
- souffrance foetale aigue quelle que soit l'étiologie .
- chorio-amniotite et listériose .
- mort in utero .
- toute pathologie maternelle contre-indiquant la prolongation
de la grossesse (cardiopathie, pré-éclampsie sévère) .
- placenta preavia hémorragique.
* Contre-indications relatives :
- souffrance foetale chronique et RCIU, en l'absence de signe de
gravité .
- hydramnios et malformations utérines.
Indications de la tocolyse
Les indications de la tocolyse dépendent du terme, de la gravité
de la MAP et de l'état des membranes.
* Si les membranes sont intactes :
- en cas de MAP légère (quelques épisodes de contractions
utérines et modifications modérées du col), le repos seul à
domicile suffit le plus souvent, sous couvert d'une surveillance
conjointe médecin et sage-femme à domicile .
- en cas de MAP plus importante, la distinction entre MAP
moyenne et sévère se fera sur l'efficacité du repos et de la
tocolyse : Si la cédation des contractions utérines est
difficile à obtenir, la maturation pulmonaire foetale sera
débutée immédiatement (terme inférieur à 34 SA) et le transfert
de la patiente vers un établissement hospitalier pourvu d'une
réanimation néonatale sera envisagé. Si l'évolution est
rapidement favorable, le traitement pourra être diminué et
l'indication de la maturation pulmonaire foetale discutée.
* Si les membranes sont rompues :
- la tocolyse sera mise en place à partir du terme pour lequel
la prise en charge pédiatrique est possible (24 à 26 SA) et
arrêtée à 34 SA, date à laquelle les risques infectieux
deviennent supérieurs aux risques de la prématurité .
- durant ce traitement, les cures de maturation pulmonaires
seront réalisées .
- l'antibiothérapie prophylactique doit être systématique pour
certains cliniciens, pour d'autres uniquement prescrite en
fonction des résultats des prélèments de l'endocol, mais ne doit
en aucune faon
masquer une chorio-amniotite débutante .
- la surveillance est essentielle au cours de la rupture
prématurée des membranes .
- si au cours de celle-ci, des éléments cliniques (fièvre,
aspect louche et malodorant du liquide s'écoulant, tonicité
utérine), tococardiographique (tachycardie foetale, reprise des
contractions utérines sous tocolyse), bactériologique (germes
pathogènes sur les prélèvements de l'endocol) et biologique
(hyperleucocytose sanguine supérieure à 18.000 éléments/mm3,
augmentation de la protéine C réactive) se modifiaient, le
diagnostic de chorio-amniotite doit être retenu et l'indication
d'extraction foetale doit être posée.
Tocolytiques usuels :
Bêta-mimétiques
Les bêta-mimétiques sont des substances sympathomimétiques
possédant parmi leurs effets une propriété utéro-relaxante.
Ils restent actuellement le traitement de choix et permettent
d'obtenir une cédation des contractions utérines dans 90% des
cas même si leur efficacité tend à diminuer avec la durée de la
tocolyse. Il s'agit du salbutamol (Salbumol*) et du ritodrine
(Pré-Par*).
Leurs contre-indications relatives et absolues sont contenues
dans le tableau 5.
* Voie d'administration :
- d'abord par voie intraveineuse à l'aide d'un pousse-seringue
électrique ou d'une pompe à débit contrôle, en utilisant la dose
minimale efficace .
- puis après 24 à 48 heures de cédation des contractions
utérines, soit possibilité d'arrêter le traitement
progressivement, soit un relais per os sera entrepris jusqu'à la
35e SA.
* Effets secondaires :
- cardio-vasculaires : tachycardie (effet chronotrope positif,
constant et dose dépendante, elle doit rester inférieure à 130
battements par minute), augmentation du débit cardiaque .
- métaboliques : hyperglycémie avec hyperinsulinisme
réactionnel, lipolyse avec augmentation des triglycérides et des
acides gras libres, rétention hydrique, hypocalcémie et
hypokaliémie .
- neuro-psychiatriques : tremblements (excellent signe
d'imprégnation excessive), anxiété et nervosité .
- électrocardiographique : sus-décalage mineur du segment ST.
* Les accidents et complications cardio-vasculaires (oedème aigu
du poumon, ischémie myocardique, cardiomyopathie, accidents
cérébro-vasculaires) sont rares mais parfois mortels. Ils se
produisent dans certaines circonstances (grossesse multiple et
tocolyse parentérale prolongée à fortes doses, cardiopathies
préexistantes méconnues, corticothérapie associée).
* Effets secondaires foetaux :
- tachycardie (également dose-dépendante, elle doit rester
inférieure à 180 battements par minute) .
- hypoglycémie néonatale.
Anti-inflammatoires non stéroïdiens
* Par leur action anti-prostaglandine, les anti-inflammatoires
non stéroïdiens (AINS (Indocid*, Profénid*)) sont les plus
puissants des tocolytiques.
* Compte tenu des risques foetaux (fermeture prématurée du canal
artériel et insuffisance rénale fonctionnelle source
d'oligoamnios), leur indication privilégiée est la MAP associée
à un hydramnios. Ils doivent être prescrits sur une courte durée
(inférieurs à 7 jours) et arrêtés au plus tard avant 34 SA.
Autres tocolytiques
* Les inhibiteurs calciques (nifédipine (Adalate*)) et le
sulfate de magnésium (surtout utilisé aux Etats-Unis) semblent
aussi efficaces que les bêta-mimétiques et mieux tolérés. Ils
peuvent être prescrits en première intention, en cas de
contre-indication ou d'intolérance aux bêta-mimétiques et en cas
de toxémie associée.
* Les progestatifs (Utrogestan*) à forte dose ne doivent plus
être prescrits en raison du risque de cytolyse hépatique.
* Pour mémoire, nous ne ferons que citer l'éthanol dont le
principal effet secondaire, l'ébriété a été rédhibitoire.
AUTRES MOYENS THERAPEUTIQUES :
Transfert in utero
Dans le cadre d'un fonctionnement en réseau périnatal, organisé
par convention entre les différents établissements d'une région,
le transfert médicalisé d'une patiente présentant une MAP sévère
vers un établissement spécialisé doté d'une réanimation
néonatale doit être envisagé pour des termes précoces afin
d'optimiser la prise en charge de l'enfant à naître.
Maturation foetale pulmonaire
Réalisée avant 34 SA, l'administration maternelle de corticoïdes
vise à accélérer la maturation pulmonaire du foetus. Cette
corticothérapie permet ainsi de diminuer l'incidence de la
maladie des membranes hyalines, mais également l'incidence des
entérocolites nécrosantes et des hémorragies
intraventriculaires.
Les produits les plus utilisés sont les suivants :
- bêtaméthasone (Célestène*) 12mg en 1 injection IM à renouveler
24 heures plus tard .
- dexaméthasone (Solu-Décadron*) 12mg en 2 injections IM
espacées de 12 heures à renouveler 24 heures plus tard.
Ces cures de 48 heures sont à répéter tous les 7 jours en
fonction de l'évolution clinique.
Couverture antibiotique
En cas de rupture de la poche des eaux, l'antibiothérapie permet
de diminuer les sepsis néonatals et augmente la survie
néonatale.
Elle sera adaptée en fonction de la clinique et des résultats
bactériologiques de l'endocol.
CONDUITE A TENIR EN CAS D'ACCOUCHEMENT PRÉMATURÉ :
* L'échappement thérapeutique impose de définir le mode
d'accouchement.
* La voie basse sera le plus souvent privilégiée mais le travail
devra être rapide et brillant.
* Toute présentation dystocique (présentation podalique avant 32
SA) ou toute souffrance foetale apparaissant au cours du
travail, est une indication à extraire le foetus par césarienne.
* Le pédiatre devra être alerté de l'imminence de l'accouchement
et être présent à la naissance.
* Des prélèvements bactériologiques seront faits chez la mère
(placenta) et chez l'enfant (liquide gastrique).
* A distance de l'accouchement (3 mois), on pratiquera :
- une hystérographie et une échographie pelvienne recherchant
une malformation ou une béance .
- un calibrage du col recherchant également une béance.
CONCLUSION :
Ces résultats font encore insister sur le dépistage précoce des
facteurs de risque et le traitement des causes favorisantes.
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