Complications du diabète
Cours de médecine interne
Le diabète est la première cause de cécité avant l’âge de 50 ans, de prise en charge en dialyse pour insuffisance
rénale terminale, ou encore d’amputation des membres inférieurs.
Cinquante pour cent des diabétiques
meurent d’insuffisance coronaire prématurée.
Pourtant, un tiers à la moitié des complications du diabète pourraient être évités !
Introduction
:
Il faut distinguer les complications métaboliques (les
comas hypoglycémique, hyperosmolaire, acidocétosique
et l’acidose lactique), les complications
microangiopathiques (rétinopathie, néphropathie,
neuropathie), et enfin les complications
macroangiopathiques.
Complications métaboliques :
A - Coma hypoglycémique
:
C’est une complication que l’on voit essentiellement
au cours du diabète insulinodépendant (DID) traité par
l’insuline.
Le coma hypoglycémique comporte essentiellement
un risque traumatique, il est cependant grave
chez l’enfant, le sujet âgé, l’alcoolique, l’insuffisant
rénal et le sujet dénutri.
Le traitement du coma
hypoglycémique repose sur l’injection intraveineuse
(IV) d’une ou plusieurs ampoules de glucosé
hypertonique à 30 %, suivie d’une perfusion de
glucosé à 5 ou 10%ou de l’injection intramusculaire
(IM) de glucagon.
Il n’y a, en principe, pas lieu
d’hospitaliser un diabétique insulinodépendant au
décours du coma hypoglycémique, dans la mesure où
il ne présente pas de déficit neuropsychologique à la
sortie de son coma, où il ne vit pas seul, si son
entourage sait injecter le glucagon.
En revanche, il est
nécessaire de rechercher avec lui la cause du coma
hypoglycémique.
Dans le cas d’un coma hypoglycémique chez un
diabétique non insulinodépendant (DNID) traité par
sulfamides hypoglycémiants, l’hospitalisation est
indispensable car l’hypoglycémie risque de
réapparaître quelques heures après le traitement initial
en raison de la durée d’action prolongée des
sulfamides hypoglycémiants.
Le glucagon est contreindiqué
chez le diabétique non insulinodépendant
traité par sulfamides hypoglycémiants, car le glucagon
conserve son effet insulinosécréteur, et risque donc
d’aggraver l’hypoglycémie.
Le traitement repose sur
une à plusieurs ampoules de G30 en IV et d’une
perfusion de glucoséà5ou10%, qui doit être mise en
place pendant 24 à 48 heures.
Il faudra bien sûr revoir
le traitement du malade et diminuer les sulfamides à la
sortie de l’hôpital.
B - Coma hyperosmolaire :
Ce coma, avec déshydratation massive, met
plusieurs jours à s’installer ; il peut toujours être
prévenu à la phase initiale associant hyperglycémie et
hyponatrémie, c’est-à-dire lorsque l’osmolarité est
encore normale ou peu élevée.
Il suffit alors de
prescrire une hydratation par des boissons
abondantes et une insulinothérapie sous-cutanée à
faible dose, en assurant parallèlement une surveillance
quotidienne, voire pluriquotidienne, urinaire et
sanguine.
Lors du coma, la déshydratation est massive
et nécessite généralement 8 à 12 L de perfusion en 24
heures.
1-
Physiopathologie :
Ce coma survient généralement chez des sujets
âgés, diabétiques non insulinodépendants connus, ou
parfois même chez des sujets dont le diabète n’est pas
connu.
Une infection (bronchite, grippe), une diarrhée
ou une prise de corticoïdes sont responsables d’une
hyperglycémie importante avec apparition d’une
polyurie.
Le sujet âgé perçoit mal la soif et ne boit pas
suffisamment.
En conséquence, se développe une
déshydratation extracellulaire avec hypotension
artérielle et insuffisance rénale fonctionnelle.
Au début,
l’hyperglycémie entraîne une hyperosmolarité
extracellulaire responsable d’une sortie d’eau et de
potassium du secteur cellulaire.
L’osmolarité est
normale, l’ionogramme sanguin montre une
hyperglycémie, une hyponatrémie et une hyperkaliémie.
Dans un deuxième temps s’installe une
insuffisance rénale fonctionnelle, la polyurie n’est plus
vraiment osmotique, la natriurèse diminue, la
natrémie s’élève, l’osmolarité augmente, accentuant la
déshydratation intracellulaire responsable de troubles
de la conscience.
On parle de coma hyperosmolaire
lorsque l’osmolarité calculée dépasse 350 mOsm/L,
selon la formule : osmolarité = (Na + 13) 2 + glycémie
en mmol/L (N = 310 mOsm/L).
La présence d’une cétonurie à + ou ++ n’élimine
pas le diagnostic de coma hyperosmolaire qui repose
sur le calcul de l’osmolarité.
Il est essentiel de penser systématiquement à la
possibilité d’un coma hyperosmolaire chez un sujet
âgé prenant des traitements corticoïdes ou diurétiques.
Une surveillance systématique de la glycémie, de la
glycosurie et du bilan hydrique est nécessaire et
suffisante pour éviter le coma hyperosmolaire.
S’il se
rencontre essentiellement chez le vieillard, le coma hyperosmolaire peut se détecter chez les jeunes
Antillais, grands consommateurs de boissons sucrées.
2- Traitement
:
Il repose sur une hydratation importante, de 8 à
12 L/ 24 heures, en commençant par 2 L de sérum
physiologique en 2 heures.
La diurèse est l’élément de surveillance essentiel, en
effet, si le malade n’urine pas malgré une
réhydratation intensive, il faut le transférer en service
de réanimation.
Une insulinothérapie intraveineuse doit être
prescrite.
Il faut bien sûr traiter également la cause
déclenchante, et le plus souvent prescrire une
antibiothérapie à large spectre après avoir réalisé les
prélèvements locaux et des hémocultures.
Enfin, peut-être l’élément le plus important du
traitement est la prévention des complications
secondaires à la déshydratation massive et à
l’alitement.
Ces complications sont en effet
responsables du décès dans 20 à 30%des cas.
C - Coma acidocétosique :
Il complique le plus souvent le diabète
insulinodépendant, mais peut s’observer dans 10 à
15% des cas lors du diabète non insulinodépendant,
en situation de stress biologique (accident
cardiovasculaire, intervention chirurgicale ou infection
sévère avec hypersécrétion de catécholamines et de
glucagon).
1- Pièges de l’acidocétose
:
L’acidocétose peut être souvent confondue avec
une gastroentérite devant un syndrome abdominal
avec douleurs et vomissements.
Elle peut simuler
une pneumopathie en raison d’un tableau
d’hyperpnée lié à l’acidose métabolique.
Elle peut
enfin s’accompagner d’une asthénie intense avec crampes et troubles de la vue.
Devant de tels
tableaux, il faut savoir, en particulier chez le
diabétique insulinodépendant déjà connu, mesurer
la glycémie capillaire.
Si elle est supérieure ou égale à
3 g/L, il faut aussitôt rechercher l’acétone dans les
urines. Lorsque l’acidocétose complique un diabète
insulinodépendant déjà connu, il s’agit, le plus
souvent, d’une erreur de raisonnement lors d’une
pathologie infectieuse intercurrente.
Le malade
n’ayant pas faim arrête son insulinothérapie, ou du
moins la diminue de façon importante pour éviter
tout risque d’hypoglycémie.
La cétose aggrave le
tableau digestif, le malade mange encore moins et
diminue encore son insuline, ce qui conduit à
l’acidocétose métabolique.
Le diabétique doit être
éduqué, en cas de maladie intercurrente, à surveiller
sa glycémie très régulièrement, toutes les 3 heures, et
à rechercher l’acétone dans ses urines si sa glycémie
est supérieure ou égale à 2,50 g/L avant les repas.
Si
son hyperglycémie s’accompagne de cétonurie à +
ou ++, il doit faire immédiatemment des
suppléments d’insuline rapide, entre 4 et 10 unités
selon ses doses d’insuline antérieures.
Ce sont les
résultats glycémiques et cétonuriques qui guident les
doses d’insuline à injecter, et non les apports
alimentaires.
Si le patient ne peut rien avaler, a
fortiori s’il vomit, il doit être hospitalisé en urgence de
façon à être mis sous perfusion, avec insulinothérapie
intraveineuse.
Lors de l’éducation des
diabétiques insulinodépendants, il est primordial de
leur apprendre que l’insulinosécrétion est
permanente chez le sujet non diabétique, même en
l’absence de repas.
2- Traitement
:
L’hydratation : environ 6 L en 24 heures, dont la
moitié doit passer pendant les 6 premières heures.
L’insulinothérapie est de l’ordre de 10 unités
d’insuline rapide à l’heure en intraveineuse, tant
que persiste la cétose.
Lors de la disparition de la
cétose, le traitement par injection sous-cutanée
peut être repris.
L’apport de potassium est essentiel, en effet, la
correction de l’acidose et la prescription d’insuline
arrêtent la sortie du potassium de la cellule et induisent
au contraire une rentrée intracellulaire du potassium.
La diurèse osmotique et les éventuels vomissements
aggravent l’hypokaliémie.
Le potassium doit donc être
rajouté dans les perfusions, le plus souvent à partir du
3e L d’hydratation, dès que la kaliémie atteint 4 mEq/L.
Le traitement de la cause déclenchante est
impératif, une antibiothérapie doit être mise en route
au moindre doute de cause infectieuse.
D - Acidose lactique :
Elle s’observe essentiellement lors du nonrespect
des contre-indications des biguanides :
Glucophaget, Stagidt et Glucinant.
Elle est
redoutable car elle entraîne le décès dans 50%
des cas.
Par précaution, les biguanides doivent
être systématiquement arrêtés 2 jours avant toute
anesthésie générale et 2 jours avant une
radiographie comportant une injection d’iode
(urographie intraveineuse, angiographie, scanner
avec injection...).
En revanche, il n’y a pas lieu
d’arrêter les biguanides lors de l’angiographie
rétinienne à la fluorescéine.
Il est indispensable
d’arrêter les biguanides chez un diabétique
présentant un syndrome infectieux sévère, un
accident cardiovasculaire ou devant être opéré.
En cas d’acidose lactique, le malade doit être
immédiatement transféré en réanimation pour
épuration extrarénale.
Microangiopathie diabétique
:
La classique triopathie diabétique regroupe la
rétinopathie, la néphropathie et la neuropathie
diabétique.
Il est aujourd’hui prouvé que l’équilibre du
diabète, grâce à une insulinothérapie optimisée,
permet d’en prévenir l’apparition ou d’en freiner
l’évolution.
La survenue et l’évolutivité des complications sont
étroitement corrélées à la durée du diabète et au degré
d’équilibre glycémique.
Lorsque les complications ont
déjà évoluées, il n’est pas possible de les faire régresser
malgré un équilibre glycémique parfait, on peut du
moins en freiner l’aggravation.
Il faut cependant être
prudent car l’amélioration trop rapide de l’équilibre
métabolique peut initialement être responsable d’une
aggravation de la neuropathie et de la rétinopathie.
Les risques de rétinopathie et de glomérulopathie
ne sont pas équivalents.
En effet, près de 50% des
diabétiques insulinodépendants développent une
rétinopathie sévère, seulement la moitié d’entre eux
présentent une glomérulopathie clinique.
L’incidence
annuelle de la rétinopathie sévère reste stable, environ
3% après 20 ans de diabète, celle de la glomérulopathie
s’effondre après 20 ans de diabète pour tomber à
3 ‰ après 30 ans d’évolution.
Il existe donc des
facteurs de protection ou de susceptibilité de l’atteinte
glomérulaire.
Ces facteurs sont essentiellement d’ordre
génétique.
A - Rétinopathie diabétique
:
Elle reste la première cause de cécité dans les pays
développés, chez les sujets de 20 à 60 ans, et ce
malgré un traitement par photocoagulation au laser
dont les indications sont aujourd’hui parfaitement
précisées.
1- Dépistage
:
La rétinopathie diabétique se développe sans que le
malade ne perçoive de symptôme.
La baisse de
l’acuité visuelle témoigne de lésions très avancées.
Tout malade diabétique doit donc être informé sur le
risque de rétinopathie et éduqué sur la nécessité du
dépistage des lésions rétiniennes par l’examen
systématique annuel du fond d’oeil.
Lors du diagnostic du diabète non insulinodépendant,
il existe déjà, dans 10 à 20% des cas, une
rétinopathie diabétique.
Il est donc indispensable, dès
le diagnostic de diabète non insulinodépendant,
d’effectuer une angiographie rétinienne à la recherche
de lésion.
Dans le cadre du diabète insulinodépendant,
où le début est brutal, on peut se contenter, pendant
plusieurs années, d’un simple fond d’oeil,
l’angiographie rétinienne n’étant généralement
proposée qu’après 5 ans d’évolution de la maladie.
2- Formes cliniques
:
La rétinopathie diabétique évolue selon deux
modes : l’ischémie et l’oedème.
*
L’ischémie se caractérise par les territoires non
perfusés vus à l’angiographie, les hémorragies intrarétiniennes, les nodules cotonneux, les anomalies
du calibre veineux et les néovaisseaux intrarétiniens,
puis prérétiniens, notamment prépapillaires,
responsables d’hémorragies intravitréennes.
Ces néovaisseaux sont responsables du développement
d’une fibrose gliale, qui entraîne un décollement de
rétine.
*
L’oedème peut être responsable d’exsudats durs,
qui prédominent au pôle postérieur.
Une des causes
de perte de l’acuité visuelle du diabétique est la maculopathie oedémateuse, dont le développement
est corrélé à l’équilibre glycémique et à la pression
artérielle diastolique.
L’oedème maculaire est plus
fréquent au cours des rétinopathies proliférantes.
Dans
le diabète de type II, il est souvent plus étendu et plus
mal toléré, avec une baisse importante de l’acuité
visuelle.
3- Traitement
:
Il faut souligner avant tout l’importance de la
prévention de la rétinopathie diabétique grâce à
l’équilibre glycémique, avec une moyenne glycémique
inférieure à 1,60 g/L, soit une hémoglobine A1C
inférieure ou égale à 7,5 % (N : 4-5,6 %), et le
traitement de l’hypertension artérielle (HTA), avec,
pour objectif, une pression artérielle inférieure à
130/80 mmHg.
Enfin, au stade de rétinopathie proliférante
débutante, un traitement par laser doit être proposé.
La maculopathie oedémateuse doit également
bénéficier d’un traitement par laser.
Il s’agit parfois
d’un traitement difficile lorsque les lésions à photocoaguler se trouvent près de la région fovéolaire.
B - Néphropathie diabétique
:
Sa principale manifestation est l’augmentation de
l’albuminurie.
1- Glomérulopathie incipiens
:
Elle se définit par la microalbuminurie positive.
En
effet, on parle de glomérulopathie incipiens lorsque
l’albuminurie se situe entre 30 et 300 mg/24 h ou 20 à
200 íg/min, ou encore 20 à 200 mg/L.
Le recueil des
urines peut se faire sur 24 heures, sur la nuit, ou encore
sur simple miction.
On ne parle de néphropathie incipiens que si cette microalbuminurie est retrouvée
au moins à deux dosages.
Une microalbuminurie
positive ne signifie toutefois pas systématiquement
néphropathie incipiens, il faut éliminer d’autres causes
de microalbuminurie augmentée : infection urinaire, lithiase rénale, déséquilibre aigu du diabète...
En cas de
néphropathie incipiens, le plus souvent, il existe une
rétinopathie diabétique associée, la pression artérielle
quant à elle est normale mais commence déjà à
s’élever.
Devant une néphropathie incipiens, il faut
rechercher un équilibre parfait du diabète, traiter par
inhibiteurs de l’enzyme de conversion pour protéger le
rein, et obtenir une pression artérielle inférieure à
130/80 mmHg.
Chez le diabétique non insulinodépendant
âgé de plus de 50 ans, la microalbuminurie
élevée n’a pas la même signification que chez le
diabétique insulinodépendant ou lorsque le diabétique
non insulinodépendant est jeune, âgé de moins de 30
ans.
En effet, chez le diabétique non insulinodépendant
de plus de 50 ans, la microalbuminurie positive
doit être considérée comme un marqueur de risque
vasculaire avec risque de mortalité coronarienne dans
les 10 ans multiplié par trois.
2-
Glomérulopathie patente
:
On parle de néphropathie diabétique patente
lorsque l’albuminurie dépasse 300 mg/24 h.
En règle,
il existe une rétinopathie diabétique associée, le plus
souvent sévère.
S’il n’en existe pas, il y a lieu de
demander l’avis d’un néphrologue, qui décidera
éventuellement d’une ponction biopsie rénale pour
confirmer le diagnostic.
Il faut bien sûr vérifier avant
l’absence d’autres pathologies uronéphrologiques (la
taille des reins est normale et l’échographie ne révèle
pas d’anomalie des voies urinaires en cas de
néphropathie diabétique).
Au stade de néphropathie
patente, la clairance glomérulaire décroît
inexorablement, avec une moyenne de 1 mL/
min/mois, ce qui mène à l’épuration extrarénale en
7 ans environ.
Cette évolution inexorable peut être
ralentie grâce au traitement antihypertenseur, avec,
pour objectif, une pression artérielle inférieure à
140/90 mmHg.
Les inhibiteurs de l’enzyme de
conversion sont actuellement les antihypertenseurs de
référence en cas de néphropathie diabétique.
En cas
de néphropathie sévère, il existe un risque important
d’hypoglycémie, il faut donc être prudent et ne
rechercher qu’un équilibre glycémique acceptable,
avec une glycémie moyenne inférieure à 2 g/L.
Sur le
plan diététique, il est souhaitable de proposer un
régime modérément hypoprotidique, c’est-à-dire de la
viande et du fromage à un repas sur deux seulement.
La correction de l’hyperlipidémie est également
souhaitable, soit par fibrates, soit par inhibiteur de
l’HMG Co-A (hydroxy-36 méthyl glutaryl coenzyme A
réductase).
Il faudra bien sûr éviter les médicaments néphrotoxiques et être très prudent si une
radiographie avec injection de produit iodé est
nécessaire.
Chez le diabétique non insulinodépendant,
les biguanides sont formellement contre-indiqués dès
que la clairance de la créatinine est inférieure à 50
mL/min, quant aux sulfamides, le seul autorisé reste le Glibénèset lorsque la clairance devient inférieure à 50
mL/min, en raison de sa demi-vie courte.
3- Infections urinaires
:
Leur diagnostic repose sur l’examen
cytobactériologique des urines (ECBU).
Une
concentration égale ou supérieure à 105
germes/mL affirme l’infection urinaire, les
leucocytes altérés affirment la pyurie.
L’antibiogramme
doit toujours être effectué, le traitement
doit comporter une antibiothérapie pendant
8 jours avec contrôle de la normalisation de
l’ECBU.
Douleurs lombaires, fièvre ou récidive
avec le même germe doivent faire suspecter une
atteinte parenchymateuse rénale.
Chez l’homme,
il faut rechercher une prostatite qui nécessitera un
traitement antibiotique adapté d’au moins 4
semaines.
C - Neuropathie diabétique :
Sa survenue dépend de l’équilibre glycémique et de
la durée du diabète.
L’âge supérieur à 50 ans, le sexe masculin et la
grande taille sont des facteurs de susceptibilité.
1- Mononeuropathies et mononeuropathies
multiples
:
On distingue cruralgie et méralgie paresthésique au
niveau des membres inférieurs, et atteinte des nerfs
oculomoteurs, plus particulièrement du 3 et du 6.
Lors
de l’atteinte du 3, la réactivité pupillaire est normale.
Quant à l’amyotrophie diabétique proximale, elle
survient essentiellement chez les diabétiques non
insulinodépendants de plus de 50 ans.
Le pronostic de
ces atteintes est en général bon, quelle que soit la
nature du traitement.
2- Polyneuropathies diabétiques
:
Elles sont beaucoup plus fréquentes.
Leur
topographie est habituellement distale, en chaussettes,
avec, rarement, atteinte des membres supérieurs.
Les
réflexes sont abolis, plus particulièrement les
achilléens, la sensibilité profonde est altérée, avec
diminution de la sensibilité vibratoire au diapason ; il
existe des troubles de la sensibilité superficielle tactile,
thermique et douloureuse.
Enfin, on observe une perte
de la sensibilité à la douleur, qui joue un rôle essentiel
dans la pathogénie des ulcérations trophiques du pied.
3- Neuropathie végétative :
* Manifestations cardiovasculaires et sudorales :
On peut dépister précocement une dénervation
cardiaque parasympathique par étude des
variations de la fréquence cardiaque lors de la
respiration profonde, lors de la manoeuvre de
Valsalva et lors du passage de la position couchée
à la position debout.
L’hypotension orthostatique
témoigne d’une dénervation sympathique
périphérique.
* Manifestations urogénitales :
L’impuissance atteindrait 30% des diabétiques.
Elle
peut toutefois être exclusivement d’origine psychique.
L’atteinte vésicale est fréquente, on retrouve une
altération de la débitmétrie urinaire.
La gastroparésie diabétique peut se traduire par des
troubles digestifs postprandiaux immédiats, avec
sensation de satiété, pesanteur épigastrique, nausées,
éructations malodorantes.
L’achlorhydrie qui
l’accompagne peut favoriser une pullulation
microbienne participant à la pathogénie de la diarrhée
diabétique.
4- Traitement de la neuropathie diabétique
:
Il repose tout d’abord sur l’équilibre du
diabète aussi parfait que possible, par multiinjections
d’insuline, voire même par pompe à
insuline.
Pour le traitement de la douleur, des
antalgiques banals ou les AINS peuvent être
utilisés.
Ensuite, les antiépileptiques sont
proposés, surtout efficaces en cas de douleur
fulgurante.
Certains antidépresseurs ont un
effet antalgique.
Complications macroangiopathiques :
Soixante-quinze pour cent des diabétiques
décèdent des complications de l’athérosclérose.
A - Particularités cliniques de la macroangiopathie diabétique
:
La survenue d’une athérosclérose précoce
s’observe essentiellement dans deux situations
cliniques.
* Chez les diabétiques insulinodépendants ou
non, atteints d’une glomérulopathie diabétique, ellemême,
le plus souvent, associée à une rétinopathie
sévère.
Chez ces patients, parallèlement à
l’albuminurie supérieure à 300 mg/24 h et au déclin
progressif de la fonction glomérulaire, on constate une HTA, une dyslipidémie et une tendance thrombogène.
L’ensemble constitue une véritable angiopathie
maligne.
L’atteinte rénale multiplie par dix les risques
de mortalité coronarienne et d’amputation des
membres inférieurs chez ces patients.
* Chez les diabétiques non insulinodépendants
avec obésité androïde d’aspect pseudo-cushingoïde.
Chez les femmes, l’obésité androïde correspond à un
rapport taille/hanches > 0,80, chez l’homme, ce
rapport est > 0,95.
Ces patients présentent une graisse
viscérale importante par contraste, avec une graisse
sous-cutanée abdominale peu développée, une HTA
sévère, une dyslipidémie (triglycérides élevés, HDLcholestérol
diminué) et un risque d’insuffisance
coronaire très élevé.
B - Particularités des complications de
l’athérosclérose chez le diabétique :
* Les accidents vasculaires cérébraux entraînent
plus souvent des micro-infarctus responsables de
lacunes, en particulier s’il existe une HTA.
* L’ischémie myocardique est deux à trois fois plus
souvent indolore, sans toutefois être asymptomatique.
L’infarctus du myocarde est souvent responsable
d’une insuffisance cardiaque séquellaire chez le
diabétique, en particulier chez la femme.
Le traitement de l’infarctus ne diffère pas de celui
des non diabétiques.
Les antidiabétiques oraux sont
arrêtés et remplacés par l’insuline, au moins
transitoirement, avec un objectif glycémique de
1,60 g/L environ.
* L’artérite des membres inférieurs : la claudication
intermittente est souvent absente en raison d’une neuropathie associée. L’artérite des membres
inférieurs se caractérise chez le diabétique par sa
topographie.
Toutefois, même lorsque l’artérite est distale, une
artère au-dessous de la cheville reste le plus souvent
perméable.
C - Prévention de la macroangiopathie :
Elle repose sur le traitement des facteurs de risque.
* Recherche d’un bon équilibre glycémique avec
un objectif probablement plus strict que pour la
prévention de la microangiopathie (moins de 1,20 g/L
avant les repas, moins de 1,40 g/L 2 heures après les
repas).
L’exercice physique et les biguanides (en
l’absence de contre-indication) doivent permetttre
d’améliorer l’insulinorésistance.
* Arrêt de l’intoxication tabagique
Une aide
antitabac peut être proposée, mais sous-entend la
prise de décision du patient d’arrêter de fumer.
*
Diminution des boissons alcoolisées.
* Traitement d’une dyslipidémie.
* Traitement de l’HTA
L’HTA est deux fois plus fréquente chez le
diabétique que chez le non diabétique.
Chez le diabétique insulinodépendant, la pression
artérielle s’élève progressivement vers les valeurs
hautes de la normale, parallèlement à l’apparition de
la microalbuminurie (néphropathie incipiens).
Le
traitement est indispensable dès ce stade, l’objectif est
d’obtenir une pression artérielle inférieure à
130/85 mmHg.
Au stade de néphropathie patente, on associe
plusieurs antihypertenseurs, dont toujours un
diurétique de l’anse.
L’objectif est alors une pression
artérielle inférieure à 140/90 mmHg.
Au stade de néphropathie patente, le traitement
peut être gêné par une hypotension orthostatique
nécessitant une répartition des prises dans le
nycthémère.
L’objectif est alors une pression artérielle
en position assise inférieure à 130/80 mmHg, sans
malaise orthostatique.
Chez le diabétique non insulinodépendant, il s’agit
le plus souvent d’une HTA essentielle.
Actuellement, l’association IEC-inhibiteurs calciques
(Ica) est très utilisée, ils n’ont pas d’effets métaboliques
délétères.
Les bêtabloquants gardent leur indication en
cas d’insuffisance coronarienne.
Les diurétiques à
faible dose n’ont pas d’effets métaboliques délétères.
Ils doivent être systématiques dans toute prescription
comportant trois antihypertenseurs en raison de leur
grande synergie.