Diagnostic d’une douleur de hanche chez l’enfant Cours de l'appareil locomoteur
Introduction
:
La douleur de hanche est un symptôme très courant de consultation
orthopédique ou pédiatrique.
La multiplicité des diagnostics
possibles ouvre un large champ d’investigations qui, pour ne pas
être réalisées de façon exhaustive ou systématique, doivent être
demandées en fonction de quelques informations préliminaires.
En
effet, les questions que l’on se pose en priorité sont : s’agit-il d’une
pathologie traumatique, inflammatoire ou infectieuse, tumorale ou
trophique ?
Pour s’orienter au mieux, le clinicien doit analyser, en
fonction de l’âge de l’enfant, les circonstances précises d’installation
du tableau clinique, la rapidité de l’évolution, ses conséquences
fonctionnelles…
De façon un peu artificielle mais traditionnelle, nous évoquerons
donc, dans un premier chapitre, les différentes étapes de la
démarche diagnostique, avant de détailler les étiologies possibles et
les grandes lignes de leur traitement.
Démarche diagnostique :
La douleur de la hanche peut revêtir des aspects variables chez
l’enfant.
Elle peut être projetée ou exprimée de façon imprécise,
voire longtemps négligée, ou rapportée à tort à un banal
traumatisme fréquent chez le jeune enfant.
Plusieurs tableaux
cliniques peuvent être rencontrés.
La première étape de la démarche
diagnostique est d’affirmer la localisation de la douleur à la hanche.
Cette affirmation passe par un interrogatoire précis et un examen
clinique minutieux dont les modalités sont différentes si l’enfant
marche ou s’il ne marche pas (refus de marche ou marche non
acquise).
Interrogatoire :
Avant l’âge de la marche, l’interrogatoire s’efforce de trouver des
signes qui évoquent la douleur de la hanche : cris et pleurs au
changement des couches ou à la mobilisation des membres
inférieurs.
Après l’âge de la marche, les signes essentiels rapportés par les
parents sont la boiterie ou le refus de la marche.
L’interrogatoire recherche le mode d’installation de ces signes, leur
ancienneté, leur évolution, leur caractère permanent ou intermittent
et les signes accompagnateurs.
Chez l’enfant en âge de s’exprimer,
l’interrogatoire précise en outre l’intensité de la douleur, son
caractère diurne ou nocturne, l’existence d’un phénomène de
dérouillage matinal et le rapport de cette douleur avec l’effort ou les
activités sportives.
Il est fréquent que la douleur soit rapportée à tort à un traumatisme
si banal et quotidien chez un enfant normalement actif.
Il est donc
indispensable de faire préciser si l’intensité et la topographie de la
douleur paraît en rapport avec celle du traumatisme, et de savoir si
certains signes ne préexistaient pas à celui-ci.
Examen clinique
:
La conduite de l’examen dépend de l’âge de l’enfant et des
symptômes qu’il présente.
Dans tous les cas, cet examen clinique
nécessite une coopération de l’enfant.
L’examinateur doit être
patient et surtout suivre une démarche méthodique.
Quand l’enfant est capable de marcher, l’analyse de la boiterie est
un temps essentiel, parfois difficile chez le petit enfant.
La boiterie
d’esquive est le signe le plus fréquent.
La marche se fait à petits pas
en raison d’une diminution de la phase d’appui monopodal sur le
membre inférieur douloureux.
Il est intéressant d’observer la ligne
des épaules au cours de la marche.
Une bascule de celle-ci à chaque
pas traduit le transfert du centre de gravité sur la hanche
pathologique pour réduire la charge (boiterie de Trendelenburg
inversée).
Il faut garder à l’esprit qu’une boiterie ne témoigne pas
obligatoirement d’une douleur de la hanche.
L’examen se fait en décubitus dorsal et ventral. Une attitude vicieuse
du membre inférieur est notée, généralement le membre inférieur se
met en rotation externe et en adduction, voire en flessum.
L’étude des amplitudes articulaires est faite de manière comparative
avec le côté sain par lequel l’examen débute. Cette étude est réalisée
de façon active et passive.
Active, en demandant à l’enfant
d’effectuer des mouvements de la hanche spontanément et contre
résistance, ce qui permet de démasquer des points douloureux.
Passive, en cherchant une diminution des amplitudes articulaires.
Dans la majorité des cas, la rotation interne et l’abduction sont les
deux premières amplitudes affectées.
On recherche des points douloureux osseux en palpant les reliefs du
bassin et de l’extrémité supérieure du fémur, ainsi que les épineuses
lombaires et les masses paravertébrales, sans oublier les masses
musculaires et les trajets tendineux de l’ensemble du membre
inférieur.
La recherche d’une douleur provoquée des articulations
sacro-iliaques se fait par la manoeuvre d’écartement des ailes iliaques
ou par la mise en extension du membre inférieur du côté atteint,
membre inférieur controlatéral en flexion maximale (signe de Gaenslen).
L’examen recherche aussi une éventuelle amyotrophie du
quadriceps.
Celle-ci apporte une preuve objective de l’organicité et
de l’ancienneté de l’atteinte.
Si l’état algique de l’enfant le permet, un testing des muscles
périarticulaires est réalisé.
Bien sûr, la température est notée.
L’examen général à la recherche d’un point douloureux abdominal
ou au niveau des fosses lombaires, et la recherche d’adénopathies
conclut cette étape.
L’examen clinique permet d’affirmer l’atteinte de la hanche et de
préciser la nature de la structure affectée (muscles, os,
articulation…).
Dans un nombre non négligeable de cas, le
diagnostic est évident après l’examen clinique.
Schématiquement, la douleur de la hanche peut être la manifestation
locale d’une pathologie générale ou la traduction d’une affection
localisée au niveau de la hanche ou de son voisinage.
Explorations paracliniques :
Aucun examen paraclinique n’est systématique devant une douleur
de la hanche chez l’enfant.
Le bilan est fonction des données de
l’examen clinique et de la structure qu’on désire étudier.
Ce bilan
obéit à une stratégie qui découle d’une part de la connaissance
précise et de l’intérêt de chaque examen et, d’autre part, de ses
limites.
A - IMAGERIE :
1- Radiographie standard :
C’est le premier examen à demander, il est indispensable et
obligatoire avant toute autre imagerie.
Les incidences radiologiques
demandées en fonction de la clinique, comprennent au minimum
une radiographie du bassin de face et une incidence de profil de la
hanche douloureuse.
Le profil « urétéral » est préférable, il permet
de mieux visualiser la totalité de l’épiphyse fémorale ainsi que le
cartilage de conjugaison sous-capital.
Il est surtout de réalisation
plus facile chez un enfant qui présente une limitation de l’abduction.
L’interprétation des clichés radiologiques suit une démarche
analytique et comparative pour étudier :
– l’interligne articulaire qui peut être diminué en cas de chondrolyse ;
– les signes indirects de l’épanchement qui sont discrets :
– excentration de la tête fémorale : l’augmentation de l’espace
entre le versant externe du U cotyloïdien et le bec métaphysaire
interne est parfois visible chez le jeune enfant ;
– un refoulement des fascias graisseux périarticulaires témoignant
d’une distension capsulaire.
C’est l’échographie qui visualise au mieux cet épanchement ;
– les structures osseuses :
– on doit analyser successivement la tête fémorale, le cotyle, les
trochanters, l’aile iliaque et les branches ilio- et ischiopubienne à
la recherche :
– d’une modification des rapports de ces éléments entre eux ;
– d’une zone de déminéralisation ou d’ostéolyse ;
– d’un remodelage des contours ;
– le cartilage de conjugaison sous-capital à la recherche d’un
élargissement ou d’un aspect feuilleté.
Toutes les structures sont analysées en gardant à l’esprit les variantes
de la normale et les modifications de l’image radiologique avec la
croissance.
Le bilan radiologique est complété en fonction de
l’examen clinique par des clichés centrés sur une structure osseuse
ou bien pour mieux la dégager (trois quarts alaire, trois quarts
obturateur, agrandissement).
2- Échographie :
C’est l’examen de choix pour rechercher un épanchement intraarticulaire
qu’elle dépiste facilement, sans pouvoir toujours préciser
ni l’importance ni la nature.
Si l’échogénicité du liquide intraarticulaire
oriente parfois vers une arthrite septique, celle-ci peut
avoir le même aspect échographique qu’une synovite aiguë
transitoire.
L’échographie permet aussi l’étude des parties
molles de l’extrémité supérieure du fémur à la recherche d’une
collection sous-périostée ou intramusculaire.
C’est un examen fiable,
simple, peu coûteux et surtout reproductible, permettant la
surveillance d’un épanchement articulaire.
La limite de
l’échographie est de manquer une lésion osseuse associée à
l’épanchement, d’où la règle impérative de ne jamais substituer
l’échographie à la radiographie simple.
3- Scintigraphie osseuse (au technétium marqué)
:
C’est un examen essentiel dans l’exploration d’une hanche
douloureuse, cette exploration permet de dépister les modifications
de la vascularisation de l’os et de la synoviale, qu’elles soient
d’origine inflammatoire, ischémique ou tumorale.
Elle doit porter
idéalement sur la hanche douloureuse mais comporter aussi un
cliché corps entier.
Elle est indiquée dans deux situations :
– si la radiographie et l’échographie de hanche sont normales.
Elle
permet alors de mettre en évidence une pathologie de hanche
tumorale, infectieuse ou ischémique, au stade précoce.
Elle permet
parfois d’attirer l’attention à distance de la hanche sur la zone
pathologique (bassin, rachis) et de réorienter le bilan radiologique ;
– si la radiographie et l’échographie ont mis en évidence une lésion
précise, elle est utile pour préciser son caractère inflammatoire ou
ischémique.
Elle permet aussi la recherche d’une localisation
secondaire, infectieuse ou tumorale.
4- Tomodensitométrie (TDM) :
L’acquisition n’est qu’axiale, mais des reconstructions 2D et 3D sont
possibles.
Elle est de réalisation facile chez l’enfant.
Elle présente
trois intérêts principaux :
– l’analyse de la corticale osseuse ;
– préciser une lésion visible à la scintigraphie ;
– la recherche d’un corps étranger intra-articulaire, elle est alors
précédée par une arthrographie de hanche (arthroscanner).
5- Imagerie par résonance magnétique (IRM)
:
Elle permet d’obtenir des coupes dans tous les plans : axial, frontal
et sagittal.
Elle nécessite la coopération de l’enfant pendant plusieurs
minutes.
Elle doit parfois être réalisée sous prémédication ou
anesthésie générale pour obtenir l’immobilité du petit enfant.
C’est
l’examen de choix pour étudier :
– les parties molles à la recherche de tumeur ou d’inflammation ;
– la moelle osseuse dans laquelle on dépiste précocement un
oedème ;
– la synoviale, grâce à l’injection de gadolinium.
Elle permet de
diagnostiquer un épaississement ou une tumeur de la synoviale ;
– les composantes cartilagineuses de la hanche.
Elle est aussi sensible que l’échographie pour rechercher un
épanchement, mais sans pouvoir préciser sa nature ; en revanche,
l’os compact est moins bien analysé par l’IRM que par la TDM.
B - EXAMENS BIOLOGIQUES :
La prescription d’un bilan biologique n’est pas systématique devant
une hanche douloureuse chez l’enfant.
Il est demandé en fonction
des données de l’examen clinique et de la pathologie suspectée.
Les
plus utiles sont la numération formule sanguine, la vitesse de
sédimentation (VS) et le dosage de la CRP (C-reactive-protein).
L’existence d’un syndrome inflammatoire biologique a une grande
valeur d’orientation diagnostique, mais sa normalité ne permet pas
d’éliminer une étiologie infectieuse ou inflammatoire.
Le bilan
biologique est donc interprété en fonction de l’examen clinique et
radiologique, et éventuellement répété en fonction de l’évolution
clinique et des résultats des explorations.
C - PONCTION ARTICULAIRE
:
Il s’agit d’un acte chirurgical.
Elle garde une place non négligeable
dans la démarche diagnostique devant une hanche douloureuse chez
l’enfant.
Elle est indiquée devant un épanchement articulaire dont
les bilans radiologiques et biologiques ne peuvent déterminer
l’origine.
Son but est alors :
– diagnostique en précisant l’aspect macroscopique du liquide (clair,
citrin, hémorragique ou purulent) et permettant des prélèvements
pour l’examen direct, la cytologie et la culture sur milieu spécial ;
– thérapeutique : si l’épanchement est de grande abondance
(tamponnade), elle permet son évacuation et une sédation rapide
des douleurs.
Si le liquide est louche ou purulent, elle permet son
évacuation et la réalisation d’un lavage articulaire.
Résultats de la démarche
diagnostique : étiologies
L’anamnèse, l’examen clinique et les explorations paracliniques
permettent, dans la grande majorité des cas, de retrouver l’origine
de la douleur.
Cependant, il faut garder à l’esprit trois notions
essentielles :
– certains diagnostics sont urgents et le pronostic dépend de la
précocité du traitement ;
– une même pathologie peut avoir des traductions différentes selon
l’âge de l’enfant (les pathologies infectieuses) ;
– la douleur de la hanche n’est parfois que la manifestation d’une
affection générale (drépanocytose, pathologies rhumatismales).
Schématiquement, de nombreuses et fréquentes affections sont
spécifiques de certaines tranches d’âge.
En revanche, les atteintes
infectieuse, tumorales, hématologiques et rhumatismales n’ont pas
d’âge de prédilection.
A - ÉTIOLOGIES N’AYANT PAS DE TRANCHE D’ÂGE
DE PRÉDILECTION
:
1- Étiologies infectieuses :
Secondaires à une dissémination hématogène, les infections de la
hanche ou des structures ostéoarticulaires avoisinantes constituent
une urgence diagnostique et thérapeutique.
La localisation la plus
fréquente est bien entendu l’articulation de la hanche, mais
l’infection peut aussi porter sur l’extrémité supérieure du fémur (col,
grand trochanter) ou le bassin (cotyle, aile iliaque, branches ilio- et
ischiopubienne).
* Ostéoarthrite de la hanche
:
C’est la pathologie typique dont les signes cliniques et l’évolution
sont variables en fonction de l’âge de l’enfant, on individualise ainsi
les formes du nouveau-né et du nourrisson et les formes du grand enfant.
+ Ostéoarthrite de la hanche du nouveau-né et du nourrisson
:
La gravité de l’ostéoarthrite dans cette tranche d’âge tient au risque
de retard diagnostique lié aux particularités du tableau clinique et à
l’importance du potentiel de croissance de cette zone (30 % de la
longueur du fémur).
Le processus infectieux est à l’origine d’une
altération rapide des structures de croissance de la hanche d’où
l’urgence diagnostique et thérapeutique.
Terrain
Habituellement, c’est le nourrisson hospitalisé pour un autre motif,
et en particulier le prématuré, qui est particulièrement exposé.
Les
multiples voies d’abord et les prélèvements quotidiens constituent,
malgré les mesures d’hygiène, les portes d’entrées les plus
fréquemment retrouvées.
On admet que la porte d’entrée par ordre
de fréquence est cutanée, ORL (oto-rhino-laryngologique), digestive
et maternelle.
Manifestations cliniques
Elle sont particulièrement trompeuses, le tableau clinique n’est
jamais typique.
Le syndrome infectieux n’est pas toujours présent.
Parfois, c’est une autre infection qui détient le devant de la scène.
Les signes cliniques qui doivent attirer l’attention sont :
– la limitation douloureuse de la mobilité de la hanche, qui se
traduit par des pleurs de l’enfant lors des changements de couches.
C’est un signe fidèle qui doit faire porter, et jusqu’à preuve du
contraire, le diagnostic d’ostéoarthrite de la hanche.
L’ensemble de
l’équipe soignante doit connaître ce signe et sa signification ;
– l’aspect pseudoparalytique du membre qui prend parfois l’allure
d’une simple diminution de la gesticulation, qui peut être attribué à
une origine neurologique chez un nourrisson ayant présenté une
souffrance périnatale.
La mobilisation élective des différentes
articulations permet de localiser l’articulation atteinte ;
– la position anormale et permanente du membre inférieur ;
– il est déjà trop tard quand on observe une augmentation de la
chaleur locale, un oedème de la racine du membre ou des signes
généraux : teint grisâtre, apathie, comportement geignard, cassure
de la courbe de poids, etc.
Explorations complémentaires
Les examens biologiques montrent une augmentation du taux des
leucocytes et des plaquettes.
La vitesse de sédimentation et la CRP,
plus sensible, sont augmentées.
L’association de ces perturbations,
du bilan biologique aux signes cliniques, a une grande valeur
diagnostique.
Cependant, la normalité des paramètres biologiques n’exclut en
aucun cas le diagnostic d’ostéoarthrite de la hanche.
L’imagerie de la hanche à cet âge est basée sur la radiographie
standard et sur l’échographie.
La radiographie recherche un oedème
des parties molles, en comparaison avec le côté opposé, c’est un
signe très précoce et qui a une grande valeur diagnostique.
L’existence d’une excentration de la hanche, due au début à l’oedème périarticulaire, doit faire porter le diagnostic.
Celle-ci évolue vers la
luxation de la hanche qui est un facteur de mauvais pronostic.
À un
stade plus avancé, on assiste à l’apparition de signes osseux à type
d’apposition périostée et de géodes.
L’échographie de la hanche est,
à cet âge, l’examen-clé car elle permet de faire le diagnostic de
l’épanchement intra-articulaire et d’en surveiller l’évolution sous
traitement.
Elle recherche une collection sous-périostée du col du
fémur et permet d’explorer les parties molles périarticulaires.
Le risque de complications, voire
de séquelles, est d’autant plus important que le délai de mise
en route du traitement est retardé d’où le principe de l’urgence
du traitement, sans attendre la certitude du diagnostic que
seule la bactériologie peut fournir.
+ Ostéoarthrite de hanche de l’enfant et de l’adolescent
:
La croissance et le développement de la hanche modifie de façon
significative le tableau clinique et l’évolution de l’arthrite de la
hanche chez l’enfant.
Les motifs de consultation sont variables.
Le
plus souvent, il s’agit d’une forme fruste avec douleur modérée de
la hanche s’accompagnant d’une boiterie d’esquive.
Ce mode de
début est d’autant plus trompeur que le tableau infectieux est
bâtard. Dans d’autres cas, c’est une douleur violente avec impotence
fonctionnelle complète sur fond de signes de septicémie qui
inaugure le tableau clinique.
Les signes cliniques sont dominés par la douleur qui siège au pli de
l’aine, dans la région trochantérienne, ou irradie vers le genou,
pouvant alors égarer le diagnostic.
La limitation douloureuse des
amplitudes articulaires à la mobilisation passive de la hanche
complète le tableau clinique.
L’examen clinique systématique
recherche des points osseux douloureux au niveau du bassin et de
l’extrémité supérieure du fémur.
Le bilan sanguin retrouve une augmentation du taux des leucocytes.
La vitesse de sédimentation et la CRP sont augmentées dans plus de
85 % des cas.
Le dosage des orosomucoïdes a une plus grande
spécificité tant pour le diagnostic que pour la surveillance du
traitement.
La radiographie du bassin est quasiment normale au stade de début,
elle n’est parlante que tardivement.
Elle montre alors une
densification des parties molles et un bombement de la capsule
articulaire, mieux visibles sur des clichés en faible kilovoltage.
Les
signes osseux n’apparaissent qu’après 2 à 3 semaines d’évolution.
La normalité du bilan radiologique standard ne permet donc pas
d’éliminer le diagnostic d’une arthrite ou ostéoarthrite de la hanche.
L’échographie a ici tout son intérêt, elle permet de confirmer
l’épanchement intra-articulaire et surtout de rechercher un abcès
sous-périosté tant à la face antérieure que postérieure du col fémoral.
La scintigraphie osseuse : examen capital à cet âge, permet au temps
précoce de mettre en évidence une hyperfixation témoignant d’une
atteinte osseuse associée.
Les clichés au collimateur Pin-Holet des
têtes fémorales recherchent un trou scintigraphique de mauvais
pronostic.
La scintigraphie connaît des faux négatifs dans le cas de
troubles circulatoires locaux majeurs.
L’IRM est d’un apport considérable pour le diagnostic précoce.
Les
modifications du signal métaphysaire et épiphysaire permettent
d’affirmer les éventuels troubles circulatoires.
Quand elle est possible
en urgence, sa réalisation limite les indications des autres examens
complémentaires.
Le diagnostic d’une ostéoarthrite doit amener à une décision
thérapeutique rapide.
La décision de pratiquer une ponction
articulaire et de démarrer une antibiothérapie est souvent prise sur
les données de l’examen clinique. Le bilan biologique, la
radiographie et l’échographie sont des éléments d’aide à la décision.
En aucun cas, l’attente des résultats des examens plus sophistiqués
ne doit remettre en cause l’urgence du traitement.
* Autres infections ostéoarticulaires responsables d’une douleur
de la hanche
:
Les ostéomyélites du pubis, de l’ischion et du cotyle donnent au
stade de début un tableau comparable.
L’examen clinique, qui
recherche des points osseux douloureux, et la scintigraphie osseuse
permettent de préciser le diagnostic.
+ Arthrite sacro-iliaque :
Elle est caractérisée par une sémiologie clinique trompeuse, peut se
manifester par une perturbation de la marche allant de la simple
boiterie à l’impotence fonctionnelle totale.
C’est l’examen clinique
(manoeuvre d’écartement et de rapprochement des ailes iliaques, la
pression sur le rebord postérieur de l’aile iliaque en arrière et la
mise en extension du membre inférieur du côté atteint) qui permet
d’attirer l’attention sur cette articulation.
+ Ostéomyélite du grand trochanter
:
De localisation rare et de diagnostic difficile, la douleur siège à la
face externe et antérieure de la hanche dont la mobilisation passive
et douce reste cependant possible.
Si la radiographie est normale,
c’est la scintigraphie osseuse qui donne le diagnostic.
2- Étiologies tumorales
:
* Tumeurs bénignes
:
Toutes les tumeurs osseuses bénignes peuvent se rencontrer au
niveau de la hanche de l’enfant.
Nous citons les plus fréquemment
observées.
+ Kyste osseux essentiel :
Il s’agit d’une dystrophie kystique d’origine inconnue, plus
fréquente chez le garçon, se développant sur le versant métaphysaire
d’un cartilage de croissance.
L’atteinte de l’extrémité supérieure du
fémur représente 33 % des localisations.
L’âge moyen de découverte
est de 10 ans.
Les circonstances de découverte sont, dans la moitié
des cas, la survenue d’une fracture complète ou d’une simple fissure
du kyste qui provoque des douleurs intenses associées à une
impotence fonctionnelle totale ou partielle.
Dans l’autre moitié des cas, c’est une douleur récidivante de la hanche qui attire l’attention
ou bien la découverte est fortuite lors d’un bilan radiologique
(abdomen sans préparation).
L’examen clinique est généralement
pauvre et la radiographie standard suffit à évoquer le diagnostic.
L’image est caractéristique : lacune osseuse métaphysaire ou métaphysodiaphysaire à contour net, régulière, amincissant les
corticales sans les détruire avec condensation sur le pôle diaphysaire
réalisant la classique image du « fond de coquetier ».
La
scintigraphie osseuse au technétium n’est positive que si le kyste a
subi une agression mécanique induisant une réaction du périoste.
La TDM et l’IRM permettent d’aider le diagnostic dans les situations
où il subsiste des doutes sur les radiographies standards.
+ Ostéome ostéoïde :
Cette tumeur bénigne est plus fréquente après 10 ans, mais peut se
voir à tout âge.
La symptomatologie clinique typique est bien
connue (douleur à prédominance nocturne, d’intensité croissante et
calmée de façon élective par les salicylés).
Mais le tableau peut être
atypique : les douleurs peuvent manquer ou être au contraire
permanentes, voire incomplètement calmées par la prise des
salicylés.
L’examen clinique est généralement pauvre, limité à un
enraidissement de la hanche.
Le diagnostic est suspecté sur la
radiographie standard qui montre idéalement une image en
« cocarde » avec lacune centrale entourée par une condensation
osseuse.
Le plus souvent, c’est un épaississement anormal de la
corticale qui est observé.
La scintigraphie est l’examen essentiel, elle
montre une hyperfixation, le diagnostic topographique est fourni par
le scanner.
Le traitement est chirurgical.
+ Autres tumeurs bénignes
:
D’autres tumeurs osseuses et cartilagineuses moins fréquentes
peuvent se rencontrer à la hanche, on ne fait que citer : le kyste
anévrismal, l’ostéoblastome, le chondrome, le fibrome
chondromyxoïde, l’ostéochondrome et la dysplasie fibreuse.
* Tumeurs malignes :
Les lésions tumorales malignes de la hanche de l’enfant sont
dominées par les sarcomes osseux primitifs.
Les localisations
secondaires des pathologies hématopoïétiques ou des ganglioneuromes sont plus rares.
L’étiologie la plus fréquente
est l’ostéosarcome, dont la localisation préférentielle est métaphysodiaphysaire à l’extrémité supérieure du fémur.
Le
sarcome d’Ewing occupe la deuxième place, le plus souvent localisé
à l’aile iliaque.
Les signes d’appel sont polymorphes, mais dominés
par la douleur qui peut prendre tous les aspects.
Elle est associée
dans la majorité des cas à une boiterie, voire à une impotence
fonctionnelle totale.
Tardivement, c’est une tumeur des parties
molles qui attire l’attention.
Les incidences radiologiques sont
demandées en fonction de la zone suspecte, la scintigraphie osseuse
est toujours indiquée pour étudier la lésion et pour rechercher
d’éventuelles métastases.
Le bilan est complété par le scanner et l’IRM.
La biopsie osseuse chirurgicale est indiquée devant toute
lésion suspecte en gardant à l’esprit les impératifs d’une éventuelle
chirurgie de résection.
3- Atteintes de la hanche en rapport
avec les maladies hématologiques :
* Drépanocytose :
Les manifestations ostéoarticulaires au cours de la drépanocytose se
rencontrent, dans 80 % des cas, avec une nette dominance des
atteintes épiphysaires et notamment de l’épiphyse fémorale
supérieure.
Les localisations au niveau de la hanche se présentent
sous différents tableaux cliniques :
– douleur aiguë, intense, localisée à la hanche, associée à une
impotence fonctionnelle.
Ces signes inaugurent le tableau clinique
dans un tiers des cas.
L’examen clinique d’un enfant au contexte
ethnique particulier (Afrique) recherche une limitation douloureuse
des amplitudes articulaires, des points osseux douloureux, mais
surtout l’existence d’autres signes qui orientent vers la
drépanocytose (fièvre, douleurs abdominales, anémie…).
Un tel
tableau clinique pose le problème du diagnostic entre un infarctus
osseux, une ostéomyélite ou une arthrite.
La numération, formule
sanguine et l’électrophorèse des protéines, complétées par la scintigraphie osseuse ou par une IRM, peuvent orienter le
diagnostic.
Dans de nombreux cas, les examens complémentaires ne
permettent pas la distinction entre infarctus osseux et infection ostéoarticulaire ;
– la douleur de la hanche peut évoluer sur un mode chronique,
associée à une boiterie et une limitation des mobilités articulaires.
L’examen radiologique recherche les signes d’une ostéonécrose de
l’épiphyse fémorale supérieure qui peut être bilatérale.
Les lésions
osseuses évoquant la drépanocytose sont : un élargissement de la
cavité médullaire avec amincissement de la corticale et une
ostéoporose avec aspect réticulé de l’os spongieux.
Le bilan doit être
complété par la recherche d’autres foyers de nécrose ischémique,
surtout au rachis et à l’extrémité supérieure de l’humérus.
Parfois, l’atteinte de la hanche n’est découverte qu’au stade des
séquelles.
* Granulome éosinophile :
Les localisations habituelles à la hanche sont l’extrémité supérieure
du fémur, la région supracotyloïdienne et l’aile iliaque.
Le
signe d’appel est la douleur d’intensité progressivement croissante
ne répondant pas aux antalgiques, pouvant entraîner une boiterie
ou une impotence fonctionnelle.
L’examen clinique trouve une
limitation douloureuse des amplitudes articulaires de la hanche et,
dans les localisations iliaque et fémorale, une douleur à la palpation
des reliefs osseux.
L’image radiologique caractéristique est une zone ostéolytique
géographique d’une taille allant de quelques millimètres à plusieurs
centimètres, parfois entourée d’une réaction périostée.
Dans l’aile
iliaque, les lacunes peuvent être multiples et la réaction corticopériostée est absente ou très discrète.
En revanche, un
syndrome de masse dans les parties molles est possible.
La
scintigraphie au technétium marqué permet de retrouver d’autres
localisations, mais l’absence d’hyperfixation n’est pas un argument
contre le diagnostic.
Les clichés du crâne et du rachis sont
systématiques.
L’IRM tend à prendre une place prépondérante en
permettant une bonne analyse des lésions et de leur retentissement
sur les parties molles avoisinantes.
Mais c’est le scanner qui montre
au mieux les atteintes pelviennes, il est indiqué devant une lésion
de l’aile iliaque ou de l’acétabulum.
La certitude diagnostique repose
toujours sur la biopsie osseuse.
* Autres atteintes hématologiques
:
+ Leucémies :
Elles comportent parfois des douleurs diffuses, mal systématisées,
dues à la prolifération massive du tissu hématopoïétique dans la
médullaire.
Les radiographies peuvent montrer des lésions osseuses
non spécifiques à type de bandes claires métaphysaires,
d’ostéoporose ou des zones d’ostéolyse.
Ces images doivent faire
pratiquer un myélogramme qui affirmera le diagnostic.
+ Hémophilie :
Les hémarthroses de la hanche sont rares.
Les signes d’appel sont
une douleur vive associée à une impotence fonctionnelle totale.
L’échographie permet d’aider le diagnostic ou de trouver un
hématome du psoas ou des adducteurs, plus fréquent, et qui
peuvent se manifester selon le même tableau clinique.
4- Arthrite chronique juvénile
:
C’est le rhumatisme inflammatoire le plus fréquent chez l’enfant.
On individualise trois formes selon le mode d’entrée dans la
maladie :
– la forme systémique où les signes extra-articulaires sont au premier
plan (fièvre, éruption, adénosplénomégalie).
L’atteinte de la hanche
est habituelle dans cette forme ;
– la forme oligo- ou monoarticulaire : l’atteinte intéresse au maximum
quatre articulations, la hanche est exceptionnellement atteinte ;
– la forme polyarticulaire est l’apanage du grand enfant : l’atteinte de
la hanche y est fréquente et détient le pronostic de la marche.
Le problème diagnostique se pose surtout devant les atteintes
inaugurales de la hanche.
Les signes cliniques sont variables en
fonction de l’âge, de la sévérité et de l’ancienneté de la maladie.
L’examen clinique retrouve une limitation des amplitudes
articulaires et une amyotrophie témoignant de l’organicité de
l’atteinte de la hanche.
La radiographie peut être normale au début
de la maladie ou bien montrer une déminéralisation globale de
l’articulation, son intérêt est surtout d’éliminer d’autres atteintes
osseuses.
L’échographie confirme l’épanchement intra-articulaire
sans pour autant préciser sa nature.
Le bilan biologique montre un
syndrome inflammatoire plus ou moins marqué.
Le diagnostic
d’arthrite rhumatismale n’est retenu qu’après avoir éliminé une
arthrite septique.
La ponction articulaire trouve ici toute sa place.
Elle permet l’analyse macroscopique du liquide articulaire et la
réalisation de prélèvements pour l’examen direct et l’étude
cytologique.
Il est prudent, devant un tableau douteux, de débuter
une antibiothérapie par voie intraveineuse qui est poursuivie jusqu’à
la récupération des résultats de l’examen du liquide articulaire.
Une
fois le diagnostic d’arthrite rhumatismale retenu, un bilan biologique
complémentaire plus spécifique doit être demandé : recherche et
titrage du facteur antinucléaire, recherche de l’antigène HLA (human
leukocyte antigen) B 27 et examen ophtalmologique à la lampe à fente
à la recherche d’une uvéite antérieure.
B - ÉTIOLOGIES EN FONCTION DE L’ÂGE
:
1- Synovite aiguë transitoire :
C’est la cause la plus fréquente de boiterie entre 3 et 6 ans.
C’est une
boiterie aiguë, observée habituellement le matin au réveil et associée
à une douleur plus ou moins intense.
L’interrogatoire révèle
fréquemment une infection des voies aériennes supérieures dans les
2 semaines qui précèdent l’installation des symptômes ou bien la
notion d’une marche prolongée. L’examen clinique trouve une
limitation douloureuse de la rotation interne et de l’abduction de la
hanche.
La température ne dépasse jamais 37,5 °C et le reste de
l’examen est normal.
La radiographie de bassin de face et la hanche
douloureuse de profil permettent d’éliminer une lésion osseuse et
de montrer les signes indirects de l’épanchement intra-articulaire,
au besoin confirmé et mesuré par l’échographie.
La vitesse de
sédimentation est inférieure à 20 mm à la première heure, les taux
de globules blancs et de CRP sont normaux.
Les prélèvements
bactériologiques périphériques sont inutiles.
La synovite aiguë transitoire est un diagnostic d’élimination, de
sorte qu’il est habituel de contrôler les patients quelques mois plus
tard (radiographie) pour s’assurer de l’absence de signes
d’ostéonécrose.
Dans certains cas, le tableau clinique est incomplet ou faussé par la prise d’antibiotique, tout doit être mis en oeuvre, y
compris la ponction articulaire, pour éliminer en priorité une arthrite
septique de la hanche.
La persistance ou la récidive de la boiterie et
de l’épanchement articulaire remet en cause le diagnostic et est
l’indication d’un complément de bilan.
2- Maladie de Legg-Perthes-Calvé ou ostéochondrite
primitive de hanche
:
C’est la nécrose ischémique de l’épiphyse fémorale supérieure
survenant au cours de la période de croissance.
Elle touche
habituellement le garçon (80 % des cas) âgé de 4 à 8 ans.
La boiterie
est d’installation insidieuse, augmentant à l’effort et en fin de
journée.
Elle a la particularité d’être intermittente et inconstamment
douloureuse, de sorte que le diagnostic peut être retardé de quelques
semaines à plusieurs mois.
Une limitation des amplitudes
articulaires (surtout la rotation interne et l’abduction) est habituelle.
La douleur est inconstante à la mobilisation.
L’amyotrophie du
quadriceps témoigne de l’organicité et de l’ancienneté de l’atteinte
de la hanche.
La radiographie montre des signes variables en
fonction du stade évolutif de la maladie.
Au début, les signes radiologiques sont discrets, il faudra
rechercher :
– une diminution de la hauteur ou un aplatissement du noyau épiphysaire qui entraîne un aspect de pseudoélargissement de
l’interligne articulaire ;
– une image en « coup d’ongle » sous-chondrale.
L’existence de ces signes radiologiques est suffisante pour porter le
diagnostic, les autres explorations (scintigraphie osseuse, IRM) ne
seront demandées qu’en cas de doute sur la réalité des images
radiologiques et devant la persistance des signes cliniques.
Le diagnostic n’est parfois fait qu’après plusieurs mois d’évolution,
la radiographie devient alors plus parlante.
L’évolution obéit à un
véritable cycle radiologique qui traduit les stades évolutifs de la
maladie.
On distingue ainsi :
– la phase de condensation : elle correspond à la densification du
noyau épiphysaire, presque toujours associé à un certain degré
d’aplatissement global ;
– la phase de fragmentation : elle est caractérisée par la coexistence
au sein du noyau épiphysaire d’os dense, d’os normal et de tissu
cartilagineux sous forme de zones claires ;
– la phase de reconstruction ou de réparation : elle débute lorsque
toutes les zones denses de l’épiphyse ont disparu et lorsque
réapparaît l’ossification du noyau épiphysaire ;
– la phase de remodelage : elle
dure jusqu’à la fin de la croissance.
3- Épiphysiolyse fémorale supérieure (EFS)
:
C’est une maladie du cartilage de croissance, responsable du
glissement de l’épiphyse fémorale supérieure sur la métaphyse.
Elle
se manifeste sous deux formes complètement différentes.
* EFS chronique
:
C’est la première cause de boiterie chez le grand enfant et
l’adolescent.
L’âge moyen de survenue est de 12 ans chez la fille et
de 13 ans chez le garçon.
Dans plus de la moitié des cas, les patients
présentent une surcharge pondérale.
La boiterie est permanente,
mécanique et d’évolution progressive, avec tendance à la rotation
externe du membre inférieur au cours de la marche. Elle s’exagère
après les efforts et les activités sportives.
La douleur est inguinale le
plus souvent, mais peut être projetée et siéger au genou.
Elle prend
alors un aspect trompeur, d’où la nécessité de rechercher une
limitation des rotations internes des hanches chez tout adolescent
ou grand enfant qui présente des douleurs de genou.
La rotation
interne de la hanche est toujours diminuée, avec augmentation de la
rotation externe.
La flexion de la hanche s’accompagne d’une
rotation externe automatique, la tentative d’obtenir une rotation
interne déclenche une douleur inguinale vive.
L’abduction de la
hanche peut être réduite.
Une raideur de la hanche fait évoquer une coxite laminaire, signe de mauvais pronostic, et témoigne d’une
évolution déjà longue.
Deux incidences radiologiques sont
nécessaires et suffisantes pour le diagnostic : bassin de face et les
deux hanches de profil.
Au stade de début, et du fait que le glissement est d’abord
postérieur, la radiographie de bassin de face peut paraître normale.
Celle-ci met en évidence les signes directs de la maladie du cartilage
de croissance (aspect élargi, feuilleté et mal dessiné) ou les signes
indirects du glissement (diminution de la hauteur de l’épiphyse
fémorale supérieure).
C’est le cliché de profil qui met en évidence le
signe direct du glissement (bascule postérieure de l’épiphyse
fémorale supérieure).
À un stade plus évolué, la bascule épiphysaire est non seulement
postérieure, comme au début, mais aussi interne.
Elle devient alors
évidente sur les clichés de face.
La classique ligne de Klein, tangente au bord supérieur du col fémoral, ne croise plus le pôle supérieur
de l’épiphyse.
Elle lui devient tangentielle.
* EFS aiguë
:
C’est une urgence thérapeutique.
Les circonstances du diagnostic
sont complètement différentes et c’est en urgence que l’on est amené
à voir un adolescent qui présente une impotence fonctionnelle
complète et hyperalgique du membre inférieur évoquant une
fracture.
Deux éléments caractérisent le tableau clinique : le
traumatisme causal est minime, voire inexistant.
Presque
constamment, une douleur de hanche et une boiterie ont été
négligées depuis plusieurs semaines ou mois.
Le membre inférieur
est en adduction et rotation externe.
Toute mobilisation de la hanche
est extrêmement douloureuse.
La radiographie de bassin de face est
suffisante pour porter le diagnostic, il n’est le plus souvent pas
possible, ni souhaitable, d’obtenir un cliché de profil chez un malade
réveillé, en raison de la douleur que provoque la mobilisation de la
hanche.
Le bilan radiologique est complété sous anesthésie
générale à la recherche des signes de remodelage ou d’apposition périostée traduisant l’ancienneté de l’évolution préalable à l’épisode
aigu et l’existence de signes d’épiphysiolyse à la hanche
controlatérale.
4- Pathologies du sport :
Spécifiques du grand enfant et de l’adolescent, elles se manifestent
sous deux formes traduisant des lésions différentes.
* Lésions aiguës :
Ce sont des arrachements apophysaires provoqués par la mise en
tension violente d’une structure musculaire.
La symptomatologie est
typique : la survenue d’une douleur vive à la suite d’une contraction
musculaire violente imposant l’arrêt immédiat de l’activité sportive.
L’examen clinique retrouve un point douloureux exquis
correspondant à l’insertion arrachée du tendon, la contraction
contrariée du muscle correspondant provoque une douleur violente.
La radiographie montre l’image de l’arrachement apophysaire, et
on a souvent recours à des incidences obliques ou localisées pour
mieux visualiser la lésion.
Ces traumatismes concernent :
– les épines iliaques qui sont la localisation la plus fréquente : la
lésion de l’épine iliaque antérosupérieure (couturier) chez les
sprinters, et l’épine iliaque antéro-inférieure (droit antérieur) chez le
footballeur qui rate son « shoot » ;
– le petit trochanter s’arrache sous l’action du psoas chez les
gymnastes, les danseurs et les footballeurs ;
– l’ischion (ischiojambiers) plus rarement se trouve arraché chez les
sportifs qui pratiquent la course de haie ;
– L’aile iliaque et le grand trochanter sont des localisations
exceptionnelles.
* Lésions chroniques :
Les traumatismes et microtraumatismes répétés entraînent des
lésions d’arrachement ou de fragmentation à l’insertion apophysaire
des tendons.
Le diagnostic est évoqué devant une douleur
mécanique de la hanche qui se majore à l’effort sportif et cède au
repos.
Les amplitudes articulaires sont normales, la palpation
retrouve un point douloureux précis à l’insertion tendineuse, mais
c’est la douleur provoquée par la contraction musculaire contrariée
qui permet d’affirmer le diagnostic.
Les radiographies montrent une hypertrophie parfois pseudotumorale ou bien une irrégularité de l’apophyse atteinte.
Ces
images doivent être interprétées en fonction de l’examen clinique.
En effet, les variantes de la normale sont très fréquentes.
La
scintigraphie osseuse est indiquée en cas de doute diagnostique, elle
montre une hyperfixation localisée.
Conclusion
:
Symptôme fréquent de la consultation orthopédique ou pédiatrique, la
douleur de la hanche chez l’enfant se manifeste sous différents tableaux
cliniques.
L’examen clinique et les explorations paracliniques
permettent, dans la majorité des cas, de retrouver l’origine de la
douleur.
La recherche diagnostique se fait dans l’objectif d’éliminer en
premier les affections urgentes.