Endoscopie bronchique diagnostique Techniques et indications
(Suite)
Cours de pneumologie
Sémiologie endoscopique
:
La trachée et les bronches sont revêtues d’une muqueuse pâle et
nacrée, discrètement colorée vers le rose du fait des capillaires sousmuqueux
; selon la taille des individus et le calibre de l’endoscope,
l’exploration peut être menée sur six ou sept ordres de division,
voire plus lorsque l’on explore des bronches parfaitement alignées
sans avoir à utiliser le béquillage, les divisions bronchiques pouvant
se laisser légèrement distendre par la progression de l’appareil.
Deux types d’anomalies sont rencontrées isolément ou en
association : les anomalies du revêtement muqueux, auxquelles on
associe les corps étrangers toujours responsables d’anomalies
muqueuses, et celles de la paroi.
Les techniques d’endoscopie
reconstituées à partir d’acquisitions en TDM ne permettent pas une
étude fine de la muqueuse, mais donnent une appréciation
satisfaisante du relief endoluminal.
A - ANOMALIES DE LA MUQUEUSE
:
Certaines sont mineures et peuvent ne laisser présager que d’un état
inflammatoire en histologie ; les autres sont majeures, sous forme
d’ulcérations et de végétations.
1- Lésions mineures
:
Il s’agit des simples épaississements muqueux effaçant plus ou
moins les reliefs cartilagineux et arrondissant les éperons.
Les
épaississements sont dépourvus de spécificité et justifient d’un
contrôle histologique.
La congestion vasculaire rend compte de la
coloration rose ou rouge prononcée de la muqueuse.
Les
cardiopathies, gauches en particulier, peuvent s’accompagner d’une
telle congestion avec des capillaires larges, rubannés et denses,
surtout dans les territoires déclives et les gros troncs, sans autres
anomalies.
Des hypervascularisations localisées réalisant des
télangiectasies, voire des aspects angiomateux, accompagnent des
malformations, des processus cicatriciels, les exceptionnelles endométrioses, des pathologies immunitaires comme la maladie
de Kaposi.
Jusqu’à 45 % des sarcomes de Kaposi à localisation
thoracique présentent des lésions vasculaires bronchiques rarement
révélées par des hémoptysies et peu hémorragiques sous la pince.
Les modifications de l’aspect des sécrétions ne s’apprécient vraiment
que lorsqu’elles sont importantes, car les inhalations de salive et de
liquides anesthésiques les dissolvent et les fluidifient.
Elles peuvent
être visqueuses et filantes, adhérentes et obstructives pour le canal
du fibroscope, ou fluides aérées et bulleuses, ou purulentes et plus
ou moins liées.
C’est la reproduction de sécrétions après un premier
nettoyage des bronches qui a une valeur diagnostique et qui va avoir
une valeur de localisation du site de production.
La sensibilité tussigène est très difficile à apprécier, liée à la qualité
de l’anesthésie locale et au type de pathologie.
Cependant, l’examen
attentif de la couronne laryngée au début et à la fin de l’endoscopie
peut permettre d’évoquer les pathologies du carrefour aérodigestif,
sinusiennes ou oesophagienne, par le caractère épaissi et coloré et
hyperréactif de la muqueuse recouvrant les massifs arythénoïdiens.
2- Lésions majeures
:
L’épaississement muqueux, lorsqu’il devient très hypertrophique,
aboutit à des aspects irréguliers, voire végétants, et qui, en cas de
nécrose ou de surinfection, aboutissent à des ulcérations plus ou
moins limitées.
Les végétations sont des reliefs saillants, épais, bourgeonnants au
stade ultime. Il faut en apprécier le siège, la taille, la forme, la
couleur, le relief, le rôle obstructif et l’extension.
Les tumeurs
malignes ou bénignes, plasmocytomes, paragangliomes, les
papillomatoses, les processus inflammatoires comme les lésions
granulomateuses, la sarcoïdose exceptionnellement, les infections
chez les patients immunodéprimés ou non, les réactions
aux corps étrangers inhalés et aux endoprothèses présentent ce type
de lésion.
Les ulcérations sont des lésions couvertes de dépôts blanchâtres ou
verdâtres, témoignant de phénomènes ischémiques allant jusqu’à la
nécrose plus ou moins surinfectée.
Elles peuvent recouvrir une perte
de substance par fistule gangliobronchique, tuberculeuse ou
cancéreuse, et mener à une fistule vers l’oesophage.
Ailleurs, une
infection aspergillaire, une mucormycose vont se présenter sous
forme d’un bourgeon obstructif totalement ulcéré et nécrotique ou
nécroticohémorragique, soit sur des bronchectasies préalables, soit
de novo.
La perte de substance de la paroi trachéobronchique peut
mener à un cul-de-sac médiastinal ou directement au parenchyme
pulmonaire et à la plèvre, voire à la paroi thoracique.
Les ulcérations
ischémiques postopératoires après résection-anastomose ou
transplantation sont volontiers ecchymotiques, noirâtres.
Les ulcérations peuvent se présenter aussi sous forme de fausses
membranes obstructives soit par nécrose de lésions bourgeonnantes,
soit par colonisation de formations fibrinoïdes par des germes
opportunistes tels que l’Aspergillus, soit par ventilation assistée
avec un air trop froid et trop sec.
Les calcifications endobronchiques se reconnaissent par leur solidité
sous la pince et leur caractère parfois en « iceberg » qui doit rendre
prudent quant aux exérèses endoscopiques ; une intense
vascularisation aux dépens des vaisseaux du réseau systémique
expose à des risques hémorragiques.
Les remaniements cicatriciels s’accompagnent souvent de taches anthracosiques témoignant de la concentration de poussières dans
les noeuds de ganglions lymphatiques visibles dans et autour de la
paroi bronchique.
Ces aspects sont particulièrement bien visibles
chez les patients ayant inhalé les poussières de charbon, même sans
cicatrice.
Dans tous les cas, les lésions mineures et majeures s’associent le plus
souvent et selon les niveaux de l’arbre trachéobronchique.
En dehors
de la broncholithiase, de la trachéopathie ostéochondroplasique, de
la maladie de Kaposi, des fistules broncho-oesophagiennes ou
bronchopleurales, toutes les lésions non prouvées doivent faire
l’objet d’un prélèvement et de contrôle histologique si l’état clinique
le permet.
3- Corps étrangers
:
Cette pathologie intéresse les enfants en particulier, mais elle n’est
pas exceptionnelle chez l’adulte et il faut savoir y penser devant
une pathologie obstructive à histologie négative, envisager des
traitements antibiotiques et autres anti-inflammatoires d’épreuve
suivis de nouveaux contrôles endoscopiques pour récuser au plus
possible une exploration chirurgicale mutilante qui découvrira une
gomme alimentaire, un corps étranger végétal ou alimentaire
décalcifié au fil du temps, ou un plastique transparent.
Cependant,
parfois, le parenchyme, à force de suppuration, peut en avoir été
détruit.
Les corps étrangers thérapeutiques tels que les prothèses peuvent
être radiotransparents comme l’Endoxan Astat totalement en
silicone, et ne sont alors contrôlables que par voie endoscopique au
fibroscope ou en endoscopie virtuelle.
Les prothèses plus ou moins
récentes sont toutes plus ou moins radiovisibles et leur déplacement
peut être contrôlé par un cliché radiographique.
Les stents expansifs métalliques non couverts sont rapidement
enfouis et recouverts par l’épithélium bronchique et peuvent ne plus
être vus. En règle, quelques mailles restent un peu dégagées.
Des
granulomes accompagnent éventuellement les stents sous forme de
végétations.
Les prothèses et les stents expansifs sont contrôlés régulièrement
après leur mise en place pour rechercher des sécrétions concrétées
et des granulomes aux extrémités.
Il est toujours important de
vérifier, pour tout stent, qu’il n’y a pas recouvrement d’un orifice
lobaire.
B - ANOMALIES PARIÉTALES :
La trachée et les bronches sont cylindriques chez l’enfant et le jeune
adulte.
La trachée acquiert progressivement un aspect en « fer à
cheval » et parfois allongé à grand axe antéropostérieur, tandis que
les gros troncs bronchiques peuvent prendre le même aspect ou
s’ovaliser discrètement.
La déformation en « fourreau de sabre » de
la trachée apparaît dans le grand âge, mais souvent dans le cadre
d’une bronchopathie chronique obstructive.
La longueur des segments trachéaux et bronchiques varie selon que
le patient est assis ou la nuque en hyperextension.
Les divisions
bronchiques sont sujettes à variation quant à leur répartition, leur
nombre et leurs tailles respectives à partir des segmentaires.
Il existe
des variantes anatomiques proximales à connaître, comme la
bronche apicale trachéale remplaçant l’apicale du lobe supérieur
droit, ou comme l’ouverture d’une bronche médiastinale à la face
interne de la bronche principale droite ou du tronc intermédiaire.
Des malformations peuvent être révélées tardivement chez l’adulte,
comme les fistules oesobronchiques.
Les anomalies de la paroi concernent les changements de calibre, de
direction et les modifications dynamiques selon les mouvements
respiratoires.
1- Changements de calibre :
– Les diminutions de calibre sont le fait de rétrécissements
inflammatoires ou cicatriciels, ou compressifs extrinsèques, ou infiltratifs avec épaississements circonférentiels.
Les sténoses inflammatoires par épaississement pariétal sont à la fois
muqueuses et péribronchiques comme dans les suppurations ; elles
sont souvent associées aux compressions dans les processus
tumoraux.
Les sténoses cicatricielles sont rigides et dures sous la
pince.
Les sténoses par compression ont la rigidité du mur
bronchique et de la lésion adjacente qui comprime, qu’il s’agisse de
tumeurs, d’adénopathies ou d’anévrisme.
Les compressions des
voies aériennes proximales modifient la géométrie de la bronche et
son axe ; elles peuvent être dues à des causes très diverses : thyroïde,
estomac intrathoracique postopératoire, lymphocèles, mais
surtout adénopathies et tumeurs.
– Les élargissements de la trachée et des bronches sont exceptionnels et
s’inscrivent dans le cadre du syndrome de Mounier-Kuhn, par
exemple.
Ils s’associent à un collapsus dynamique.
2- Désorientations
:
Les modifications d’orientation des bronches dans l’espace sont
parallèles aux changements de distributions volumiques du
parenchyme pulmonaire. Lorsque des segments ou des lobes se
rétractent ou disparaissent, les autres axes bronchiques suivent les
modifications du volume pulmonaire dans l’espace et se réorientent,
éventuellement en se coudant ou en se tordant sur leur implantation.
3- Collapsus dynamiques :
Il existe une réduction du calibre normal à l’expiration et à la toux.
Les anomalies dynamiques tiennent au caractère trop précoce, dans
le volume courant ou au début des volumes expirés forcés, de cette
réduction de calibre.
L’endoscopie a du mal à quantifier ces
modifications sauf si elles sont majeures ou localisées, comme par
exemple dans certains emphysèmes bulleux ou asymétriques où le
collapsus le plus précoce est du côté de l’emphysème le plus
important.
C - ENDOSCOPIE VIRTUELLE :
Les désagréments de l’endoscopie et les progrès de l’imagerie TDM
font envisager la réalisation d’endoscopies reconstituées à parti
d’acquisitions d’images TDM et de reconstructions en vision
tridimensionnelle.
L’absence de couleurs et la seule vision du relief endoluminal amputent la sémiologie et limitent pour le moment
cette technique aux seuls contrôles de lésions connues et présumées
restées stables, sténoses ou prothèses, car toute nouvelle image
impose une vraie endoscopie.
Indications :
Si peu de domaines de la pneumologie échappent à l’investigation
endoscopique, les indications restent à peser soigneusement et une
fois tous les examens non invasifs réalisés et soumis à critique.
Les
images d’infiltrats pulmonaires représentent 24,6 % des indications
à l’endoscopie diagnostique, suivies des hémoptysies avec 18,1 % et
des opacités hilaires suspectes dans 14,3 %.
Viennent ensuite les
masses suspectes dans 14,1 %, les toux inexpliquées dans 6,9 %, les
nodules pulmonaires dans 5,1 %, les lésions excavées dans 2,4 %, les
pleurésies dans 2 %, les dyspnées inexpliquées dans 0,35 %.
A - TUMEURS :
La pratique endoscopique et ses résultats sont différents selon que
la lésion est visible et donc proximale et biopsiable sous contrôle
visuel, ou distale avec un axe trachéobronchique normal.
1- Tumeurs proximales :
À côté des cancers, représentant de très loin les tumeurs les plus
fréquentes, il y a de nombreuses autres lésions tumorales malignes
comme des plasmocytomes, des mélanomes, des tumeurs bénignes
comme les lipomes ou fibrohistiocytomes, des tumeurs carcinoïdes dont la biopsie ne donne qu’exceptionnellement lieu à une crise
carcinoïde.
Toutes ces lésions sont difficiles à différencier des
lésions pseudotumorales plus ou moins ulcérées comme les
actinomycoses et autres lésions infectieuses, histoplasmose,
aspergilloses.
Les prélèvements doivent aboutir à un diagnostic
formel dans pratiquement 100 % des cas, même si des études
récentes montrent encore 151 diagnostics positifs sur 177 cancers
proximaux.
Les CPC se présentent un peu plus volontiers sous forme de lésions
pariétales avec infiltration et compression, et c’est surtout dans ces
derniers cas que l’endoscopie peut ne pas être contributive : neuf
cas sur 15 échecs diagnostiqués sur 100 CPC.
2- Nodules distaux et opacités tumorales
:
L’endoscopie apporte 0 à 10% de diagnostics dans les pathologies
bénignes et 20 à 80 % en cas de pathologies malignes ; les
prélèvements distaux à l’aveugle vers une opacité distale apportent
entre 29 et 50 % de positivité selon leur taille et leur caractère plus
ou moins proximal.
Avec un amplificateur de brillance, les résultats
vont jusqu’à 76 % de positivité ; toujours en fonction du siège et de
la taille de l’opacité.
Ainsi, les opacités de 2 cm de diamètre et plus,
situées entre 2 et 6 cm des hiles, sont les plus positives avec 71 % de
positivité contre 27 % si l’opacité mesure moins de 2 cm et se trouve
à moins de 2 cm ou plus de 6 cm du hile.
La cytologie
d’expectoration apporte 10 à 20 % de diagnostics tumoraux ; le LBA associé aux aspirations et aux examens d’expectoration permet
d’obtenir jusqu’à 56 % de diagnostics, dont 11 % pour le seul
LBA.
En cas d’opacité de petite taille périphérique, la cytoponction
pariétale sous contrôle TDM est plus rentable et plus pratiquée ;
jusqu’à 88 % de résultats positifs mais avec environ 3 % de
pneumothorax à drainer et avec des risques minimes
d’ensemencement pariétal.
Mais dans la mesure où les bronches
doivent être examinées dans tous les cas avant une exérèse
chirurgicale, et dans la mesure où l’endoscopie peut découvrir
jusqu’à 1,2 % de seconde tumeur inopinée, l’endoscopie est
d’abord réalisée avant de faire si besoin une cytoponction
transpariétale.
B - PATHOLOGIE INFECTIEUSE :
Les difficultés ne sont pas les mêmes selon que l’on se trouve ou
non en situation d’immunodépression.
1- Pneumopathies aiguës et pneumopathies
nosocomiales
:
Elles bénéficient des LBA et des brosses protégées dont les résultats
se corrèlent à 83 %.
Il faut éviter d’aspirer dans le canal opérateur
du fibroscope et limiter au minimum les injections de lidocaïne si le
patient n’est pas intubé ; s’il est intubé, le patient est sédaté et
curarisé.
Les sites de prélèvement sont guidés par les aspects
radiographiques et les aspects endoscopiques s’il y a suppuration
localisée élective.
Le seuil de signification est à 10/3 pour les brosses
protégées et à 10/4 pour les LBA.
Les cultures quantitatives
nécessitent 48 heures de délai, mais les LBA permettent l’examen
direct à la recherche de germes intracellulaires dont le taux,
supérieur à 2-5 %, suffit à mettre en route l’antibiothérapie.
La prescription d’un traitement antibiotique juste avant la mise en
route du traitement rend l’interprétation des résultats beaucoup plus
aléatoire en négativant 40 % des cultures, mais à l’inverse les
infections au cours d’antibiothérapies prolongées sont le fait de
germes sélectionnés et résistants et poussant correctement sur les
prélèvements.
En l’absence de traitement antibiotique, un LBA ou
un brossage protégé négatif autorisent le sursis à l’antibiothérapie.
Les faux négatifs sont le fait d’un examen trop précoce, d’une
antibiothérapie, d’un mauvais choix de bronche, de mauvaises
techniques de culture.
2- Chez les immunodéprimés :
Les recherches de Pneumocystis carinii, les virus, les légionnelles
bénéficient de l’apport du LBA et les BTB n’ajoutent que peu au
diagnostic. Pour les mycobactéries, les infections fongiques, le
diagnostic est mieux reconnu par les BTB qui reconnaissent aussi les
autres pathologies pulmonaires non infectieuses.
Ces BTB doivent
éviter de repasser dans le canal opérateur du fibroscope et on retire
la pince et l’endoscope à chaque biopsie pour ne pas la détériorer.
En prélevant sept biopsies de cette façon, 60-80 % de diagnostics
positifs précoces sont obtenus au prix de 2,5 % de pneumothorax
dont certains, chez des patients ventilés, seront très difficiles à
traiter.
3- Suppurations pulmonaires et pleurésies
:
Elles justifient une endoscopie, non seulement à visée de
prélèvement bactériologique, mais aussi pour rechercher une cause
favorisante : tumeur, corps étranger, cicatrice, fistule ou fausses
routes et autres pathologies ORL, paralysie de corde vocale, tumeur pharyngolaryngée.
Cette endoscopie est rarement urgente et
laisse le temps de faire des recherches de BK, voire d’attendre les
cultures ; souvent l’imagerie laisse présager du résultat.
4- Hémoptysies
:
Réalisée en phase hémoptoïque, l’endoscopie confirme l’origine
trachéobronchique du saignement.
Elle peut localiser l’origine en
montrant un saignement continu reproductif de façon précise et
exclusive après aspiration et nettoyage.
Parfois, ce saignement est
très important et empêche une bonne localisation.
Il faut être prêt à
une majoration de ce saignement durant l’endoscopie et disposer
d’un cathéter à ballonnet pour hémostase.
Les causes des hémoptysies sont les cancers, les bronchectasies, les
embolies pulmonaires, les abcès, les infections aspergillaires, les
cardiopathies gauches, les tumeurs bénignes, les tuberculoses
cavitaires ; les malformations sont très rarement en cause.
Si la
radiographie pulmonaire est normale, l’endoscopie est normale dans
84 % des cas et mais n’en reste pas moins indiquée, surtout après 40
ans.
Les cicatrices et les séquelles de tuberculose sont souvent à
l’origine d’hémoptysies graves.
La broncholithiase peut saigner
abondamment, en particulier lors de sa manipulation ; il y a des
causes exceptionnelles d’hémoptysie, comme les ulcérations
traumatiques de sonde d’entraînement endocavitaire.
Certains réalisent des endoscopies d’hémoptysies sous anesthésie
générale et/ou avec le bronchoscope rigide pour se trouver dans les
conditions de sécurité optimale ; cependant, la réalisation d’une
bronchoscopie rigide en urgence ne peut être réalisée que dans de
grands centres.
C - SARCOÏDOSES ET AUTRES PATHOLOGIES DIFFUSES :
1- Différentes lésions
:
Les atteintes bronchiques proximales sous forme de micronodulations muqueuses sont moins de 5 % des cas, mais les
lésions inflammatoires non spécifiques sont présentes dans 50 % des
sarcoïdoses et peuvent montrer des lésions de granulomes à la
biopsie.
Les biopsies multiples étagées systématiques sont positives
dans 46 à 70 % des cas.
Les BTB sont positives dans 60 % des stades I, 85 % des stades II et
80 % des stades III.
Les lavages alvéolaires peuvent apporter des
éléments suffisants au diagnostic par l’étude du rapport des
lymphocytes T-CD4/CD8 en association à l’augmentation de la
lymphocytose en valeur absolue.
Un rapport CD4/CD8 supérieur à
2,1 et des taux de 1 % ou moins de polynucléaires neutrophiles et
éosinophiles ont une valeur prédictive positive égale à celle du
granulome de la BTB.
Un élément évolutif peut être retiré du lavage alvéolaire avec les
taux de lymphocytes CD et CD8, et surtout par l’apparition de
polynucléaires neutrophiles qui évoquent le passage à la fibrose.
La présence de lymphocytes CD4 activés dans le LBA des
sarcoïdoses est un signe d’alvéolite au stade initial de la maladie.
Un rapport CD4/CD8 à 3,5-4 a une sensibilité de 55 % et une
spécificité de 95 %, et si les autres tests sont concordants, les BTB ne
sont pas indispensables.
2- Lavage bronchoalvéolaire :
Le LBA est rarement de haute valeur diagnostique dans
l’histiocytose X ; la présence simultanée de cellules de Langerhans
et de lymphocytes CD1 augmente la puissance diagnostique de
l’endoscopie.
En cas d’hémorragie alvéolaire, les sidérophages signent
l’hémorragie sans préjuger de la cause.
C’est surtout en cas de protéinose alvéolaire avec son aspect laiteux au LBA, ses globules
extracellulaires de surfactant PAS positif et ses macrophages
spumeux, que le LBA a une valeur élevée en même temps qu’un
rôle thérapeutique.
Le diagnostic des pneumopathies médicamenteuses peut être aidé
par le LBA, mais ce sont surtout les infections opportunistes qui en
bénéficient le plus : la sensibilité du LBA pour le P. carinii est
supérieure à 95 %.
Les alvéolites allergiques extrinsèques bénéficient aussi grandement
des apports du LBA : avec les hauts niveaux de lymphocytes, de
plasmocytes, de mastocytes et macrophages spumeux.
Dans toutes les autres pathologies, les fibroses interstitielles
idiopathiques, le LBA est un outil supplémentaire pour étayer une
argumentation qui repose sur la clinique, l’imagerie, la biologie.
D - ENDOSCOPIES DE CONTRÔLE ET DE SURVEILLANCE
:
Après traitement des cancers bronchiques, le résultat peut être
apprécié par l’endoscopie et la récidive peut être dépistée aussi ainsi,
mais il n’y a pas de consensus sur l’opportunité de contrôles
systématiques.
Ces derniers sont en fait décidés au cas par cas au
vu de constatations opératoires et histologiques ou sur des habitudes
institutionnelles.
Avant chirurgie pour cancer oesophagien, l’opportunité du
traitement est en partie appréciée par l’endoscopie bronchique, à la
recherche d’un second cancer ou d’une extension inextirpable.
Si Fékété observe 22 cancers bronchiques au diagnostic de
1 294 cancers oesophagiens, sans que l’on sache toutefois la
proportion diagnostiquée sur l’endoscopie bronchique systématique,
il n’observe que 10 cancers bronchopulmonaires dans le suivi et ceci
ne plaide pas fortement pour des contrôles systématiques.
En
revanche, dans une étude prospective de 116 cancers oesophagiens,
un cancer bronchique inopiné a été diagnostiqué en endoscopie et
chez 9,7 % des patients opérables, l’endoscopie bronchique après
brossages et biopsies fut l’ultime cause d’exclusion du traitement
chirurgical.
Indispensable au bilan préthérapeutique des cancers bronchiques,
l’endoscopie au fibroscope est nécessaire aussi au bilan des cancers
oesophagiens, thyroïdiens, ORL, à la recherche de compression ou
d’envahissement ou de seconde lésion.
L’utilisation de la
fluorescence serait probablement utile dans le suivi des cancers liés
au tabagisme, mais aucune étude ne l’a encore démontré.
Au décours d’une intubation prolongée ou d’une trachéotomie,
après traumatisme thoracique, le contrôle endoscopique cherche
à dépister une sténose ou une fistule oesotrachéale qui puisse être
traitée localement par injection de fibrine in situ).
Après
brûlures, inhalation de gaz toxiques, l’endoscopie recherche des
dépôts endobronchiques et des ulcérations qui font le lit de
sténoses.
L’endoscopie est indispensable au bilan des
traumatismes thoraciques graves, au bilan de tout emphysème souscutané
ou médiastinal postopératoire à la recherche de plaies
trachéobronchiques.
Au cours d’une intubation sélective par une sonde à double courant,
la vérification du bon positionnement de la sonde est facilitée par la
fibroscopie qui est de plus en plus recommandée.
Dans le bilan des pleurésies isolées sans hémoptysies ni anomalies
radiologiques parenchymateuses, l’endoscopie fait la preuve d’un
diagnostic 12 fois sur 74.
Elle est utile au bilan des pneumothorax
idiopathiques où elle montre l’existence d’anomalies bronchiques
morphologiques ; une étude suédoise cas-contrôle a montré qu’il
existe significativement plus d’anomalies de taille et de division des
bronches en cas de pneumothorax.
E - INDICATIONS MIXTES DIAGNOSTIQUES
ET THÉRAPEUTIQUES :
– Lors des pneumopathies, la fibroscopie a une indication
diagnostique pour les prélèvements qu’elle permet, mais elle est
indissociable du rôle de l’aspiration réalisée au cours des
suppurations étendues et des abcès, au cours des troubles de
ventilation associés, chez les mucoviscidosiques.
On se méfie
néanmoins de prélèvement distaux sur les larges suppurations, car
les manoeuvres peuvent induire une vomique dramatique.
– De même, il n’est pas possible de dissocier le rôle de l’endoscopie
souple de l’acte thérapeutique lorsque le diagnostic de corps étranger
est fait.
Le praticien se charge de tenter, dans le même temps, de
réaliser l’ablation à la pince où à la sonde à panier.
– L’intubation trachéale est facilitée par l’utilisation du fibroscope
lorsqu’il y a traumatisme maxillofacial ou ouverture de bouche limitée
ou malformation, le fibroscope permettant de mieux visualiser les
caractères de l’obstacle.
Lors des contrôles postopératoires ou du diagnostic des fistules bronchopleurales ou broncho-oesophagiennes, des traitements
peuvent d’emblée être réalisés lors du diagnostic : ablation d’agrafes,
instillation de tissu colle, débridage de tissus nécrotiques sur
cicatrice ischémique après résection anastomose bronchique ou après
transplantation.
Des cellules tumorales ou des amas d’Aspergillus
peuvent à cette occasion être retrouvés.
– De même lors des protéinoses alvéolaires, le diagnostic réalisé sur
le produit du LBA s’accompagne de la réalisation du traitement qui
nécessite des LBA répétés.
– L’ablation à la pince, l’électrocoagulation ou la lasérisation au
fibroscope de petites lésions tumorales bénignes ou malignes, de
granulomes, de fils chirurgicaux, sous réserve d’un petit calibre
lésionnel permettant une endoscopie courte, sont aisément
réalisables au cours d’une endoscopie diagnostique.
Lors du diagnostic de certains collapsus chroniques des bronches
lobaires par exemple, souvent au lobe inférieur gauche, l’insufflation
sélective de cette bronche par de l’air ou de l’oxygène peut permettre
une réaréation du lobe et sa reprise fonctionnelle.
F - ASTHME :
L’endoscopie bronchique doit être réalisée dans une situation
fonctionnelle stable et optimale, vérifiée avant l’examen.
Elle
s’entoure de précautions avant et de surveillance après l’endoscopie,
assurant de réaliser l’examen dans des conditions de sécurité
maximale vis-à-vis du risque d’accutisation de la maladie
asthmatique ; oxymétrie continue et spirométrie au décours vérifient
la stabilité respiratoire.
Biopsies et LBA n’altèrent pas la fonction
respiratoire ; les indications de l’endoscopie relèvent des diagnostics
d’élimination et de recherches cliniques sur les processus
physiopathologiques et les conséquences biologiques des
traitements.
G - CHEZ L’ENFANT :
Le fibroscope est aujourd’hui d’un usage courant pour le diagnostic
en général et pour le bilan de pathologie infectieuse, quel que soit
l’âge de l’enfant.
Cependant, l’extraction des corps étrangers restera
encore longtemps du domaine privilégié de la bronchoscopie rigide.
H - OUTIL DE RECHERCHE CLINIQUE :
La fibroscopie est aussi un outil de recherche d’expérimentation
clinique ; elle a permis des bronchographies très localisées, des lymphoscintigraphies après injection de marqueurs dans la paroi
bronchique, des injections intratumorales dans le cadre d’essais de
thérapie génique par exemple.
Elle a permis une meilleure
connaissance des processus inflammatoires chez l’asthmatique par
l’étude des LBA, et en cas de maladie du poumon du fermier.
Cas particulier de l’endoscopie
au tube rigide
:
Le retour à l’endoscopie au tube rigide vient de l’endoscopie interventionnelle, des lasers et des endoprothèses dont les premiers
modèles ne pouvaient être mis en place que par le véhicule du tube
rigide.
L’intérêt manifesté à nouveau pour le bronchoscope vient de
la possibilité d’assurer l’assistance ventilatoire du patient et de
suspendre quelques instants celle-ci.
A - BRONCHOSCOPIE RIGIDE ET DIAGNOSTIC :
Lors des hémoptysies importantes, l’anesthésie générale favorise la
chute tensionnelle et diminue par-là le saignement ; associée aux
possibilités d’aspiration du tube rigide, à l’excellente qualité optique et aux possibilités d’ajouter un endoscope souple pour une vision
plus distale, l’endoscopie a une place éminente mais limitée par
l’urgence et le peu de sites où un tel examen est possible en urgence
ou semi-urgence.
Les extensions des indications à l’anesthésie favorisent le tube rigide
dans la réalisation des biopsies distales sous amplificateur de
brillance et permet l’introduction des techniques d’échographie endobronchique pour lesquelles la qualité des images obtenues est
meilleure si une pause respiratoire est instaurée.
B - COMPLICATIONS :
Le tube rigide exige une amplitude de déflexion de la nuque qu’il
n’est pas toujours possible d’obtenir ; de même l’ouverture de la
bouche peut ne pas être suffisante et empêcher l’introduction du
tube.
Les traumatismes sur les arcades dentaires et sur la filière laryngée
rendent compte des mobilisations dentaires et des dyspnées
laryngées constatées au décours des investigations au tube rigide ;
leur prévention passe par les protections dentaires et la douceur de
pénétration sans précipitation et sous contrôle visuel permanent.
C’est ainsi que l’on prévient les fausses routes oesophagiennes et les
plaies trachéales favorisées par la toux et une insuffisante anesthésie.
L’anévrisme de la crosse aortique est une contre-indication classique
au tube rigide, même si la curarisation, en supprimant la toux et les
risques traumatiques, diminue les risques de rupture anévrismale peropératoire.
Complications :
Les complications de l’endoscopie bronchique sont rares et mettent
encore plus rarement le pronostic vital en jeu ; néanmoins, il s’agit
de procédures invasives exigeant des règles de prudence et de bonne
pratique.
L’hypoxie et les hémorragies sont responsables de la plupart des
accidents graves, les infections et les pneumothorax ont en règle une
évolution favorable.
Les décès sont rares et surtout d’origine
cardiovasculaire ; dans les grandes séries de la littérature, la
mortalité varie de 12 pour 4 800 examens, 13 pour 5 450 BTB à
1 pour 908 dans une étude prospective.
La plupart des endoscopies est réalisée en externe, en particulier
chez les patients à moindre risque de complications.
Sur
1 428 endoscopies en externe, deux complications ont nécessité une
hospitalisation, l’une pour bronchospasme aggravé dès l’anesthésie
locale et l’autre pour une hémoptysie majorée par l’endoscopie sans
même qu’il y ait eu biopsie.
Sur 4 273 endoscopies avec 52 % d’indications de prélèvements à
visée d’infectiologie, il n’y a aucun décès.
On note surtout 4 % de
pneumothorax et 2,8 % d’hémoptysies, de plus de 50 mL sur
173 BTB.
A - HYPOXIE :
La pénétration du fibroscope, et plus encore l’aspiration endobronchique, fait baisser transitoirement la PaO2.
Cette hypoxie
favorise les troubles du rythme et les détresses respiratoires ; la
correction par oxygénothérapie nasale est facile et efficace, et le
monitorage de l’examen par une oxymétrie est la règle aujourd’hui.
L’aspiration immédiate des bouchons muqueux, de la salive inhalée
et de la lidocaïne instillée préviennent ces accidents d’hypoxie.
L’hypoxie est responsable de 8/12 des décès survenus lors de
4 800 examens, mais souvent chez des patients en situation très
précaire par l’évolution de cancers, d’insuffisances
cardiorespiratoires, d’infarctus du myocarde.
Chez les patients de réanimation ventilés artificiellement et instables,
la fibroscopie bronchique induit une augmentation de la pression
artérielle pulmonaire moyenne, de l’index cardiaque, mais de façon
transitoire jusqu’à 6 minutes après la fin de l’examen, sous réserve
que ce dernier ait été rapidement réalisé en 2 à 6 minutes.
B - HÉMOPTYSIES :
– Les biopsies sont exceptionnellement tragiques s’il n’y a pas de
troubles de la coagulation, congénital ou acquis, si la lésion n’est
pas un vaisseau.
On observe 14 hémorragies sur 6 969 fibroscopies,
mais aucune mortelle, en respectant les contre-indications liées aux
troubles de coagulation et à la thrombopénie.
Mais les tumeurs
bénignes peuvent se comporter comme de véritables angiomes, tels
les carcinoïdes et les chémodectomes.
Il faut éviter de biopsier les
lésions vascularisées à partir des vaisseaux ischémiques de type
bronchectasies ou cicatrice.
On peut s’aider des brosses et pinces
pour attoucher les lésions avant de les biopsier et il est prudent de
toujours commencer par un tout petit prélèvement superficiel qui a
valeur de test local de coagulation.
– Ce sont les BTB qui sont le plus à risque d’hémorragies graves,
d’autant que leur indication est souvent envisagée chez des patients
ayant une pathologie générale, immunodépression par
chimiothérapie anticancéreuse, transplantation, insuffisance
rénale.
Sur 13 décès, neuf sont dus à une hémorragie sur
5 450 BTB, mais huit fois l’hémostase était anormale.
On sait ne biopsier que d’un seul côté, coucher le malade rapidement du côté
qui saigne et s’aider d’un cathéter muni d’un ballonnet gonflable
pour bloquer le saignement et prévenir l’inondation bilatérale.
C -
INFECTIONS :
– La fièvre apparaît dans 16 % des cas dans un travail prospectif,
avec 6 % d’infiltrats pulmonaires de novo ou d’extensions d’infiltrats
déjà existants.
La mobilisation de cytokines explique une part au
moins des fièvres isolées transitoires après fibroscopies avec ou sans LBA.
– Des pneumopathies mortelles ont été rapportées après LBA ou
au-delà d’une obstruction ; les endoprothèses respiratoires jouent le
même rôle de rétention microbienne et doivent rendre très prudent
en cas de prescription de chimiothérapie.
– Chez les patients ayant une valvulopathie cardiaque, la
fibroscopie bronchique diagnostique est un geste considéré peu
invasif, et la chimioprophylaxie antibiotique n’est plus
systématique, même si des bactériémies dans les 24 heures, des
infections à distance et des endocardites ont été rapportées après
fibroscopie bronchique.
D - PNEUMOTHORAX :
Les pneumothorax surviennent en cas de contact instrumental avec
la plèvre viscérale, soit BTB le plus souvent, soit après brossage plus
rarement, justifiant une surveillance au décours.
Dans la série de Herf, 5,5 % de pneumothorax à drainer sont observés sur 5 450
examens.
Un pneumothorax suffocant sous tension mortel a été
rapporté, ainsi que des embolies gazeuses. On en rapproche les pneumomédiastins après BTB.
E - BRONCHOSPASMES ET LARYNGOSPASMES :
Ces complications sont favorisées par le tabagisme persistant jusqu’à
l’examen, par une anesthésie locale mal aboutie.
Chez les
asthmatiques connus, l’anesthésie sera particulièrement méticuleuse
et une prémédication par bêta-2-adrénergiques en inhalation ou par
théophylline est souhaitable.
Dans tous les cas, la meilleure prévention est la réalisation de
l’examen dans de parfaites conditions d’anesthésie locale chez un
patient bien informé et prévenu, mis en confiance par un opérateur
bien entraîné réalisant un examen sans perte de temps.
F - COMPLICATIONS DE L’ANESTHÉSIE LOCALE :
Sur 177 patients ayant eu une réaction aux anesthésiques locaux,
seuls trois ont une réaction cutanée positive, aucune élévation des
immunoglobulines (Ig) E n’est retrouvée et une seule réaction retardée est observée.
Si les allergies vraies sont exceptionnelles,
elles peuvent être graves et justifient l’anesthésie générale et la
curarisation.
Les autres dérivés comme la tétracaïne peuvent
remplacer la lidocaïne.
Une méthémoglobinémie a été observée chez un patient VIH.
Les surdosages en lidocaïne sont plus fréquents avec des troubles
neurologiques à type de délire ou des troubles du rythme cardiaque.
C’est la lidocaïne ayant pénétré dans la circulation par la muqueuse
des voies aériennes supérieures et par les bronches et les alvéoles
qui en est responsable, à moins qu’une hépatopathie n’ait pas permis
la destruction de la lidocaïne au premier passage digestif.
G - COMPLICATIONS DE L’ANESTHÉSIE GÉNÉRALE :
Ce sont surtout celle de la « jet-ventilation », des hypercapnies et
des troubles du rythme cardiaque en relation avec l’acidose, qui
surviennent si l’intervention est particulièrement longue.
Une
nécrose bronchique a été rapportée sur une « jet-ventilation »
prolongée plusieurs heures.
En 1995, une rupture de l’estomac a été observée par la seule
malposition d’une sonde d’oxygénothérapie lors de la fibroscopie
sous anesthésie générale.
Des pneumothorax en relation avec les
barotraumatismes de la « jet-ventilation » sont possibles.
H - AUTRES COMPLICATIONS :
Des fractures de brosses ou de pinces, des inhalations de corps
étrangers ou de vomissements sont possibles.
Exceptionnellement,
une fistule artérielle pulmonaire vers une coronaire, une embolie
gazeuse après BTB ont été rapportées.
Les complications des ponctions transbronchiques sont
exceptionnelles et sont avant tout des risques infectieux
médiastinaux, péricardiques ou hémorragiques.
I - PRÉVENTION ET CONTRE-INDICATIONS :
Il n’y a pas de contre-indications formelles à la fibroscopie
bronchique sous anesthésie locale, sauf allergie à la lidocaïne.
La
contre-indication classique à l’endoscopie bronchique qu’est
l’hypertension intracrânienne est aujourd’hui considérée comme
désuète depuis une étude rétrospective comparative qui ne met pas
en évidence de risque supplémentaire dans cette circonstance
particulière.
De même, l’infarctus récent n’est plus considéré
comme empêchant l’endoscopie sous réserve de précautions.
Il y a à respecter les mesures de prudence liées à la sévérité de
l’atteinte de l’état général, à l’état cardiovasculaire ou respiratoire.
Il
faut savoir travailler dans un local bien équipé en matériel de
surveillance et de réanimation sous oxygénothérapie et avec un
abord veineux et sous contrôle, si besoin, d’un collègue au mieux
anesthésiste.
Il y a des attitudes réflexes à acquérir : aspirer le sang
au cours d’une hémoptysie qui semble grave en même temps que
de coucher le patient sur le côté qui saigne et que l’on se prépare à
intuber ou à mettre en place un ballonnet d’hémostase.
Conclusion :
L’endoscopie diagnostique est réalisée pour l’essentiel avec l’endoscope
souple et il y a peu de domaines de la pathologie respiratoire où il ne
trouve des applications.
L’extension des techniques d’endoscopie diagnostique et d’endoscopie interventionnelle, la multiplication des outils et des indications, l’usage
des tubes souples et rigides sous anesthésie générale, tous ces apports
récents tendent à individualiser les unités d’endoscopie entre des
centres d’endoscopie diagnostique de proximité centrés sur la pathologie
respiratoire en général, et d’autres plus lourds et moins nombreux où se
posent les indications diagnostiques et thérapeutiques les plus diverses
et les plus difficiles et où les jeunes endoscopistes viennent se former,
même s’ils ne se destinent pas à l’endoscopie interventionnelle.