Éliminer ou traiter une urgence :
PURPURA FULMINANS :
Le purpura fulminans est l'urgence extrême a éliminer devant
tout purpura.
Typiquement, il s'agit d'un état de choc associé a un purpura
ecchymotique et nécrotique rapidement extensif, survenant chez
un enfant (plus rarement chez l'adulte) au cours d'une méningite
bactérienne, le plus souvent méningococcique.
* A ce stade le pronostic vital et fonctionnel (nécroses
digitales) est réservé.
* Le traitement du choc et l'antibiothérapie (céphalosporine de
3e génération) sont la priorité absolue.
* Il ne doivent pas être retardés par les examens, y compris
bactériologiques (hémocultures et ponction lombaire), qui
peuvent être pratiqués immédiatement au décours de
l'instauration des mesures de réanimation.
Cependant, au cours des purpuras méningococcémiques, la fièvre
et le syndrome méningé ne sont pas toujours au premier plan et
le purpura peut initialement être discret, limité a quelques
pétéchies, n'ayant pas les caractéristiques sémiologiques d'un
purpura fulminans.
* Chez un enfant, un purpura aigu doit donc avant tout faire
suspecter le diagnostic de méningococcémie.
* Au moindre doute l'enfant doit être dirigé d'urgence dans un
service hospitalier après injection a domicile d'antibiotique.
SYNDROME HÉMORRAGIQUE GRAVE :
Le purpura cutané est associé a des hémorragies muqueuses
(gingivorragies, épistaxis, ménorragies...).
* La numération sanguine (révélant une thrombopénie majeure
inférieure a 50000/mm3) est a demander en urgence, accompagnée
des résultats suivants: TP et TCA (anormaux en cas de
coagulation intravasculaire disséminée), groupe, rhésus,
agglutinines irrégulières.
* Le fond d'oeil systématique doit rechercher des hémorragies
rétiniennes faisant craindre une hémorragie méningée. Dans ce
cas, un traitement urgent doit être entrepris en fonction de
l'orientation étiologique fournie par l'anamnèse (repos au lit
et éviction de tout traumatisme systématiquement, transfusion
plaquettaire chez un patient aplasique après chimiothérapie,
immunoglobulines intraveineuses en cas de purpura thrombopénique
immunologique...).
* En l'absence d'orientation étiologique, lorsque le pronostic
vital est en jeu, la transfusion d'unités plaquettaires est
possible en attendant le complément du bilan paraclinique,
sachant qu'elle aura une efficacité transitoire en cas de
thrombopénie périphérique.
Orientations diagnostiques en dehors de l'urgence :
La première étape diagnostique en dehors du cadre de l'urgence
repose sur l'interrogatoire et l'examen clinique qui permettent
dans la majorité des cas de déterminer l' origine plaquettaire
ou vasculaire du purpura qui sera confirmée par la numération
plaquettaire et le temps de saignement.
PURPURAS PLAQUETTAIRES :
Le plus souvent dé a une thrombopénie (généralement inférieure a
50000/mm3), le purpura est plan, monomorphe, diffus, souvent
associé a des hémorragies muqueuses.
En l'absence d'atteinte des autres lignées sanguines, le
myélogramme permet de différencier une thrombopénie d'origine
centrale (mégacaryocytes absents) d'une thrombopénie
périphérique (mégacaryocytes normaux). les principales causes de
thrombopénie.
Les thrombopathies (taux de plaquettes normal, TS allongé) sont
rarement responsables de purpura.
PURPURAS VASCULAIRES : LES VASCULARITES :
Les purpuras vasculaires sont dominés par les vascularites des
vaisseaux de petit et de moyen calibre du derme, secondaires au
dépot de complexes immuns (ou a leur formation in situ) et de
complément.
Description du purpura
Le purpura est:
- infiltré, palpable, prédominant aux membres inférieurs,
aggravé par l'orthostatisme, polymorphe (pétéchial et
ecchymotique, parfois nécrotique...).
- associé a d'autres lésions élémentaires (macules, nodules,
lésions nécrotiques, bulles hémorragiques, urticaire,
livedo...).
Examen histologique
Le diagnostic est confirmé par l'examen histologique cutané:
- nécrose fibrinoïde de la paroi vasculaire et infiltrat riche
en polynucléaires pycnotiques (vascularite leucocytoclasique) ou
en lymphocytes (vascularite lymphocytaire) qui ont la même
signification.
- l'immunofluorescence directe montre en général des dépôts
vasculaires d'immunoglobulines et/ou de la fraction C3du
complément.
Interrogatoire et examen clinique
L'interrogatoire et l'examen clinique général ont deux
objectifs:
* recherche d'une atteinte de vascularite viscérale, articulaire
(arthralgies et/ou arthrites), digestive (douleur, méléna,
trouble du transit), neurologique (neuropathie périphérique),
rénale (oedèmes, HTA, protéinurie et hématurie a la bandelette
urinaire). Une atteinte systémique fera suspecter une
vascularite s'intégrant dans une entité anatomoclinique
particulière:
- purpura rhumatoïde (rare chez l'adulte).
- périartérite noueuse: assez rarement révélée par un purpura.
atteinte musculaire, cardiaque, neurologique au premier plan.
vascularite des artères musculaires de petit et moyen calibre.
- maladie de Churg et Strauss: très proche de la périartérite
noueuse. atteinte pulmonaire et hyperéosinophilie plus
importante.
- maladie de Wegener: atteinte ORL. atteinte pulmonaire (nodules
ou infiltrats). anticorps anticytoplasme des polynucléaires de
type "cytoplasmiques diffus" (CANCA).
* recherche d'antécédents, de symptomes et de signes pouvant
orienter vers une cause: valvulopathie (endocardite
bactérienne), brélures ou écoulement génital (gonococcémie),
chirurgie/transfusion (hépatite C), adénopathies (lymphomes,
cancer), prises médicamenteuses récentes.
Chez l'adulte :
* Chez l'adulte, le bilan sanguin comprend systématiquement un
certain nombre d'explorations: VS, transaminases, urée et
créatinine, complément, facteurs antinucléaires, latex,
Waaler-Rose, électrophorèse des protéines et
immunoélectrophorèse, cryoglobuline, ASLO, sérologies des
hépatites B et C, protéinurie des 24 heures et hématurie.
* Le bilan infectieux sera fait en cas de point d'appel clinique
(hémocultures en cas de valvulopathie même sans fièvre), la
biopsie rénale sera discutée en cas de protéinurie supérieure a
1g/24h.
* Ce bilan permet de diagnostiquer les principale causes de
vascularites .Néanmoins, plus de 50% des vascularites restent
sans étiologie retrouvée et, bien que souvent attribuées a une
prise médicamenteuse, moins de 10% d'entre elles sont réellement
imputables a un médicament.
Chez l'enfant :
Chez l'enfant, la principale cause de purpura vasculaire est le
purpura rhumatoïde, associant au purpura cutané a un degré
variable des manifestations articulaires, digestives et rénales.
Il est souvent précédé d'un syndrome infectieux.
* En immunofluorescence directe, le dépôt d'IgA dans la paroi
des vaisseaux dermiques et dans le mésangium rénal (lorsqu'une
biopsie rénale est nécessaire) a une grande valeur diagnostique.
* Un bilan biologique standard comprenant les dosages de l'urée
et de la créatinine ainsi que la recherche d'une protéinurie ou
d'une hématurie suffisent.
* Le bilan immunologique est normal et inutile.
* Un prélèvement de gorge est indiqué en cas de point d'appel
clinique.
Le pronostic a court terme est dominé par l'atteinte digestive
(risque d'invagination aigue ou de perforation). le pronostic a
long terme est dominé par l'atteinte rénale mais il est
généralement favorable (moins de 5% de cas d'insuffisance rénale
chronique).
AUTRES PURPURAS VASCULAIRES :
Le purpura par fragilité capillaire (amylose, sénescence,
scorbut, corticothérapie générale ou locale prolongée) et de
l'insuffisance veineuse (dermite ocre) est pétéchial, non ou peu
infiltré et d'évolution chronique.
* le taux de plaquettes est normal.
* il n'existe pas de vascularite nécrosante histologique mais
une simple capillarite superficielle.
* Aucun bilan ou traitement spécifique n'est nécessaire (hormis
celui de l'insuffisance veineuse).
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