L'hémorragie de la délivrance reste encore une complication
majeure de l'accouchement, du fait :
- de son incidence sur la mortalité maternelle (2e rang après
les complications de l'hypertension artérielle) .
- et sur la morbidité, non seulement par les conséquences du
collapsus qui peut en découler (insuffisance rénale chronique,
panhypopituitarisme) .
- mais aussi par les complications de la thérapeutique (en
particulier des transfusions sanguines en urgence :
immunisations, contaminations virales à type d'hépatite D ou VIH
plus exceptionnelles).
Apprendre à faire son diagnostic très précocement, alors qu'elle
est souvent imprévisible, retrouver sa cause dans des délais
très brefs alors que l'hémorragie est importante et appliquer un
traitement adapté (conjointement une réanimation et une conduite
obstétricale dans des délais très brefs) sont les trois
conditions pour être efficace avant que la situation ne se
dégrade gravement.
Définition :
L'hémorragie de la délivrance est une perte de sang supérieure à
la quantité considérée comme physiologique (500ml), survenant
après l'accouchement et dans les 24 heures qui suivent celui-ci.
L'origine de celle-ci n'est pas forcément une hémorragie de la
délivrance proprement dite (saignements provenant d'une mauvaise
hémostase au niveau de la zone d'insertion placentaire
intra-utérine), mais un élargissement de la définition
couramment acceptée inclut :
- tous les saignements d'origine génitale, souvent traumatiques
(utérus, col, vagin et périnée) .
- ainsi que les troubles de l'hémostase qui peuvent être
primitifs, mais aussi secondaires aux précédents (conséquences
et complications d'une hémorragie massive et/ou persistante).
Diagnostic :
DIAGNOSTIC DE LA PERTE SANGUINE :
Hémorragie extériorisée :
Le diagnostic de la perte sanguine devrait être facile si
l'hémorragie est extériorisée par les voies génitales :
- en fait, il existe au moment de l'accouchement un saignement
physiologique pouvant aller jusqu'à 500ml et la difficulté est
la quantification .
- s'organiser au cours de tout accouchement pour le recueil le
plus complet possible des pertes sanguines par voie génitale
doit être un principe. Un récipient spécialement prévu à cet
effet existe sur les tables d'accouchement .
- la quantification ne doit pas négliger les pertes sanguines "
camouflées " : champs, linge, garnitures, compresses, qui
doivent être pesées s'il y a une suspicion d'hémorragie.
Hémorragie non extériorisée :
Le diagnostic de la perte sanguine peut être ignoré si les
pertes ne sont pas ou sont incomplètement extériorisées :
* inertie ou atonie utérine avec accumulation de caillots
intra-utérins :
- c'est le contrôle régulier du globe utérin (dit " globe de
sécurité ") qui ne doit pas dépasser le niveau de l'ombilic,
mais surtout ne pas augmenter de volume .
- un geste simple consiste à l'exprimer afin d'extérioriser le
contenu éventuel (caillots que l'on peut peser) .
* formation d'hématomes pelviens dans les suites de lésions
traumatiques. Le saignement n'est alors pas toujours
extériorisé, du fait qu'il est représenté par un hématome
périgénital dont le diagnostic n'est fait ni par le saignement
extériorisé ni par la visualisation objective de celui-ci au
niveau périnéo-vulvaire.
Le diagnostic est alors fondé sur la survenue :
* de douleurs devenant souvent intolérables (tension
pelvi-périnéale) .
* surtout d'un retentissement maternel :
- aggravation des constantes maternelles : pouls, tension
artérielle .
- surveillés de principe tous les quarts d'heure pendant les 2
heures qui suivent l'accouchement, puis toutes les heures dans
les premières heures.
DIAGNOSTIC DE GRAVITE :
C'est la pratique d'une surveillance régulière de la tension
artérielle et du pouls . mais en fait la rapidité de
l'hémorragie fait que très rapidement surviendra une phase
d'agitation avec impression de soif, et plus inquiétant une
euphorie pré-mortem, signant un collapsus majeur.
C'est plus la quantification rapide du saignement qui fera le
diagnostic de gravité. Il peut atteindre 1 à 2 litres en
quelques minutes.
Causes des hémorragies de la délivrance :
Il existe trois causes principales :
* une pathologie de la délivrance, le saignement provenant de la
zone d'insertion placentaire, dont l'hémostase ne s'est pas bien
faite pour différentes causes .
* une lésion génitale traumatique (utérine, principalement
cervicale et/ou vaginale et/ou périnéo-vulvaire) .
* une pathologie de l'hémostase :
- parfois conséquence de pathologies obstétricales graves
(hématome rétroplacentaire, mort foetale, chorio-amniotite non
traitée, embolie amniotique) .
- mais surtout d'hémorragies de la délivrance que l'on a
laissées s'aggraver : diagnostic non fait ou trop tardif ayant
pour conséquence une perte sanguine importante et des troubles
de coagulation secondaires.
PATHOLOGIE DE LA DÉLIVRANCE :
Rétention placentaire :
Troubles dynamiques
L'hémorragie peut être due à des troubles dynamiques :
* l'inertie utérine est la conséquence d'une absence de
délivrance physiologique : absence de survenue des contractions
utérines survenant dans la phase de décollement faisant suite à
la période de repos dite " physiologique " :
- différents facteurs favorisants sont retenus : épuisement
musculaire chez les grandes multipares du fait d'un travail
prolongé, atonie après un accouchement trop rapide,
surdistension de l'utérus (grossesse gémellaire, hydramnios,
macrosomie foetale), pathologie utérine modifiant la
contractilité de celui-ci (fibromes, malformations), inertie
iatrogène (utilisation des bêta-mimétiques, anesthésie au
fluothane, arrêt des ocytociques après expulsion de l'enfant) .
- l'inertie utérine peut être exsangue, mais souvent,
lorsqu'elle se prolonge, et du fait d'un décollement partiel du
placenta, elle se complique d'hémorragies importantes .
* l'hypertonie utérine est responsable d'un enchatonnement
placentaire (rétention du placenta décollé au-dessus de la
contracture) :
- cette contracture peut être cervicale (enchatonnement global)
ou localisée, souvent au niveau d'une corne .
- cette hypertonie est souvent iatrogène :
injection inadéquate d'ocytociques (délivrance dirigée trop
tardive) .
ou expression utérine incongrue avant le décollement placentaire
(à ne jamais effectuer avant que l'on ait confirmé le
décollement placentaire par la manoeuvre du refoulement
sus-pubien, remontant le fond utérin vers l'ombilic, sans
constater de réascension du cordon au niveau de l'orifice
vulvaire).
Anomalies placentaires
L'hémorragie peut être due à :
* des anomalies d'insertion placentaire : adhérences anormales,
essentiellement représentées par le très rare placenta acreta
(villosités placentaires adhérant au myomètre sans interposition
des caduques basales), ou percreta (avec villosités placentaires
traversant tout le myomètre jusqu'à la séreuse utérine) :
- elle peut concerner une partie ou l'ensemble de la zone
d'insertion placentaire .
- certains facteurs sont considérés comme favorisants (insertion
placentaire sur une cicatrice utérine, une synéchie, une
adénomyose . séquelles d'endométrite . curetages abrasifs
multiples) .
* les anomalies morphologiques du placenta :
- persistance de la totalité ou d'un fragment de placenta dans
la cavité utérine .
- cotylédons accessoires séparés du gâteau placentaire principal
.
* les localisations anormales du placenta :
- principalement, l'insertion basse du placenta (objectivée par
la mesure du petit côté des membranes qui est inférieur à 10cm à
l'examen du délivre). Les contractions utérines ne font alors
pas bien l'hémostase de la partie de l'insertion placentaire qui
se trouve sur le segment inférieur, celui-ci ne bénéficiant pas
de la rétraction du corps utérin .
- plus rarement, l'insertion placentaire sur une cloison d'un
utérus malformé.
Fautes techniques :
Rappelons que certaines fautes techniques ou manoeuvres
intempestives pratiquées avant la délivrance et souvent dans le
but de l'accélérer peuvent être à la base d'hémorragies :
- arrêt des ocytociques utilisés pendant le travail, après
expulsion de l'enfant, alors que ceux-ci doivent être gardés au
même débit .
- expression utérine avant le décollement placentaire .
- traction sur le cordon.
Inertie utérine :
L'inertie utérine (atonie utérine) faisant suite à une
délivrance normale peut être cause de saignements après
l'expulsion d'un placenta complet.
Inversion utérine :
Complication devenue rarissime, c'est l'invagination du fond
utérin en doigt de gant dont on décrit trois degrés : elle est
souvent le fait de manoeuvres intempestives (traction sur le
cordon, expression utérine violente).
LESIONS GENITALES TRAUMATIQUES :
Ruptures utérines :
Les ruptures utérines sont définies comme une solution de
continuité non chirurgicale de l'utérus.
Leurs causes sont :
* une altération de la paroi utérine : principalement une
cicatrice utérine (césarienne, myomectomie avec ouverture de la
cavité, antécédents de perforation ou rupture suturée), ou un
utérus fragilisé (grande multiparité, curetages répétés) .
* la disproportion foeto-pelvienne, la rupture survenant alors à
l'issue d'un travail prolongé, mal surveillé, le plus souvent
chez la femme multipare .
* les ruptures iatrogènes :
- manoeuvres obstétricales (version par manoeuvre interne
principalement) .
- extractions instrumentales (lors de la pose de cuillères ou
avant dilatation complète en particulier dans l'extraction de la
tête dernière) .
- administration intempestive d'ocytociques, surtout dans les
disproportions foeto-pelviennes.
Déchirures du col :
Ce sont les solutions de continuité non chirurgicales du col
utérin, survenues au moment de l'accouchement . même si elles ne
remontent pas jusqu'au segment inférieur et qu'elles sont
strictement cervicales, elles peuvent être très hémorragiques.
Rarement dues à une pathologie du col (cancer), elles sont le
plus souvent iatrogènes : la parturiente ayant poussé trop tôt,
une extraction instrumentale ayant été pratiquée avant
dilatation complète, en particulier sur la tête dernière dans la
présentation du siège.
Déchirures du vagin :
Les déchirures du vagin sont de diagnostic facile lorsqu'elles
prolongent une déchirure périnéo-vulvaire.
En fait, elles sont plus souvent diagnostiquées lors de la
révision sous valves.
* L'hémorragie qui en découle peut être sous-estimée, du fait de
la constitution d'un hématome dans les tissus celluleux
périvaginaux.
* Les facteurs favorisants sont :
- une malformation vaginale non diagnostiquée et non corrigée
avant la grossesse .
- une cicatrice vaginale antérieure .
- une vaginite .
- un accouchement dystocique souvent associé à des manoeuvres
instrumentales.
Déchirures vulvaires et périnéales :
Les déchirures vulvaires et périnéales sont rarement
responsables d'hémorragies graves, mais à la base d'une
spoliation sanguine parfois non négligeable, surtout si l'on
tarde à les réparer. C'est donc une cause cumulée plus qu'une
cause directe.
TROUBLES DE L'HÉMOSTASE :
* Les troubles de l'hémostase peuvent exister au cours de
certaines pathologies obstétricales :
- hématome rétroplacentaire, dans le cadre de dysgravidie ou non
.
- mort foetale in utero .
- chorio-amniotite .
- embolie amniotique.
* Ce sont, plus souvent, les complications d'une hémorragie
grave de la délivrance, dont le diagnostic a été tardif ou
sous-estimé, ou qui a été mal jugulée.
* Dans ces circonstances survient une coagulation vasculaire
disséminée, dont découlera une fibrinolyse.
Traitement et conduite à tenir :
TRAITEMENT PRÉVENTIF :
L'idéal est le traitement préventif qui est fondé sur le respect
de certaines règles de sécurité.
* Le traitement préventif de l'inertie utérine :
- peut être orienté par des facteurs de risque, surdistension
utérine, grande multiparité pour certains, systématique, pour
d'autres auteurs .
- consiste en l'injection de 5 unités d'ocytocine (Syntocinon*),
par voie intraveineuse directe lors du dégagement des épaules
dans les présentations céphaliques .
- l'utilisation de Méthergin*, de la même faon, est moins recommandée
du fait des contre-indications (hypertension artérielle,
pathologie vasculaire, présence de myomes utérins).
* Respecter la physiologie de la délivrance, en évitant les
tractions intempestives sur le cordon, massage ou expression
utérine inadéquats.
* Pratiquer une délivrance artificielle en l'absence de
délivrance spontanée 30 minutes après l'accouchement.
* Examiner très soigneusement la délivrance qui, si elle est
incomplète, doit faire pratiquer une révision utérine sans
tarder.
* Rechercher et suturer immédiatement toutes les déchirures des
parties molles.
TRAITEMENT CURATIF :
Moyens thérapeutiques :
* Les ocytociques (Syntocinon*), utilisables sous forme :
- de perfusion (5 ou 10 unités dans 500ml de sérum glucosé à 5%)
.
- d'injection intraveineuse directe (5 unités) .
- d'injection intramusculaire (5 unités) dont l'effet n'est
alors obtenu qu'au bout de 10 à 15 minutes .
- d'injection intramurale (intramyométriale) au travers de la
paroi abdominale sous contrôle de la main introduite dans la
cavité utérine, en cours de révision utérine .
- le Méthergin* est utilisé par certains auteurs, bien que
contre-indiqué en cas de pathologie vasculaire, d'hypertension
artérielle ou de la présence de myomes utérins.
* Les prostaglandines : prostaglandine E2 (Nalador*) :
- en perfusion à la seringue électrique (une ampoule dans 50cm3
à passer en 2 à 5 heures), d'efficacité immédiate .
- les voies intramusculaire et intraveineuse directe sont
strictements interdites.
* Les moyens mécaniques, en cas d'échec des traitements médicaux
et pour des hémorragies graves n'ont plus de place dans les
structures techniquement équipées ou l'embolisation artérielle
peut être réalisée :
- le tamponnement intra-utérin par des champs ou le poing ganté
de l'opérateur .
- application de pince de Muzeux sur le col de l'utérus pour
effectuer une traction avec ou sans rotation pendant quelques
heures (par diminution du débit artériel utérin) .
- ces moyens peuvent éviter une issue chirurgicale dans les
hémorragies graves et rebelles, permettant la constitution du
clou plaquettaire.
* Les traitements chirurgicaux, rarement utilisés (lors de
l'échec des autres méthodes), peuvent être :
- la ligature des artères hypogastriques, surtout chez les
femmes jeunes désireuses de grossesses ultérieures. Elle ne met
pas en danger l'avenir de l'utérus .
- l'hystérectomie d'hémostase, solution radicale qui doit rester
exceptionnelle .
- rappelons les sutures des lésions traumatiques : utérines,
cervicales, vaginales et vulvo-périnéales .
- actuellement, et à proximité d'un radiologue entra”né et
équipé, l'embolisation artérielle est une solution à
privilégier.
* Les traitements médicaux des troubles de la coagulation :
- traitement substitutif des facteurs manquants : plasma frais
congelé .
- pour certains cliniciens, le fibrinogène garde encore des
indications .
- la transfusion permet la compensation de la spoliation
sanguine, mais doit être bien réfléchie.
Conduite d'urgence devant une hémorragie avérée :
La démarche thérapeutique devant une hémorragie d'un volume
supérieur à 500ml, concernant à la fois la sage-femme,
l'anesthésiste et l'obstétricien, doit être rapide et
coordonnée, assurant des pertes sanguines minimales.
Pendant que l'obstétricien se prépare très vite, la sage-femme
et l'anesthésiste mettent rapidement en condition la patiente :
- mise en place d'une voie veineuse efficace (deuxième abord
complémentaire nécessaire chez des patientes en général déjà
perfusées) .
- oxygénation de la patiente .
- mise en position de Tredenlenburg .
- prise de pouls et tension artérielle .
- la sage-femme évalue les pertes sanguines .
- dans la plupart des cas, la patiente ayant été suivie pendant
sa grossesse, son groupe sanguin sera connu (deux
déterminations), de même que la présence d'agglutinines
irrégulières permettant ainsi d'obtenir rapidement des produits
sanguins compatibles.
Pour l'obstétricien, deux situations différentes peuvent se
présenter : soit le placenta est encore en place, soit il est
expulsé.
Soit le placenta est encore en place
Soit le placenta est encore en place :
* il convient alors :
- d'évacuer l'utérus par une délivrance artificielle .
- dès la vacuité confirmée, vérifier la bonne rétraction de
l'utérus, qu'il faut favoriser par l'administration d'un
ocytocique (5 unités de Syntocinon* en par voie intraveineuse
directe) .
- éliminer toute lésion traumatique de principe : révision sous
valves du col, des culs-de-sac et des parois vaginales, ainsi
qu'une hémostase chirurgicale et une suture des lésions dès
qu'elles sont constatées .
- contrôler et suturer l'épisiotomie ou une déchirure périnéale
.
* si, à l'issue de tous ces contrôles, une hémorragie d'origine
endocervicale persiste, il s'agira d'une inertie utérine qu'il
faut alors rapidement traiter avec l'utilisation de nouveaux
ocytociques, voire l'injection de prostaglandines E2 (Nalador*)
en perfusion à la seringue électrique (une ampoule dans 50cm3 de
sérum physiologique à passer en 2 heures) .
* rarement, la délivrance artificielle sera impossible. Il
s'agira d'un placenta acreta, rendant le clivage difficile ou
impossible et imposant une hystérectomie d'hémostase.
Soit le placenta est expulsé
Soit le placenta est expulsé : que l'on ait eu ou non le temps
de vérifier le délivre, l'importance de l'hémorragie oblige
souvent à faire en première intention une révision utérine, qui
sera suivie comme précédemment par la révision sous valves (voir
supra).
Hémorragie persistant malgré les vérifications
Très rarement, l'hémorragie persiste malgré la normalité de
toutes ces vérifications et on peut se trouver dans trois
situations :
* l'inertie utérine résistant aux traitements ocytociques, le
diagnostic est fait par l'absence du globe utérin de sécurité.
nécessite l'utilisation massive de traitements :
- médicamenteux : prostaglandines par voie parentérale aux doses
indiquées ci-dessus .
- mécaniques : tamponnement intra-utérin par des mèches,
traction du col utérin par des pinces de Muzeux .
- chirurgicaux : ligature des artères hypogastriques, voire, le
plus rarement possible, hystérectomie d'hémostase .
- voire embolisation artérielle, rarement réalisable en
l'absence d'une équipe très entra”née .
* un saignement provenant du segment inférieur du fait d'une
insertion placentaire basse :
- le globe utérin de sécurité est correct, avec une bonne
rétraction et l'hémorragie persiste avec du sang et des caillots
.
- la thérapeutique ne peut être que mécanique (compression du
segment inférieur entre un tamponnement intravaginal par champs
ou le poing ganté d'un opérateur et le corps utérin refoulé par
l'autre main) .
* l'hémorragie persiste avec du sang incoagulable malgré un
traitement complet d'éventuelles lésions traumatiques et la
vérification de la vacuité utérine. Il faut alors évoquer des
troubles de la coagulation :
- prélèvements sanguins pour confirmer le diagnostic :
augmentation du TH et du TCA, diminution des plaquettes,
diminution du taux de fibrinogène, étude des facteurs de la
coagulation (diminution des facteurs II et V, de l'antithrombine
III), augmentation des produits de dégradation de la fibrine .
- le traitement utilisera en première intention le plasma frais
congelé, contenant tous les facteurs de coagulation .
- pour certains auteurs, le fibrinogène peut être utilisé .
- l'héparinothérapie n'est plus prescrite dans la plupart des
cas, de même que les antifibrinolytiques qui sont d'utilisation
difficile .
- parallèlement, seulement si la spoliation sanguine le
nécessite, envisager une transfusion par culots globulaires.
Conclusion :
La gravité des hémorragies de la délivrance incite à une
attitude préventive, qui repose en grande partie sur le respect
de la physiologie de la délivrance et le diagnostic précoce
fondé sur une surveillance attentive dans les minutes et les
heures qui suivent l'accouchement.
Une conduite simple, rapide et bien coordonnée entre les
différents membres de l'équipe obstétrico-anesthésique permettra
de minimiser les effets d'hémorragies qui peuvent mettre en jeu
le pronostic vital maternel, mais aussi d'avoir une incidence
non négligeable sur la qualité du post-partum (fatigue, échec
d'allaitement...).
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