Diagnostic positif
:
A - Inspection
:
Le diagnostic d’une détresse respiratoire néonatale est
essentiellement un diagnostic d’inspection et n’offre
guère de difficultés.
L’enfant est observé en incubateur,
au calme (si possible, avec une mesure continue de la
saturation par oxymétrie de pouls).
Les principaux
signes sont :
• les signes de lutte respiratoire : codifiés par Silverman.
La cotation de Silverman permet de quantifier
la gravité d’une détresse respiratoire, et de suivre son
évolution. Lorsque la respiration est strictement normale,
le total du score est nul.
Lorsque l’enfant est en détresse, le total des 5 signes augmente avec la sévérité de la
maladie.
Ces signes sont plus précoces et marqués
chez le prématuré ;
• la coloration : cyanose localisée (péribuccale, unguéale)
ou généralisée.
Elle est à interpréter en fonction de
l’hémodynamique périphérique et du chiffre d’hémoglobine
(aspect cyanique des polyglobulies). Une
cyanose d’origine respiratoire doit s’améliorer sous
oxygénothérapie.
L’absence d’amélioration malgré
l’oxygénothérapie signe une hypoxémie réfractaire.
Un teint gris signe une hypercapnie ou des troubles
hémodynamiques associés ;
• la fréquence et le rythme respiratoires : la fréquence
normale pour un nouveau-né à terme dans les premières
heures de vie est inférieure à 40/min.
Une tachypnée
peut dépasser 100 cycles respiratoires/min. L’ampliation
thoracique est alors très superficielle. Une bradypnée,
parfois associée à des « gasps », est un signe de grande gravité.
Le rythme peut être régulier, ou irrégulier,
entrecoupé de pauses (arrêts respiratoires pendant
moins de 15 s) ou d’apnées (pauses respiratoires de
durée supérieure à 15 s ou s’accompagnant de cyanose
et bradycardie).
B - Le reste de l’examen clinique
doit être rapide :
• Auscultation du thorax : le murmure vésiculaire est
normalement symétrique, les bruits du coeur en place.
L’auscultation recherche des râles, une disparition du
murmure vésiculaire, un déplacement médiastinal.
• Sur le plan hémodynamique : toute détresse respiratoire
peut avoir un retentissement hémodynamique.
On doit donc contrôler le temps de recoloration cutanée
(normal inférieur à 3 s), la bonne perception des pouls
périphériques, la tension artérielle (chiffres à interpréter
en fonction de l’âge gestationnel et de l’âge réel du
nouveau-né).
• État neurologique : un enfant en détresse est souvent
fatigué, hypotonique, hyporéactif, si bien que l’examen
neurologique est d’interprétation délicate : il doit donc
être recontrôlé ultérieurement lorsque la situation
respiratoire est améliorée.
Diagnostic de gravité
:
Les signes de gravité permettent d’orienter la prise en
charge thérapeutique.
Il convient de rechercher : un score
de Silverman > 4 ou 5, une cyanose, des signes d’épuisement
(bradypnée, irrégularité du rythme respiratoire, apnées
multiples, gasps), des troubles hémodynamiques (pâleur,
tachycardie, hypotension), des troubles neurologiques
(prostration, aréactivité).
Ils justifient une prise en charge
immédiate de la ventilation d’abord manuelle (masque
et Ambu) puis mécanique après intubation endotrachéale.
Diagnostic étiologique :
On peut schématiquement classer les détresses
respiratoires néonatales en causes pulmonaires « non malformatives »
et en causes pulmonaires « malformatives ».
Les cardiopathies et les
maladies neurologiques et musculaires font également
partie des causes à évoquer devant une détresse respiratoire.
Une description plus détaillée des détresses respiratoires
néonatales les plus courantes est donnée dans le
chapitre «Traitements spécifiques des détresses respiratoires
les plus courantes ».
A - Anamnèse
:
L’anamnèse précise rapidement les antécédents familiaux
(une consanguinité peut orienter vers une maladie
métabolique), le déroulement de la grossesse (âge
gestationnel, malformation dépistée à l’échographie
anténatale), les circonstances d’accouchement (une
fièvre maternelle et des germes au prélèvement vaginal
orientent vers une infection maternofoetale) et de naissance
(accouchement par voie basse ou césarienne, un liquide
amniotique méconial oriente vers un syndrome d’inhalation,
un score d’Apgar bas vers une anoxie).
B - Signes cliniques :
La dissociation des signes respiratoires permet dans
certains cas d’orienter le diagnostic étiologique. Par
exemple :
– un geignement précoce avec augmentation progressive
des besoins en O2 doit faire suspecter une maladie des
membranes hyalines ou une infection ;
– une cyanose à une heure de vie sans polypnée oriente
plutôt vers une cardiopathie congénitale cyanogène ;
– une polypnée superficielle sans signe de lutte fait
penser à une maladie métabolique.
C - Examens complémentaires
:
Les examens complémentaires doivent être réduits au
strict minimum.
Ils doivent être réalisés rapidement,
mais seulement après avoir commencé un traitement
symptomatique de la détresse respiratoire.
1- Radiographie du thorax
:
Elle est indispensable, et doit être réalisée avec un
appareil mobile, sans transporter l’enfant, ni modifier
son oxygénothérapie.
L’interprétation des clichés ne peut être faite que si la
technique de prise radiographique est parfaite : cliché de
face, pris en fin d’inspiration, avec une bonne pénétration.
L’image thoracique normale correspond à un aspect
triangulaire du thorax, avec des arcs antérieurs des
premières côtes symétriques par rapport au rachis, des
coupoles diaphragmatiques situées au niveau de l’arc
postérieur des 8es côtes, un index cardiothoracique à 0,50.
La transparence des 2 champs pulmonaires doit être
symétrique, de tonalité aérique, et il doit exister de l’air
dans l’abdomen.
Les parties molles et les structures
osseuses doivent être analysées.
On vérifie toujours
la position des prothèses (sondes d’intubation, sondes
gastriques, cathéter...).
Les anomalies radiographiques observées au cours des
détresses respiratoires seront fonction des différentes causes.
Une bonne connaissance de l’anamnèse, un examen
clinique rapide mais soigneux et une radiographie du
thorax de bonne qualité suffisent pour porter un diagnostic
étiologique.
Il est exceptionnel qu’à ce stade, il soit
nécessaire de réaliser des examens complémentaires
plus sophistiqués à visée étiologique.
2- Gaz du sang
:
Ils n’apportent pas de renseignements diagnostiques.
Les gaz du sang (et le monitorage non invasif : oxymétrie
de pouls, PO2 et PCO2 transcutanées) permettent
d’adapter l’oxygénothérapie.
Le prélèvement est réalisé
de préférence en sang artériel, et interprété en fonction
de la fraction en oxygène de l’air inspiré (FIO2).
La pression partielle d’oxygène dans le sang artériel
(PaO2) normale est située entre 70 et 80 mmHg (9,3 à
10,6 Kpa).
La PCO2 normale est située entre 35 et 45 mmHg (4,7 à
6 Kpa).
Le pH normal est situé entre 7,35 et 7,40.
Le base excess (BE) calculé est entre – 5 et 0.
En cas de détresse respiratoire néonatale, toutes les
situations sont possibles : gaz normaux, acidose gazeuse
ou métabolique.
3- Autres examens
:
Peu d’examens sont nécessaires soit au diagnostic étiologique,
soit à la surveillance de l’enfant : dextrostix, groupe
sanguin, Rhésus, Coombs direct, numération formule
sanguine, plaquettes, CRP (protéine C-réactive), prélèvements
bactériologiques centraux et périphériques.
D’autres examens sont pratiqués en fonction de l’état
clinique (bilirubine, hémostase, glycémie, calcémie...).
Diagnostic différentiel
:
Les manifestations respiratoires ne sont pas toujours
dues, chez le nouveau-né, à une détresse d’origine
pulmonaire.
Certaines manifestations de types respiratoires
doivent faire évoquer certains diagnostics
différentiels :
• Une cyanose : avant tout, une cardiopathie congénitale
malformative.
C’est notamment le cas des cardiopathies
cyanogènes, où la cyanose profonde et réfractaire peut
s’associer à une polypnée d’acidose sans signe de lutte.
Plus rarement, il faut penser à une polyglobulie ou encore
une méthémoglobinémie.
• Une polypnée : une acidose en rapport avec une
souffrance foetale aiguë avec anoxie ou une maladie
métabolique de révélation précoce : hypoglycémie,
acidose lactique ou non par anomalie héréditaire du
métabolisme des acides aminés ou des sucres.
• Des apnées isolées : des convulsions, un début d’infection,
une entérocolite, une intoxication médicamenteuse
(dépression respiratoire d’origine centrale après
anesthésie générale de la mère).
Traitement :
A - Traitement symptomatique en urgence :
Toute détresse respiratoire néonatale impose de mettre
rapidement en oeuvre une série de mesures permettant d’éviter le retentissement cérébral d’une anoxie ou
d’une asphyxie prolongée.
Ces mesures doivent intervenir
immédiatement après avoir reconnu et apprécié la gravité
de la détresse respiratoire et avant tout examen complémentaire.
Tous les soins doivent être réalisés avec douceur
et en respectant les règles d’asepsie. Ils comportent :
– une désobstruction rhinopharyngée ;
– la mise en place d’une sonde gastrique par voie buccale
permettant l’évacuation de l’estomac ;
– une surveillance électronique par monitorage cardiorespiratoire
continu obligatoire ;
– la mise en incubateur ou sur lit radiant, quel que soit le
poids du nouveau-né : cela permet de maintenir une
température normale, et de réaliser une surveillance
clinique continue ;
– une voie d’abord veineuse pour apporter de l’eau, du
glucose, des électrolytes et des médicaments. La mise
en place d’un cathéter artériel par voie ombilicale ne
doit être réalisée qu’en centre spécialisé ;
– oxygénothérapie : par l’intermédiaire d’une enceinte
en plastique rigide placée autour de la tête de l’enfant
ou « Hood » : cette technique permet l’apport continu
d’O2. Une surveillance de la saturation par oxymétrie
de pouls et (ou) de la PO2 et de la PCO2 transcutanées
permet d’adapter la fraction en oxygène de l’air inspiré
aux besoins de l’enfant et d’éviter l’hyperoxie néfaste
chez le grand prématuré (facteur de risque de la rétinopathie
du prématuré ou fibroplasie rétrolentale).
De plus en plus souvent, l’oxygénothérapie avec Hood tend à être remplacée par l’institution précoce
d’une pression positive continue (PPC) réalisée avec une
sonde d’intubation nasale (pression positive continue
nasale) ou plus récemment le système « Infant Flow».
L’avantage de ces techniques par rapport au Hood est
d’éviter de façon non invasive le collapsus alvéolaire,
de favoriser le rapport ventilation/perfusion et de
diminuer le travail respiratoire ;
– en présence de signes de gravité ou si la détresse respiratoire
s’aggrave malgré la pression positive continue,
la ventilation artificielle après intubation endotrachéale
s’impose.
Tout enfant en détresse respiratoire doit être transféré en
unité de néonatologie-soins intensifs par l’intermédiaire
d’un SMUR pédiatrique.
Actuellement, la mise en place
de réseaux régionaux facilite le transfert des grossesses
à risque in utero, c’est-à-dire avant l’accouchement, afin
que le nouveau-né et sa mère puissent bénéficier d’une
prise en charge dans un centre disposant d’un plateau
technique approprié.
B - Traitements spécifiques des détresses
respiratoires les plus courantes :
1- Maladie des membranes hyalines (MMH) :
• Définition : elle est due à un déficit fonctionnel en
surfactant pulmonaire, complexe phospholipidique et
protéique fabriqué par le pneumocyte II dans les
dernières semaines de la gestation et nécessaire à la création et au maintien d’une capacité résiduelle fonctionnelle.
La fréquence de ce déficit est proportionnelle
au degré de prématurité.
Le poumon est peu compliant
et le siège d’atélectasies étendues responsables d’un
effet shunt intrapulmonaire important et d’une hypoxémie
sévère.
• Diagnostic : la maladie des membranes hyalines est
marquée par une détresse respiratoire précoce, s’aggravant
pendant les 24 premières heures, en « plateau » pendant
2 jours, puis par une amélioration rapide (« virage »)
vers la 72e heure de vie.
Radiologiquement, il existe un réticulogranité diffus, bilatéral, dessinant les contours
d’un bronchogramme aérique (syndrome alvéolaire)
avec une diminution de l’ampliation thoracique.
• Traitement : il est d’abord prophylactique : en accélérant
la maturation pulmonaire, l’administration de glucocorticoïdes
à la mère en menace d’accouchement prématuré
diminue d’environ 50 % l’incidence de la
maladie des membranes hyalines.
Le traitement curatif a
recours à la ventilation mécanique conventionnelle avec
une pression expiratoire positive (permettant d’éviter le
collapsus alvéolaire), à l’oxygénothérapie contrôlée, et à
l’administration intratrachéale de surfactants exogènes
d’origine animale ou artificiels.
Les surfactants exogènes
ont révolutionné la prise en charge de la maladie des
membranes hyalines : ils ont permis de réduire la mortalité
de 40 % et la survenue des pneumothorax de 70 %.
Actuellement, les indications des surfactants exogènes
s’étendent également aux déficits secondaires
– acquis
–
en surfactant chez le nouveau-né à terme.
En effet, le
surfactant peut être inactivé au cours de diverses
pathologies respiratoires néonatales comme l’alvéolite
infectieuse, l’inhalation méconiale, ou l’hémorragie
pulmonaire.
• Complications :
– les barotraumatismes : emphysème interstitiel, pneumomédiastin,
pneumothorax, dont la fréquence a diminué
avec l’utilisation des surfactants exogènes ;
– chez le grand prématuré (âge gestationnel < 32 semaines
d’aménorrhée) : la persistance du canal artériel (souffle systolodiastolique, hyperpulsabilité artérielle, pression
artérielle diastolique basse, oedème pulmonaire),
confirmée par l’échocardiographie, accessible à un
traitement médical (inhibiteur de la synthèse des
prostaglandines) ou chirurgical (ligature) ;
– toujours chez le grand prématuré : la dysplasie bronchopulmonaire
(DBP), pathologie respiratoire secondaire
définie par la persistance de besoins en oxygène ou
d’une assistance respiratoire après 28 jours de vie et
(ou) 36 semaines d’âge corrigé.
Sa physiopathologie
est multifactorielle : chorioamniotite, immaturité
pulmonaire, toxicité de l’oxygène, barotraumatismes
liés à la ventilation assistée, surinfections respiratoires,
poussée d’oedème pulmonaire favorisée par la persistance
du canal artériel.
L’avènement des surfactants
exogènes a peu modifié l’incidence de la dysplasie bronchopulmonaire, mais en a diminué la gravité.
Dans certaines circonstances, une corticothérapie peut
être proposée en vue de favoriser l’extubation.
2- Détresse respiratoire transitoire (DRT) :
• Définition : elle est en rapport avec un trouble de
résorption du liquide pulmonaire qui est normalement
présent dans les alvéoles du foetus pendant la vie intrautérine.
On l’observe plus souvent en cas d’accouchement
par césarienne.
Elle peut survenir quel que soit le terme,
mais plus fréquemment chez le prématuré.
• Diagnostic : la détresse respiratoire est généralement
peu importante, surtout marquée par une tachypnée, et
s’améliore en quelques heures.
La radiographie montre
un poumon « humide » (opacités liquidiennes alvéolaires
puis interstitielles).
• Traitement : en général, une oxygénothérapie simple
sous Hood ou avec pression positive continue nasale est
suffisante.
Le pronostic est en règle rapidement favorable en moins
de 24 h.
3- Syndromes d’inhalation :
• Définition : ils sont dus à la survenue de mouvements
respiratoires au moment de la naissance, provoqués par
une anoxie foetale, entraînant la pénétration de liquide
amniotique plus ou moins teinté de méconium dans les
poumons.
• Diagnostic : les tableaux cliniques sont variables,
depuis la détresse respiratoire minime (simple polypnée)
jusqu’à la défaillance polyviscérale témoignant d’une
anoxie très sévère.
La radiographie montre typiquement
une distension thoracique avec une alternance irrégulière
de zones atélectasiées et de zones d’emphysème obstructif.
• Traitement : le traitement préventif consiste dès la
naissance, en présence de signes de souffrance foetale
aiguë avec liquide amniotique d’aspect méconial, en une
aspiration bucco-pharyngée lorsque la tête est à la vulve,
et en une désobstruction pharyngée suivie d’une intubation
endotrachéale la plus précoce afin d’aspirer les sécrétions trachéales et d’empêcher la survenue d’une
maladie respiratoire grave.
En cas de naissance en état de mort apparente, l’aspiration
trachéale après intubation doit précéder toute tentative
de ventilation.
Sinon, le tableau une fois constitué
nécessite de recourir à la ventilation mécanique.
En
fonction de la gravité de la pathologie respiratoire, la prise
en charge sera plus ou moins lourde (Hood, intubationventilation
artificielle, surfactant exogène...).
Les complications
redoutées sont le pneumothorax, l’hypoxémie
réfractaire, et les complications en rapport avec l’anoxie :
encéphalopathie anoxo-ischémique, hépatopathie et
néphropathie postanoxiques.
Le pronostic dépend moins
de la gravité de la maladie respiratoire que de la sévérité
de l’anoxie cérébrale.
4- Alvéolite infectieuse (ou « pneumonie »
du nouveau-né) :
• Définition : L’alvéolite infectieuse constitue l’une
des localisations fréquentes de l’infection maternofoetale,
le plus souvent à streptocoque B.
Elle peut être
isolée ou associée à un déficit en surfactant pulmonaire
par immaturité (prématurité) ou un syndrome
d’inhalation.
• Diagnostic : elle doit être systématiquement évoquée
devant toute détresse respiratoire, chez le prématuré
comme chez le nouveau-né à terme, même en l’absence
de toute anamnèse infectieuse.
• Traitement : l’antibiothérapie doit rester systématique
devant toute détresse respiratoire chez le nouveau-né.
Le
traitement est sinon symptomatique : oxygène sous Hood, pression positive continue, ventilation mécanique,
selon le degré de gravité.
5- Pneumothorax
:
Il peut être spontané (souvent révélateur d’un syndrome
d’inhalation méconnu), ou survenir au cours d’une ventilation
mécanique.
• Diagnostic : cliniquement, en dehors de la détresse
respiratoire, il peut être suspecté sur l’abolition du
murmure vésiculaire, le déplacement des bruits du coeur
controlatéral, la distension abdominale.
Le diagnostic
est aisément confirmé par la transillumination ou par la
radiographie du thorax (lame d’air plus ou moins importante
refoulant le parenchyme pulmonaire).
• Traitement : il dépend du degré de tolérance : il va de la
simple surveillance dans les formes mineures jusqu’à
l’exsufflation à l’aiguille ou au drainage thoracique
urgent en cas de pneumothorax suffocant.
6- Apnées du prématuré
:
Elles sont de survenue inopinée, et peuvent entraîner
bradycardie et hypoxémie sévères. Elles sont parfois
favorisées par une hypothermie, une hypoglycémie, une
anémie, ou une hypoxémie chronique.
Rarement, elles
sont le signe avant-coureur d’une surinfection ou d’une
entérocolite ulcéronécrosante.
Cependant, ces causes
sont toujours à évoquer avant d’attribuer l’apnée à la
prématurité.
Les traitements proposés sont la prescription des dérivés
xanthiques (caféine ou théophylline), le doxapram et le
recours à une pression positive continue (PPC) ou à une
ventilation nasale.
Le pronostic de ces apnées est bon, car les anomalies
de la commande respiratoire disparaissent en général
au fur et à mesure de la maturation.
7- Détresses respiratoires d’origine malformative
:
Elles requièrent le plus souvent un traitement chirurgical,
mais nécessitent toujours la même attitude symptomatique
pour prévenir l’anoxie cérébrale.
• Hernie diaphragmatique congénitale
Définition : il existe une solution de continuité d’une
partie de la coupole diaphragmatique (le plus souvent
gauche) entraînant la pénétration des organes dans la
cavité thoracique.
Le diagnostic est le plus souvent
anténatal (échographie).
Diagnostic: la détresse respiratoire est le plus souvent
d’emblée majeure dès la naissance. Le diagnostic clinique
repose sur la triade classique : abolition du murmure
vésiculaire à gauche, refoulement des bruits du coeur
vers la droite et abdomen plat.
La radiographie confirme
le diagnostic en montrant la présence d’anses intestinales
dans l’hémithorax gauche.
Traitement : l’intubation doit être la plus précoce pour
éviter la ventilation au masque responsable d’une dilatation
des anses digestives intrathoraciques.
Le traitement chirurgical
n’est plus une urgence. Le nouveau-né est d’abord
transféré en réanimation pour stabilisation préopératoire
(3 à 10 j en moyenne) comprenant la plupart du temps
une prise en charge lourde (ventilation à haute fréquence,
NO inhalé, surfactant exogène).
Le pronostic dépend de la qualité des soins périopératoires,
et du degré de l’hypoplasie pulmonaire associée.
• Atrésie de l’oesophage
Définition : c’est l’interruption de la continuité de l’oesophage,
le plus souvent au niveau thoracique avec fistule
de l’extrémité inférieure dans la trachée (type III).
Diagnostic : évoquée en cas d’hydramnios non expliqué,
(passage d’une sonde gastrique et auscultation abdominale
lors de l’injection d’air).
La radiographie du
thorax (sonde s’enroulant au niveau de D2-D3) confirme
le diagnostic.
Si celui-ci est méconnu, les conséquences
respiratoires (par inhalation de salive ou régurgitations
de liquide gastrique dans les poumons) peuvent retarder
le traitement chirurgical et grever le pronostic respiratoire.
Traitement : la prise en charge comprend la position en
proclive et l’aspiration continue du cul-de-sac oesophagien
supérieur en attendant la chirurgie.
Le pronostic dépend essentiellement de la précocité du
diagnostic, du poids de l’enfant, et d’éventuelles malformations
associées (vertèbres, coeur, reins).
• Atrésie des choanes
Définition : obstruction uni- ou bilatérale de la partie
nasale des voies aériennes supérieures, elle est responsable
d’accès de cyanose disparaissant au cri.
Diagnostic : cette malformation est systématiquement
dépistée en salle de naissance : au cours de l’aspiration naso-pharyngée, la sonde bute à environ 1 à 2 cm de
l’orifice des narines.
Un scanner des choanes permet au
mieux d’apprécier les caractéristiques anatomiques de
cette malformation.
Traitement : le traitement à la naissance est la mise en
place d’une canule de Mayo pour permettre une respiration
buccale et la position ventrale.
Le traitement ultérieur
fait appel à la chirurgie ORL.
• Syndrome de Pierre Robin
Définition : il associe micrognatisme, fente palatine et
glossoptose.
Traitement : la symptomatologie respiratoire est en partie
due à la chute postérieure de la langue et en partie d’origine
centrale : elle peut être améliorée par la position ventrale
et le maintien de la perméabilité pharyngée à l’aide
d’une sonde d’intubation oropharyngée ou d’une canule
de Mayo.
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