Techniques :
ASPIRATION :
L'aspiration est la méthode la plus utilisée.
- Elle consiste à introduire dans la cavité utérine, par voie
cervicale après dilatation du col à la bougie, une vacurette
reliée à un système d'aspiration.
- La vacuité utérine étant obtenue, on injecte à la patiente un
ocytocique afin de faciliter la rétraction utérine.
- Cette intervention s'effectue soit sous simple prémédication,
soit sous anesthésie paracervicale, ou encore sous anesthésie
générale.
- La durée d'hospitalisation étant de 12 heures environ, en
fonction de l'anesthésie, la patiente entre dans l'établissement
le matin pour en ressortir en fin d'après-midi.
MÉTHODE MÉDICAMENTEUSE :
La méthode médicamenteuse est utilisée pour les grossesses
inférieures à 50 jours d'aménorrhée le jour de la prise.
- On utilise un produit à action antiprogestérone (mifépristone
(Mifégyne*)) en association à une prostaglandine (géméprost
(Cervagème*)) par voie vaginale ou misoprostol (Cytotec*) par
voie générale.
- Après avoir suivi les démarches obligatoires la patiente doit
revoir le praticien afin de suivre les démarches pour cette
technique médicamenteuse.
* La première consultation consiste à :
- remettre et expliquer la notice d'information sur les limites
de la méthode. Un formulaire de consentement est cosigné par la
patiente et le médecin prescripteur .
- prendre la Mifégyne* per os (3 comprimés à 200mg) en présence
du médecin prescripteur .
- fixer un rendez-vous 36 à 48 heures plus tard pour
l'administration de la prostaglandine.
* Une deuxième consultation :
- est motivée par l'administration de l'analogue de la
prostaglandine .
- nécessite impérativement une mise en observation dans le
centre pendant 3 à 4 heures en position allongée avec prise
tensionnelle toutes les 30 minutes.
* Une troisième consultation à J8-J12 :
- a pour but la vérification par les moyens appropriés (examen
clinique, échographie, dosage des bêta-hCG) que l'expulsion a
été complète et que les métrorragies ont disparu .
- en cas d'échec (grossesse évolutive ou rétention utérine), un
geste instrumental (aspiration ou curetage) doit être effectué.
* Cette technique comporte des contre-indications qui sont :
- l'insuffisance rénale .
- la corticothérapie au long cours .
- une allergie connue aux produits utilisés .
- les patientes fumeuses âgées de plus de 35 ans .
- des antécédents cardio-vasculaires.
Complications et surveillance :
COMPLICATIONS DE L'INTERRUPTION VOLONTAIRE DE GROSSESSE PAR
ASPIRATION :
Complications immédiates :
* Syncope lors de la dilatation cervicale.
* Déchirure du col :
- soit avec les pinces de traction .
- soit lors de la dilatation cervicale.
* Hémorragie qui reste d'abondance modérée ou moyenne et n'a
pas, en général, d'incidence hémodynamique.
* Perforation sur utérus rétroversé ou très antéversé. On
distingue :
- la perforation faite avant toute aspiration, pour laquelle il
suffit de mettre de la glace sur le ventre et de donner des
antibiotiques, mais qui pose le problème de la réalisation de
l'IVG sous contrôle coelioscopique .
- la perforation avec aspiration dans le ventre qui impose une
coelioscopie pour vérifier qu'il n'y a pas eu de plaie
viscérale.
Complications secondaires :
Les complications secondaires de l'IVG sont les suivantes :
* avant tout la méconnaissance d'une grossesse extra-utérine
(GEU), qui doit être évitée par la réalisation d'une échographie
préalable à l'IVG (assurance d'une grossesse intra-utérine
(GIU)) et l'examen macroscopique des débris ovulaires à l'issue
de l'aspiration .
* la rétention placentaire simple .
* la rétention placentaire infectée .
* l'endométrite, voire la salpingite .
* les hémorragies.
Ces complications sont présentes dans environ 5% des IVG. La
rétention et les infections sont les plus fréquentes.
Complications tardives :
Les complications tardives de l'IVG sont :
* les synéchies, favorisées par les complications infectieuses,
pouvant avoir une incidence sur les grossesses ultérieures .
* les béances cervico-isthmiques après dilatation excessive ou
déchirure du col ;
* l'immunisation rhésus, qui sera prévenue par l'injection d'une
dose standard d'immunoglobulines anti-D à toute femme subissant
une IVG au-delà de 7 SA.
COMPLICATIONS DE L'INTERRUPTION VOLONTAIRE DE GROSSESSE
MÉDICAMENTEUSE :
Les complications de l'IVG médicamenteuses sont principalement
des hémorragies persistantes et une rétention placentaire, qui
imposent une aspiration complémentaire.
SURVEILLANCE APRÈS INTERRUPTION VOLONTAIRE DE GROSSESSE PAR
ASPIRATION :
Le rôle du praticien est de surveiller l'absence de fièvre et de
saignement, ainsi que le retour à la normale du volume utérin.
Devant une complication survenant après une IVG, il faut
raisonner en fonction des signes cliniques.
* En cas de fièvre, il faut évoquer :
- une endométrite : leucorrhées sales, gros utérus mou et
douloureux à la mobilisation .
- une rétention placentaire infectée : pertes sanglantes,
malodorantes, gros utérus mou et douloureux avec présence de
débris intra-utérin à l'échographie .
- ces deux affections nécessitent une antibiothérapie par voie
générale et pour la rétention, un curetage après baisse de la
température.
* Devant une hémorragie, il faut évoquer :
- une rétention placentaire .
- une GEU.
* Devant un syndrome péritonéal, il faut évoquer soit une
perforation, soit une salpingite. Dans tous les cas une
coelioscopie s'impose afin de faire le diagnostic.
* Devant une aménorrhée, il faut évoquer la persistance de la
grossesse par échec de l'IVG du fait d'une malformation utérine
ou d'une difficulté technique. L'échographie en fera la preuve.
Plus rarement, il s'agit d'une synéchie.
* La consultation systématique 1 semaine après l'IVG doit
permettre de s'assurer de l'absence de complications. Elle doit
être également l'occasion de s'assurer que la contraception
prescrite lors de la sortie est bien débutée.
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