FORMES ANATOMOPATHOLOGIQUES :
Adénocarcinome :
L'adénocarcinome représente 90 % des cancers gastriques.
Classification macroscopique
La classification macroscopique couramment adoptée est celle de
Borrmann.
- Le type I correspond au cancer gastrique végétant (25 % des
cas).
- Le type II, au cancer gastrique avec ulcération ou
ulcérocancer (15 à 20 % des cas).
- Le type III, au cancer gastrique érosif (10 à 15 % des cas).
- Le type IV au cancer gastrique infiltrant (30 à 35 % des cas)
pouvant revêtir deux aspects particuliers : la linite plastique
et le cancer colloïde. Dans la linite plastique, l'estomac a un
aspect macroscopique rétracté, aux parois épaissies et rigides.
Sa couleur blanche, évoquant le lin, lui a donné son nom.
- A cette classification, il convient d'ajouter le cas
particulier du cancer superficiel in situ ou cancer gastrique
muco-érosif (10 % des cas environ).
Aspect microscopique
En ce qui concerne l'aspect microscopique, l’adénocarcinome est
le type le plus fréquent.
- La forme différenciée est faite de cellules basophiles ou
mucosécrétoires, qui se réunissent en formant des tubes, des
cordons comparables aux structures du cancer colique.
- La classification histologique de Lauren différencie les
formes intestinales différenciées des formes diffuses
indifférenciées.
Linite plastique
La linite plastique constitue une entité à part.
Elle est faite de cellules carcinomateuses indépendantes,
basophiles, anaplasiques ou en bague à chaton, isolées dans un
abondant stroma fibreux et infiltrant toutes les couches sans
modifier l'architecture de la paroi.
Tumeurs carcinoïdes :
Ce sont des tumeurs endocrines dont la localisation gastrique
représente environ 5 % de l'ensemble de ces atteintes.
Sarcomes :
Les sarcomes sont rares. Le type le plus souvent retrouvé est le
léiomyosarcome. Les schwannomes malins, les fibrosarcomes et les
liposarcomes sont exceptionnels.
Lymphome :
Les lymphomes malins non hodgkiniens :
- sont souvent localisés à l'estomac, parfois de façon isolée,
et forment 8 % des cancers gastriques ;
- sur le plan macroscopique, ils ressemblent à une lésion
ulcérée, parfois infiltrante.
Les lymphomes hodgkiniens, rares au niveau gastrique, se
reconnaissent aux cellules de Sternberg typiques de cette
pathologie.
Tumeurs secondaires :
Les carcinomes métastatiques simulent en tous points une tumeur
primitive.
Leurs origines les plus fréquentes sont le sein, les bronches,
le foie et le rein, plus rarement des choriocarcinomes et des
mélanomes malins.
FORMES EVOLUTIVES :
Propagation par contiguïté
En l'absence de traitement, le cancer gastrique peut se propager
par contiguïté aux organes voisins, notamment le pancréas, le
côlon, le foie ou la rate.
- L'atteinte des autres segments du tube digestif est possible
par diffusion des cellules cancéreuses.
- En particulier, on note l'atteinte de l'œsophage dans les
cancers du cardia ou encore l'atteinte colique ou rectale, dans
les linites.
Lymphophilie
Le cancer gastrique est lymphophile.
- Il existe deux grands courants lymphatiques de drainage :
- la voie hépato-gastro-spléno-colique ou courant gauche, qui
draine la chaîne gastrique gauche, splénique et hépatique,
allant vers le tronc cœliaque et de là vers les ganglions
pararénaux gauches.
- la voie hépato-gastro-colo-entérique ou courant droit, qui
regroupe les collecteurs satellites de la veine
gastro-épiploïque droite, ceux de la chaîne hépatique
accessoire, qui longent la veine porte à contre-courant, et les
collecteurs rétropancréatiques.
- L'ensemble de ces courants lymphatiques gagne les ganglions
mésentériques supérieurs puis les ganglions interaortico-caves.
- Toutefois, il existe des ganglions lymphatiques longs, allant
directement de la paroi gastrique aux ganglions les plus
éloignés sans relais intermédiaires.
Métastases
Les métastases se localisent préférentiellement au foie puis aux
poumons, aux glandes surrénales, aux ovaires, à la thyroïde et à
la peau. Cependant, tous les organes peuvent être touchés.
- La diffusion péritonéale est fréquente et parfois précoce. Il
peut s'agir soit de carcinose péritonéale avec ou sans ascite,
soit d'infiltration à distance de certains organes, digestifs ou
non, colonisés par des cellules cancéreuses libres dans la
cavité abdominale.
- Les tumeurs dites de “ Krükenberg ” sont des métastases
ovariennes unilatérales ou bilatérales, quelquefois révélatrices
du cancer gastrique.
Diagnostic :
SIGNES CLINIQUES :
Douleur :
La douleur est le symptôme révélateur dans environ 75 % des cas
:
- il s'agit soit d'une douleur de type ulcéreux, rythmée par les
repas et calmée par les anti-acides ;
- soit de douleurs atypiques : sensations de pesanteur
gastrique, de brûlures.
- la douleur est exceptionnellement violente.
Signes généraux :
L'amaigrissement, l'anorexie et l'asthénie s'observent dans plus
de la moitié des cas :
- la perte de poids est en moyenne de 5 à 6 kg ; elle peut
dépasser 20 kg ;
- l'anorexie débute souvent par une anorexie élective pour les
viandes, puis devient globale.
- l'asthénie est d'autant plus marquée que le cancer est évolué.
- Les vomissements apparaissent tardivement et sont l'apanage
des localisations orificielles (cardia, pylore).
- Les hémorragies digestives :
- sont rarement sous formes extériorisées (hématémèse ou
méléna).
- il s'agit le plus souvent d'un saignement occulte responsable
d'anémie.
- La dysphagie peut révéler un cancer du cardia.
- Les signes cliniques rares peuvent être :
- des phlébites des membres inférieurs (phlébite de Trousseau).
- une fièvre au long cours.
- des syndromes paranéoplasiques (acanthosis nigricans, kératose
séborrhéique multiple, neuropathies périphériques).
EXAMEN CLINIQUE :
L'examen clinique est le plus souvent normal, surtout dans les
formes précoces.
Dans les formes évoluées, la palpation abdominale peut mettre en
évidence une masse épigastrique, une hépatomégalie ou une
ascite.
L'examen du cou recherchera une adénopathie sus-claviculaire
gauche.
EXAMENS COMPLEMENTAIRES :
Examens biologiques standards :
Les examens biologiques peuvent mettre en évidence des signes
non spécifiques : anémie, augmentation de la vitesse de
sédimentation.
Marqueurs tumoraux :
Les marqueurs tumoraux servent peu au diagnostic ; ils aident
essentiellement à la surveillance thérapeutique.
- Le CA 72,4 serait présent dans la moitié des cas de cancers
gastriques. Il est spécifique des adénocarcinomes, mais quelle
que soit leur origine.
- L'ACE peut voir son taux augmenter. Il n'a pas de valeur
de spécificité et n'est corrélé ni à la taille ni au stade de la
tumeur.
- Le CA 19,9 est également peu spécifique des cancers
gastriques.
Endoscopie gastrique :
Des biopsies dirigées et multiples doivent être réalisées devant
toute zone suspectée. On peut y associer un examen cytologique,
obtenu par lavage-aspiration ou par brossage.
- L'aspect endoscopique ne pose habituellement pas de
problème de diagnostic positif dans les formes invasives
végétantes, nodulaires ou ulcérovégétantes. Les biopsies
systématiques et multiples permettent habituellement le
diagnostic dans ces formes.
- La forme invasive infiltrante n'est pas toujours facile à
repérer dans sa forme localisée.
- La muqueuse est épaissie, donnant un aspect en marche
d'escalier.
- A un stade plus avancé, l'estomac prend un aspect rigide,
indilatable, figé et immobile.
- Cette forme correspond, en histologie, à la linite gastrique.
- Le cancer superficiel revêt plusieurs aspects, pouvant donner
le change à une pathologie bénigne.
- Il peut s'agir de lésions surélevées, de diagnostic facile,
planes ou ulcérées, de diagnostic beaucoup plus difficile car
pouvant ressembler à un ulcère bénin.
- Des biopsies nombreuses et répétées en permettront le
diagnostic.
Transit baryté œso-gastro-duodénal :
Le transit baryté œso-gastrique n'est plus réalisé en première
intention en raison des progrès de l'endoscopie.
- Le cancer gastrique ulcéré se caractérise par une ulcération
plus ou moins creusante entourée d'un bourrelet créant un aspect
de “ niche ” ou en “ ménisque ”.
- Dans le cancer gastrique infiltrant, l'estomac est transformé
en un tube atone franchi rapidement par la baryte, conséquence
de l'incontinence cardiale et pylorique.
- Dans les formes de début, l'image radiologique est celle d'une
raideur segmentaire à laquelle s'associent un rétrécissement du
segment atteint et une absence de contractions.
BILAN D'EXTENSION :
Radiographies standards :
La radiographie de l'abdomen sans préparation n'apporte
pratiquement aucun renseignement.
La radiographie du thorax peut permettre la découverte de
métastases pulmonaires.
Échographie abdominale :
L'échographie permet rarement d'apprécier les tumeurs
gastriques.
Elle représente, en revanche, l'examen le plus fiable pour
mettre en évidence les métastases hépatiques.
Les adénopathies sont plus difficilement individualisées par cet
examen.
Scanner abdominal et thoracique :
Le scanner abdominal est l'examen de référence pour apprécier
les rapports de la tumeur avec les organes de voisinage.
Il est moins fiable que l'échographie pour le diagnostic de
métastases hépatiques.
Il ne visualise des adénopathies pathologiques qu'à partir de
1,5 cm de diamètre.
Un scanner thoracique associé au scanner abdominal est utile à
la recherche de métastases pulmonaires avec une sensibilité
supérieure à la radiographie du thorax.
Echoendoscopie :
L'échoendoscopie associe une sonde à ultrasons à un endoscope.
Elle permet :
- d'une part, d'individualiser les couches pariétales de
l'estomac et donc d'envisager leur envahissement potentiel ;
- et, d'autre part, de découvrir des adénopathies suspectes de
malignité.
La fiabilité de l'échoendoscopie est proche de 75 %, ce qui est
supérieur aux résultats scanographiques.
Les résultats de l'échoendoscopie ne modifient toutefois pas
fondamentalement le traitement.
Classification TNM des cancers gastriques :
La classification T (tumeur), N ( “ node ”: ganglion), M
(métastase) des cancers gastriques tient compte de
l'envahissement pariétal, ganglionnaire, de la présence ou non
de métastases.
Il s'agit d'une classification préthérapeutique.
La classification après intervention chirurgicale et examen
anatomopathologique de la pièce opératoire est précédée de la
lettre p (pTNM).
- T (tumeur) :
- To : pas de tumeur à l'examen histologique de la pièce.
- Tis : tumeur in situ ;
- T1 : tumeur envahissant la muqueuse ou la sous-muqueuse.
- T2 : tumeur envahissant la musculeuse.
- T3 : tumeur envahissant la séreuse.
- T4 : tumeur envahissant les organes de voisinage.
- Tx : l'étendue de l'envahissement ne peut être précisée.
- N (adénopathies régionales) :
- No : pas d'envahissement des ganglions régionaux.
- N1 : envahissement des ganglions lymphatiques, jusqu'à 3
cm de la tumeur primitive, le long des courbures.
- N2 : envahissement des ganglions lymphatiques distants
de plus de 3 cm de la tumeur primitive (ganglions satellites des
artères gastrique gauche, splénique, hépatique et du tronc
cœliaque) et autres ganglions régionaux.
- Nx : on ne dispose pas de conditions suffisantes pour
classer les ganglions lymphatiques régionaux.
- M (métastases à distance) :
- Mo : absence de métastases à distance.
- M1 : présence de métastases à distance.
- Mx : on ne dispose pas de conditions suffisantes pour
apprécier la présence de métastases à distance.
Formes pronostiques :
L'extension en profondeur, l'atteinte ganglionnaire, et bien
évidemment l'existence de métastases sont les éléments les plus
importants à prendre en considération pour le pronostic.
Extension en profondeur
L'extension en profondeur est déterminante ; l'atteinte de la
séreuse (T3) et son dépassement sont de mauvais pronostic.
Atteinte ganglionnaire
L'atteinte ganglionnaire semble constituer le facteur
pronostique essentiel.
La survie à 5 ans passe de 46 % pour les N -- (absence
d'adénopathies métastatiques), à 13 % pour les N + (présence
d'adénopathies métastatiques).
Ce constat doit être tempéré, selon qu'il s'agit d'envahissement
des ganglions péritumoraux ou d'envahissement des ganglions
distaux et pédiculaires.
Présence de métastases
La survie est en moyenne inférieure à 10 mois en présence de
métastases. Elle est d'autant plus courte qu'il existe des
métastases hépatiques, pulmonaires ou la présence d'une ascite.
Différenciation cellulaire
La différenciation cellulaire est un facteur histopathologique à
prendre en considération dans le pronostic. Ce dernier est
d'autant plus péjoratif :
- que la tumeur est moins différenciée.
- que les cellules sont aneuploïdes (contenu en ADN anormal).
Traitement :
La chirurgie est à la base du traitement du cancer gastrique.
Des progrès importants ont été observés ces 5 dernières années
dans l'efficacité de la chimiothérapie.
Les traitements radiochimiothérapiques exclusifs sont réservés
aux formes avancées de cancers gastriques, non accessibles à la
chirurgie.
TRAITEMENT CHIRURGICAL :
Principes du traitement chirurgical curatif :
L'intervention chirurgicale tentera d'être curative et ne devra,
de ce fait, comporter aucun résidu microscopique.
- Elle nécessitera, outre le geste de résection gastrique (voir
figure 3), un curage ganglionnaire.
- Cette résection potentiellement curative est dénommée R0.
- Les résections R1 et R2 laissent en place, respectivement, des
résidus microscopiques et macroscopiques, et sont considérées
comme palliatives.
Résection gastrique
- L'étendue de la résection gastrique dépend du siège de
la tumeur :
- les cancers du corps de l'estomac (tiers proximal et moyen
[voir figure 3]) justifient une gastrectomie totale emportant 2
cm de duodénum en aval du pylore.
- les cancers antraux (tiers distal [voir figure 3]) ne
nécessitent pas une gastrectomie totale de principe, une
résection gastrique subtotale étant suffisante. La résection
gastrique doit comporter toutefois 4 à 8 cm d'estomac en amont,
selon le type histologique (4 cm dans les formes histologiques
différenciées, 8 cm dans les formes histologiques diffuses).
- La résection gastrique peut être élargie à des organes de
voisinage (rate, queue du pancréas, côlon).
Rétablissement de la continuité
- Le rétablissement de la continuité digestive se fait après
gastrectomie totale :
- habituellement, selon le procédé décrit par Roux, utilisant
une anse en Y. Il isole la deuxième anse jéjunale, en “
l’ascensionnant ” sans tension jusqu'à l'œsophage. Le segment
proximal est “ anastomosé ” à cette anse. L'anastomose
œso-jéjunale peut être manuelle ou mécanique et est faite à la
pince mécanique circulaire.
- les autres techniques, de pratique plus rare, visent à
réaliser un néogastre ou à permettre un transit physiologique en
utilisant une anse grêle interposée, permettant une anastomose
avec l'œsophage d'une part et le duodénum, d'autre part.
- Le rétablissement de la continuité se fait après résection
gastrique subtotale, de deux manières :
- soit par une anastomose gastro-duodénale (type Péan ou
Billroth I).
- soit par une anastomose gastro-jéjunale (type Polya ou
Billroth II), utilisant la première anse jéjunale placée en
prémésocolique ou en transmésocolique. Ce dernier type de
montage est le plus souvent réalisé, en fonction de l'étendue de
la résection gastrique.
Curage ganglionnaire :
- Grâce à la précision des connaissances anatomiques sur le
drainage lymphatique des cancers gastriques, la Société
japonaise de recherche sur le cancer gastrique a décrit seize
gîtes de drainage lymphatique, répartis en trois groupes :
- le groupe 1 correspond aux ganglions périgastriques.
- le groupe 2, aux ganglions de la cœliaque (tronc cœliaque,
artère hépatique, artère gastrique gauche, artère splénique) ;
- le groupe 3, aux ganglions distaux qui sont habituellement
considérés comme des métastases.
- Le curage de type D1 emporte les ganglions du groupe 1, D2 du
groupe 2, D3 du groupe 3.
Principes des interventions palliatives :
Les interventions palliatives ont pour but de traiter le
syndrome orificiel, responsable d'une obstruction haute tumorale
antro-pylorique.
- L'intervention utilisée de préférence est la
gastro-entéro-anastomose, réalisant un court-circuit alimentaire
en amont de la tumeur.
- La jéjunostomie d'alimentation constitue un geste de dernier
recours sur des cancers avancés.
TRAITEMENT CHIMIOTHERAPIQUE :
Les cancers de l'estomac font partie des tumeurs de l'appareil
digestif les plus accessibles à la chimiothérapie.
Des études sur l'usage de polychimiothérapies ont montré des
résultats préliminaires prometteurs.
Principes du traitement chimiothérapique :
La totalité des agents anticancéreux ont été testés dans le
cancer de l'estomac. Sept drogues sont reconnues efficaces :
- le 5-fluoro-uracile.
- l'adriamycine.
- le cisplatine.
- le méthotrexate.
- la mitomycine C.
- l'étoposide.
- le BCNU.
Ce sont des associations de drogues (polychimiothérapie) qui
sont les plus efficaces.
- Les plus connues sont :
- le FAMTX (5-fluoro-uracile, adriamycine, méthotrexate).
- l'EAP (étoposide, adriamycine, cisplatine).
- Certains protocoles utilisent une modulation du
5-fluoro-uracile par l'acide folinique afin d'augmenter son
efficacité. Ces protocoles sont efficaces en terme de réponse
tumorale, au prix d'une toxicité hématologique importante.
- Des travaux récents tendent à montrer que des associations
plus simples (5-fluoro-uracile et cisplatine) permettent de
combiner une efficacité importante avec une bonne tolérance.
Radiochimiothérapie :
L'association radiothérapie et chimiothérapie est logique sur le
plan expérimental.
Sur le plan clinique, toutefois, son efficacité n'a été observée
que dans des formes avancées, non accessibles à la chirurgie.
Chimiothérapie intrapéritonéale avec hyperthermie :
Le but du traitement par chimiothérapie intrapéritonéale avec
hyperthermie (CHIP) est d'augmenter l'efficacité de la
chimiothérapie en tenant compte de la synergie observée avec
l'hyperthermie, notamment dans les cas de cancers à haut risque
de dissémination métastatique ou de carcinose péritonéale. Les
résultats actuellement publiés sont discordants et cette
technique est du domaine de la recherche clinique.
INDICATIONS :
Les indications dépendent de :
- l’“ opérabilité ” du malade (état général, pathologie
cardio-respiratoire associée) ;
- et de facteurs tumoraux (stade TNM de la tumeur).
Tumeurs classées M1 :
- La présence de métastases à distance (pulmonaires, hépatiques,
sus-claviculaires), en l'absence de syndrome orificiel ou
d'hémorragie tumorale grave, fait discuter l'opportunité d'une
résection gastrique.
- La présence d'un syndrome orificiel fera réaliser, si l'état
général du malade le permet, une gastro-entéro-anastomose.
- L'indication de la chimiothérapie est logique, mais sera
prescrite en fonction de l'état du malade. En cas de réponse
tumorale, elle doit être poursuivie jusqu'à régression maximale
des lésions.
- Dans ces traitements palliatifs, la qualité de vie doit être
privilégiée.
Tumeurs classées T1, T2, T3, N0 ou N1 ou N2, M0 :
Tumeurs antro-pyloriques
Les tumeurs antro-pyloriques (tiers distal) :
- seront traitées par une résection gastrique subtotale ou une
gastrectomie totale. La survie à 5 ans ne semblant pas
influencée par le type de chirurgie, la mortalité et la
morbidité opératoire étant supérieures en cas de gastrectomie
totale.
- le curage ganglionnaire sera de type D1 ou D2, la survie étant
nettement améliorée par le curage D2 dans les séries japonaises
et allemandes.
Tumeurs de la partie supérieure et moyenne de l'estomac
Les tumeurs de la partie supérieure et moyenne de l'estomac
seront traitées par une gastrectomie totale avec un curage de
type D1 ou D2. Ce curage s'accompagnera d'une splénectomie.
Tumeurs classées T2 ou T3 ou T4, N2, M0 :
- Les tumeurs extirpables avec présence d'adénopathies
métastatiques du groupe 3, selon la classification japonaise
(appréciées sur des prélèvements extemporanés peropératoires)
seront traitées par une résection gastrique ou une gastrectomie
totale sans curage extensif, aucune étude n'ayant prouvé de
manière formelle l'intérêt d'une telle lymphadénectomie.
- Dans ces cas, une chimiothérapie néoadjuvante (avant
l'intervention) peut être proposée.
- Son but est double : augmenter la possibilité de résection
complète de la tumeur et traiter de façon précoce d'éventuelles
micrométastases.
- Cette stratégie thérapeutique ne fait pas l'objet d'un
consensus et doit rester du domaine des essais thérapeutiques.
- La chimiothérapie adjuvante (postopératoire) est indiquée en
cas de risque métastatique important (tumeur T3-T4 et/ou N3).
Son intérêt n'est toutefois pas établi de manière formelle
actuellement.
RESULTATS :
Complications de la chirurgie :
Mortalité opératoire
La mortalité opératoire est inférieure à 5 % avec des équipes
ayant une expérience suffisante.
Complications précoces graves
Les complications précoces graves sont surtout à type de
désunion de l'anastomose œso-jéjunale.
Complications tardives
Les complications tardives sont propres à toutes les résections
gastriques, existant plus volontiers après gastrectomie totale.
Il s'agit surtout de troubles fonctionnels et nutritionnels dont
les plus importants sont :
- le “ dumping syndrome ”, qui associe des troubles digestifs à
type de diarrhée, de nausées, à des signes généraux. Son
traitement est fondé sur des prescriptions diététiques.
- les séquelles nutritionnelles, parmi lesquelles
l’amaigrissement est fréquent, souvent secondaires à des erreurs
diététiques, après gastrectomie totale ;
- l’anémie est d'origine carentielle, portant sur le fer et
l'absorption de vitamine B12, d'où la nécessité d'une
prescription systématique et régulière de cette vitamine dans
les suites opératoires.
Résultats carcinologiques :
Pronostic
Le pronostic du cancer de l'estomac reste mauvais, avec une
survie globale, dans les séries occidentales, de 15 % à 5 ans.
Les séries japonaises présentent une survie à 5 ans supérieure à
50 %.
Survie
Celle-ci, en effet, varie selon le stade de la tumeur et la
possibilité d'une exérèse complète de la tumeur.
- Les résections à visée curative sont en moyenne de 58 % dans
les séries japonaises, contre 18 % pour les séries occidentales.
- Le nombre plus important de cancers traités aux stades
précoces et l'option d'une chirurgie d'exérèse étendue avec un
curage ganglionnaire extensif systématique expliquent
certainement les meilleurs résultats des séries japonaises.
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