Exploration de la fonction du diaphragme
(Suite)
Cours de pneumologie
+
Réponse électromyographique à la stimulation phrénique répétitive
:
La stimulation répétitive est utilisée pour rechercher des anomalies
de la transmission neuromusculaire, en modifiant la quantité
d’acétylcholine libérée dans la synapse.
La stimulation à basse
fréquence permet de détecter une anomalie jonctionnelle, tandis que
la stimulation à haute fréquence permet de détecter une anomalie
préjonctionnelle.
Il est possible, uniquement avec la stimulation
phrénique électrique au cou, d’effectuer ce type de recherche au
niveau du diaphragme, comme on le fait au niveau des muscles de
la main ou de la face. Normalement, la stimulation répétitive à basse
fréquence ne modifie pas la taille de la réponse motrice.
En cas
d’anomalie de la transmission neuromusculaire (postjonctionnelle
par diminution du nombre de récepteurs à l’acétylcholine :
myasthénie et syndromes myasthéniformes par exemple
médicamenteux ; préjonctionnelle par réduction de la quantité
d’acétylcholine libérée : botulisme, syndrome de Lambert-Eaton), la
stimulation répétitive du nerf phrénique (par exemple 2 secondes
avec une fréquence de 3 Hz) entraîne un décrément de la réponse
motrice diaphragmatique, l’amplitude et la surface de la cinquième
réponse (totale et négativité) étant inférieures de plus de 10 % à
l’amplitude et à la surface de la première réponse.
Un
décrément de la réponse motrice n’est pas pathognomonique de
syndrome myasthéniforme.
On peut observer des aspects similaires
au cours d’atteintes neurogènes motrices, durant un processus de
dégénérescence wallérienne, ou d’atteintes myogènes avec trouble
de l’excitabilité musculaire (syndromes myotoniques) ou avec
dégénérescence de fibres musculaires (myosites, myopathies...).
Dans
ces cas, contrairement à celui des blocs neuromusculaires, la
stimulation répétitive à haute fréquence (20 Hz pendant 2 secondes)
entraîne un incrément.
La stimulation répétitive du nerf
phrénique a été utilisée pour identifier l’atteinte diaphragmatique
au cours de la myasthénie, décrire le mécanisme de certaines
paralysies diaphragmatiques iatrogéniques et, dans des
situations où plusieurs mécanismes de dysfonction diaphragmatique
peuvent être en cause, pour en débrouiller la part respective (par
exemple : responsabilité d’un mauvais équilibre thérapeutique ou
d’une amyotrophie diaphragmatique cortisonique dans la dyspnée
d’un myasthénique).
+ Réponse mécanique à la stimulation phrénique
:
Outre l’étude électromyographique décrite ci-dessus, la stimulation
phrénique donne accès à l’étude des propriétés mécaniques du
diaphragme.
Il s’agit d’une particularité de l’exploration
diaphragmatique, aucun autre muscle n’étant exploré en routine de
cette façon.
Les informations obtenues sont utilisées pour décrire
quantitativement la contraction diaphragmatique, fournissant ainsi
l’essentiel du diagnostic des dysfonctions diaphragmatiques.
Néanmoins, ces informations ont des limites.
La stimulation
phrénique teste le diaphragme dans des conditions qui ne sont pas
complètement physiologiques (contraction isolée du diaphragme
pour certaines techniques [stimulation électrique ou magnétique
focale au cou], donc dissociée de l’activité des muscles inspiratoires extradiaphragmatiques ; recrutement simultané des fibres, et non
progressif [rampe], comme lors d’une commande naturelle).
La
mesure de pressions en réponse à la stimulation phrénique ne
renseigne pas sur la capacité de la contraction diaphragmatique à
produire un volume courant qui, in fine, est le paramètre
pertinent pour les échanges gazeux.
Enfin, la stimulation phrénique
ne donne pas d’informations quant à l’endurance du muscle, qui est
probablement plus importante que sa force proprement dite pour
déterminer les capacités ventilatoires à l’effort.
Il est possible
d’évaluer l’endurance diaphragmatique lors d’épreuves de
ventilation contre une charge élastique (threshold loading) ou
résistive, ou d’apprécier comment la contraction du diaphragme
se situe par rapport à un risque de fatigue.
Pour cela, on détermine
l’index tension-temps du diaphragme [Ttdi], défini comme le
produit :
Pdi/Pdi max Ti/TTOT
où Pdi est la Pdi développée durant un cycle respiratoire, Pdi max
la Pdi déterminée lors d’une manoeuvre statique maximale, Ti le
temps inspiratoire et Ttot le temps total d’un cycle respiratoire.
Pdi/Pdi max
représente la fraction de la pression maximale utilisée à chaque
inspiration.
Ti/TTOT
représente le temps passé en charge.
Une contraction diaphragmatique correspondant à une valeur de
TTdi inférieure ou égale à 0,2 peut être soutenue indéfiniment.
Au-dessus de cette valeur, il existe un risque de fatigue
diaphragmatique et de faillite ventilatoire.
Il est possible que la
valeur limite pour le diaphragme travaillant seul, indépendamment
d’autres muscles, soit en fait plus basse, autre illustration de
l’effet négatif de la distorsion thoracique et du rôle fondamental de
la coordination des groupes musculaires inspiratoires.
Le même
concept peut être appliqué aux muscles inspiratoires dans leur
ensemble, en remplaçant la Pdi par la Pes (index tension-temps des
muscles inspiratoires).
Ni les épreuves d’endurance, ni la
détermination des index tension-temps ne sont (encore) utilisées en
exploration de routine de la fonction contractile du diaphragme, qui
demeure « limitée » à l’étude de la réponse mécanique à la
stimulation phrénique.
Pression transdiaphragmatique :
Bien que, comme cela a été dit plus haut, la mesure de la Pdi ne soit
pas indispensable à l’évaluation de la fonction diaphragmatique par
stimulation phrénique, cette approche a beaucoup été utilisée en
recherche chez des sujets sains, ainsi que chez des patients ; elle vaut
à ce titre d’être mentionnée.
La stimulation phrénique en choc unique provoque une onde de pression intrathoracique négative et
une onde de pression intra-abdominale positive, par conséquent une
onde de Pdi positive.
La dynamique en est
caractéristique, répondant à l’appellation de « secousse », ou
« secousse unique » (twitch).
On mesure l’amplitude de la déflexion
de la Pdi de la ligne de base du signal au pic de l’onde de pression.
Chez des sujets sains d’âge jeune, une valeur supérieure à 20 cmH2O
en réponse à une stimulation phrénique électrique bilatérale au
niveau du cou et à 25 cmH2O en réponse à la stimulation
magnétique cervicale exclut quasiment une dysfonction
diaphragmatique.
La Pdi en réponse à la stimulation
magnétique cervicale est supérieure à la Pdi en réponse à la
stimulation phrénique électrique bilatérale.
Cette différence est
entièrement due à une dépression pleurale plus élevée pour les
raisons qui ont été exposées plus haut (moindre distortabilité de la
cage thoracique permettant une meilleure transformation de la force
diaphragmatique en pression).
Le rapport Pes/Pdi donne une
indication sur l’action inspiratoire du diaphragme, en évaluant
la part de la Pdi qui est transformée en pression négative
intrathoracique, motrice de l’inspiration.
D’autres index ont été
étudiés en recherche, comme par exemple de temps de demirelaxation,
dont l’allongement témoigne d’une fatigue
diaphragmatique.
Leur utilisation en clinique n’a pas fait l’objet
de validation.
Pression
à la bouche :
Comme cela a été dit plus haut, la mesure de la Pdi est délicate
méthodologiquement et n’est pas confortable pour le patient qui doit
avaler puis supporter une ou deux sondes transnasopharyngées.
Par
ailleurs, la mise en place des ballonnets peut être problématique en
cas de troubles de déglutition ou de troubles de l’hémostase.
Des
efforts ont donc été faits pour trouver à la Pdi un substitut simple
d’usage pour les opérateurs et facile à tolérer par les patients.
La
mesure de la pression à la bouche satisfait ces critères.
En réponse à
la stimulation électrique bilatérale ou à la stimulation magnétique
cervicale, on enregistre une secousse de pression à la bouche dont
l’amplitude est corrélée à la Pdi, et qui permet de séparer les
patients souffrant d’une dysfonction diaphragmatique de ceux n’en
souffrant pas, le chiffre de 10 cmH2O étant considéré discriminant.
La simplicité et l’absence totale d’agressivité de
cette méthode en constituent les avantages essentiels.
Néanmoins,
cette mesure n’est représentative de la contraction du diaphragme
que si elle reflète correctement la pression intrathoracique, en
d’autres termes que si, durant la contraction diaphragmatique, la
pression à la bouche a le temps de s’équilibrer avec la pression
alvéolaire.
C’est généralement le cas chez des sujets sains ou des
patients indemnes d’affections respiratoires obstructives.
Chez ces
derniers, la pression à la bouche est retardée et atténuée par rapport
à la Pes, les anomalies de la mécanique respiratoire agissant
comme un système résistance-compliance placé en série entre
alvéole et ouverture des voies aériennes.
Y compris chez des sujets
sains, la dépression intrathoracique peut déstabiliser les voies
aériennes supérieures, ce qui est susceptible d’altérer la
transmission de pression et peut déboucher sur une sous-estimation
de la contraction diaphragmatique.
Au maximum, les voies
aériennes supérieures peuvent se collaber complètement.
Pour
contourner ce problème, il a été préconisé d’étudier la pression
buccale en réponse à la stimulation phrénique au cours d’efforts
inspiratoires ou expiratoires minimes, destinés à stabiliser les voies
aériennes.
Ces artifices techniques sont généralement
efficaces, mais ils ont pour inconvénient d’imposer une coopération
active du patient, ce qui va à l’encontre même de la philosophie de
la stimulation phrénique. Par ailleurs, un effort expiratoire peut
augmenter la longueur diaphragmatique au moment de la
stimulation, et ainsi faire surestimer la réponse.
À l’inverse, un effort
inspiratoire peut la faire sous-estimer par le biais d’une
augmentation de volume pulmonaire d’une part, et de la relation
inverse entre réponse à la stimulation phrénique et degré
d’activation diaphragmatique d’autre part.
Pour déstabiliser les voies aériennes supérieures et altérer la
transmission de pression, il faut qu’un niveau suffisant de
dépression intrathoracique soit produit.
Par conséquent, la
représentativité de la pression à la bouche est d’autant meilleure
qu’il existe une faiblesse diaphragmatique.
En pratique, si une
pression à la bouche supérieure à 10 cmH2O permet de conclure à
l’absence de dysfonction diaphragmatique significative, une pression
inférieure à ce seuil peut correspondre soit à une dysfonction
diaphragmatique, soit à une instabilité des voies aériennes
supérieures (et donc doit faire se poser la question de la qualité de
la transmission du signal).
En l’état actuel des connaissances, il n’y
a pas de moyen fiable de savoir, à la simple inspection du tracé de
pression, si la transmission a été correcte.
Il faut donc recourir à la
mesure de la Pes, en prenant la même valeur discriminante de
10 cmH2O.
Il faut noter que chez les malades intubés ou trachéotomisés, la mesure de la pression trachéale reflète sans
problème de transmission de pression la pression pleurale et permet
une exploration simple.
Conditions du recueil des pressions en réponse à la stimulation
phrénique :
La réponse en pression à la stimulation phrénique est utilisée
principalement pour évaluer la contraction diaphragmatique (en
toute rigueur, ni la « force » du diaphragme, ni sa « contractilité »,
mais bien sa capacité à produire une pression, capacité qui dépend
de la force, mais également de la façon dont elle est transformée en
pression, dans un « environnement » défini par le volume
pulmonaire, la configuration thoracoabdominale, la compliance de
la cage thoracique, la compliance abdominale, l’état de contraction ou relaxation des autres muscles respiratoires).
Pour que cette
évaluation soit aussi simple que possible à interpréter et
reproductible, la stimulation phrénique doit être bilatérale (la
stimulation unilatérale induit une distorsion thoracique majeure qui
interfère avec la production de pression, la rendant peu
interprétable), supramaximale.
Parce que le volume pulmonaire
influence considérablement les résultats, la
stimulation doit être réalisée à volume pulmonaire constant, à la
capacité résiduelle fonctionnelle.
La configuration thoracoabdominale
doit également être identique d’une stimulation à l’autre
(ce qui implique, entre autres, une standardisation de la
position). Idéalement, il faudrait mesurer le volume pulmonaire à
chaque fois que l’on étudie la réponse en pression à la stimulation
phrénique, pour éviter toute erreur d’interprétation sur les résultats.
En pratique, il est rarement possible de le faire.
Il est d’usage de se
repérer sur la courbe Pes si elle est disponible.
On peut également
utiliser le monitorage de la circonférence abdominale pour repérer
la fin de l’expiration.
Chez les patients atteints d’affections
respiratoires susceptibles d’être associées, au cours du temps, à des
variations importantes du volume pulmonaire, comme les BPCO ou
l’asthme, le contrôle du pulmonaire pose un problème encore plus
crucial que dans le cas général.
Ceci est bien illustré par la
problématique de l’impact des bronchodilatateurs sur la fonction du
diaphragme. Un vaste courant de littérature a suggéré que divers
médicaments, dont certains dotés d’une action bronchodilatatrice,
pouvaient renforcer la contractilité diaphragmatique.
Cela a été en
particulier le cas pour la théophylline, dont l’action inotrope incontestable sur le diaphragme in vitro, a été
transposée à la prise en charge des BPCO.
La littérature sur le sujet
est riche et controversée.
Il est probable, en réanalysant les
articles ayant montré un bénéfice de la théophylline sur la fonction
diaphragmatique, que ce bénéfice était uniquement le résultat d’une
diminution du degré de distension pulmonaire satellite de l’effet
bronchodilatateur de la molécule, plus que d’un effet inotrope
direct.
Ceci vient par exemple d’être bien établi par l’étude de la
fonction diaphragmatique et du volume pulmonaire chez des
patients BPCO distendus en réponse à l’inhalation d’un
bêtastimulant : la totalité de l’augmentation de « force » diaphragmatique
observée était, dans cette étude, due à la diminution de
distension, et non à un quelconque effet direct de la molécule sur
les fibres diaphragmatiques.
La réponse en pression à la stimulation phrénique peut également
être utilisée pour étudier non plus la qualité de la contraction
diaphragmatique, mais le degré d’activation volontaire du
diaphragme.
En effet, si au lieu d’appliquer la stimulation à un
muscle relâché, comme cela a été décrit au paragraphe précédent,
on l’applique à une contraction diaphragmatique volontaire,
l’amplitude de la réponse diminue de façon inversement
proportionnelle à l’intensité de la contraction volontaire sousjacente.
Ainsi, l’abolition complète de la réponse en
pression correspond à une activation volontaire maximale.
On peut,
par extrapolation, estimer la pression maximale à partir d’un effort sous-maximal.
Cette technique, qui a fait l’objet de nombreux
travaux de recherche chez des volontaires sains et des patients
, n’est pas appliquée en exploration
diaphragmatique de routine.
Déplacement abdominal :
À côté de l’étude des pressions en réponse à la stimulation
phrénique, qui fournit une information quantitative, il est possible
d’obtenir une information qualitative simple et rapide (existence ou
non d’une contraction diaphragmatique) par l’étude de la variation
dimensionnelle de l’abdomen, qu’il s’agisse d’un diamètre étudié
par des magnétomètres, d’une circonférence étudiée par une jauge
de contrainte, ou d’une surface de section évaluée par pléthysmographie d’impédance.
En effet, le diaphragme est le seul
muscle inspiratoire dont la contraction est susceptible d’augmenter
la circonférence abdominale.
Une expansion abdominale en réponse
à la stimulation phrénique est donc le témoin d’une contraction
diaphragmatique (la seule réserve qui peut être émise concerne les
techniques de stimulation qui coactivent les pectoraux avec le diaphragme ; en
effet, l’étude de l’action des muscles de la cage thoracique chez
des patients tétraplégiques montre que les pectoraux ont une action
expiratoire qui peut, par transmission de pression positive au
compartiment abdominal, entraîner une expansion de ce dernier),
tandis qu’une déflation (ou une absence de réponse) signe une
paralysie diaphragmatique ou une dysfonction extrêmement sévère.
Cette technique peut être très utile en débrouillage, à titre de
contrôle d’autres signaux, ou pour identifier l’origine centrale ou
périphérique d’une respiration abdominale paradoxale.
En effet, devant une respiration abdominale paradoxale, une
expansion abdominale en réponse à la stimulation phrénique témoigne
de l’intégrité de la partie périphérique de la chaîne
diaphragmatique (nerf phrénique et muscle), et signe l’origine
centrale de la dysfonction diaphragmatique.
+ Phonomyogramme :
Comme en ventilation spontanée, il est possible d’enregistrer, par
un micro placé sur la peau à la surface du thorax, le bruit
correspondant à la contraction musculaire en réponse à la
stimulation phrénique.
Comme pour l’électromyographie de surface,
la stimulation phrénique présente l’avantage de rendre le signal
spécifique du diaphragme, alors qu’il ne l’est pas en ventilation
spontanée.
Expérimentalement, il a été démontré que cette méthode
permettait de détecter la survenue d’une fatigue diaphragmatique.
Ses applications en exploration diaphragmatique de
routine restent à définir, en particulier parce que, comme pour
l’électromyographie de surface, la reproductibilité du signal d’un
individu à l’autre et, chez un individu donné, d’un jour à l’autre, est
mauvaise.
On ne peut donc pas, contrairement à ce qui est le cas
pour les pressions, décrire le phonomyogramme en réponse à la
stimulation phrénique par un chiffre utilisable pour faire un
diagnostic ou suivre une évolution.
3- Stimulation corticale :
La commande des muscles respiratoires, diaphragme compris, peut
être automatique ou volontaire.
Une commande motrice volontaire
suppose une représentation corticale motrice, qu’il est possible
d’explorer en clinique humaine.
La stimulation électrique transcrâniale du cortex moteur est trop douloureuse pour cela, mais
la stimulation magnétique corticale le permet de façon simple et
indolore.
Cette technique est utilisée en exploration fonctionnelle
neurophysiologique chez l’homme conscient depuis le milieu des
années 1980 et sa sécurité a été discutée dans de nombreux articles.
Des effets transitoires sur les fonctions neurologiques supérieures
ont été rapportés chez des sujets normaux, mais avec des
paradigmes de stimulation qui ne sont en rien comparables à ceux
utilisés pour l’exploration diaphragmatique (stimulus multiples à
haute fréquence versus stimulus simples espacés de plusieurs
secondes).
Il paraît cependant prudent d’éviter la stimulation
magnétique corticale chez des patients ayant un passé épileptique,
des antécédents de neurochirurgie intracrânienne, ou bien porteurs
de stimulateurs cardiaques, phréniques ou thalamiques.
La stimulation magnétique corticale permet d’évoquer une réponse
diaphragmatique, et ainsi de cerner la nature centrale ou périphérique d’une anomalie diaphragmatique.
Plusieurs techniques
permettent d’étudier la réponse diaphragmatique à la stimulation
corticale (stimulation non focale, appliquée au niveau du vertex avec
une bobine circulaire de 9 cm de diamètre ;
stimulation focale, appliquée au niveau de la représentation motrice
du diaphragme avec une bobine en « 8 », faite de deux bobines de
43 mm de diamètre).
La stimulation focale ou non focale peut
être appliquée en conditions de relaxation, en conditions de
facilitation (superposition de la stimulation à une contraction
diaphragmatique volontaire ou automatique), ou en utilisant des
doubles chocs espacés de 1 à 40 ms.
Aucune de ces techniques
ne permet d’isoler la réponse du diaphragme de celles de nombreux
autres muscles.
Il est par conséquent souhaitable d’étudier en
réponse à la stimulation magnétique corticale des indices spécifiques
de la contraction diaphragmatique.
En pratique, dans la mesure où
l’objectif de l’étude de la réponse diaphragmatique à la stimulation
corticale est surtout la détermination du niveau central ou
périphérique d’une anomalie, on n’étudie pas la réponse en pression
du diaphragme mais uniquement la réponse électromyographique.
L’enregistrement à l’aiguille donne une sécurité absolue quant à
l’origine du signal enregistré.
En routine, coupler un enregistrement électromyographique de surface à l’évaluation des variations de la
circonférence abdominale permet, avec un degré raisonnable de
sécurité, d’interpréter les résultats.
Un potentiel évoqué moteur
concomitant d’une expansion abdominale est d’origine
diaphragmatique, tandis qu’en cas de déflation abdominale, il est
probable que le signal provienne de muscles abdominaux.
Chez des
sujets normaux d’âge jeune, le temps de conduction cortexdiaphragme
normal est d’environ 16 ms.
Dans le groupe contrôle
d’une étude menée chez des patients hémiplégiques âgés en
moyenne d’une soixantaine d’années, une valeur moyenne de
17,5 ms a été retrouvée.
On peut donc probablement dire qu’un
délai de réponse diaphragmatique à la stimulation magnétique
corticale réalisée en condition de relaxation, supérieur à 18 ms
témoigne vraisemblablement d’une atteinte centrale de la
fonction diaphragmatique, sous réserve qu’il n’y ait pas d’anomalie
de la conduction périphérique.
En effet, un allongement de la
conduction périphérique se répercute mécaniquement sur la réponse
à la stimulation corticale.
On complète habituellement l’évaluation
de la réponse diaphragmatique à la stimulation corticale en
condition de relaxation par une évaluation de cette réponse en
condition de facilitation, c’est-à-dire en appliquant le stimulus au
cours d’une inspiration active.
Normalement, cette contraction
amplifie la réponse et l’accélère de plusieurs millisecondes.
L’absence de variations sous l’effet d’une facilitation n’est pas
normale.
Synthèse. Stratégies d’exploration
:
Au terme de la description des méthodes, on peut proposer, sans
que cela n’ait valeur plus que de proposition, des approches
synthétiques pour l’exploration de la fonction diaphragmatique et
du retentissement d’éventuelles anomalies.
Très schématiquement,
il semble possible de distinguer deux situations : la suspicion de
paralysie phrénique unilatérale d’une part, la suspicion de
dysfonction diaphragmatique globale d’autre part. Dans le texte qui
suit, les éléments du bilan étiologique ne sont pas abordés en détail.
A - BILAN D’UNE SUSPICION DE PARALYSIE PHRÉNIQUE
UNILATÉRALE :
En pratique, la circonstance qui fait le plus souvent mettre en route
un tel bilan est la constatation d’une asymétrie de position des
coupoles diaphragmatiques sur un cliché de thorax de face qui peut
avoir été demandé dans le bilan d’un essoufflement, alors souvent
de début relativement brutal, ou bien à titre systématique.
Il est très
important de ne pas faire l’équation « surélévation de coupole =
paralysie phrénique », sous peine d’errements diagnostiques parfois
majeurs.
La première démarche devant une asymétrie de position
des coupoles sur un cliché de bonne qualité consiste donc à
rechercher une des multiples causes possibles de ce type d’anomalie,
trouble de ventilation avant tout (nécessitant une interprétation
rigoureuse du cliché, puis parfois une documentation plus précise
par tomodensitométrie et endoscopie bronchique), mais aussi
embolie pulmonaire, pathologie pleurale, pathologie
parenchymateuse asymétrique, affection sous-diaphragmatique
(pouvant nécessiter échographie ou tomodensitométrie abdominale).
De nombreux pièges sont possibles, nécessitant de souligner deux
points.
– D’une part, le risque qu’une anomalie de position d’une coupole
soit due à une cause autre qu’une lésion phrénique est d’autant plus
grand qu’il existe une dysfonction diaphragmatique globale, parce
que le tonus musculaire diaphragmatique qui s’oppose normalement
à la « rétractilité » du poumon sus-jacent est réduit.
Une anomalie
parenchymateuse ou pleurale unilatérale ou asymétrique, qui aurait
été trop minime pour entraîner une surélévation de coupole chez un
patient ayant une fonction diaphragmatique normale, va suffire à le
faire si la fonction diaphragmatique est altérée, sans forcément
« paralysie phrénique » stricto sensu.
– D’autre part, les tests dynamiques évaluant la mobilité des
coupoles soit en fluoroscopie soit en échographie n’ont pas
actuellement de valeur bien établie.
Leurs performances
diagnostiques ne sont probablement pas très supérieures à celles
d’un cliché de thorax pour affirmer le diagnostic de paralysie
phrénique.
En d’autres termes, l’asymétrie de mouvement des
coupoles n’en est pas plus indicative de paralysie phrénique que
l’asymétrie de leur position.
La constatation d’un mouvement
paradoxal d’une coupole lors d’un sniff-test est considérée par
certains comme assez suggestive de paralysie phrénique, mais la
valeur opérationnelle de ce signe n’est pas connue, et de fait il ne
témoigne, au mieux, que de l’absence totale de contraction de la
dite coupole, qui peut relever de multiples mécanismes (paralysie
phrénique certes, mais aussi lésion musculaire, ou anomalie centrale
).
Il est par ailleurs parfaitement concevable, dans le
contexte d’une dysfonction diaphragmatique, qu’une asymétrie de
la mécanique parenchymateuse suffise à provoquer non seulement
une surélévation de coupole, mais aussi un mouvement paradoxal
unilatéral, dans la mesure où la descente unilatérale du diaphragme
de l’autre côté est source d’une distorsion thoracique majeure dont
les effets mécaniques sont inconnus.
Affirmer le diagnostic de paralysie phrénique de façon objective est
donc indispensable, ce qui repose en toute rigueur sur l’étude de la
réponse électromyographique à la stimulation phrénique.
Il faut
garder à l’esprit que l’emploi de la stimulation électrique du phrénique au cou, technique de référence pour une mesure de la
conduction phrénique, est ici grevé de l’hypothèque des difficultés
techniques décrites plus haut qui exposent à un risque de faux
négatifs.
La stimulation magnétique n’a pas cet inconvénient.
Le
diagnostic de paralysie phrénique unilatérale est porté sur l’absence
de réponse électromyographique à la stimulation phrénique du côté
malade, alors qu’une réponse est présente de l’autre côté.
Parfois, il
persiste une réponse du côté de la coupole surélevée, mais sa latence
est considérablement allongée, et son amplitude très réduite par
rapport à l’autre côté.
Outre son importance diagnostique, la
stimulation phrénique permet parfois d’avoir une idée pronostique
(une abolition totale de la réponse est rarement associée à une
récupération ultérieure), et de fixer une référence pour un suivi
évolutif.
Il arrive qu’une surélévation même majeure d’une coupole
diaphragmatique soit associée à des temps de conduction phrénique
symétriques et normaux, parfois alors même qu’il y a un lien
chronologique fort entre l’apparition de la surélévation de coupole
et une dyspnée.
Avant tout, ceci doit inciter à reprendre la recherche
d’une autre cause.
Si cette enquête demeure
négative, une conduction phrénique normale face à une surélévation
de coupole, qui, stricto sensu, interdit de parler de « paralysie
phrénique », n’écarte pas le fait que l’hémidiaphragme
correspondant puisse ne pas fonctionner (il peut s’agir, par exemple,
d’une éventration diaphragmatique, traumatique ou liée à une
hernie hiatale majeure), et n’invalide pas le lien entre la surélévation
de coupole et une dyspnée.
Il n’est pas rare dans ces cas que la
réponse mécanique du diaphragme soit altérée, témoignant ainsi du
retentissement de la « perte » d’une coupole sur la fonction
diaphragmatique globale.
Il est également possible que des lésions
phréniques partielles puissent entraîner une surélévation de
coupole, avec réponse électromyographique préservée parce que
toute les fibres ne sont pas lésées (par exemple lésion phrénique au
cou, avec préservation de la fonction du contingent phrénique
accessoire.
Dans un tel cas de figure, la stimulation phrénique au
cou n’entraîne pas de réponse, mais on peut en observer une après
stimulation magnétique cervicale ou antérieure).
Enfin, on peut
observer une surélévation de coupole avec conduction phrénique
de latence normale au cours de neuropathies axonales non
démyélinisantes, comme le syndrome de Parsonage-Turner à sa phase aiguë (l’amplitude de
la réponse du côté lésé étant alors souvent très inférieure à
l’amplitude de la réponse du côté sain), ou plus tard au cours de
l’évolution (récupération de la lésion nerveuse, mais persistance
d’une amyotrophie de dénervation expliquant la surélévation de la
coupole ; ceci peut d’ailleurs s’observer lors de la récupération de
n’importe quelle neuropathie).
Le diagnostic positif étant fait avec certitude, deux questions se
posent.
La première est celle du retentissement de la paralysie
phrénique, la seconde celle de sa cause. Le bilan du retentissement
doit comporter une évaluation de la dyspnée aussi précise que
possible, en utilisant une des échelles disponibles.
Il est important
de bien faire décrire les facteurs aggravants, en recherchant en
particulier si les efforts impliquant une utilisation des abdominaux
sont particulièrement dyspnéisants (se pencher en avant, par
exemple pour attacher un lacet ; phrases longues lors de la parole...).
En effet, en cas d’asymétrie majeure de la tonicité des coupoles, les
efforts qui augmentent la pression abdominale sont responsables
d’une ascension parfois majeure des viscères abdominaux qui sont
chassés vers la cavité thoracique du côté de la coupole paralysée et,
en comprimant le parenchyme pulmonaire, peuvent être
responsables d’un effet court-circuit avec hypoxémie importante.
Ceci peut être un argument pour l’indication de certaines
interventions palliatives comme la plicature diaphragmatique.
Une exploration fonctionnelle respiratoire de base est nécessaire.
Certains de ses composants sont strictement destinés à évaluer le
retentissement de l’anomalie musculaire respiratoire, d’autres
recherchent une anomalie associée.
Bien qu’il n’y ait pas d’attitude
validée ni même consensuelle à ce propos, il est raisonnable de
prescrire, devant une paralysie phrénique unilatérale, une spirométrie en position assise et couchée, une mesure de la diffusion
du monoxyde de carbone, une gazométrie artérielle en air ambiant
au repos, ainsi que la mesure des pressions statiques inspiratoire et expiratoire maximales.
Dans la mesure où une stimulation
phrénique est réalisée pour faire le diagnostic à partir de l’étude de
la réponse électromyographique du diaphragme, il serait dommage
de ne pas coupler l’examen électrophysiologique à une étude de la réponse
mécanique, pour déterminer si la paralysie unilatérale est ou non
source de dysfonction diaphragmatique globale.
Dans l’affirmative, le bilan du retentissement d’une telle
dysfonction doit être effectué, c’est-à-dire qu’en pratique, il faut
ajouter une évaluation du sommeil.
Le détail du bilan étiologique d’une paralysie phrénique
unilatérale sort du cadre de ce chapitre.
Néanmoins, très brièvement, il faut retenir que :
– certains diagnostics sont relativement simples (suites opératoires
de chirurgie cardiaque, de chirurgie oto-rhino-laryngologique
[curage ganglionnaire], avulsion traumatique du plexus brachial...) ;
– une atteinte phrénique peut être révélatrice d’un processus
tumoral qu’il faut toujours évoquer (bronchique, médiastinal,
thyroïdien...) ; une radiographie thoracique de face et de profil
strictement normale rend cette hypothèse peu vraisemblable, mais
une tomodensitométrie cervicothoracique peut être justifiée en cas
de doute ;
– s’il n’est pas rare de ne retrouver aucune cause à une paralysie
phrénique unilatérale, le diagnostic de syndrome de Parsonage-Turner doit rester un diagnostic d’élimination.
La recherche attentive
d’une sémiologie rhumatologique clinique, voire radiologique au
niveau cervical est sans doute nécessaire chez les patients âgés ;
– au cours des hémiplégies, il existe une « dissociation automaticovolontaire », avec absence d’anomalie « périphérique »,
mais une atteinte unilatérale de la commande centrale, expliquant
une diminution de mobilité diaphragmatique uniquement lors des
mouvements volontaires (comme l’inspiration profonde demandée
pour un cliché de thorax).
B - BILAN D’UNE SUSPICION DE DYSFONCTION
DIAPHRAGMATIQUE GLOBALE :
Dans une situation clinique compatible avec une dysfonction
diaphragmatique (dyspnée, hypoventilation, syndrome restrictif,
difficulté de sevrage de la ventilation mécanique...), le bilan de la
fonction diaphragmatique comporte plusieurs étapes.
Le diagnostic positif, affirmé cliniquement s’il existe une respiration
paradoxale abdominale dans le volume courant, repose en toute
rigueur sur l’étude de la réponse mécanique du diaphragme à la
stimulation phrénique.
En effet, il s’agit de la seule façon d’identifier
la dysfonction diaphragmatique au sein d’une dysfonction
musculaire respiratoire globale, et de ne pas s’exposer aux biais
induits par la compréhension et la coopération du patient.
Néanmoins, la stimulation phrénique n’est disponible que dans peu
de centres.
Il est possible d’arriver à une forte suspicion de
dysfonction diaphragmatique sur un faisceau d’arguments plus
accessibles, mais la solidité du diagnostic est alors bien entendu
moindre.
Il faut savoir que, si certains de ces arguments sont
« classiques », aucun n’a fait l’objet d’une validation par rapport à
un « étalon-or » que serait la stimulation phrénique.
Il s’agit
principalement de la diminution de la capacité vitale en position
couchée (normalement, elle ne change quasiment pas ; en cas de
paralysie diaphragmatique ou de dysfonction sévère, elle peut
chuter considérablement ; le chiffre de 25 % est souvent avancé
comme ayant une valeur discriminante, encore une fois sans
validation ; la baisse de la capacité inspiratoire et non de la capacité
vitale pourrait, en théorie, être plus sensible), de la diminution de
l’excursion diaphragmatique constatée en imagerie (clichés
thoraciques en inspiration et expiration, sniff-test en scopie,
échographie), de la comparaison des pressions statiques maximales
inspiratoire et expiratoire (la diminution isolée de la pression
statique inspiratoire, sans baisse de la pression expiratoire, est
évocatrice de dysfonction diaphragmatique).
Quelles que soient les
méthodes disponibles et utilisées, il est important de ne jamais se
fier à un seul test, mais d’essayer de disposer d’un ensemble, dont
la cohérence doit être vérifiée.
Une fois le diagnostic affirmé, il faut essayer de déterminer le
mécanisme physiopathologique de la dysfonction diaphragmatique.
Pour cela, il faut disposer d’une mesure de la conduction phrénique
périphérique.
La recherche d’un bloc neuromusculaire au niveau du
diaphragme peut être utile, dans certains contextes cliniques (en
particulier myasthénie ou syndrome myasthéniforme connus).
L’étude de la réponse diaphragmatique à la stimulation corticale est
importante dans le diagnostic des atteintes centrales.
L’étude conjointe de la fonction d’un autre muscle (par exemple, réponse
mécanique du quadriceps à la stimulation magnétique du nerf
fémoral, recherche d’un bloc neuromusculaire au niveau du nerf
médian ou du nerf facial) peut être utile à la compréhension d’une
atteinte myogène.
Il est clair que l’ensemble de ces tests ressort
d’une approche très spécialisée qui n’est disponible que dans un
nombre limité de centres.
Il ne saurait donc être question de prôner
leur réalisation systématique face à une dysfonction
diaphragmatique.
En l’état actuel des choses, ils doivent être
réservés à la « dissection » de situations cliniques complexes, et il
suffit d’en connaître l’existence.
Il n’en va pas de même pour le bilan du retentissement d’une
dysfonction diaphragmatique, qui est fondamental et doit être
systématique.
Il repose, comme dans le cas d’une paralysie
phrénique unilatérale, sur l’évaluation de la dyspnée, les
explorations fonctionnelles respiratoires, l’évaluation des capacités
à l’effort.
Toute dysfonction diaphragmatique sévère doit
absolument faire se poser la question d’un retentissement sur la
ventilation pendant le sommeil ou sur l’architecture du sommeil.
Le
fait que les dysfonctions diaphragmatiques, quelle que soit leur
cause, aient un impact négatif sur les échanges gazeux pendant le
sommeil est connu depuis un certain temps.
La prise de conscience
de l’impact clinique potentiel de ce phénomène est plus récente, et il
n’y a actuellement pas de données très précises quant à l’indication
et aux modalités d’une assistance ventilatoire nocturne au cours des
dysfonctions diaphragmatiques.
En particulier, le niveau de
dysfonction diaphragmatique à partir duquel des troubles pendant
le sommeil sont vraisemblables (et qui rendrait systématique la
réalisation d’enregistrements nocturnes) n’est pas connu.
Cependant,
il est très probable que cette codification émergera rapidement au
cours des années à venir.
En l’état actuel des choses, il est
parfaitement logique, et probablement nécessaire, de proposer une
ventilation nocturne à un patient chez qui une dysfonction
diaphragmatique et des hypoventilations pendant le sommeil sont
documentées.
Le mode ventilatoire idéal reste à définir, mais une
ventilation volumétrique est plus logique qu’une ventilation
barométrique, du fait même de la source neuromusculaire des
hypoventilations.
La situation est moins claire en ce qui concerne
les patients chez qui la dysfonction diaphragmatique n’entraîne pas
d’hypoventilation, mais altère profondément l’architecture du
sommeil.
Si l’on considère que celle-ci a une influence sur la
performance diurne et la qualité de vie, la proposition d’une
ventilation est, là encore, logique.
Il est par ailleurs possible, au
cours des dysfonctions diaphragmatiques satellites de maladies
neurologiques dégénératives par exemple, qu’améliorer le sommeil
puisse avoir un impact positif sur la maladie.
Ces questions sont
actuellement ouvertes.
On sait depuis plusieurs années que la
privation de sommeil chez les sujets sains altère l’endurance des
muscles respiratoires et le niveau de ventilation maximale
volontaire qu’ils peuvent produire : l’existence d’un cercle vicieux
dysfonction diaphragmatique-altérations de l’« efficacité » du
sommeil-aggravation de la dysfonction diaphragmatique est très
concevable.
Le diagnostic étiologique de la dysfonction diaphragmatique vient
ensuite, souvent assez simple du fait du contexte, parfois plus
complexe.
Il sort du cadre de cet article.
Conclusion :
Explorer la fonction du diaphragme est cliniquement pertinent, la prise
de conscience de l’impact des dysfonctions diaphragmatiques sur le
sommeil ayant récemment ouvert dans ce domaine des perspectives
d’interventions thérapeutiques qui y étaient auparavant très limitées.
Cette exploration doit reposer sur des principes simples, commençant
par l’examen clinique, et intégrant une démarche globale où les
examens très spécialisés, s’ils sont indispensables souvent, ne doivent
pas être uniques.
Ces examens sont encore de disponibilité limitée, et la
codification de leurs indications et interprétations reste imparfaite. Ils
demeurent l’apanage de quelques laboratoires et demandent encore un
investissement matériel et humain important.
Cependant, l’avènement
de techniques atraumatiques pour étudier la fonction du nerf phrénique
et du diaphragme, indépendamment de la coopération du patient, et la
compréhension du fait qu’en réponse à la stimulation phrénique il est
inutile d’étudier des index spécifiques du diaphragme, ont modifié les
perspectives de développement de l’exploration diaphragmatique au
cours de la dernière décennie.
Il est probable que cette dynamique va se
poursuivre dans les années à venir.