Généralités sur les fractures de l’enfant Cours de l'appareil locomoteur
Introduction
:
Les traumatismes sur un squelette en croissance sont particuliers
par leur fréquence, leur variété anatomique, leur localisation, la
rapidité de la consolidation et la possibilité de remodelage du cal de
certaines fractures.
La bénignité de la plupart de ces traumatismes
ne doit pas faire oublier cependant la gravité de certaines lésions,
soit qu’elles soient reconnues trop tardivement, soit qu’elles
atteignent les cartilages de croissance.
Les fractures de l’enfant sont,
dans la grande majorité des cas, justiciables du seul traitement
orthopédique :
– parce que le déplacement peut, le plus souvent, être réduit sans
déployer de grande force ;
– parce que le fourreau périosté, intègre, sert de guide à cette
réduction et stabilise les fragments dans la majorité des cas ;
– parce que le plâtre ou la traction continue n’ont aucun
inconvénient chez l’enfant.
Toutefois, si la réduction est facile à obtenir, il est nécessaire de la
surveiller par des contrôles radiographiques réguliers de façon à
dépister un déplacement secondaire toujours possible.
Il n’est que
de rares cas où une intervention est nécessaire.
Les fractures de
l’enfant consolident pratiquement toujours, et ceci dans les délais
rapides, variables selon l’âge, l’os intéressé et le siège diaphysaire, métaphysaire ou épiphysaire.
La croissance de l’enfant détient le
pouvoir de remodeler les cals vicieux, permettant de tolérer une
réduction partielle avec d’autant plus de facilité que l’enfant est plus
jeune.
Cette tolérance ne doit jamais conduire à la négligence : si 10°
de déviation axiale peuvent être admissibles chez un enfant de
10 ans, il faut savoir qu’il existe des cals vicieux qui ne se corrigent
pas ; ce sont les cals vicieux trop importants et les cals vicieux
constatés en fin de croissance.
Quant aux lésions ligamentaires, elles
n’existent pratiquement pas chez l’enfant et si l’entorse bénigne peut
être rencontrée, la véritable déchirure ligamentaire est d’une extrême
rareté.
Les forces exercées lors du traumatisme retentissent plutôt
sur le cartilage de croissance que sur l’articulation elle-même.
Généralités sur la croissance :
Le tissu osseux apparaît dans un tissu non osseux dont il prend
progressivement la place.
Cette ossification peut naître directement
à partir du tissu mésenchymateux : c’est le principe de l’ossification
membraneuse, ou après un passage obligé par une étape
cartilagineuse : c’est le principe de l’ossification enchondrale.
L’ossification membraneuse intervient dans la formation des os
plats, ainsi que dans l’ossification périostée.
L’ossification
enchondrale est responsable de la totalité de la croissance des os
longs et du rachis.
Elle assure la croissance en longueur de la
diaphyse et le développement des épiphyses et des apophyses.
A - BASES HISTOLOGIQUES DE LA CROISSANCE
:
Le cartilage de croissance n’est pas qu’une structure biologique
interposée entre épiphyse et diaphyse et contribuant à la croissance
en longueur de l’os.
Il existe également des cartilages de croissance au sein des épiphyses et des apophyses.
Ainsi, le cartilage de
croissance contribue à la morphologie et à la congruence de l’os.
L’histoire naturelle de la croissance d’un os long comporte plusieurs
étapes.
Tout commence à l’extrémité de l’os selon un scénario
constant : regroupement des cellules cartilagineuses, calcification,
invasion vasculaire, ossification.
Les chondroépiphyses sont alors
constituées par un amas de cellules cartilagineuses rejetées en
périphérie de part et d’autre de la maquette diaphysaire.
Ces cellules
cartilagineuses s’organisent en cartilage de croissance.
Les unes vont
se consacrer à la formation de l’épiphyse, les autres à la formation
d’apophyses, d’autres enfin se tournent vers la diaphyse et
contribuent à la croissance en longueur : ce sont les futurs cartilages
de conjugaison.
Quelles que soient sa forme et sa topographie, la structure
histologique du cartilage de croissance est toujours la même.
Celui-ci
comporte des cellules germinales, des cellules à colonnes, des
cellules hypertrophiques, puis un front de calcification précédant
l’ossification.
Schématiquement, le cartilage de croissance est
constitué de trois parties : les cellules, la substance fondamentale, la
virole périchondrale.
Les cellules peuvent être divisées en trois
parties : une zone de croissance, une zone de maturation, une zone
d’ossification.
La substance fondamentale joue le rôle
d’intermédiaire entre les cellules et le front d’ossification.
La virole périchondrale limite latéralement le cartilage de croissance et joue
ainsi un rôle mécanique de soutien.
B - BASES BIOLOGIQUES DE LA CROISSANCE
:
1- Vascularisation du cartilage de croissance
et de l’épiphyse
:
La vascularisation du cartilage de croissance est assurée par deux
systèmes vasculaires : le système épiphysaire et le système
métaphysaire.
Le système épiphysaire est formé par les rameaux de
l’artère épiphysaire qui traversent la plaque sous-chondrale et se
terminent par des capillaires au sommet de la couche du cartilage
sérié.
Les vaisseaux épiphysaires assurent la nutrition des deux
premières couches du cartilage de croissance, leur interruption
entraîne la stérilisation du cartilage conjugal.
Le fonctionnement de
la lignée germinale du cartilage de croissance est donc suspendu à
un apport vasculaire qui provient de l’épiphyse.
Cette dépendance
vasculaire illustre la nécessité d’intégrer ce cartilage de croissance
dans un cadre plus large représenté par la chondroépiphyse.
Le
système vasculaire métaphysaire provient pour la plus grande part
des vaisseaux médullaires, originaires de l’artère nourricière.
La
périphérie du cartilage conjugal est vascularisée par les vaisseaux périostiques.
Les vaisseaux métaphysaires interviennent dans
l’ossification de la métaphyse.
2- Physiologie du cartilage de croissance
:
Le cartilage de croissance possède sa propre croissance dans tous
les plans de l’espace.
Cependant, la longueur du cartilage de
croissance est relativement stable parce qu’il y a un équilibre qui
s’établit entre les cellules qui meurent et celles qui naissent.
La virole périchondrale participe à la croissance en largeur du cartilage de
croissance.
Au sein d’une chondroépiphyse, il existe souvent
plusieurs cartilages de croissance.
Toute atteinte de l’un d’entre eux
déclenche une asymétrie de croissance et remet en question la
morphologie finale de l’os.
Tous les cartilages de croissance n’ont
pas le même rendement.
Ainsi, celui de l’extrémité supérieure de
l’humérus participe pour 80 % à la croissance en longueur de la
diaphyse humérale, tandis que celui de l’extrémité inférieure n’y
participe que pour 20 %.
Toute incongruence articulaire crée des
conditions mécaniques indésirables qui modifient la croissance
épiphysaire.
3- Influence des facteurs systémiques sur la croissance
:
La croissance osseuse longitudinale dépend de facteurs génétiques.
La taille définitive d’un enfant est en effet fréquemment en rapport
avec celle de ses parents.
Le mécanisme d’action de ces facteurs
génétiques n’a pas, à ce jour, été identifié.
En revanche, certains
facteurs hormonaux sont mieux connus.
L’hormone de croissance
(somatotrophine [STH]) agit sur la chondrogenèse, alors que les
hormones thyroïdiennes stimulent surtout le processus de
calcification et d’ossification.
La STH agit sur le cartilage de
croissance par l’intermédiaire d’un médiateur : les somatomédines.
Les glucocorticoïdes et la dénutrition exercent un effet inhibiteur sur
la STH, alors que les hormones thyroïdiennes, les oestrogènes et les
androgènes jouent le rôle de stimulant.
Quant à la vitamine D, outre
son action sur le métabolisme phosphocalcique, il semble qu’elle
intervienne directement sur le métabolisme du cartilage de
croissance par l’intermédiaire de ses dérivés.
C - REPÈRES DE LA CROISSANCE
:
Ils ne sont pas seulement osseux.
La surveillance orthopédique de
la croissance commence à la naissance où il est nécessaire de noter
les trois points de repère essentiels : périmètre crânien (35 cm), poids
(3 à 3,5 kg), taille (50 cm).
Le nouveau-né présente une ossification
uniquement diaphysaire, en dehors des épiphyses fémorale
inférieure et tibiale supérieure, de l’astragale et du calcanéus.
La
première année de la vie comporte essentiellement une croissance
neurologique.
Le nourrisson à la naissance est un être automatique,
hypertonique et hyperfléchi.
Les automatismes s’estompent
progressivement. Vers le sixième mois, un tonus musculaire apparaît
dans la région dorsale, précédant la station assise.
Le nourrisson a
perdu ses réflexes archaïques, il s’est défléchi, l’angle poplité est à
0°.
À l’âge de 9 mois, apparaissent les éléments qui préparent la verticalisation : réaction parachute et maturation du moyen fessier.
Cette évolution neurologique retentit sur l’organisation
morphologique : le toit du cotyle se développe et la hanche se
couvre, les courbures rachidiennes se constituent.
À 1 an, le
nourrisson mesure environ 75 cm, son poids a triplé, le périmètre
crânien est de 47 cm.
De 1 an à 5 ans, la vitesse de croissance s’est
ralentie, mais reste néanmoins très forte. La surveillance nécessite
alors la réalisation de courbes de croissance qui sont comparées aux
normes.
Durant cette période, l’antéversion des cols fémoraux
régresse, le tibia présente progressivement une rotation externe.
Le
noyau d’ossification du grand trochanter apparaît vers 3 ans, celui
de la rotule vers 5 ans.
De 5 à 10 ans, la vitesse de croissance est à
peu près identique pour les garçons et pour les filles : 5 cm par an.
Ces 5 cm sont répartis en 2 cm pour le tronc et 3 cm pour les
membres inférieurs.
Durant cette période, il devient indispensable
d’étudier la croissance en fonction de l’âge osseux et non de l’âge
chronologique.
L’âge osseux est déterminé en comparant une
radiographie de face du poignet et de la main gauche à l’atlas de Greulich et Pyle.
Le point épitrochléen apparaît vers 6 ans,
l’épiphyse calcanéenne vers 8 ans, le petit trochanter et l’olécrane
vers 10 ans.
À partir de 10 ans, le pic de croissance pubertaire est en
grande partie dû à la croissance du tronc.
En revanche, la croissance
des membres ralentit à partir de 13 ans d’âge osseux chez la fille et
15 ans d’âge osseux chez le garçon.
Il faut en tenir compte pour la
surveillance de toute affection rachidienne.
Durant cette période,
plusieurs critères de maturation sont à prendre en compte : l’âge
chronologique est une notion insuffisante, l’âge osseux est plus
précis.
La soudure des cartilages de conjugaison du coude et des
phalanges distales survient à 13 ans d’âge osseux chez la fille et
15 ans d’âge osseux chez le garçon.
Il existe des corrélations précises
entre l’âge osseux et le début des manifestations pubertaires.
L’activité des gonades ne commence, selon Tanner, qu’à l’apparition
du sésamoïde du pouce, soit 11 ans d’âge osseux chez la fille et
13 ans d’âge osseux chez le garçon.
La première menstruation
survient très précisément à 13 ans d’âge osseux chez la fille.
Pour la
courbe de taille, c’est l’étude de la vélocité de la croissance qui
informe au mieux de l’entrée dans la période pubertaire.
En effet,
après une période de croissance à vitesse presque constante (qui
dure presque 5 à 10 ans chez la fille et 5 à 12 ans chez le garçon), se
produit un pic de croissance pubertaire.
Les signes sexuels
secondaires : la pilosité pubienne, le développement des seins, des
testicules, de la verge, ont été classés en cinq stades par Tanner.
Le point P marque le début de la pente pubertaire.
Il correspond à
l’apparition du duvet pubien chez la fille, les règles surviennent en
moyenne 2 ans plus tard.
Le noyau d’ossification des crêtes iliaques
ou test de Risser représente en principe un témoin fidèle de la
maturation rachidienne.
Il est coté de 1 à 5, le noyau d’ossification
secondaire se développant d’avant en arrière pour se souder ensuite
d’arrière en avant.
Quant le Risser est à 5, la maturation rachidienne
est complète, il s’écoule 1 à 3 ans en moyenne entre Risser 1 et Risser
3.
De fait, les renseignements recueillis sont tardifs (Risser 1 survient
en moyenne 1 an après les premières règles) et relativement
imprécis, le temps écoulé entre Risser 1 et Risser 5 étant variable
d’un sujet à l’autre.
Pour juger de la fin de la croissance, il faut
s’entourer de multiples critères : non seulement l’absence de prise
de taille, mais aussi la maturation des os de la main, la maturation
de la crête iliaque et le développement des caractères sexuels
secondaires.
Fractures diaphysaires : généralités
Les fractures diaphysaires de l’enfant sont très différentes de celles
de l’adulte pour deux raisons essentielles.
D’une part, l’épaisseur
du périoste et l’élasticité de l’os chez l’enfant entraînent des lésions
traumatiques de types anatomiques particuliers.
D’autre part, la
rapidité relative de consolidation et les possibilités de remodelage
pendant la croissance justifient une attitude thérapeutique moins
chirurgicale que chez l’adulte.
A - ASPECTS ANATOMIQUES DES OS DE L’ENFANT
:
L’os infantile est relativement peu minéralisé.
Il est hydraté et plus
poreux que l’os adulte.
La fréquence particulière des fractures chez
l’enfant s’explique par ce caractère poreux de l’os jeune.
Le cortex
est aréolaire et peut facilement être brisé parce que les canaux de
Havers occupent une très grande partie de l’os.
Un os compact
d’adulte rompt uniquement lorsqu’il est mis en tension, tandis que
la nature d’un os d’enfant y détermine des fractures par
compression.
En revanche, l’élasticité et la plasticité de l’os cortical
sont supérieures chez l’enfant.
L’os infantile résiste donc mieux aux
contraintes en tension que l’os adulte.
L’inflexion d’une diaphyse
combine des contraintes de tension sur le côté convexe et des
contraintes de pression sur le côté concave.
L’os infantile chargé en
flexion plie avec plus de facilité et sur une plus grande amplitude
que l’os adulte.
Il absorbe ainsi une quantité supérieure d’énergie
avant la rupture.
Le périoste, épais et résistant, détermine pour une
grande part le comportement mécanique de l’os infantile. Lors d’une
fracture en « bois vert », il est en règle intact du côté concave où il
est simplement décollé, parfois sur une grande hauteur.
B - ASPECTS CLINIQUES ET ANATOMOPATHOLOGIQUES
DES FRACTURES DIAPHYSAIRES DE L’ENFANT :
L’intégrité du périoste et l’absence de dilacérations musculaires
rendent les fractures diaphysaires déplacées de l’enfant moins
hémorragiques.
Certaines fractures de l’enfant sont de diagnostic
difficile, d’où l’importance de l’examen clinique doux et soigneux,
complété par des radiographies prenant les deux articulations
voisines et comportant au moins deux incidences dans deux plans
perpendiculaires.
1- Fractures en « motte de beurre »
:
Elles font suite à un traumatisme par compression entraînant un
tassement trabéculaire.
Ces lésions atteignent en général la
métaphyse d’un os long, surtout à l’extrémité inférieure du fémur,
du tibia ou du radius.
Leur explication anatomique se trouve dans
la pénétration, par la zone diaphysaire, du tissu osseux moins
résistant de la métaphyse.
Elles se traduisent à l’examen par un
bourrelet osseux douloureux et, à l’examen radiologique, par une
image linéaire condensée en regard d’une soufflure de la corticale.
2- Incurvations traumatiques sans fractures
:
Ces lésions intéressent préférentiellement le cubitus et le péroné.
La contrainte en compression d’un os long incurvé entraîne dans un
premier temps une déformation élastique irréversible avec un os
histologiquement normal.
Dans un deuxième temps, survient une
déformation plastique irréversible sans perte de continuité corticale,
qui est parfois un peu épaissie, sans décollement du périoste ni
hémorragie sous-périostée du côté concave.
Des microfractures sont
mises en évidence à l’examen en microscopie optique. Dans un
troisième temps, la poursuite de la contrainte aboutit à la fracture.
Lors de la guérison, on note simplement un épaississement cortical
du côté concave sans ossification périostée.
En l’absence de
réduction, le remodelage diaphysaire n’est que partiel après l’âge de
12 ans, ce qui explique la relative gravité de cette lésion et la
nécessité d’une réduction orthopédique, souvent difficile.
3- Fractures en « bois vert » :
Il s’agit de fractures sous-périostées trouvant leur explication
anatomique dans la solidité du manchon périostique qui permet aux
fragments de l’os fracturé de rester en contact.
La contrainte en hyperflexion entraîne la rupture du périoste et de la corticale soumis
aux efforts de traction du côté convexe.
La corticale et le périoste du
côté concave sont intacts.
Il s’agit cependant d’une fracture qui, si
elle n’est pas immobilisée, peut aboutir à un déplacement
secondaire.
4- Fractures complètes
:
Il peut s’agir de fractures spiroïdes par torsion, obliques par
surcharge axiale, ou transversales. Les fractures transversales sont
les plus fréquentes et font suite à un mécanisme en flexion qui
aboutit à une angulation.
Le périoste est déchiré sur le versant
convexe, permettant à un fragment osseux saillant de passer à
travers la boutonnière périostée.
Quant aux fractures comminutives,
elles sont beaucoup plus rares que chez l’adulte en raison de la plus
grande flexibilité de l’os.
C - CONSOLIDATION CHEZ L’ENFANT
:
Chez l’enfant, l’ostéogenèse de réparation n’est pas différente dans
son essence de celle de l’adulte.
La fracture diaphysaire, en rompant
les canaux haversiens, produit un hématome et la nécrose des deux
extrémités fracturaires.
Le processus de réparation démarre chez
l’enfant avec une grande rapidité, dans les 24 premières heures.
Le
tissu ostéogénique de réparation se développe à la périphérie de
l’hématome fracturaire et dans la région médullaire.
C’est la
consolidation secondaire.
Dans de rares circonstances (fracture non
déplacée, ostéosynthèse à compression après réduction exacte), la
consolidation se produit par union primaire de l’os ou croissance
directe des systèmes haversiens à travers le site fracturaire.
C’est la
consolidation per primam.
On distingue deux grandes étapes dans la consolidation des
fractures diaphysaires.
La formation d’un cal provisoire qui aboutit,
en quelques semaines, à la consolidation clinique.
Ce cal réalise
l’immobilisation du foyer de fracture, préalable indispensable à
l’étape suivante : le remodelage du cal où l’os immature, primitif,
est remplacé par l’os lamellaire, définitif, haversien.
Cette phase vise
à redonner à l’os cortical sa structure anatomique et ses propriétés
initiales.
Le cal provisoire comporte, d’une part le cal périphérique périosté et d’autre part, le cal endosté ou médullaire.
Il faut insister
sur l’importance du mode de réparation que constitue le cal
périphérique.
Son organisation et son remodelage dépendent pour
une grande part de sa vascularisation.
La vascularisation du cal
primitif périphérique est essentiellement périostique.
C’est dire
l’importance de l’intégrité du périoste et de ses attaches musculaires.
La vascularisation médullaire joue, en revanche, un rôle mineur
dans cette première phase de réparation fracturaire.
Les processus
de contrôle de l’ostéogenèse de réparation sont encore mal connus.
Cependant, les micromouvements axiaux dans le foyer de fracture
stimulent la formation du cal périosté.
La rapidité de
consolidation des fractures diaphysaires chez l’enfant est bien
connue.
La vitesse de consolidation est maximale à la naissance puis
elle décroît rapidement d’année en année jusqu’à la fin de la croissance.
Ainsi, le délai de consolidation de la fracture de la
diaphyse fémorale est-il de 3 semaines pour une fracture
obstétricale, de 8 semaines à l’âge de 8 ans et de 12 semaines après
12 ans.
D - SÉQUELLES DES FRACTURES DIAPHYSAIRES
DE L’ENFANT :
1- Pseudarthrose
:
Elle est rare chez l’enfant.
On l’observe à titre tout à fait exceptionnel
dans les fractures diaphysaires fermées.
En revanche, des fractures
itératives peuvent se voir, en particulier si le plâtre a été retiré trop
tôt.
C’est le cas des fractures diaphysaires des deux os de l’avantbras
qui doivent être immobilisés durant un minimum de 3 mois.
2- Inégalités de longueur :
Elles ont une double origine : par accélération de la croissance, qui
peut aboutir à l’allongement de l’os fracturé exactement réduit, et
par cal vicieux avec chevauchement des fragments entraînant le
raccourcissement.
L’allongement postfracturaire s’observe plus
particulièrement dans les fractures obliques longues et dans les
fractures comminutives.
D’après Edvardsen, l’âge de l’enfant, le
siège de la fracture et la durée du traitement ne jouent aucun rôle
dans sa survenue.
L’allongement s’explique par l’accroissement de
l’activité du cartilage de conjugaison.
L’allongement postfracturaire
est habituellement modéré et atteint son maximum au bout de 1 an.
L’inégalité de longueur consécutive est susceptible d’amélioration
spontanée dans les années qui suivent.
Ainsi, le raccourcissement
dû au chevauchement des fragments s’améliore souvent et peut
aboutir à l’égalisation complète par accélération de la croissance du
membre raccourci.
Cette accélération de la croissance peut porter,
soit sur l’os fracturé, soit, plus accessoirement et plus tardivement,
sur le segment voisin indemne du membre homolatéral.
Les
inégalités de longueur postfracturaires des membres inférieurs
doivent être suivies régulièrement durant plusieurs années,
cliniquement et radiologiquement, en pratiquant des radiomensurations
annuelles des membres inférieurs, complétées par des
évaluations de l’âge osseux.
Les courbes de croissance des différents
segments du membre fracturé et du membre sain rendent possible
l’évaluation pronostique précise de l’inégalité.
Les fractures
diaphysaires de l’enfant n’entraînent que rarement une inégalité de
longueur importante, sauf en cas d’erreur thérapeutique, en
particulier à la suite d’une ostéosynthèse abusive.
En cas d’inégalité
de longueur non tolérable, la surveillance prolongée et chiffrée
permet, lors de la stabilisation de l’inégalité, le choix de la date
exacte et de la technique d’égalisation.
3- Cals vicieux angulaires
:
Ils se corrigent d’autant mieux que l’enfant est plus jeune, que le
plan de la déformation se rapproche de celui de la mobilité
articulaire et que la déformation est plus près d’un cartilage de
conjugaison à grande activité.
Ainsi, les cals vicieux fémoraux
inférieurs en flessum ou en recurvatum se redressent plus
complètement que les cals vicieux en varus ou en valgus.
La
correction spontanée du cal vicieux angulaire s’effectue grâce au
remodelage du cal complété par l’activité asymétrique du cartilage
de croissance.
Le remodelage du cal, présent chez l’adulte, est plus
important et plus rapide chez l’enfant.
Il répond à la loi de
Wolff, selon laquelle l’os se remodèle en fonction des contraintes
qu’il subit.
De plus, le cartilage de conjugaison présente une
activité asymétrique qui tend à l’horizontaliser et à rétablir des
conditions mécaniques normales dans l’articulation voisine.
4- Cals vicieux rotatoires :
La mesure angulaire de la rotation dans le cal vicieux est difficile et
imprécise.
La correction spontanée des cals vicieux rotatoires est
vraisemblablement nulle ou très faible.
Fonctionnellement, l’effet de
la dérotation diaphysaire pathologique est compensé, notamment
chez l’enfant, par des attitudes vicieuses en rotation contraire dans
les articulations proches, dont le plan de mobilité est identique à
celui de la déformation.
5- Correction spontanée des cals vicieux angulaires
:
Elle est souvent longue et peut demander plus de 5 ans.
Avant de
prendre la décision de corriger un cal vicieux, il faut tenir compte
de l’âge de l’enfant, du siège et du type de la déformation, de son
retentissement articulaire, de la possibilité de correction spontanée
et des attitudes vicieuses dans les articulations voisines.
Fractures diaphysaires : particularités
A - FRACTURES DE LA DIAPHYSE HUMÉRALE
:
La diaphyse humérale est une localisation rare des traumatismes de
l’enfant à côté de celle du coude.
Ces fractures sont généralement
consécutives à un choc direct violent et surviennent plus
fréquemment avant 3 ans ou après 12 ans.
Les fractures néonatales
de l’humérus se produisent lors d’accouchements difficiles. Elles
consolident en 15 jours environ.
Les fractures du petit enfant de
moins de 3 ans sont généralement des fractures en « bois vert », peu
déplacées. Les fractures de l’humérus, chez l’enfant de 3 à 12 ans,
siègent souvent à la jonction entre la métaphyse humérale
supérieure et la diaphyse.
Dans cette tranche d’âge, d’importants
déplacements résiduels peuvent encore être tolérés car ils se
remodèlent pendant la croissance.
Il faut penser à l’éventualité d’une
fracture pathologique sur kyste osseux essentiel, fréquent à ce
niveau.
Les fractures de la diaphyse humérale chez l’enfant de plus
de 12 ans font généralement suite à un accident sportif ou de deuxroues.
Les problèmes sont moins simples car la fracture est souvent
déplacée et parfois instable.
Une solution orthopédique est
cependant possible dans la majorité des cas : réduction sous
anesthésie générale suivie d’une immobilisation par Dujarier ou
plâtre thoracobrachial.
Cependant, pour certaines fractures instables,
l’ostéosynthèse par embrochage centromédullaire représente une
solution efficace et peu contraignante.
Les suites opératoires sont
assurées par un simple bandage coude au corps permettant une
mobilisation précoce du membre supérieur.
Les paralysies radiales
sont plus rares que chez l’adulte et surviennent généralement chez
le grand enfant, sur des fractures siégeant à la partie entre le tiers
moyen et le tiers inférieur de la diaphyse.
L’existence d’une
paralysie radiale ne doit pas faire modifier l’attitude thérapeutique
qui reste résolument orthopédique.
Les signes de récupération
nerveuse apparaissent au cours des deux premiers mois dans la
grande majorité des cas.
B - FRACTURES DIAPHYSAIRES DES DEUX OS
DE L’AVANT-BRAS :
Il est important de bien distinguer les fractures diaphysaires des
deux os de l’avant-bras des fractures siégeant au quart inférieur de
ces deux os.
Les fractures diaphysaires, en effet, consolident
lentement et doivent être réduites parfaitement car les cals vicieux,
même modérés, retentissent sur la pronosupination.
La réduction
orthopédique est parfois difficile à obtenir et les indications
chirurgicales sont plus fréquentes qu’elles ne le sont pour les
fractures diaphysaires des autres os longs.
Les fractures
diaphysaires de l’avant-bras sont très fréquentes et font
généralement suite à une chute sur la paume de la main.
Elles
touchent habituellement les deux os.
Le plus souvent, on obtient,
sous anesthésie générale, une réduction alignant et accrochant les
fragments. L’immobilisation est assurée par un plâtre brachiopalmaire, coude à angle droit, avant-bras et poignet dans la
position de meilleure réduction.
Il s’agit de fractures instables qui
nécessitent des contrôles radiographiques fréquents, et de fractures
consolidant lentement pour lesquelles l’immobilisation plâtrée doit
être de 3 mois.
Toute immobilisation trop brève peut être
sanctionnée par une fracture itérative survenant dans les semaines suivantes.
Les indications d’une ostéosynthèse sont assez fréquentes
dans ce type de fractures et doivent être discutées lorsque le
déplacement est irréductible, lorsque la fracture apparaît instable et
se déplace sous plâtre.
Sont particulièrement prédisposées au
déplacement secondaire : les fractures n’intéressant qu’un seul os,
celles où le trait de l’un des deux os est incomplet, celles dont les
traits sont décalés en niveau sur le radius et le cubitus.
Les fractures
isolées de la diaphyse cubitale doivent faire rechercher une luxation
associée de la tête radiale (fracture de Monteggia), d’où l’importance
d’avoir une bonne radiographie des articulations du coude et du
poignet.
C - FRACTURES DIAPHYSAIRES DU FÉMUR
:
Les fractures de fémur chez l’enfant se rencontrent à tout âge. Sauf
chez l’adolescent, le traitement en est souvent orthopédique.
Il
comporte une période de traction du membre inférieur, soit au
zénith chez le petit enfant, soit sur attelle de Boppe chez le plus
grand, suivie d’un plâtre pelvipédieux confectionné 2 à 3 semaines
plus tard quand le foyer est suffisamment englué.
Il est habituel
qu’après consolidation se produise une poussée de croissance ou
allongement vicariant, qui peut atteindre 2 à 3 cm.
On respecte donc
un chevauchement des deux fragments de 1 cm environ.
Un petit
défaut d’axe peut être toléré car il se corrige avec la croissance.
En
revanche, un cal vicieux en rotation ne se corrige pas. Les délais de
consolidation varient avec l’âge, s’étendant de 1 mois chez le
nourrisson à 2 mois et demi chez le grand.
Chez le petit enfant, on
peut utiliser une immobilisation par plâtre, hanche fléchie et genou
fléchi à 90°, ce que les Anglo-Saxons appellent le ninety-ninety cast,
qui a l’avantage de pouvoir faire rentrer l’enfant à son domicile très
rapidement.
Depuis une vingtaine d’années, on recourt avec une
grande fréquence à une ostéosynthèse centromédullaire à foyer
fermé à partir de 6-7 ans.
Elle autorise une reprise précoce de
l’appui, limite la durée d’hospitalisation et permet donc de réduire
la durée d’éviction scolaire.
L’adolescent, en fin de croissance, peut
être traité par le même type d’ostéosynthèse qu’un adulte.
D - FRACTURES DIAPHYSAIRES DE JAMBE
:
1- Formes habituelles :
Elles sont fréquentes et n’entraînent habituellement pas de
complication.
La plus banale est la fracture des deux os de la jambe
en zone diaphysaire.
Sa réduction par manoeuvre orthopédique est
aisée et la contention assurée par un plâtre cruropédieux genou
fléchi.
La consolidation est obtenue en 45 à 75 jours en fonction de
l’âge de l’enfant.
Une surveillance radiographique hebdomadaire est
nécessaire durant les 3 premières semaines.
Les fractures isolées du
tibia présentent un risque de déviation en varus.
Une gypsotomie
permet alors de corriger éventuellement une désaxation de faible
importance.
Les défauts d’axe se corrigent s’ils sont minimes.
Mais
une déviation importante, surtout en varus, est mal tolérée, se
corrige lentement, et retentit sur l’articulation sous-jacente.
C’est
pourquoi en cas de déplacement secondaire important, il est
nécessaire de reprendre le traitement et souvent de pratiquer une
ostéosynthèse.
Les fractures ouvertes sont assez fréquentes du fait
de la faible épaisseur des parties molles, notamment en regard de la
face interne du tibia.
Les lésions cutanées nécessitent souvent d’avoir
recours à une ostéosynthèse par fixateur externe.
Dans tous les cas,
il faut se méfier, dans les suites immédiates, d’un syndrome de loge,
nécessitant l’ouverture large du plâtre sur toute sa hauteur, suivie
parfois, si ce geste est insuffisant, d’une aponévrotomie.
C’est la
complication majeure des fractures de jambe chez l’enfant.
2- Forme particulière :
Signalons enfin une forme particulière de fracture du tibia du
nourrisson ou du petit enfant.
Il s’agit de la fracture en « cheveu »,
fracture non déplacée, dont le diagnostic est difficile.
L’interrogatoire
des parents apprend souvent que l’enfant est couché dans un lit à
barreaux, au travers desquels il passe le pied et bloque l’extrémité
inférieure de sa jambe.
La finesse du trait sur les clichés initiaux fait
souvent méconnaître la fracture et on peut évoquer le diagnostic
d’ostéomyélite.
Il faut alors traiter l’enfant comme s’il avait une
ostéomyélite et le cliché au dixième jour redresse le diagnostic en
montrant le trait.
Fractures métaphysaires :
A - GÉNÉRALITÉS :
L’os métaphysaire, situé à l’extrémité du segment diaphysaire, subit
une maturation particulière à partir de l’os primaire, fibrillaire,
présent à la naissance.
La métaphyse contient de l’os à destinée
spongieuse et de l’os à destinée corticale.
Ce dernier ne subit une
maturation pour donner de l’os haversien que vers la fin de
croissance.
Dans le cortex existent des fenestrations qui contiennent
des éléments fibrovasculaires connectant les espaces médullaires à
la région sous-périostée.
Le périoste est donc, à ce niveau,
fermement attaché à l’os.
Ce fenêtrage diminue, au cours de la
croissance, en même temps que la corticale s’épaissit.
La métaphyse
subit surtout des contraintes en compression.
Cette zone est élargie
dans les os longs, ce qui permet une meilleure répartition des forces.
Elle contient un os spongieux trabéculaire, infiniment moins rigide
que l’os cortical diaphysaire.
La métaphyse joue en quelque sorte le
rôle d’amortisseur entre la diaphyse d’une part et l’épiphyse et
l’articulation d’autre part.
La structure de la métaphyse explique la
grande fréquence des fractures à son niveau, ainsi que la possibilité
de fracture-tassement d’un type particulier : la fracture en « motte
de beurre ».
La consolidation de l’os spongieux est particulière.
Après la phase
inflammatoire initiale, la consolidation intervient par un phénomène de substitution rampante.
Les ostéoblastes pénètrent la région
traumatisée et fabriquent de l’os d’apposition nouveau directement
à la surface des trabécules nécrosés.
La consolidation intervient en 4
à 6 semaines.
Le remodelage des cals métaphysaires est très important au
voisinage des épiphyses fertiles comme l’extrémité supérieure de
l’humérus.
Au contraire, il est très modeste au voisinage des
épiphyses peu fertiles comme l’extrémité inférieure de l’humérus.
B - PARTICULARITÉS :
1- Fractures du quart inférieur des deux os
de l’avant-bras ou du radius
:
C’est une fracture très fréquente.
Le mécanisme en est souvent une
chute sur la paume de la main, poignet en extension.
Le
déplacement se fait en général en bascule postérieure à laquelle
s’associe une bascule externe plus ou moins importante.
Plus
rarement, le déplacement se fait en bascule antérieure.
La notion
importante est celle de l’intégrité du périoste du côté du sinus du
déplacement, le plus souvent, donc, le périoste postérieur.
Ceci
conditionne la réduction orthopédique.
Elle ne doit jamais être
réalisée en traction pour ne pas rompre le périoste intact.
Il faut, au
contraire, détendre le périoste en basculant le fragment distal dans
le sens du déplacement initial jusqu’à ce qu’il forme un angle de 90°
avec le fragment proximal.
L’opérateur fait ensuite remonter le
fragment distal avec ses pouces jusqu’à ce que les deux corticales
soient à la même hauteur.
Il fait alors basculer le fragment distal.
Le
périoste intact se remet ainsi en tension et assure la stabilité de la
réduction.
La contention est assurée par un plâtre brachiopalmaire.
La consolidation est obtenue en 5 semaines.
2- Fractures supracondyliennes du coude
:
Ces fractures nécessitent un soin particulier pour leur traitement car
il faut obtenir une réduction anatomique et la conserver jusqu’à
consolidation.
La majorité d’entre elles sont secondaires à un
traumatisme en extension et leur déplacement se fait en bascule
postérieure (avec un périoste postérieur intact) à laquelle s’ajoutent
souvent une translation (plutôt externe) et/ou une rotation (plutôt
interne).
L’examen clinique recherche la diminution ou l’abolition
du pouls radial avec ou sans ischémie de la main, les lésions
nerveuses, surtout du médian, et en particulier du nerf interosseux
antérieur (paralysie du fléchisseur commun profond de l’index et
du long fléchisseur propre du pouce).
On apprécie enfin l’oedème
du coude d’apparition rapide qui peut gêner la réduction
orthopédique.
Ces éléments font des fractures supracondyliennes du
coude de l’enfant une urgence. Leur traitement dépend de
l’importance du déplacement :
– les fractures non déplacées (stade I) sont immobilisées en plâtre brachiopalmaire complété par une immobilisation coude au corps ;
– les fractures peu déplacées (stade II) sont réduites et immobilisées
en flexion selon la technique de Blount en l’absence de contreindication
(troubles vasculaires, oedème important, troubles nerveux,
mauvaise compréhension de la technique par l’entourage) ;
– les fractures déplacées, avec un contact persistant entre les
fragments (stade III), sont réduites et, soit embrochées à foyer fermé
selon la technique de Judet, soit traitées selon la méthode de Blount ;
– les fractures très déplacées, sans contact entre les fragments
(stade IV), sont traitées selon la technique de Judet.
Pour toutes ces fractures, en l’absence de réduction anatomique ne
permettant ni un Blount, ni un embrochage correct, la réduction
chirurgicale à ciel ouvert s’impose.
La consolidation est obtenue en
4 semaines.
Les fractures supracondyliennes dites « en flexion » sont plus rares.
Elles sont plus difficiles à réduire et à stabiliser.
En effet, leur
position de réduction est la flexion et celle de stabilisation,
l’extension, position dans laquelle le brochage est difficile.
Ces
fractures sont donc souvent une indication opératoire.
3- Fractures du col du fémur
:
Ce sont des fractures rares mais de mauvais pronostic.
On en
distingue quatre types selon la classification de Delbet. Leur
traitement est avant tout chirurgical.
Leur risque est la nécrose de la
tête ou celle du col, le retard de consolidation ou la fracture itérative,
la pseudarthrose, enfin, les épiphysiodèses partielles entraînant des
déformations de l’extrémité supérieure du fémur.
4- Fractures métaphysaires supérieures du tibia
:
La lésion la plus fréquente est une fracture en « bois vert » avec
rupture de la corticale médiale sans atteinte de la corticale latérale.
Le péroné est intact.
Parfois, la fracture est complète, mais la lésion
est plus importante en dedans qu’en dehors.
Le déplacement se fait
en valgus modéré.
Le traitement est orthopédique.
Le risque de cette
fracture est la survenue, souvent retardée (6 mois), d’un valgus.
Ce
valgus s’aggrave pendant une période d’environ 6 mois, puis,
spontanément, le tibia sous-jacent se redresse.
Ceci corrige la
déviation axiale au prix d’une déformation du tibia en « S
italique ».
Il faut donc simplement surveiller ces valgus et corriger
les éventuels défauts résiduels en fin de croissance.
En effet,
l’ostéotomie, même hypercorrectrice faite précocement, entraîne
souvent une récidive.
5- Fractures du col du radius
:
C’est une fracture assez rare.
Le fragment proximal bascule le plus
souvent en dehors et en arrière.
Il faut trouver le plan de déformation maximale car c’est dans cette position qu’est réalisée la
réduction.
Pour ce faire, il faut faire varier la position du coude en pronosupination sous amplificateur de brillance. On pousse alors
sur le fragment, coude maintenu en valgus.
En cas d’échec, on peut
s’aider d’un poinçon ou utiliser l’embrochage de Métaizeau.
La
résection de la tête radiale est contre-indiquée chez l’enfant.
On ne
fait une réduction à foyer ouvert qu’en dernier recours car le risque
de pseudarthrose ou de nécrose du fragment est alors élevé.
Le
pronostic de ces fractures est plus lié aux lésions associées qu’au
déplacement lui-même.