Dermatite allergique de contact
(Suite)
Cours de dermatologie
Eczémas particuliers
:
A - ECZÉMA AÉROPORTÉ
:
Il se caractérise par une distribution topographique particulière.
Les
molécules ou particules aéroportées s’accumulent préférentiellement
dans les plis cutanés : les rides du front, les sillons nasogéniens,
l’espace sous-mentonnier, les paupières et en débordent plus ou
moins fortement.
Les zones rétroauriculaires peuvent être
typiquement atteintes.
On note parfois une accumulation des
poussières à l’encolure et aux emmanchures.
De nombreux allergènes peuvent donner lieu à une allergie
aéroportée.
Il peut s’agir de parfums, de vapeurs diverses.
On peut
citer les sels de chrome du ciment, les résines époxydiques, la
sciure de bois, les médicaments comme le propacétamol
(Pro-Dafalgant).
B - ECZÉMA PHOTOALLERGIQUE :
La disposition de l’eczéma peut être très suggestive d’un eczéma
photoallergique.
Les zones exposées sont prioritairement atteintes
bien qu’à la longue les lésions puissent déborder en zones couvertes.
Lorsque le visage est atteint, les plis du visage sont plutôt épargnés
de même que, de manière très caractéristique, la zone sousmentonnière,
le haut du cou et la zone rétroauriculaire.
Les
paupières sont également peu atteintes.
Les molécules en jeu ne donnent pas de réactions lorsqu’elles n’ont
pas été exposées à la lumière.
Ce sont le plus souvent les UVA qui
modifient l’allergénicité d’une molécule mais les UVB en seraient
également capables.
La molécule peut avoir été posée sur la peau
ou peut y aboutir après administration par voie générale
(fénofibrate, anti-inflammatoires non stéroïdiens [AINS],...).
À l’heure actuelle, il n’existe pas encore de batterie européenne de photoallergie. Cela tient au fait que l’importance à accorder aux
différents photoallergènes ne fait pas encore l’unanimité.
Certaines molécules ne donnent lieu qu’à des
réactions de photoallergie tandis que d’autres ne sont
qu’accessoirement à l’origine de telles réactions.
Un certain nombre
de photoallergènes sont tombés en désuétude.
On pourrait ajouter à cette liste de nombreuses substances comme
le kétoprofène (Kétumt, Fastumt), la chlorproéthazine
(Neuriplèget), l’olaquindox,...
De nombreux médicaments administrés par voie générale
peuvent donner lieu à des photosensibilisations, soit par mécanisme phototoxique, soit par mécanisme photoallergique.
Les photopatchtests ne sont cependant pas nécessairement positifs.
Des
investigations photobiologiques plus approfondies doivent alors être
réalisées.
C - ECZÉMA MANUPORTÉ :
Il se rencontre principalement au visage et plus spécifiquement aux
paupières mais peut, a priori, se localiser n’importe où.
Un exemple
classique est l’allergie à la résine tosylamide/formaldéhyde
(anciennement connue sous le nom de résine toluène sulfonamide formaldéhyde) des vernis à ongles.
Elle ne se manifeste que
tardivement sur le pourtour des ongles alors que l’eczéma des
paupières, du visage et du cou prédomine.
D - ECZÉMA PAR PROCURATION :
Une localisation asymétrique d’un eczéma doit faire envisager la
possibilité d’un contact avec un produit véhiculé par quelqu’un
d’autre.
Une personne peut, par exemple, s’allergiser au produit de
la permanente de son conjoint par contact avec ses cheveux.
E - ECZÉMA PAR VOIE INTERNE :
Aucun terme satisfaisant n’a été retenu à l’heure actuelle.
Les Anglo-Saxons parlent de systemic contact dermatitis.
Il s’agit d’un eczéma
déclenché par la prise d’un médicament par voie générale alors que
le sujet avait été sensibilisé au préalable par la même molécule ou
par une molécule semblable par voie topique.
Le contraire peut
également se concevoir.
Le patient déclenche un eczéma de contact
après application d’un topique alors qu’il avait été exposé au
préalable, par voie générale, à une molécule identique ou voisine.
Cela peut se produire avec les aminosides (gentamycine et
néomycine), avec les corticostéroïdes ou les AINS par exemple.
De
façon caractéristique, l’eczéma se développe de manière très
symétrique sur le corps.
F - DERMATITE DE CONTACT AUX PROTÉINES :
La dermatite de contact aux protéines peut donner le change pour
une dermatite atopique.
Il s’agit très généralement d’une atteinte
d’allure chronique. Cet eczéma est provoqué par des molécules de
poids moléculaire élevé : les protéines.
Ces protéines donnent
d’abord une sensation de prurit avec éventuellement une papule urticarienne et ce n’est que par la suite qu’une réaction eczémateuse
apparaît.
Il s’agit d’un problème rencontré plus particulièrement en boucherie
ou en poissonnerie mais aussi chez les vétérinaires.
On l’observe
également avec des protéines végétales, comme le latex par exemple.
En boulangerie, c’est plus particulièrement l’alpha-amylase, un
améliorant de la farine, qui peut donner ce type de manifestations.
Le pourtour périunguéal est le plus souvent atteint, avec une
extension éventuelle au dos des mains.
À la différence des eczémas de contact classiques, la détection de la
dermatite de contact aux protéines ne se fait pas par des tests épicutanés mais bien par des prick tests ou des tests de scarification
avec, éventuellement, occlusion subséquente (scratch chamber test).
C’est ce même mécanisme qui est responsable de l’apparition d’un
eczéma aux poussières domestiques dans un certain nombre
d’eczémas atopiques.
Approche de l’eczéma en fonction
de sa topographie :
A - ECZÉMA DES PAUPIÈRES :
Les produits appliqués à même la peau sont les premiers suspects.
Il peut s’agir de cosmétiques pour le contour des yeux, de mascaras,
d’ombres à paupières, de démaquillants, de produits
ophtalmologiques (collyres bêtabloquants, cholinergiques, etc).
L’eczéma de contact peut se manifester principalement aux
paupières parce que l’allergène y a été transporté (manuporté).
C’est
typiquement le cas de l’allergie au vernis à ongle dont l’allergène
principal est la résine tosylamide/formaldéhyde.
Les paupières peuvent être atteintes lors de l’utilisation de produits
ophtalmiques.
Le thiomersal est souvent cité mais il faut peut-être
davantage retenir les collyres de bêtabloquants (timolol, cartéolol,
lévobunolol,...), de phényléphrine, de pilocarpine.
Le chlorure de benzalkonium, bien qu’il occasionne souvent une sensation
désagréable de picotements des yeux, ne donne que très rarement
une réelle allergie.
Les tests avec cette substance (ammonium
quaternaire) sont volontiers irritants.
C’est sur les paupières qu’apparaissent souvent en premier lieu les
allergies aéroportées, que ce soit en milieu professionnel ou non.
Les photoallergies, en revanche, épargnent généralement les
paupières.
Les paupières peuvent encore être le siège de dermatite atopique ou
de dermatite d’irritation dont il faudra tenir compte lors du
diagnostic différentiel.
B - ECZÉMA DU COU
:
La peau du cou réagit facilement, comme celle des paupières. Un
certain nombre d’allergènes sont d’ailleurs communs.
On peut
retenir l’allergie manuportée au vernis à ongle, l’allergie de contact ou l’allergie aéroportée aux parfums et autres vaporisateurs.
C’est
un site classique pour une allergie de contact au nickel.
Un eczéma localisé sur le pourtour du cuir chevelu est évocateur
d’une allergie au shampooing.
C - ECZÉMA DES MAINS :
L’eczéma des mains est, par excellence, professionnel.
Un
eczéma aéroporté peut aussi s’envisager, de même qu’une photoallergie.
Une analyse précise de la localisation de l’atteinte est
très utile : la face dorsale, la face palmaire, les faces latérales des
doigts ou des mains sont-elles atteintes ?
La face palmaire est
généralement atteinte plus tardivement que la face dorsale étant
donné sa relative résistance à la pénétration des allergènes.
L’atteinte
palmaire fait souvent suspecter une atopie ou une dermatite
d’irritation de type orthoergique.
L’atteinte du bord des mains est
en faveur d’une dysidrose.
La main dominante est-elle atteinte de la
même manière que l’autre ?
Tous les doigts sont-ils atteints ?
Une
atteinte du poignet et de la face dorsale de la main doit
automatiquement faire penser à une allergie aux gants.
Une
hyperkératose des mains peut correspondre à un eczéma chronique
mais aussi à une forme de psoriasis, voire à une mycose.
D - PULPITE
:
Une pulpite de la main gauche, chez un droitier, permet d’évoquer
une allergie à l’ail.
Ce sont les trois premiers doigts de la main qui
tient la gousse qui sont le plus souvent atteints.
L’ail peut être
facilement testé avec une décoction aqueuse pour autant que la
préparation soit suffisamment diluée.
Pour être sûr de l’absence
d’irritation, il est recommandé de réaliser systématiquement des
contrôles sur des sujets sains.
Un diagnostic de pulpite doit encore faire penser à une allergie aux
acrylates.
Ceux-ci peuvent se rencontrer dans des professions très
diverses : en dentisterie et chez les laborantins travaillant en
laboratoire dentaire, dans diverses activités de manutention
(utilisations de rubans adhésifs divers), en imprimerie (livres,
magazines, étiquettes diverses).
L’eczéma atopique peut se localiser préférentiellement aux pulpes.
E - ECZÉMA DES JAMBES
:
Les traitements d’ulcères de jambe occupent une place non
négligeable (lanoline, néomycine, peroxyde de benzoyle, parabens,...).
Il ne faut cependant pas perdre de vue le rôle joué par
un éventuel eczéma de stase.
On peut encore suspecter le matériel métallique orthopédique.
En
ce qui concerne les prothèses, la libération d’ions métalliques
allergisants est pratiquement impossible.
Ceci ne se vérifie pas
toujours pour le matériel à type de plaques et de clous.
Une allergie
au nickel du matériel est parfois possible.
La preuve du rôle joué
par la prothèse dans l’eczéma est impossible à fournir sauf si l’on
ôte le matériel et qu’on observe la guérison.
Cet eczéma apparaît en
regard de la prothèse et, une fois installé, ne disparaît pas
spontanément.
Bien plus souvent qu’une réelle allergie, on note un
eczéma que l’on peut qualifier de stase et qui est dû à la
modification du drainage des tissus, consécutivement à la fracture
et à l’intervention.
Cet eczéma peut être plus fluctuant et persiste
même après ablation du matériel suspect.
L’atteinte du creux des genoux fait d’abord penser à une
manifestation d’atopie mais doit aussi faire évoquer une allergie
vestimentaire.
Lorsque le haut des cuisses est atteint, les objets contenus dans les
poches ou les vêtements de travail souillés peuvent être suspectés.
F - ECZÉMA DU VISAGE
:
Le visage est fort exposé aux allergènes les plus divers, que ce soit
par contact direct (cosmétiques au sens large) ou par l’intermédiaire
des mains (allergène manuporté).
L’allergène peut encore être
aéroporté ou il peut s’agir de photoallergie.
C’est aussi une
localisation typique pour l’eczéma par procuration. Bien
sûr, il peut aussi s’agir d’irritation ou d’eczéma constitutionnel.
G - ECZÉMA GÉNÉRALISÉ :
Cela peut être un eczéma de contact étendu ou un eczéma d’origine
interne, pouvant être déclenché par un médicament suite à une
sensibilisation par voie externe.
L’eczéma atopique reste une
possibilité qui peut d’ailleurs s’associer à une allergie de contact
vraie.
H - ECZÉMA DES FESSES :
Outre un contact direct, la localisation au niveau des fesses doit faire
évoquer ce que l’on appelle le « syndrome babouin ».
Il s’agit
typiquement d’une allergie causée par une substance administrée
par voie générale, donc, généralement, un médicament.
Le syndrome « Lucky Luke » est un eczéma de type aigu ou
subaigu localisé à la face externe de la partie supérieure des cuisses
d’un nourrisson ou d’un jeune enfant, comme s’il portait des étuis à
pistolets.
Il s’agit d’une allergie à un constituant de change complet.
Le rôle du caoutchouc (additifs) a pu être démontré dans un certain
nombre de cas.
Ces cas ont surtout été observés chez des enfants atopiques.
I - ECZÉMA PÉRIANAL ET ECZÉMA GÉNITAL
:
Outre la dermatite atopique et le psoriasis inversé, une atteinte
génitale ou anale peut être provoquée par un contact
médicamenteux (contexte de prurit, d’hémorroïdes).
Les coupables
sont souvent les anesthésiques locaux, les corticostéroïdes, la
lanoline, les dérivés de l’huile de ricin.
Les épices peuvent donner par voie digestive une irritation, voire
une réelle allergie au niveau anal. Le baume du Pérou ou le
fragrance mix peuvent en être des marqueurs.
Parfois, ce sont le
papier toilette humide (conservateurs, parfums) ou les additifs du
caoutchouc qui sont en cause.
J - ECZÉMA DES PIEDS :
À côté de l’eczéma atopique et de la dysidrose, il faut songer à
l’allergie de contact aux chaussures.
Cette allergie n’est pas
l’apanage des adultes.
Elle peut survenir de novo mais peut aussi se
surajouter à un eczéma dysidrosique préexistant. Bien souvent,
l’anamnèse révèle que les patients ont porté des chaussures
humides.
Cette humidité a alors solubilisé un ou plusieurs allergènes
et a favorisé la sensibilisation.
Des sensibilisations multiples ne sont
pas rares. Les allergènes sont classiquement les sels de chrome
utilisés pour tanner le cuir, les colles phénoliques (résine paratertiaire-butylphénolformaldéhyde), la colophane, les colorants ou
teintures, les additifs du caoutchouc. D’autres allergènes plus rares
peuvent jouer un rôle.
En plus des séries de tests classiques, il
convient de tester des échantillons provenant des chaussures ellesmêmes.
On découpe dans l’épaisseur de la chaussure, en regard des
zones cutanées atteintes, un fragment qui sera testé, de préférence
recto et verso.
En cas d’allergie isolée au cuir, il faudra recommander le port de
chaussures synthétiques.
Il existe des cuirs tannés aux végétaux
mais, en pratique, ceux-ci pourraient être contaminés par des
chromates.
En cas d’allergie aux colles des chaussures, on peut recommander
des chaussures cousues.
Bien que différents types de colles existent
sur le marché, comme celles-ci ne sont pas mentionnées par le
fabricant, il est impossible de connaître à l’avance quelles chaussures
pourraient convenir.
Les topiques médicamenteux et d’autres allergènes peuvent aussi
être suspectés.
K - ECZÉMA DES PLIS :
L’atteinte des plis est fréquente dans l’eczéma atopique mais peut
aussi caractériser une allergie vestimentaire (colorants, apprêts).
Les
eczémas par voie interne peuvent aussi avoir cette localisation.
Commentaires sur les séries de tests
complémentaires :
Au contraire de la batterie standard européenne, les séries
additionnelles sont sujettes à de grandes variations selon les centres
qui les utilisent.
A
- SÉRIE DES ACRYLATES :
Ces dernières années, l’utilisation des résines acryliques s’est
développée et étendue à de multiples domaines très différents.
Un certain nombre d’acrylates sont utilisés dans le domaine
dentaire.
Ils servent à la réalisation de prothèses ou à la réparation
de dents.
Les dentistes et les prothésistes dentaires ont un grand
risque de développer de telles allergies.
Les allergies chez les
patients sont en revanche très rares parce que la polymérisation a
déjà eu lieu.
Ces mêmes acrylates peuvent être utilisés pour fixer ou
pour fabriquer les ongles artificiels.
Le personnel des salons
d’esthétique peut être concerné mais les clients également.
Certains
de ces acrylates sont photopolymérisables.
Les acrylates sont aussi utilisés dans le domaine de l’impression
(surtout l’offset).
Un bon nombre de ces molécules sont photopolymérisables (encres, plaques d’impression, etc).
Ces
acrylates sont encore utilisés pour l’impression sur les bouteilles et
autres contenants.
Un troisième domaine important est celui des vernis et des peintures
acryliques (dites « au latex »).
Quant aux colles cyanoacrylates (type « super glue »), elles
polymérisent extrêmement vite au contact de l’eau ou de protéines.
Des allergies aux cyanoacrylates sont cependant possibles et ces
colles peuvent être testées à 10 % dans la vaseline.
Ce sont les colles
manipulées par le patient qui sont testées.
B -
SÉRIE DES ADDITIFS DU CAOUTCHOUC
:
En plus des dérivés thiurame et mercaptobenzothiazole, il existe de
nombreux autres additifs utilisés non seulement dans les
caoutchoucs naturels mais également dans les caoutchoucs
synthétiques.
C’est ainsi que les thiourées peuvent indiquer une
sensibilisation à une combinaison de plongée en néoprène par
exemple.
Lorsqu’une allergie aux gants de caoutchouc est suspectée, il est utile de tester plus spécialement l’ancien carba mix (1,3-
diphénylguanidine, bis[diéthyldithiocarbamato]zinc, bis[dibutyldithiocarbamato]
zinc) qui a fait partie de la batterie standard
pendant de nombreuses années.
On peut aussi en tester les différents
ingrédients séparément.
L’utilisation de certaines de ces substances n’a parfois aucun rapport
avec le caoutchouc.
On peut citer les papiers pour photocopies, les
textiles, etc.
Certains thiurames et certains carbamates sont aussi utilisés comme
pesticides ou fongicides.
C - SÉRIE DE BOULANGERIE :
Certaines substances comme les gallates sont testées dans cette série
mais elles interviennent aussi comme antioxydants dans les produits
de dermopharmacie et de cosmétologie et plus particulièrement
dans les rouges à lèvres.
Les arômes susceptibles d’être utilisés en boulangerie se rencontrent
aussi en cosmétologie.
Il ne faut pas oublier leur utilisation dans les
dentifrices (menthol par exemple), dans les produits d’entretien
(limonène, etc).
Parfois les utilisations sont plus surprenantes comme
dans certains jouets, pâtes à modeler, etc.
D - SÉRIE DE COIFFURE :
Les coiffeurs sont particulièrement exposés à différents allergènes
puissants dont le chef de file est sûrement la paraphénylènediamine
et ses dérivés utilisés pour les colorations (paratoluène diamine, etc).
Le persulfate d’ammonium utilisé pour décolorer le cheveu avant
de le colorer est non seulement à l’origine d’eczéma mais peut aussi
provoquer de l’urticaire et de l’asthme.
Les produits utilisés pour
les permanentes et surtout pour les permanentes « acides » (glycéryl
monothioglycolate) sont aussi incriminés.
De plus, les dermatites
d’irritation entretenues par l’utilisation continuelle de shampooings
font le lit de nouvelles sensibilisations.
Classiquement, on peut
encore s’attendre à des allergies au nickel favorisées par le largage
de celui-ci au contact des produits de permanentes.
Bien entendu,
les allergies aux parfums ou à la cocamidopropylbétaïne utilisée
comme base lavante ne sont pas rares.
La prévention passe par une
connaissance minimale des produits utilisés et de leurs risques.
Celle-ci fait malheureusement défaut. Les gants sont très peu utilisés
et, lorsqu’ils le sont, c’est de manière empirique, sans notion de la
contamination des objets de travail par les produits allergisants.
Nous avons vu de nombreux coiffeurs utiliser la même paire de
gants tout au long de la journée, voire de la semaine !
La plupart
des coiffeurs ignorent que les produits de permanentes acides
traversent les gants en quelques secondes !
Les gants ne sont donc
que très brièvement protecteurs s’ils sont en vinyle ou mieux, en
nitrile. Une amélioration pourrait déjà être obtenue en apprenant à
travailler proprement et méticuleusement.
La présence d’une allergie
de contact à un produit de coloration ou de permanente pousse
souvent le coiffeur ou l’apprenti coiffeur à abandonner son activité.
Son allergie risque en effet de s’aggraver inexorablement et pourrait
faciliter des allergisations ultérieures.
Lorsque des tests sont réalisés chez un coiffeur, il faut toujours
suspecter une allergie aux gants de caoutchouc.
La réalisation de prick tests au latex n’est pas superflue.
E - SÉRIE DES COLLES ET PLASTIQUES :
Les allergènes des colles et les plastiques peuvent se répartir en
quelques grandes classes.
On peut citer les époxy, les isocyanates,
les phtalates, les résines phénoliques (formaldéhyde), les acrylates.
Les phtalates sont classiques dans les plastiques cellulosiques
(lunettes, etc).
En plus des produits de base pour les colles et
plastiques, il ne faut pas oublier les nombreux additifs nécessaires à
leur synthèse (catalyseurs, absorbeurs d’ultraviolets, etc).
Les résines époxy sont souvent basées sur le bisphénol A et
l’épichlorhydrine.
Les oligomères de petit poids moléculaire sont
plus sensibilisants que les oligomères plus volumineux.
Leur
utilisation est très diversifiée puisqu’elles sont utilisées comme
colles, comme isolant électrique, ou encore comme stabilisant.
On
les trouve aussi dans les laminés, les peintures, les encres, les
produits de finition, les produits de PVC, la construction, la
microscopie électronique, etc.
Le test époxy de la batterie standard
ne suffit pas à détecter toutes les allergies aux différentes résines
époxy.
Il est toujours utile de tester avec les produits du patient.
Les isocyanates servent à la synthèse du polyuréthane, que ce soit
en mousse ou dans les peintures et les laques.
Les résines phénoliques (à base de formaldéhyde) ne donnent pas
nécessairement des réactions croisées entre elles et il faut donc tester
celles qui sont manipulées par le patient en plus de celles qui sont
habituellement proposées.
F - SÉRIE DE CONSERVATEURS :
Les conservateurs sont très nombreux bien qu’on ne considère pas
les conservateurs alimentaires.
Il s’agit de conservateurs de
cosmétiques, de médicaments topiques, de produits d’entretien mais
aussi de produits industriels.
Il peut s’agir d’huiles industrielles, de
peintures, de produits de nettoyage, etc.
Les différents conservateurs
se trouvent donc parfois regroupés avec d’autres séries de tests.
Les conservateurs habituellement en jeu, en dehors de la batterie
standard, sont, entre autres, l’imidazolidinyl urée et le diazolidinyl
urée, tous deux libérateurs de formol, pouvant donner lieu à des
réactions allergiques par le formol qu’ils libèrent ou par leur
molécule propre.
Des réactions croisées semblent possibles entre ces
deux molécules.
Le bromonitropropane diol (Bronopolt) et le
DMDM hydantoïne sont deux autres libérateurs de formol.
On peut
aussi citer le méthyldibromoglutaronitrile, utilisé avec le
phénoxyéthanol dans l’Euxyl K 400y.
Celui-ci tend à remplacer le méthylchloro-isothiazolinone/ méthylisothiazolinone.
Le chloracétamide est aussi utilisé.
On peut encore citer la chlorhexidine (digluconate et diacétate) qui
peut être à l’origine de réactions retardées mais aussi de réactions
immédiates. L’hexamidine (iséthionate) est également utilisée.
Les
réactions allergiques se caractérisent souvent par des réactions
folliculaires qui nécessitent un temps particulièrement long pour
disparaître.
Le chlorure de benzalkonium appartient à la classe des ammoniums
quaternaires.
Il ne donne que rarement de réelles réactions d’allergie
de contact et, lorsqu’il en donne, il existe souvent des réactions
croisées avec d’autres ammoniums quaternaires comme le bromure
de cetrimonium, par exemple.
En revanche, il occasionne facilement
une sensation de picotement des yeux lorsqu’il est utilisé dans les
collyres.
Citons encore l’alcool benzylique, l’acide sorbique, le chlorocrésol,
le chloroxylénol, le triclosan.
G - SÉRIE COSMÉTIQUE
:
Bien souvent les séries cosmétiques intègrent des conservateurs, des
émulsifiants et les véhicules eux-mêmes.
Les cosmétiques renferment souvent des antioxydants comme les
gallates (propyl, octyl dodécyl [lauryl]), la vitamine E (tocophéryl
acétate) ou le butylhydroxyanisole (BHA) ou le butylhydroxytoluène
(BHT)
Les émulsifiants et les surfactants le plus souvent en cause sont
probablement la cocamidopropylbétaïne, le sorbitan sesquioléate qui
se trouve aussi dans certains médicaments topiques (dans le
Dermovalt onguent par exemple) et le nonoxynol 9 (ainsi que les
autres nonoxynols et octoxynols).
Ce dernier se trouve aussi dans
certaines formes de Bétadinet et d’autres désinfectants.
La cocamidopropylbétaïne est un surfactant considéré comme très
doux et donc largement utilisé dans les produits lavants pour bébés
et enfants.
Les démaquillants pour les yeux, les savons liquides doux
et même les produits de vaisselle y font facilement appel.
Malheureusement, les réactions allergiques ne sont pas rares.
La
lecture de ce test est souvent rendue très difficile par une irritation
donnant souvent lieu à un oedème et un érythème.
Les véhicules sont, entre autres, l’Amerchol L101 (dérivé de la
lanoline), l’alcool cétylique et l’alcool stéarylique (le mélange de ces
deux alcools était connu sous le nom d’alcool cétylstéarylique mais
ce nom est abandonné depuis l’adoption de la nomenclature INCI
en 1997), le polyéthylène glycol, le propylène glycol.
Retenons encore ces autres allergènes de cosmétologie : l’isopropyl
myristate, la triéthanolamine, le polysorbate 80 (Tween 80), le
sorbitan oléate (Span 80), l’hydroquinone, le salicylate de benzyle.
H - SÉRIE DE CORTICOSTÉROÏDES :
Depuis quelques années, l’allergie aux corticostéroïdes se rencontre
de plus en plus.
La voie cutanée semble permettre relativement
facilement une sensibilisation de par sa richesse en cellules de Langerhans.
On répartit les corticostéroïdes en quatre groupes, en
fonction de leur structure tridimensionnelle.
Le premier groupe
(A) est celui de l’hydrocortisone, de la cortisone et de ses sels, de la prednisone, de la prednisolone et de la méthylprednisolone.
Le pivalate de tixocortol qui s’hydrolyse extrêmement rapidement en
hydrocortisone sert de détecteur pour cette allergie.
Le second groupe (B) est celui du budésonide.
Il comporte encore le désonide, l’amcinonide, la triamcinolone et ses sels.
Utilisé par voie
muqueuse (nasale ou pulmonaire), ce médicament ne semble pas
donner lieu à des réactions fréquentes alors que sur le plan cutané,
les réactions sont plus courantes.
Dans certains cas, une allergie au budésonide lui-même peut donner lieu à une réaction croisée avec
des molécules du groupe D.
En effet, la molécule de budésonide
peut se présenter sous deux formes différentes.
L’une de celles-ci
l’apparente aux molécules du groupe D.
Le troisième groupe (C) rassemble les molécules qui ne font pas
partie des trois autres groupes et, à l’heure actuelle, ces molécules
peuvent être considérées comme plus sûres.
Font partie de ce groupe
la bêtaméthasone non substituée, la dexaméthasone, la flucortolone
et encore d’autres.
Le quatrième groupe (D) est représenté par l’hydrocortisone-17-
butyrate.
Il comporte d’autres molécules comme, entre autres, le clobétasol dipropionate, la bêtaméthasone valérate et la
bêtaméthasone dipropionate.
Certains testent systématiquement les représentants des trois
premières classes pour ne pas passer à côté d’un tel diagnostic.
Il
faut savoir que ce sont des tests qui donnent un érythème
réactionnel sans signification à 48-72 heures et qu’ils ne se positivent
que tardivement, vers le quatrième jusqu’au septième jour, étant
donné le caractère anti-inflammatoire intrinsèque des
corticostéroïdes !
Des lectures tardives s’imposent donc. La
sensibilisation par voie topique entraîne dans un certain nombre de
cas une sensibilisation locale et/ou systémique à la classe dont la
molécule fait partie.
I - SÉRIE DU FRAGRANCE MIX :
Le fragrance mix comporte huit substances différentes très présentes
dans l’industrie du parfum.
Pour faciliter la
biodisponibilité de ces substances, on y a adjoint du sorbitan
sesquioléate.
En cas de positivité du fragrance mix, il convient de
s’assurer de la négativité de ce test.
L’identification des autres
composants peut paraître inutile puisque les parfumeurs ne sont pas
tenus de mentionner la composition de leurs parfums mais, dans
certains cas, cela peut s’avérer utile.
Par exemple, l’eugénol est plus
spécifiquement utilisé en dentisterie et peut donner lieu à des
réactions croisées avec l’isoeugénol également utilisé en dentisterie ;
la mousse de chêne s’utilise comme fixateur de parfums, presque
exclusivement dans les gammes de produits pour hommes.
J - SÉRIE DES FILTRES SOLAIRES :
Les filtres solaires protègent du rayonnement ultraviolet en
absorbant l’énergie lumineuse qui modifie alors la molécule.
Ceci
les différencie donc des pigments minéraux dont le mécanisme photoprotecteur principal est basé sur la réfraction du rayonnement.
Les séries d’écrans proposées actuellement comportent les
substances admises lorsque leur rôle est de protéger la peau.
Les écrans peuvent cependant aussi être utilisés pour
protéger le produit fini d’une photodégradation.
C’est ainsi que l’on
peut trouver des filtres solaires dans des parfums, des
déodorants, des plastiques et autres produits industriels.
Il y a
quelques années, l’oxybenzone (benzophénone-3) a beaucoup fait
parler d’elle non seulement dans les crèmes solaires, mais aussi dans
les crèmes antirides, par exemple.
L’acide para-aminobenzoïque, fort utilisé aux États-Unis, l’est
beaucoup plus rarement chez nous.
Une allergie croisée est possible
avec la paraphénylènediamine.
K - SÉRIE DES HUILES INDUSTRIELLES :
On distingue essentiellement deux types d’huiles, les huiles
minérales (neat oil) et les huiles solubles (eaux blanches).
Ces huiles
peuvent servir de lubrifiants, de liquides de coupe ou de liquides de
refroidissement.
Le principal reproche fait aux huiles minérales était
qu’elles provoquaient de l’acné là où elles imprégnaient la peau. Les
huiles solubles, en revanche, sont plus facilement irritantes.
Étant
donné leur phase aqueuse, des conservateurs sont nécessaires et
peuvent être à l’origine de réactions allergiques.
Les huiles peuvent
être testées elles-mêmes.
Pour les eaux blanches (huiles solubles
diluées), la concentration en conservateur risque d’être très faible et
il vaudrait mieux les tester telles quelles pour autant que le pH le
permette.
L - SÉRIE MÉDICAMENTEUSE :
Elles sont assez rarement utiles telles quelles et doivent être adaptées
selon l’anamnèse.
Ce sont principalement les topiques qui sont
retenus ici. On peut citer par exemple la gentamycine, la framycétine, la virginiamycine, l’érythromycine, le minoxidil,
l’iode, le chloramphénicol, la chloramine, l’hexamidine, la
méphénésine, les anesthésiques locaux, les anti-inflammatoires
locaux, etc.
Lorsque des tests sont réalisés chez des
infirmières, par exemple, les substances sont choisies d’après ce que
la patiente manipule réellement.
Ces toutes dernières années, le propacétamol (Prodafalgant) a provoqué un certain nombre
d’allergies professionnelles chez les infirmières qui en manipulaient
les flacons.
Les antibiotiques doivent aussi retenir notre
attention.
Lorsque de nouvelles allergies sont détectées, il est utile
d’en faire la déclaration au Centre de pharmacovigilance afin de
permettre la prise de mesures adéquates.
Celles-ci ne consistent pas nécessairement à supprimer la molécule. Une meilleure utilisation
ou une transformation de celle-ci suffit parfois.
M - SÉRIE DE PESTICIDES :
Cette série peut être utile chez les agriculteurs, les viticulteurs, les
jardiniers professionnels ou amateurs.
Certaines substances sont des
carbamates, des dérivés thiurame ou mercaptobenzothiazole et
peuvent donner lieu à des réactions croisées dans la batterie
standard ou la batterie des caoutchoucs.
Les dérivés du pyrèthre
peuvent donner lieu à des réactions croisées avec certaines lactones sesquiterpéniques.
N - SÉRIE DE PHOTOGRAPHIE :
Un certain nombre de substances, plus particulièrement dans la
photographie couleur, peuvent donner des réactions eczématiformes, voire lichénoïdes.
O - AUTRES SÉRIES :
On peut varier à l’infini des séries comme des séries de plantes, de
chaussures, de colorants et d’apprêts textiles.
Allergie de contact se présentant
autrement que par un eczéma :
A - LÉSIONS ÉVOCATRICES D’ÉRYTHÈME POLYMORPHE
:
Certaines substances peuvent déclencher une réaction de contact
apparentée à l’érythème polymorphe.
Les lésions en « cocarde » sont
cependant généralement incomplètes avec une nécrose centrale
souvent absente.
Ceci a été décrit pour certaines plantes
(Toxicodendron radicans ou poison ivy), pour des médicaments
(sulfonamides, prométhazine, méphénésine), pour le formaldéhyde,
l’oxybenzone, etc.
B - DERMATITE LICHÉNOÏDE DE CONTACT
:
Des produits de développement photographique pour films couleur
de même que la paraphénylènediamine ont été incriminés dans ce
genre de lésions.
Celles-ci se développent dans la zone du contact
avec le produit.
L’histologie peut, soit être celle d’un eczéma de
contact (spongiose), soit être plutôt celle d’un lichen plan ou encore
être mixte. D’autres substances ont aussi été à l’origine de telles
manifestations.
C - ECZÉMA DE CONTACT LYMPHOMATOÏDE :
Les lésions sont, dans ce cas, fort infiltrées et évoquent un
lymphome et même l’histologie confirme cette impression.
Cependant, on note un test épicutané positif pertinent et son éviction
avec administration de corticoïdes permet la guérison.
Ceci a été
décrit pour les colorants azoïques, les lactones sesquiterpéniques, le
mercaptobenzothiazole et quelques autres allergènes.
Traitement des eczémas allergiques :
Il est évident que la connaissance de l’allergène en cause est
primordiale puisqu’une éviction aussi complète que possible de
celui-ci est, en règle générale, indispensable.
A - ECZÉMA AIGU :
Il convient avant tout d’éliminer la substance allergisante de la peau
par rinçage.
Il faut cependant garder à l’esprit que le contact a eu
lieu 2 ou 3 jours plus tôt, voire plus lors d’une primosensibilisation.
Au stade suintant de l’eczéma, ce sont les bains ou les compresses
humides qui soulagent le mieux le patient.
Classiquement, on
prescrit des solutions diluées d’eau de Dalibour. L’eau boriquée est
parfois utilisée.
Lorsque la réaction est très intense, il est classique
d’avoir recours aux corticostéroïdes par voie générale.
L’administration orale est toujours préférée puisqu’elle permet un
meilleur contrôle de la durée du traitement. Une dose orale
moyenne serait de 20 mg de prednisolone ou équivalent par
exemple.
Lorsque l’eczéma s’assèche quelque peu, on prescrit une crème
corticoïde.
Selon l’intensité de la réaction, un corticoïde de classe
moyenne, forte ou très forte sera prescrit pour une durée d’environ
1 semaine. Parfois le traitement devra être beaucoup plus long.
B - ECZÉMA CHRONIQUE :
Lorsqu’un eczéma chronique subsiste, les onguents cortisonés
remplacent avantageusement les crèmes.
C - IDENTIFICATION DE L’ALLERGÈNE :
La réalisation de tests épicutanés s’impose avec, non seulement, la
batterie standard mais également des séries de tests plus précises,
orientées selon l’anamnèse.
Il peut être nécessaire d’y associer des prick tests lors d’une
suspicion de dermatite de contact aux protéines.
L’anamnèse doit surtout porter sur les activités récentes,
professionnelles, occasionnelles, récréatives, sur les produits
d’hygiène et de cosmétologie.
Il faut aussi tester les produits suspects utilisés par le patient en les
diluant de façon appropriée pour éviter des réactions d’irritation
intempestives.
D - CONSEILS :
Une fois la recherche de pertinence effectuée, il s’agit d’expliquer au
patient les sources possibles des différents allergènes.
Selon leur
nature, leur éviction est plus ou moins drastique.
Des feuillets
reprenant les sources principales peuvent s’avérer utiles pour autant
qu’ils soient accompagnés d’explications adaptées au patient et au
mode de présentation de son eczéma de contact.
E - ÉVICTION :
Selon l’allergène, l’éviction est parfois très facile ou, au contraire très
difficile.
La difficulté peut provenir de l’ubiquité de la substance ou
de la spécificité de la tâche professionnelle accomplie, par exemple.
Dans certains cas, une protection peut être envisagée.
Il peut s’agir
de gants, de vêtements de protection, de hottes aspirantes.
En ce qui concerne les gants, ceux-ci doivent être adaptés à la tâche,
tant quant à leur résistance mécanique que chimique.
Le glycéryl
monothioglycolate utilisé par les coiffeurs traverse aisément les gants
de PVC (vinyle) ou de latex.
Ils peuvent donner un faux sentiment de
protection.
Il en va de même pour les acrylates manipulés, entre
autres, par les dentistes.
Pour ces substances, les gants de nitrile (sans
latex ni thiurames ni cabamates) peuvent être utiles pour autant qu’ils
soient rapidement changés, surtout s’il y a une contamination.
En ce qui concerne les cosmétiques, une directive européenne
récente oblige les fabricants à noter la composition des produits sur
les emballages depuis le premier janvier 1997.
Cela facilite donc
grandement les conseils de prévention et leur application par les
patients.
Prévention :
La prévention est évidemment essentielle dans tous les domaines
mais elle s’inscrit tout particulièrement dans le milieu professionnel.
Elle peut faire appel à des protections de type vestimentaire (gants
adaptés aux types de produits manipulés et aux types de tâches
accomplies, vêtements, lunettes, masques, bottes, etc).
Il peut s’agir
de crèmes barrières, d’agents de chélation, de ventilation
adéquate, de hottes d’aspiration.
Il peut aussi s’agir d’automatisation de manipulation, de
remplacement de substances allergéniques par d’autres moins
allergisantes.